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Full text of "Société de l'histoire de France"

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^ 






ANECDOTES HISTORIQUES 

LÉGENDES ET APOLOGUES 



TIKiS DO RBGOEIL IHiDIT 



D'ETIENNE DE BOURBON 



IMPRIMERIE GOUVERNEUR, G. DAUPELEY 



A llOGBirr»I.I-ROTROU. 



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ANECDOTES fflSTORIQUES 

LÉGENDES ET APOLOGUES 

mis DU RBCUBIL INEDIT • . 

DfTIENNE 1)E BOURBON 



DOMINIGAIN DU Xm"* SQBCLB 

PUBLIÉS 
POUE LA SOCI^T^ DE l'hISTOIEE DE FEARGE 



PAR 



V « 






Â. LEGOY DE LA MARCHE 




À PARIS 

LIBRAIRIE RENOUARD 

^> HBNRI LOONBS, SUCCBSSBUR 

libraire de la société de l'histoire de FRANCE 

RUE DE TOURNON, M^ 6 

M DGGG LXXYII. 







^^ 




••ii^i'iS^tti©- 



l^IsBÔges à publier, et 
Hftâp préparer et d'en 



•ï^i :w .^. ;*: ~.f: ;*: :*: :*: .^. ;*; 



INTRODUCTION 



L'auteur dont je publie aujourd'hui, dans son essence, 
l'unique ouvrage, est un nouveau venu sur la scène litté- 
raire, chose déjà rare pour un écrivain du xm® siècle. Il 
n'est pas tout à fait inconnu, car des notices particulières 
lui ont été consacrées dans quelques recueils biblic^ra- 
phiques^; néanmoins il est resté inédit : en effet, les 
courts fragments de son œuvre insérés dans ces notices, 
ou dans un nombre fort minime d'autres livres, ne 
sauraient constituer une publication. Mais la nouveauté 
n'est pas le seul attrait qui doive lui gagner des lecteurs : 
je ne crains pas de dire que ses récits forment une source 
historique importante, et que cette source oubliée apporte 
au grand courant des chroniques de l'époque un très-utile 
contingent. Quiconque voudra étudier l'état des mœurs et 
des esprits au siècle de saint Louis, et tout ce côté intime de 
la société du moyen âge, vers lequel semblent se porter de 
préférence les recherches de l'érudition moderne, devra 
désormais consulter ce recueil d'anecdotes, dont les unes 

i. Qnétif et Échard, Scriptores ordinis Prsdicatorum^ 1, 184-194; 
Histoire littéraire de la France, XIX, 27-38 (notice de M. Petit- 
Radel); La Chaire française au fnoyen»âge, par Lecoy de la Marche, 
p. 106-112. 

a 



IJ INTRODUCTION. 

éclaireront l'histoire proprement dite, les autres l'histoire 
littéraire. Je vais &ire connaître sommairement : 1® la per- 
sonne de l'auteur; 2® son ouvrage ; 3® le plan de la présente 
édition. 

I. — L'Auteur. 

Notre auteur est un de ces hommes, si nombreux au 
moyen âge parmi les artistes et les écrivains, qui n'ont 
point connu la vanité littéraire, et qui ont poussé la modestie 
jusqu'à l'amour de l'obscurité, suivant le précepte de l'/mt- 
tatian^ si bien mis en pratique par celui-là même qui 
l'a émis : « Ama nesciri. » En effet, si son nom nous est 
parvenu, ce n'est nullement par sa &ute. Les seuls aveux 
qu'il ait laissés échapper sur ce point sont les suivants. 
Dans son prologue, il se désigne ainsi : « Ego^ /rater S.^ 
in ordine Frairum Prœdicatorum minimtis^. » Et en- 
core, dans le manuscrit que nous possédons, le scribe s'est-il 
fait le complice involontaire de son humilité, en remplaçant 
l'initiale S par l'initiale R. Ce passage ne nous apprendrait 
donc absolument rien, et dérouterait plutôt notre investiga- 
tion, si, au milieu du livre, ce lapsus n'était réparé par une 
indication un peu moins vague. Apropos du héros d'une des 
anecdotes qu'il raconte, l'auteur ajoute en marge : « Vidit 
frater Ste.^ operishujusauctor,pluresqui illum vide- 
runt '. » Ces mots sont écrits de la même main que le texte ; 
ils sont évidenmient la reproduction d'une note que le scribe 

1. Voy. le texte de la présente édition, n» 2. 

2. N» 163. 



INTRODUCTION. iij 

aura trouyée, placée de même, dans l'exemplaire original. 
Nous avons donc a£Eaire à un Etienne : c*est le seul nom 
qui commence en latin par S te. Mais voilà tout ce que cet 
Etienne veut bien nous apprendre, et nous ne serions pas 
encore bien avancés si un contemporain, ou du moins un 
personnage à peine postérieur, n'avait été plus indiscret. 
Dans son catalogue des écrivains de Tordre des Frères 
Prêcheurs, Bernard Gui, qui était lui-même un disciple de 
saint Dominique, a inséré cette brève notice : 

« F. Stephanus deBorhone, oriundtts de Bellavilla, 
diocesis Lugdunensis, qui compilait librum seu trcu^- 
tatum de danis, de diversis materiis prœdicabililms, 
quem distinadt in septem partes, secundum septem 
dona Spiritûs Sancti et eorum effectus, per distinction 
nés materiarum^ per causai et effectif, refertum 
atUhoritatibus, rationibus et eœemplis, ad €edificati(H 
nem pertinentibus animarum, cvyus prologus incipit: 
Quoniam multi mtUtipliciter, subtiliter et utiliter ela- 
boraverunty etc. Tractatus vero de Septem donis Spi-- 
ritus Sancti incipit consequenter : Quoniam initium 
sapientiœ timor Domini, etc.. Hic F, Stephanus obiit 
in conveniu Lugdunensi, anno MCCLXI velcirca^. )► 

Ces renseignements sont trop précis et concordent trop 
bien, d'une part avec le texte de l'ouvrage, de l'autre 
avec la note marginale que je viens de citer, pour laisser 
des doutes dans notre esprit. L'auteur s'appelait donc 
Etienne de Bourbon (c'était un nom patronymique, n'ayant 
qu'un rapport fortuit avec celui de la famille qui a donné 

i. Script, ord, Prwd., I, 184. 



iv mTRODUCTION. 

des rois k la France) ; il était né à Bellevillensur^-Saône 
(Rhône) ; il appartenait à Tordre des Dominicains ; il mou- 
rut vers 1261, daïis la maison que ces religieux avaient à 
Lyon. Voilà les principaux éléments de sa biographie ; 
voilà son identité constatée. U est inutile d'ajouter à cette 
preuve celles qu'Echard et Quétif tirent dé manuscrits plus 
récents, où son nom est écrit en toutes lettres ; il est non 
moins inutile de relever Terreur de quelques bibliographes, 
qui l'ont appelé Raymond ou Robert, sur la foi de la seule 
initiale défigurée du prologue. 

En dehors de ces notions sommaires, si nous voulons 
savoir quelque chose sur la vie d'Etienne de Bourbon, il 
faut le demander à son livre même. Voici les données 
positives fournies par les souvenirs personnels qu'il y a 
consignés. Dans son enfance, Etienne passa un certain 
nombre d'années aux écoles de Téglisè de Saint-Vincent de 
Mâcon : il nous le dit lui-même, en rapportant sur cette église 
une tradition remontant à Tépiscopat de Landri de Brézé '. 
Il vint plus tard étudier à l'Université de Paris, et il y 
recueillit les leçons de plusieurs maîtres alors célèbres, 
aujourd'hui totalement oubliés, Raoul de Bulli, maître ès- 
arts. Gui d'Orchuel ou d'Orcheux, Guillaume de De- 
reimes , Jean , doyen de Saint - Quentin , docteurs en 
théologie, etc.^. Il nous a transmis sur la vie des écoles 
parisiennes, sur les mœurs des maîtres et des étudiants, plus 
d'un trait curieux, emprunté aux impressions de sa jeunesse; 
par exemple, le vol conmiis au préjudice d'un de ses cama- 



1. N«304. 

2. N«» 6, 40, et f» 446 du ms. 



INTRODUCTION. V 

rades, qui, dépouillé de tous sesliyres, prétendit les retrou- 
ver par l'entremise d'un magicien ^ Ses études ne l'empê- 
chaient pas de se mêler aux foules curieuses de la capitale, 
ni de prendre part à tout ce qui les passionnait : il accourait 
à Notre-Dame quand on y apportait les malades atteints du 
feu sdcré^ et il les voyait guérir ou expirer devant le par- 
vis '. Il se trouvait à Paris au moment .où les premiers dis- 
ciples de saint Dominique venaient d'y arriver et où se for- 
mait leur fameuse communauté de Saint-Jacques, qui leur 
fit donner le surnom de Jacobins : c'est sans doute le spec- 
tacle édiâaiit de leur ferveur primitive qui lui inspira la 
pensée d'entrer dans cet ordre naissant, déjà en faveur par- 
tout, n n'était pas rare de voir les étudiants se jeter avec 
toute l'ardeur de la jeunesse dans cette vie d'apostolat et de 
pauvreté, séduisante par sa nouveauté même, qui était la 
raison d'être des Frères Prêcheurs : Etienne lui-même en 
cite des exemples, qui sans doute l'entraînèrent ^. Parmi 
les fondateurs de SainWacques, il connut personnellement 
Mathieu de France, premier prieur de cette maison,. envoyé 
à Paris par saint Dominique lui-même, et plusieurs frères 
qui avaient accompagné ce dernier dans sa mission chez les 
Albigeois^. Comme Mathieu était arrivé en 1^17, et que 
l'emplacement du couvent des Jacobins leur fut donné l'an- 
née suivante par le doyen Jean de Sainfr-Quentin, il est on 
ne peut plus probable que notre auteur, qui parle du nou- 
veau monastère comme étant encore en construction, étu- 

1. N* 360. 

2. N* 417. 

3. Notamment au n« 94. 

4. N~ 18, 83. 



\j INTRODUCTION. 

diait dans les écoles de TUniversité vers cette même 
époque. En supposant qu'il eût à ce moment vingtrquatre 
ou vingt-cinq ans, âge moyen des étudiants d'alors, il 
devait être né vers la fin du xn^ siècle, entre 1190 et 
1195. 

Etienne, d'ailleurs, avait déjà quitté Paris en 1223. Peut- 
être alla-t-il, cette année-là, assister au sacre de Louis VIII 
à Reims ; car il fut certainement témoin du couronnement 
d'un roi de FranceS et, comme cette cérémonie n'eut lieu que 
deux fois de son vivant (en 1223 et en 1226), conune d'autre 
part il se trouvait dans une tout autre région à la seconde 
de ces dates, j'incline à penser qu'il suivit à Reims le 
père de saint Louis ; et ce qui semble confirmer cette 
induction, c'est que, lorsqu'il parle de son séjour dans cette 
ville, il a l'air d'évoquer des souvenirs fort lointains, dont 
il n'est plus très-sûr *. Quoi qu'il en soit, nous le retrouvons 
dès la même année chez les Frères Prêcheurs de Lyon, où 
il était sans doute venu prendre l'habit afin de se rapprocher 
de son pays natal. Il eut là, pour prieur, un catalan appelé 
Romée de Levia, qui fut ensuite provincial de Provence, 
et qu'il semble désigner comme défunt au moment où il écrit^, 
bien que les biographes de l'ordre les fassent mourir tous 
deux en même temps (en 1261). La secte des Yaudois, née 
à Lyon vers 1180, commençait à se développer lorsque 
notre jeune dominicain habitait cette ville : il se trouva 
en rapport avec ses premiers adeptes, et connut ainsi direo- 
tement les particularités de sa fondation, qu'il nous a ra- 

1. No 495. 

2. N» 380. 

3. No» 27, 127, 230. 



HfTRODUGTION. vij 

coûtées ; il vit bien des foiSi entre autres, le grainmairie& 
ou le littérateur qui avait traduit la Bible en langue vul- 
gaire pour Pierre de Valdo, et le scribe qui avait écrit sous 
sa dictée cette traduction ^ Bientôt il se fit, comme la plu- 
part de ses frères, le voyageur de Dieu, et commença cette 
longue série de missions qui, pendant près de quarante ans, 
devaient le mettre en contact avec les personnages et les 
pays les plus divers. On le voit prêcher, à Yézelay , la croi- 
sade contre les Albigeois (probablement lors de l'expédition 
de Louis YIII, en 1226). Il sème la parole divine dans tout 
le diocèse de Valence (vers 1235). Peu après, TofSce d'in- 
quisiteur lui est confié par mandat du saintr-siége ' ; il 
cumule dès lors avec la prédication l'examen et l'interro- 
gatoire des hérétiques, tâche délicate et souvent pénible 
pour un homme consciencieux, mais dont l'accomplissement 
nous vaudra une quantité de détails authentiques sur les 
sectes du temps. 

Le rôle de l'inquisiteur n'avait pas, du reste, qu'une seule 
face : il ne consistait pas uniquement à discerner et à répri- 
mer l'hérésie. Si nous trouvons Etienne mêlé aux délibéra- 
tions et à la sentence par trop rigoureuse de l'assemblée de 
Mont-Aimé, en Champagne, où furent condamnés quatre- 
vingts ou même cent quatre-vingts Manichéens ; s'il men- 
tionne le supplice d'un hérétique de Glermont, surnommé 
l'Auvergnat, avec un sentiment d'horreur pour la victime ; 
s'il se montre, en un mot, comme le voulaient son époque 
et sa profession, l'adversaire résolu des doctrines qui ten- 



i. N«342. 

2. N^ 463, 343, 310, 227, 



\ 



viij INTRODUCTION. 

daient à saper par la base l'édiflce catholique, en revanche, 
il refuse de croire aux dénonciations faites à la légère, il 
rejette les amplifications des bonnes femmes du Forez où de 
l'Auvergne, il renvoie libre et raffermie dans la £di une 
noble dame qui était venue se livrer à lui comme coupable^ 
il détruit, à Yilleneuve-en-Dombes, la superstition ridicule 
des paysans de l'endroit, qui avaient fait dé la tombe d'un 
chien un lieu de pèlerinage ^ On ne peut nier que, dans 
l'exercice de ses redoutables fonctions, il n'ait allié au zèle 
de l'orthodoxie une prudence remarquable, et qu'il n'ait 
cherché avant tout à ramener les égarés. Quoi de plus apos- 
tolique que sa conférence secrète avec ce chef de brigands, 
qu'il va sermonner dans son repaire, au fond d'une foret, dont 
il essaye en vain de faire un croisé pénitent, et qu'il a le re- 
gret de voir arrêter, bientôt après, par la justice séculière*? 
C'est sous l'épiscopat de Hugues de la Tour (1227-1249) 
qu'Etienne fut appelé à Qermont et y séjourna. C'est aussi 
dans cet intervalle qu'il parcourut le Forez, car il se trou- 
vait à Sury-le-Comtal au moment où le comte Gui V, sur le 
point de partir à la croisade (c'est-k-dire en 1239), vit périr 
son fils au milieu des danses et des réjouissances d'une 
grande cour tenue à cette occasion ^. Vers le même temps, 
ses prédications s'étendirent à la Bourgogne : il s'arrêta, un 
peu après 1240, à Dijon, où il remarqua la mutilation ré- 
cente des statues du portail de l'église Notre-Dame ^ Près 
de cette ville, à Fontaine, patrie de saint Bernard, il re- 

1. N«« 170, 482, 18, 366, 370, etc. 

2. N*» 425. 

3. No 463. 

4. No 420. 



INTRODUCTION. ix 

cueillit de là bouche d'un des neveux de l'illustre abbé des 
particularités pleines d'intérêt sur la vie de celui-ci^ n alla 
également à Âuxonne, à Cbàlon-sur-Saône, à Pouilly, à 
Mardgny, et revint à Lyon au moment du grand concile de 
1245, auquel il semble bien avoir assisté'. Il reparaît en 
Bourgogne l'année suivante, et passé alors quelque temps à 
l'abbaye de Quny'. Des missions très -divergentes l'en- 
traînent ensuite au midi, dans le diocèse de Tulle et jusqu'en 
Roussillon, puis à l'est, dans les diocèses de Besançon et de 
Belley^. C'est de là, sans doute, qu'il gagna la Savoie et 
le pays de Suze, firanchissant les sommets des Alpes , admi- 
rant la vie champêtre et nomade des bergers montagnards, 
récoltant sur sa route des traits de moBurs, des faits ignorés, 
des traditions locales. Il dut traverser Chambéry après 
1249, puisqu'il a relaté, en lui attribuant cette date, l'épou- 
vantable éboulement du mont Grenier, aux environs de 
cette ville ^. Ces voyages lointains terminèrent sa carrière 
active. Retiré au fond du cloître où il avait débuté dans la 
vie religieuse, il employa les jours de repos et de recueille- 
ment de la vieillesse à écrire quelques-uns de ses souvenirs. 
La mort le surprit dans cette occupation vers 1261 , comme 
on l'a vu, et plutôt après qu'avant : il devait être presque 
septuagénaire. 
Il serait impossible que, dans le cours d'une existence 



i. N* 20. Il put en apprendre d'autres à l'abbaye de Glairvaux, 
où il passa également. (Voy. le f» 154 de son ms.) 

2. No» 54, 55, 120, 180, 313. 

3. N« 133. 

4. N~ 253, 194, 419, 312. 

5. N- 96, 211, 498. 



X INTRODUCTION. 

aussi remplie, Etienne ne fût pas entré en rapport avec un 
bon nombre de personnages notables. Outre ceux dont j'ai 
déjà prononcé le nom, il fut lié plus ou moins intimem^t 
avec les suivants : Sybille, dame de Beaujeu et belle-sœur 
de Philippe-Auguste ; Alix de Yergy, femme d'Eudes III, 
duc de Bourgogne ; Guillaume de Contres, chevalier du 
comte de Nevers; Jacques de Vitry, cardinal-évêque de 
Tusculum, patriarche de Jérusalem, qu'il cite à chaque 
instant; Nicolas de Flavigny, archevêque de Besançon; 
Renaud, archevêque de Lyon ; Aimon, évêque de Màcon; 
Guiard de Laon, évêque de Cambrai ; Jean des Vignes, pré- 
dicateur renommé ; Etienne de Cudot , archidiacre d* Auxerre , 
curé de Yermenton ; Terric, chanoine de Lyon ; et, parmi 
les Frères Prêcheurs, deux généraux de cet ordre, le second, 
Jourdain de Saxe, et le cinquième, Humbert de Romans , 
Guillaume Perraud, connu par sa Somme des Vertus et des 
Vices y Geofifroi de Blével , directeur des écoles de Saintr- 
Jacques, Arnaud, premier prieur de Lyon, Henri le Teuto- 
nique, prieur dç Cologne. Beaucoup d'autres contemporains 
de toute classe sont mentionnés dans l'ouvrage d'Etienne, 
et ont dû se trouver en relations directes avec lui, bien qu'il 
ne le dise pas expressément : tels sont Jean d'AbbevUle, car- 
dinal-évêque de Sabine, Jean de Colonna, évêque de Mes- 
sine, et son homonyme, neveu d'Othon, évêque de Porto, 
Philippe de Montmirail, fondateur de plusieurs monastères, 
l'abbé Jean de Belleville, et les dominicains Réginald ou 
Regnauld d'Orléans, Henri de Cologne, Guerric de Saint- 
Quentin, Jean de Montmirail, ancien archidiacre de Paris, 
Dominique l'Espagnol, compagnon du fondateur de l'ordre, 
Philippe, premier prieur de Reims, Raoul de Varey, prieur 



INTRODUCTION. XJ 

de Glermont, Pierre Ferrand, provincial d'Espagne, etc.^ 
A tous ou presque tous il a emprunté des anecdotes, qui, 
jointes à ses propres réminiscences, composent un recueil 
yéritablement original. 

II. — L'Ouvrage. 

Etienne de Bourbon n'a pas seulement voulu réunir en 
un livre ce qu'il avait lu, vu ou entendu. Prédicateur avant 
tout, il s'est proposé d'être utile aux autres orateurs de la 
chaire en leur présentant un recueil d'exemples à l'appui 
de tous les sermons qu'ils pourraient avoir à prononcer. 
C'est ce que nous apprennent le titre même de l'ouvrage 
{tractatus de diversis materiis prœdicabilibus) et son 
prologue, où l'intention de l'auteur est clairement expliquée. 
L'usage finéquent des exemples commençait alors à se ré- 
pandre chez les sermonnaires, qui avaient remarqué la sin- 
gulière efScacité des traits d'histoire pour captiver l'attention 
de leurs auditeurs et faire pénétrer l'enseignement religieux 
dans les esprits les plus rebelles. Le cardinal Jacques de 
Yitry est le premier qui ait érigé en système l'emploi des 
anecdotes dans les sermons, et qui en ait formé une espèce 
de recueil '. Mais déjà saint Dominique avait avant lui pré- 
conisé et pratiqué la méthode narrative ; ses premiers di^ 
ciples s'étaient empressés de l'imiter. Il ne faut pas oublier 



1. Voy. ce qui concerne ces différents personnages à la table 
alphabétique. 

2. Sermones vulgares domini Jaœhi VitHcensis, Bibl. nat., ms. 
lat. 17,509. 



xij INTRODUCTION. 

que les deux nouveaux ordres voués au ministère de la pa- 
role, les Frères Prêcheurs et les Frères Mineurs, s'en allant 
à travers les villes et les villages, liaranguant les fidèles sur 
les places publiques aussi bien que dans l'église, sur les 
grands chemins comme dans les lieux consacrés, avaient le 
plus souvent a£Eaire à des auditoires simples et naïfis. L'élo- 
quence populaire était leur £ait : ils ne récitaient point des 
discours savants ; ils n'entraient guère dans les raisonne- 
ments ni dans les abstractions. Ils improvisaient, ils ins- 
truisaient, et ils racontaient : c'est pourquoi le peuple 
séduit, captivé, se portait en foule sur leurs pas et leur fai- 
sait des triomphes faciles. Si l'on ne perd point de vue cette 
situation, l'on sera certainement moins sévère que ne l'a été 
M. Renan ^ pour les historiettes vraies ou supposées insérées 
en si grand nombre dans les sermons du temps, quel que soit 
l'abus qu'on en ait pu faire par la suite. Cet abus, les 
Frères Prêcheurs étaient les premiers à le condamner : Vin- 
cent de Beauvais nous donne la juste mesure de l'emploi des 
récits dans la chaire, en disant que c'était la mode de mêler 
des apologues aux sermons, dans le double but de prévenir 
l'ennui des auditeurs et de faire ressortir la morale que ces 
contes renfermaient, et en ajoutant qu'on ne devait recourir 
à de tels moyens qu'avec prudence, de peur d'exciter le rire 
au lieu de provoquer à la pénitence *. 

Etienne de Bourbon a donc suivi la méthode inaugurée 
par ses premiers maîtres ; il lui a même donné une impul- 



1. Hist. littér., XXTV, 372 et suiv. 

2. V. l'étude de M. Boutaric sur Vincent de Beauvais, insérée 
dans la Revue des Questions historiques, 33* livraison, p. 40. 



INTRODUCTION. xiij 

sion nouvelle et considérable par la rédaction de son 
recueil, où sont venus puiser une foule d'imitateurs. Déve- 
loppant ridée et le plan de Jacques de Y itry , il a &it ren- 
trer dans son vaste cadre tous les récits moraux qu'il a pu 
rassembler. Son livre est, pour ainsi dire, une morale en 
action. Toutes les anecdotes qui le composent peuvent se 
diviser en deux classes principales, d'une valeur très-inégale 
pour nous : la première est tirée d'écrits antérieurs, livres 
historiques, sacrés ou profanes, compilations théologiques, 
vies de saints, légendes, poésies, fables, etc.; la seconde est 
empruntée aux événements contemporains de l'auteur, à 
ses souvenirs et à ceux de ses amis, aux traditions qui lui 
ont été transmises de vive voix. 

. La première catégorie, si elle est étrangère à l'histoire du 
temps, peut au moins nous renseigner sur les connaissances 
littéraires de l'auteur ; elle nous donnera, par conséquent, 
un échantillon de l'érudition du sièdé de saint Louis, car 
Etienne, ayant étudié à l'Université de Paris, est un repré- 
sentant de la classe lettrée, bien qu'il cite beaucoup moins 
d'auteurs anciens que Vincent de Beauvais, par exemple. 
Pour donner une juste idée de son savoir, il n'est rien de 
mieux que de dresser la liste des ouvrages utilisés par lui. 
La voici, telle que la fournissent, non-seulement son pro- 
logue, où lui-même a énuméré ses principales sources avec 
un soin consciencieux, non-seulement la partie de son texte 
reproduite dans cette édition, mais le dépouillement de son 
manuscrit entier. 

Antiquité sacrée. 
La Bible. 

Livre apocryphe d'Esdras. 

Évangile des Nazaréens. 



XIV imnoDUGnoif. 

Évangile de Nicodème. 

B. Jérôme (chronique, traduite d'Eusèbe; lettres). 

S. Jean Ghrysostôme (homélies). 

S. Grégoire de Nazianze {Apologétique, traduit parRufin; lettres). 

S. Augustin (De Pœnitentia; Contra Manichaos; De Moribus Mani" 

cfuBorum; De HsreHJms; Super Psalmos; etc.). 
Josèphe (Antiquitates judaic9 ; de Bellojudaioo), 
Hégésippe [De Cladihus Judœorum). 
Orose (chronique). 
Eusèbe de Gésarée {Histoire ecclésiastique; chronique, traduite en 

latin par S. Jérôme). 

Antiquité profane. 

Gicéron {De Legibus; De OffUsiis; Rhetorioa). 

Pline l'Ancien (cité seulement d'après V Histoire scolastique de Pierre 

le Mangeur). 
Sénèque le philosophe {Qusstiones naturales; Epistola; De Quatuor 

virtutibus, apocryphe; tragédies). 
Macrobe. 
Boêce. 

Galien, médecin. 

Histoires des Romains, sans désignation d'auteur. 
Ovide {EpistoUe ex Pofito). 
Lucain {Pharsale). 

Liber de proverbiis ou de parabolis philosophorum. 
Historia Alexandri (faux Gallisthène). 
De vitâ Bragmanorum (Palladius) . 

Moyen âge, 

Vita patrum. 

Legenda beati Johannis evangelistx. 

Passio beati Longini. 

Vita beati Augustini. 

Vita S. Martialis. 

Vita beati Hilarii Pictaviensis. 

Vita Johannis Eleemosynarii. 

Vita S. Hugonis Cluniacensis. 

Vita Pétri Cluniacensis, 

Vita beati Bernardi Claravallensis. 

Vita beati Dominici, par Gonstantin, évoque d'Orvieto, ou par 

Jourdain de Saxe. 
Legenda nova beati Dominici, 



HTTRODUCTION. XV 

Pierre Damien, évoque d'Ostie (recueil de miracies). 

Pierre, moine de Gluny (recueil de miracles). 

S. Hugues de Gluny (miracles de la sainte Vierge). 

S. Pierre de Tarentaise (miracles de la sainte Vierge). 

Miracles de Notre-Dame de Soissons, par Hugues Farsit (non cité). 

Galixte, pape (miracles de S. Jacques, apocryphe). 

Urbain, pape (miracles). 

De inventione sands Crucis. 

Jean Damascène (Barlaam et Josaphat). 

Itinerarium Clementis, 

Visio Pauli, 

Descriptio purgatorii S. Patricii. 

Prophétie de Merlin. 

S. Grégoire le Grand (Dialogues; homélies). 

Bède (Gesta Anglarum; chronique; calendrier). 

Isidore de Séville (De Etymologiis). 

Alcuin. 

Usuard (calendrier). 

Pierre Alphonse. 

S. Anselme, de Imagine mundi. 

8. Bernard (sermons; méditations; De Consolatione; lettres à 

Eugène IH, à Henri, archevêque de Sens, contre l'église de 

Lyon, etc.). 
Fulbert, évéque de Chartres (sermons). 
Richard de Saint- Victor. 
Alexandre [de Halès?] (Somme). 
Jean Beleth (Somme). 

Guillaume Perraud (Somme des Vertus et des Vices). 
Eudes [de Ghàteauroux?] (Sermons). 
Sxpositio super missas. 
lÀber de requie mentis. 

Gassiodore (Histoire tripartite, et autres livres). 
Grégoire de Tours (Historia Francorum). 
Réginon (chronique). 

Hugues ^e Saint- Victor (chronique; De Sacramentis). 
Adon, archevêque de Vienne (chronique). 
Pierre le Mangeur (Historia soolastica). 
Godefroid de Parme (Panthéon, chronique). 
Grervais de Tilbury (De Solatiis imperialibiu ou De Mirabilibiu ter- 

rarum). 
Jacques de Vitry (Historia transmarina, ou Histoire orientale; vie 

de Marie d'Oignies; Exempta vulgaria, recueil ms.). 



Xyj INTRODUCTION. 

Jean de Mailly (chronique). 

Romain, cardinal (chronique). 

Timothmu, historiographe. 

Gerlandus (Gerland, chanoine de Besançon), historiographe. 

Lanfredtu, historiographe. 

Chroniques des Francs, sans désignation d'auteur. 

Historia Britanum, 

Liber de initiis ardinù Cisterciensium. 

Historia Caroli magni ou Historia Runcevallis, histoire fabuleuse 

attribuée à Turpin. 
Historia Antiochina ou Historia captionis Antiochis (la Chanson 

d*Antioche), poème. 
Historia Arthuri (romans de la Table-Ronde). 
Légende en vers sur un chevalier enfermé la nuit dans une église. 
Légende en vers sur une chapelle de cire construite par des abeilles. 
Recueil d'exemples, anonyme. 
Libri naturales (bestiaires). 

Les récits de la seconde classe peuvent seuls servir à l'his- 
toire proprement dite du xm* siède. Sans doute, nous ne 
pouvons leur attribuer à tous une authenticité rigoureuse ; 
l'auteur répète, en effet , un certain nombre de faits mer- 
veilleux ou de bruits publics qui auraient besoin de confir- 
mation. Mais il partage cette faiblesse avec tous les chroni- 
queurs de son temps ; et du reste, en mainte circonstance, il 
a toute l'autorité d'un témoin oculaire. Quand il n'a pas vu ce 
qu'il rapporte, il a soin d'indiquer de quelle source il le tient : 
tel événement lui a été raconté par un des acteurs eux-mêmes, 
coDune cette conversation si intéressante de saint Louis avec 
un religieux, qui l'avait surpris distribuant l'aumône sous 
le costume d'un écuyer, et comme une quantité de traits 
curieux ; telle tradition locale lui a été transmise à son pas- 
sage, par les gens du pays; il a entendu tel récit de la 
boucbe de tel prédicateur, en tel endroits Quand il n'est pas 

1. N" 9, il, 16, 28, 31, 34, 48, 513, 56, 78, 513, etc. 



HfTRODUGTION. xvij 

bien sûr de sa mémoire ou des narrateurs qu'il cite, il 
éprouve des scrupules, il exprime des réserves du genre de 
celles-ci : « Sicut credo mevidisse; me audimsse credo, 
vel ab eadem, vel ah aliis; ct*edo me inter fuisse; hoc 
tamen non recolo si...; » etc.^. Il signale celles de ses 
autorités qui sont le plus dignes de foi ; il se fait affirmer par 
serment Texactitude des faits'; il prend, en un mot, toutes 
les précautions compatibles avec sa position et son temps 
pour ne pas induire en erreur ses lecteurs. Cette préoccupa- 
tion constante prête à ses narrations un caractère de bonne 
foi et de véracité incontestable. Une seule considération 
r^upeche quelquefois de désigner les personnages ou les 
familles dont il parle. Quand il s'agit de faits scandaleux, 
pouvant porter atteinte à l'intégrité d'un nom honoré ou 
léser quelque intérêt respectable, il observe une discrétion 
qui l'honore, mais qui ne peut enlever aucun crédit à sa 
parole : « Nominapersonay^um, licet sciam, non eœprimo, 
quia posset esse^ vel in periculum^ vel in scandalum 
aliquorum ; nomina quorum reticeo propter scanda- 
lum; cujus nomen et locum et gentem hene novi; » etc.'. 
Au reste, il faut remarquer que, lorsqu'il cite des traits 
merveilleux, ou même certains miracles, il semble souvent 
ne les donner qu'à titre d'apologues ; il les reproduit pour en 
tirer une moralité, et non pour en garantir l'authenticité abso- 
lue; quelquefois, en effet, il les accompagne de réflexions 
prudentes : « Sed si verum sit mirabiliter nescio; 
quod, si verum est, pulcherrimum est; nec mifd 

i. N" 274, 321,380, 432, etc. 

2. N- 230, 31. 

3. N~ 31, 44, 48,455. 



xviij INTRODUCTION. 

constat de omnium veritate^. » Ainsi, panni les auteurs 
du moyen-âge, il n'en est guère qui, à priori^ paraissent 
plus dignes de confiance. En outre, la plupart des rensei- 
gnements fournis par Etienne de Bourbon sur les honunes et 
les choses de son temps sont confirmés par ceux que nous 
possédons d'ailleurs, ou se trouvent d'accord avec eux. Je 
citerai, entre autres, comme contenant des éléments histo- 
riques, dans une proportion plus ou moins forte, les anec- 
dotes portant les n« 20, 33, 34, 53, 58, 83, 98, 122, 
130, 170, 194, 211, 227, 251, 253, 275, 318, 327, 
330, 342-352, 417, 430, 463, 485, 490, 513. Le 
lecteur y puisera sur les règnes de Louis VU , de Phi- 
lippe-Auguste, de Louis YIII et de saint Louis, ainsi que 
sur rétat de la société dans cette période séculaire, des 
données très-précieuses et un certain nombre de faits igno- 
rés, méritant à plus d'un titre de figurer dans nos annales. 
Quant aux récits purement légendaires que l'auteur a 
recueillis de la bouche de quelques contemporains, ils auront 
une utilité d'un autre genre. Beaucoup d'entre eux, par 
exemple, serviront à démontrer la perpétuité, à travers le 
moyen-âge, d'ime foule de vieux contes venus du fond de 
rOrient et remontant presque aux origines du monde. Us 
fourniront des variantes extrêmement curieuses de ces mille 
légendes, qui sont de tous les temps et de toutes les littéra- 
tures, et que les difierentes races humaines semblent avoir 
emportées comme un souvenir commun de leur berceau pri- 
mitif. Dans la chaine qui relie les versions antiques aux 
imitations modernes, plus d'un anneau avait disparu, plus 

1. No* 80, 137, 194. 



INTRODUGnOIf. xix 

d'un intermédiaire nécessaire manquait : on en a déjà 
retronvé chez divers conteurs ou fabulistes des Tuf et 
xnr* siècles ; Etienne de Bourbon sera, sous ce rapport, une 
mine nouvelle. Mais cette partie de son recueil rentre 
quelque peu dans la première classe de récits dont j'ai 
parlé , car, bien qu'il ait entendu raconter en chaire ou 
ailleurs une quantité d'apologues, il en a puisé également 
à des sources écrites. 

Ayant à répartir toute sa collection dans un cadre 
rationnel, Etienne a choisi celui que lui offraient les sept 
dons du Saint-Esprit ; ce qui a fait quelquefois appeler son 
oeuvre le ti*aité des Sept dans. U a donc établi sur ce sujet 
un texte ou une explication théologique, destinée à ratta- 
cher ses anecdotes les unes aux autres, comme le fil qui 
relie un bouquet, ou comme le ciment qui consolide un édi- 
fice. Ce texte, qui, au fond, n'est que l'accessoire, prend par 
moments les proportions de l'objet principal; l'auteur 
l'allonge, et paraît oublier son but primitif. D'autres fois, au 
contraire, il se réduit à une simple citation de l'Écriture, à 
peine suffisante pour indiquer la transition ou la moralité du 
trait : le soin de développer le thème est laissé aux prédica- 
teurs qui voudront se servir du recueil. CSiacune des sept 
parties est divisée elle-même en titidi, subdivisés à leur 
tour en chapitres. Ce plan est soigneusement exposé dans le 
prologue; mais il est moins régulier dans l'exécution. La 
place de certains exemples n'est pas toujours très-bien 
GhoLne ; quelques-uns se trouvent répétés en trois ou quatre 
endroits différents : mais nous aurions mauvaise grâce à 
nous plaindre de ces doubles emplois, car ils nous valent 
ordinairement un supplément de détails. Un fait plus regret- 



INTRODUCTION. 

table, c'est que la rédaction est restée inachevée. L'auteur, 
selon toute vraisemblance, a été interrompu par la mort, 
vers le milieu de la cinquième partie : nous n'avons donc 
que ce qui regarde les dons de Crainte, de Piété, de Science, 
de Force, et une moitié environ du don de Conseil ; il nous 
manque les dons d'Intelligence et de Sagesse, lesquels 
devaient embrasser des matières très- importantes, d'après 
l'annonce qui en est faite dans le prologue. Les derniers 
chapitres qui aient été écrits sont plus négligés, et pour le 
fond et pour la forme; ils semblent trahir déjà un esprit 
fatigué ou un corps malade. Il y a, par conséquent, les 
meilleures raisons de croire qu'Etienne a composé son 
recueil dans les dernières années de sa carrière. Les faits 
les plus récents qu'il ait mentionnés ne dépassent guère 
l'année 1250; pourtant, lorsqu'il rapporte un accident 
arrivé à cette date à Yergy, en Boui^ogne, il semble dire 
qu'il l'a appris, sur les lieux, une dizaine d'années environ 
après l'événement ^ Il aurait alors rédigé son livre, ou du 
moins ce passage, vers 1260 ; ce qui devrait £aire reporter 
sa mort un peu plus tard que la date approximative de 1261 , 
donnée par Bernard Gui. 

Quant au style de notre religieux, il est des plus mauvais, 
l'on n'en saurait disconvenir. Etienne parle firançais en 

« 

latin ; sa phrase latine est un véritable calque de la phrase 
française correspondante, à tel point que, lorsque son texte 
offre une obscurité quelconque, il sufSt généralement, pour 
la dissiper, de faire ce qu'on appelle une traduction mot 
à mot. Les puristes qualifieraient ce langage de bar- 

i. N« 462. 



INTRODUCTION. XXJ 

bare; oeux qui sont fimoiliarisés avec les écrits du bas 
moyen-âge se contentfflt)nt d'y voir une nouyeUe preuve de 
ce iaity que le firançais régnait en maître au xm* âède, et 
que, pour les clercs eux-mêmes, la langue latine était une 
langue artificielle, apprise dans les écoles, un simple 
masque appliqué par un reste de pudeur, et sans aucun 
apprêt, sur l'idiome rustique de la veille, devenu « le parler 
le plus delittable' » du jour. Nonnseulement les mots, mais 
les tournures, les constructions employées par Etienne sont 
essentiellement firançaises : c'est la phrase courte et hachée 
des dialectes modernes. Les répétitions, les locutions tri- 
viales abondent sous sa plume; il confond souvent les temps 
des verbes. Tous ces dé&uts extérieurs ont une explication 
naturelle : c'est qu'il ne songeait point à faire un livre bien 
écrit, mais à réunir de simples canevas pour les orateurs 
sacrés. Ses histoires mêmes sont quelquefois à l'état d'es- 
quisse, et rien n'est plus curieux que de comparer cette 
esquisse avec le tableau brillant exécuté d'après elle par 
certains maîtres de la parole, comme j'ai pu le fiiire pour 
l'anecdote du marchand et du bourgeois qui luttent d'hon- 
nêteté à propos d'un trésor perdu par l'un et retrouvé par 
l'autre*. 

Le manuscrit original de l'ouvrage d'Etienne de Bourbon, 
qui était resté, après sa mort, chez les Frères Prêcheurs de 
Lyon ', a disparu ; Echard lui-même n'a pu savoir ce qu'il 
était devenu. Mais nous en possédons un double, écrit au 
xiii« siècle, et sans doute du vivant de l'auteur, à en juger 

1. Brunetto Latini, liv. I, ch. 1. 

2. N« 505. 

3. datai, de Bernard Gui (Échard, I, 184). 



xxij nfmoDucnoN. 

par certaines additions marginales. L'altération de plusieurs 
mots peu familiers aux scribes, jointe à d'autres indices, 
nous &it reconnaître que ce n'est qu'une copie; le caractère 
de l'écriture nous prouve que cette copie est contemporaine. 
Nous savons d'ailleurs, par une note inscrite à la même 
époque sur l'avantHlernier feuillet de cet exemplaire, qu'il 
fut l^ué à la maison de Sorbonne par un de ses pruniers 
docteurs, Pierre de Limoges, qui mourut avant l'an 1300. 
n est porté sur l'ancien catalogue de la bibliothèque de ce 
célèbre établissement, dressé en 1338 ^ Il était alors 
enchaîné, comme tous les volumes précieux ; sa valeur était 
estimée à dix livres*. Passé à la bibliothèque royale avec 
tout le fonds de Sorbonne, sous le n^ 804, il porte aujour^ 
d'hui dans le fonds latin, auquel il a été réuni, le n<^ 15,970. 
On doit donc lui attribuer une autorité presque égale à cdle 
de l'original. 

D'autres manuscrits ont été cités par les bibliographes ; 
toutefois, ils sont loin d'avoir la même valeur. Quatre 
d'entre eux se retrouvent maintenant, comme le premier, 
à la Bibliothèque nationale. Je pensais pouvoir les utiliser 
aussi ; mais, en les examinant, j'ai reconnu qu'ils n'ofiraient 
qu'une reproduction bien imparfaite et bien tronquée du 
recueil d'Etienne. Ce ne sont même pas des reproductions ; 
ce sont des réductions informes, dans lesquelles le nom de 
l'auteur et ceux de la plupart des personnages ou des lieux 
désignés dans ses anecdotes sont supprimés. Le titre, le pro- 
logue, les exemples mêmes sont abrégés ou défigurés. Ces 



i. Bibl. de r Arsenal, n» 855. 
2. Note à la fin du ms. 



INTRODUCTION. Xxiij 

résumés sont dus à la plume de quelques dercs pressés, qui 
ont simplement voulu extraire du livre les matériaux à leur 
oonyenance, sans se piquer d'un respect de la propriété 
littéraire qui n'existait alors nulle part. De plus, ils ne 
portent que sur la première partie du recueil (de Dcno 
timori8)j sauf un seul qui va environ jusqu'au tiers de la 
quatrième. Deux de ces manuscrits peuvent être rapportés à 
la fin du xm* siècle ; les deux autres ne remontent qu'au 
xiv^^ Les exemplaires signalés par Haenél à Épinal et à 
Saint-Omer, ainsi que ceux dont Échard avait constaté 
l'existence au couvent de Saint-Jacques et de Saint-Victor, 
aux collèges des Cholets et de Navarre, à Marseille, à 
Tolède, en Angleterre, sont également incomplets ou posté- 
rieurs : un de ces derniers, celui des Cholets, écrit aux envi- 
rons de l'année 1300, porte seul le nom ^Etienne de Bel- 
leville*. Enfin, celui que j'ai rencontré à la bibliothèque de 

1. Voici rindication de ces extraits fort altérés, dont les trois 
premiers sont à peu près identiques : 

!• Ms. 3706 (ancien Colb. 6437, Reg. 4658), f^ 121-173. « Inci- 
ptl tractatus de habundaneia esDemplorum in sermonilms ad 
omn&m maieriam, » 

2« Ms. 15953 (ancien Sorb. 797), !^ 188-210. f Incipitsumma 
de easemplis. De dono timoris. » 

3» Ms. 16515 (ancien Sorb. 1693), ^» 1-66. Môme titre que le 
ms. 3706. 

4« Ms. 16516 (ancien Sorb. 1661), ^ 3-142. Môme titre. Seul 
ms. qui, outre la première partie du livre d*Ëtienne, résume 
la seconde, la troisième et une fraction de la quatrième 
(jusqu'à l'anecdote qui porte dans cette édition le n* 310). 

2. SeripX. ord, Prwd., I, 185 et s. Cf. le catalogue d'Haenel. 
C'est par erreur que VHist, littér. met au nombre des exemplaires 
d'Etienne de Bourbon cités par Échard un ms. des Jacobins delà 
rue Saint-Honoré, qui contenait simplement un morceau composé 
d'après notre auteur. 



Xxiv INTRODUGnON. 

Tours, et qui n'avait pas été mentionné jusqu'à présent, est 
encore un abrégé anonyme, rédigé sous le titre singulier de 
Panthéan, plus propre à dérouter les recherches qu'à indi- 
quer le contenu du livret Toutes ces imitations infidèles ne 
sont bonnes qu'à montrer la vogue dont jouit, durant un 
certain temps, le traité original, et l'empressement des pré- 
dicateurs à en tirer profit. Ainsi, le premier manuscrit 
m'o£frait seul un guide sûr, que j'ai scrupuleusement suivi, 
n n'y a eu non plus que des firagments peu considérables 
d'Etienne de Bourbon reproduits par l'imprimerie. Les 
bibliographes de l'ordre de saint Dominique ont inséré dans 
leur notice sur leur confirère quelques passages intéressants, 
entre autres le prologue et une bonne partie du tableau des 
hérésies. J'ai eu soin de désigner ces passages dans les notes 
qui accompagnent l'édition. Les morceaux transcrits ou 
traduits par quelques autres écrivains, comme Gieseler et les 
auteurs de V Histoire littéraire, ne dépassent pas les pro- 
portions d'une simple citation '. Celui qui a été imprimé par 
D. Martàne, relatif aux doctrines et à l'interrogatoire des 
hérétiques, est plus considérable ; mais il n'est pas tiré de 
l'ouvrage d'Etienne, comme la note mise en tête l'a fait plus 
d'une fois supposer; il a été seulement rédigé d'après lui, et 
présente avec le véritable texte de très-grandes différences'. 
Les nombreux emprunts faits à notre écrivain par l'auteur 
du SpectUummorcUet édité à tort sous le nom de Vincent 



i. Bibl. de Tours, ms. 467. c Incipit prologus super librum qui 
dicitur Panthéon.,, » Cet abrégé s'arrête après le chapitre de TriS' 
titid. 

2. Hist. littér,, XIX, 34 et s. ; Gieseler, I, 510. 

3. Martène, Anecd,, V, 1777-1794. 



INTRODUCTION. XXV 

de Beauvais, ne oonstitaeiit pas davantage une publication. 
C'est bien plutôt un pillage impudent, accompagné de ce 
qu'on appelle en littérature un démarcpiage. Je ne m'arrê- 
terai pas à désigner les unes après les autres toutes les 
anecdotes dont ce singulier compilateur s'est emparé pour 
les altérer, les défigurer, les dépouiller de tout intérêt et de 
toute précision, en supprimant les noms, des lieux et des 
personnes. Ce relevé minutieux a été exécuté avec un zèle 
jaloux par Échard, qui avait en même temps à venger un 
autre dominicain, saint Thomas, des procédés du plagiaire 
anonyme. Je me contente de renvoyer au travaQ du savant 
critique, en observant avec lui que des reproductions aussi 
vagues, aussi éloignées de l'original, ne sauraient ôter à 
celui-ci ni la saveur ni le mérite de la nouveautés On doit 
donc, en somme, regarder comme une première édition celle 
qui paraît aujourd'hui. 

in. — Pian de L'iomoN. 

On ne trouvera pas non plus ici le texte intégral de tout 
le volumineux manuscrit d'Etienne de Bourbon ; mais on y 
trouvera du moins un texte pur, et plus que des extraits. 
J'avais à &ire un volume de documents historiques : j'ai 
donc pris tout ce qui pouvait intéresser l'histoire, c'est-à- 
dire la plus grande et la meilleure partie de l'ouvrage, et, 
pour ainsi dire, sa moelle. En un mot, j'ai laissé de côté les 
réflexions morales, les passages de l'Écriture et le commen- 
taire théologique, n'en gardant que ce qui était indispen- 

1. V. Script, ord. Prsd., I, 248-226. 



XXVJ INTRODUCTION. 

sabl6 pour faire comprendre le plan et la pensée de l'auteur, 
pour rattacher ensemble sa longue série d'exemples, dont je 
ne pouvais songer à intervertir l'ordre. Quant à ces exam- 
ples eux-mêmes, j'ai dû en supprimer également un bon 
nombre, qui auraient grossi inutilement et démesurément ce 
volume. Voici la règle générale que j'ai suivie à cet égard : 
tout ce qu'Etienne a raconté de visu ou de audUu, c'est^ 
à-dire ce qui s'est passé de son temps, et les £aits antérieurs, 
authentiques ou légendaires, dont il a recueilli un récit oral, 
tout cela a été soigneusement conservé ; les traits empruntés 
par lui à d'autres écrivains, ordinairement désignés, c'est- 
à-dire la partie de son recueil qui n'est pas véritablement 
originale, ont été sacrifiés. Je n'ai fait que de rares excep- 
tions, commandées par des raisons spéciales. Ainsi, je n'ai 
pas cru devoir rejeter les citations de certains auteurs con- 
temporains du nôtre, et dont les écrits sont peu ou point 
connus : les historiettes assez nombreuses tirées de la collec- 
tion de Jacques de Vitry, par exemple, ne pouvaient 
qu'ajouter un attrait de plus à l'édition. Quant à la nature 
intrinsèque des récits moraux dont celle-ci se compose, on 
en a l'indication dans le titre donné au présent volume : il 
comprend à la fois des anecdotes historiques, des légendes, 
des apologues, et chacune de ces catégories présente un 
genre particuli^ d'intérêt. 

Tout en respectant les divisions établies dans l'original, 
j'ai introduit dans l'édition un numérotage supplémentaire 
en chiffires arabes, destiné à faciliter les recherches et les 
renvois : chaque numéro correspond généralement à un 
exemple. Je me suis attaché, toutes les fois que la chose 
était possible, à indiquer en note les origines, ou du moins 



INTRODUCTION. XXvij 

les similaires des anecdotes citées ; j'ai même opéré quelques 
confroDtations de textes dont les amateurs d'histoire litté- 
raire me sauront gré, je l'espère. La filiation de certains 
vieux contes est aussi instructiye que difficile à établir; 
leurs yariantes sont multiples, et il est presque impossible de 
les retrouver toutes. J'ai été très-utilement secouru, dans 
cette partie de ma tâche, par mon savant confirère M. Gaston 
Paris, membre de l'Institut. Mieux que tout autre, il 
connaît les rapports des littératures antiques et modernes ; 
l'obligeance désintéressée avec laquelle il m'a &it profiter 
de sa vaste érudition lui donne droit à toute ma gratitude. 
Un sommaire détaillé des cinq parties de l'ouvrage a été 

m 

placé en tête. Chaque anecdote y est analysée brièvement, 
et porte le même numéro que dans le texte. Enfin une table 
alphabétique générale, comprenant les noms des personnes, 
des lieux et des principales matières, forme le complément 
obligé de cette édition : elle renvoie aux pages, et non plus 
aux paragraphes comme le sommaire. 



SOMMAIRE DE L'OUYRAGE. 



PROLOGUE. 

1. L'auteur établit que les faits sont plus efficaces que les rai- 
sonnements pour frapper Tesprit des hommes et les porter au 
bien. — 2. Il a voulu, en conséquence, réunir une collection 
d'exemples ou de récits moraux, relatifs à tous les sujets ; il énu- 
mère les sources où il les a puisés : livres historiques ; légendes 
et vies de saints; recueils spéciaux à l'usage de la chaire; souve-* 
nirs personnels. — 3. Plan et méthode appliqués à cette collection, 
qui est divisée en sept parties, répondant aux sept dons du Saint- 
Esprit, et subdivisées elles-mêmes en un certain nombre de titres 
ou chapitres. — 4. Utilité multiple des exemples, éprouvée par 
8. Dominique. 



PREMIÈRE PARTIE. 

DU DON DE CRAINTE. 

5. Plan de la première partie. 

Trr. I. Des sept espèces de crainte. — 6. Parole d'un philosophe à 
un prince, rapportée par Gui d'Orchuel. — 7. Réponse d'Amauld, 
prieur des Frères Prêcheurs de Lyon, à ceux qui craignaient de 
le voir manquer du nécessaire. — 8. Trois chevaliers, logés dans 
trois hôtels, éprouvent des inconvénients différents. — 9. Un 



SOMMAIRE DE l'OUVRAGE. xxix 

écolier de Paris apparaît, après sa mort, à son ancien maître, 
sous an manteau fait de sophismes écrits, qui l'écrasent. — 
10. Un Breton, en pèlerinage au Mont-Saint-Michel, refuse de 
livrer son offrande une fois le péril passé. — 11. Trait cité par Phi- 
lippe de Montmirail sur une béguine consolée par Jésus-Christ. 

Trr. n. Des effets de la crainte. — 12. Division. 

Trr. ni. De la crainte de Dieu. — 13. Division. 

Trr. IV. De V enfer, — 14. Division. — <5. Conversion de Foul- 
ques de Marseille, évèque de Toulouse. — 16. Une femme décédée 
fait connaître à son époux son sort dans l'autre monde. — 
17. Récit du frère Guillaume de Poitiers sur un arbre qui semblait 
sortir du corps d'un usurier. -^18. Supplice d'un hérétique appelé 
d'Auvergne ou l'Auvergnat. — 19. La belle-sœur du roi Philippe- 
Auguste raconte à l'auteur une vision d'Alpaix de Cudot, à qui 
apparut une de ses amies, damnée pour son amour de la parure; 
Etienne de Cudot, archidiacre d'Auzerre, et neveu de la môme 
Alpaix, révèle d'autres faveurs faites à sa tante par la sainte 
Vierge. — 20. Récit, fait par Calon, seigneur de Fontaines, peti1>- 
neveu de S. Bernard, de la conversion du père de ce dernier. — 
21. Un écolier de Paris entre dans Tordre des Frères Prêcheurs 
par suite des conseils d'un de ces religieux. — 22. Singulier ar- 
gument employé par le frère Jourdain, général des Dominicains, 
pour convertir un jeune seigneur. 

Trr. V. Du purgatoire. — 23. Division. — 24. Un prévôt ma- 
lade, conduit un instant dans le purgatoire, préfère souffrir sur la 
terre indéfiniment. — 25. Légendes siciliennes, racontées par un 
religieux de la Pouille, et relatives à l'Etna. — 26. Trait d'un 
voleur pénitent, rapporté par un chapelain du diocèse de Lau- 
sanne, nommé Guillaume, qui passait pour saint. — 27. Le dé- 
mon apparaît à S. Dominique et à des dames qui étaient venues 
le consulter, d'après le frère Romée, provincial des Dominicains 
de Provence, et la nouvelle légende de ce saint. — 28. Récit de 
Nicolas de Flavigny, archevêque de Besançon, sur un pèlerin 
condamné à errer pendant trois ans, et qu'un de ses amis délivre 
du purgatoire en achevant pour lui sa pénitence. — 29. Un che« 
valier de l'Albigeois délivre son père de la môme manière, sur la 
proposition de Guillaume, archidiacre de Paris. — 30. Au temps 
de la prédication de la croisade, un chevalier, en prenant la croix 
pour un autre, débarrasse celui-ci du mauvais esprit. — 31. Le 
père d'un moine de Cluny est sauvé par l'intervention des pauvres 
qu'il avait hébergés et par celle de la sainte Vierge. ^ 32. Un 



XXX SOMMAIRB DE L OUVRAGE. 

autre doit son salut à l'habitude qu'il avait prise de se signer en 
se levant et en se couchant. — 33. Le jeune Hugues, fils du duc 
de Bourgogne, qui était mort en laissant une dette, apparaît pour 
en réclamer l'acquittement. — 34. Guillaume de Contres, cheva- 
lier de la suite du comte de Nevers, cite un fait semblable arrivé 
à un de ses parents. — 35. Un religieux obtient la délivrance d'un 
de ses frères décédés, en restituant à l'abbé de leur monastère des 
chaussures que le défunt avait gardées à tort. — 36. Narration de 
Guillaume Perraud, sur un pénitent envoyé dans une vallée 
solitaire. — 37. Tentation d'un chevalier enfermé la nuit dans 
une église, d'après une légende en vers. 

TiT. VI. DujugmnefU ftitur. ^ 38. Division. -— 39. Impression 
produite par l'idée du jugement sur un étudiant en théologie. — 
40. Mort de Raoul de BuUi, maître es arts à Paris. -^ 41. Un 
étudiant, revenu des écoles, repousse son ancienne maîtresse. — > 

42. Vol commis par un barbier, pour fêter la Saint-Nicolas. — 

43. Vengeance exercée par un fils sur son père, qui lui avait en- 
seigné le vice. ^ 44. Triste fin d'un prélat incapable de rendre 
compte de son administration. — 45. Le diable prédicateur. — 
46. Un archidiacre allemand, qui avait fait périr son évoque pour 
prendre sa place, est frappé de mort subite au milieu du festin 
donné pour son installation. — 47. Ëvéque de Tours dénoncé 
comme indigne par S. Martin. — 48. Avertissement envoyé par 
Dieu à deux pécheurs, un comte et un prélat : le premier se con- 
vertit et reçoit le cilice des mains de l'auteur; le second meurt 
impénitent. 

Trr. VU. De la crainte de la mort. — 49. Division. — 50. Le 
fils du sire de Yignory entre à Glairvaux, en disant à son père 
qu'il en sortirait quand celui-ci aurait détruit sur sa terre une 
mauvaise coutume, celle de mourir à tout ftge. — 51. Châtiment 
d'un concubinaire public obstiné, à Dun. — 52. Superstition 
d'une vieille femme qui avait entendu le chant du coticou. — 
53. Un usurier de Dijon est tué, le jour de son mariage, par la chute 
d'un usurier de pierre, sculpté sur le portail de l'église de Notre- 
Dame. — 54. Trois autres exemples de mort subite. — 55. Un 
paysan de Pouilly, après avoir refusé, malgré les admonitions de 
l'auteur, d'épouser une jeune fille qu'il avait séduite, meurt d'un 
fou rire. — 56. Enfant pieux épargné par la foudre, d'après 
Etienne de La Ferté. — 57. Un serviteur malade demande en 
vain la santé à son maître. — 58. Paroles du roi S. Louis se 
croyant sur le point de mourir (en 4244). — 59. L'usurier qui veut 



SOMMAIRE DE l'OUVRÀGE. XXXJ 

retenir son âme. — 60. Saladin mourant montre son snaire, en 
disant que c'est la seule chose qu'il emportera. — 61. Riche 
dépouillé par les siens avant d'expirer. — 62. Dernière parole 
d'un duc de Lorraine. — 63. Conversion et austérités du bienheu- 
reux Simon de Grépy, fils du comte de CSrépy, qui meurt char- 
bonnier à Rome. — 64. Le pape Alexandre [HE] donne son an- 
neau à un chevalier pour lui rappeler l'idée de la mort. — 
65. Autre moyen employé par un confesseur envers son pénitent. 
— 66. Un bourgeois de Paris fait placer son cercueil dans sa 
chambre. 

TiT. Vm. De la crainU du péché. — 67. Division. — 68. Cer- 
tain prélat confie à son neveu un archidiaconé, et ne veut pas lui 
confier une corbeille de poires. — 69. Chevalier dépouillé par des 
hérauts pendant son sommeil. 

Trr. IX. De la crainte des périls présents. — 70. Division. 

TiT. X. De la qiMlité des ennemis du genre humain. — 71. Divi- 
sion. 



DEUXIÈME PARTIE. 



DU DON DE PIÉTÉ. 



72. Plan de la deuxième partie. 

Trr. I. De la parole de Dieu, — 73. Division. — 74. Réponse 
d'un Frère Prêcheur que d'autres moines cherchaient à attirer 
dans leur ordre. — 75. Une femme infirme fait porter son lit sur 
la place publique, pour y entendre un prédicateur renommé ; son 
zèle lui vaut la guérison. — 76. Un vieillard, qui suivait à pied le 
prédicateur, se trouve transporté sans fatigue de l'autre côté d'une 
montagne. — 77, 78. Exemples de femmes allant de ville en ville 
afin de suivre des sermons. — 79. Prédication d'un abbé de Citeaux 
devant une assemblée de démons déguisés en religieux. — 
80. Une fontaine de Jouvence en Orient. — 81. Un jeune prince 
achète à la foire, pour cent livres, une maxime de sagesse qui le 
sauve. — 82. Orateur sacré confondu par une vieille femme, à 
Gh&lons. — 83. L'évêque d'Osma, prêchant avec S. Dominique 



XXXlj SOMMAIRE DE L OUVRAGE. 

chez les Albigeois, renonce au faste pour mieux persuader les 
hérétiques. 

TiT. II. De la considération de la miséricorde de Dieu. ^ 84. Divi- 
sion. — 85. Un adultère est précipité dans la mer par le mari qu'il 
avait outragé. — 86. Réponses d*un philosophe, appelé le Secours 
des malfèeureux, aux questions insidieuses d'un prince. 

TiT. ni. De Vinoarnation de Jésus-Christ, — 87. Division. — 
88. La méditation de l'enfance du Sauveur convertit une ancienne 
religieuse, devenue femme publique. — 89. Un Sarrazin bienfai- 
sant embrasse la foi chrétienne après avoir retrouvé pleins ses 
greniers, qu'il avait vidés. — 90. Extase d'un chevalier au jour de 
Noël. — 91. Religieux délivré de la tentation par une image de la 
Vierge et de l'enfant Jésus. 

Trr. IV. De la passion de Jésus-^hrist, — 92. Division. 

TiT. V. De la croix et de ses divers effets. — 93. Division. — 
94. Un écolier de Paris, tenté de la chair, est converti par l'aspect 
du Sauveur crucifié. — 95. Trait de la légende du roi Arthur, cité 
comme apologue par un prédicateur de la croisade. — 96. La 
croix, plantée sur un mont inaccessible de la Tarentaise, fait dis- 
paraître les mauvais esprits qui le hantaient. — 97. Un prêtre du 
diocèse de Genève est emmené au sabbat, et se retrouve tout nu 
en Lombardie. — 98. Au moment où les barons de France pre- 
naient la croix avec le roi S. Louis, vers la fôte de S. Denis 
(en 1245), un chevalier des environs de Chartres entend les démons 
s'en plaindre amèrement, et prend lui-même une croix de feuilles. 
— 99. La Vierge se montre aux croisés. — 100. Les chrétiens 
tués par les Sarrazins semblent sourire encore. — 101. Manière 
de franchir les canaux dans les campagnes flamandes. — 402. Un 
chevalier français, après avoir suivi tous les pas de Notre Seigneur 
jusqu'au lieu de son Ascension, rend l'âme en cet endroit. — 
103. Cri de guerre d'un croisé. — 104. Parole d'un autre croisé à 
son cheval. 

TiT. VI. De la bienheureuse vierge Marie. — 105. Division. — 

106. Fête de la Conception; à quelle occasion elle fut établie. — 

107. Institution de la fête de la Nativité de la Vierge; fondation 
de son octave au récent concile de Lyon (en 1245). — 108. Puis- 
sance de VÀve Maria dans la bouche d'une jeune fille. — 109. Un 
clerc, qui avait eu la langue coupée par les Albigeois, retrouve la 
parole à Gluny. — 110. Femme atteinte du feu sacré et guérie à 
Notre-Dame de Soissons. — 111, 112. Muets guéris au même 



SOMMAIRE DE L OUVRAGE. XXXljj 

lien. — ii3. Un clerc aveugle, qui composait des chansons, à 
Rome, recouvre la vue en entonnant un répons fait par lui en 
rhonneur de la sainte Vierge. — 114. Une femme, surprise 
par le reflux au Mont-Saint-Michel, est protégée par elle. — 
115, 116. Moines sauvés de Tenfer et du purgatoire à cause de leur 
dévotion à Marie. — 117. L'abbé Jean de Belleville recommande 
cette dévotion en mourant. — 118. Le frère Jourdain, général des 
Frères Prêcheurs, établit dans son ordre l'usage de chanter après 
compiles le Salve Regina. — 119. Jeûnes pratiqués aux veilles des 
fôtes de la sainte Vierge; un voleur est délivré du gibet gr&ce à 
cette habitude. — 120. Un autre voleur, délivré pareillement, à 
Anxonne, retombe dans son crime, et, cette fois, n'obtient plus de 
secours. — 121. Un chevalier du Nivernais, blessé à mort, ne 
peut expirer qu'après avoir reçu les sacrements. — 122. Vengeance 
exercée sur les gens du comte de Màcon par les serviteurs de 
révéque, au château de Solustré. — 123. Un chevalier de l'Hôpi- 
tal sauvé deux fois du feu, dans son enfance, par l'intercession de 
la mère de Dieu. — 124. Usage de jeûner le samedi en l'honneur 
de la môme. — 125. Religieux arraché par elle aux démons qui 
Tentrainaient après sa mort. — 126. Réginald ou Regnauld, doyen 
des Frères Prêcheurs d'Orléans, est miraculeusement guéri à Rome, 
et appelé dans l'ordre de S. Dominique. — 127. Jean de Montmi- 
raily dominicain, ancien archidiacre de Paris, conseille à un de 
ses pénitents de recourir à Marie contre les tentations de la chair. 

— 128. Une dame échappe à son séducteur en récitant les vêpres 
de la sainte Vierge. — 129. Le diable au service d'un seigneur 
d'Auvergne. — 130. Lors de leur entrée à Déols, en 1187, les Gote- 
reaux outragent une statue de la Vierge ; un d'eux est frappé de 
mort. — 131. Un blasphémateur est châtié de même. — 
132. L'an 911, les Ghartrains, en combattant contre les Normands, 
perdent la tunique de la sainte Vierge, qui leur servait d'étendard. 

— 133. Fin horrible d'un autre blasphémateur, pendant le séjour 
de l'auteur à Gluny, en 1246. — 134. Une abbesse de Flandre, 
dépouillée de sa dignité, la recouvre ensuite par sa fidélité envers 
Marie. -^135. Une autre abbesse, séduite et devenue mère, 
obtient par elle d'échapper à la confusion, moyennant qu'elle 
change de conduite. — 136. Variante de la lé^nde de Grescentia. 

— 137. Vision du frère Guala, prieur de Brescia, au sujet de la 
mort de 8. Dominique. — 138. Ghâtiment de l'antipape Anaclet 
(Pierre de Léon). — 139. Un clerc sauvé pour son attention à 
bien peindre le nom de Marie dans les manuscrits. — 140. Un 

C 



XXXiv SOMHAIRE DE l'OUYRAGE. 

autre, après avoir obtenu Tamour d'une femme par l'intervention 
du démon, mérite d'être rappelé à la pénitence pour sa fidélité à 
dire les heures de la sainte Vierge. 

Trr. Vn. Des CBUvres de misirteorde. — 441. Division. — 
142, 143. Deux exemples de pauvres enrichis par Taumône. — 
144. Les héritiers d'un Sarrasin converti poursuivent en justice 
un évéque qui avait fait à leur père la promesse de l'Evangile : 
« Centuplum accipietis », sans aucun résultat matériel. — 145. Le 
fils d'un noble seigneur refuse ses secours à son frère cadet, 
qui revenait avec lui de la croisade, et pour ce motif est déshérité. 
^- 146. Le comte de Champagne (Henri le Large) donne en au- 
mône la personne d'un de ses serviteurs qui repoussait les pauvres. 

— 147. Sa façon spirituelle de secourir un enfant. — 148. Juge- 
ment du pape Alexandre [III] entre un moine de Giteaux, qui 
donnait ses habits aux pauvres, et son abbé, qui le lui défendait. 

— 149. Trait de S. Pierre de Tarentaise, mettant les préceptes de 
l'Évangile au-dessus des injonctions du pape. — 150. Le comte 
Thibaud de Champagne explique pourquoi il distribuait l'aumône 
de ses propres mains. — 151. Une dame charitable, voyant un 
pauvre à la messe, va retirer son pellisson sous le portique de 
l'église et le lui donne, pour ne pas manquer l'office en allant lui 
chercher autre chose. ^ 152. Un laïque des environs de Cambrai, 
ayant été acheter une statue de la Vierge à Fontaine, où on en 
faisait de belles, et ne pouvant trouver de gîte en route à son 
retour, reçoit une magnifique hospitalité, offerte par un envoyé 
céleste dans un hôtel inconnu. — 153. Les moines de 8ain1> Vic- 
tor de Marseille appauvris par le départ du procureur Dabitur 
vobis, qui avait suivi en exil son compagnon Date. — 154. Un 
mari veut tuer un pauvre que sa femme avait couché dans son 
lit, et en est empêché par une apparition divine. — 155. Un grand 
pécheur pénitent boit l'eau qui a servi à laver les plaies des 
pauvres. — 156. Jean, seigneur de Montmirail, boit celle qui a 
lavé les pieds d'un malheureux. — 157. Visites du comte Thi- 
baud de Champagne à un lépreux de Sézanne. — 158. Barthélemi 
de la Cluse, archidiacre de Màcon, raconte les visites faites par 
S. Dominique aux prisonniers de Rome. — 159. Le même rap- 
porte la préservation merveilleuse des lettres de canonisation de 
8. Dominique, dans le naufrage d'un vaisseau qui les emportait 
en Orient. — IdO. Un nouveau Salomon condamne trois jeunes 
gens i tirer sur le corps de leur père défunt, afin de reconnaître 
quel est parmi eux le fils légitime. -^ 161. Fils ingrat imité par 



SOmiÂIRB DE l'OUVRÀOB. XXXV 

son propre fils. — 162. Deux enfuits frappés de mort à Vergy, 
en Bourgogne, à la suite de la malédiction de leurs parents. — 
163. Un hfdiitant de Ghinon, qui avait refusé à manger à son père, 
a la face dévorée par un immonde crapaud, dont il ne peut se 
débarrasser qu'en se rendant en Terre-Sainte. 



TROISIÈME PARTIE. 



DU DON DE SCIENCE. 



164. Plan de la troisième partie. 

TiT. I. De la pénitmee, — 165. Division. — 166. Exemple d'un 
chevalier incapable d'observer les plus petites pénitences, par cela 
même qu'elles lui sont imposées. -^ 167. Pénitent retiré dans les 
catacombes de Rome. — 168. Légende de Robert le Diable; 
diverses aventures à lui attribuées. — 169. Albigeois confondus 
par un jongleur. — 170» Une hérétique de Mont-Aimé, nommée 
Albérée, qui passait pour sainte à cause de ses abstinences, est 
condamnée ainsi que son fils et plus de quatre-vingts Mani- 
chéens. 

TiT. U. De la eonnaissanee de son état. ^ 171. Division. * 

Trr. m. De la eantrition. — 172. Division. — 173. ffistolre 
d'un chevalier devenu ermite et retiré à Gonstantinople, qui feint 
la folie, et qui assiste de ses conseils le fils d'un empereur, meur- 
trier de son frère. — 174. L'excès de la douleur fait mourir une 
femme qui avait empoisonné ses père et mère, et lui vaut sa 
grftce auprès de Dieu. 

Trr. rv. De la confessùm, — 175. Division. — 176. Une charte 
diabolique, contenant tous les péchés d'un clerc, est effacée par 
l'effet de la confession. — 177, 178. Deux autres exemples du 
même genre, relatifs à un religieux qui avait oublié de dire ses 
heures, et à une femme incestueuse. — 179. Le sac du diable 
vidé par la confession. -- 180. Récit d'un frère irlandais sur un 
homme de son pays, qui avait fait acte d'hommage aux démons et 
portait sur sa main l'empreinte de leur sceau. — 181. Une bande 



XXXVJ SOMMAIRE DE L OUVRAGE. 

de cigognes met en pièces deux oiseaux de la même espèce^ cou- 
pables d'adultère. — 482. Nicolas de Flavigny, archevêque de 
Besançon, cite un homme dont la main, noircie par un pacte sa- 
tanique, redevint blanche par la confession. — 183. Tempête 
excitée, dans une traversée maritime, par une courtisane inconnue. 

— 184. Un chevalier, qui refusait de faire sa paix avec Dieu, 
consent à faire une trêve. — 185. Une jeune fille d'Angers, qui 
interrompait le sermon sur la place publique par des chants et des 
danses, est atteinte d'un mal horrible et délivrée par la confession. 

— 186. Un prêtre du diocèse de Reims veut mettre en châsse une 
femme qui prétendait n'avoir point commis de péchés. 

TiT. V. De la satisfaction, — 187. Division. — 188. Trait d'un 
templier qui ne pouvait se tenir à cheval, par suite de l'excès de 
ses Mortifications. — 189. Jeûnes trop rigoureux des Frères Prê- 
cheurs, aux premiers temps de leur institution. — 190. Un prélat, 
affaibli par la délicatesse de sa vie, retrouve la force et la santé 
dans le régime grossier de Gîteaux. — 191. Un petit chien, qui 
dépérissait par la bonne chère, est rétabli par la diète. 

Trr. VI. Des pèlerinages. — 192. Division. — 193. Un pèlerin se 
perd en s'enivrant dans une auberge. — 194. Chansons et danses 
profanes en usage dans les pèlerinages et dans les veillées des 
ïétes : le feu consume un jeune homme qui entrait en dansant sur 
un cheval de bois dans une église du diocèse d'Elne. — 195. Dan- 
seurs et danseuses frappés de la foudre, dans un lieu de pèlerinage 
du même pays. — 196. Trente Lorrains se rendent ensemble à 
Saint^acques de Gompostelle : deux d'entre eux, l'un mort, 
l'autre vivant, sont transportés par S. Jacques jusque dans le 
pays de Léon. — 197. Pèlerinages en Palestine : parabole d'un 
fils de roi déshérité et emprisonné par son père, pour n'avoir pas 
voulu venir le délivrer des mains des Sarrasins. 

Trr. VU. De la prière. — 198. Division. — 199. Un religieux, à 
Bologne, voit S. Dominique passer la nuit en oraison. — 200. Un 
trotier du roi Philippe- Auguste lui demande pour récompense le 
privilège de pouvoir lui parler bas à l'oreille, les jours où il tien- 
dra sa cour. — 201. Les moines d'un certain prieuré s'endorment 
aux matines et font chanter à leur place des enfants, qui se jouent 
d'eux. — 202. Procédé d'une vieille femme pour régler le chant 
de son coq. — 203. Un bon prédicateur, qui n'avait gardé que son 
âne pour tout bien, s'en défait parce qu'il lui cause des distrac- 
tions. — 204. Pari fait entre deux clercs au sujet des distractions 



SOMMAIRE DE L OUVRAGE. XXX vij 

survenant pendant la prière. — 205. Trois voleurs dépouillent un 
paysan sans qu'il s'en aperçoive, en occupant son attention par 
divers propos* — 206. Une vieille femme prie avec moins de 
ferveur, après avoir appris le psautier, qu'elle ne faisait en réci- 
tant simplement le Pater, VAve et le Credo. — 207. Un prince, 
qui avait un faucon à offrir au roi de France, le lui fait désirer 
ardemment pour lui faire mieux apprécier son cadeau. — 
208. Les moines du prieuré de Saint-Martin-des-Ghamps, sans res- 
sources, louaient Dieu pendant la nuit : le roi, passant par là, 
les entend, s'informe, et leur assigne des revenus. — 209. Pains 
miraculeux servis aux disciples de S. Dominique, sur la prière de 
leur maître. — 210. Une pauvre femme eii oraison est secourue 
de la môme manière. — 211. La chute du mont Grenier, en 
Savoie, arrivée l'an 1249. — 212. Un prêtre, évoqué du tombeau, 
raconte qu*i1 a vu une multitude de clercs écrasés sous le poids 
des mots et des syllabes qu'ils avaient mangés en psalmodiant. — 
213. Un écolier s'amuse à imiter les cris de Paris en répondant la 
messe. — 214. Une dame galante convertie par un jongleur. — 
215. Un comte de Poitiers, devenu moine de Giteaux, se complaît 
à étudier la vie des animaux qui lui sont confiés. — - 216. Exemples 
de la gratitude des lions. 

Trr. Vni. De la persévérance, — 217. Division. — 218. Un 
moine de Rouen obtient, au mont Sinaî, une relique de sainte 
Catherine. — 219. Un dominicain, ancien banquier, doué d'une 
belle voix, résiste à la tentation de quitter son ordre pour devenir 
prêtre et chanter la messe. 



QUATRIÈME PARTIE. 

DU DON DE FORCE. 

220. Plan de la quatrième partie. 

TiT. I. De la tentation. — 221. Division. — 222. Trait d'un 
ribaud qui se jetait dans l'eau glacée pour endurcir son corps au 
froid. — 223. Un Frère Mineur se jette de même dans un mon- 
ceau de neige pour échapper à une tentation. — 224. Un Lorrain 



XXXVUJ SOMMÀIRB DE L OUVRAGE. 

fait boire une anguille, qui lui glisse des mains dans la rivière. 

— 225. Fable du serpent réchauffé. —226. Un novice est tenté de 
prendre tout ce qui existe pour un songe. — 227. Une noble dame 
vient se dénoncer comme hérétique à l'auteur, qui la renvoie en 
paix. — 228. Guillaume de Limoges, sous-prieur des Dominicains 
de Paris, est mystifié par un démon. •— 229. Un autre démon 
imite les gestes et les paroles des hommes de tous les états. — 
230. Un autre prend la figure du CShrist lui-même, pour séduire 
une femme de Lyon. — 231. Un autre apparaît à un novice sous 
l'aspect de la sainte Vierge. — 232. Horrible vision d'un frère 
convers de Montpellier. — 233. Illusions produites par un eor 
chanteur. 

Trr. n. Du péché de pensée, — 234. Division. 

Trr. m. Du péché de parole. — 235. Division. — 236. Femme 
bavarde jetée à la mer par son mari. — 237. Recette enseignée à 
une jeune femme par une vieille sorcière pour gagner les bonnes 
grâces de son époux. — 238. Une autre vieille, consultée pour le 
môme objet, renvoie sa cliente à l'école des lièvres, souples et 
muets. — 239. Un bon homme, ayant à riposter à une femme 
querelleuse, ne trouve rien de mieux à faire que de payer une 
autre femme pour le faire à sa place. — 240. Mot piquant d'une 
mégère qui voulait en faire taire une autre. — 241. Une femme 
reçoit les injures comme des trésors. — 242-244. Exemples de 
l'esprit de contradiction et de querelle chez les femmes. — 
245. Deux époux, que le diable n'avait pu diviser en trente ans, 
sont brouillés en un moment par les propos d'une méchante vieille. 

— 246. Le plat de bonnes langues et le plat de mauvaises langues. 

TiT. TW. De la corruption et de la garde des sens. — 247. Divi- 
sion. — 248. Une religieuse, qui avait charmé le roi Richard 
d'Angleterre par la beauté de ses yeux, se les arrache et les lui 
envoie. — 249. Réponse de Gilbert de la Porrée à une reine de 
France qui le jugeait digne de ses faveurs. 

TiT. V. Du mauvais eigemple. — 250. Division. — 251. Les Albi- 
geois s'appuient sur les mauvais exemples des prélats, et con- 
fondent par là les premiers missionnaires envoyés contre eux. — 

— 252. Apologue d'une grue qui attire ses compagnes dans la 
maison d'un paysan, où elles sont toutes prises et tuées. — 

253. Un curé du diocèse de Tulle, tombé dans l'erreur, conduit 
quarante de ses paroissiens à Milan, à l'école des hérétiques. — 

254. 8. François d'Assise, à qui un évoque avait fait apprendre par 



SOMMAIBB DE l'OITVRÀGB. XXxix 

cœar un beau sermon, le remplace par une improvisation viru- 
lente contre les mauvais exemples du clergé. — 255. Le palefroi 
du prédicateur et Fànessede Jésus-Ghrist. — 256. Un domini- 
cain, appelé Pierre l'Espagnol, rapporte une apparition de TÉglise 
sous la figure d'une femme rempÛe de corruption des pieds à la 
tète. — 257. Un orateur, dans un concile, adresse à 8. Pierre et 
à 8. Paul le mot qu'on dit aux fous {batnmbabo)^ parce qu'ils avaient 
acheté le ciel tré»-cher, tandis que les prélats du jour le gagnent 
au milieu des délices. — 258. Un abbé attire un chef de brigands 
dans son monastère, et le convertit à force de bons traitements et 
de saints exemples. 

TiT. VI. De la mauvaise habitude. — 259. Division. 

TiT. Vn. De VarguHl. — 260. Division. — 261. Dernières pa- 
roles d'Âristote, citées par Humbert de Romans, général des 
Frères Prêcheurs. — 262. Maître Gamier (ou Guerric), professeur 
de philosophie à Paris, prend Thabit religieux à la suite d'une 
lecture de la Genèse. -~ 263. Eudes, évoque de Paris, fait manger 
à sa table les pauvres les plus abjects. — 264. Une petite fille, 
traversant un pont, met une grosse pierre sur sa tète pour ne pas 
être emportée par le vent. — 265. Hugues de 8aint- Victor puni, 
après sa mort, pour le péché de « vaine gloire, s — 266. Fable du 
chien qui l&che la proie pour l'ombre. — 267. Apologue du fou 
poursuivant son ombre et poursuivi par elle. — 268. Déception 
d'un clerc qui, sur la foi d'un rêve, comptait devenir évéque. — 
269. Un archidiacre, feignant de fuir certaine dignité ecclésiastique 
pour l'obtenir plus sûrement, voit son attente trompée. — 279. Un 
démon sur la tète d'une danseuse. — 271. Fable de la laitière et 
du pot au lait. — 272. Regrets d'un chevalier ruiné par les vani- 
tés, les tournois et les histrions. — 273. Une bourgeoise de Paris, 
rajeunie par les artifices de la toilette, est suivie par son mari sans 
en être reconnue. — 274. Un singe arrache à une vieille coquette 
sa chevelure postiche. — 275. Etienne de Gudot, curé de Vermen- 
ton, enlève à la mairesse du lieu, qui était venue danser devant la 
porte de l'église, son voile et ses faux cheveux. — 276. Trait plai- 
sant d'un histrion qui cherchait en vain une honnête femme. — 
278. Maurice de Sully, évêque de Paris, refuse de reconnaître sa 
mère sous des vêtements de luxe. — 279. Un histrion jette de l'eau 
sur le visage d'une femme maquillée. — 280. Farce du môme 
genre jouée par un grand personnage à une femme peinte. — 281 . Le 
diable retient une dame allemande par la pointe de son soulier. 



xl SOMMAIRB DE l'OUVRAGB. 

— 282. Tortures imposées par la coquetterie; inconvénients et 
ridicules des longues queues. — 283. Progrès du luxe; somptuosité 
des ceintures. — 284. Variété exagérée des couvre-chefs chez les 
femmes. — 285. Naïveté d'un jeune rousseau, — 286. Un prôtre 
instruit les enfants de sa paroisse à chasser les femmes abusant 
du rouge. — 287. Des écoliers se moquent d'une dame qu'ils 
avaient vue se coiffer. — 288. Un religieux espagnol, nommé 
Dominique, et compagnon du fondateur des Frères Prêcheurs, 
guérit, à Paris, les maux de tète d'une damoiselle de la comtesse 
de Montfort, en la faisant renoncer aux faux cheveux et aux ban- 
delettes. — 289. Le père de l'empereur Frédéric fait emporter 
et brûler par ses gens la coiffure postiche de son épouse. — 
290. Philippe- Auguste donne à un mime, qui se disait son parent 
du côté d'Adam, une obole pour sa part d'héritage. — 291. Le roi 
tourne en dérision un poète de basse extraction, qui se vantait 
d'une noble origine. — 292. La vraie et la fausse noblesse. — 
293. Leçon donnée par Alain de Lille aux chevaliers de Montpel- 
lier. — 294. Un orateur orgueilleux perd subitement la mémoire. 

— 295. Discours ironique d'un religieux à un prélat, qui avait 
placé sa communauté dans un lieu élevé, venteux et aride. — 

296. Geoffroi, prieur de Glairvaux, refuse l'évôché de Tournai. — 

297. Apologue de la chauve-souris. — 298. Un maître, pour con- 
vaincre son élève de l'attrait du fruit défendu, lui interdit de tou- 
cher à deux plats entre lesquels était renfermé un oiseau, que sa 
curiosité fait bientôt échapper. — 299. La femme d*un jongleur se 
noie par désobéissance envers son époux. — 300. Une autre femme 
trop curieuse se fait couper le doigt. — 301 . Exemple d*un homme 
content de tout, parce qu'il voulait tout comme Dieu. — 302. Jac- 
tance d'un usurier excommunié, qui était gros et gras. — 
303. Troupe de cigognes excommuniée par Grégoire IX, avant son 
élévation à la papauté. — 304. Landry, évèque de Màcon, excom- 
munie des passereaux qui souillaient l'église de Saint- Vincent, où 
l'auteur habitait dans son enfance. — 305. Les anguilles sont 
chassées du lac Léman par Tévéque de Lausanne. — 306. Aven- 
ture d'un évoque de Gahors, accusé d'adultère et réfugié dans une 
caverne, où sa présence est révélée, au bout de sept ans, par un 
brochet. — 307. Faute grave de ceux qui communiquent avec les 
excommuniés. — 308. Le pain noircit entre les mains du comte 
de Toulouse, frappé d'interdit, et redevient blanc par la vertu de 
Tabsolution. — 309. Mort subite d'un concubinaire endurci, 
excommunié par l'évoque de Màcon. — 310. Ghâteau-fort des 



SOMMAIRE DR L'OUVRAGE. xlj 

environs de Valence inhabité et désolé par suite de l'interdit jeté 
sur son seigneur. — 314. Alise, duchesse de Bourgogne, fait lever 
une sentence ecclésiastique qui rendait son verger stérile. — 
3i2. Forêt enlevée à des religieux et frappée d'aridité, dans le pays 
de Belley. — 313. ABCarcigny,dans le diocèse d'Autun, deux vieil- 
lards excommuniés sont emportés par la Loire. — 314. A Saint- 
Léger, dans le même pays, le corps d'une femme excommuniée 
est déchiré par les chiens. — 315. On trouve un serpent dans le 
cadavre d'un chevalier exclu du cimetière. — 316. 8. François 
haise les mains d'un curé de Lombardie accusé de concubinage, 
par honneur pour son caractère. — 317. Légende des abeilles 
construisant, pour loger une hostie consacrée, une ruche merveil- 
leuse, en forme d'église, d'après un récit en vers. — 318. La ville 
d'Avignon, assiégée par le prince Louis (Louis Vni), est sauvée 
par la protection de la sainte Vierge. — 319. L'évéque de Grenoble 
fait venir tous les prêtres de son diocèse au synode, en les mena- 
çant d'une amende de cinq sous. — 320. L'église de Notre-Dame 
du Puy, vénérée jusque chez les Sarrasins, est souillée par un 
adultère et frappée de la foudre pour ce motif, d'après le récit de 
l'archevêque de Lyon. — 321. L'abbé Jean de Belleville cite une 
autre église dévastée par la foudre, pendant l'office. *•— 322. Un 
pécheur sauvé par quatre saints dont il avait l'habitude d'observer 
les fêtes. — 323. La dame de Beaujeu, belle-sœur de PhiUppe- 
Auguste, raconte comment ce prince, entraîné, à sa mort, par les 
démons, fut arraché de leurs mains par S. Denis. — 324. Châti- 
ment d'un paysan de Saint-Étienne de Ghalaronne qui avait violé 
la fête du patron de ce lieu. — 325. Les chausses rouges de Goce- 
lin servant d'indicateur des jours fériés. — 326. Un moine pré- 
somptueux se nomme lui-même abbé, et ruine son couvent. — 

327. De l'hérésie; le marquis de Montferrand, en Auvergne, après 
avoir étudié et collectionné tous les livres des hérétiques, n'en 
retire qu'une fermeté inébranlable dans la foi catholique. — 

328. Réponse inspirée d'un enfant à qui les Albigeois reprochaient 
d'adorer la croix. — 329. Conférence tenue en Lombardie par sept 
hérésiarques opposés les uns aux autres. — 330. Un Vaudois, 
revenu de Milan à Jonvelle-sur-Saêne, sa patrie, est reconnu et 
pris, et donne des détails sur dix-sept sectes hérétiques, leurs 
noms et leurs doctrines. — 331. Une fille légitime reconnue à 
l'aide des vertus curatrices d'un anneau que son père lui avait 
légué. — 332. Montagne transportée par la foi, suivant la parole 
de l'Évangile. — 333. Vertu malfaisante des cendres d'un héré- 



xlij SOMMAIRE DB l'OUVRA^B. 

tique. ~ 334. Les DominicainB aident leurs fir&res mouranta par 
la récitation du symbole. — 335. Expulsion d'un démon qui vou- 
lait mettre le feu au couvent de SaintJacquea de Paris. — 
336. Tristesse des hérétiques conduits au supplice^ opposée à la 
sérénité des martyrs. — 337. Jugement par le feu appliqué aux 
livres de S. Dominique et de ses adversaires dans l'Albigeois. — 
338. Juif converti parle spectacle de Timpuissanoe des héréBiescontre 
rËglise. — 339. Apologue du paysan auquel trois mauvais plai« 
sants finissent par persuader que son mouton est un chien. -^ 
340. Sophismes ou jeux de mots employés par les Albigeois pour 
justifier leurs faux serments. *- 34i. Pourquoi l'on voit des catho- 
liques embrasser l'hérésie, tandis que peu d'hérétiques reviennent 
au catholicisme. — 342. L'auteur trace le tableau des hérésies de 
son temps : origines des Vaudois. -- 343. Erreurs et doctrines 
des Vaudois, constatées par l'auteur dans le cours de ses missions. 

— 344. Origines des Albigeois ou Manichéens. — - 345. Erreurs 
de ces derniers. — 346. Leur abus des textes de l'Écriture. — 
347. Leçon donnée par S. François à un hérétique qui voulait le 
confondre. — 348. Idées et pratiques des Albigeois. — 349. A quels 
signes ces hérétiques se reconnaissent : ils apprennent les textes 
sacrés par cœur, mais n'y ajoutent pas foi. — 350. Entretien d'une 
bourgeoise avec un chef de secte, qui, après lui avoir enseigné une 
doctrine excellente, finit par lui dévoiler sa fourberie. — 351. Dis- 
simulation des hérétiques. — 352. Manière de les interroger; 
leurs réponses à double entente. — 353. Des superstitions; un roi 
de Gastille, refusant de croire au présage des corneilles, livre 
bataille aux Maures et les défait. — 354, 355. Crédulité d'un 
écolier espagnol et d'un provincial. — 356. La vieille et le coucou. 

— 357, 358. Ruses des sorcières pour faire croire à leur talent de 
divination. — 359. Faux prodiges d'un devin qui se fait passer 
pour 8. Jacques. — 360. Un compagnon d'études de l'auteur, à 
Paris, est dépouillé de tous ses livres par un voleur, et recourt, 
pour les retrouver, à un maléfice qui l'induit en erreur. — 361, 
362. Deux exemples de sortilèges. — 363. Un curé se joue d'une 
devineresse pour détourner d'elle ses paroissiens. — 364. Une 
vieille bretonne joue pendant la nuit le rôle d'un vampire, et se 
fait prendre. — 365. La chasse d'Arthur ou la mesnie Hellequin. 

— 366. L'auteur se convainc de la fausseté des imputations d'une 
femme du Forez, qui reprochait à d'autres d'avoir pris part à des 
séances de magie diabolique. — 367. Il juge, à Glermont, une 
femme de Baint-Pourçain, qui accusait de même une foule de 



SOimAIRB DE l'OUVRAGS. xluj 

personnes de se li^vrer an commeroe des démons dans un lieu sou- 
terrain. — 368. Le sabbat et les bonnes chosss; tour joué par un 
piètre à une sorcière qui les fréquentait. — > 369. Paysan des envi- 
rons de Besançon dépouillé par des ribauds déguisés en femmes. 
— 370. Faux pèlerinage de 8. Guinefort, dans la seigneurie de 
Villars : Fauteur en démontre l'origine, fait déterrer le chien qui 
en était Tobjet et interdire les visites des pèlerins. — 371. GhÀti- 
ment d'une sorcière qui avait emporté de Téglise une hostie 
consacrée. 

Trr. Vm. De l'envie. — 372. Division. — 373. Un prévôt, qui 
avait accusé d'adultère l'épouse de son prince, est pris pour le 
prétendu amant et brûlé en sa place. — 374. Combat de chiens 
livré à Mont-Aimé, en Champagne. — 375. Apologue de deux 
voyageurs au pays des singes, Falsidique et Véridique ; le premier 
obtient tous les honneurs à cause de ses flatteries à l'adresse 
du souverain. — 376. Fable du lion, du loup et du renard. — 
377. Obstination d'un rustre bisontin qui jurait Dieu qu'il ne 
jurerait plus. — 378. Deux Auvergnats frappés des peines qu'ils 
avaient appelées sur eux en jurant. 

TiT. IK, Delà colère, — 379. Division. — 380. Une béguine de 
Reims, en retombant dans ce péché, perd le trésor qu'elle avait 
reçu avec TEucharistie. — 381. Une femme pieuse accueille les 
injures comme des richesses. — 382. Un Sarrasin converti, fait 
prisonnier avec 8. Louis par ses anciens coreligionnaires, endure 
un supplice affreux plutôt que de renier le Christ. — 383. Un 
blasphémateur bisontin, s'étant donné à tous les diables, est 
emporté par eux. — 384. Disparition d'une chaussure que son 
propriétaire avait envoyée au diable. — 385. Un chevalier soufflette, 
sur le grand pont de Paris, le fils d'un bourgeois qui blasphémait; 
les bourgeois le conduisent devant le roi Philippe-Auguste, qui 
lui donne gain de cause. — 386. Trait d'un ribaud de Lagny qui 
lance une flèche contre le ciel pour se venger de Dieu. — 
387-390. Triste fin de plusieurs blasphémateurs, notamment d'un 
cocher qui conduisait des Parisiens à 8aint-Denis et d'un mari- 
nier des environs de Châlon-sur-Saène. — 391, 392. Blasphéma- 
teurs punis dans les membres par lesquels ils ont juré. 

TiT. X. De Vaoédie, — 393. Division. — 394. Une devineresse, 
consultée par un paresseux sur le moyen de s'enrichir, l'envoie 
assister au lever des oiseaux et à leur coucher. — 395. Le frère 
Guerric, premier prieur des Dominicains de Metz, se convertit en 



"■ 



xliv SOMMAIRE DE L'OUyRAGE\ 

entendant chanter une chanson sur la rapidité dn temps. — 396. Un 
ange révèle à un ermite Téquité réelle de plusieurs jugements de 
Dieu, inéquitables en apparence. — 397. Un moine, qui voulait 
vivre selon les lois de la médecine naturelle, se voit refuser la 
consolation de la médecine spirituelle. — 398. Mort subite d'un 
confesseur qui voulait empêcher un de ses nobles pénitents d'en- 
trer en religion. — 399. Réponse du neveu de Tévéque de Porto 
à ceux qui le détournaient du cloître. — 400. Jean, archevêque 
de Lyon, rencontre dans une île un évêque qui inscrivait les noms 
et les actions de toutes ses ouailles. — 401. L'archidiacre inca- 
pable de garder des poires. — 402. Trait de népotisme d'un prélat, 
et répartie qu'il s'attire. — 403. Une noble dame confond un 
archidiacre qui refusait de prêcher. — 404. Supplices infligés 
dans l'autre monde aux ministres de TËglise coupables de négli- 
gence. — 405. Dernières paroles d'un riche impénitent. 

TiT. IX. De l'avarice. — 406. Division. — 407. Un riche, ayant 
mis sur la cachette qui renfermait son trésor l'inscription : Il est 
là, y retrouve tout-à-coup celle-ci : // n'est plus là. — 408. Faux 
désintéressement d'un clerc. — 409. Variante de la fable du save- 
tier et du financier. — 410. Le chevalier au manteau percé. — 

411. Trait du riche qui veut retenir son &me prête à le quitter. — 

412. Un évêque aveuglé par le népotisme. — 413. Le cœur d'un 
avare défunt se retrouve sur son trésor. — 414. Un aveugle enri- 
chi jette son argent à la rivière pour qu'il ne passe pas à un 
autre. — 415. Un enfant misérable, appelé Martin le galeux, 
franchit par l'usure les divers degrés de l'échelle sociale, et devient 
monseigneur Martin. — 416. Un chevalier dissuade un riche de 
l'usure. — 417. Un usurier de Paris périt du feu sacré, sous les 
yeux de l'auteur. — 418. Un autre est dépouillé par son seigneur. 

— 419. Un autre est rejeté hors de sa sépulture. — 420. Un autre, 
à Dijon, vers 1240, est écrasé, le jour de ses noces, par un de ses 
collègues en pierre. — 421. Fausse conversion d'un avocat, que 
8. Dominique ne peut décider à restituer le fruit de ses rapines. 

— 422. Usurier entraîné sur un vaisseau plein de démons. — 
423. Autre dévoré par des serpents. — 424. La femme d'un usurier, 
à peine veuve, épouse l'ennemi de son mari. — 425. Angoisses et 
tribulations d'un voleur de grand chemin. — 426. La vraie cour- 
toisie enseignée à des chevaliers par Alain de Lille. — 427. Ren- 
contre d'une compagnie de guerre chargée de butin et d'une 
troupe de Frères Prêcheurs, en Bourgogne. — 428. Concours 
de vol entre les sergents ou garçons de l'Université de Paris. — 



SOMMAIRE DE l'OUYRAGE. xlv 

429. Tentative d'enlèvementd'une statuede la Vierge, en Angleterre. 
— 430. Un vicomte du Maçonnais, après avoir vécu de rapines, 
s'embarque pour la croisade, est dépouillé de ses terres par Girard, 
comte de Màcon, et meurt de faim près de Gènes, vers 1190. — 

431. Un prévôt de M&con, avant l'acquisition du comté parle roi, 
pille les biens des églises et perd le libre usage de la langue. — 

432. Châtiment d'un voleur du même pays, qui avait enlevé une 
poule à une pauvresse. — 433. Les fraudes d'un cabaretier et 
d'un maréchal-ferrant. — 434. Étonnement d'un boucher en face 
d'un client bien portant. — 435. Services rendus au Soudan par 
un débitant de viande de Saint-Jean-d'Acre. — 436. Une femme 
graisse les mains d'un prélat. — 437. Officiai gagné par une plai- 
gnante au moyen de têtes d'oies sauvages. — 438. L'avocat d'un 
évèque, qui ne pouvait souffrir le bruit d'un moulin, s'y complaît 
dès que ce moulin lui est donné. — 439. Traits contre les avocats ; 
un autre Perrin Dandin. — . 440, 441. Singulière fin de deux avo- 
cats. — 442, 443. Un avocat et un chevalier, entrés au couvent, 
aiment mieux ne pas mentir que d'enrichir leur communauté. — 
444. Traits de Guillaume, évèque de Paris, contre les prélats 
simoniaques. — 445. Tour joué à un prêtre de Lorraine, qui avait 
refusé d'ensevelir un défunt faute d'honoraires. — 446. F^t ana- 
logue arrivé à Lyon. 

Trr. Xn. De la luxure. — 447. Division. — 448. Un médecin 
et une jeune fille se dégoûtent des plaisirs à cause de leur briè- 
veté. — 449. Récit de Jean de Montmirail, archidiacre de Paris, 
sur les châtiments progressifs d'une veuve qui s'était livrée plu- 
sieurs fois à un avocat. — 450. Comparaisons de Guillaume d'Au- 
vergne au sujet des luxurieux. — 451 . Le vieillard épilé par ses 
deux maîtresses. — 452. Misère apportée aux prêtres par leurs 
concubines. — 453, 454. Deux débauchés meurent d'un mal local 
épouvantable. — 455. Un grand prince, connu de l'auteur et 
renommé pour ses désordres, expire dans l'abandon et dans un 
état de pourriture affreuse, que l'on dissimule soigneusement. — 
456. Un prêtre, après avoir ramené au bien une courtisane, est 
entraîné au mal par elle. — 457. Une femme, pour tromper son 
mari, tombe exprès dans la boue et va se laver dans la maison 
de son amant. — 458. Ivrogne fait moine à son insu par son 
épouse. — 459. Mari trompé par la substitution de son manteau 
au manteau de l'adultère. — 460. Variante du conte de la 
matrone d'Éphèse. — 461. Origine égyptienne de la danse. — 
462. Une église du diocèse de Soissons, profanée par des danses. 



xlvj SOmiAIRE DE l'ouvrage. 

est dévastée par le feu du ciel. — 463. Le fils de Gui [Y], comte 
de Nevers et de Fores, périt avec ses compagnons, par la chute 
d'un plancher sur lequel ils dansaient, au château de Sury-le- 
Ciomtal. — 464. Tremblement de terre à Tyr. — - 465. Adultère 
dénoncé par un perroquet rapporté d'Alexandrie, -r- 466. Un 
adultère apparaît tout en feu à sa complice. — 467. Un normand 
appelé Norbert, maître es arts à Paris, est déchiré en morceaux 
en pénétrant chez une femme mariée. — 468. Femme adultère 
précipitée dans une fosse par son mari, avec sa servante et son 
amant — 469. Une bourgeoise s'entend avec son époux pour 
foire venir un de ses poursuivants aux bains et l'enfermer dans le 
four. -«» 470. Prêtre du diocèse de Grenoble enfermé dans une ar^ 
moire et vendu avec elle par un mari outragé. — 471, 472. Clercs 
ruinés et abandonnés par leurs maîtresses. — 473. Improvisation 
de S. François, à Rome, contre les désordres du clergé. — 
474. Le Saut de Gauti^, en Normandie. 

TiT. Xin. De la gourmandise. — 475. Division. — 476. Leçon 
donnée à une réunion d'abbés et de prieurs par un frère qui les 
servait à table. — 477. Réponses du marquis de Montferrand aux 
questions du légat Romain. ^ 478. Un comte de Poitiers à la 
recherche de la meilleure condition sociale. — 479. Un prélat du 
diocèse de Reims, dégoûté de tout, recouvre l'appétit et la santé 
dans le régime du cloître. — • 480. Un bénédictin, devenu évéque 
et gourmand , n'est pas reconnu par S. Benoît à ,la porte du 
paradis. — 481. Saladin régale des moines venus pour lui prêcher 
la foi, et les fait tomber de Tivresse dans la débauche. — 
482. Combat de chiens à Mont-Aimé, en Champagne, suivi de 
l'arrestation de cent quatre-vingts Manichéens. 



GINQUIÈlfE PARTIE. 

DU DON DE CONSEIL- 

483. Plan de la cinquième partie. 

TiT. I. De la prudence. — 484. Division. — 485. Louis VII, con- 
sulté par les chanoines de Paris sur le choix d'un évéque, donne 



SOMMAïaB DE l'OUVRAGK. xivij 

la piéféreoce à Maurice de Sully sur Pierre le Mangeur. — 
486. Réponae du pape Zacharie à Pépin sur la qualité et les fonc- 
tions du roi. — 487. Apologue des chats qui, appelés pour défendre 
des fromages contre les rats, dévorent les uns et les autres. — 

488. L'éYéque moins inquiet de ses ouailles que de ses poires. — 

489. GeofiGroy, prieur de Glainraux, repousse l'épiscopat comme 
un danger. — 490. Louis VII, en visite à Glairvaux, trouve S. Ber- 
nard, vieux et malade, mangeant un chapon par ordre de son 
supérieur. — 491. Jeux et cérémonies par lesquels les Roi^jains 
terminent, chaque année , leur carnaval, au mont Testacdo. 

— 492. Le légat du pape et le marquis de Montfenand. — 
493. Anecdote relative au vers : Porta, patens êtto; nulli elaudaris 
honesio. — - 494. Légende d'Adam goutteux, guéri par un rameau 
de Tarbre merveilleux qui devait fournir plus tard la croix du 
Sauveur. — 495. La sainte ampoule de Reims; son usage dans les 
sacres, constaté par l'auteur. — 496. Jean aux Belles-Mains, 
archevêque de Lyon, est blâmé par Tévêque d'une ville maritime, 
parce qu'il ne sait pas le compte des âmes qui lui sont confiées. 

— 497. Un prélat en visite est accusé tout haut de négligence par 
une noble dame. — 498. Vie des bergers des Alpes, admirée par 
Fauteur; aveux faits par un docteur hérétique sur la simulation 
de sa foi dans les Écritures. 

TiT. II. De la tempérance. — 499. Division. — 500. Une reli- 
gieuse envoie ses deux yeux au roi Richard d'Angleterre, qui 
voulait l'enlever. — 501 . Une autre décèle elle-même sa cachette 
à son ravisseur. — 502. Stratagème d'un magistrat pour décou- 
vrir si une fille avait été déflorée malgré elle ou de son propre 
consentement. — 503. Un seigneur épargne le meurtrier de son 
fils, en souvenir du Dieu crucifié, au nom duquel il faisait appel 
à sa clémence. — 504. En quoi consiste la modération ou la 
mesure. — 505. Trait de désintéressement d'un pauvre homme, 
qui, après avoir restitué à un marchand sa sacoche perdue, le 
fait arrêter comme voleur, parce qu'il voulait le forcer à garder son 
argent à titre de récompense. — 506. Variante de la fable du 
savetier et du financier. — 507. Légende d'Homère mal reçu des 
Athéniens sous ses vieux habits, et bien reçu sous des vêtements 
précieux. — 508. Trait semblable attribué à Pierre Abailard, à 
son arrivée dans une abbaye. — 509. Vision du frère Guala, à 
Brescia, sur la mort de S. Dominique. — 510. Vision du frère 
Raon sur le même sujet. 

TiT. m. De la force. ^511. Division. — 512. Godefroid de 



xlviij SOMMAIRB DE L'OUVRAGE. 

Bouillon répond aux âarrasins, émerveillés de sa force hercu- 
léenne, qu'il la doit à sa chasteté. -— 513. S. Louis, encore 
adolescent, se déguise en écuyer pour distribuer l'aumône sans 
être reconnu; explication donnée par lui à un religieux qui 
Tavait surpris. — 514. Martyre volontaire d'un ribaud qui se 
jetait sous la roue d'un moulin pour s'habituer au froid. — 
515. Souffrances d'un homme noble qui s'était fait chef de brigands ; 
l'auteur a une conférence secrète avec lui. — 516. Richard, duc 
de Normandie, endure avec patience les coups d'un sacristain, 
qu'il avait réveillé avant le jour, et le récompense. — 517. Inno- 
cente vengeance d'un porteur d'eau bénite envers un chevalier 
qui l'avait toujours mal reçu. — 518. Un clerc, guéri sur le tom- 
beau de S. Edmond de Gantorbéry, retourne demander au saint la 
maladie, parce qu'elle était plus profitable à son salut. — 519.. Une 
femme et un sacristain, qui avaient enlevé le trésor d'une 
église, méritent par leur pénitence que les effets de leur crime 
soient effacés. 



TRACTATUS 



DE DIVERSIS MATERIIS 



PILEDICABILIBUS. 



\ 



I 



PROLOGUS. 



Incipit tractatm de diversis materiis predicabUibiiSy 
ordinatis et distinctis in septem partes j secundum 
septem dona Spiritus sancti et eorum effectué , currens 
per distinctiones materiarumj per causas et effectus, 
refertus av^^toritatibus et racionibus et exemplis diversis 
ad edificadonem pertinentibus animarum. 



1 . Quoniam muiti multipliciter, subtiliter et utiliter 
elaboraverunt auctoritates diversas veteris ac novi 
Testamenti et expositorum eoramdem et sanctonim 
diversonim, sub diversis titulis et de diversis materiis, 
compilare, necnon et raciones diversas auctoritatibus 
connectere, ut homines instruerent, menèrent, move- 
rent et promoverent ut mala futura metuerent et cave- 
rent, et per hoc à peccatis recédèrent et bonum appe- 
terent et de malis commissis veradter peniterent, 
tentaciones viriliter repellerent, et ut in bonum perse- 
verarent, honeste viverent, discrète agerent, ut discrète 



4 ETIENNE DE BOURBON. 

boDum à malo eligerent, ut meliora bona et saluti 
viciniora aliis preeligerent et preponerent, ut recte 
intelligerent , crederent et sentirent , ut Dei bénéficia 
fréquenter recolerent et recognoscerent, ut bona prout 
sunt bona gustando sapèrent, appeterent et amarent, 
ut mala pêne presentis patienter propter Deum fer- 
rent, transitoria et vana bona contemnerent, etema 
bona ardenter appeterent, instanter et prudenter 
quererent, et persévérantes ea obtinerent circa que 
consistit hominum salus, tota conversacio et predicacio 
salutaris, de quibus est eciam opus presens; quia 
autem ad bec suggerenda ^ et ingerenda et imprimenda 
in humanis cordibus maxime valent exempta, que 
maxime erudiunt simplicium hominum ruditatem, et 
faciiiorem et longiorem ingerunt et imprimunt in 
memoria tenacitatem (magis, ut probat beatus Grego- 
rius in Dyalogorum libro, docent facta quam verba et 
magis movent exempta quam predicamenta) ; ideo 
summa Dei sapiencia, Ghristus Jhesus, primo docuit 
factis quam verbis, et subtilitatem predicacionis et 
doctrine grossam quasi corpoream et visibilem reddi- 
dit, muniens et vestiens eam diversis similitudinibus, 
parabolis, miraculis et exemplis, ut ejus doctrina 
cicius caperetur, facilius cognosceretur , forcius in 
memoria retineretur et efficacius opère adimpleretur. 
Inuno, cum ipse esset eterna sapiencia, incorporea, 
invisibiiis, eciam ab hominibus incomprehensibilis, 
voluit temporaliter incorporari et carne vestiri, ut ab 
hominibus facilius posset cognosci et comprehendi 
humanis sensibus : ideo c Verbum caro factum est et 

1. Ms. surgenda. 



PROLOGUE. 5 

habitayit in nobis, » etc. Âd bec dicit beatus Diony- 
sius : c Sapientes philosophi incorporant sermones 
SU08 vesUendo eos similitudinibus et exemplis. Sermo 
enim corporeus facilius transit de sensu ad ymagina- 
tivam et de ymaginacione ad memoriam. » 

2. Ideo ego, frater S.*, in ordine Fratrum Predica- 
torum minimus, secundum parvitatem meam cupiens 
in alico esse utilis hominum saluti, relinquens alciori- 
bus alciora et subtilioribus et profundioribus subtiliora 
et profundiora, ad Dei honorem et matris et sanctorum 
ejus, et animarum salutem et proximorum edificacio- 
nem, de eorum adjutorio confisus, non sine multo 
tempore et labore, ad omnia predicta, utilia collegi 
exempta diversa, de diversis libris, et de diversis 
noateriis, et sub diversis titulis, et a diversis probis et 
doctis vins, a quibus plura eorum audivi. C!ollegi 
autem bec non attendens diffusionem verborum , sed 
sensum verborum, quam brevius potui, sub brevi 
verborum compendio, que erant in diversis libris sine 
titulorum distincci^ne et ordine diffusa, et per multa 
verba prolixius efiusa. 

GoUegi autem de diversis libris historicis, ut de 
Biblia ; de Historia scholastica magistri Pétri Manduca- 
toris ; de historia librorum Josephi viginti Judaicarum 
antiquitatum' et Belli judayci; de libris Egysippi de 
Cladibus Judeorum ; de libris Orosii ad Augustinum 
tendentis et prosequentis hystorias diversas usque ad 

i. Ms. flraier R, Voyez, sur le véritable nom de l'auteur, Tintro- 
duction ci-de88U8 et le passage reproduit ci-après (n* 163). La 
lettre initiale aura été défigurée ici par le copiste. 

2. Ms. xxiij d, antiquit. Je rétablis le texte comme Ëchard Ta 
fiût (Script, ord. Prsdic, I, 186). 



6 ETIENNE DE BOIJRBON. 

sua tempora, de diversitate et situ et mirabilibus 
diversorum looorum, de historiis gencium diversarum 
et maxime Romanorum, et de cladibus seculorum 
usque ad Ghristi tempora et sua ; de Historia ecclesias- 
tica Eusebii Gesariensis, translata a beato Hieronymo 
de greco in latinum ; item de Hystoria tripartita trium 
grecorum sapientissimorum , translata in latinum a 
GassiodoroS viro sapienti; item de Historia Franco- 
rum beati Gregorii, Turonensis archiepiscopi ; item 
de Historia Britonum, cujus auctorem ignoravi; de 
Historia Anglonim, cujus auctor et scriptor fuit Beda, 
presbyter venerabilis et monachus ; de Historia trans- 
marina, cujus scriptor fiiit magister Jacobus de 
yitriaco, episcopus Âconensis, tandem Tusculanus 
episcopus, Ëcclesie Romane cardinalis; de Historia 
Ântiochena, cujus auctor mihi incognitus fuit ; item de 
libro qui Panthéon dicitur Godefridi Parmensis, impe- 
rialis aule capellani, quem scripsit Gregorio YIU, de 
omnibus historiis gencium et regum et regnorum ab 
inicio mundi usque ad imperium Frederici primi, de 
gestis maxime Romanorum imperatorum atque ponti- 
ficum , et de situ et condicionibus et descripcionibus 
urbis Romane, et de historiis et gestis Hebreorum, 
Grecorum et Latinorum [et] christianorum aliorum, 
usque ad annum Domini MGXLVI. 

Item coUegimus hec exempla de cronicis diversis 
Eusebii et Jeronymi , qui cronicam protendunt usque 
ad sua tempora ; simihter de cronicis Bede et de cro- 
nicis Reginonis' abbatis, qui fuit tempore Karoli 

1. Ms. et Casnod. 

2. Ms. Regionis. 



PROLOGUE. 7 

magni; item de cronicis Adonis S Viennensis archi- 
episoopi, et Hugonis de Sancto Victore; de cronicis 
domini Romani cardinalis, coUectis de diversis libris 
historicis ; de cronicis fratris Johannis de Malliaco, de 
ordine Predicatorum ; qui omnes protendunt cronicam 
usque ad sua tempora; de quibus omnibus aliqua 
pauca coUegimus exempla ad mores fadencia. Item de 
hystoria Turpini, Remensis archiepiscopi, que didtur 
Hystoria de Runcevalle, que est de pugnis Karoli 
magni et victonis contra Saracenos et prodicione 
baronum ejus; item de libro magistri Gervasii ad 
Othonem quartum imperatorem, de Solaciis imperia- 
libus et mirabilibus' terrarum diversarum. 

Gollegimus eciam' bec onmia exempla de vitis 
sanctorum diversorum, de passionibus et miraculis 
eorum, prout ea legimus in diversis libris et ecclesiis. 
Item de vitis Patrum in coUacionibus eorum ; de vità 
Johannis Elemosynarii, et Barlaam et Josaphat, quam 
scripsit Johannes Damascenus, et de aliis vitis sancto- 
rum ; de Dyalogis beati Gregorii pape ; item de Dictis 
et proverbiis philosophorum, et libris eorum ; et de 
libris naturalibus aliqua exempla naturalia; de libris 
Pétri Gluniacensis et Pétri Alphonsi ; et de libro quo- 
dam Exemplorum vulgalium et aliorum magistri Jacobi 
de Yitriaco, Tusculani episcopi cardinalis; et de libris 
miraculoruin B. Yirginis, quorum plurimorum dicitur 
scriptor fuisse S. Petrus, Tarentasiensis archiepiscopus, 
et S. HugOf Gluniacensis abbas, et alii ; de libris beati 



1. Mb. Odonis. 

2. Ms. de Solaciis imperialibus ; de mirabilihus, 

3. Ms. Collegimm autem. 



8 ETIENNE DE BOURBON. 

Âugustini ; de omeliis beati Gregorii et Johannis Cri- 
sostomi ; de summis et libris magistrorum, et maxime 
de summis de Viciis et virtutibus, fratris Willelmi de 
Peraldo, de ordine Predicatorum ; simiiiter et de 
calendariis Bede et Ysuardi monachi ad Karolum 
imperatorem; item de eis que audivimus a diversis 
doctoribus et predicatoribus et viris fide dignis, que 
judicavimus esse utilia animarum edificacioni et 
saluti^ 

3. Et quia septem sunt dona Spiritus sancti, donum 
scilicet timoris, pietatis, sciencie, fortitudinis et con- 
siiii, intellectus et sapiencie, que perficiunt hominem 
viatorem in presenti et bene regunt quantum ad ea 
que predicta sunt, quantum ad declinacionem mali et 
appetitum et adepcionem et operacionem boni, quan- 
tum ad activam et contemplativam, quantum ad Deum 
et proximum , quantum ad regimen sui et aliorum , 
quantum ad amorem Dei et proximi : donum siquidem 
timoris a malo pêne future et a malo culpe, per que- 
dam metuenda que mentibus hominum su^erit et in- 
gerit, revocat et retrahit ; donum pietatis per quosdam 
spei funiculos ad bonum appetendum et agendum 
attrahit; donum sciencie dat lugere et plangere et 
cognoscere et bene conversari per penitenciam, et a 
malo culpe extrahit ; donum fortitudinis contra insultus 
temptacionum et viciorum penitentem roborat et 
munit ; donum consilii quomodo eligat bonum et pre- 
eligat meliora et utiliora saluti cautum facit ; donum 
intellectus in bonis cognoscendis, et maxime in cre- 

1. Sur ces différentes sources et sur toutes celles qu'a utilisées 
Tauteur, voyez l'introduction ci-dessus. 



PROLOGUE. 9 

dendis, per fidem illuminât et instruit ; donum autem 
sapiencie affectum mentis in cognicione pascit, et dul* 
cedine bonorum illum afficit et reficit, dum vera bona, 
prout sunt bona, amare et gustare facit et suavitatis 
eorum dulcedinem sentire; secundum hec septem 
dona, a quibus in rébus spiritualibus ordinantur et 
disponuntur bene et recte omnia, ordinamus opus 
presens in septem partes sive libres dividende, libres 
secundum materias per titules dividende, materias 
per causas et efifectus dividende, describende, distin- 
guende, et ea que dixerimus aucteritatibus Biblie et 
sancterum, racienibus et exemplis muniende; et 
penende ubi ista exempta legerimus, et a quibus au- 
dierimus, ut frequencius ; suppenentes ita esse ut alii 
béni viri scripserunt et dixerunt, maxime in eis que 
nen incempetencia fîdei sunt aut bénis mer '^us, imme 
que sunt eis censena et cenjuncta. Similiter autem de 
Biblie aucteritatibus assignabimus capitula et partes 
plurium capitulerum. De aucteritatibus autem sanc- 
terum ^ nen assignabimus fréquenter leca vel erigi- 
nalia a quibus assumte sunt, quia eas fréquenter acci- 
pimus de alierum scriptis, nen ab eriginalibus. Distin- 
guimus autem materias per titules , titules per capi- 
tula, capitula per septem partes, secundum septem 
prières litteras alphabeti, a, ^, c, d, e, /*, ^, ut cicius 
pessit inveniri qued ibi queritur ; ita qued a primam 
partem significat capituli, b secundam, c terciam, d 
quartam, e quintam, fsextam, g septimam*. In prin- 



i . C'est-à-dire les passages tirés des vies de saints. 
2. Ces indications de lettres se trouvent, en efifet, snr les marges 
du manuscrit qui a servi à la présente édition ; mais j^ai cru devoir 



10 ETIENNE DE BOURBON. 

cipio autem materianim et titulorum de quibus age- 
mus, ponemus aliquos versus continentes suminam 
totam, sub brevi compendio, eorum de quibus ibi agi- 
tur ; qui colorati sunt, ut melius et cicius memorie îm- 
primantur. Quia autem prius ^ tractavimus, in primo 
libro et secundo, de eis de quibus ibi agitur quam ibi 
versus componere proponeremus , cogitantes post- 
modum quod versus forent ibi valde utiles ad summam 
membrorum breviter comprehendendam et retinen- 
dam, versus composuimus in quibus non potuimus 
membrorum ordinem omnino retinere^ 

Hic notatur brevis distinctio septem partium et 
materiarum tocius hujus operis. 

Possunt autem septem partes hujus operis distingui 
breviter et materialiter hoc modo : 

Prima pars, de Dono timoris, est precipue de rébus 
timendis que hominem a malo culpe retrahunt, ut est 
Deus timendus, infernus, pena purgatorii, judicium 
Dei, mors, etc. 

Secunda pars, de Dono pietatis, est de rébus spe- 
randis et confidendis, in quibus maxime debemus 
sperare et confîdere, que, opérante dono pietatis, homi- 
nem ad bonum attrahunt ; ut sunt verba Dei , miseri- 



négliger des subdivisions aussi multipliées, qui auraient surchargé 
le texte au détriment de la clarté. 

1. Ms. primo. 

2. V. plus loin un exemple dé ces vers colorés, appelés ainsi, sans 
doute, par opposition aux vers blancs, parce que la rime y est 
répétée à chaque hémistiche. Etienne a raison de donner ses vers 
conmie un simple instrument mnémotechnique, car ils sont géné- 
ralement fort mauvais ; aussi n'en ai-je reproduit que quelques-uns, 
à titre de spécimen. 



PROLOGUB. 1 1 

Gordia Dei, et Incamacio, et Passio, et virtus crucis, 
et mater Ghristi, etc. 

Tertia pars, de Dono sciencie, est de rébus agendis, 
ut est penitencia et partes ejus, que hominem a malo 
culpe extrahunt et ad bonum promovent et provehunt, 
et in medio prave et perverse nacionis, opérante dono 
sciencie, bene conversari faciunt. 

Quarta pars, de Dono fortitudinîs, est scilicet de 
rébus fortiter repellendis et vincendis et cavendis , ut 
sunt temptaciones et gradus et progressus vidorum 
et occasionum eorum , et diverse species peocatorum 
diversorum, que, dante dono fortitudinis, repelluntur 
viriliter et vincuntur. 

Quinta pars, de Dono consilii, est de rébus eligendis, 
ut sunt prelati, et virtutes, et status boni et meliores, 
et que, dante dono consilii, bene et caute eligimtur et 
preeliguntur. 

Sexta pars , de Dono intellectus , est de rébus cre- 
dendis , ut de fide catholica , articulis et sacramentis , 
que, illuminante dono intellectus, recte creduntur et 
custodiuntur. 

Septima pars, de Dono sapiencie, est de rébus dili- 
gendis et super omnia appetendis et querendis, que 
sunt dilectio Dei et proximi, pax mentis et quies con- 
templacionis , et finis bonus et transitus bonorum et 
beatitudo eterna, que est finis finium, que erit finis 
operis nostri, ad quam utinam finis noster terminetur ' : 
et sic competenter opus hoc, quod est de donis septi- 



1. Ces deux dernières parties n'ont pas été écrites, et la cin- 
quième elle-même est restée inachevée. 



19 ÉTBEBNNB DE BOURBON. 

formis gracie querendis et terminatur ad eterne beati- 
tudinis gloriam, terminabitur^ in ipsà, si Deus dederit 
ceptis finem. Et bec hiis versibus notantur : 

Dat liber hic septem partes per subdita septem. 

Materie septem que snnt ibi donaque septem, 

Quelibet ex septem pars est, monstrant ea septem : 

Quid timeas, in quo speres, quid agas caveasque, 

Quidque legas, in quo credas, quid âmes capiasqne. 

Quid trenus apponit timor et pietas pia possit, 

Que veniam spondent, quid agas bona, que mala mundent, 

Sancta sciencia dat, robur ne se maie tradat; 

Quîs temptamentis dat consiiium bona mentis, 

Ac intellectus que débet credere rectus, 

Summaque captare sapientia dat vel amare. 

Donaque que restant hec prestent que bona prestant, 

Hoc opus explore mihi, ceptaque facta videre. Amen. 

4. Si quid autem in dicte opère minus bene scripse- 
rimus vel minus caute legerimus, et nos et ipsum opus 
supponimus emendacioni et correccioni maxime peri- 
torum et majorum nostrorum, que imputent l^entes 
non malicie, sed impericie mee et insufficiencie. Si 
quid autem ydoneum et utile edificacioni animarum 
invenerinty non mihi imputent vel ascribant, sed ei a 
quo est omne bonum ; attendant ad intencionis mee 
caritatem et ad operis utilitatem. Expérimente multo 
et longo didicimus quod illi qui exemplis habundave- 
runt, in dicto proposito majorem graciam habuerunt 
et majorem fructum facere visi fuerunt. Ipsa siquidem 
exempla valent ad omnes homines et ad omnem sta- 
tum et ad omnem materiam, et ad omne malum 
dissuadendum, et ad onme bonum suadendum et adi- 

1. Ms. terminatUur. 



PROLOGUE. 1 3 

pifloendum et promovendum, in omni loco et tempore, 
predicacione et monicione. Valent eciam exempla ad 
iuturorum malorum evitacionem, ad viciorum detes- 
tadonem, ad desperatorum revocacionem ad spem et 
ad presumptuosonim humiliacionem, ad perversonim 
conversionem et provocacionem ad penitenciam, ad 
penitencium erudicionem, ad conversorum promocio- 
nem, ad tentatonim conimunicionem, ad tribulatorum 
et mestonim consolacionem , ad debilium coirobora- 
cionem, ad bonorum temporalium debitam dispensa- 
cionem, ad bonorum spiritualium adquisicionem, aug- 
mentacionem, conservacionem et debitam dispensa- 
cionem, et ad amoris Dei et proximi inflammacionem, 
ad bonorum eternorumpregustacionem, impetracio- 
nem et adepcionem; quod per totum opus poterit 
apparere. 

Propter banc tantam utilitatem exemplorum, ille 
tantus zelotypus animarum salutis, beatus pater noster 
Dominicus, apud onmes et de onmi materia, habun- 
dabat in loquendo verbis edificatoriis et exemplis, ut 
dicitur in Yita ipsius, in epilogo virtutum ipsius, ubi 
legitur sic : c Ubicunque conversabatur beatus Domi- 
nicus, sive in via cum sociis, aut in domo cum hospite 
reliquaque familia, aut inter magnâtes et principes vel 
prelatos, semper effluebat edificatoriis sermonibus, 
habundabat exemplis, quibus ad amorem Ghristi 
seculive contemptum audiencium animos invitabat ; et 
vix ipsa conmiunis ejus locucio à virtutis pondère 
vacua erat' > 

1. Fo* 137, 138 da ms. Ge prologue, sauf les vers qui se trouyent 



14 ETIENNE DE BOURBON. 

un peu plus haut, a été reproduit par Ëchard et Qnétif {fieriptores 
ordinis Pra^dicatorum, 1, 186-188). M. Petit-Radel l'a traduit pres- 
que en entier dans sa notice sur Etienne de Bourbon {Hist. littér.^ 
XIX, 31-36). La citation qui le termine est empruntée klsiViede 
S. Dominique composée au xiix* siècle par Constantin, évéque 
d'Orvieto, dont voici le texte exact : c Ubicunque versaretur, sive 
in via cum sociis, aut in domo cum hospite reliquaque familia, 
aut inter magnâtes ,. principes vel praelatos, semper œdificatoriis 
afïluebat sermonibus, abundabat exemplis, quibus ad amorem 
Ghristi seculive contemtum audientium animes invitaret; vix ipsa 
communis ejus locutio a virtutis erat pondère vacua. i (Script, 
ord, Prwdic, I, 35.) Le même passage se retrouve, à peu de chose 
près, dans la biographie du saint écrite par son successeur immé- 
diat, Jourdain de Saxe. (Ibid,, 23.) 



INGIPIT LIBER VEL TRAGTATUS, GUJUS 



PRIMA PARS 



EST 



DE TIMORE. 



5. Quoniam autem inicium sapiencie est timor 
Domini, ut dicîtur Prov. i b, Eccli. i c', immo radix 
et fundamentum, fons et inicium omnium bonorum, .... 
et primum Spiritus sancti dononim in via recedendi a 
malo et procedendi et proficiendi in bonum , a timoré 
incipiemus, tanquam ab inicio et fonte et radiée et 
fundamento onmium bonorum spiritualium , et de eo 
erit primus liber, cujus sunt isti decem tituli : primus 
est de septem speciebus timoris ; secundus de diversis 

i. Gomme le remarque Ëchard {I, 188), Etienne de Bonrbon se 
sert, ponr ses citations de la Bible, des concordances dues au 
dominicain Hugues de Saint-Cher, dans lesquelles chaque chapitre 
de rËcriture est divisé en sept parties, répondant aux sept pre- 
mières lettres de Talphabet. Il a lui-même annoncé, dans son pro- 
logue, qu'il désignerait les fractions de chapitres auxquelles il 
ferait des emprunts. (V. page 9.) 



16 ETIENNE DE BOURBON. 

effectibus ejus ; tercius de Deo timendo ; quartus de 
inferno; quintus de purgatorio présent! et futurq; 
sextus est de fiituro et général! judicio ; septimus est 
de eis que sunt metuenda circa mortem et mortis exi- 
tum, et maxime maium ; octavus quare timendum est 
peccare vel ipsum mortale peccatum ; nonus titulus est 
quare sit timendum multiplex presens periculum ; de- 
cimus quare debemus timere dyabolum^ 



PRDfUS TITULUS. 



DE VII SPECIEBUS TIMORIS, 

Et primo de [timoré] mundano. 

6. Primus titulus de timoré est de âpeciebus 
ejus, que sunt septem, scilicet timor mundanus, 
humanus, naturalis, servilis, inicialis, tîlialis sive 
castus, reverencie. 

Mundanus timor est quando homo, timoré amittendi 
temporalia que habet vel non consequendi que desi- 

derat et non habet, peccat mortaliter Audivi a 

magistro Guidone d'Orchuel, doctore theologico Pari- 
sius% in sermone, quod, cum quidam philosophus, in 



i. Fo 139. 

2. Ce docteur inconnu était, sans doute, originaire d'Orchenx, 
hameau de la commune d'Eve (Oise). 



•DU DON DE GRÀETTE. 17 

civitate obsessa, amisisset omnia bona sua , adductus 
nudus coram rege qui civitatem ceperat, ridebat; et 
cum quereretur quare hoc, respondit : eo quod nil 
amiserat, quia sensum suum et bona interiora sua 
adhuc intègre habebat. Et cum dicereut assisteutes : 
c Immo et uxorem, et fîlios, et divicias? > Dixit : 
c Non est tuum quod fortuna facit tuum. Ista enim 
erant fortune, non mea... » 

7. Scire autem debent mundani quod Deus est 
timentibus se thésaurus omnium bonorum indefîciens . . . 
Ideo dixît Ârnaldus, primus Lugdunensium Predicato- 
rum prior^ quibusdam dicentibus sibi : si istud fece- 
ritis (quod scilicet pertinebat ad veritatem doctrine), 
scandalizabuntur homines, et neccessaria non habe- 
bitis : cNos, ait, non sumus sicut ceteri hominum, quia 
habemus horreum quod non timet sterilitatem et 
cellarium quod non timet siccitatem. Si hoc non priva- 
verimus nos , non timemus ; hoc est Deus , provisor 
noster*. » 

De timoré humano. 

8. Qui vero preponunt carnem spiritui similes sunt 
illi qui preponit asinum suum sibi et plus de eo cogi- 
tât. Et similes sunt illi militi, qui elegit hospicium ubi 
provideretur equo suo et ipse negligeretur. Unde 
dicitur quod très milites condixerunt ad invicem 



1. Ce religieux n'est pas mentionné dans le grand ouvrage con- 
sacré par Échard et Quétif à Tbistoire et aux travaux de leurs 
confrères (Scriptores ordinis Pradicatorum). 

2. Fo 139. 



18 ÉTDfiNTVE DE BOURBON. 

(ad hoc &cit exemplum quod audivi a fratre Hatheo S 
primo Fratrum Predicatoruin Parisius priore, qui dice- 
bat vel parabolioe vel in veritate) quod quererent 
fortunam (que dicitur fortune aventure) ; et cum ingre- 
derentur civitatem quamdam, dictum est eis quod non 
erant ibi nisi tria hospicia : in uno equi bene procura- 
bantur et équités famé moriebantur; in alio erat e 
contrario; in tercio autem eques et equus bene, sed 
vix erat quin in exitu eques bene verberaretur. Très 
ergo tria hospicia acceperunt, et invenerunt ut eis 
dictum iîierat, tercio excepto, qui non fuerat verbe- 
ratus. Et cum quereret causam quare non fuerat ver- 
beratus, dictum est ei quod domino domus bene obe- 
diens in onmibus fuerat. Givitas est mundus, in quo 
sunt très hospites : quidam sunt qui nimiam curam 
gérant de equo procurando, neglecto mih'te (equus 
corpus, miles anima sunt) .... ; alii sunt qui indiscreto 
animo corpus atterunt, et spiritus et spiritualium 
curam tantum gerunt ; tercii sunt qui utrique discrète 
intendunt, et ut per onmia Deo obediant : hii sine fla- 
gelle, cum recedunt a mundo, pertranseunt'. 

De timoré servili, 

9. Timor servilis est quando aliquis timoré géhenne 
non peccat, non habens respectum ad amorem justicie 
vel offensam Dei Talis autem timor non libérât a 

1. Mathieu de France, comme rappelle Ëchard, fût un des pre« 
miers compagnons de S. Oominique et le fondateur de la maison 
de Saint-Jacques de Paris, où Etienne dut le connaître. (Y. Script 
ord. Pradic, I, 92.) 

2. Fo 140. 



DU DON DE CRAINTE. 19 

peDa înfenii. Unde audivi cantorem magnum Parisius 
predicasse, et a pluribus in sermonibus, quod, cum 
quidam soolaris videretur mon Parisius , valde peni- 
tens et oompunctus , apparuit post mortem magistro 
suo habens capam de cedulis, conscriptam diversis 
sophismatibus ; et cum quereret magister ejus qualiter 
ei esset , respondit quod capa ista plus ponderaret ei 
quam aliqua turris de mundo , et quod intus incom- 
parabiliter ureretur. Et cum alius diceret quomodo 
hoc, cum ita mori compunctus visus esset , ait quod 
ille laciîme pocius ex timoré mortis et géhenne pro- 
cesserant quam ex amore Dei vel ex amissione ejus. 
Et cum diceret magister quod non videretur sic pati, 
extendit ille manum suam , et unam guttam sudoris 
sui projecit super manum ejus, que statim perforata 
est, et ipse evanuit. Tune iste, dicens : 

' ff Linquo coax ranis, cras corvis * vanaqne vanis ; 
Âd logicam pergo, que mortis non timet ergo, t 

apud Glaramvallem vadens, ut audivi, ibi habitum 
religionis sumpsit et arta penitencia se ibi afflixit*... 



i . Le cri du corbeau est fréquemment interprété par le mot cras, 
c 8icut coryus non pascit pullos nisi quando nigrescunt, quorum 
vox in crcistinum sonat, dum non querant presentia, sed futura 
bona. • (Jacques de Yitry, Bibi. nat., ms. lat. 17509, f« 45.) 

2. Ce trait est rapporté, avec quelques légères différences, par 
Jacques de Yitry, qui donne au maître ainsi converti le nom de 
Sella et place la scène dans le pré de l'abbaye de Saint-Germain 
de Paris (ms. lat. 17509, f> 32). On le retrouve encore dans les 
sermons de Robert de Sorbon (ms. lat 15971, f» 120), dans les 
œuvres d'Eudes de Shirton (ms. lat. 2593, f* 109), de Jacques de 
Varagio (Histoire lombarde, ch. 163), et dans quelques sermonnaires 
anonymes. Sella est quelquefois appelé Serlon, et son interlocuteur 
Richard. Des vers sur la vanité du siècle ont été récemnAnt 



20 ETIENNE DE BOURBON. 

10. Qui autem timoré adversitatis a peccato absti- 
nent sunt similes pyratis, qui, tempore tempestatis, 
timoré perterriti, vovent multa; facta tranquillitate, 
reddere non curant» sed statim currunt ad ludos. 
Item similes sunt cuidam Britoni , qui , cum duoeret 
(illud audivi a quodam magno decano, in sermone) ad 
Montem Sancti Michaelis, ad forum, vaccam et vitu- 
lum, ut e)Bi venderet, ibi videns fluctus maris refluere 
et timens, vovit vitulum beato Michaeli si evaderet; 
post, recedente fluetu, dixit Michaeli quod fatuus esset 
si crederet quod ei suum vitulum daret. Post, redeunte 
fluctu magis de prope, magis timens, vovit utrumque, 
dioens : c Michael, totum vis, totum habebis. » Retro- 
cedente iterum fluctu, cum non crederet de cetero 
fluctum posse eum attingere, clamavit : c Hichael, 
Micbael, nec vaccam nec vitulum de cetero habebis ^ > 

De timoré filiali. 

H. Iste timor est perfectorum Gillebertus : 

c Timoré servili et filiali timetur Sponsus : servili, ne 
veniat judicaturus ; filiali, ne tardet, et, cum venerit, 
ne discedat. » Âudivi a domino Philippe de Montemira- 

pubiiés, sous le nom de Serlon, par M. P. Meyer, dans les Archives 
des missions^ 2« série, t. Y, p. 173. Cf. le récent mémoire de 
M. Hauréau sur les Récits d'apparitions dans les sermons (Mém. de 
V Institut, t. XXVm, 2* partie, p. 242). 

1. F* 140 v«. Ce trait se rencontre dans plusieurs recueils de 
sermons ou de facéties. Jacques de Vitry en donne une version, 
dans laquelle le dernier mot du paysan breton (ou normand), 
devenu proverbial , est reproduit en français : c Ne la vache ne le 
veel. • (Ms. 17509, f 82.) Gf. Bromyard, Summa pradicantium, 
iïi.T^œniteniia; Th. Wright, Latin stories, n« 79; etc. 



DU DON DE CRAINTE. 21 

bili, qui multa monasteria albarum monialium^ in 
Francia construxit : Dicitur quod quedam beguina, 
cum diu caruisset sensibili Sponsi visitacione, afilicta 
et languens timoré et desiderio, dixit Fidei, tanquam 
pedisseque sue, ut ad Sponsum iret, et eum adjurando 
per suos articulos, quasi per carmina, et urgendo 
fervidis oracionibus et profundis gemitibus, venire 
compelleret ; Spei, ut venientem cum gaudio susci- 
peret, et ad influendas multimodas suas delicias cordi 
arido piis suspiriis et desideriis eum arctaret; Garitati, 
ut susceptum caperet, et captum vinculis caritatis 
ligaret et astringeret, et astrictum detineret. Quod et 
factum est, et inestimabilem et durabilem sentiit ejus 
consolacionem'. 



SECUNDUS TITULUS. 



DE EFFEGTIBUS TIMORIS DOMINI IN GENERE. 

12. Secundus titulus est de effectibus timoris 
Domini in génère. Et notandum quod multi sunt ef- 
fectus, de quibus ponemus viginti quatuor, qui hiis 
versibus notantur. 

1. Religieuses cisterciennes. Philippe de Montmirail est men- 
tionné par Thomas de Gantimpré comme un seigneur d'une rare 
piété, qui avait fondé plusieurs maisons de héguines, renfermant 
plus de cinq mille femmes. {Bon. univ. 'deÀpib., liv. n, ch. 38, 
n«2.) 

2. F» 441 ?o. 



82 ÉnENins de boijrbon. 

Qoinqne semelque qaater timor efficit hec quasi mater : 
Libérât, inclinât, mutât timor, atque propinat 
Vlrtutem, lumen, fletum, vitam quoque numen; 
Vincit, sollicitât, siccat, purgat, mala vitat; 
Impetrat, edificat, servat, reddit bona, ditat ; 
Justificans et letificans dat justa tenere, 
Glorificans et magnificans celoque manere^.. 



TERGIUS imiLUS. 



DE DEO TIMENDO. 



1 3. Tercius titulus prime partis est de Deo timcDdo 
primo et super omnia, et habet duo capitula : primum 
est de eis que suadent eum timere; secundum est de 
condicionibus sive eis que dicuntur de Deo, que eum 
summe monstrant timendum' 



QUARTUS TITULUS. 



DE INFERNO. 



c^^Tfc-Miriri 



14. Quartus titulus prime partis est de 
induclivo in timorem, scilicet de pena infemi....'. De 
inferno autem agemus hoc modo : postquam ostensum 
est quod infernus sit et ubi sit, agemus de septem que 
aggravant penam ejus^ 



1. F» 142. — 2. F» 143. — 3. F» 145 v. 



V 



DU DON DE CRAINTE. 83 

De etemitate pêne. 

1 5. Pertinet ut nunquam careant supplicio qui in 
hac vita nunquam voluerunt carere peccato. Cogitando 
de eternitate pêne dicitur in Summa de Yirtutibus^ 
conversus fuisse Fulco, episcopus Tholosanus^ Qui, 
cum esset primo joculator, incepit cogitare quod, si 
daretur ei in penitencia quod semper jaceret in pul- 
chenîmo et moUissimo lecto , ita quod nunquam pro 
alico recederet, non posset hoc sustinere; quanto 
minus ergo in pena inestimabili. Et factus est mona- 
chus Cisterciensis, et post episcopus Tholosanus'. 

1. c Nempe nostri Peraldi, • remarque Ëchard (I, 488). Il s'agit 
de Guillaume Perraud ou Guillaume de Lyon, dominicain, mort 
en 1275, qui a laissé une Somme des Vices et des Verttu. Etienne 
de Bourbon avait annoncé qu'il ferait des emprunts à cet ouvrage, 
et il le cite, en effet, plusieurs fois, notamment au f^ 164 de son 
manuscrit. 

2. Foulques de Marseille, troubadour, puis évoque de Toulouse, 
de 1205 à 1231. 

3. F» 148 ; Échard, 1, 188. D'autres anecdotes relatives au môme 
personnage se trouvent dans le recueil contemporain et anonyme 
conservé à la bibliothèque de Tours (ms. 205). Gomme il n'est 
pas sans intérêt de les rapprocher de celle qu'a recueillie Etienne 
de Bourbon, J*en donne ici le texte : 

c Episcopus Tolosanus publiée predicabat christianis : Attendite 
a falsis prophetis, etc., dicens quod lupi erant herotid, oves chris- 
tiani. Et surgens hereticus quidam in pleno sermone, cui comes 
Montisfortis nasum cum labiis abscidi fecerat et oculos erui fece- 
rat, quia christianis similiter faciebat, ait : Audistis quod episco- 
pus dixit, quia nos sumus lupi, vos oves. Vidistis nusquam ovem 
que morderet ita lupum? Respondit episcopus : Sicut abbatie Gis- 
tercienses non habent totum in abbatia, sed habent grangias cum 
ovibus, quas defendunt canes a lupis, sic Ecclesia non habet omnes 



S4 ETIENNE DE BOURBON. 



De societatis horribilitate. 



16. Qui fuerunt socii in culpa erunt et in pena 

Quidam homo bone vite et devotus mihi dixit quod, 
cum ipse aliquando orasset pro uxore sua mortua, 
soUicitus de statu suc, illa apparens dixit ei quod 
sequeretur eam. Et dum illa eum duceret, ut ei vide- 
batur, subito ipsa visa est ei mutari in serpentem 
horribilem ; quam cum refugeret, dixit : c Noli timere ; 
jam videbis quid actum sit circa me. > Ipsa autem, eo 
cernente, ingressa per quoddam foramen, pelle depo- 
sita, rediit ad priorem efïigiem, et duxit eum ad 
domum teterrimam, in qua vidit demones horribiles 
apportantes cuveam igneam, in qua projeœrunt unum 
burgensem mortuum de villa sua et uxorem alterius ; 
et ibi comburebantur et balniabantur tanquam in mé- 
tallo bullienti. Et uxor ejus dixit ei : c Cum istis, quos 
bene nostis, modo balniarer ego, nisi Dei misericordia 
me a peccato meo per penitenciam revocasset. > Illi 
enim duo, relicto thoro maritali, adulterino amore 



christianos Rome; sed in multis locis, et speci&liter hic, habet 
oyes suas, ad quas custodiendas a lupis misit unum canem 
bonum et fortem, yidelicet comitem Montisfortis , qui ita mo- 
mordit hanc lapmn quia comedebat oves Ecclesie, christianos. 
(Fo 156.) 

€ Heretica quedam venit ad Fulconem, Tolose episcopum, petens 
subventionem, cum esset paupercula. Ipse autem scions eam esse 
hereticam et ideo non debere subvenire, eidem nihilominus oom- 
patiens, ait : Non subveniam heretice, sed subveniam pauperi. • 
(Fo 157.) 



DU DON DE CRAINTE. 25 

adheserant, diu peocantes, et horum peccati mediatrix 
fuerat dicta uxor; sed, illis in peccatis morientibus, 
ipsa penitenciam egerat salutarem. 

1 7 . Item audivi fratrem Guillelmum Pictav[iensein] , 
de ordine Fratrum Minorum, hoc predicasse in qua- 
dam villa, ab hominibus illius ville, quod quidam, in 
quadam visione fiiturorum majorum, vidit inter alia 
mium hominem in ymo flammarum prostratum, de 
cujus utero alta arbor procedebat, in cujus ramis 
homines suspensi erant et a flamma ab imo procedente 
diversimode et acerrime torquebantur ; et ille qui in 
fundo jacebat magis inter illos torquebatur. Et cum 
quereret ille qui hoc videbat a ductore suo cujusmodi 
esset homo, ait iUi : c Ille qui jacet in imo fiiit princi- 
pium generacionis onmium istorum, et fuit pauper, 
et per usuras ascendit ; alii sunt qui processerunt ab 
eo, et torquentur, vel quia fuerunt imitatores paterni 
sceleris, vel quia adquisita per usuram non restitue- 
runt. Primus autem super alios torquetur, videndo 
eos qui per eum in hoc tormentum venerunt, vel quia 
pro omnibus ei pena accumulatur^ > 

De fetiditate et fetore [dampnaiorum]. 

18. Erunt corpora feda et fetida. Quid mirum si 
talis sanies fetet in lacu ire Dei, ubi omnes sordidi et 
sordes eorum congregantur?. . . . Cum essem in civitate 
Glaromontensi ', et quidam hereticus abhominabilis, 



1. F^ 150 v*. 

2. Le nom de la ville, resté en blanc dans le manuscrit, a été 



S6 éhenne db bourbon. 

supra modum horribilis et obstinatissimus , dictus 
Aliremiensis, longe extra urbem combureretur, cnm 
cames humane combuste non consueverunt fetere, sed 
pocius, ut dicituTy bene redolere, inopinatus et abho- 
minabilis fetor per civitatem se eflPudit super eos qui 
non exiverant ad eum oomburendum, ut diœbant qui 
mecum aderant ; et bene hoc mihi videbatur, ut quasi 
pateret quantum fetidus ipse esset et horror ejus^ 

De aggravadone pêne ex consideradone boni amissi. 

19. Item multum dolebunt dampnati eo quod, pro 
C4ilpa que videbatur eis modica, non solum incurrunt 
eternam dampnacionem, sed amittunt premium glorio- 

sum quod habuissent nisi peccatum impediret 

Âccidit, ut audivi a nobili muliere, sorore regine 
quondam Francie, uxoris régis Philippi, domina sciii- 
cet Bellijocensi', quod, cum quedam domina dicta de 
Gudo' rapta esset, vidit in spiritu quamdam magnam 



rempli par Ëchard (I, 188), sans donte d'après un autre exem- 
plaire. 

1. F» 152 Y*. 

2. Ms. Belvacensi; fiiute évidente, car il s'agit de Sibylle, fille 
de BaudoniD V, comte de Hainaut et de Flandre , mariée à Gni- 
chard IV de Beanjeu et sœur d'Isabelle de Hainaut, première 
fenmie de Philippe-Auguste. (Cf. le n* 323.) 

3. Cette dame est la bienheureuse Âlpaix ou Alpaïde, originaire 
de Gadot, près de Villeneuve-sur- Yonne, et appelée quelquefois 
Alpaix de Tonnerre. Elle est connue par ses visions, auxquelles 
Vincent de Beau vais consacre quelques lignes, sans toutefois 
parler de celle^i : il raconte, entre autres, que la terre lui apparut 
un jour sous la forme d'une sphère légèrement aplatie, et le soleil 
sous celle d'un globe plus grand que la terre. (Spec. histor., p. 1 193. ) 



DU DON DE GRADfTE. 27 

comitissam que fuerat ei familiaiis ; et cum demones 
ejus animam râpèrent et ad ipfemum traherent, ipsa 
ejulando plangebat : c Me miseram ! quantum dolere 
possum ! quia satis eram casta, abstinens et miserioors, 
nec pro alia re dampnor, nisi pro ornatu superflue et 
vanOy pro croco et hujusmodi, de quo correpta et 
admonita aliquando fiii, nec cessavi, sed ea nimis dilexi 
et nimiam curam circa hec adhibui , ut omnibus per 
hoc placerem, et quod pro tam modica re trahor ad 
taotam dampnacionem et privor tanta gloria ; insuper 
quia amisi fiructum, quem consequerer nisi hoc fuisset, 
omnium bonorum vite gloriose. » Hec rediens deraptu 
cum fletu et laerimis retulit, et inventum est quod 
dicta comitissa, illa hora, in remotis partibus abierat. 
Hec autem dicta domina de Gudo (ut retulit mihi 
magister Stephanus de Gudo, nepos ejus et enutritus 
ab ea , qui fuit magne vite vir et sciencie , quondam 
canonicus Parisiensis et archidiaconusÂltissiodorensis, 
[et] tandem reliquit hec omnia, accipiens habitum 
regularem^), cum esset virguncula Deo devota et béate 
Virgini, gravissima fistula ita est perforata et putre- 
facta et fetens, quod nec de lecto posset surgere, nec 
possent eam sustinere parentes sui, nisi cum multo 
gravamine. Cum, in die Pasce, esset relicta sola in 
domo, cepit flere graviter, maxime propter hoc quod 



Sulyant le même autear, Alpaix de Gudot (dont le nom est écrit, par 
erreur, de Eudoto) jouissait d'une grande célébrité vers l'an 1180. 
Cf. le Martyrologe d'Usuard, p. 649 (3 novembre). 

1. Etienne de Gudot, plusieurs fois mentionné par l'auteur, 
parait lui avoir été attaché par des liens d'amitié. Avant de 
se faire moine, il fut quelque temps curé de Vermenton (Yonne). 
Cf. le no 275. 



28 ÉTIEimE DE BOURBON. 

alii ireot ad ecclesiam ut reciperent communionem, 
ipsa non : sed tune apparuit ei beata Yirgo, eam con- 
fortans et taetu suc vulnera ejus sanans ; et recedens 
maximum odorem reliquit, ita quod admirati sunt 
ingredientes. Et ex tune, ut dieitur, multas consuevit 
habere oonsolacîones, raptus et visiones^ 

De cansideracione et medUacione pêne infemi. 

20. Hujus pêne frequens meditacio homini ad multa 
utilis est. . . . Audivi quod, cum beatus Bernardus Glare- 
vallensîs convertisset omnes fratres suos et fecisset eos 
monachos, solo pâtre magis indurato in secuio manente, 
venit ad villam suam, et predicans ibi juxta truncum 
antiquissimum, in presencia patris sui, cum videret 
ejiis duriciam, precepit hominibus qui in circuitu 
trunci sicca ligna apportaverant, ut ipse eis manda- 
verat, ignem sucœnderent ; quo facto, ligna sicca cito 
succensa sunt, et truncus tarde circa médium, ab ex- 
tremis emittens humorem fedum et fiunum teterri- 
mum, diu ignem servavit. Tune incepit sanctus loqui 
de pénis inferni, et dixit patri quod ipse esset similis 
illi trunco, qui hic non poterat igné divino succendi, 
nec flere peccata sua, nec suspirare ad Deum, sed ipse 
in inferno, nisi penitenciam ageret, in etemum arderet, 
fleret et fetentem fumum emitteret. Ad que verba pater 
dictus compunctus, eum secutus est et monachus 
factus est. Hec audivi in loco ipso ubi predicacio facta 
est, a domino Galone, domino de Fontanis, pronepote 

i. Po 153 V*. 



DU DON DE CRAINTE . 29 

beati Bernardi, in loco nativitatis sue, Fontanis dicton 

21 . Item audivi quod, cum quidam soolaris, magnus 
clericuSy visitaret quemdam socium suum qui intra- 
verat ordinem Predicatorum , volebat aliquo modo 
quod iste loqueretur ei de aliquo quod faceret ad ejus 
conversionem. Iste autem frater, hoc videos, ait : c Nolo 
vobis, magister, predicare aliquid ; sed hoc rogo, ut 
amore mei, cum intraveritis cameram vestram, que 
valde pulcra est, et lectum vestrum, cujus culcitra 
valde mollis est et coopertoria valde delicata, cogitetis 
qualem cameram habebitis in inferno, et qualem culci- 
tram et coopertorium post mortem... i Illa autem 
verba tantum cogitacioni ejus ingresserunt, quod, nec 
in caméra nec in lecto valens dormire aut quiescere, 
compulsus est ordinem dictum intrare. Hoc audivi a 
fratre Humberto, magistro ordinis Predicatorum' 

22. Item, cum magister Jordanus, bone memorie', 
dixisset multa ad convertendum quemdam nobilem, 
comitis filium, et videret quod non posset eum movere 
ad contemptum mundi et introitum ordinis per verba 
sua, cum ille cui loquebatur esset juvenis speciosissi- 
mus, rogavit illum quod, cum respiceret membra sua, 

1. Fontaines, près Dijon. Galon était fils de Barthélémy de 
Sombernon, seigneur de Fontaines, qui avait épousé une des 
filles de Guy, frère aîné de S. Bernard. (V. réciaircissement 
généalogique de Ghifflet, à la suite des œuvres de B. Bernard, éd. 
Migne, col. 1396.) Gette anecdote est reproduite par Ëchard (1, 188). 
Guillaume de Saint-Thierry, biographe contemporain du saint, 
mentionne en deux mots la conversion de son père, sans entrer 
dans aucun détail. (V. Acta SS, Augusti, IV, 117.) 

2. Humbert de Romans, cinquième général de Tordre des Domi- 
nicains, mort en 1277. 

3. Jourdain de Saxe, troisième général des Dominicains, mort 
en 1237. 



30 ETIENNE DE BOURBON. 

semper cogitaret quod magnuin dampnum esset si tam 
pulcra membra essent pabulum inoendii eterni. Qui 
cum hoc idem sepe faceret, ad illa verba creditur 
fîiisse ad ordinis introitum inductus^ 



QUINTUS TITULUS. 

DE TIMENDO PURGATOMO PUTURO. 

23. Dicto, per Dei graciam, de eis que ad quartum 
titulum pertinebant, scilicet de inferno, nunc in quinto 
titulo agendum est de purgatorio... Ipsa autem 
[pena purgatoria] multum est timenda propter ista, 
scilicet propter pêne acerbitatem , diversitatem , diu- 
turnitatem, sterilitatem, dampnositatem, tortorum 
qualitatem, subveniencium paucitatem 

De acerbitate pêne. 

24. De acerbitate pêne purgatorii dicit Âugustinus, 
in libro de Penitencia, quod purgandus est igné purga- 
cionis qui distulit hic iructum conversionis. Hic autem 
ignis, etsi eternus non sit, miro tamen modo est 
gravis : excedit enim omnem penam quam unquam 
passus est aliqûis in hac vita. Nunquam in carne 
inventa est tanta pena , licet martires nodrabilia passi 
sint tormenta. Âudivi a quodam fratre sacerdote, reli- 
gioso et sene, Johanne nomine, quod, cum quidam 

i. F^ 154 v^i55 v». 



DU DON DE GRAINTB. 34 

malus prepositus esset qui nec Deum timebat nec 
homines reverebatur, Deus misertus ejus dédit ei gra- 
vem quamdam infirmitatem, in qua expendit omoia 
que habebat in medicinis et aliis, et nil valuit ei ; unde, 
cum per quinquennium sustinuisset ita gravem infiroii- 
tatem, cum non posset surgere nec haberet aliquid 
unde necessaria posset habere, et ab omnibus desti- 
tutus esset, propter paupertatem et vilitatem lan- 
goris et dolorem cepit desperans murmurare contra 
Deum, de hoc quod in istis miseriis tam diu viveret. 
Mittitur ei angélus, incre'pans eum de murmure, 
monens ad pacienciam, et ut per duos annos alios sus- 
tineret, per quos plene purgatus statim evolaret. Qui 
cum diceret se hoc facere non posse, sed pocius occi- 
disse, dixit angélus quod aut per duos aimos oporteret 
eum sustinere, aut per duos dies in purgatorio penam 
sustinere, et sic post ad Deum evolaret. Cum iste duos 
dies in purgatorio accepisset, raptus ab angelo, dimitr 
titur in purgatorio. Iste autem pêne acerbitatem sen- 
ciens, credidit ibi fiiisse per infinitos dies antequam 
dimidiam diem complevisset , damans et ejulans et 
conquerens angelum mendacem, nec angelum esse, sed 
dyabolum. Âffijdt angélus, ad pacienciam monens eum 
et arguens de murmure, et dicens quod parum fuisset 
adhuc ibi. Tune rogavit angelum quod reduceret eum 
ad priorem statum, et, si vellet, ipse paratus esset non 
solum sustinere pacienter usque ad duos annos, immo 
usque ad diem judidi. Quod fecit angélus, et usque ad 
complementum duorum annorum onmia padenter 
sustinuit^ 

1. FM 56-157 vo. 



32 ériKNNE DE BOURBON. 

25. Item audivî a quodam fratre Âpulo, Johanne 
dicte, qui hoc dicebat in partibus suis accidisse, quod, 
cum quidam in quodam monte juxta yulcanum\ ubi 
dicitur locus purgatorii, prope civitatem Gathenam', 
quereret equum domini sui, invenit, ut sibi vîsum est, 
civitatem quamdam, cujus erat faostiolum ferreum, et 
quesivit a portitore de equo quem querebat : qui res- 
pondit quod iret usque ad aulam domini sui, qui vel 
redderet eum vel doceret ; et adjuratus ab eo portitor 
per Deum quod diceret ei quid ageret, dixit ei portitor 
quod caveret ne comederet de aliquo ferculo quod ei 
daretur. Yidebatur ei quod videbat per vicos illius 
civitatis tôt homines quot sunt in mundo, de omni 
gente et artificio. Transiens per multas aulas, venit in 
quamdam, ubi videt principem suis circumvallatum ; 
offerunt ei multa fercula : non vuit de eis gustare; 
osienduntur ei quatuor lecti, et dicitur ei quod unus 
eorum erat donuno suo paratus, et aiii très trium 
feneratorum. Et dicit ei princeps ille quod assignabat 
diem domino suo talem peremptoriam et tribus dictis 
feneratoribus, aiioquin venirent inviti; et dédit ei 
ciphum aureum, coopertum cooperculo aureo. Dicitur 
ei ne illum discooperiret, sed illum in hujus rei inter- 
signum presentaret domino suo, ut biberet de potu 
suo. Equus suus ei redditur; redit, implet jussa : cifus 
aperitur, flamma ebullit, in mari cum cifo proicitur, 
mare inflammatur. Hii quatuor, licet confessi fuissent 
(ex timoré solo, et non vere pénitentes^), die sibi 
assignata, rapiuntur super quatuor equos nigros. 

1. L'Etna, appelé par les anciens Tatelier de Vnlcain. 

2. Gatane. 

3. Ces mots ont été ajoutés en marge par le copiste. 



DU DON DE GRAmTB. 33 

Item audivi ab eodem fratre quod ibi, in quodam 
monte juxta Vulcanum, ubi dicitm* locus pm^torii, 
videntm" castrum edificantes et per septimanas singu- 
las ad complementum ducentes : nocte sabbati omnino 
diruitur; die lune reincipitur, et sic postea'. 

26. Item audivi a fratre Guillelmo, quondam priore 
Bisumptinensi, quod, cum quidam capellanus, apud 
Novum Castrum, in dyocesi Lausanensi', Willelmus 
nomine, qui etiam sanctus modo dicitur propter mira- 
cula multa que Dominus dicitur per eum fecisse, esset 
in domosua, super lacum maximum', et quidam miles, 
qui erat cum eo, quereret ab eo cur se afiligeret, immo 
quasi occideret jejuniis, ciliciis et lacrimis, cum asser- 
cîone dixit quod vellet esse usque ad diem judicii in 
tanto igné quantum erat lacus, et esset securus quod 
posset evadere cum omni penitencia sua vel ignem in- 
ferni vel purgatorii. Et referebat quoddam exemplum, 
quod, cum quidam latro fugaretur ab hostibus suis, 
videns se non posse evadere, prostravit se in cruce, 
dicens quod bene mortem promeruerat, quia Deum 
offenderat ; flebat pro hoc, confîtebatur se peccatorem, 



4. Cf. l'ouvrage de Gervais de Tilbury, éd. Leibnitz (Script, rer. 
Brunsvic.^ I, 921), et Liebrecht, Des Gervas, von Tilh. Oiia impe^ 
rialia, Hannover, 1856, in-S", p. 12. Cette légende sicilienne 
paraît avoir sa source dans les transformations périodiques qu'une 
ébullition permanente fait subir au cratère du volcan. Il est 
curieux de rapprocher ces traditions chrétiennes sur l'Etna des 
mythes païens qui plaçaient sous sa cime, tantôt la sépulture 
d'Encelade ou de Typhée, tantôt les forges du dieu du feu. 

2. NeufchÀtel (Suisse). L'évôché actuel de Fribourg avait alors 
son siège à Lausanne. 

3. Le lac de Neufchâtel, qui est, en effet, un des plus grands 
de la Suisse. 

3 



34 ânSNNB DB BOURfiON. 

et rogabat eo8 ut Deum de eo vindicarent expouendo 
membra martyrio. Quidam autem haneiuita erat prope, 
qui multis annis penitenciam egerat ; cui revelatum est 
quod angeli cum laudibus in celum illius latroois ani- 
mam deportarent. Qui non egit Deo gracias, sed indî- 
gnatur, hoc dicens apud se, quod, postquam se expo- 
suisset omnibus flagiciis, similiter in fine peniteret, et 
sic ei fieret ut latroni. Et cum ad seculum rediret, tran- 
siens aquam, de ponte cadens, submergitur et a demo- 
nibus in infernum proicitur. Idem exemplum de latrone 
refert magister Jacobus de Yitriaco^ 

De qualitate tortorum et deformitate demonum. 

27. De qualitate tortorum satis dictum est su- 
pra, quarto capitulo, de pena inferni Item de 

horrore demonum, de quo supra, audivi a fratre 
Romeio', viro perito et religioso, qui aliquando 
fuit prior provincialis Fratrum Predicatorum in pro- 
vincia Provincie, et in legenda nova beati Dominîci ^ 
legitur, quod, cum dictus sanctus predicasset apud 
Fanumjovis^ contra hereticos, cum esset in ecclesia 
orans, accesserunt ad eum novem matrone, procidentes 

1. Fo 158. 

2. Romée de Levia, Catalan, prieur de Tordre de S. Dominique 
à Lyon, en 1223, et ensuite prieur provincial de Provence, mort en 
1261. V. Échard, I, 161. Cf. le n» 230. 

3. Cette nouvelle légende de S. Dominique n'est pas au nombre 
des documents reproduits par Échard , et le fait rapporté ici n'est 
mentionné dans aucune des biographies contemporaines publiées 
par lui (I, 2, 25). 

4. Ms. Fammonis. C'est aujourd'hui Fanjeaux (Aude). 



DU DON DE CRAINTE. 35 

ad pedes ejus et diœntes : c Serve Dei, illos homines 
contra quos predicas usque modo credidimus et voca* 
vinuis honoz hamines ' ; et cum adhuc vacillemus, roga- 
mus te ut Deum roges, ut ostendat oobis in qua fide 
salvemur, cui adhereamus. » Tune, cum aliquandiu apud 
se orasset, ait eis : « State intrépide ; ostendet vobis 
Dominus cui domino actenus servivistis. t Et hiis dictis, 
catus teterrimus in medio earum prosiliit, habens quan- 
titatem unius magni canis, et oculos grosses et flaman- 
tes, et linguam latam et longam et sanguinolentam et 
protractam usque ad umbilicum, caudam curtam sur- 
sum protensam, [et] posteriorem turpitudinem, quo- 
cumque se verteret, ostendebat ; de quibus fetor intole- 
rabilis exhalabat. Cum autem per horam aliquam circa 
illas matronas hue illuc se vertisset, ad campanule 
cordam prosiliens ascendit, post se feda vestigia dere- 
linquens. Ille autem, a sancto confortate, ad fidem 
catholicam perfecte sunt converse, et quedam earum 
apud Prulianum' sororum habitum assumpserunt ^. 



Quod valent eis [qui sunt in purgatario] penitenda 

pro eis facta. 

28. Quod valeat eis amicorum pro eis facta peni- 
tencia, quando alicui penitencie sunt astricti et amici 
eorum pro eis satisfaciunt , Gai. vi : « Alter alterius 
onera portate. > Item audivi a magistro Nicholao de 



1. Nom pris alors par une secte d'hérétiques. Cf. le dp 330. 

2. Prouille (Aude), mouastère fondé par S. Dominique. 

3. Fo« 159 V, 160. 



36 ETIENNE DE BOURBON. 

Flaviniaoo, archiepiscopoBysumptinensiS insermone, 
quod, cum quidam oommisisset enormissimum pecca- 
tum, proquo desperaret, quidam amicus ejus et socius 
tantum institit apud eum, quod duxit eum Romam , 
promittens quod secum iret et eum in facienda peni- 
tencia juvaret. Cum autem ibi injungeretur ei publica 
penitencia, scilioet quod tribus annis tria régna peram- 
bularet cum baculo cubitali, non faciens moram in 
una villa nisi per diem , confortavit eum socius suus, 
vadenscumeo. Qui, cum, inchoatapenitencia, egrotaret 
ad mortem et fleret quod penitenciam non fecisset, 
promisit ei socius suus quod eam faceret pro eo, 
rogans ut, si posset, post mortem certificaret eum de 
statu suo. Qui mortuus, in fine anni, apparuit socio suo 
in sui parte tercia nive candidior, in duabus pice 
nigrior, dicens quod ex illa parte que nigra apparebat 
mirabiliter torqueretur, in alia optime erat ei. In 
secundo anno, similiter apparuit ei, in duabus partibus 
albus ; in tercio, totus albus et lucidus, gracias ei 

referens de sua liberacione 

29 . Item audivi quemdam crucis legatum hoc pre- 
dicantem, quod, cum quidam Willelmus, archidyaconus 
Parisiensis, esset legalus in terra Albigiensium, et qui- 
dam miles strenuus perfecisset ibi strenuissime quadra- 
gesimam, et terra remaneret in periculo, nec velletpro 

1. Ms. archidyacono episcopo. Nicolas de Flayigny, souvent cité 
par Etienne de Bourbon, fut archevêque de Besançon de 1227 à 
1235 ; il occupait auparavant la dignité de doyen de l'église de 
Langres (GalL Christ,, XV, 65). 11 ne saurait donc être qualifié 
archidiacre de Besançon que par une erreur de copiste, erreur que 
le mot suivant (episcopo) rend manifeste et qui, d'ailleurs, ne se 
reproduit pas dans les autres passades du livre oi^ il est fait men- 
tion de ce personnage. 



DU DON DK CRAINTE. 37 

alico stipendio ibi remanei^, dixît ei legatus quod 
auctoritate Dei et pape et Ecclesie concedebat patri 
suo defîincto indulgenciam, et ipse pro eo per aliam 
quadragesimam sustineret laborem ibi. Quod fecit 
miles; quibus completis, paterei appaniit luce clarior, 
gracias ei agens pro sua liberacione^ 

Valet eciam eis crux pro eis assumpta. 

30. Yidetur quod crux pro eis assumpta, maxime 
transmarina, pro eis satisfaciat vei eis profîciat, vel ad 
omnimodam pêne absolucionem, vel doloris mitigacio- 

nem Narravit abbas de Morbes' coram archiepis- 

copo Treverensi, dicens se interfuisse in loco ubi quod 
dixit accidit, quod accidit in terra sua, quando crux 
transmarina predicabatur, quod, cum quidam transiret 
per silvam parvam, habuit obviam très equos niger- 
rimos invicem compugnantes , postea quartum cum 
sessore multum af&icto et ejulante ; qui, cum quereret a 
dicto homine si videret très equitantes sibi similes, et 
ille responderet quod non viderat nisi equos très ni- 
gros, mirabiliter ejulavit, se damans miserum et omni 
auxilio destitutum. Et cum homo quereret quare sic 
fleret, respondit ille quod très socios habuerat parum 
ante, quos très demones in similitudine equorum mira- 
biliter affligebant ; quos ipse viderat solos, quia in pre- 
dicacione crucis transmarine sui amici pro eis crucem 
transmarinam acceperant, et ideo a potestate demo- 

1. FoM61 V, 162. 

2. Probablement Tabbaye de Morback, au diocèse de Bàle, qui 
n'est pas très-éloignée de Trêves. 



38 ETIENNE DE BOURBON. 

num fuerant liberati, et eum solum relîcpierant ; et 
chunabat se infeliœm, qui, quia non habebat amicum, 
solus remanserat. Tune ille quesivit, si aliquis pro eo 
crucem aceiperet, si liberaretur. Ille respondit quod 
sic, sed amicum non. habebat in seculo qui hoc faceret. 
Ille autem, compaciens ei, inclinavit sein terra et acce- 
pit folium herbe in modum crucis\ vovensDeo quod 
pro eo peregrinacionem transraarinam faceret et cru- 
cem a sacerdote acciperet, si eum Doflfiinus liberaret. 
Ille autem statim disparens gracias egit ; equus autem, 
mirabiliter fremens et se discerpens dentibus, fugit. In 
loco autem ubi ille apparuerat, ceciderunt ossa humani 
corporis candidissima. Dictus autem homo, ad sacer- 
dotem festinans, crucem accepit et eum eum proces- 
sione parochie ad locum adduxit, ubi ossa dicti mortui 
invenerunt et ea sépulture tradiderunt*. 

De subvencione beaiorum. 

31 . Potest valere existentibus in purgatorio beato- 
rum subvencio quos ipsi in presenti honoraverunt, vel 
eorum festa colendo, vel loca eorum visitando, vel fami- 
liares oraciones et assiduas eis dirigendo quando hic 
vixerunt, quorum familiaritatem aliquibus obsequiis 
specialibus optinuerunt. Est enim verisimile et satis 
probabile quod, in illa neccessitate, illis qui eos dile- 
xerunt et servierunt eis non debeant déesse... 

Quidam probus homo, cujus nomen et locum et 



1 . Cette manière particulière de prendre la croix est également 
constatée plus loin, n» 98. 

2. F» 162. 



DU DON DE GRAINTK. 39 

geotem bene novi S dixit mihi quod hoc, quod exemplo 
referam, aocidit patri suo ; quod pertinet ad presentem 
articulum et preoedentem. Ait enim quod, cum ali- 
quando pater suus intrasset lectum suum iucolumis, 
in mane invenerunt eum prostratum in pavimento 
camere sue, rigidum et frigidum ut lapis ; quem ope- 
rientes et calidis balneis foventes fere per mensem m- 
tegrum, vix ad pristinum calorem rediit pro aliquo 
sibi facto. Cum autem diu postea supervixisset et egro- 
taret graviter, ad ultimum vocavit filium suum, qui hoc 
mihi dixit, et sacerdotem, quibus hoc retulit, rogans 
filium ut esset imitator paterne pietatis : ait enim quod 
nocte antecedenti, quando eum nudum in vénérant in 
caméra sua et quasi mortuum , vox venerat ad eum, 
dicens ei quod surgeret et vocans eum nomine suo. 
Eduxit eum quidam quem non noverat, et adduxit eum 
ad pratum infinité magnitudinis, ut ei videbatur, ubi 
eum solum dimisit et recessit. Tune ille audivit post se 
infinitam multitudinem nigerrimorum spirituum et 
horribilium, magnos et horribiles clamores emitten-^ 
cium, improperancium ei peccata sua et dicencium 
quod suus erat, nec eis poterat evadere. Tune autem 
iUe, territus supra modum et fugiens, vidit ante se 
unam domum iu qua erant duo hostia : intrans eam, 
clausit eam; demones autem, cum infînita multitudine 
venientes, hostium primum frangebant. 

Dictus autem paterfamilias habebat in consuetudine 
singulis diebus recipere in hospicio unum pauperem. 

i. L'auteur semble avoir renoncé après coup à la discrétion qu'il 
avait d'abord mise dans son récit, car il a ajouté en marge : c Hic 
Gluniacensis fuit qui boc mibi retulit, dictus Stepbanus de Maru- 
siaeo, qui non est defunctus. » 



40 ETIENNE DE BOURBON. 

Aociderat autem ante hoc ut, in vigilia Omnium Sancto- 
rum, unus pauper obviaverat ei petens hospicium, cui 
dixit quod veniret; alius petivit ab uxore ejus, que 
similiter idem dixit ei; tercius petebat in domo a 
familia domus, cui familia dixit similiter quod veniret 
in nocte. Gum autem in nocte omnes très venirent, 
audiens paterfamilias quod très vénérant, multum 
gavisus est de eo quod acciderat, et eos bene procura- 
vit. Gum autem in dicta domo esset in magna af&io- 
cione, nesciens quo se verteret aut qualiter effugeret, 
cum clamaret ob presenciam et violenciam demonum, 
unus juvenis affuit ei subito, dicens ei : c Ne timeas; 
id ostium bene custodiam, et ex parte ista bene te ser- 
vabo ab istis. Numquid nosti me? Ego sum unus de 
illis quem tu ita letanter recepisti in hospicio tuo, in 
vigilia Omnium Sanctorum. » Hic, assumpto repagulo 
hostii, opposuit demonibus seipsum, iugans eos. Gum 
autem illi dicerent : c Eamus ad aliud hostium et fran- 
gamus ; si hic non recesserit ab isto, intrabimus per 
illud, vel, si recesserit, per istud; » cum autem jam 
fregissent aliud ostium et vellent demones dictum 
honunem rapere, apparuit alius juvenis, dicens se esse 
secundum quem receperat, et expulit eos de illo hostio 
ut prior. Gumque domum ascenderant et eam discoo- 
périrent, volentes descendere et dictum hominem 
rapere, afiuit tercius. Qui très demones tam longe fîiga- 
verunt, quod neutri comparuerunt. 

Gum autem idem recederet et per dictum pratum 
diu ivisset, audit dictos demones post se cum infinita 
multitudine et horribiii clamore ; quos fugiens, venit ad 
litus cujusdam fetidissimi fluvii et latissimi, qui plenus 
erat igné et sulphure et bestiis horribilibus, drachoni- 



DU DON DE CRAINTE. 44 

bus et serpentibus flaininivomis. Gumque clamarent 
ei y vel quod intraret, vel ipsi eum in médium proicerent, 
respiciens vidit pontem artissimum et longissîmumS 
qui vix videbatur dimidii pedis latitudiois et pertingere 
videbatur versus celum. Gum autem, neccessitate com- 
pulsus, pontem asoenderet et levius magis ac magis 
ascenderet, et demones post eum, sed vix et cadendo, 
postquam venit ad summum, defecit ei pons. Gum au- 
tem fleret , non habens quid faceret , vidit ad aliam 
partem aque speciosissimam dominam, magnam usque 
ad celum, que dixit quod erat beata Maria et quod, 
quia a tali tempore, quod ei nominavit, eam singulis 
diebus quinquagesies flexis genibus salutaverat, vole- 
bat illum ab ilio articulo liberare et ad domum suam 
eum reducere ; et accipiens eum per manum, usque in 
suam cameram reduxit, monens ut vitam in melius 
emendaret. Hic autem nudus et solus relictus in caméra 
sua, pre timoré quasi mortuus cecidit. Hic, in mortis 
articulo, filio suo, qui hocmihi retulit, coram sacerdote 
suo, in periculo anime sue vera esse dixit, hoc monens 
eum ad hospitalitatem et ad béate Virginis salutacio- 
nem et adoracionem. Dictus autem filius bene sciebat 
quomôdo nudus inventus fuerat , sed causam ignora- 
bat^ 

32. Item audivi a fratre Jordane', quondam magis- 



i. Mb. kttissimum. 

2. F^ 162 y*, 163. Cet exemple montre que la coutume de réci- 
ter les cinquante Ave Maria du chapelet était déjà répandue au 
xin« siècle, quoique certains auteurs, suivis par Daunou {Hist, litt,, 
XIX, 346), aient contesté à 8. Dominique l'institution du rosaire 
pour la reporter deux siècles plus tard. 

3. Jourdain de Saxe, mort en 1237. 



4S ÉTIBCm DE BOURBOR. 

tro FratmmPredicatorum* quod quidam hmiiaassuetiis 
erat se âgnare quociens lectum intrabat et quocieD&- 
cumque de eo sui^bat, ut ille qui est rex Judeoram 
et vere oonfitencium daret ei ab hoc seculo migrare 
Gum vera peocatoruro suorum confessione ; et dicebat 
tituhun triumphalem, et dicendo ter cum police sijgnum 
crods super caput sumn imprimebat, simiiiter supar 
pectus et super &ciein, dicendo : c Jhesu Nazareœ, rex 
Judeorum, miser^^e met, Domine, in nomine Patris et 
Filii et Spiritus sancti, amen. > Gum autem subita morte 
preoccupatus esset et demones vellent eum rapere, vir 
lucidus eos ab eo fugavit, et, dum duceret eum per 
médias teœbras, subito disparuit ; et ubi signum cnici& 
imprimere consueverat, splendor ad modum stellarum 
egrediebatur, qui eum in mediis tenebris illuminabat. 
Gum autem demones de abisso ascenderent, eumrapere 
volentes, splendor ille ita eos terrebat, quod non aude- 
bant ei manus imponere. Tune ille vir lucidus subito a 
longe comparuit, et, accedens ad eum, dixit ei quod 
judex sununus, licet dampnandus esset secundum exi- 
gendam peccatorum suorum, tamen, propter &dem 
et devocionem quam habuerat circa ejus passionem et 
nomen ejus et triumphalis tituli invocacionem et ex- 
pressionem , parcebat ei , volens ut rediret ad vitam 
pristinam, ubi peccata confiteretur et vitam, si vellet, 
in melius emendaret. Quod factum est, et ille se cor- 
rexit'. 

[De restituciane debitorum.] 
33. [Valet eciam] facta pro mortuis restitucio rerum 

!. P-i63 V. 



DU DOU DB GRAUfTE. 43 

quas maie habuerunt. Tel ignorando retinuerunt, vel ad 
memoriam non reduxerant, vel quia hoc solvi preoepe- 
njDt ab amicis et illi negligenter egerunt, vel quia ipsi, 
se imponentes in soivendo, [non] reddiderant. Audivi 
quod quidam puer de magno génère mortuus est circa 
etatem novem annorum, qui a fieimilia patris ac matris 
acceperat mutuum ut ludos suos façeret ; qui in morte 
non recoluit, licet confessus esset, et sic nihil solvit. 
Qui post apparuit alicui suorum, dicens se graviter 
affligi eo quod non solverat quod debebat : iila autem 
persona cui apparuit, inquirens, onuiia solvit. Et post 
dictus puer illi apparuit persone cui prius apparuerat, 
intimans se ab onmi pena liberatum, et esse in magna 
felicitate apparebat. Iste autem puer fuit filius ducis 
Burgonie, Hugo dictus^; persona cui apparuit fiiit 
mater ducis, qua révélante hoc novi'. 

3&. Item cuidam militi valde devoto et bone vite, 
qui super hoc eciam me consuluit, cum esset solus in 
ecclesia in oracione, quidam cognatus ejus deftmctus, 
qui fuerat miles valde strenuus, apparuit ei pluries; et 
cum quereret ab eo quomodo ei esset, dicebat se gra- 
vissime afflictum propter aliqua que retinuerat de 
alieno, que non recoluerat emendare, et dixit que erant 



i. Cet enfant, fils d'Eudes m, duc de Bourgogne, et d'Alix de 
Yergy, sa femme, que l'auteur cite plus d'une fois, n'est pas 
nommé dans Y Art de vérifier les dates. Du Tillet parle d'un fils en 
bas-âge ; mais il lui attribue le nom de Jean. (Y. Ëchard, I, 189.) 
Les renseignements donnés ici par Etienne de Bourbon paraissent 
beaucoup plus authentiques. 

2. C'est la mère de Hugues IV, duc de Bourgogne, c'est-à-dire 
Alix de Vergy, qui fut en relations avec notre autour, et non la 
mère d'Eudes m, comme ces mots pourraient le donner à entendre. 
Cf. le n* 344. 



44 ETIENNE DE BOURBON. 

illa que habuerat et a quibus habuerat, pro quibus p&r 
septennium jam multam penam passus fuerat, et rogar 
bat eum quod ea faceret solvi et dimitti sibi faoeret 
injuriam, quia credebat se liberari si esset de hoc sati»- 
factum. Miles oui alius apparuit dictus fuit dominus 
Guillelmus de Contres S socius comitis Nivemensis et 
Forensis, qui miles magne abstinencie et devocionis 
mihi fuit familiarissimus, qui eciam in terra Âlbigen- 
sium et transmarina multa sustinuit propter Deum. 

35. Item audivi a fratre Humberto*, magistro Pre- 
dicatorum, quod duo scolares de eadem nacione, sodi 
et juvenes, religionem intraverunt, et in eadem religione 
bene et dévote apud Deum et homines se habuerunt. 
Gum autem alter eorum laboraret in extremis et alter 
pro eo fleret, dicens se desolatum remanere in aliéna 
terra, respondit eger quod, si hoc Deo placeret et 
posset, quod consolaretur eum eciam post mortem, 
certificans eum de statu suo. Gum autem, eo mortuo, 
alius esset in oracione, apparuit socius suusvaldetristis 
et afflictus; et eum iste quereret causam, respondit 
quod nulla alia causa pateretur penam purgatorii, nisi 
pro hoc quod, eum darentur novi socci, retinebat et 
occultabat veteres contra régule statutum, et adhuc 
erant absconditi ad pedes lecti sui ; et rogavit eum ut 
eos ibi acciperet et abbati redderet, et rogaret abbatem 



1. Guillaume de Contres est mentionné par Pierre de Vaux-de- 
Gernay et par Tauteur de VHistoire de la guerre des Albigeois (D. 
Bouquet, XOL, 91, 128, etc.). U avait la faveur de Simon de 
Montfort, qui lui confia la place de Gastel-Sarrazin. Etienne de 
Bourbon le connut, sans doute, dans le cours de ses missions 
chez les hérétiques. 

2. Ms. Huberto, C'est Humbert de Romans, déjà cité. 



DU DON DE CRAINTE. 4à 

ut eum de hoc in capitulo absolveret et orari pro se 
faoeret ; quod ille fecit. Post apparuit ei letissimus et 
splendidus, rogans ut cum eo foras egrederetur : quo 
facto, vidit ante se transeuntem maximam multitudi- 
nem candidatorum hominum et fulgencium et baben- 
cium rétro super humeros cruces pulcherrimas, in 
celum ascendencium ; et statim sequtus alius ordo longe 
pulcrior apparuit, et habebant cruces pulcriores et 
majores, et recepti sunt in celum ; post sequtus est 
tercius ordo longe pulcrior, et quilibet eorum habebat 
unum angelum sibi preambulun^ qui crucem genmiis 
fulgentem et speciosissimam ante eum ferebat, et 
transibant ascendentes in celum. Gumque ille quereret 
a socio suo quid sibi vellet hoc, respondit : c Priores 
erant qui intraverunt ordinem in senectute; secundi, 
qui in virili etate; tercii, qui in adolescencia sua, et 
cum istis deputaberis si perseveraveris in incepto, et 
beatus eris, et ego cum eis per Dei gradam ascendo. » 
Et, hoc dicto, alios sequtus est, angelo précédente 
et crucem ejus bajulante^ 

Quod ad tnulta valet cogitacio pêne purgatorie. 

36. Valet autem hujus revelacio pêne, sicut patet 
per multa exempta supra posita, ad multa : non solum 
autem visio, immo eciam hujus assidua meditacio, 
quia a culpa revocat , in temptacione a ruina peccati 
hominem conservât, munit ad pacienciam, provocat 
ad compassionem et misericordiam, inducit ad peni- 
tenciam, videlicet eciam ad perse veranciam. Audivi a 

l. F- 163 v«, 164. 



46 ÊTKNNE DE BOURBCM. 

fratre Guillelmo de Perauts qui oomposuit suixmmi de 
Viciis et virtutibus, quod, cum quidam flagidosus 
homo oonfiteretur episoopo suo , nec valebat eum in- 
duœre ad condignam peniteociam , misit eum ad 
quemdam sanctum abbatem ; qui similiter, post multas 
ammonicioues y non valens eum ad condignam peni- 
tenciam movere, nisi quod ad ultimum dioeret ei quod 
faceret penitenciam de qua in brevi spacio diei vel 
septimane posset se expedire, tradidit eum converso 
suo, dicens : c Duc istum ad vallem solitariam, et illi 
quem îbi invenies jdic ut oogitet de isto homine, quod 
faciat ei facere brevem penitenciam, quam compleat 
in spacio diei ac noctis, ita quod ipse servet eum 
viventem et intègre, et cras mihi remittat. > Quod fecit 
conversus, et invenit in valle unum demonem sub 
humana specie, cui tradidit dictum hominem hospi- 
tandum et ut de eo faceret ut mandabat abbas. In 
crastinum, cum de mandato abbatis rediret conversus 
ad dictam vallem, adduxit démon dictum hominem 
a£D[ictum quasi ad mortem ; et cum reduxisset eum ad 
abbatem et retulisset ei quanta mala et que tormenta 
passus fuisset, ait abbas quod liber recederet ab onmi 
penitencia. Ule autem dixit quod nunquam recederet, 
sed quantumcumque asperiorem penitenciam faceret 
et in ea tota vita sua perseveraret, dummodo de oe- 
tero in demonum manus non caderet ; quod et fecit. 

37. Item audivi a quodam magistro, qui ostendit 
hoc luculenter metrice composituni, quod quidam miles 
fuit raptor et flagiciosus, qui ad instanciam uxoris sue. 



1. Gaillanme Perraud ou de Lyon, dont Touvrage est déjà men- 
tionné plus haut, n» 15. 



mj DOIf DK GRAHfTB. 47 

que valde devota erat, venit ad oonfitendum epiacopo 
suo; qui cum reus esset multorum homicidiorum et 
alicNTum scelerum, nec vellet ire Romam vel aliam peni- 
tenciam facere condignam, ait ei episcopus, oonfisus de 
Domino, quod in facto suo aliquod oonsilium deberet 
apponere : € Tu, inquit, qui tôt noctes in servicio 
dyaboli vigUasti, velles tu saltem hocmodicum facere, 
quod per noctem integram in Dei servicio in ecdesia 
vigilares, nulli alii ]oquens vel intendens niai Deo et 
sanctis ejus, rogando eos pro tua sainte? Et hoc solum 
tibi injungimus pro remissicme omnium peccatorum. » 
Tune ille, cogitans de bono foro quod sibi fiebat et de 
lenitate et brevitate dicte penitencie, hanc gratanter 
accepit; quem episcopus in ecclesiaintroduxit, fîrmatis 
hostiis, et precepit ne onmino usque in mane alicui 
loqueretur, nisi, ut dictum est, usquequo ipse ad eum 
rediret facto mane. Cum autem usque circa mediam 
noctem miles coram crucifixo in pace orando vigilasset, 
ecce quedam claritas incepit per ecclesiam fulgere 
quasi si diesceret, dyabolo procurante, et visa est a 
porta aperta et homines et mulieres quasi ingredientes 
ad orandum ; incepit audire quasi strepitus quadriga- 
rum multarum, et visum fuît quod intrarent ecclesiam 
mercatores, qui dixerunt quod missi erant ab uxore 
sua, quia mercatores erant, ducentes multas quadrigas, 
et volebant eum habere pro guidagio et conductore per 
terram vicinam, et dare sibi de pecunia sua ad bene- 
placitum suum. Cum autem videretur ei quod dies 
non ita'cîto deberet esse et quod nec episcopus ad eum 
venerat, cogitavit apud se quod nullo modo peniten- 
ciam suam frangeret. 



48 lÊTTEltNE DE BOURBOP). 

Gum autem iUi sollicitassent eum qualiter esset res^ 
ponderet, et ipse immobiliteroraret, indignantes reces- 
serunt; et quasi ad domum ejuseuntes, adducunt ei 
unum dyabolum in speciem uxoris transfîguratum, et 
alium in speciem pueri sui parvuli, quem maxime dili- 
gebat, quem portabat inter brachia mater ; et dixit ei 
uxor : c Domine , quid respondebitis istis mercato- 
ribus? Modo juste potestis lucrari, qui solebatis aliéna 
rapere. > Similiter puer pomum ei porrigebat, et ei 
applaudebat, et ei loquebaturbalbuciendo. Gum autem 
nec per hoc stupens se moveret aut loqueretur eis, 
incepit uxor flere et se miseram dicere, pro viro suo, 
qui loquelam amiserat et sensum ; et cum nec sic ille 
loqueretur, mutant se demones in similitudinem épis- 
copi et clericorum, et venit ad militem ille factus épis- 
copuscum dero suo, dicens : < Benedicite, fili; benedi- 
cat tibi Dominus; quomodo fuit tibi? » et hujusmodi. 
Obstupuit miles, et hesitans diu si responderet, quia non 
videbatur ei nox transisse, rogabat intra se Dominum 
ne deciperetur, et deliberavit se primo signare quam 
loqui; quod cum faceret, confîisi demones invertbnt 
se in horribiles species, militem verberantes usque ad 
mortem et eum acerrime torquentes. Gum autem ad 
crucifixum oculos elevaret et Jhesum crucifixum et 
matrem ejus in suum adjutorium advocaret, confiisi 
cum maximo sonitu fugerùnt. Mane autem facto, 
aperiens episcopus portas, venit et invenit eum quasi 
mortuum, qui, reversus ad vires, retulit qualiter sibi 
fiierat ; et cum episcopus diceret ei quod ei aliam peni- 
tenciam non injungeret, ille in artissima penitencia 
permansit, dicens quod magis vellet mori quam démo- 



DU DON DE GRAUVTE. 49 

nibus tam crudelibus servire de cetero vel in manus 
eorum cadere*. 



SEXTUS TITULUS. 

DE TIMORE FUTUM JUDICIl. 

38 . Titulus sextus prime partis est de timoré fijturi 
judicii ; et nota quod dicitur eciam judicium futunim 
scilicet générale, de quo hic agemus, in quo Dominus 
omnes homines judicabit... Secundmn judicium est 
spéciale et particulare , quod est in morte cujuslibet , 
de quo post agemus... Notandum autem quod 
propter ista multum est futurum et générale judicium 
metuendum : primo, propter diei et hore incertitu- 
dinem; secundo, propter signorum perambulacionem 
ante judicium ^ 

De gêner ali citacione et peremptoria. 

39. Tercium quod timendum est, est generalis et 
peremptoria omnium citacio... Audivi a quodam 

1. F«« 164, 164 V*. Le sujet de cette anecdote est celui de la 
Légende du chevalier dans la chapelle, publiée par Kœhler (/a/ir- 
buch fur romanische literatur, VI, 326). Parmi les nombreuses 
versions citées par cet auteur, il n'en est pas d aussi anciennes 
que celle d'Etienne de Bourbon. Celle qu'a reproduite Jubinal 
{Nouveau recueil de contes, dits, fabliaux, etc. Paris, 1839, in-8°, 
I, 352) est du xiv« siècle. 

2. F» 164 vo. 

4 



50 ETIENNE DE BOURBON. 

probe vire, dicto domino Terrico, Lugdunensi cano- 
nico, quod habuerit socium quemdam Parisius, in theo- 
logia, qui, quociens audiebat verbum in leccione vel 
sermone de ista materia , quasi positus in extasi, sin- 
copizabat et totus quasi deficiebat, quia videbatur ei 
quod statim deberet ad judicium vocari. 

40. Dicitur quod, cum magister Radulfiisde Bulli, 
qui suo tempore sununus erat in artibus, in quibus 
studendo Parisius diucius vitam suam consumpserat, 
laboraret in extremis, dixit sibi circumstantibus : 
c Vocor ad districtum judicium, a quo nuUi licitum est 
appellare. » Et sic expiravit. Hoc audivi Parisius a 
scolaribus, tempore mortis sue^ 

Dejudicis qtialitate. 

41. Timenda est judicis qualitas sive condicio. 
Timendus est autem judex iste et ejus potencia insu- 
perabilis... Secundo, timendus est judex iste, quia ejus 

sciencia infallibilis, quia nec fallitur nec falli potest 

Hebr., mi g : c Non est uUa creatura invisibilis in cons- 
pectu Dei; omnia autem nuda sunt et aperta coram 
oculis Dei. » Quidam scolaris, cum amasset quamdam 
ante quam ivisset ad scolas, rediens de eis, cum illa 
sollicitaret eum : < Yeni mecum, » ait ; et duxit illam 
in medio foro, et dixit ei : « Hic para te, ut agam quod 
vis. > Illa dixit : c Non hic, ubi vidèrent nos homines, 
sed in domo. » Respondit : c Si tu non vis hic propter 

i. F* 166. Le nom de cette célébrité du temps n'était pas môme 
venu jusqu'à nous. 



DU DON DE CRAINTE. 51 

homines, nec ego in domo propter Deum et celestem 
curiam, que me vi(leret. 

42. Item dicitw* quod, cum quidam barbitonsor sin- 
gulis annis festum faceret beati N[icolai] , refîeiens cle- 
ricos, aliquando, cum defîcerent ei carnes ad hoc 
necessarie, iuratus est porcum cujusdam vicini sui, 
cogitans, cum dives esset, quod non esset peccatum. 
Quem cum deinde noUet Deus sic decipi, venit ad eum 
in specie cujusdam hominis, quasi pro radenda barba 
sua. Qui cum vellet ei collum primo madidare, invenit 
collum plénum oculis ; et, cum resiliret pre stupore et 
quereret quid hoc esset, ait i]]i Dominus : « Ego sum 
ille qui video ante et rétro et undique, qui bene vidi 
quando in tali hora et tali loco furatus es porcum talis 
hominis; sed restitue, ne dampneris^ » 

De a4>cusatoribuê et testibus. 

43. [Âliud] inducens et aggravans timorem judicii 
est accusatorum et testimoniorum diversitas. . . . Primo, 
testimonium perhibent scripture; secundo, accusans 
erit interior consciencia ; tercio, accusabunt opéra sua 
[peccatorem] ; quarto, accusabit eum vicinia, quam 

corrupit exemplo suo et lesit facto suo Ibi de 

pâtre impio querentur filii, quoniam propter illum 
dati sunt in opprobrium. 

Âudivi a magistro Nicholao de Flaviniaco, archi- 
episcopo Bisuntinensi', et a pluribus aliis, quod, cum 
quidam pater, sectans tabernas, filium parvulum duce- 

1. Fo* 168, 168 v*. 

2. \. ci-dessus, n® 28. 



52 ETIENNE DE BOURBON. 

ret ibî secum , factus grandis, ita assuetus ludis est et 
tabemis, quod non poterat retrahi, et fiirabatur primo 
patri, post vicinis que ibi expenderet; nec pater suus 
primo corrigebat eum. Et cum factus esset magnus fîir 
et judicatus duceretur ad suspendium, rogavitpro Deo 
ut adduceretur ei pater suus; qui cum venisset et 
fleret, rogavit eum filius ut oscularetur eum et remit- 
teret ei injurias. Quod cum faceret pater, ita momor- 
dit eum filius, ut amputaret ei nasum cum labio; et 
cum de hoc argueretur, ait quod melius debuisset eum 
occidisse, si potuisset, quia non ipsi bajuli, sed ipse 
pater eum ad suspendium ducebat, qui eum non corri- 
puerat, sed pocius exemplo suo corruperat. £t dicitur 
quod, dimissus ob hoc, vitam suam correxit^ 

44. Accusabunt eos demones... Habet enim tune 
dicere ipse dyabolus : < Equissime judex, judica istum 
esse meum ob culpam, qui tuus noiuit esse per gra- 
ciam ; tuus per naturam, meus est per maliciam ; tuus 
est per compassîonem, meus est per observacionem ; 
mihi obediens, tibi inobediens. > 

Âudivi a quodam fratre religioso, cujus nomen et 
episcopi et loci tacendum esse arbitrer propter scan- 
dalum, audivi de quodam episcopo, quem aliquando 
ego vidi, quod, cum egrotaret, apparuit ei dyabolus, 
dicens quod citabat eum summus papa per eum et 
assignabat ei diem, quam ei nominavit, in qua, ut 
dicebat, oportebat eum racionem reddere de admi- 

1. ¥^ 170 vo, 171. Un apologue analogue h celui-ci se lit dans 
Ésope (éd. Goray, 48, 264)^ dans le Spéculum morale attribué à 
Vincent de Beauvais (liv. III, part, m, dist. 7), et dans plusieurs 
recueils du moyen-âge cités par Oesterley (Pauli Schimpf und 
Ernst, Stuttgart, 1866, in-8», n« 19). 



DU DON DE CRAINTE. 53 

nistracione sua. Gui, die assignats, visum est ei quod 
ipse traheretur in causa coram papa, et quod dyabolus 
qui ei apparuerat contra eum de eo petebat jus a papa 
de administracionibus suis, qualiter administraverat 
in officio prioratus quod ante habuerat, vel qualiter in 
officio abbatis, modo in officio episcopi : fuerat enim 
niger prior, abbas albus, et tune erat episcopus. Gum 
autem requireretur de officio prioratus et nesciret de 
eo racionem reddere, queritur racîo de abbatis officio : 
in qua responsione magis deficiebat, et maxime post 
in responsione episcopatus. Gum autem in ea onuino 
deficeret et peteret aliam diem sibi assignari, allegans 
quod non fuerat in responsione dicta premeditatus, 
assignatur ei alia dies peremptoria, iili valde proxima, 
in qua debebat judex procedere ad sentenciam diffini- 
tivam. Gum autem anxius pro hoc vigilaret fortiter, ad 
clamorem ejus convenit familia ejus. Gum autem bec 
dicta indicasset pluribus, diesequenti, apparuit ei dya- 
bolus qui prius ei apparuerat, urgens eum ad rcdden- 
dam racionem veniendum coram summo judice. Qui, 
eum se nondum paratum clamaret et ejus aspectum 
horreret, et dyabolus eum magis perurgeret, invitis 
onmibus astantibus, surrexit de lecto in quo jacebat, 
volens fugere et demonem effugere. Gum autem fuge- 
ret, eum impetu impegit in columpnam, petens indu- 
cias, et, eliso in ea capite, cecidit et expiravit. 

45. Âudivi quod, eum quidam frater noster predi- 
casset in quadam civitate TucieS et eum qui affuerant 
recitarent verba ejus et commendarent predicacionem 

1. Pour Tuscie, Toscane. 



54 ETIENNE DE BOURBON. 

ejus, audiens hoc quidam demoniacus qui ligatus tene- 
batur ibi, ait, immopocius [démon] per eum loquebatur: 
c homines, iste frater nil dixit populo ad comparacio- 
nem hujus quod ego predicarem, si populo mihi loqui 
permitterctur. Si autem populum convocaveritîs , 
promitto vobis quod veritatem predicabo et in nullo 
menciar, et quod in pace me habebo, nullum omnino 
ledens. > Gum autem suasu aliquorum populus advo- 
catus venisset, incepit retexere historias multas et de 
casu suo et hominis, et quomodo multos miserai Deus 
in mundumpredicatores, prophetas, filiumsuum, apos- 
tolos, martires, confessores, Predicatores et Minores ; 
et ne aliquid omittat Deus de contingentibus : c Nove- 
ritis, ait, me esse dyabolum, qui vobis compellor veri- 
tatem predicare, ut Deus magis habeat in die judicii 
quid vobis improperet, et ego unde vos magis accu- 
sem, et obiciatur vobis per ipsos dyabolos veritatem 
vobis predicatam fuisse; et, ut vere dyabolum me 
sciatis, ecce egredior. » Et exivit cum magno sonitu 
ab obsesso, partem domus secum ferens^ 

46. Âccusabunt eos sancti et beati angeli, a quorum 
consorcio peccando recesserunt, vel quos in presenti 
contumeliis affecerunt vel injuriis, vel quorum festa 
fregerunt, vel quorum intuitum non erubuerunt, 
coram quibus peccaverunt, vel quorum loca propha- 
naverunt, vel coram quibus justos opprimere non 
timuerunt. . . 

Âudivi a fratre Gaufrido de Blevex * , rectore theo- 



1. F- 171 v«, 172. 

2. Geoffroi de Blevex, de Blével on de Blaviaus, qui dirigea les 



DU DON DE CRAINTE. 55 

logie, quod accidit in Theothonia quod quidam archi- 
dyaconuSy ambiens episcopatum, insidiabatur episcopo 
suo, bono viro etseni, quomodo eum occideret ; et cum 
consuevisset dictus episcopus venire ad malutinas et 
prevenire alios, ad salutandam beatam Yirginem, et in- 
trare per quamdam portam veterem, coUocavit de 
nocte archidyaconus lapidem super portam dictam : et 
veniens episcopus, utconsueverat, et aperiens portam, 
lapide cadente, excerebratur et moritur. Archidyaconus 
cum multo labore optinet episcopatum ; cumque con^ 
firmatus gaudens obtineret et faceret convivium recep- 
cionis sue, quidam princeps serviens in mensa coram 
60, flexis genibus, subito rapitur ante tribunal summi 
judicis et videt ibi beatam Yirginem Mariam, cum in- 
numeramultitudine sanctorum etangelorum, adducen- 
tem dictum episcopum portantem cerebrum suum in 
manibus suis; et dixit beata Yirgo : c Fili, adhuc 
recenti sanguine et vulneribus et cerebro hujus mei 
militis, cujus bec sunt vulnera, hic sanguis, hoc cere- 
brum, crudelis et proditor homicida gaudet se opti- 
nere pontificalem ejus dignitatem. » Respondit Domi- 
nus : c Quem mittam, et quis ibit vobis? » Tune beata 
Yirgo ait : c Ecce hic servi tor suus. > Gui Dominus pre- 
cepit sub pena mortis ut citet dominum suum peremp- 
torie, ut cito veniat coram eo de tam nephando crimine 
responsurus, et ei causam coram omnibus exprimat. 
Qui statim rediens, turbatus infremuit tremuitque, et 
cutellum quem tenebat ad serviendum projecit, ama- 



écoles de Saint-Jacques à Paris. Etienne le cite souvent et parait 
avoir été lié avec lui. V. la notice sur ce religieux insérée dans 
les Script, ord, Prgd. (I, 127), et le n« 468, ci-aprés. 



56 ETIENNE DE BOURBON. 

rissime flens. Rogatus ab omnibus et eciam ab ipso 
episcopo, causam pandit ; qua audita, episcopus, su- 
bita morte percussus, ibi coram omnibus morhius est ^ 

47. Item quod sancti accusant. Âudivi ab episcopo 
quodam quod quidam homo, in civitate Turonis, con- 
sueverat venire ad matutinas majoris ecclesie ; et cum 
visum fuisset ei quod fuisset pulsatum, venit ante 
horam. Inveniens portas apertas, intrat, et orat rétro 
columpnam. Yidet lumen maximum intrare per eccle- 
siam, et angelos apportantes tronum lucidum, et judi- 
cem sununum sedentem in illo trono, et angelos assis- 
tentes ei. Tune venit beatus Martinus cum multitudine 
sociorum accusancium quemdam archiepiscopum illius 
ecclesie de multis flagiciis, et quod tam indignus aude- 
ret occupare cathedram beati Martini . Gitatur a demone ; 
indutuspontificalibus, sedens in cathedra, accusaturde 
omnibus maliciis suis ; nescit quid respondeat : tune 
Dominus, quasi indignatus, pede suo, ad accusacionem 
Sancti Martini et aliorum, illum percussit et eum cum 
sede evertit ; et post visio recessit. Ille autem qui hoc 
videratad domum episcopi cucurrit, familiam excitât, 
rogans ut vidèrent quid circa dominum suum ageretur : 
qui inquirentes eum subito mortuum invenerunt'. 

Quod memoria divini judidi valet ad multa. 

48. Notandum autem quod timor judicii et memoria 

i. F^ 172. Ce récit se trouve, sous une forme dramatique, dans 
le recueil des Miracles de Notre-Dame, publié par la Société des 
anciens textes (Paris, 1876, in-S^, I, 101), avec le titre suivant : 
De l'évesque que Varœdiacre meurtrit, 

2. F« 172 v*. 



DU DON DE GRAmTE. 57 

homini valet ad multa : primo, quia à peccato eum 
revocat, et ad fletum et ad pemtenciam provocat... 
Item, ut audivi, in quadam maxima abbacia Gister- 
ciensis ordinis, quidam fuitconversus multum contem- 
platus; qui cum esset in oracione, visum fuit ei astare 
ante oculos suos divinum judicium, et angelos assis- 
tentes multum accusare peccata et facta enormia duo- 
rum magnorumhominum, quorum alter magnus comes 
fuit, alter magnus prelatus. Cum autemDominus quasi 
graviter ferre niteretur mala eorum et gravissimas 
dampnaciones eis adjudicaret, afiuerunt aliqui in illa 
curia rogantes Dominum pro eis; ad quorum preœs 
Dominus distulit sentenciam mortis et dampnacionis 
quam eis paraverat, precipiens converso quod eos 
moneri faceret par abbatem suum. Gon versus autem 
abbati retulit visa et audita, facta et nomina illorum, 
quos ipse prius non noverat. Gum autem per magnos 
viros moniti essent procurante abbate, et visio eis 
esset relata, laicus vitam emendavit, timuit et peni- 
tenciam egit : cilicium ego ei tradidi, quo ipse, cum 
fuisset delicatissimus, ad carnem utebatur ; et magnas 
eleemosynas et penitencias faciebat, etin bona confes^ 
sioneet in magna devocione, cum omni sacramentorum 
suscepcione, ad Dominum migravit post plures annos 
penitencie peracte. Glericus autem admonitus, vel 
parvi pendit, vel, aliquibus ei tribulacionibus insurgen- 
tibus, a proposito, si bonum ex hoc conceperat, pedem 
retraxit, ad vindictam injuriarum anhelans. Gum autem 
omnia successissent ei prospère et ad votum comple- 
visset desiderium animi sui, subito, cum non speraret, 
sublatus est de medio in nocte ; festinus et letusetsanus 
intrans lectum, in mane mortuus a suis in lecto suo 



58 ETIENNE DE BOURBON. 

inventus est. Hanc vîsionem et admonicioDem factam 
esse audi vi ab uxore dicti priDcipis, qui cornes erat» et 
uxor religiosa, devota et sancta, que hoc mihi retulit 
et loca et personas, nomina quorum reticeo propter 
scandalum aliquorum^ 



TITULU8 SEPTIMUS. 



DE TIMORE MORTIS. 



49. Septimus titulus de timoré est de judicio parti- 
culari, sciUcet de morte. De hoc duo videamus : 
quare et a quibus maxime sit hoc judicium timendum ; 
secundo, quare sit sepe memoriter recolendum'. 

Quare mors sit titnenda. 

50. Primo autem timenda est propter eorum im- 
mensitatem qui eam timuerunt; secundo, timenda 
est mors propter moriendi neccessitatem et inevi* 
tabilitatem; tercio, propter mortis communitatem. . . 
Dicitur quod, cum dominus de Vagnori^ haberet 
filium novum miiitem euntem ad tyrocinium et trans- 

1. F» 175 v«. Etienne a parfois de ces réticences dans le but 
d'épargner la réputation de certains personnages. Cf. les n^ 31, 
455, etc. 

2. F* 176. 

3. Sans doute Yignory (Haute-Marne). 



DU DON DE CRAINTE. 59 

euntem per Giaram-Yallem, videos ibi Dei milites béate 
Vii^ni militantes, oogitaos quis finis est utriusque 
milicie, edam quod in utraque posset mori, quia mors 
conomunis erat hiis et îllis, juoioribus et senioribus, 
intravit in ordinem. Gum autem pater suus veniret, 
minans quod abbaciam destrueret nisi rediret, ait quod 
rediret cum bac condicione : si unam consuetudinem, 
que erat in terra sua, removeret ; quod si non faoeret, 
eum in pace dimitteret. Hoc pater annuit : filius con- 
suetudinem patrie declaravit, que erat quod eque mo- 
rerentur ibi juvenes ut senes^ 

51 . Quarto, [timendum est] propter mortis veloci- 
tatem, quia et velociter ad eam currimus, et ipsa 
nos insequitur eque velociter. Item accidit in diocesi 
Matisconensi' quod, cum quidam, adductus a capel- 
lano suo et a viciais, accusaretur, publiée excom- 
municatus, admonitus a Fratre Predicatore ut quam- 
dam dimitteret quam consanguineam vel afiinem in 
concubinatu tenebat, nec minis aut blandimentis 
vellet eam dimittere, cum crederet diu in suo peccato 
contra Deum voluptari, cum recederet a dicto fratre 
contumax, per viam cum pâtre suo vadens et col- 
loquens, repentina morte subito percussus, corruit 
in ipsa via; quod mihi predicanti in terra illa, que 
[dicitur] Gapella de Duno^ pater et capellanus, coram 
quibus et cum quibus admonitus fuit et contumax 
periit, retulerunt*. 

52. Item dicitur de quadam vetula sortilega [quod], 

1. F^ 176, 176 \: Cf. Jacques de Vitry, ms. cité, f* 90. 

2. Ms. Mastiœnsi. 

3. Dun (Saône-et-Loire). 

4. ¥• 176 V*. 



60 ÉTmmE DE BOURBON. 

cum audisset quinquies, in prima die maii, avem que 
dicitur cucUj dicentem cucUy credidit pro certo quod ad 
minus tôt annis viveret. Unde, cum graviter infirmaretur 
ad mortem, et filia sua ad penitenciam et oonfessionem 
eam moneret, dioebatquod non oportebat, cum viveret 
adhuc per quinque annos ; et cum jam non posset plene 
loqui et moneretur adhuc, dicebat cucu quinquies; 
et cum nihil posset loqui, elevans quinque digitos, 
idem innuens expiravit. Hoc retulit magister Jordanus 
in sermone^ 

53. Quintum est moriendi continuitas et assi- 
duitas... Sextum quare mors timenda est, est ejus 
propinquitas. . . Item accidit apud Divionem quod, cum 
quidam fenerator ante portam ecclesie béate Virginis 
quamdam sibi desponsaret, cum qua credebat diu 
vivere matrimonialiter , alius usurarius lapideus, qui 
erat sculptus cum bursa supra portam, bursam suam 
lapideam projecit super caput vivi, qui statim expira- 
vit et vitam cum uxore amisit. Ideo omnes alii usurarii 
sculptas ymagines, que erant supra ante portam, des- 
tituere fecerunt in anteriori parte ecclesie, supra, in 
muro exteriori; quod ego vidi cito post factum, et 
magister Girardus, episcopus Tomacensis, hoc ibi pre- 
dicavit*. 



1. F» 177. Cf. le n» 356. Cette superstition de bonne femme, rap- 
portée non-seulement par Jourdain de Saxe , mais par Jacques de 
Vitry, parait être un vestige du culte de la déesse Maia et des 
anciennes croyances relatives au {•' mai. On en retrouve la trace 
dans un exemple du même genre publié par Th. Wright {Latin 
stories, n» 41). 

2. F» 177 v«. L'église de Notre-Dame de Dijon, monument his- 
torique récemment restauré, est précisément remarquable par son 
portail. Elle devait être encore toute neuve à Tépoque de cette 



DU DON DE CRAINTE. 61 

54. Septimum est moriendi facilitas : est enim honio 
ut luoema ad ventum, que cito et subito extinguitur. . . 
Âpud Gabilonem, me existente in villa, aocidit quod 
quidam, post nimiam crapulam, dum vellet in aqua 
lavare manus suas, oecidit et submersus est. Alius, 
dum ad solem crapulatus sederet, vinum similiter 
evomuit et vitam. Alius, bonus natator, dum post 
ebrietatem in aquam caderet et crederet esse super 
aquam, nans sub aqua, impegit caput in os nasse cum 
tanta violencia, quod captus fuit ibi per coUum, nec 
potuit se retrahere, infigentibus viminibus\ 

55. Item aocidit apud Poilliacum', in dyocesi MatiS' 
conensi^ (quod plus estimo miraculum et divinum 
judicium quam naturam), quod, cum quidam juvenis 
bubulcus promisisset cuidam, fide data, quod duoeret 
eam in uxorem, et, postquam deflorasset eam, noUet 
ei servare pactum, et exconmiunicatus fuisset per offi- 
cialem loci, et egomet ipse publiée ammonuissem eum 
multum ad observacionem pacti et soUempnizacionem 
matrimonii, et ipse contumax sentenciam contemp- 
neret et rideret ad increpaciones et comminaciones ; 
aocidit quod, cum in nocte carniprivii sederet ad 
ignem, et frater suus lectum intrasset, et ille diceret 
quid in crastinum comederet, frater, qui lectum intra^ 
verat, unam truffam dixit, de qua ille ridens et sotu- 

mutilation, qu'Etienne de Bourbon, en répétant plus loin l'anec- 
dote avec plus de détails, place vers 1240. (Y. len^ 420.) Le prélat 
dont il s'agit est Guiard de Laon, évéque de Cambrai, qu'Etienne 
appelle ordinairement, par erreur, évoque de Tournai, et qui 
mourut en 1247. 

1. F>177v*. 

2. Probablement Pouilly(Sa6ne-et-Loire). 

3. Ms. Masticonensi. 



62 ETIENNE DE BOURBON. 

lares ungens cam risu dyabolo animam reddidit et sta- 
tim expiravit. Hoc mihi post factum ipsa quam jura- 
verat et alii vicini sic accidisse retulenint. 

56. Itemacciditnuper, in dyocesiRemensi, quodtres 
pueri jacebant in uno lecto. Gum autem maxima fiè- 
rent tonitrua et comiscaciones, ille qui jacebat in 
medio surrexit sedendo inter alios duos ad oracionen ; 
quem cum alii irriderent, vocantes eum beguinum, et 
arguèrent, subito fîilgur descendens, utrumque hinc 
inde occidens, médium orantem nec tetigit nec lesit. 
Hoc mihi dixit frater Stephanus de Firmitate, qui audi- 
vit hoc a fratribus Remensibus, qui hoc accidisse apud 
eos asserebant^ 

57. Octavo, timenda est mortis incertitude... N<Hio, 
timenda est gravissime infirmitatis occupacio, que 
préoccupât omnes artus et sensus, auferens pedibus 
potestatem gradiendi, manibus operandi, lingue 
loquendi, ori comedendi^^auribus audiendi, oculis 
videndi, et sic de aliis... Ita inexorabilis est mors 
quod pro toto modo non daret unam diem aut horam 
de induciis, vel [per] aliquam horam propter aliquem 
revocaret, precibus aliquibus aut precio, gravedinem 
infirmitatis. Unde dicitur quod cum quidam, ut dice- 
bat magister Jacobus*, longo tempore servivisset 
cuidam magno principi et graviter egrotaret, cum 
astaret ei dominus suus, dicens quod multum ejus 
doleret et quod, si quo indigeret, hoc ab eo peteret, 
dixit eger quod petebat, pro omni servicio quod ei 
fecerat, ut Uberaret eum ab infirmitate, vel saltim ad 

i. Fol77v«. 

2. Jacques de Yitry. C'est ainsi qu'Etienne désigne souvent le 
célèbre prélat. 



DU DON DE CRAINTE. 63 

horam. Et cum dioeret quod hoc non posset facere nisi 
solus Deus, ait eger : c Et ego illi qui solus hoc potest 
promitto quod, si me liberet, ei soli in perpetuum 
serviam. > Quod et fecit. 

58. Item rex FrancieS laborans ad mortem et des- 
peratus a medicis et positus in cinere, vocavit omnes 
astantes, dicens : c Ego ecce, qui ditissimus eram et 
nobilissimus de mundo et potentissimus pre omnibus, 
diviciis et potencia et anûcis, non possum extorquere 
a morte inducias vel ab hac infirmitate per unicam 
horam. Quid ergo valent ista onmia? > Et hoc dicens' 
onmes auditores concitavit ad fletum. Ipse contra 
spem a Domino curatus, cum crederetur mortuus, 
resurgens et Deo gracias exhibens, crucem accepit. 

59. Item, ut audivi, quidam usurarius, dum in 
extremis iaboraret, fecit apportari ante se vasa aurea 
et argentea, promittens anime sue illa et multo am- 
pliora, ut agros et domos et alia, si adhuc cum eo rema- 
neret. Et cum magis urgeret eum dolor infirmitatis, 
ait : c Ex quo non vis mecum morari, reddo te dya- 
bolo'. » Et hoc dicens expiravit^ 

60. Decimo, timenda estcirca exitum anime pecca- 
torum occursio [mortis]... Undecimo, est timenda 
mors quia est corporis et anime separacio, que tanto 
amarior est quanto magis anima adhesit cami et 



1 . S. Louis. L'événement rapporté ici est dans tontes les mé- 
moires; mais la confirmation sortie de la bouche d'un contempo- 
rain, et peut-être d'un témoin auriculaire, ne saurait être dédai- 
gnée. 

2. Ms. audiens. 

3. En bon français : c Va-t'en au diable. • Cf. le n» 411. 

4. P- 178, 178 V*. 



64 ETIENNE DE BOURBON. 

dilexit eam et opéra ejus.... Duodecimo, timenda 
est propter omnium rerum amissionem. Item exem- 
plum ad hoc : Saladinus magnus inter Sarraœnos 
fecit sibi deportarî sudarimn suum , cmn videret 
se propinquum morti, et fecit illud clamando de- 
portari : c Tantum deportabit secum princeps ma- 
gnus Saladinus de omnibus rébus suis^ » B.: c Ângus- 
tum est foramen mortis, et de omnibus bonis tuis nihil 
tecum deportare poteris. > 



i. Cf. Jacques de Vitry (f« 93) et les Récits d'un Ménestrel de 
Reims, éd. de Wailly, Paris, 1876, in-S», p. 104. Cette parole de 
Saladin est aussi rapportée dans le recueil d'exemples de la biblio- 
thèque de Tours : c Item, imminente morte, fecit afferri sudarium 
suum, et a quatuor miiitibus per quatuor lanceas fecit deportari per 
vioos dvitatis, dicentibus : Salehadim, dominus duodecim regno- 
rum, non plus portât de mundo. > (Ms. 205, ^ 161.) On trouve au 
même endroit, sur ce héros légendaire, les anecdotes suivantes : 

f Soldanus Salehadim in morte, ut dicitur, mandavit pro me- 
lion christiano, pro meliori Judeo, pro meliori Sarraceno quos 
potuit invenire. Et quesivit a Judeo que melior lex. Respondit 
quod sua. Et si istam, inquit, dimitteres^ quam acciperes? Res- 
pondit : Legem christianorum, que descendit a nostra. Item quesi- 
vit a pagano que melior; qui respondit quod sua, et, si illam 
dimitteret, acciperet legem christianorum , quia nostra, inquit, 
descendit a sua. Item quesivit a christiano illud ; et dixit quod sua 
est, et quod nullam aliam reciperet quam suam. Tune ait : Aiii 
duo, si dimitterent leges, consentirent in istam ; iste nullam aliam 
acciperet nisi suam; hanc eligo et judico meliorem. Et fecit se, 
ut dicitur, baptizari. 

c Idem, audiens quod rex Johannes habebat ensem de qua scin- 
debat hominem armatum usque ad sellam, rogavit quod ei mitte- 
ret, et hominem armatum damnatum posuit in médium , et fecit 
per meliorem et fortiorem militem tentare num posset scindere 
per médium ; qui non potuit. Et remisit régi, mandans quod non 
credebat, quod faceret sibi firaudem, et quod illum ensem non 
miserat. Qui remandavit quod bene miserat, sed non miserat bra- 
chium cum ense. 



DU DON DE GRAUniE. 65 

61 . Item, cum quidam dives laborare videretur in 
extremis, videns amicos eum dimittentes et ad archas 
vestesque currentes, clamavit galiice : c Hastez vos, 
hastez. > Id est : c Festinate, festinate, quia nundine 
deficiunt^ > 

62. Terciodedmo, timenda est propter demonum 
oocursionem. . • Quatuordecimo, propter ignote regio- 
nis ingressionem... Âudivi quod quidam juvenis dux 
Lohorangie, cum esset in extremis, respiciens domos 
suas et castra, dicebat : c Domine Deus, quam con- 
tempnendus est mundus iste ! quia ego, qui tôt habeo 
castra et palacia et tôt potui hospitari , nescio adhuc 
ubi in nocte hac debeo ire aut quis me débet hospi- 
tari*. » 

c Idem, habensmilitem in carcere, audiTit a custodibus quod non 
cessabat de die et de nocte aspirare et desiderare terram snam. 
Qui, mandans pro eo, ait : Bnnt silve in terra vestrft? Respondit : 
Non. — Sunt flumina? — Non. — Gerte, inqnit, ego dabo vobis 
licentiam illuc enndi, quia non possum vos ponere, pro posse 
meo, in majori carcere. Et sic recessit. t 

La tradition qui veut que le Soudan se soit fait baptiser avant 
de mourir, et qui n'est rappelée ici qu'avec réserve, semble 
reposer sur un passage de la vie de S. François d'Assise dont 
les Bollandistes ont rejeté l'authenticité : ce saint aurait envoyé 
au prince sarrazin deux religieux de son ordre, qui l'auraient 
converti. Wadding croit qu'ils l'instruisirent au moins de la loi 
chrétienne. (V. Acta SS,, t. Il oct., p. 616.) Cf. les autres 
légendes sur Baladin rapportées d'outre-mer par les croisés et 
citées par M. Victor Le Clerc dans V Histoire littéraire (XXUI, 161). 
V. aussi dans la Ramania (t. VI, ifi 23) un article de M. Pio 
Rajna {La novella boccaccesca di messer Torello), 

1 . F» 178 v^. Allusion au cri du héraut qui prononçait la clôture 
des foires {divisio nundinarum) et la cessation de tous les privilèges 
assurés tant aux marchands qu'aux consonunateurs. V. Bourquelot, 
Les foires de Champagne, I, 88, 90. 

2. F* 179. 

S 



66 ÉTIENMB DE BOURBON. 

De memoria mortis. 

63. Notandum autem quod memoria mortis ad 
multa valet homini : primo, ad hmniliacionem. . . ; 
secundo, valet ad oontemptom mundi... Didtur quod 
frater Guerricus, audiens legi in Biblia de antiquis : 
c Iste vixit tôt annis, et iste tôt , et mortuus est , » 
mundum contempnens, intravit ordinem Predicato- 
rum, ubi factus est maximus magister in theologia et 
contemptor mundi et sut ^ 

Item audivi a firatre Galterio de Letis quod, cum 
quedam eoclesia oonsecraretur de Grespi, in qua erat 
comes' sepultus, et deberet inde extrahi propter oonse- 
cracionem, patefacto ejus sepulcro, apparuit immanis- 
simus bufo super faciem ejus, eam corrodens, et alii 
vermes et serpentes, ad quorum aspectum et horro- 
rem omnes résilieront. Filius autem dicti comitis juve- 
nis, hoc audiens, accessit, et, visa camis paterne sanie 
et vermium diversitate et horrore, incepit mestus 
cogitare de morte, et quam vane sunt mundi divicie 
etdelicie et honores : unde, relictis omnibus, fiigit, cogi- 
tans se fore beatum si pauper fieret pro Ghristo. Qui- 
dam autem domicelli ejus, eum sequentes et invenien- 
tes, nec eum revocare valentes, venditis equis et 
rébus et pro Deo erogatis, ad monicionem ejus eum 
pauperem pauperes sequebantur, multa convicia 
propter Deum cum eo^ ab hominibus sustinentes. 

i. Cf. le n« 262 et Script, ord. Pradioai., I, 113. 

2. Raoul, comte de Grépy en Valois, d'Amiens, etc., mort en 
1074. 

3. Ms. et eum eum Deo. 



DU DON DE CRAINTE. 67 

Et cam elemosynas peterent, quidquid melius inve- 
niebant, ei dabant ; quod noluit, sed dixit quod quilibet 
haberet quod Deus daret ei . Et cum in introitu cujus- 
dam viQe duxisset eos per vioos et ipse pauperiorem 
elîgeret, nihil in eo potuit invenire nisi ^durissimam 
cnistam et nigerrimam, quam in domo cujusdam pau- 
percule videns petivit, et fragmen teste ubi galline ejus 
bibebant ; que agendo gracias ad socios suos deporta- 
vit, nec aliquid voluit comedere nisi crustam dictam 
in aqua teste temperatam. Cum autem crustam illam 
comederet et sanguis de ore ejus exiret, flebant ejus 
socii ; quos ipse licendavit et ab eis affugit, ne emoUi- 
rent cor ejus. Romam venit, ubi factus est carbonarius, 
et secretum suum cuidam cardinali, cui confessus est, 
et statum suum revelavit. Cum autem, post plures 
annos, semel urbem intrasset ad vendendum carbones 
et in domum dicti cardinalis confessons sui carbones 
deportasset, arreptus ibi infirmitate, post suscepta 
saoramenta onmia, pauper jacens sub gradu, ad 
Dominum migravit. Quo facto, onmes campane urbis 
per se sonuerunt ; quod cum papa miraretur , cardina- 
lis, confessor ejus, revelavit causam. Homines autem 
terre sue existentes in curia, audientes hoc, quem 
vivum querebant, mortuum invenerunt^ 

1. F* 180 70. Cette histoire est répétée en abrégé au f<> 649 da 
ms. Elle est relative au bienheureux Bimon de Crespy, fils de 
Raoul, dont le biographe contemporain raconte les mêmes faits en 
gros. Guibert de Nogent parle aussi de Teffet produit sur ce sei- 
gneur par la vue du corps de son père, déjà décomposé , mais ne 
dit rien du crapaud. Hugues de Fleury dit que Simon mourut à 
Rome et fut enterré à Saint-Pierre (en 1082). Le récit de ces 
historiens a été enrichi de détails qui paraissent purement légen- 
daires. (V. D. Bouquet, XU, 237, 797; XIV, 37-41.) 



68 ETIENNE DE BOURBON. 

64. Provocat [memoria mortis] ad penitendam. 
Item dicitur quod, cum quidam miles flagiciosus noUet 
faoere penitenciam aliquam injunctam ab Alexandre 
papaS dédit ei amiulum suum et [dixit] quod portaret 
emn pro penitencia, tali condicione quod , cum eum 
respiceret, pluribus horis diei, se moriturum et 
diceret et cogitaret. Quod cum pluries fecisset, ita 
contristatus est, quod rediens dixit quod paratus 
erat pocius facere quamcumque penitentiam aliam 
quam illam. 

65. Item, cum alius similiter omnem penitenciam 
respueret , injunxit aliquis ei quod , cum sederet in mensa 
sua, serviens sibi deportaret ei ibi pro primo ferculo 
baculum decorticatum, dicens : c Domine, reducatis ad 
memoriam quod necesse habetis mori, et nescitis quam 
cito. » Et cum omnia que comedebat fièrent ei amara, 
rediit, dicens quod pocius faceret quamcumque peni- 
tenciam quam illam . 

66. Provocat ad misericordiam.... Dicitur quod 
quidam burgensis Parisiensis paravit feretrum suum 
in caméra sua, in quo deferretur cum moreretur, ut 
per hoc mortis memoriam haberet et provocaretur ad 
opéra misericordie , et in die deftmctorum replebat 
panibus, quos pauperibus dabat, dicens : c Ecce cito 
moriar ; et quis memorabitur mei*? » 

i. Alexandre III, dont le séjour en France (de 1162 à 1165) 
n*était pas encore oublié du temps de Tauteur. Cf. le n* 148. 
2. F» 181. 



DU DON DE CRAINTE. 69 



OCTAYUS TITULUS. 



DE TIMORE PEGGATI. 



67. Octavus titulus est de timoré peccati. Et notan- 
dum quod maxime timendum est peocatum sive pec- 
care propter septem : primo, quia, si peccatum non 
esset, nil homini obesset; secundo, quia sine hoc quio- 
quid est homini prodesset; tercio, quia Deo summe 
dispUcet; quarto, quia hoc angélus bonus summe 
abhorret, quinto, quia sanctis injuriam infert; sexto, 
quia dyabolo summe placet; septimo, quia fadenti 
summe nocet^.. 

De insania peccatorum et fatuitaie. 

68. [Peccatum] facit hominem fatuum et insanum; 
cujus fatuitas apparet. . . primo in via sua, quia pere- 
legit magis ambulare viam latam et spaciosam, que 
ducit ad mortem, quam artam, que ducit ad vitam..i 
Secunda fatuitas ejus est incuria, de qua B. : c Sic stulti 
estimatores de maximis minimam, de minimis maxi- 
mam curam gerunt ... ; » similes illi episcopo, qui majo- 
rem sollicitudinem habebat de custodiendo calatho 
pleno pirorum quam de multitudine animarum. Gum 
enim tradisset nepotulo suo archidyaconatum, et qui- 
dam apportasset ei calathum plénum piris, et quereret 
cui conunendaret, dixit dictus nepotulus archidyaco- 

i. P* 181 TO. 



70 ETIENNE DE BOURBON. 

nus : c Mihi commendate. » Ait episcopus : c Non con- 
fido de te ; maie mihi custodires. » Respondit quidam 
magister : c Miser, ei commisisti infinitum numerum 
animarum, oui non audes oommittere calathum piro- 
rum*! > 

69. [Peccatum] spoliât hominem et depauperat bonis 
interioribus... Similis estpeccator illimiliti qui, cum 
alii pugnarent in tyrocinio, exivit ut dormiret sub umhra 
arboris. Quod videntes aliqui hyraudi condixerunt 
sibi ut ei arma sua et vestes fîirarentur : unus furatur 
ei calcaria et ensem, alius loricam, tercius scutum, 
quartus equum, quintus lanceam, sextus bradias, 
cingulam et camisiam, septimus galeam; et cum non 
sic excitaretur, vulneraverunt eum diversimode et 
periculosissime in diversis locis ad mortem. Miser 
autem, factus insensibilis, nec sic excitatur*. 



NONUS TITULUS. 

DE PRESENTI PERICULO TIMENDO. 

70. Nonus titulus de timoré est de sexto' timendo, 
scilicet de presenti periculo in quo sumus et materia- 
liter et spiritualiter, cujus consideracio multum valet 

1. F* 184 v«. Cet apologue, qu'on trouvera répété plus loin sous 
différentes formes, a fourni un sujet à Ulrich Boner, fabuliste 
allemand du xrf siècle (Der Bdelstein^ éd. Benecke, Berlin, 1816, 
in-8«, fable 98). 

2. F» 186. 

3. Ms. quinto. 



DU DON DE GRAINTE. 71 

ad retrahendum hominem a peccato. Ad hoc autem 
quod oognoscamus periculum in quo sunt peccatores, 
valet oonsiderare sex\ scilicet : qualis sit locus in quo 
sunt ; quale sit tempus in quo sunt ; quam periculosus 
sit status in quo sunt ; item oonsiderare proprie condi- 
cionis infirmitatem ; item hostium suorum qualitatem ; 
item factorum suorum enormitatem...* 



TITULUS DECmUS. 

DE QUAUTATE INIMIGORUM HUMANI GENERIS. 

71 . Decimus titulus prime partis, scilicet doni timo- 
ris, est de septimo [timendo], scilicet de qualitate ini- 
micorum humani generis, qui sunt timendi a nobis 
multis de causis, scilicet ex multitudinis eorum diver- 
sitate et diversitatis adversitate, ex nature eorum 
subtilitate, ex discursus velocitate...; de quorum plu- 
ribus supra dictum est et infra plenius proponimus 
dicere sub dono fortitudinis, de diversis generibus 
temptandi et diversis demonum qualitatibus ac pro- 
prietatibus, quibus fortiter resistendum est et à quibus 
prudenter cavendum^ . . 

i. Ms. septem. 

2. F* 186 V*. 

3. F«189v«. 



INCIPIT SECUNDA PARS, 



DE EIS QUE PERTINEIfT AD 



DONUM PIETÂTIS. 



72. Dicto in prima parte de eis que pertinent ad 
donum timoris, que habent hominem a peccato retra- 
here, nunc dicendum est in hac secunda parte de eis 
que pertinent ad donum pietatis, quod per spem ad 
Deum peccatores habet retrahere. Jere. xxxi : t In cari- 
tate perpétua dilexi te ; ideo attraxi te miserans. > Sunt 
autem septem attractoria pietatis, per que quasi per 
funiculos spei ad Deum attrahit, que sunt : verbum Dei ; 
exempla misericordie Dei; [incarnacio Ghristi^] ; passio 
Ghristi ; crux et ea que pertinent ad crucem Ghristi ; 
festa et exempla misericordie matris Ghristi ; compas- 
sio et misericordia que habetur et exhibetur pauperi- 
bus et amicis Ghristi, exempla misericordie et adju- 
torii que exhibent peccatoribus amici Ghristi, et béné- 
ficia eorum et adjutoria Ëcclesie Ghristi...' 

1. Addition réclamée par le texte même de cette seconde partie. 

2. ¥• 190. 



DU BON DE PIÉTÉ. 73 



PRIMUS HTULUS. 



DE VERBO DEL 

73. Primus titulus hujus secunde partis est de verbo 
Dei, quod multum, spe concepta de Dei misericordia 
consequenda, ad redeundum ad Deum peccatorem 
monet et movet. Est autem verbum Dei libenter audien- 
dum, et dévote suscipiendum, et memoriter retinen- 
dum, et diligenter custodiendum, et fîdeliter opère 
adimpleDdum, et humiliter docendum, et fréquenter 
ruminandum, et dulciter et assidue meditandum... ' 

Quod verbum predicacianis multum Deo placet. 

7i. Verbum autem Dei care est amplexandum et 
diligenter servandum ideo maxime : primo, quia Deo 
et angelis ejus placet. . . Patet quam Deo placeat verbum 
Dei ex eo quod tantam vim dederit Deus ipsi verbo 
creato et prolato... Signum dilectionis dominice ad 
verbum est hoc quod ministerii hujus Verbum eter- 
num assumpsit in semetipso officium, ut loqueretur 
Deus per filium, qui ante loquutus fiierat per ora pro- 
phetarum. Quidam novicius, cum intrasset ordinem 
Predicatorum, et quidam monachi vellent eum retra- 
here et extrahere ab ordine quem intraverat et attra- 

1. FM90. 



7i ETIENNE DE BOURBON. 

hère ad ordinem suum, roulta ei obloquendo de ordine 
quem intraverat, multa exoellencia loquendo de ordine 
suo, quesivit ab eis si Dominus Jbesus Ghristus dédit 
Dobis formam bene vivendi super omnes, et si ejus 
actio esset nostra institucio. Qui aiunt ita. € Ergo, ait 
iile, cum legerim DomiDum Jhesum Ghristum non 
fuisse monachum album vel nigrum, sed fuisse pau- 
perem predicatorem, vole pocius ejus sequi vestigia 
quam alterius. » 

75. Et notandum quod multas gracias facit Domi- 
nus eis qui libenter conveniunt ad audiendum verbum 
Dei. Nota, ut audivi ab eadem, quod, cumquedam mu- 
lier, audiens famam cujusdam predicatoris, affectaret 
audire verbum Dei ab illo predicatore, nec posset 
venire ad sermonem, cum esset longe a villa in qua 
fiebat predicacio, et esset ita impotens quod per mul- 
tos annos non surrexisset de lecto, fecit in grabato 
suo se portari in platea ubi fiebat sermo ; et cum fuis- 
set peccatrix, institit et optinuit ut visitaret eam pre- 
dicator et confessionem ejus audiret. Quo facto, in 
mane, cum alii accédèrent ad sermonem, amore au- 
diendi affecta, quasi proprie infirmitatis oblita, incolu- 
mis surrexit, et per dies et dietas plurimas cum aliis 
sermonem sequentibus et ipsa sequta fuit. 

76. Item audivi quod, cum quidam senex sequeretur 
predicacionem, et ipse pre fatigacione et infirmitate 
ad pedem cujusdam maximi montis, per quem habebat 
transire, quiesceret oppressus et dormitans, invenit^ se 
ad oppositam partem montis sine fatigacione. 

77. Item audivi a magistro Jacobo de Vitri quod 

1 . Ms. inveniret. 



DU DON DE MÉTÉ. 75 

mulier quedam, dum sec[ueiis sennones de villa in vil- 
lam expendisset quicquid haberet, nec sciret quo se 
verteret, sedit nesciens quid comederet. Tune lepus 
veniens ad eam sedit in ejus gremio, quasi munus sibi 
a Deo datum ; de cujus precio per dies aliquos panem 
habuit. 

78. Item alia, ut audivi ab ipsa muliere, cum non 
haberet jam fere drca sextam [horam] quid manduca- 
ret, in oracione in ecclesia prostravit se ; et cum inde 
caput elevaret, panem album ad caput suum invenit, 
quem, gracias [agens], quasi munus a Deo missum 
sibi cum gaudio suscepit... Item vidi ego nobiles 
mulieres amore verbi Dei sic affectas, ut, assumpto 
pauperum mulieram habitu vilissimo, ut liberius pos- 
sent predicacionem sequi et latere, de villa in villam 
quasi mendicantes pedibus irent^ 

Quod dyabolo dûplicet [verbum Dei] . 

79. Secundo notandum, circa Dei verbum, quod mul- 
tum dyabolo displicet, quod patet ex multis..., quia 
maxime potestatem ejus expugnat. Refert magister 
Jacobus se audivisse quod, cum quidam abbas Cister- 
ciensis rediret a capitulo cum quodam monacho mul- 
tum litterato, et essent in medio cujusdam silve erran- 
tes, occurrerunt eis quidam qui videbantur valde reli- 
giosi, rogantes eos ut reclinarent ad abbaciam suam; 



1. Ms. pedes ire. F^ 191. Sur les prédications en plein air et am- 
bulantes, que cet exemple et les précédents font revivre aux yeux 
du lecteur, cf. notre livre sur La Chaire française au moyen âge, 
p. 214-218. 



76 ETIENNE DE BOURBON. 

quod cum faoerent, videbatur eis ornatissima et ordi- 
natissima abbacia illa in omnibus . officinis. Et cum 
viderentur jacere in lectis pulcheirimis garçones et 
monachi, horrore concussi, non poterant quiesoere; 
sed et equi nitebantur capistra sua rumpere et fugere, 
nec de avena sibi apposita gustabant. Cum autem facto 
mane vellent recedere, venit abbas illius abbacie, 
rogans obnixe ut loqueretur aliquis eorum in capitulo ; 
quod cum intrassent» videntes maximum capitulum et 
monachorum maximam societatem, mirati sunt de 
apparencia maxima religionis et de spiritualitate 
maxima apparenti dictorum monachorum. Cum autem 
ad preceptum abbatis predicaret dictus monachus, 
estimans eos spiritualissimos, ut apparebant, incepit 
loqui de ordinibus angelorum. Cum autem primo 
loqueretur de inferiori ordine angelorum et dejec- 
cione malorum qui non steterunt, exivit de capitulo 
maxima multitudo; similiter, cum de secundo ordine 
loqueretur, alia maxima multitudo exivit ; similiter cum 
de tercio ordine et aliis loqueretur. Cum autem ad 
ultimum paucissimi remansissent, quesivit indignatus 
monachus quid hoc esset. Tune abbas ait : c Nos fiii- 
mus de illis angelis de quibus loqueris ; illi autem de 
quorum ordine loquebaris recedebant, non valentes 
ferre verba sue dejectionis ; nos qui remansimus de 
superioribus, de quibus nondum loqutus es, nec volu- 
mus audire ultra verba tua. > Et, hoc dicto, cum omni 
abbacia illa cum maximo sonitu evanuerunt. Dicti au- 
tem monachi, se invenientes inter dumos et paludes, 
vix ad viam redire potuerunt^ 

1. P«»» 19! n 192. 



DU DON DE PIÉTÉ. 77 

Quod verbum Dei pascit. 

80. Primo,verbumDei pascit et sustentât. . . ; secundo, 
edificat...; tercio, potatet inebriat, quia est fons vite, 
ad quem serpens venenum effundendo, cervus comua 
deponendo, aquila plumas, rostrum et ungues immu- 
tando innovantur. Âudivi a quadam persona, que diu 
manserat in terra transmarina (sed si verum sit mira- 
biliter nescio) , quod quidam in terra transmarina senex 
et fatigatuSy ad fontem veniens, casu fortuito, siciens et 
de illo bibens, cum esset senex, factus est juvenis, et 
fuit ibi, ut dicitur, ad potum et ablucionem illius subito 
immutatus. Sed postea, ut audivi, dictum fontem, 
etsi voluit, non valuit invenire^ 

[Qiwd verbum Dei vwificat.\ 

81. Verbum Dei vivificat, unde fons vite dicitur... 
Item conservât a mortis casu. Prov. xm e : c Lex 
Dei fons vite, ut declinet quis a ruina mortis. » Nota 
quod in civitate cujusdam régis magnè erant nundine, 
ut dicitur : filius autem régis cum sociis suis ivit per 
nundinas videre diversitatem mercium, si forte ali- 
quid ibi videret quod ei placeret ; et cum pertransiret, 
vidit domum mirabiliter ornatam et paratam pannis 
sericeis et deauratis, tamen intus vacuam. Admiratus 
intravit ; nil vidit intra, nisi senem in cathedra seden- 
tem et in manu librum legentem et tenentem, a quo 
quesivit quid sibi vellet hoc. Respondit quod domus 

i. F* 192 v^. CTest une variante de la tradition de la fontaine de 
Jouvence. 



78 ÉnKNm de bourbon. 

ista erat in qua veodebantur preciosiora et utiliora que 
essent in nundinis, maxime hominibus qui aliquos 
habent r^ere, et, si ipse vellet emere, venderet ei 
centum libratas et plus; et dixit quod meroes ejus 
erant sapiencia et pnidencia. Iste émit oentum libratas. 
Scripsit [senex] in cedula hoc : c In omnibus factîs tuis 
considéra, antequam facias, ad quem finem inde venire 
valeas; > asserens quod, si hoc semper haberet pre 
ocnlis, plus posset ei valere quam unum regnum. Ju- 
venis, mortuo pâtre, rex fuit factus; vert>a ista scripsit/ 
in mensis, in mappis et mappulis et in aliis rébus ubi 
poterat. Gum autem barones ejus conspirassent contra 
eum, fecerunt pactum cum barbitonsore ejus quod 
eum occideret. Gum autem hoc vellet facere et vellet 
faciendo barbam ejus guttur amputare, legit scriptum 
quod erat in mappula, et incepit stupere, fremere et 
tremere : quod rex advertens, fecit eum teneri et urgere 
usque dum veritatem diceret; qui proditores suos 
fecit capi, et ipse a morte liberatus est. Hoc exemplum 
predicabat , ut audivi , frater Symon pueris de 
Bruelio *. 

Quales debent esse predicatores verbi Dei. 

8S. Debent autem esse doctores vel auditores verbi 
Dei primo humiles..., non solum intra in cordis 
affectu, sed extra in actu, gestu et habitu, ne impro-* 
peretur eis. Quod quedam vetula fecit apud Gathala- 
num cuidam magno theologo, qui, cum predicasset de 

1. Ms. puerorum de Bruelio. F*» 193, 193 y. Cf. Gesta Romano^ 
rum^ éd. Oesterley, n<» 103, où l'on trouyera une version plus 
complète de ce récit. 



DU DON DE PIÉTÉ. 79 

humilitate Domini in Ramis palmarum et de asina, 
statim ascendit faleratum palefridum. Tune vetula 
aocuirens, et per lorum eum tenens, coram populo 
quesivit : c magister, fuitne talis asina Domini? » At 
ille obmutuit^ 

83. Item, cum Didascus, Ozomensis episcopus', 
venisset ad terram Albigensium cum summariis et 
equis episcopalibus et audiret terram infectam, predi- 
cavit in quodam Castro contra hereses. Heretici autem 
assurrexerunt contra eum, non habentes forcius argu* 
mentum ad defensionem sui erroris sicut fastum appa- 
ratus episcopalis, et dixerunt suis credentibus : c Isti 
et suis similibus quomodo potestis credere, qui vobis 
predicant Ghristum humilem et pauperem cum tanto 
fastu, divicîis, sranmariis et equitaturis? Nos autem, 
dixerunt, predicamus in paupertate et humilitate et 
abstinencia; que ore vobis diximus, opère exhibe- 
mus. » Gonfusus ad hoc episcopus equos et fastum 
dimisit, et paratum remisit, et pedes cum beato Domi- 
nico et pauper in terra illa predicare cepit. Et hoc fîiit 
causa ordinis nostri instituendi ; et hoc audivi a prio- 
ribus fratribus qui cum beato Dominico in terra illa 
fuerunt^. 



1. Cf. le n» 255. 

2. Didaque ou Diego, ëvéque d'Osma, en Gastille. 

3. F^ 195. Cf., ci-après, le n^ 251 . Le même fait est relaté, d'une 
manière absolument conforme au récit d'Étiexme, dans la Vie de 
8. Dominique, écrite par son contemporain Jourdain de Saxe. 
C'est ce qu'indique, du reste, une note inscrite à la marge de notre 
manuscrit : f In vita beati Dominici, de Dydasco episcopo dimitlente 
equos et fastum. i Ces textes sont d'accord aussi avec V Histoire de 
la croisade des Albigeois, par Pierre de Vaux-de-Gernay (ch. 3). 
V., à ce sujet. Script, ord. PrcBd., I, 5. 



80 ETIENNE DE BOURBON. 



SEGUNDU8 ITTULUS. 

DE GONSIDERAGIONE MISERIGORDIE DEI. 

84. Secundum per quod pietatis donum peocatores 
trahit ad spem, et sperantes attrahit ab bonum et ad 
Dei voluntatem faciendam, est consideracio exemplo- 
rum misericordie Dei exhibite peccatoribus diversi- 
mode in diversis... Hoc attractivo rogat trahi ad 
Dominum sponsa ibi infirmai. . 

De ofjiciis divine misericardie : quod diu expectat. 

85. Est siquidem maxima Dei misericordia, que diu 
peccantem in peccato suo sustinet et expectat, que 
eum revocare multum laborat... Primum ergo [offi- 
cium] est quod peccatorem sibi adversantem Deus non 
statim puniat, sed diu sustineat et ad penitendam 
expectet... Item audivi a quodam fratre Predicatore» 
Guillelmo Nivemensi nomine, quod, cum quidam miles, 
habens castrum in alta rupe supra mare, invenisset in 
caméra adulterum cum uxore, volebat eum exacto 
gladio occidere ; sed ille prostratus veniam peciit, pro- 
mittens quod talia de cetera non attemptaret. Miles 
autem eum per decem passus extra cameram suam 
deportavit, et promisit ei quod, si ei de cetera consi- 
milia facerat, semper decem passus ulterius elongaret. 
Âd ultimum autem videns quod tam leviter transisset 

1. P« 196. 



DU DON DE PIÉTÉ. 81 

et tam miserioordem maritiim invenisset, rediit, et 
eum vir in consimili facto invenit, et per viginti passus, 
consimiliautprius promittentem, elongavit. Gumautem 
tercio iterum redisset, per triginta passas a caméra sua 
eum elongans, in trigesimo fuit in fine rupis supra 
mare prominentis, et dimittens eum cadere, in mare 
precipitavit. Sic Dominus parcit fi^equenter homini 
emendam promittenti, elongans eum a peccato suo per 
adimplecionis decalogi promissionem et transgressionis 
ejus promissam emendacionem ; sed ad ultimum, eum 
non se emendat, in infernum précipitât ^ 

Qfwd in regnum celorum introducit. 

86. [Misericordia Dei] in regnum celorum introdu- 
cit et supra condignum rémunérât... Legitur quod 
quidam rex, habens in terra sua quemdam divitem 
sapientem, non inveniens occasionem quomodo ejus 
pecuniam extorqueret, quesivit ab eo très questiones, 
quas nisi solveret, multam pecuniam ei daret; que 
videbantur insolubiles. Prima fuit ubi erat médium 
terre, quasi centrum; alia, quot modii aque erant in 
mari ; tercia, quam magna erat misericordia Dei. Gum 
autem, die assignata, coram régis curia a carcere duce- 
retur, in quo detinebatur ut se redimeret, nisi dictas 
questiones solveret, de consilio cujusdam philosophi 
dicti Auxilium miserorum^ assumpto baculo, in terra 
infîxit, dicens : c Hic est centrum terre et médium ; 
improba si potes. Si vis ut mensurem modios maris, 

i. F« 196 vo. 

6 



8S ÉTIENNS DE BOURDON. 

rétine fluvia et aquas alias, ne subintrent illud, quous- 
que mensuravenin, et tibi dicamoumemm modiorum^ 
Terciam solvere potero si tradideris mihi vestes toas 
et solium ad hoc judidum faciendum. > Quo facto, cuin 
esset in sublimi solio in apparatu regio, ait : c Audite 
et videte sublimitatem misericordie Dei, quia parum 
ante eram servus, modo subito factus sum quasi rex; 
ante pauper, modo quasi dives; ante in imo, modo in 
alto ; ante in cathenis et carcere, modo quasi in iiber- 
tate ; etc. » Sic centram misericordie Dei est ubique in 
présent! vita; misericordie ejus non est numerus; 
sublimitas et universitas ejus est quod de carcere et 
vinculis peccatorum, per penitenciam modicam, venit 
peccator ad regnum celorum*. 



TERCIUS TITULUS. 

DE INGARNAGIONIS CHRISTI GONSIDERAGIONE. 

87. Tercius titutus est de tercio attractive ad bo- 
num, scilicet de consideradone beneficiorum incarna- 
cionis et passionis Ghristi : multum enim movet ad 
pietatem et compassionem, et per hoc ad spem de Deo 
concipiendum et bonum opus aggrediendum'... 

1 . Ce trait rappelle répreuve à laquelle Xanthippe fut soumis, 
d'après la légende insérée dans toutes les biographies d'Ésope. 

2. F« 199. 

3. F^ 199 vo. 



DU DON DB PIÉTÉ. 83 

Ad quid valet devota meditacio incamacionis Christi. 

88. Notandum autem quod Christi incarnacio, par- 
tais virgineus et infancia Salvatoris multum valent ad 
peccatorum conversionem, ad conversorum proveo- 
tionem et consolacionem. . . Unde audivi iq sermonibus 
quod quedam monialis, exiens ordinem, facta publica 
meretrix, postmultosannos rediit ad locum suum. Cum 
autem de Dei judicio cogitaret et de pénis inferni, des- 
perabat se posse veniam consequi ; cum de paradiso 
cogitaret, cogitabat quod immunda nunquam ibi intra- 
ret ; cum de Passione cogitaret, quanta mala pro ea 
Ghristus sustinuerat et quanta ipsa commiserat, et 
desperabat; similiter de aliis festis, de eis que Ghristus 
fecerat et que facta fuerant circa Ghristum. In natali 
autem Domini, cepit cogitare quia puer natusest nobis 
et quia pueri pro modico placantur; coram ymagine 
béate Yirginis cepit cogitare de infancia Salvatoris, et 
totperfiisa estlacrimis, quodferemoriebatur, adjurans 
puerum per benignitatem infancie sue quod miserere- 
tur ejus. Ipsa audivit vocem dicentem sibi quod, per 
benignitatem illius infancie quam allegabat, sciret ipsa 
sibi dimissa omnino peccata sua... 

89. Item audivi a quodamdecano, in sermone, quod, 
cum famés maxima esset in Egypto et quidam Sarra- 
cenus, compaciens afflictioni pauperum, evacuasset 
horrea sua dando eis, quedam domina, que videbatur 
honestissima, bajulans puerum graciosissimum et spe- 
ciosissimum, venit ad eum rogans ut benefaceret ei ; et 
cum ille assereret horrea sua omnino esse evacuata, 
adjuravit eum, per illam dominam que virgo pepererat 



84 ETIENNE DE BOURBON. 

Salvatorem mundi, quod faœret videri si adhuc aliquid 
invenireturibi. Gumautemipsey motus pietate,ciirreret 
ad horreum, invenit omnia horrea plena, nec ultra 
dictam dominam potuit invenire. Hoc viso miraculo, 
et motus gracia visi pueri, baptisatus est cum omni 
domo sua^.. 

90. Quidam miles devotissimus fuit in Francia qui, 
in die Natalis, cogitans in matutinis de infancia Domini 
et partu virgineo, in tantum excessum amoris, ut au- 
divi, l'aptus est, quod videbatur eum habere pre oculis, 
et clamaret gallice coram omnibus, iterans et iterans : 
c Berciés V enfant... » 

91 . Quidam clerieus secularis, in quadam neccessi- 
tate positus, ut audivi ab eodem, vovit Deo et béate 
Virgini quod serviret ei in religione. Cum autem intra- 
ret ordinem Predicatorum et graviter temptaretur, 
consueverat venire coram ymagine béate Virginis ad 
oracionem ; ibi, ad memoriam infancie Salvatoris, con- 
sueverat recipere consolaciones. Aliquando, cum, vio- 
tus temptacione, occulte recederet et fugeret, cogitavit 
quod non acceperat licenciam ab illa ymagine : unde 
reversus, flexis genibus, dicebat quod non poterat ultra 
morari ibi, et vadens osculari pedes ymaginis, et pueri 
et béate Virginis accipiendo licenciam, tantis lacrimis 
fuit perfusus et gracia, quod ita omnino post recessit 
illa temptacio, quod pro toto mundo non exiret'. 



1. II faut rapprocher de cette histoire, qui fut peut-être rappor- 
tée d'ËJgypte lors de l'expédition de 8. Louis, ce que Fauteur dit 
plus loin des conversions opérées chez les Sarrazins par la fréquen- 
tation des croisés. (V. le n» 327.) 

2. F» 200. Cette anecdote ainsi que plusieurs autres semblent 
dériver plus on moins directement de l'histoire qui fait le sujet 



DU DOlf DE PIÉTÉ. 85 



TITULUS QUARTUS. 

DE PASSIONB CHMSTI, QUOMODO ALUCIT. 

92. Quartus titulus est de passione Ghristi. Et no- 
tandum quod suimne attractivum et activum caritatis 
allicitamentum divine bonitatis est passio Salvatoris, 
de qua ipse, Joan. xn d : c Ego, si exaltatus fuero a 
terra, omnia traham ad Ineipsum^.. » 



QUINTUS TITULUS. 

DE DIVERSIS EFPECTIBUS CRUCIS ET PASSIONIS GHRISTI. 

93. Quintus titulus est de effectu passionis doitii- 
nice et virtute crucis... Notandum autem quod passio 
Domini et crucis virtus primo nos émit, merito omnes 
vendicat, illaqueatet inflammat in amopem ejus'. 

Quod a malo r avocat et est reclamatorium Domini. 

94. Passio Domini et crux ejus a malo revocat; 
unde fit reclamatorium, ubi caro rubea ligno crucis 

d*an des mystères de Notre-Dame (la Nonne enlevée)^ et qui est 
racontée notamment par Jacques de Vitry (ms. 17509, f> 53). 

i. F» 200 v«. 

2. F*» 207. 



86 ETIENNE DE BOURBON. 

colligatur, ad revocandum aves venatorias que a manu 
nobili avolaverunt^.. Gum quidam clericus scolaris 
Parisius multum esset vide carnis subditus, et prcH 
crastinaretpenitenciamfaoere, quadam nocte, apparuH 
ei Dominus in ea forma in qua crucifixus est, ostendens 
vulnera suacruentata, dicens quod bec pro peccato suo 
pertulerat et eorum cicatrices retînuerat ad corvos 
maxime, id est procrastinatores maxime faciende 
penitencie, ad faciendam penitenciam advocandos et a 
peccato revocandos. Qui, ad banc visionem motus, 
Predicatorum religionem intravit ; qui vitam bono fine 
consummavit, et hoc ab ipsius ore audivi^ 

Qtu)d pr avocat ad bene agendum. 

95. Item nota quod ad bonorum provocacionem 
ad benefaciendum et revocacionem malorum a malo 
ponitur crucifixus in medio ecclesie... Audivi quod 
quidam magnus clericus predicator crucis hoc pre- 
dicabat, quod legitur in hystoria Arturi, quod 
consuetudo ejus erat quod differebat comedere 
quousque aliquid novum et mirabile veniret ad cu- 
riam suam. Gum autem expectaret hoc, ecce navis 
quedam applicuit sine gubernatore et ductore. Mirantes 
et occurrentes mih'tes invenerunt in navi illa militem 
ibi jacentem, vuberatum et lanceatum et cruentatum. 
Gum autem respicerent in ejus elemosynariam, inve- 

1. Le nom et l'usage de ce reclamatorium, sur lequel était fixé 
UD morceau de viande saignante destiné à ramener le faucon vers 
son maître, ne sont pas indiqués dans le glossaire de Ducange. 
Cf., ci-après, le n» 205. 

2. Po 208. 



DU DON DE PIÉTÉ. 87 

nerunt ibi litteras ubi continebatur quod defunctus ille 
petebat juaticiam a curia ab eis ibi contentis, qui 
injuste eum oociderant ; que littere aniinaverunt totam 
curiam ad sumendum arma in ulcionem sanguinia 
innocentis. Hoc autem si non fuit ad litteranji, verump- 
tamen similitudinarie, quia Christus, pugil noster, in 
navicula crucis apparet, pro nobis innocenter occisus 
a Judeis et gentibus ; quod ostendunt nobis euvangelia 
sacra, que de cordis ejus elemosynaria, tanquam hujus 
prodicionis littere, exierunt. Hec ad accipienda arma 
pro bac prodicione vindicanda corda nobiiia debent 
multum movere^ 

Qmd mundat et sanctificat. 

96. Item, [ubi] non est memoria Passionis, est ha- 
bitacio immundorum spirituum , ut in passione beati 
Longini dicitur, quod, cum fregisset ydolum, exierunt 
inde multi immundi spiritus, imientes et intrantes 
gentiles ; qui , adjurati ut dicerent quare in -ydolis 
habitarent, dixerunt : c Ubi Christus non est aut signum 
ejus, ibi esthabitacio nostra. i Item, in dyocesi Tharan- 
tasiensi, supra quoddam castrum quod dicitur Ghirum, 
est quoddam saxum eminentissimum altitudine, quod 
non videtur esse ascensibile, adeoest altum et arduum; 
ubi, ut àudivi, tanta et tam frequens videbatur ibi 
congregacio demonum et ludifîcacio : aliquando vide- 

1. F* 209. Ce trait, dans lequel Etienne lui-môme voit une fic- 
tion, est emprunté au début d'un roman de la Table-Ronde, 
Messire Gauvain ou la Vengeance de Rciguidel, publié par Hippeau, 
Paris, 1862, in-8<». C'est sans doute ce poème que l'auteur désigae 
par les mots Hisloria Arthuri. 



88 ETIENNE DE BOURBON. 

bantur ignés suocendere, flamina vibrare, castra cons^ 
truere, et videbatur quod totam patriam deberent 
sucoendere. Homines loci, habite consilio quid contra 
hoc facere possent, laboravenint aliqni adeo quod 
montem illum ascendereot, et crucem ligneam in cacu- 
mine posuenint ; et ex tune nunquam ibi postea démo- 
nés aut illa incendia aut ludificaciones coraparuerunt ^ 

Quod fugat demones. 

97. Hostes eciam spirituales [crux] fugat, superat 
et spoliât et adnihilat, id est demones... Audivi a quo- 
dam fvsXve sacerdote, Guillelmo Gebennensi nomine, 
qui eciam asserebat eum de quo subjungitur socium 
suum in seculo fuisse, quod in Gebennensi dyocesi fiiit 
quidam homo de quo dicebatur quod de nocte ibat 
cum mulieribus que vulgariter dicuntur bone res^y et 
quod super hoc argueretur a sacerdote suo, dicente 
quod non credebat quod hoc esset nisi purum figmen- 
tum. Promisit ei sacerdos quod non molestaret eum 
de cetero super hoc, si ipse eum secum duceret in illo 



1. F«209 vo. 

2. Nom que le peuple donnait, parait-il, à certaines sorcières. 
Les mots français que notre auteur rend par bone res sont appa- 
remment bonnes choses. On pourrait peut-être voir là une alté- 
ration du terme bensozia, cité par Ducange comme un genre de 
prestige à lui inconnu, et que le vulgaire devait prononcer, en 
français, benesoze, bonesoze. Ce mot viendrait alors de bona soda, 
car il s'appliquait aux compagnes de Diane dans les danses fantas- 
tiques de la légende; on avait même fait de bensozia un nom 
propre attribué à Hérodiade, qu'on supposait prendre part à ces 
rondes nocturnes. (V. Ducange à ce mot, et, ci-après, le n* 368.) 



DU DON DE PIÉTÉ. 80 

\ 

facto ; qui, consilio istanim, [eum] vocavit, ut delecto^ 
suo cito nudus surgeret, ut cum eo iret, quia vehicu^ 
lum erat eis paratum; qui, de primo sompnio nudus 
sui^ens, invenît ante hostium suum trabem, quam de 
mandato iilius hominis quasi equum ascendit saoerdos : 
cui inhibuit ille ne aliquo modo se sîgnaret, quia eru-* 
bescebant signumillud ille domine. Tune visum fuit illi 
sacerdoti quod subito reperiretur et portaretur in quo- 
dam maximo cellario, ubi viditmaximam multitudinem 
dominarum psallenciumcumtorticiis et luminaribus, et 
mensas positas et bonis refertas. Tune, postquam satis 
lusissent, factus est clamor ibi : c Ëamus, sedeamus et 
comedamus. » Cum autem sedissent ad mensam et sa- 
cerdos cum eis et deberent comedere, sacerdos ille, 
ut erat assuetus, manum levavit et mensam signavit ; 
quo facto, omnia luminaria et aba que ibi apparuerant 
evanuerunt, et demones cum maximo impetu inde 
fugerunt, et illum nudum in Lumbardia, in quodam 
cellario solo inclusum, super quoddam vas vinaticum 
reliquerunt. Qui in mane ibi inventus a domini cellarii 
servis, vix evasit quin tanquam latro suspenderetur. 
Et eum dicebat dictus frater fuisse socium suum in 
seculo. 

98. Item audivi ab alio fratre quod nuper accidit in 
dyocesi Garnotensi, eo tempore, quo crucesignato rege 
Ludovico pio Francorum, predicante Odone, venera- 
bili Tusculanensi episcopo, apostolice sedis legato, 
crucesignati sunt Francie barones, circa festum beati 
Dyonisii'. Dum quidam miles transiret per silvam cum 



1. Ma. loco, 

2. La grande assemblée tenue par S. Lonis et le légat, et dans 



90 ÉnENNE DE BOURBON. 



i^ini 



tribus scotiferis, audivit horribiles planctus 
dicencîum : c Ve nobîs, quia omnia nostra amittiimis, 
et jam pro magna parte amisimus quos diu possidera- 
mus, scilioet istos et illos principes. > Et nominabant 
eos. Et audiens dictus miles, et nomina baronum et 
militum reoognosoens quos nominabant, territus de^ 
oendit de equo, et monitus est ab altero scutifero quod 
cruoesignaretur cum eis qui secum erant, et quod hoc 
Deo promitterent ibi. Quod cum fedssent, et eciam 
crucem herbanmi de foliis accepissent in signum voti\ 
demones confusi fiigerunt et illos illesos reliquerunt. 
Qui, cum venissent versus Parisius, comperiunt illos 
fuisse crucesignatos de quibus demones plangebant, et 
in ipsa hora*. 

99. Item dicitur quod, dum in quadam platea crux 
predicaretur et homines crucesignarentur , vidit qui- 
dam beatam Virginem tenentem puerum suum et offe- 
rentem crucesignatis'. 

laquelle une multitude de barons prirent la croix, eut lieu dans 
Toctave de la Saint-Denis de Tannée 1245. (V. Le Nain de Tille- 
mont, Vie de saint Louis, TU, 87. ) 

1. Cf. len«30. 

2. Fo 213. 

3. F<» 216 v®. On a souvent cité des apparitions de ce genre, 
racontées aux croisés pour les encourager. Celle que rapporte ici 
Etienne de Bourbon parait empruntée an récit suivant de Jacques de 
Vitry : c Memini [quod], cum aliquando in quadam ecclesia de 
cruce suscipiendapredicarem, aderat ibi quidam homo Gisterciensis 
ordinis con versus, qui frater Symeo vocabatur, qui fréquenter 
divinas revelaciones et sécréta Dei oonsilia videbat. Gumque cum 
lacrimis videret multos, reiictis uxoribus et filiis et patria atque 
possessionibus^ ad crucem accedere, supplicavit Domino ut ei os- 
tenderet quale premium crucesignatis coîlaturus esset. Qui statim 
vidit in spiritu beatam Virginem filium suum tenentem, et, secun* 



DU DOIf DE PliTÉ. 91 



Quod 



100. Passio eciam Domini letificat... In historia 
ÂntiochieDsi dîcitur quod, cum Sarraoeni cepissent 
quemdam militem, rogabant ut murum asoende- 
ret turris io qua servabatur et clamaret quod Fraoci 
ioutiliter laborarent obsidendo urbem; quam cum 
ascendisset, clamavit contrarium , et quod viriliter 
obsiderent. Cujus caput crucesignati cum amputassent 
Sarraceni et cum machina Ghristianis projecissent , in 
signum adquisiti gaudii, inter manus eorum ridebat. 
Item audivi a quodam quod, cum fuisset in campo ubi 
multa corpora prostrata jacebant crucesignatorum et 
Sarracenorum, cruoesignati edam mortui videbantur 
ridere ; Sarraceni autem horribiles risus et vultus habe- 
bant^ 

Quod ad regnum perdticit. 

101. Crux eciam Domini ad regnum etemum per- 
ducit et introducit ; unde dicitur via Paradisi , pons 
regni eterni, scala et porta celi... Nota quod, sicut in 
terra Flandrie sunt fossata^ et in multis aliis terris 
magni rivi, [et,] quandonon possunt eatransirehomines 
nisi cum magno dispendio temporis et labore inveniant 
pontem, accipiunt baculos magnos vel perticas aut 

dum qnod annsqnisque signum crucis corde contrito recipiebat, 
ûlium suum illi dabat. » (Ms. 17509, f> 94.) 

1. Fo 216 yo. Ce récit rappelle Thistoire de Renaud Porquet, 
dans le poëme de la Chanson d'Antioche (éd. Paulin Paris, II, 25). 

2. C'est-à-dire, sans doute, les petits canaux dont les cam- 
pagnes de la Flandre étaient déjà sillonnées à cette époque. 



9S ETIENNE DE BOURBON. 

lanceas homines agiles, cum quorum adjutorio uno 
saltu transeunt aquam ; sic cum baculo crucis in tran- 
situ mortis crucesignati, vitando penam purgatoriam 
nimis longam, quasi uno saltu transeunt ad oelum^ 

lOS. Est eciam scala per quam oelum ascenditur. . • 
Item dicitur quod, cum quidam miles gallicus crucesi- 
goatus visisset omnia loca sancta, in terra sancta 
sequens vestigia Domini, postremo veniens ad montem 
Oliveti, ubi ascendit Dominus, expansis et elevatis ma* 
nibus ad oelum cum oculis, ait : c Domine, quantum 
valui, vestigia tua sequtus fui ; modo, quia volare ad te 
ut avis nequeo, qui alas non habeo nec scalam habeo, 
rogo te, in pace suscipe spiritum meum, trahens me 
post te. 1 Hoc dicto, statim evolavit. 

103. Item de quodam milite dicitur quod animavit 
alios contra Sarracenos pugnans, dicens gallice : c D'aaz 
ait*; » id est, Dei odium habeat, qui ultimus curret 
ad Paradisum. Quo verbo animati, alii post illum 
currerunt ad martyrium. 

104. Item alius, ut dixit dictus dominus [Jacobus], 
dixit equo suo : c bone morelle^, per multas dictas 
velociter in guerris [et] tyrociniis portasti me contra 
Deum versus infernum; modo emenda mihi, ut hac 
una die portes me in Paradisum. > Quo dicto, in 
hostes irruit, aliis relinquens probitatis exemplum^ 

1. F«2i7. 

2. Contraction des mots Dé aatie ait (qu'il ait la haine de Dieu), 
si Ton admet Texplication de Tauteur. V. Ducange, aux mots Atia, 
aatie, 

3. Morel, cheval noir. 

4. Fo 247 v>. Cf. Jacques de Vitry, f* 75. 



DU DON DE PIÉTÉ. 93 



SEXTUS TITULUS. 



DE BEATA MARIA. 



105. Sextus titulus secunde partis est de sexto, 
attractivo pietatis, id est de beatissima et piissima 
matre Salvatoris ; maximum enim attractivum pietatis 
et per pietatis graciam ad Deum, fontem pietatis, est 
Maria, mater gracie, mater pietatis et misericordie... 
Notandum autem quod septem consuevenint fieri festa 
de ea, sive ad eam specialiter pertinencia, scilicet fes- 
tum ejus Concepcionis, Nativitatis, dominice Incarna- 
cionis, dominice Nativitatis, Pmîficacionis, Assumpcio- 
nis, festum Marie ad martyres sive Omnimn sancto- 
rum*;etsunt dicta festa ad honorem ipsius instituta 
etfilii ejus... 

De festo Concepcionis. 

1 06. Primum igitur festum quod fit de ea est festum 
ejus Concepcionis ; quod festum , licet generaliter ab 
universali Ecclesia non recipiatur, cum ipsa siquidem 
beata Virgo concepta sit in peccato ex parentum car- 
nalium conjunctione , cum camali eorum dejectione, 
ex seminum admixtione, cum originalis corruptele 
conspersione, unde nec fuit sancta quando carnaliter fuit 

1. La fête de Notre-Dame aux Martyrs, instituée par le pape 
Boniface IV, fat changée par Grégoire lY en fête de la Vierge et 
de tous les saints, et, plus tard, devint simplement la Toussaint. 
On voit par ce passage que son ancien nom s'employait encore au 
ziu* siècle. 



9i ÉTIBNffB DE BOURBON. 

conœpta, nec de ea racione illius status soUempnizandus 
est, sicut beatus Bernardus ostendit îo epistola quam 
scribit contra Lugdunensis ecciesie consuetudinem, 
que cum suis suffraganeis de oonœpcione ejus festum 
facit ; venimptamen, quia est concepcio ejus spiritualis, 
scilicet que fuit facta in utero matemo quando, circa 
quadragesimum diem, organizato ejus corpore in utero 
matris, anima ejus est infusa et in utero sanctifîcata, 
ad illam secretam concepcionem debent festum suum 
retorquere qui de ea festum concepcionis célébrant, 
quando scilicet, infusa Dei gracia in utero matris, 
sanctificavit tabernam suam Âltissimus et in templum 
Sancti Spiritus dedicavit et eam ab originali [labe] 
mundavit \ 

Gum, quadam die, abbas quidam navigaret cum plu- 
ribus monachis suis per mare occidentale, vehementi 
et subita tempestate perterriti, videntes navim pericli- 
tari, invocabant sanctos, vota facientes eis. Tune abbas 
eis ait : c Invocemus Mariam, omnium sanctorum 
potentissimam. » Quam cum post alios corde devoto 
invocarent, apparuit illis angélus, dicens eis quod libe- 
rarentur ab illo mortis periculo, si Deo et béate Marie 
voverent quod festum ejus concepcionis de cetero cele- 
brarent et aliis celebrandum edocerent. Gum autem 
diem nescirent nec officium, edocti sunt ab eodem 
angelo de die ipso et officio : ait enim eis quod idem 
officium dicerent de ejus concepcione quod dicitur de 

1. Etienne soutient ici l'opinion des Dominicains de son temps 
sur la conception de la sainte Vierge. Mais il cherche à la concilier 
avec Fopinion opposée, qui est devenue un dogme de l'Église, en 
donnant de la fête célébrée à cette occasion une explication accom* 
modante, qui paraît lui être personnelle. 



DU DON Dft PIÉrÉ. 95 

nati vitale ejus, hoc mutato quod, uIm dicitur in officio 
nativitas, dioeretur concepdo. Quod quam cito se fao- 
turos promisenint. Statim facta est maxima tranquil- 
litas maris; et hec fîiit occasb hoc festum fadendi^ 

De Nativitate béate VirginU. 

107. Notandum autem, sicut dicit Johannes Beleth 
in Summa sua*, quod institutum fuit festum Nativitatis 
béate Marie Yirginis hoc modo. Quidam sanctus hère- 
mita multe contemplacionis singulis annis multo tem- 
pore consueverat audire laudes célestes in die nativitatis 
béate Marie; qui diem pluribus annis annotatam invenit 
eamdem esse diem in qua armoniam celestem audiebat 
semper, anno revoluto. Qui cum Deum rogaret instan- 
tissime ut ei revelaret que esset causa illius celestis 
exultacionis, ei revelatum est quod illa dies esset nati- 
vitatis béate Yirginis, pro qua in celo gaudebant angeli 
et collaudabant fîlium Dei. Qui heremita hoc pape rêve- 
lavit cum dictis indiciis'; qui festum hoc faciendum sin- 
gulis annis, ipso die quo dictus heremita docuerat 

i. F* 248 v<». Le manuscrit des Miracles de Notre-Dame (Bibl. 
nat., lat. 12593), qui contient, au f» 129 v<>, la même tradition sur 
rinstitution de la fête de la Conception, Jacques de Yaragio et 
Robert Wace, qui la reproduisent, placent le fait à l'époque de la 
conquête de l'Angleterre par les Normands. Wace Tattribue, 
d'après S. Anselme, à Helsin, abbé de Ramsay. (V. Hist. littér., 
XIII, 528, et le poème de V Établissement de la fête de la Concep- 
tion, éd. Mancel. Gaen, 1842, in-S».) 

1. Jean Beletb, qui enseigna la théologie à Paris vers 1182, a 
laissé un traité des Vices et des Vertus, et un traité des Offices 
divins : ce dernier porte aussi le nom de Somme; il est resté ma- 
nuscrit. (V. Hùt. littér,, XrV, 218.) 

3. Ms. revelamt contritis indiciis. 



96 ÉTIEimE DE BOURBON. 

faciendum, instituit^ Papa Innocencius quartus, in 
concilie nuper Lugdunensi, octabas ejus instituit facien- 
das ubique'. Multum autem in Nativitatis sue festo a 
nobis est honoranda, quia Dominus adeo honoravit 
eam in nativitate sua, ût, ea nascente, cum ea quasi 
nasceretur gracia et misericordia'. 

Quare beata Virgo sit dévote salutanda et laudanda 

libenter. 

1 08. Sunt autem decem cause et raciones ex quibus 
patet quod beata Virgo sit multum et devotissime sa- 
lutanda et laudanda : ...quia bonis angelis est multum 
placitum et dyabolo multum molestum. Dyabolo autem 
multum est molestum quando illa femina laudatur, per 
quam ipse victor femine in capite conteritur et vincitur , 
et quando illa salutacio recitatur, per quam et illud 
Ave dicitur, per quod dampnum Eve quasi per contra- 
rium reparatur. Unde dixit frater Guillelmus de Peyt., 
in sermone quodam super Ave Maria^ etc., quod, cum 
quidam juvenis adamasset quamdam juvenculam et 
ista penitens reliquisset peccatum ne adquiesceret 
sollicitanti, cum transiret per quamdam silvam, dya- 
bolus in specie juvenis voluit ei vim inferre. Tune illa, 
ut instructa fuerat a suo confessore quod in omnibus 

1 . La même légende sur rétablissement de la fête de la Nativité 
de la Vieiige est rapportée dans les Miracles de Notre-Dame (ms. 
cité, f» 449 v"). 

2. Le concile général de Lyon, tenu en 1245. Cette origine des 
octaves de la Nativité a échappé au docte Thomassin, comme le 
remarque Échard (I, 189). 

3. F* 218 V. 



DU DON DE PIÉTÉ. 97 

temptacionibus diceret béate Marie salutacionem, œpit 
clamare : c Ave, Maria, gracia plena, » etc. Tune 
dyabolus evanuit quasi percussus, clamando et dicendo 
quod dyabolus esset in ore ejus qui hoc eam do- 
cuerat*. 

1 09. Salutanda et laudanda est quia amissa restituit 
et réparât, quando expedit eis qui eam laudant. Unde, 
cum quidam clericus habuisset iinguam amputatam ab 
hereticis Albigensibus % veniens apud Gluniacum, in 
ecclesia béate Virginis, lioet lingua non posset, corde, 
ut poterat, eam laudabat, et laudes ejus libenter audie- 
bat. Unde, cumin quodam festo alios audiret laudantes 
et affectaret cum eis laudare, beata Yirgo novam Iin- 
guam in palato ei subito formavit et loquelam ei red- 
didit, et cum aliis subito laudare cepit ; cuji|s lingue 
recencia in ejus ostensione apparebat. Quem ego vidi 
factum monachum, et plures eorum qui viderant Iin- 
guam novam et locum priorem et interfuisse miraculo 
se asserebant^. 

De miraculis béate Marie Suessionensis . 

110. Cum quedam mulier, habens in naso et labiis 
ignem sacrum ^ venisset ad ecclesiam Béate Marie 
Suessionensis, offerens dévote candelam, extinctus est 

1. F» 225. 

2. Cf. p. 23, note 3. 

3. Fo 225 v«. Exemple cité par Échard (I, 189). 

4. Le mal des ardents ou feu sacré affectait parfois, comme on 
le voit ici, l'apparence d'un cancer. C'était la coutume de recourir 
à la sainte Vierge contre ce fléau, notamment à Paris, où ceux qui 
en étaient atteints se faisaient porter^ comme l'on sait, devant le 
portail de Notre-Dame. La maladie elle-même avait reçu le nom 
de mal de Notre-Dame. 

7 



98 ETIENNE DE BOURBON. 

ignis iUe, sed remansit deformitatis verecundia, que 
sub panne humido oocultabatur. Que, spe Gonoepta, ad 
dictum locum rediens, ut voverat, et orana, senaitpan- 
niculum elevari et subtus advenire creaturam camis 
nove, que omnem defectum supplevit et deformitatem 
amovit ab ejus facie ; lucidior tam enerat came reliqua, 
ad attestacionem miraculi ^ 

111. Item, cum quidam puerduodennis, ductusSuea- 
ûonem, vigilaret in vigilia Purificacîonis etdormisset, 
cum dicerentur matutine in ecclesia Béate Marie [et] ibi 
cantaretur responsorium : c Videte miraculum matris 
Dornini; > cum esset prius mutus, incepit ciamare quasi 
voce angelica, ita quod omnium cantancium voces su- 
peraret : c Sancta Maria! Sancta Maria! » Et retulit, 
plane loquens, quod visum ei fuerat quod illa columba, 
de celo veniens, linguam ejus et labia vellicabat*. 

112. Item, alius, octodecim annorum, cum ibidem 
adductus fuisset surdus et mutus, visum fuit ei dor- 
mienti quod due persone coronate de celo descende- 
rent, linguam et aures ejus solventes, vinculum lingue 
ejus et aures aperientes, cum sanguinis emissione per 
eas. Incepit excitatus balbutire, quia non habebat usum 
sermodis ; sed cito post plane et velociter loquebatur, 
hoc referens*. 



1. Ce miracle est rapporté plus en détail dans le livre composé 
par Hugues Farsit, vers le commencement du xui* siècle, De mira- 
culis Béate Marie Suessionensis (Bibl. nat., ms. iat 12593, f^ 64 v*). 
Suivant cet auteur, la femme s'appelait Gundrade, femme de 
Théodéric, et demeurait « in riparia ultra Axonam fluvium, qui 
preterlabitur urbem Suessonicam. » 

2. Le même livre de Hugues Farsit contient un récit à peu près 
semblable (P" 66 v»). 

3. Ce trait est aussi dans le recueil des Miracles de Notre-Dame 



DU DON DE PIÉTÉ. 99 

113. Item, cum quidam clericus Rome studeret ce- 
eus in novis et vanis cantacionibus inveniendis, penitens 
et studium suum in laudes béate Marie transferens, cum 
quadam die intraret ecclesiam Béate Marie Rotunde 
Rome, et cum alta voce inciperet hoc responsorium 
quod composuerat : c GaudCy Maria, inter cunctas 
habere 8o[dales]y > etc., visum recuperavit*. 

114. Item laus ejus a periculo libérât. . . Cum in festo 
Sancti Michaelis, ubi mare fluit et refluit bis in die, 
multi convenirent undique ad ecclesiam Beati Michaelis 
de Tumba*, et quedam mulier vicina partui cum aliis 
ibi veniret, cum alii, audientes et videntes fluctum 
venientem, fugerent ut effugerent, dicta mulier, timoré 
percussa, irruentibus in eam doloribus partus, cum 
invocaret beatam Virginem voce flebili, et illi qui erant 
in littore orarent pro ea, non valentes subvenire, affnit 
ei beata Virgo, manica sua ab ea undas maris et fluctus 
longe abigens, ita quod nec eam nec vestes ejus tan- 
geret gutta aque. Que illesa, cum filio quem peperit, 
ad littus recipitur, omnibus astantibus gracias ei refe- 
rentibus, qui eam sub mari illesam conservavit^ 

115. Item libérât a pena purgatoria. In civitate 
Papia^, in ecclesia Sancti Salvatoris, fuit prior mona- 



de Soissons (fo 67). Le jeune homme dont il s*agit, originaire de 
Cologne, 8'appelait Wasselin, et avait été élevé à Glermont en 
Beauvoisis. 

i . Exemple tiré des Miracles de Notre-Dame, contenus dans le 
môme ms. 12593 (f<» 157 v©). 

2. Ms. de Cumba, Le Mont-Saint-Michel était appelé autrefois 
Saint^Michel au Mont-de^Tombe, 

3. Le même récit, plus développé, figure dans les Miracles de 
Notre-Dame (ms. cité, P> 169). 

4. Pavie. 



100 ÉTIErmE DR BOURBON. 

chus levîs moribus, sed béate Virgini devotus, horas 
ejus dévote dicens ; qui mortuus, in fine anni apparuit 
sacristesuo, [et] querenti quomodo sibi esset respondit: 
c Usque modo maie fuit mihi, quia exilium passus sum 
in quamdam regionem in qua multis oppressus sum 
calamitatibus et miseriis, cujus princeps vocabatur 
Sevima^ id est amaritudo consummata ; sed ibi Regina 
misericordie transiens eduxit me inde, et adduxit ad 
bonum locum. > Sevirna interpretatur oonsununa- 
cio amaritudinis vel amaritudo consummata ^ 

116. Gum in monasterio Gistercii' esset quidam 
monachus plenus malis moribus, per quos abbatem 
suum offenderat, hoc boni habebat quia officium béate 
Yirginis' dévote dicebat , et ter in septimana ei missas 
celebrabat, et ei quam devocius poterat serviebat. Qui 
cum infirmitate occuparetur et misisset pro abbate suo 
ut ei reconciliaretur, cum eum infirmitas urgeret, ro- 
gavit fratres ut irent ad ecciesiam et rogarent beatam 
Yirginem ut eum eriperet a dampnacione et ut daret 
ei ut abbati suo reconciliaretur ; quod cum fecissent, 
cum redissent, invenerunt eum sine sensu et motu, ita 
quod crederent eum esse mortuum. Postquam diu ali- 
quantulum expectassent, qui credebatur mortuus, re- 
sumpto spiritu, subito clamare cepit : c domina 
sancta Maria ! o domina sancta Maria! gracias ago tibi, 
quod a dampnacione mihi parata me liberasti, et filium 
tuum rogasti ut me eriperet et conmiunionem reci- 

1. F» 226. Cf. les Miracles de Notre-Dame (ma. cité, f» 126). On 
lit, dans ce texte, Sinyma^ au lieu de Sevirna, et l'explication da 
mot n^est pas donnée. 

2. Ms. Cirsesii^ forme qui ne répond à aucun nom d'abbaye. 

3. Le petit office de la sainte Vierge, en usage dès cette époque. 



DU DON DE PIÉTÉ. 101 

perem et alia sacramenta. » Gonfessione autem facta 
priori suo, qui hoc retulit, et susceptis omnibus saera- 
mentis, veniam petens ab omnibus, in cinere positus, 
lenis spiritum emisit ; quem fratres , in attestacionem 
miraculi, non cum aliis, sed in capitulo sepelierunt*. 

117. Laus eciam béate Marie salvat, quod patet per 
antecedencia. . . Item, cum abbas Johannes de Bella- 
villa' laboraret in extremis et diu fuisset quasi mor- 
tuus, raptus, rediens etplangens, et adjuratus a circum- 
stantibus quod eis diceret quid viderat, ait : c Hoc 
solum Yobis dico, quod vobis sufficiat : qui vult esse 
salvus fréquenter salutet beatam Virginem. > Quo 
dicto, emisit spiritum. Hic autem devotissime béate 
Virgini serviebat, et frequentissime in ore salutacionem 
ejus habebat. De dicto abbate dixit mihi quedam ma- 
trona quod fréquenter viderat cum celebraret et incli- 
naret seipsum, quasi béate Yii^inis cum filio speciem 
perstringentem inter brachia sua; hic autem béate 
Virgini devotissimus erat^ 

Quamodo et quare institutum [est ut] Salve Regina 

post complétas cantaretur. 

118. Cum, in principio ordinis Predicatorum, demo- 
nes totis viribus laborarent ad infestacionem fratrum, 
non solum invisibiliter et spiritualiter temptando et 
impugnando, inmio eciam multos materialiter et cor- 
poraliter afiligendo, apparuit aliquando dyabolus 

1. P« 226 y. 

2. BeUeyille-sar-Saône, patrie de Tantenr, où un monastère 
consacré à la sainte Vierge existait depuis le siècle précédent. 

3. F* 227. 



102 ETIENNE DE BOURBON. 

Jordano bone memorie, dicti ordinis magistro \ ut 
audivi ab aliis de eo et ab eo de quodam fratre non 
se nominando, dicens quod, si vellet tantum faoere, 
scilicet quod eum predicando non molestarent sui 
fratres, ipse eos in pace dimitteret ; eum autem re&- 
pondisset ei quod ipsi propter eum a predicacione 
non cessarent, sed forcius instarent» ipse quantum 
poterat forcius fratres impugnabat. Unde ordinavit 
dictus Jordanus quod per totum ordinem, finitis matu- 
tinis, responsorium de angelis c Te sanctum Dominum » 
eum alta voce cantaretur, pro adjutorio bonorum 
angelorum invocando. Per quod eum non cessaret 
demonum sevicia, statuerunt ut post complétas alta 
voce c Salve y Regina misericordie > cantaretur» ad 
adjutorium béate Virginis implorandum contra demo- 
num seviciam ; et ex tune, per ejus misericordiam, 
demones, qui maxime solebant de nocte fratres vexare, 
magis infrenati sunt, ne possint desevire ut prius ; et 
exemplo fratrum multe ecclesie idem facere statue- 
runt'. 

De jejuniis et vigiliis béate Virginis. 

119. Licet autem, secundum institucionem, non 
fieret de ea nisi vigilia Assumpcionis ejus, tamen 
multi, ex devocione quam habent ad eam, omnium 
festivitatum ab Ecclesia institutarum jejunant vigilias, 
eciam multi in pane et aqua, hac eciam intencione 
multi, ut ipsa eis optineat ne moriantur inconfessi ; et 

1. Jourdain de Saxe, deuxième général des Frères Prêcheurs, 
mort en 1237. 

2. Fo 227. 



DU DON DE PIÉTÉ. 103 

licet mala sit in hoc supersticio et abusio reprobanda, 
quam quidam habent circa ejus misericordiam, confi- 
dencia bac faciendo mala securius, quasi faciendo bec 
jejunia non possintbinc migrare impénitentes et incon- 
fessi, devocio tamen pia circa bujusmodi jejunia est 
approbanda, ut in hiis jejuniis intendant ut per suam 
misericordiam impetret eis graciam ad Deum convei^ 
tendi et penitenciam hic agendi. 

Item legitur quod quidam fur habebat boni quod 
vigilias béate Marie in pane et aqua jejunabat, et, cum 
iret furari, semper AvCy Maria dicebat, roganseam ne 
dimitteret eummori in peccato illo. Cum autem captus 
suspenderetur, per triduum pependit, nec potuit 
mori. Cum autem vocaret transeuntes ut advocarent 
ei sacerdotem, adveniente eo et preposito cum aliis, 
removetur a patibulo, dicens quod virgo pulcherrima 
sustentaverat eum per pedes per triduum ; promittens 
emendacionem, liber dimittitur ^ 

\%0. Idem fere accidit [apud] Assonam' de alio 
fure, qui, similiter a suspendio liberatus, diu [mansit] 
serviendo béate Virgini in eadem ecclesia, campanas 
pulsando et ecclesiam mundando; sed ad ultimum, 
miserioordia béate Yirginis abusus et confisus de con- 
simili, rediit iterum ad furta, et mortem quam prius 
evaserat incurrens, ingratus postea non evasit, ut 



1. Cf. les Miracles de Notre-Dame, ms. cité, f« 123. C'est à pen 
près le sujet d'un fabliau publié par Méon {Nouveau recueil, II, 
443), et d'une pièce publiée par Th. Wright {Latin Stories, n« 109). 
Il y aurait là, d'après VHistoire littéraire (XXIII, 75), une vieille 
tradition défigurée, dont il faudrait chercher l'origine dans les vies 
des Pères. 

2. Probablement pour Àussoniam (Auxonne). 



104 ETIENNE DE BOURBON. 

audivi a multis incolis ioci illius, qui hoc et eum se 
novisse asserebant. 

121. In comitatu Nivemensi, anno Domini H^ GC® 
xx^ Y°, fuenint très fratres a quodam castellano exhe- 
redati : facti sunt eschivi \ milita mala facientes ; duo 
eorum, capti, suspensi sunt; tercius, confessus cuidam 
religioso, dicebat quod penitenciam libenter faceret, 
sed cessare non posset usquequo fratres suos vindi- 
casset et oocisorem occidisset. Cum autem postea a 
familia militis occisoris firatrum ejus inventus esset 
totusvulneribus dissipatus etevisceratus, captus, nullo 
vulnere poterat occidi vel loquelam amittere, sed 
dicebat quod non possent eum occidere nisi sacer- 
dotem prius haberet, cui confiteretur et eudiaristiam 
ab eo reciperet. Hiis dictis, afiuit sacerdos, cui dixit 
quod béate Marie voverat vigilias ejus in pane et aqua, 
ut eum mori non permitteret sine confessione et 
communione, et hoc votum in malefactis suis nunquam 
voluerat transgredi pro aliqua neccessitate. Facta 
autem confessione et recepta communione, statim 
mortuus est. Militem illum, diclum dominum Petrum, 
qui suspendi fecerat duos firatres, dicit ille qui scripsit 
miraculum se vidisse et hoc ab illo audivisse*. 



1. Fugitifs. 

2. Cet exemple est emprunté presque textuellement à on recueil 
de légendes contenu dans le ms. 111 de la bibliothèque d'Auxerre 
(f^ 80 v«). L'auteur de cet opuscule, qui atteste^ en effet, avoir yu le 
chevalier en question et mangé à sa table, donne le fait comme 
récent et le place à la même date de 1225. I^a comparaison de son 
texte avec celui d'Ëlienne prouve l'exactitude des souvenirs ou des 
citations de ce dernier. (V. l'analyse de ce ms. faite par M. L. De- 
lisle dans le Cabinrt historii^ue, U XXIII, p. 4 et suiv.) 



DU DON DE PIÉTÉ. 105 

152. Idem fere accidit in dyocesi Matisconensi S 
sicut mihi retulerunt qui afiuerunt. Gum, in sequenti 
nocte Resurrectionis domidice, familia episcopi acoen- 
disset mirabiliter castrum Hupis dicte de Sulistri ', loco 
quod cornes Matisconensi^^ episcopo subripuerat et 
Judeis servandum dederat, omnes quos in rupis qua- 
dam turre invenerunt percosserunt et de rupe altis- 
sima precipitavenint ; qui omn^s continuo sunt mortui, 
uno excepto, qui, licet moles maxime proicerentur, 
quibus atterebatur, non poterat occidi, et dicebat 
quod non poterat occidi nisi sacerdos veniret, cui 
confiteretur et qui ei communionem daret, quia vove- 
rat in pane et aqua et dîu fecerat bas vigiiias; qui, 
recepta communione, confessione facta, statim nior- 
tuus est. 

153. Item audivi quod, cum quedam nobilis vidua 
haberet unicum filium parvulum in cunabulis, et 
domus in qua puer erat combureretur, nec posset 
extrahi, vovit béate Virgini quod, si puerum suum 
ei redderet, singulis annis in pane et aqua vigiiias 
ejus faceret, et panem magnum cere singulis annis in 
vigilia Assumpcionis ejus offerret. Puer autem dictus 
in domo combusta in cunabulis illesus inventus est. 
Cum autem factus esset grandis, et eadem domus 
combureretur, et ipse et quidam alius extraherent 



1. Mb. Matiscenci. 

2. Le château de Solustré (Saône-et-Loire) , enlevé aux cha- 
noines du lieu par le comte Girard de Màcon, fut racheté par 
Aimon, évéque du même lieu, mort en 1242, qui avait enduré à 
ce sujet une longue lutte et môme la prison. (V. Gall. Christ.^ IV, 
1078.) 

3. Mb. Matiscensis. 



106 ETIENNE DE ROURBON. 

archam de œllario domus, oum essent in exitu, trabes 
ignée oecidenint super archam, et, fugiente socio, ille 
intus indusus remansit, matre foras lamentante et 
beatam Yirginem adjurante, per votum quod feoerat 
et voverat et solverat, quod ei filium suum vivum con- 
servaret. Ille autem hoc videns fugit ad angulum 
cellarii, beatam Yirginem invocando, ubi, cellario com- 
busto, ipse adeo comburitur, ut in eo humana species 
non appareret. Gum autem post diem integrum vel 
plus educeretur et mortuus crederetur, cepit primo, 
flente matre, suspirare ; postea caro innovata est eî, 
[et] factus est sanus. Attendens graciam sibi factam, 
factus est miles de ordinellospitalariorum. Gum autem 
cera reservaretur in cellario supra iBnem cujusdam 
trahis, toto cellario combusto et ipsa trabe usque ad 
oeram, quam mater ibi servabat pro voto complendo, 
sola cera intégra et illesa inventa est, et illa sola pars 
trahis cui supererat cera dicta. Hoc mihi dixit cui 
accidit, in periculo anime sue. 

ISli. Sunt eciam quedam vigilie et jejunia béate 
Marie non institucionis, sed devocionis, ut dies sab- 
bati, quam quidam jejunant in honore ejus in pane et 
aqua, aliqui ex astrictione voti, aliqui ex devodone 
mera et voluntate. Aliqui eciam jejunant diem illam 
per totum annum absque carnibus, aliqui in quadra- 
gesimali cibo, alii in pane et aqua, in qua evenit dies 
dominice Annunciacionis , confidentes quod beata 
Virgo, si hoc usque ad septennium compleverint, per 
hoc trahat eos ad bonum finem. Et quoddam miracu- 
lum et dignum memoria audivi in Romana curia fac- 
tum, cujus memoriam non teneo, per quod permoti 
multi magni clerici, curiales et alii, diem illam per 



DU DON DB PIÉTÉ. 107 

totum annum jejunabant, et ad alios per multas terras 
hujus jejunii devocio devenit K 

Quod ipsa sit mater misericordie . 

1 25 . Gum, in Burgundia, quidam monachus ante alios 
surrexisset et horas et alias oraciones béate Virginis 
diceret, cepit horribiliter clamare prefocatus : fratres 
surgerunty et eum mortuum invenerunt. Très priores 
audierunt voces in aère, sed intelligere non potuerunt. 
Abbas, dubitans utrum sic mortuus deberet cum aliis 
sepeliri, injunxit oracionem fieri, ut super hoc certifi- 
caretur : ipsa nocte, apparuit dictus irater per somp- 
nium pluribus, dicens se adeptum misericordiam per 
Reginam misericordie, quia, cum eum sic suffocatum 
demones râpèrent [et] flagellarent, ad infernum secum 
trahentes, occurrit illis beata Regina misericordie, eau- 
sam querens. < Cum autem multa mihi obicerent, et 
illa diceret quod in ejus servicio me ceperant, quod ei 
eram assuetus impendere, ejus racionibus et splendore 
territi fugerunt ; ipsa autem me duxit ad locum ubi 
securus expecto diem et gloriam resurreccionis. Vos 
me cum aliis sepelite. » Quod ipsifecerunt honorifice'. 

1. Fo*227 y>, 228. Ëchard, 1, 189. Ce passage, attestant rancienne 
coutume de jeûner le samedi et le jour de l'Annonciation en l'hon- 
neur de la sainte Vierge, est en môme temps un indice de la 
bonne foi de l'auteur, qui n'ose pas rapporter un miracle dont il 
n'a gardé qu'un vague souvenir. La môme coutume est aussi cons- 
tatée par Jacques de Vitry : c Multe hodie virgines et juvencule 
in honore béate Virginis, in die Annunciacionis, in diebus sab- 
bati, vel per totum annum, consueverunt jejunare. i (Ms. 17509, 
f 147.) 

2. F« 228 v«. 



108 ETIENNE DE BOURBON. 

Quod temptacianes camis réfrigérât. 

1 26. Propter hoc autem quod temptaciones maxime 
carnis réfrigérât, comparatur ebori, quod pamium 
lineum quemcumque combustioni aptum conservât 
illesum, si adhereat ei, sicut cum carbo superponitur 
panno lineo qui ebori conjungitur et superponitur... 
Legitur in vita beati Dominici^ quod, cum magister 
Reginaldus, decanusAurelianensis', ei devotus, Rome 
laboraret in extremis et esset ab omnibus medicis, 
quasi desperatus, relictus, apparuit ei beata Yirgo 
cum duabus pueliis, quarum altéra portabat ordinis 
Predicatorum habitum, qui ordo novus erat et incogni- 
tus, et altéra unguentum ; quem inunxit beata Yirgo 
supra membra singula, exprimens certam formam ver^ 
borum, et ostendit ei habitum ordinis predicti, quem 
monuit eum suscipere. Et cum pedes inungeret, dixit : 
c Ungo tibi pedes in preparacionem euvangelii 
pacis >; cum renés, dixit : c Gonstringantur renés 
isti cingulo castitatis. » Et promisit ei quod die tercia 
rediret et plenam sanitatem ei daret. Cum autem, die 
tercia, coram dicto magistro esset beatus Dominions 
et quidam frater hospitalarius, afiuit beata Yirgo, que 
eciam non soium liberavit dictum Reginaldum ab infir- 

1. La vie de S. Dominique par Constantin, évèque d'Orvieto. Le 
môme trait est aussi rapporté par Jourdain de Saxe; mais le récit 
d'Etienne est plus conforme au texte du premier de ces biographes. 
(V. Script, ord. Prœd., I, 18, 30.) 

2. Regnauld ou Réginald, doyen des Frères Prêcheurs d'Orléans 
et l'un des premiers compagnons de S. Dominique, est célèbre 
dans son ordjro. (V. ibid., 1, 89.) 



DU DON DE PIÉTÉ. 109 

mitateoorporis, sed a temptadone carnis, itaut postea, 
factus frater Predicatorum ordinis et egregius predi- 
cator, primum eciam motum carnis ex ipsa unctione 
ejus non jsentiret, ut ipse postea fuit confessus... 

1 27. Quod beata Virgo a temptacione carnis libérât : 
referebat frater Romeus', quondam prior provincialis 
Provincie, vir religiosus, quod, cum quidam confite- 
retur fratri Johanni de Monte-Mirabili , de ordine 
Predicatorum, qui fuerat magnus archidyaconus Pari- 
siensis', magne littérature et consilii, sepe de carnis 
lubrico, et diceret ex consuetudine se continere non 
posse, dictus frater consuluit ei et injunxit quod, cum 
insurgeret temptacio, invocaret béate Yirginisauxilium, 
eam salutando et predicando. Cum autem, quadam 
nocte, gravis insurgeret ei temptacio et solito gravior, 
surrexit a lecto, prolixius orans et eam salutans. Cum 
autem fatigatus obdormisset fortiter, visum fuit ei 
quod beata Virgo adveniret et quod eum per capillos 
traheret, quod eum excoriaret; ad quod excitatus, 
cucurrit ad lumen, et vidit se habere novam pellem; 
ex quo nec motus carnis nec incentiva libidinis sensit. 

128. Item referebat idem frater, in sermone quo- 
dam, quod, cum quidam miles quamdam dominam 
devotam béate Virgini assidue soUicitans inclinasset 
usque ad consensum turpem, et assignasset ei diem et 
horam quo eum reciperet, cum esset illa hora, cogi- 
tavit illa domina quod prius diceret vesperas béate 
Virginis antequam aliquid turpe faceret; quas cum 



1. Romée de Levia. V. les n*« 27 et 230. 

2. Jean de Montmirail est encore cité plus loin, u^ 449. Échard 
ne dit rien de ce religieux. 



110 ÉTDENNE DE BOURBON. 

diceret, penituit promissi, sed oogitavit quod curialiter 
militem remitteret. Quijam ad eam veniens expecta- 
bat ; sed post, ut consueverat , cum diceret vigilias 
defunctorum, vidit miles manus infinitas de terra con- 
surgere, quasi supplicantes ei et gracias agentes. Cum 
autem post continuaret completorium béate Virginia 
et in fine dévote Salve j Regina diceret, miles longe 
stans, territus in prima visione, magis terretur 
secundo, videns beatam Virginem de celo cum choro 
Virginum assistentem sibi cum immenso lumine, et, 
fînita antiphonapredicta, ad celos redeuotem. Accessit, 
eo facto, miles ad eam, non eam impetens, sed oracio- 
nes ejus petens et visa referens, Deo et béate Yirgini 
vovens quod in proprio patrimonio de proprio abba- 
ciam faceret, si dicta domina fieret abbatissa et Deo et 
béate Yirgini in perpetuum serviret; quod et fecit^ 

1S9. Item dicitur quod quidam miles fuit, dominus 
cujusdam castri in Alvernia, cui dyabolus in humana 
specie servivit per duodecim annos, volens déferre 
eum, si eum aliquando inveniret immunitum, propter 
maleficia sua. Cum hoc revelatum fiiisset cuidam 
sancto viro, accessit ad castrum, dicens se velle loqui 
cum familia ejus. Gum autem dyabolus eum videns 
vellet subterfugere et latere, fecit eum vocari ; et adju- 
ranti illo sancto^ quod diceret quid quereret et quis esset, 
dicit se esse dyabolum, et quod per duodecim annos 
expectaverat quando posset deportare dominum illum, 
sed non potuit, quia singulis diebus septem vicibus 
cum flectione genuum beatam Vii^inem salutabat et 

4. F» 229. 

2. Ms. illo facto. 



DU DOIT DE FIÉTÉ. 111 

septem Pater noster dicebat. Âdjuratus ex parte béate 
Yirginis, cadaver fedum in quo erat relinquens, 
ftigit^ 

Quod punit et flagellât. 

130. Persequutores suos et suorum punit, et fla- 
gellât sibi et suis injuriam inferentes. Gum, anno 
Domini m"" g"" lxxx"" vn"", rex Philippus et Ricardus 
pugnarent, cum Goterelli intrassent vicum Dolosum', 
destruentes omnia et crementes, ex parte régis 
Ricardi, fidèles ad ecclesiam fiigientes coram ymagine 
béate Yirginis lapidea orabant [Deum]» ut eos béate 
Marie precibus liberaret. Sed dicti Ck)terelli ibi inve- 
nientes eos irridebant» blasphemias proferentes. Unus 
eorum, lapidem proiciens, frangitbrachiumpueri, de 
cujus utraque parte sanguis maximus erupit, quo lapi- 
des fuerunt cruentati. Ipse autem percussor et blas- 
phemus, arreptus a dyabolo et horribiliter vexatus, 
expiravit. Multi curati sunt ibi ad tactum sanguinis. 
Rex autem Ânglie illi ecclesie privilégia et dona 
donavit '• 

1. Fo 229 v«. 

2. Déols (Indre). 

3. Ge miracle est rapporté par plasieurs historiens du temps, 
notamment par Rigord et par Gervais de Gantorbéry (D. Bouquet, 
XYII, 24, 667). Us le placent tous deux à la même date qu'Etienne 
de Bourbon (1187). Gette année-là, les armées française et anglaise 
furent sur le point d'en venir aux mains auprès de Déols : les 
Gotereaux avaient été envoyés par Richard, comte de Poitiers, fils 
du roi d'Angleterre, au secours de ses troupes. Rigord ajoute que 
le plus jeune fils de ce prince, Jean sans Terre, emporta respec- 
tueusement, comme une relique, le bras de la statue mutilée. 
(D. Bouquet, ibid., et XVIII, 629.) 



118 ÉTIKNME DE BOURBON. 

131. Item, cum quidam institor, [ad] augendum 
lucra, membra Ghristi et alionim sanctorum impune 
blasphemando jurasset, nil mali sustînuit. Cum autem 
per mamillas béate Virginis juraret, cecidit mortuus, 
extracta lingua teterrima. 

132. Item, anno Domini dgggg^ xi^S Rollo, dux 
exercitus Normannorum, multas terras vastaos stra- 
gesque Francorum faciens, obsedit Garnotum, cujus 
episcopus, Galcellinus* nomine, confisus in beata 
yirgine, convocato Ricardo, duce Burgundie, et Ebalo, 
comité Pictavie^, cum suis aggressus est hostium 
infinitam multitudinem, habens tunicam béate Virginis 
pro vexillo, que ibi servabatur ; qua visa, hostes adeo 
sunt excecati, ut nescirent quo irent quove se verte- 
rent. Garnotenses autem, videntes eos insensibiles et 
quasi ameutes, in eos nimis immisericorditer seviuut 
et eos cedunt et occidunt, dum se nonpossint juvare. 
Et, quia béate Marie non placuit, sublata est de medio 
ejus tunica et disparuit, et hostes, visu recuperato et 
viribus, in fuga iabuntur, et civitas liberatur, viduata 
tam precioso thesauro. Ex quo patet quod ubi adest 
divinum judicium, humanum non estadhibendum^ 



i . Ms. Lxxxo XGViiio, ce qui ne veut rien dire et m'autorise à 
remettre la date véritable. Ëchard a lu dccg ii g. 

2. Pour Gantelmus. L'évéque de ce nom siégea de 898 à 920 
environ. 

3. Richard, duc de Bourgogne, et Ébles, comte de Poitiers, duc 
d'Aquitaine, défirent les Normands en 911. 

4. F« 231. Cette dernière anecdote est citée par Ëchard (I, 190). 
Il en juge la première partie empruntée à Roger de Hoveden et 
ne se prononce pas sur l'origine de la seconde, qu'il faut sans 
doute chercher dans une tradition locale. La première figure aussi 
seule dans les Miracles de Notre-Dame (ms. 12593, f^ 147 v«). 



DU DON DE PIÉTÉ. 113 

1 33. Item accidit apud Gluniacum nuper, anno sci- 
licet Domini M^ ce** XL° \f\ me existent e ibi, ut 
audivi a pluribus, cum quidam tabemarius, diesabbati 
ante Âdventum, vendendo vinum et recipiendo pre* 
cium, tota die Ghristum blasphemasset, cum circa 
nooam coram hominum multitudine per linguam béate 
Yirginis jurasset, eam blasphemando, usum lingue sue 
perdidit, et eam turpiter extrahendo, subito coram 
multitudine percussus, comiit mortuus'. 

Qtiod servientes sibi a tribulacione libérât. 

1 34. Fuit in comitatu Flandrensi abbatissa quedam, 
quam comes consilio malignorum dejecit a dignitate ; 
que venit ad quandam inclusam, que credebatur spiri- 
tum prophecie habere. Ipsa malefica et simulatrix 
cum dyabolo loquebatur. Cum autem dicta abbatissa 
quereret ab ea consilium quomodo recuperaret amis- 
sam dignitatem, et illa super [hoc] privatum sibi 
demonem consuleret, respondit quod, si dimitteret 
dicta abbatissa dicere salutacionem angelicam et can- 
ticum Marie et Elizabeth et Zacharie, que dicebat 
singulis diebus in honore béate Marie, recuperaret 
dignitatem ; quod cum audiret abbatissa, ait hoc non 
esse salutare consilium, [et] quod pro aliqua re ab hac 
consuetudine non recederet. Ideo beata Yirgo cor 
comitis ad penitenciam movit, et eam statim vocatam 
in honore suo restituit, et ampliorem honorem ai 
donavit. 

i. L'auteur écrivait ceci huit ou dix ans après. 
2. F» 231 v«. 

8 



114 ftilUUU BB 

435. Item afiod fiddiom nuradone compsntiini 
est, qpod qoedim abbatissa, béate Tirgiiii dévote 
viens, sob arta cmtodia servabat sibi sobdilas 
les, KeeneiasÎDiitîlesnegaDs; ex qaa causa eis est odîo 
baAiita. Camaatem, eisprocuraiitîbas, esaet bMspregotiaL 
éL aedocta, bcti penilens et graTÎler dolens, hod ces- 
sabat eas arte costodire et beatam [Virginem] rogare. 
A{^Mt>piix|Qaiite parto et utero ÂDtamesœnte, aocusa- 
tur episoopo SQO, qoi desoendk ad fiffitom îoqoirendnB. 
Cum autem in maoe esséL fadenda inquisido, tota 
node se ooofailit ad rogandam beatam Virginem, hdLn 
prias corn lacrimis omfessioDe. Appamit ei dormienti 
beata Yirgo, diœns ejus preœs a filio suo exauditas 
pro vema (^tineoda et omfusioiie vitanda, et dixit 
duobus angelis, qui eam oomitabantur, ut eam libéra- 
rent A onere pœri et eum cuidam indoso vidoo 
deportarent alendum ex parte ipsius, moDens eam ut 
de oetero situ caveret et invigilarrt in custodia sut et 
suarum. Que evigilans invenit se ab omni onere et 
dolore liberatam. In mane in capitulo aocusatur : 
negat se esse pregnantem ; inquiritur : inv^tur vacua 
et sana et intégra ; quod noscens episoopus, prostra- 
vit se ad pedes ejus, yeniam petens pro illatis injuriis 
et oonvidis et imposito crimine, volens de abbada 
emittere omnes qui eam infamaverant. Illa autem hoc 
non ferens, apertam episcopo veritatem fatetur, et 
invenit per indusum quod duo juvenes ei puerom 
deportaverant ex parte béate Marie alendum usque 
ad septennium. Episcopus autem, pueri curam 
ageos, instrui eum fecit et imbui litteris et mon- 
bus, et eum instructum reliquit sui in episcopatu 



DU DON DE PIÉTÉ. 115 

suocessorem et egregiiun béate Maorie predicatorem, 
etc.' 

436. Item legitur qaod qaidam imperator Roina- 
nus axorem habuit pulcherriinam et castissimam ; 
qui, reoedens pro negociis imperii, snb custodia Fra- 
tris sui uxorem et terram dimisit. Gujus allectus 
frater pulcritudine, impetivit eam pronrissid et minis 
et viotenciis. Gum autem ipsa bec omnino respueret et 
se ab eo viriliter defenderet, adveniente imperatore, 
frater precurrens, ut Egypcia Joseph, crimen retor- 
quens in eam, viro suo eam accusavit; cûi leviter 
credens, eam sibi accurrentem pugnis et pedibus ver- 
berans, duobus ejus servis eam tradidit, ut furtive 
eam in silvam ducerent et decapitarent : ubî, ejus 
allecti pulcritudine, cum primo eam vellent violare, 
et illa se pro viribus defenderet et béate Yirginis, cui 
dévote servierat, adjutorium alta voce advocaret, 
quidam nobilis peregrinus transiens et clamorem 
audiens accurrit, et, ea liberata, occidit servos, et 
secum adduxit et uxoris servicio eam mancipavit, et 
puerum suum nutriendum tradidit. Quam cum intérim 
impeteret frater domini sui et ipsa non consentiret, 
sed viriliter cum pugnis cedens se defenderet et san- 
guinem ei faceret, ille, volens sibi illatam injuriam 
vindicare, ea dormiente, filium fratris extinguit juxta 
eam. Ideo dominus ille nantis eam tradidit, ut eam in 
perpetuum exilium relegaret. Cum autem ipsi eam 

i. Cette histoire fait partie des contes dévots de Gautier de 
Goinsi. Y. Méon, Nouveau recueil de Fabliaux (II, 314) , Th. Wright, 
Latin Stories (n" 38) , et les Miracles de Noire-Dame publiés par la 
Société des anciens textes français (I, 57). 



116 ETIENNE DE BOURBON. 

vellent opprimere vel in mari submei^ere, ipsa 
omnino noo adquiesceote, eam in quamdam insulam 
dimiserunt, ubi ei in arto posite beata Yirgo appaniit, 
eam confortans, et docuit eam quamdam herbam 
cognoscere, cujus virtute curabantur' infîrmitates 
desperate, et maxime per hanc leprosi curabantur, 
peccata sua confîtentes. Gum aliqui ad famam tante 
curacionis venirent, dominus ejus, adducens fratrem 
suum, illum qui eam opprimere voluerat et infantem 
occiderat, factum pessimum leprosum, et dioeret, 
cognoscens eos et incognita ab eis, quod prius ad 
curam tantam oporteret eum coram fratre suo onmia 
peccata sua confiteri et coram astantibus, cum, aliis 
confessis, id predictum retineret peccatum et nil ei 
proficeret medicina, dixit illa quod adhuc peccatum 
hoc retinuerat, pro quo curacio ejus impediebatur. 
Fratre eo assecurante et monente ut diceret omnia, 
confessus dictum facinus, a lepra curatur. Âd hanc 
famam commotus imperator, fratre suo facto leproso 
corruptissimo, facit eam adduci ad se, honorabiliter 
rogans eam pro curacione sui fratris : cui respondit 
quod aliter curari non posset, nisi culpa sua coram 
onmibus preconfessa. Gum autem alia confiteretur et 
id quod in eam conmiiserat retineret nec curaretur, 
monente fratre eum et assecurante, vix tandem con- 
fitetur scelus in eam commissum. Gum autem impe- 
rator inconsolabiliter pro ea doleret, non cognoscendo 
eam, ipsa eum advocans, firatre curato, temperavit 
eum ab odio fratris; et, eum ei coUoqueretur, per 

i. Ms. curabuntur. 



DU DON DE PIÉTÉ. H7 

aliqua sibi data eam oognoscens recepit, in gaudium 
dolore commutato. Et postmodum facta est monialis, 
et beatissime Marie devotissime servivit^ 

Quod honorât et exaltât etemaliter. 

137. Item honorât eternaliter, quod eciam satis 
patet per illos ad quorum exitum fuit... Legitur in 
vita beati Dominici % qui multum Juerat ei devotus, 
quod, illa hora qua migravit ad Dominum frater Guala, 
prior tune Bricie fratrum Predicatorum, postea epis- 
copus ejusdem urbis ', vidit duas scalas a terra usque 
ad eelum prominentes : in ymo earum erat beatus 
Dominions; harum capita et summitates Dominus 
Jbesus Ghristus tenebat, alterius beata Virgo sum- 
mitatem, et sic paulatim sursum ferebant eas, et 
per eas in celum cum eis et in eis beatum Dominicum 
elevabant; et hoc vidit in Bricia dictus frater illa hora 
et die qua beatus Dominicus migravit, apud Bono- 
niam, et hoc predixit. 

Notandum autem quod ista miracula [seu] eo- 
rum plurima collegimus de libris diversis de mira- 
culis ejus scriptis, quorum conscriptores non sunt 
mihi onmes cogniti, nec tituli libronim hoc declara- 

1. Fo 231 yo, 232. On reconnaît ici la légende d'origine 
orientale appelée quelquefois légende de Grescentia, qu'on retrouve 
dans Vincent de Beauvais, dans les Gesla Romanorum, et dans 
beaucoup d'autres sources, énumérées par Bœckstrœm, Svenska 
FolkbcBcker, 1, 264, et G. Paris, Hist. poétique de Charlemagne^ p. 396. 

2. Le trait qui suit est rapporté par les deux biographes con- 
temporains de 8. Dominique, Jourdain de Saxe et Constantin, 
évoque d'Orvieto. (V. Script, ord. Prced., I, 22, 36.) Etienne le 
raconte une seconde fois plus loin {d9 509). 

3. Guala, élu évéque de Brescia en 1229, mourut en 1244. 



118 ÉTIEimS DB BOURBON. 

bant, nec mihi constat de O0iqi[uiii] veritate; aed'hoc 
scio quod mater Dei omnipotentis, ista oimiia bénéficia 
misericordie potest facere, et longe ampliora et majora 
et potest facëre et fecit. Hoc tamen sciendum, quod 
eorum plurima dicitur sanctus Petrus, Tarentasiensis 
archiepiscopus, compilasse; quedamalia sanctus Hugo, 
Gluniacensis abbas, et Petrus Gluniacensis, alia Urba- 
nus papa, alia Petrus Damiani, Ostiensis episcopus, 
ieguntur scripsisse'. 

[QtfOdt] siH devotoê exaudit. 

138. Tempore scismatis quod fuit inter Innocen- 
cium et Petrum Leonis, beatus Bernardus venit ad 
Ytaliam pro pace reformanda *; quod audiens quidam 
vir sanctus, jqui, soli Deo volens vacare, reliquerat 
omnia, bonis habundans operibus et gravi infirmitate 
laborans, misit ad eum, ut se ejus oracionibus com* 
mendans securior exiret. Qui, cum urgentibus negociis 
non posset venire, mandavit ei quod securus esset, 
quia ante beatam Virginem opportebat apparere, et 
rogavit eum ut genua flecteret coram ea pro eo, 
rogans ex parte ejus ut dicto scismati finem impone- 
ret, in quo multum sanctorum paciencia ledebatur. 
Quo de facto, cuidam alteri visum est sancto quod in 
quadam magna ecclesia congregabatur concilium, et 
in medio coUocabatur cathedra excelsa, et in sedilibus 

i . Fo 232 v^ 

2. Le schisme d'Anaclet ou Pierre de Léon, antipape opposé à 
Innocent II, dora de 1130 à 1138, et se termina par la mort du 
premier. S. Bernard fit à cette époque un séjour de trois années en 
Italie, pour défendre les intérêts d'Innocent, et ne revint en France 
qu'en 1138. 



DU DON DE PIÉTÉ. H9 

sedebaot cardkialies, abbatesS archkpisoopi, episoopi 
et multitudo aliorum magnomm, et in magna cathedra 
PetruB Leonis, papa Anacletus dictus. Yenit ibi que- 
dam domina apeciosîfiaima, ante quam venit quidam 
senior indutus sacco poetremus, et cambuscam auam 
ad columpnam ecdesie appodiavit. Gui dixit dicta 
domina : « Gur ita tarde venisti, domine senior? » 
Et de altari descendens, accepit cambuscam dicti 
senioris; et girans eam, percussit cuspide ejus gutr 
tur dicti Pétri Leonis, dicens : c Gur sedere pre- 
sumpsisti in sede quam filius meus conoessit Petro 
apostolo et successoribus electis canonice? » Et hoc 
dicto, visio disparuit. Petrusautem Leonis, gutture in* 
flato, mortuus est, et Ëcclesia in unum' redacta, pace 
sibi reddita. Et sic patet quod preces servorum suo- 
rum exaudit Deus per eam ^ 

[Qtfod] ^t^t devotos secum recipit. 

139. De monacho qui nomen béate Vii^nis con- 
sueverat vel consuetus erat scribere tribus coloribus, 
auro, minio, croco, quando in libris occurrebat, 
conscribebat, et ejus horas dévote dicere solitus erat, 
et nomen ejus osculabaturinventuminscriptum dévote. 
Gum autem sacramenta omnia recepisset et graviter 
laboraret, cuidam fratri, longe a domo infirmorum 
jacenti invigilanti, visum est quod beata Virgo de celo 
descenderet ad dictum infirmum, et juxta lectum ejus 
diceret ei : < Ne timeas, fili ; te enim oportet gaudere 

1. Ms. prates. 

2. Ms. in ymum. 

3. F» 233. 



120 ETIENNE DE BOURBON. 

cum celicolis, quia fuit tibi cure nomen meum hono- 
rare; nominis signacionem accipiens, in libre vite 
ascriptus, in celo mecum vive. Surge ergo hinc et 
sequere me > . Et in celo conscendens, sibi familiarem 
secum duxit. Frater autem, currens ad domum infir^ 
morum, invenit fratrem de quo viderat morientem, et 
retulit que viderat super eum laudantibus Deum ^ 

140. Gujusdam episcopi clericus, devotus béate Yir^ 
gini,ejushoras dévote dicebat; qui, dyabolo instigante, 
in amore cujusdam vii^nis inardescens, arte magica 
adjuravit demones ut facerent quod eam haberet 
matrimonialiter vel aliter. Qui, eis petentibus, Jhesum 
Ghristum et matrem ejus negavit, et juramento firma- 
vit. Tune demones adeo stimulaverunt virginem in 
amore dicti clerici, quod clamabat quod moreretur 
nisi illo clerico daretur conjux ; quo coacti, parentes 
ejus dant uxorem. Cum autem [nupcie] fièrent, voluit 
prius dictus clericus horas béate Yirginis consununare 
antequam ad mensam accederet ; quod cum faceret, 
sopor irruit super eum, et audivit beatam Mariam 
conquerentem repudiatam ab eo pro alia. Qui, facti 
penitens et omnia episcopo confitens, intacta uxore, 
ad religionem transivit et obsequio béate [Yirginis] 
devotus perseveravit. Et hec in ejus obitu dicitur 
affuisse, et eum secum suscepisse et duxisse '. 

1. On ne pouvait mieux encourager que par de semblables 
récits les pieux enlumineurs qui nous ont laissé tant de chefs- 
d'œuvre de patience. 

2. P> 233. A rapprocher de Tanecdote reproduite ci-dessus 
(n« 91) et de Thistoire de la Nonne enlevée. Ces exemples font 
partie d'une famille nombreuse. 



DU D0I7 DE PIÉTÉ. ISll 



TITULUS SEPTIMUS. 

DE OPERIBUS MISERIGORDIE. 

1 41 . Septimum attractivum pietatis ad Deum, fon- 
tem pietatis, sunt non solum sanctorum pietatis 
exempta, sed eciam misericordie et pietatis opéra : 
per opéra enim misericordie veniunt homines ad 
pietatis donum, et per hoc attrahuntur ad amandum 
statum bonum et sperandum in summum bonum 



1 

• • • 



De elemosina cibi vel vestimenti. 

142. Secundo dicendum est de elemosina que est 
dando cibum vel potum vel vestimentum, cujus est 
multiplex virtutis effectus... Bona multiplicat. Prov. 
xvnig : c Qui dat pauperi non indiget . »... Dixit quidam 
magister Odo < in sermonibus suis quod quidam, au- 
diens predicari a sacerdote suo quod Dominus dicebat 
de dantibus elemosynam : c Gentuplum accipietis, » 
etc., de consilio uxoris sue vaccam suam sacerdoti 
dédit, ut centum acciperet. Sed cum factus pauper 
diu expectasset et non evenissent ei pro una data 
centum, deliberavit de nocte occidere sacerdotem 
illum; ad quod agendum cum iret, in via invenit 
massam auri, et veritatem verbi expertus fuit. 

1. F»233v. 

2. Très-probablement le cardinal Eades de Gbàteauroux, d'abord 
chancelier de Paris, dont les sermons écrits, fort répandus au 
xiTi« siècle, sont souvent précédés des mots Magister Odo. (V. La 
Chaire française au moyen-^e, p. 66, 67.) 



\9lft ÉTIBlfNB DE BOURBON. 

143. Item didtur qiiod, cum alius propter eadem 
verba vaccam suam dedisset saoerdoti divîti, et ille 
misisset vaccam pauperis sibi datam cum suis et grege 
aliarum, in vespere illa vacca ad domum pauperis 
omnes illas sacerdotis et usque ad centum de aliis 
adduxit. Dixit ille quod illa erat solucio promissi 
quam Deus ei fecerat; et sic judicio episcopi pro 
promissione sacerdotis sunt ei adjudicate que erant 
sacerdotis^ 

144. Item dicitur quod, cum quidam episcopus 
predicasset inter Sarracenos quemdam eorum taatum 
quod eum baptisasset et convertisset, postea cum 
suaderet ei facere opéra misericordie, dicens quod 
hoc dixerat Dominus in euvangelio : c Gentuplum 
accipietis, » etc., cum monuisset eum ad perfi^tionem 
euvangelicam, ille, venditis omnibus que habebat et 
datis pauperibus, mortuus fuit in Domino. Cum autem 
filii iUius traherent episcopum ad judicium, impo- 
tentes eum coram judice Sarraceno de hoc .quod, ut 
dicebant, patri promiserat : c Gentum accipietis, » etc., 
quod pater, ut dicebant, nunquam receperat, et quod 
propter ejus promissum eos exheredaverat, et epis- 
copus diceret quod immo Deus ei reddiderat in vita 
eterna, nec posset hoc episcopus probare, adducUis 
ad tumulum mortui, adjuravit eum in nomine Jhesu 
Ghristi quod diceret si erat bene solutus de promisso. 
Respondit mortuus, omnibus audientibus : c Gen- 
tuplum accepi et vitam eternam possideo. » Et 
quidam eciam hoc addunt quod de hoc littere in- 

1. Cf. le conte publié par Mèon (III, 25), De Brunain la vache au 
prestre. 



DU DON DE PIÉTÉ. IS3 

vente sunt io manu deiîincti» in quibus hoc oootioe- 
batur^ 

Qiialis débet esse misericordia. 

145. Viso de efifectu elemosine, videodum est 
qualis esse et qualiter fieri debeat. Débet autem 
primo esse pura et munda, ut non fiât de alieno, 
sed de proprio... Débet eciam pia esse, ut fiât cum 
animi oompassione... Ad hoc ponitur exemplum. 
Aiidivi in sermonibus, quod nobiiis quidam duos 
habuit filios cruœsignatos : majori dédit maximas 
pecunias, minori paucas, recommendans eum fraterne 
provisioni. Cum autem redirent ad patriam et major 
navem suam nimis onerasset bonis, minorem cepit 
abicere et vilipendere. Cum autem non haberet in 
navi sua victualia, accessit ad fratrem suum, rogans ut 
misereretur ejus, quia os suum et caro sua erat; et, 
si hoc non faceret eo quod frater suus esset aut 
propter honorem suum, saltem pro gracia patris et 
amore, vel saltim accomodaret ei, et ipse cum multo 
lucro ei restitueret, vel saltim propter periculum 
suum et navis sue, que nimis erat onerata. Quem 
cum nuUa racione audire vellet, navis ejus pro nimio 
pondère est submersa, ipso nudo a mari exeunte. 
Alius autem, licet pauper, ad patrem redienset fratris 
crudelitatem ostendens, a pâtre honorifice est suscep- 
tus et hères onmium bonorum suorum constitutus. 
Alius autem rediens, patris odium incurrens, abicitur 
et, omnium bonorum paternorum spoliatus successione, 

1. P~ 234 y>, 236 v«. Cf. les ii~ 89 et 327. 



124 ETIENNE DE BOURBON. 

incurrit perpetuam paupertatem. Sic palam est de 
divitibus immisericordibus et pauperibus, quia, pau- 
peribus gaudentibus de suocessione hereditatis eterne, 
divites immisericordes incumint odium Dei et iofemi 
perpetuam paupertatem ^ 

1i6. Elemosina débet esse larga, ad exemplum 
Domini, qui, postquam dédit sua, dédit se, ad simi- 
litudinem cujusdam largi, qui, cum dedisset sua 
petentibus et adhuc peterent, projecit se inter manus 
petencium, dans se eis, ut non haberent ultra quid 
ab eo possent ulterius petere. Dioebat magister Jaco- 
bus de Yitri quod quidam comes Gampanie adeo 
largus erat, quod nesciebat negare petenti quin sibi 
daret. Unde, cum quadam vice sequerentur eum qui- 
dam milites pauperes, petentes ab eo, respondit qui- 
dam dives burgensis : < Dominus meus nil habet 
quod vobis possit dare. » Tune indignatus comes : 
c Inuno te ipsum, qui hoc dicis, habeo, et te eis do. » 
Et ait militibus : c Accipite istum divitem, qui habet 
superflua, et eum ponite in carcere usquequo redimat 
se de omnibus suis, et inde solvite débita vestra. » 
Quod ipsi fecerunt, super hoc gracias agentes. Sic 
Deus nimis tenaces exponit, largorum débita solvit '. 



1. Po238. 

2. L'auteur du recueil anonyme de Tours rapporte le môme fait 
en ces termes : f Idem [comes Theobaldus], habens coram se mi- 
litem supplicantem eum [ut] juvaret ad maritandum fiiias suas, 
cum decem haberet, cogitans tacuit. Quod videns quidam homo 
8UU8 ditissimus, servus proprii capitis, eum excusavit, dicens quod 
non habebat unde. Miles autem ut indigens devotissime supplica- 
bat. Homo autem ille quod comes non habebat ferociter replica- 
bat. Tune comes militi : Mentitur, quia ipse ipsum habeo ad 
dandum, qui servus meus est; et ipsum tibi do. Redime (pour 



DU DON DE PIÉTÉ. 125 

147. Item idem dixit quod, cum [comes] semel 
vidisset puerum nudum petentem elemosyoam ab 
eo, vocavit emn, dans ei unum denarium, dicens 
quod de eo bursam emeret et rediret ad se, et bur- 
sam ei impleret, unde necœssaria emeret. Puer autem 
ivit, et, volens lucrari, obolumretinuit, et de obolo bur- 



revende) bene eum, quia bene habebis decem milia iibraram ad 
tuas decem filias maritandas. Miles statim eum cepit, et filias ma- 
ritavit. 1 (Ms. 205, f» 120.) Mais Joinville nous a laissé une version 
meilleure, dans une page pleine de vie et de cbarme, où sont dési- 
gnés les vrais héros de l'anecdote, Henri le Large ou le Libéral, 
comte de Champagne de 1152 à 1181, et Artaud, sire de Nogent. 
Il est intéressant de comparer son récit avec les deux textes 
latins : c Ertaus de Nogent fu li bourgois dou monde que li cuens 
créoit plus, et fu si riches que il fist le chastel de Nogent-PErtaut 
de ses deniers. Or avint chose que li cuens Henris descendi de ses 
sales de Troies pour aler oïr messe à Saint-Ëstienne, le jour d'une 
Penthecouste. Ans piez des degrez, vint au devant de li uns povres 
chevaliers, qui s'agenoilla devant li et li dist ainsi : Sire, je vous 
pri pour Dieu que vous me donnés dou vostre, par quoy je puisse 
marier mes dous filles, que vous véez ci. Ertaus, qui aloit darière 
li, dist au povre chevalier : Sire chevaliers, vous ne faites pas que 
courtois, de demander à monsignour ; car il a tant donnei que il 
n*a mais que donner. Li larges cuens se tourna devers Ertaut et 
li dist : Sire vilains, vous ne dites mie voir, de ce que vous dites 
que je n'ai mais que donner ; si ai vous-meismes. Et tenez, sire 
chevaliers, car je le vous doing, et si le vous garantirai. Li cheva- 
liers ne fu pas esbahiz, ainçois le prist par la chape, et li dist que 
il ne le lairoit jusques à tant que il averoit finei à li; et avant que 
il li eschapast, ot Ertaus finei à li de cinq cens livres, i (Joinville, 
éd. de Wailly, 1868, in-8o, p. 33.) On voit que l'histoire s'était 
quelque peu altérée en passant dans le domaine populaire, et que 
le nombre des filles du chevalier pauvre s'était considérablement 
accru dans l'intervalle. Etienne de Bourbon ne nomme pas le 
comte de Champagne dont il s'agit; mais, d'après un autre pas- 
sage, il semble croire , comme l'auteur du recueil de Tours et 
comme Jacques de Vitry, que c'était Tbibaud le Grand, père 
d'Henri. (Cf. le n» 157.) 



126 ETIENNE DE BOURBON. 

sèm unam émit, quam deportavît comitî, ut ei dixerat. 
Gum autem ootnes quereret pro quanto emisset, puer 
non ausua fîiit ei negare, sed ait : € Pro obolo et 
alinm vobis reporto. » Tune cornes implevit ei bursam, 
dicens : < Si majorem déportasses, majorem plenam 
reportasses. > Sic homo, secundum quod plura dat 
pro Deo, plura centuplicata recipiet^ 

148. Débet esse caritativa, ut in statu caritatis et 
ex caritate fiât..., item ut spiritualia temporalibus 
preponantur... Unde dicitur quod quidam conver- 
sus Gisterciensis, habens multas vestes, a quibus, 
ut videbatur ei, poterat abstinere, cum inveniret 
nudum pauperem, dabat ei tunicam unam de suis, 
licet hoc prohiberet abbas suus et eum sepe propter 
hoc verberaret. Super quo cum consuleretur Aie- 
xander papa ', qui tune temporis venerat in Franciam, 
videns quod alterum obediencia inhiberet, alterum 
caritas preciperet, ait : c Tu, converse, quociens sua- 
debit hoc tibi caritas, semper da ; tu, abba, quociens 
invenietur inobediencia, conversum semper verbera. » 

149. Item quidam sanctus vir, ut dicitur in Summa 
de Yirtutibus^ (et audivi quod ille fuit sanctus Petrus, 
Tarentasiensisarchiepiscopus^), quemdam penitencia- 
rium inveniens qui ab injuncto Sedis Apostolice tuni- 
cam plumbeam deferebat et gravabatur nimio pondère 



i. F» 238 v<>. Ce trait doit se rapporter, plutôt que le précédent, 
au comte Thibaud le Grand (V. les n~ 150 et 157). 

2. Alexandre lU, qui séjourna en France de 1162 à 1165. Cf. 
le n« 64. 

3. La Somme des Vices et des Vertus, par Ckiiilaume Perraud, 
dominicain. 

4. Pierre II, archevêque de Tarentaise, de 1141 à 1174. 



DU DON DE PIÉTÉ. 4S7 

et debîlitate, abstulit illam. Gum autem requireretur 
cujus auctoritate hoc fecisset, ciun papa qui hoc prece- 
perat summus esset, ait : € Illius superioiis qui ait : 
Beati miséricordes, quoniam misericordiam conse- 
quentur. > 

150. Débet eciam elemosina esse devota, ut holo- 
caustum pingue fiât. Dixit magister Jacobus de Vitriaco 
quod quidam comes Gampanie, Theobaldus nomines 
cum dabat elemosynam, sotulares vel vestes paupe- 
ribus manu sua dabat ; et respondit querenti quare 
hoc faceret, quod hoc ideo faciebat, ut dando et labo- 
rando magis moveretur ad devocionem et pauperis 
compassionem, et sic magis mereretur, ut ad majorem 
humilitudinem inclinaretur in consideracione sue con- 
dicionis in paupere, et ut pauper magis provocaretur 
ad eum commemorandum et orandum pro eo, et ut 
alii ad exemplum illius ad similia facienda provocaren- 
tur et ad devocionem erga Deum et pauperes'. 

1. Thibaud lY, dit le Grand, comte de Blois et de Champagne, 
mort en 1152, et renommé pour ses vertus. On a vu tout-à-Pheure 
prêter à ce prince une action généreuse accomplie par son fils Henri 
le Large. Jacques de Vitry, et Etienne de Bourbon d'après lui, 
attribuent encore au môme deux autres traits de charité (n<» 147, 
157). 

2. Jacques de Vitry, en rapportant ce trait du vertueux comte, 
ajoute que ses chevaliers haussaient parfois les épaules en le voyant 
distribuer lui-même ses aumônes; et alors il leur disait tranquille- 
ment : f Ne vous étonnez pas de cela, car je serais bien f&ché de 
ne pas recevoir moi-même ma récompense. > Il ajoute, à propos 
de ces distributions charitables : c De Theobaldo bone memorie, 
quondam comité Gampanie, dicitur quod unctum secum portabat, 
et sotolaies corn uncto manu propria paupe.ribn8 dabat, ud sic ad 
compunctionem et devocionem atque humilitatem provocaretur, et 
ut pauperes afféctuosius pro ipso orarent, attendentes in tanto 
viro tante hamilitatis obseqainm. • (Ms. 17509, f« 77.) 



128 ÉTŒNNE DE BOURBON. 

1 51 . Débet esse festina. . . Dicitur vulgariter : Qui 
cite dat, bis dat. Dixit et scripsit magister Jaoobus 
de Yitriaco se vidisse quamdam matronam que, 'cum 
venisset ad missam, vidit pauperem afflictum frigore 
in hyeme nudum : et, cum non haberet quid posset ei 
dare quin dehonestaret se, nisi pellicium suum, cogi- 
tavit quod, si iret ad domum, missam amitteret, que 
intérim cantaretur; si missam expectaret, pauper 
nudus diu frigore affligeretur. Ivit ergo festinanter 
sub porticu eoclesie, facta oblacione, et, clauso hostie, 
spoliavit se et pellicium exuit et se reinduit \ et, 
vocato paupere, pellicium suum ei dédit, et post ad 
missam rediit. Missa autem celebrata, sacerdos eam 
vocavit, dicens : c Domina, quo ivistis vel quid 
fedstis, quia vidi vos exire de missa cum irem ad 
canonem, et nunquam potui proferre verbum in 
canone usquequo fuistis reversa? » Noluit ergo 
Dominus ut firaudaretur ab integritate misse, que nec 
missam volebat amittere nec pauperi elemosynam 
diflTerri '. 

[De hospitalitate.] 

152. Gonsequenter agendum est de hospitalitate, 

1. Le pellisson est ici un vêtement de dessous; sans quoi ce pas- 
sage ne se comprendrait pas. Au xui« siècle, en effet, les femmes 
portaient sous leur cote ou leur surcot, pendant Thiver, une sorte 
de manteau intérieur, appelé du même nom que le manteau de 
fourrures extérieur. 

2. F» 239. Jacques de Vitry, qui dit .effectivement avoir été 
témoin du fait, ne le rapporte pas tout4-fait de la même manière : 
il parle d'une pauvresse qu'une noble dame emmène avec elle dans 
le campanile (ubi campane eccUsie dependebant), pour la revêtir de 



DU DON DE PIÉTÉ. 1S9 

de qua primo ostendemus quare sectanda sit libenter, 
secundo qualiter sit facienda, ut fiât efficaciter et Deo 
placenter. Notandum autem quôd hospitalitas, et 
maxime bonorum, duodecim bona facit... Hospicio 
recipit eciam Dominus hospitales. Refert magister 
Jacobus de Yitri quod quidam laicus, Johannes nomine, 
quem eciam se cognoscere dicebat, Gameracensis 
dyocesis, qui morabatur in villa Villaisvilla dicta, [et,] 
visitatus a Domino, artam faciebat penitenciam, hos- 
pitalis et misericors, voluit eciam beatam Virginem 
hospitari in ymagine sua. Ivit ergo ad villam Fonta- 
namS distantem a villa sua per duas dictas, ubi fiunt 
ymagines pulcre ; émit ibi ymaginem béate Yirginis, 
panno involvens, volens in domo sua facere orato- 
rium secretum, ubi coram ea oracioni sepe procum- 
beret. Gumque rediens venisset ad villam que vocatur 
Luncium, nec posset ibi invenire hoîiestum hospicium, 
quidam, indutus religioso habitu, dixit ei: cVeni mecum, 
frater ; ego ducam te ad honestum et bonum et pro- 
pinquum hospicium. > Et nominavitse fratremPetrum. 
Et visum fîiit ei quod duceret eum extra villam, ubi 
erat silva speciosissima et mansio. Occurrit ei domi- 
nus domus, hyllariter eum recipiens, et precipiens 
fratri Petro quod procuraret quomodo bene procura- 
retur. Fit ignis copiosus ; mensa apponitur, et mappa 
mirabilis mundicie et candoris, et panis similiter, et 
potus incomparabilis saporis ; nec poterat perpendere 

son manteau. Les mots c et se reinduit i ne sont pas dans son 
récit. (Ms. 17509, fr 76.) 

1. Il y a plusieurs Fontaine près de Cambrai. Peut-être s'agit-il 
de Fontaine-Notre-Dame (Aisne) ; mais les deux noms de lieu cités 
plus haut et plue bas ne se retrouvent pas dans le* rayon indiqué. 

9 



130 ÉTIENIfR DE BOURBON. 

cujus materie esset mappa, et omnia que guatasaet 
ncm audebat oomedere, tante suavitatis erant. Time- 
bat ne essent confecta cum caraibus. Gui hospes : 
c SeouM oomedere potes» quod ea cames non tetige- 
runt. » Postea apposita sunt ei pira inoomparabiiis 
sapons et odoris. Post refectionem visitavit eum hos- 
pita, querens ab eo quid esset quod deportavenat 
super humeros suos involutum ; et eo dicente quod 
esset ymago beatc Virginia, ipsa evolvit eam, multum 
conunendans eam, et involvit eam pulcrius, suadens 
quod fréquenter salutaret beatam Yirginem coram ea, 
et Hecteret genua et adoraret, quia multum placebat 
ei et largiter retribueret. Et cum sedisset ibi juxta 
domÎDum cum duabus ancillis quas secum duxerat, 
precepît dominas fratri Petro quod dictum Jobannem 
éaceret ad lectum. Ductus ad lectum speciosissimum 
et locum *videns, stramenta candidissima et clarissima 
nold)at intrare. Gui Petrus : c Secure intra, quia non 
sunt linea. > Quesivit nomen hospitis; dixît Petrus : 
c Nomen qus est Jhesus, et hospite Maria. » 

Intrans leotum, suavissîme dormiyit usque mane aha 
die, et tune frater Petrus excitavit eum ut sui^eret ; 
îpse autem erubuit quia tantum dormisset, qui consue- 
verat de nocte ad oraoionem surgere. Gum licenciam 
aociperet a domino, gracias agens, ait domimis : 
c Noie quod hic in via defectum paciatur ; da ei panem 
ut comedat. > Que dato et gustato, ita roboratus et 
refectus est, quod videbatur ei quod absque alia co- 
mestione posset semper vivere. Tune, sumpta licencia, 
duxit eum extra beatus Petrus; dixit ei hospitem 
suum Dominum Jhesum Ghristum, qui, compaciens ei 
et videns laborem suum, et mater ejus hospita dede- 



DU DON DE PIÉTÉ. 131 

runt ei iUam modicam coDsolacioneoi, et futuram da- 
rent ei si perseveraret ; misit eum ad penitenciarium 
episcopi sui, dicens ae Petrum apoatolum, moDens ut 
oonfiteretur ei omoia {>eocata isua et de coosilio suo 
se rega^t : qui disparuit, et locus et silva et edificia. 
Ipse autem invenit se juxta Gameracum, quod parum 
distat a viUa sua, lioet distaret iode locus hospicii 
dicti per xim miliaria. Hic quociens temptabatur in 
die, apparebat ei beatus Petrus in nocte, in sompno, 
dicens quod reduceret ad memoriam hospitem suum et 
hospitam ; et hocfacieus libera[ba]tur a temptacione^ 

153. Bona temporalia multiplicat et augmentât 
[hospitalitas] . . . Âudivi a fratre Galtero de Leus quod, 
cum quidam sapiens predicasset apud Sanctum Yicto- 
rem Marcilie', et monachi quererent quare magis orant 
oppressi debitis et pauperes quam antea, cum magis 
parce viverent et plures redditus haberent, respondit 
quod ante unum procuratorem solebant babere in 
domo qui omnia neccessaria eis procurabat ; sed, quo- 
dam suo sœio de abbacia injuste expulso, cum eo 
exierat, nec rediret de cetero nisi revocaretur : et hic 
erat Dabitur vobiSy qui recesserat expuiso Date; sed, 
si adbuc reservarent hospitalitatem solitam et carita- 
tem, et adhuc pmor habundancia rediret, quia dixit 
Dominus (Mat. vi) : c Date et dabitur vobis '. » 

154. Ghristum recipit [bospitalis] . Mat. x g : c Qui 



1. F<» 239-240 yo. Ce récit a été ajouté à la maiige inférieure du 
ms; mais il est de la même écriture. 

2. L'abbaye de Saint- Victor de Marseille. 

3. Ces deux personnages fictifs, Date et Dabiiur^oobis, figurent 
dans un exemple de la même famille, publié par Th. Wright 
{Latin Stories, n» 423). 



13S ETIENNE DE BOURBON. 

VOS recipit me recipît »... Item audivi a fratre Gau- 
frido de Bievex ^ (hoc eciam scripsit magister Jacobus 
de yitri) quod, cum quedam mulier nobilis ooosoeta 
esset recipere pauperes et servire eis manibus pro- 
priis et abluere pedes eorum, invito viro et inhibente, 
et invenisset ante domum suam pauperem mirabiliter, 
ut videbatur, afflictum et ulcerosum, oompassa duxit 
eum in domum suam, viro ejus absente, et, cum pete- 
ret balneum, paravit ei ; post,. cum diceret quod non 
posset quiescere nisi in molli lecto, posuit eum in 
caméra sua. Cum autem subito vir ejus, cameram dic- 
tam veniens, intrasset in lecto uxoris, invenit dictum 
infirmum; quem cum crederet adulterum et vellet 
eum occidere super lectum ejus, apparuit ei Dominus 
nudus, in ea forma in qua pependit in cruce, dioens : 
c Quid me persequeris, qui pro te hoc passussum? » 
Cum autem ad terram prostratus oculos erigeret, nil 
invenit, et con versus est ad Dominum '. 

De visitacione et compassiane infirmorum. 

1 55. Nunc dicendum est de visitacione infirmorum ; 
et sciendum quod sicut misericordia dicitur regula- 
riter [a] miseria, videtur istud opus excedere omnia 
alia opéra misericordie, cum nuUa major sit miseria 
temporalis miseria infirmitatis... Debemus visitare 

1 . V. ci-<le88U8, n9 46. 

2. Fo* 240, 240 v«. L'exemple rapporté par Jacques de Vitry 
(f* 77) n^est pas tout-à-£ait semblable : le malade est un lépreux, 
et le seigneur, en entrant dans sa chambre, ne trouve plus à sa 
place qu'une odeur embaumée. Cette anecdote, assez répandue, 
est reproduite dans le recueil de la bibliothèque de Tours 
(ms. 205, f» 165). 



DU DON DE PIÉTÉ. 133 

infirmes quia hoc est contra peccata medicamen- 
Umïj contra temptaciones tutamentum ; hoc eciam 
est fragilitatis nostre spéculum et documentum, 
vere religionis exemplum. Gum quidam maximus 
peccator, ut audivi, transfretasset, et cum posuis- 
set se in hospitali ad serviendum infirmis, cum 
aliquando abhorreret cujusdam ulcéra, cujus lavabat 
pedes, cum lavacîonis aquam contra cor biberet cum 
pleno ore, facta est ei dulcissima et suavitate fragran- 
tissima super omnia pigmenta; et hoc ei fîiit signum 
remissionis peccatorum, ad quorum^ memoriam dic- 
tam aquam hauserat. 

1 56. Huic simile refert magister Jacobus de Vitri 
de domino Johanne, de Monte-MirabiU domino', quod, 
[cum] dictus dominus, valde pius et devotus, videret 
pauperem valde afilictum ulceribus, sanie et sordibus, 
ait ei : c Quare non vadis ad domum Dei, ut ibi quies- 
ceres? » Respondit : c Quia non possum ire. — 
Et ego, ait, ibi portabo te. » Et assumpto eo super 
humeros, portavit eum ibi. Gumque haberet sordidos 
pedes et tibias et plenos sanie, lavit ei, et cum ei dole- 
ret cor, ait : c cor miserum et superbum ! modo 
poteris crepare. > Et, hausta aqua lavature, bibit cum 
duabus manibus. 

1. Mb. ad cujus. 

2. Il ne faut pas confondre ce Jean, seigneur de Montmirail, 
avec l'archidiacre Jean de Montmirail, mentionné plus haut. 
Il s'agit ici du bienheureux Jean de Montmirail, mort en 1217, 
religieux à Longpont. 8a vie, écrite par un de ses confrères, ne 
fait pas mention des deux traits rapportés par Etienne, quoiqu'elle 
en contienne plusieurs du même genre. Les Bollandistes les 
citent néanmoins, d'après l'auteur du Spéculum morale^ qui a pillé 
notre écrivain en cet endroit comme en beaucoup d'autres. 
(V. Àcta SS. septembr., VIII, 196.) 



134 ETIENNE DE BOURBON. 

Item Eocli. vi : c Non te pigeât visitare in&nnos. » 
Uujus exemplum dabat Dominus, qui illos non solum* 
visitabat, sed se ab eis tangi permittebat, immo lepro- 
SOS tangebat et tacta sao eos curabat. Item beatus 
Martinus, ad hujus exemplum, non solum eos tange- 
bat, sed osculabatur et osculo curabat*. 

157. Refert magister Jacobus de Yitri quod qui- 
dam comes Gampanîe ^, devotus et pius et humilis, oon- 
sueverat fréquenter visitare, cum moraretur apud 
Sesannam ^, quemdam leprosum, et se ordinibus ejus 
committere, et verbis et beneficiis eum confortare. 
Gum autem diu fiiisset quod non fuisset ibi, mortuo 
dicto leproso, hoc eo ignorante, cum venisset ibi, 
venit visitare eum, intrans ejus tugurium; et cum 
vocaret eum nomine suo, querens quomodo circa eum 
ageretur, respondit : c Bene, per Dei graciam; nun- 
quam ita bene fuitmihi. » Tune burgenses et milites 
qui cum domino comité erant dixerunt : c Domine, 
quare intratis tugurium illud, cum nullus ibi moretur? 
Ille enim leprosus mortuus est, jam mensis est elapsus, 
et sepultus in illo loco. » Faciens ergo inquiri dictus 
comes, non invenit ibi nisi parietes et tugurium, mira 
fragrancia odoris plénum. Et hic comes dictus fuit 
Theobaldus, dequo supra dictum est^. 

1. Ms. Dominus quietis non solum. 

2. Cf. Sulpice Sévère, Vita beati Martini, ch. i9. 

3. Thibaud IV, nommé plus haut et plas bas. 

4. Sézanne (Marne). 

5. F»* 241 , 241 v». Cf. les n«* 146, 147, 1 50. Cette anecdote se trouve 
dans le manuscrit de Jacques de Vitry, au f» 77. Etienne de Bour- 
bon la reproduit, suivant sa coutume, avec exactitude, mais non 
textuellement. Elle se trouve aussi dans le recueil anonyme de 
Tours, sous cette forme abrégée : c Ciomes Theobaldus consuetus 



DU DON DB PIÉTÉ. 135 

De visitaeione et misericordia incarceratorutn. 

158. Sequitur de visitaeione incarceratorum. Âd 
hoc opus invitant nos exempta primo Ghristi...; 
item ad hoc monent nos exempla sanctorum, eciam 
hic vivencium, de quibus dicit Âpostolus, ad Hebr. 
X f : < Vinctis compassi fuistis. » De beato Dominico au- 
divi a domino Bartholomeo de Glusa , archidyacono 
Matisconensi et canonico Garnotensi^ (a quo eciam 
audivi quod ei Rome fuit confessas, et quod ei predixit, 
quia'nolletintrare ordinem, multa que ei, ut dicebat, 
postea acciderunt), quod, [cum] ipse beatusDominicus 
esset Rome, postquam officium suum audierat, fere 
singulis diebus muros urbis circuibat et alia loca ubi 
erant immurati, et eis monita salutis dabat, similis 
Thobie, de quo legitur [in libro] ejusdem, i c : c Per- 
gebat per omnes qui erant in captivitate, et monita 
salutis dabat eis^. » 

159. Item de eodem beato Dominico dixit mihi 

erat semper visitare nnum leprosnm qnotiescunque declinabat ad 
quoddam suum manerium, et oonfortabat eum. Quadam die, 
veniens per locum, intrans domom, occurrit leprosus, dulcissime 
alloquens eum. Et exiens, a populo acclamante audivit ipsum nu- 
per mortuum et Bepultum; et sic cognovit loco ipsius invenisse 
Ghristum. Et ideo ad visitandum leprosos et pauperes devotior est 
effectua, i (Ms. 205, f» 120.) Enfin on la rencontre dans une autre 
compilation contemporaine, à laquelle M. d'Arbois de Jubain ville 
l'a empruntée (CsBsarii dialogi miraculorum^ dlst. VIU, c. 31; 
Hist. des comtes de Champagne, U, 400). 

1. Barthélemi de la Cluse avait été aussi chantre de l'église de 
Tripoli, comme il est dit un peu plus bas. 

2. Ms. quod. 

3. Ce trait de S. Ooiùinique n'a été consigné ni par l'un ni par 
l'autre de ses biographes. 



136 ETIENNE DE BOURBON. 

idem archidyaconus quod, cum ipse esset Rome cano- 
nizatus, et ipse presens esset in canonizacione beati 
Dominici, cum ipse esset tune Tripolitanus cantor et 
deberet transfretare, rogavenint eum fratres Predi- 
catores qui tune erant Rome quod feiret lilteras 
canonizacionis beati Dominici ad fratres transmarinos ; 
quod cum faceret, in quodam loco cum applicuisset, 
submersa est navis et omnia que erant dicti archidya- 
coni cum aliis, et quecumque erant in ejus cophinis 
repleta sunt [aqua], in qua diu jacuerunt lésa. Lit- 
tere autem dicte invente sunt illese sole ab aqua in 
qua diu jacuerant, in medio aque, ac si eas aqua om- 
nino non tetigisset ^ 

De pietate parentum. 

160. Ultimo dicendum est de pietate parentum et 
de misericordia eis exibenda, quibus, quanto magis 
tenemur eos diligere, tanto magis debemus compati. 
Âd compassionem et pietatem eorum nos movent ista, 
scilicet admonicio sacre scripture... Secundo monet 
ad hoc propria natura. BasiUus : < Parentes nostros ut 
propria viscera diligamus... > Dicitur quod quidam 
paterfamilias uxorem habuit adultcram, de qua habere 
videbatur très filios. Cum autem aliquando imprope- 
raret ei peccatum suum et molestaret eam, ait illa ei : 
c Ut vos habeatis dolorem perpetuum, signifîco vobis 
quod unicus istorum trium vester est, alii duo adul- 

1. Fo 242. Ce fait, emprunté par Etienne à un témoin oculaire, 
est rapporté d'autre part, avec moins de détails, dans un supplé- 
ment aux Vies de S. Dominique, publié par Ëchard d'après un 
ms. du xm« siècle {Script, ord. Prsd.^ I, 42), 



DU DON DE PIÉTÉ. 137 

teri ; et, ut amore unius duobus aliis provideatis, nun- 
quam scietis quis est vester. » Quod cum nulla racione 
vellet ita ei dioere, cum ille in morte faceret testa- 
mentum auum, dixit quod omnia bona sua relinquebat 
illi qui suus erat, aliis ab eis exclusis. Cum autem 
quereretur ab eo quis esset ille, nec ille sciret eis dioere, 
quilibet eorum dicebat se legitimum heredem et vole- 
bat res omnes occupare. Trahuntur ad judicium; 
judex dat istam sentenciam : quod pater mortuus 
ligaretur ad arborem, et quod quilibet haberet arcum 
et sagittam, et qui melius percuteret eum médium 
hereditatem haberet. Cum autem duo eorum traxis- 
sent et valde fortiter corpus infixissent, tercius dixit 
quod nunquam ad patrem suum traheret, sed, si quis 
eum de cetero percuteret, non impune fieret; et hoc 
dicens flebat. Tune judex judicavit eum verum here- 
dem et alios spurios, quia naturalis instinctus in com- 
passione patris eum ad hoc impeilebat ; unde propter 
hoc vulgariter dicitur quod cor non mentitur *. 

1 61 . Tercio monere potest ad hoc irracionalis crea- 
tura per exemplum suum... Quarto ad hoc valent 
sanctorum monita [et] exempla. Fréquenter accidit 



1 . Une autre leçon de cette histoire se trouve dans les Latin 
stories de Thomas Wright (n^ 21), qui en signale une pareille dans 
Bromyard (op. ctï., tit. Filiatio), Le môme éditeur la rapproche d'une 
des Cent nouvelles nouvelles {Les vrais pères)^ et d'un morceau du 
King John de Shakespeare. Elle se retrouve encore dans un fahliau, 
qui attribue le jugement à Salomon lui-même (Méon, II, 440), dans 
les sermons d'Albert de Padoue, édités à Turin en 1527 (p. 233), etc., 
et, sous une forme un peu différente, dans les prétendus contes 
tartares cités par M. Victor Le Clerc (Hist. litt., XXIU, 75). 
C'est là, sans doute, une de ces mille légendes venues du fond de 
rOrient et rapportées dans nos contrées par les pèlerins ou les 
croisés. 



138 ETIENNE DE BOURBON. 

quod taliter se babent filii patrum ad eo& qualité* 
vident eos se habere ad parentes saos. Âudivi hoc 
exeraplum a magistro Nicholao de Flavîni, ardiiepîs- 
copo BysuntinoS in sermonibus, quod, cum quidam 
paterfamilias unicum filium suum egregie maritasset, 
ditasset, et bonis suis se spoliasset eum invesUenVlo, 
cum factus esset decrepitus et infîrmus, instigaito 
uxore, positus est in vilissimo loco domus, quam ipse 
edificaverat, et vix potuit habere a filio duas ulnas de 
burello, quo operiretur in hyeme. Puer autem quidam, 
filius filii, quem tenerrime pater diligebat, hoc notans, 
flebat, et dicebat quod non cessaret nisi pater suus 
daret sibi duas ulnas de burello sicut dederat patri ; 
que cum ei date essent, puer complicavit et reposuit, 
dicens quod idem faceret ipse patri suo cum senex 
esset ut faciebat ipse patri suo, dans ei duas ulnas ad 
cooperiendum'. 

1 6%. [Monet eciam] pena impiorum ad parentes : 
puniuntur enim filii impii ad parentes multipliciter... 
Iram Dei super se accumulant, que eos ocddit subito 
fréquenter. Mat. m e : c Progenies viperarum, > etc., 
quia patema latera mali filii corrodunt. Anno Domini 
M** af L**, accidit in dyocesi Eduensi, apud Yergiacum ', 
castrum ducis Burgundie, quod quidam, propter bona 
materna que maie expendebat in tabernis et aliis, ut 
consueverat, quodam mane offendit matrem suam, ita 
quod ipsa, conmiota ira, imprecata est ei sic : < Rogo 

1. Nicolas de Flavigny, qui occupa le siège de Besançon de 1227 
à 1235. 

2. F» 243. Cet apologue ressemble beaucoup au fabliau de la 
Housse partie^ de Bernier, publié par Méon (IV, 472), et à celui 
qu'a édité M. de Montaiglon (Fabliaux^ tome U, initio). 

3. Vergy (Gôte-d'Or). 



DU DON M PIÉTÉ. 439 

Deum quod antequam revertaris et antequam dies 
transeat, deporteris matri tue frigidus, in feretro 
mortuus et malo gladio laceratus ! » Âlius juvenis, 
de viUa circumjacente, impius contra parentes suos , 
sepe eos propter suam insolenciam molestabat; 
unde, ipsa die, cum ipsum corrigèrent parentes sui, 
manu dextera percussit patrem suum, et pater iratus 
imprecatus est, dicens : c Manus qua me percussisti 
rogo Deum ut hodie malo gladio amputetur, et tu 
infra triduum in tali patibulo suspendaris ! > Accidit 
ergo ut illi duo juvenes, post imprecaciones dictas 
parentum, obviarent sibi, et unus invitavit alium ad 
tabernam ; quam cum ingressi essent et biberent et 
luderent, ceperunt litigare et se percutere. Ille contra 
quem imprecatus est pater percussit gladio alium, et, 
cum essent soli, timens ne clamor exdtaretur contra 
eum si alius vivus remaneret, multis vulneribus eum 
lacerans occidit. Gum autem, clamore moto contra 
eum, ad silvam iugeret et illi de Castro illo eum inse- 
querentur, cum se gladio suo defenderet, unus de 
insequentibus manum qua tenebat gladium et qua 
patrem percusserat amputavit : captus est ; infi*a tri- 
duum suspensus est in patibulo illo in quo pater iîierat 
imprecatus. Alius autem deportatus fiiit ad domum 
matris in feretro^ multis vulneribus confossus, ut ipsa 
fuerat imprecata. Hoc autem, cum factum esset recens 
et predicaretur in dicto Castro, dicta mater mihi retulit 
cum lacrimis, petens penitenciam pro dicta impreca- 
cione; et hoc idem vicinia testabatur, quod infira 
decennium, utestimo, factum erat'. 

i. F^ 243 v<>, 244. D'après ce passage, Etienne aurait appris 



140 ETIENNE DE BOURBON. 

163. Gum ego predicarem cniœm apud Verze- 
liacum' contra hereticos Albigenses, dictum fuit mihi a 
pluribus qui illum hominem ibi viderunt', ut dicebant, 
et multi in pluribus locis dixerunt mihi eo tempore 
hominem vidisse, qui habebat maximum et horribiiem 
bufonem in facie, adherentem ei, et suggentem eum 
inter oculos, et pedes suos habentem hinc inde in 
genis ejus ; quem si laboraret aliquis ab eo excutere, 
mirabiliter homo dictus cruciabatur. Sed, quia sciebat 
illum ibi esse divino judicio, visitabat loca sanctorum, 
ut eorum meritis juvaretur et liberaretur ; et audivi 
quod dictus homo nunquam potuit ab illo bufone 
liberari usquequo transfretavit : cum autem intraret 
Terram Sanctam, dictus bufo divina virtute ab eo ceci- 
dit et crepuit. Causam autem referebat dictus homo, 
ut audivi a pluribus et in pluribus locis, quia, cum 
patrem haberet qui multum laboraverat ad eum ditan- 
dum et egregie maritandum, cum se exspoliasset bonis 
suis et ei pater dictus tradidisset, consiUo uxoris, emi- 
sit patrem de domo sua a se. Gum autem in quodam 
die parasset sibi et uxori sue pinguem caponem et 
sederet in mensa, paterfamilias pulsavit ad hostium. 
Gum autem intraret nec posset ei negare introitum, 
consilio uxoris sue, caponem dictum in archa posuit et 
contexit, ne pater inde comederet. Gum autem pater 
de domo recessisset famelicus, filius ivit ad archam, 
ut caponem caperet et comederet. Gum autem archam 

révénement sur les lieux, vers 4250 : c'est un des faits les plus 
récents qu'il ait mentionnés. 

1. Vézelay (Yonne). 

2. En marge : c De illo cui adhesit buffo in facic, vidit frater 
Stephanus, operis hujus auctor, plures qui illum viderunt. » 



DU DON DE PIÉTÉ. 141 

aperiret, invenit in scutella bufonem horribilein, qui, 
saltans in ejus faciem, eum arripuit, ut supra dictum 
est; nec poterat alico consilio ab eo liberari, nisi ut 
supradictum est. Et audivi quod hoc accidit apud Ghi- 
non, quod est castrum regium in dyocesi Turonensi'. 

1. F» 244. Thomas de Gantimpré rapporte, de son côté, le même 
fait, avec des détails quelque peu différents, et dit le tenir d'un de 
ses confrères qui avait vu à Paris l'homme au crapaud (Bon. 
univ. de apibus, II, 7). Une rédaction en vers de ce récit a été 
signalée dans le ms. 325 de TArsenal par M. Victor Le Clerc 
(Hist. /!«., XXm, 493). 



LIBER TERTIUS. 



DE EIS QUE PERTINENT AD 



DONUM SCIENCIE. 



164. Tercia pars hujus operis est de eis que perti- 
nent ad donum sciencie, per quod in homine efficitur 
vera penitencia et habetur. Et notandum quod sicut 
donum timons peccatorem a malo culpe retrahit, 
donum pietatis per spem quam operatur in homine ad 
bonum attrahit, ut premonstratum est, ita donum 
sciencie per penitenciam a malo culpe extrahit homi- 
nem defixum in fecibus viciorum . . . Notandum autem 
quod donum sciencie hominem illuminât : 1° ut ei 
quare sit penitendum appareat ; 21^ ut statum suum 
scrutetur, et videat qualiter et quantum peccatum 
suum ei noceat ; 3^ qualiter pro statu suo et peccato 
agnito doleat ; i^ qualiter vulnera que affligunt eum 
medico spirituali discrète exhibeat; 5^ qualiter de 
peccatis suis intègre Deo et hominibus satisfaciat; 
6° quale et qualiter et quare jejunium teneat ; 7^ qua- 
lem et quare peregrinacionem, et maxime transma- 
rinam, facere habeat ; 8^ quale et qualiter et quam 



DU DON DE SCIElfGE. 143 

dÎTersimode homo orare debeat ; 9° quare in pentten- 
cia usque in finem perseverando maneat ^.. 



PRmUS TITULUS. 

DE PENITENCIA; QUID SU ET QUARE SIT PACIENDA. 

165. Primus titulus tercie partis est de penitencia 
cQgnosoenda, quam facit cognoscere et effectum ejus, 
ut libenter fiât penitencia, lumen doni sciencie... 
Primo ergo quid sit penitencia, et quare sit libenter 
facienda, et qualis esse débet et qualis non, in hoc 
tytulo dicemus... Facienda est autem penitencia liben- 
ter propter ista maxime, primo quia Deo et angelis 
ejus mirabiliter placet, dyabolo displicet *. . . 

[De incommodis que penitencia facit dyabolo.] 

166. Facienda est penitencia quia maxime dyabolo 
displicet. . . ; [quod] patet ex eo, quia pénitentes magis 
quam alios impugnat. Audivi quod quidam miles fla- 
giciosus accessit ad episcopum suum causa penitencie ; 
cum autem nollet facere penitenciam aliquam vel ora- 
cionis vel jejunii vel peregrinacionis, sed omnia res- 
pueret facere que ei injungebantur, querebat episco- 
pus quid libencius in mundo faciebat. At ille ait quod 

1 . F^ 244 v>. Dans le texte môme de cette troisième partie , il 
n'y a qne huit divisions; le jeûne est réuni à la satisfaction. 

2. F» 244 v«. 



144 éhbnne de bourbon. 

festa feriaret, et episcopus ei injuDxit quod dies donii- 
nicos et apostolorum festa feriaret ab omni opère 
servili, et hoc ei esset pro penitencia. Qua accepta, 
in prima die dominica sequenti, vidit in agro suo ara- 
trum jacere ociosum : at ille temptatus etbovesjuxta 
[videns], arare cepit, quod nunquam prius fecerat. 
Gum autem redisset ad episcopum dicens se fregisse 
datam sibi penitenciam, cum quereret quem cibum 
plus abhorrerety ait quod porros crudos, et injunxit 
ei episcopus, ut dicitur, quod de eis de cetero non 
gustaret. Gum autem rediret, videns mulieres porros 
lavantes et comedentes, temptatus non potuit conti- 
nere quin comederet, rapiens ab eis. Tune cognoscens 
miseriam suam, rediens ad episcopum dictum, ad ejus 
arbitrium penitenciam fecit ^ 

De multiplici utilitate penitende. 

167. Tercio libenter facienda est penitencia quia 
facienti digne multiplici ter prodest... Primo peccato- 
rem Deo réconciliât. Secundo animam per pecca- 
tum mortuam vivificat... Item audivi a fratre, qui 
dicebat se legisse, quod, cum quidam magnus homo in 
peccatum mortale et grave lapsus fuisset, attendens 
mortem anime sue, Romam venit, ut summo pontifici 
illud confiteretur. Gum autem non posset pape libère 
loqui, clamavit coram omnibus : c Pater, miserere 
mei ! » Gum autem quereret papa quid haberet et cur 
sic fleret, dicebat se esse mortuum; cui papa per 
subrepcionem respondit : c Si tu es mortuus, vade 

4. F« 246, 246 v». 



DU DON DE SGIENGE. 145 

cum mortuis. » Tune ille, hoc pro penitencia aocipiens, 
intravit ortum Rome in cujus parte erat cripta sub- 
terranea, in qua positi erant mortui conditi aromati- 
busS cum quibus de die habitabat, et oracioni et fletui 
vacabat, et de nocte exibat, et ad modum bestie de 
collecUs oleribus se reficiebat. Cum autem dominus 
orti olera collecta inyenisset, invigilans ut furem 
deprehenderet, vidit hominem dictum de dicta cripta 
egredientem et olera colligentem ; quem cum cepisset, 
et veritatem fateri compulsus esset, judicavit eum 
papa inter vivos post deputandum >. 

168. Penitencia vindt et superat hostes, et a casu 
et a miseria élevât... Audivi a duobus fratribus, a 
fratre qui hoc se legisse asserebat, quod, cum uxor 
cujusdam comitis proie careret et Dominum multum 
rogasset pro ea optinenda, nec daretur ei, ad ultimum 
promisit dyabolo quod eam ei daret si eam ei procu- 
raret; quod et fecit. Que concepit et peperit filium, 
quem baptizatum vocavit Robertum ^; qui, cum cres- 
ceret per processum temporis, crescebat malicia plus 
et plus in eo, ita primo quod manunas nutricum mor- 
debaty post major alios percuciebat, post quem occup- 
rebat destruebat et rapiebat, post virgines rapiebat et 
deflorabat et conjugatas, homines capiebat et occide- 
bat; et cum, procedente tempore, cresceretinflagiciis, 

1. Il s^agit très-probablement d'une des nombreuses entrées des 
catacombes de Rome. 

2. F^ 246 V», 247. 

3. La légende de Robert le Diable est ici quelque peu altérée; 
mais elle était tellement répandue, que les variantes en sont fort 
nombreuses. Gelle-ci ne dit même pas que le héros était issu des 
ducs de Normandie. On remarquera aussi qu'au dénouement 
Robert, au lieu d'épouser une princesse, se fait ermite. 

10 



1&6 ÉTDCNNB DE BOUBBQN. 

iachi8 miles, fit magis soelestus. Gum aliqaando mator 
sua ei dixisset, commota ad querelas conquerencium 
de eOy quod pro nihilo circa eum laboraretur, quia 
oonstabat ei quod non faceret nisi mahiin, ipsam im- 
petit extracto gladio, diœns quod aut eam occideret, 
aut ei diceret cur hoc ei dixerat, et cur esset ita malus. 
Ipsa autem, timoré perterrita, refert quomodo eum 
dyabolo dederat, et que supra posita sunt. Quod eum 
audisset, relictis omnibus, ivit Romam, ingerens se 
quomodo possetconfiteri pape multociens. Adultimum, 
in quadam processione, per pedes eum arripit, diœns 
quod prius se occidi permitteret quam non loqueretur 
ei. Qui, eum audisset eum, misit eum ad quemdam 
sanctum indusum ; qui eum in missa sua rogaret Do- 
minum quod intimaret quam penitendam ei injunge- 
ret, quia perplexus erat de hoc quod factum ejus 
audierat, mittitur ei per columbam quedam carta, in 
qua erat scriptum quod daret ei in penitencia quod de 
cetero non loqueretur nisi de licencia dicti inclusi, 
quod fatuum se faceret, et injurias sibi illatas a pueris 
et aliis sibi pacienter portaret, et quod de cetero corn 
canibus jaceret, et non comederet nisi [quod] ab eis 
auferret. Quam eum audiret, acoepit penitenciam illam 
gratanter quasi munus a Deo sibi missum, promittens 
ut hanc penitenciam consummaret. Tonsus ut fatuus 
ab heremita, ivit ad civitatem regiam; insequtus a 
pueris, ascendit aulam regiam, pugnat eum canibus, 
rapit ea que eis proiciuntur ab eorum dentibus; 
curiales proiciebant ossa et alia eis, ut \iderent pugnam 
ejus et canum. Gum autem rex perpenderet quod aliter 
non vellet comedere nisi proiceretur canibus, multa 
eis proiciebat, ut ille quem fatuum credebat ea corne- 



DU DON DE SCIENCE. 14*^ 

deret. Nolebat jacere nisi cum canibns sub gradibus, 
ubi penioctabat in fletu et oradone. Rex autem, mul- 
tum ei compadens, non sinebat eom molestari. Cum 
autem barbari imierent contra regem, regnum vaa- 
tando iHudy et rex cum suis processisset ad prelium, et 
Robertus multum ei compateretur et oraret pro eo, 
appaniit ei angélus Domini, dicens ut se sequeretur, et 
acciperet arma sibi a Deo missa, et iret in adjutorium 
domini sui, et, habita Victoria, reponeret arma unde ea 
sumeret. Duxit eum juxta fontem qui erat in fundo^ 
regio, etibi eum armavit armis albis cum cruce rubea, 
et imposuit super equum album. Ipse autem ad exer^ 
citum advolans penetravit, fiigavit et prostravit hostes, 
et, habita Victoria, rediit ubi prius erat, et arma cum 
equo deposuit ubi dixerat angélus. Hoc autem viderat 
unica régis filia, que erat muta, de fenestra camere sue ; 
cum autem rex redisset et quereret a suis quis esset 
miles ille cum armis albis qui sic fecerat, nec posset 
inveniri, filia muta ostendebat digito fatuum quem 
rex arguebat. Cum autem hostes redissent, resumpto 
majori exercitu, Robertus, admonitus ab eo angelo, 
fecit ut prius, regem et ejus exerdtum liberans, et 
onmes hostes superavit. Cum autem hoc videret rex, 
precepit militibus suis ut eum caperent, si aliter non 
possent eum ad eum adducere, ut eum sublimaret et 
honoraret. Unus autem militum, cum vellet et non 
valeret eum capere, lanceam figens in crus ejus, eum 
vulneravit, et in vulnere ferrum lancée remansit. Ipse 
autem juxta fontem predictum arma deposuit, ferrum 
remavH, abjecit, et mustum supra vulnus posuit ; quod 
videns, filia régis cucurrit et ferrum rapuit. Cum 

1. Mb. funto. 



1 48 ' ÉTEENNE DE BOURBON. 

autem rex diceret quod si ille miles, qui vioerat, ve- 
niret, filiam suam in conjugem ei daret, et heredem 
regni sui eum faoeret, senescallus suus crus suum 
vulneravit et ferrum cujusdam lancée apportavit, de 
quo miles, licet hoc bene adverteret, qui Robertum 
vulneraverat, non audebat dicere non esse suum. Gum 
autem deberet ei puella desponsari, et ipsa signis 
quantum poterat reclamaret et fatuum ostendens 
senescallum abiceret, et eam pater verberaret et urge- 
ret, aperuit Dominus os ejus, et patri retulit que vide- 
rat, et ferrum apportavit, quod miles recognovit et in 
hasta sua posuit. Divina autem revelacione advenit 
heremita qui Roberto penitenciam injunxerat, preci- 
piens ut loquatur et veritatem pandat, quod vîx fecit. 
Gum autem rex vellet ei filiam suam unigenitam dare 
et regnum suum resignare et illud ei dimittere, et ho- 
mines patris sui, hoc audientes, eum répétèrent ut 
eis dominaretur, noluit eos exaudire; sed eum dicto 
heremita, relictis onmibus, ivit et heremiticam duxit 
vitam^ 

[Qualis débet esse penitencia.] 

1 69. Hic videndum est qualis débet esse penitencia 
et qualis non débet esse... Et notandum quod peni- 
tencia primo débet esse fidelis, ut in fide fiât, ut non 
sit penitencia infidelium, hereticorum aut aliquorum 
fidelium'. Heb. xi a : c Sine fide impossibile est 
placere Deo. » Unde audivi a fratribus quod, eum 
quidam heretici in terra Âlbigensium jactarent se 

1. F^249, 249 v«. 

2. Mb. infidelium. 



DU DOIf DE SCIENCE. 149 

ooram suis credentîbus de exteriori affliocione, affiiit 
quidam joculator, qui dixit quod probaret roDcinum 
suum meliorem ipsis, quia, si ipsi non comederent 
carnes, née ipse, née viDum biberet, nec edam panem 
comederet; si maie jacerent, et ipse pejus; sed hec 
omnia plus debebant proficere equo suo, et omnia alia 
dura et aspera, quam eis, quia ipsi non credebant, sed 
fidei articula discredebant : cum autem sine fide nil 
posset Deo placere, nil quod ipsi facerent Deo placere 
poterat, sed facta roncini sui Deo plus placere pote- 
rant, quia, etsi non credebat, tamen in nuUo discrede- 
bat, et ita et in factis et in fide melioris condicionis 
erat eis^ 

170. Item audivi quod in dyocesiCathalaunensi', 
versus Montem Hysmerum', fuitquedam vetula, Âlbe- 
rea nomine, manichea, que propter errorem suum non 
comedebat carnes, non ova, non caseum, et a multis 
secundum secte sue doctrinam abstinebat, non propter 
Deum : tamen tante famé erat, ut onmes incole ex hoc 
eam sanctissimam judicarent ; que etiam, ad contegen- 
dum errorem suum, singulis diebus dominicis conunu- 
nicabat, nec tamen în corpus dominicum fidem aut 
devocionem habebat. Que, comprehensa et combusta, 
confessa est in jure onmia opéra ista esse dyaboli et 
infecta et inficiencia animas ; et ideo dicta penitencia 



1. On sait qne le pays des Albigeois était en même temps la 
terre classique des jongleurs, ordinairement plus favorables aux 
hérétiques; c'est ce qui rend cette singulière argumentation plus 
curieuse encore. 

2. Ms. ChathalanenH. 

3. Mont- Aimé, jadis Moymer, commune de fiergères-les- Vertus 
(Marne). 



150 ÉTIBNnE DB BOURBCm. 

non solum d non proficiebat, sed noodMit, juxta illod 
Apostoli, Rom. xnn g : c Omne quod non est ex fide 
peocatum est. > Hoc audivi ab eis qui ante eamde hoc 
oonvioerant et hereticam judicaverant, et a filio siio, 
Theobaldo nomine, qui fiiit hereticus manidieus et 
combustus apud Montem Hismerum, in sentenda que 
data est ibi [contra] plus quam lxxx heretioos mani- 
cheos, oui sentende ego interfui et fere mnnes episoopi 
FrancieS 



TITULUS SEGUNDUS. 

DE STATUS SUI GONSIDERAGIONE ET GOGNIGIONB. 

171 . Sciendum autem quod, sicut donum sciende 
hominem illuminât, ut quid sit penitenda, et quot et 
quanta bona facienti bec faciat, videat, simiUter per 

1. F~ 250, 250 V*. Cf. le n» 482, où l'auteur, rapportant le môme 
fait, donne le chiffre de 180 hérétiques au lieu de 80. Une assem- 
blée ecclésiastique aussi importante, constituant une sorte de 
concile national, devrait être plus connue. Cependant, comme 
l'observe Ëchard en reproduisant ce passage, elle n'est guère 
mentionnée que dans la chronique du moine Albéric, qui la rap- 
porte à Tannée 1239 (Etienne de Bourbon la place vers 1230), et 
qui parle de 183 bulgares ou bougres brûlée en présence du roi 
de Navarre, Thibaud IV, et des barons de Champagne c apud 
Montrimert^ qui ab antiquo mons Wedomari dicitur. ■ Le môme 
chroniqueur nomme ensuite divers prélats qui assistèrent, soit à 
l'interrogatoire et à l'examen de ces hérétiques, soit à leur sup- 
plice, au milieu d'une multitude qu'il ne craint pas d'évaluer au 
chiffre exagéré de sept cent mille hommes. (Albéric, éd. Pertz, 
XXm, 944; Script, ord. Prafdicatorum, 1, 190. Cf. encore Philippe 
Mousket, éd. BeifiEenberg, II, 666, et d'Arbois de Jubainville, 
Hist, des comtes de Champagne, lY, 297 et suiv.) 



DU DON DB SGIENGB. 151 

idem donum illustratur homo ut seipsum agnoscat, et 
statum 8uiim diligenter consideret et attendat, et 
circumspiciat et videat undique mala multiplicia qui* 
bus undique circumvaUatur, et de visia doleat et 
peniteat'... 



TITULUS TERGIUS. 



DE GONTRIGIONE. 



172. Tercius titulus est de contricione peccatorum, 
quam facit in homine donum sciencie. Post sui status 
consideracionem et cognicionem, est habere de malis 
suis agnitis contricionis dolorem... De contricione, 
quam facit in homine sciencia salutaris, agemus hoc 
modo : primo ostendemus quid hominem ad contri- 
cionem moveat ; secundo, qualis contricio penitencium 
esse debeat; tercio ostendemus quod contricio ad 
multa homini valeat ' 



• • • 



De effectibus contricionis. 

1 73 . Primus est quod lavât et purgat . . . [Item] con- 
fortât. Mat. V a : c Beati qui lugent, quia consolabun- 
tur. > ... Âudivi a quodam frab*e, qui et scriptum se 
vidisse asserebat, quod quidam miles dives, juvenis, 
delicatus et litteratus incepit cogitare de vanitate 
mundi, et quomodo vix aut nunquam posset in statu 

1. P»251 ▼•. 

2. P» 252 ^. 







^Ij^^nt, minor ocddit 

■* lictus, ivit Komam. 

parcham suum, qui 

^m EgTpcium, iUe 

|Btudinis Ëgypciace, 

[; if'uxl crebras habebat 

rooes, et siogulis 

rit ad eum : tune 
post rrfectio- 
Deo révélante, 

~^ *^ M^ ^^^^^"^ fatuum fingebat, 

^ r-!- s. .-. r s. s. . ^jjgjyjjj nûiitem 

Gonstantinopolim 

venit ad dictum 

euntem 

choros psal- 

iDtes ecclesiam et 

Gum autem diu 

.„..^___ matutinas esset, 

j|3S^^ns, qui, firmantes 

'~' :2d fimarium suum 



■* ^^^ptÉ^^^ii^ duos choi 



DU DON DE SCIENCE. 153 

regredkur ; quem dictas juvenissubsequitur, procidens 
ad pedes suos. Quem credens primo pueros, clamabat 
Doodum esse diem; audiens autem quis esset et 
causas vie, et a quibus missus esset, et que viderat, 
consuluit ei quid ageret, injungens ei et per juramen- 
tum constringens eum ne cuiquam in vita sua factum 
suum revelaret. De consilio ejus, suo hospiti mani- 
festavitquis esset; et cum multi, pâtre ejus mortuo, 
pro imperio litigarent, eo quod non invenîretur hères, 
imperium repetivit et obtinuit. Factus autem impe- 
rator, videos hoipinem Dei conspui, flagellari, etc., nec 
audens propter suum juramentum signa recognicionis 
exibere, uberrime eciam inter epulas flebat, vel edam 
quando ei^ illatas injurias audiebat. Quadam autem 
die, cum audisset bonum illum fatuum defunctum, 
prosiliit et ad fiinus currit, flens et patrem suum pro- 
damans, revelando factum suum. Inventa est autem 
quedam carta in manu ejus, in qua erat scriptum quis 
et unde esset, et quare sic se abjecisset. Imperator 
autem, ex una parte fimus portans, eum honorifice 
sepeliri fecit, et ipsum Dominus multa miraculorum 
gloriadecoravit'. 

174. Vitam etemam [contricio] impetrat... Item 
audivi a quodam magistro, predicatore crucis cum 
magistro Jacobo de Vitriaco, quod quidam habuit 
filiam de uxore sua valde pulcram, quam, instigante 
dyabolo, illicite amore amavit et corrupit. Quem zelum 
mater per signa nimis evidencia advertit, et rem depre- 



1. Ms. siM, 

2. F* 255. Une légende analogue a formé le sujet dn Dit des trois 
chanoines, publié par Jubinal (Contes, I, 266). 



164 ÉnmoB ds boumbok. 

hendit. Et oum pre eonftuione sua et filie stopens 
DoUet fiictum propalare, filia, perpendens quod res 
esset matri çognita, oonsilk> cojusdam vetule dédit 
matri venenum, de cujus haustu mcMrtua est. Qaod Gum 
pater advertens horreret, et filiam dimitteret et refii- 
geret, ipso eodem veneno quo mortem intulit matri, 
intulit et patri. Quibus sic oocisis, diu desperata per» 
mansit, quousque a quodam predicatore crucis audivit 
quod omnia peocata que possent fieri nihil erant ad 
coiiq)aracionem miserioordie Dei. Ad quem acoedens, 
cum nec pre dolore confiteri valeret, tamen eam est 
consolatus ; cui eciam ante cum aliis crucem dederat. 
Que ei, vix valens pre lacrimis, peocatum suum est 
confessa, iodicans se digoam omni penaet confiisîone. 
Que eciam, statim ut ab eo recessit, cum quadam 
andUa sua ad ecclesiam ivit, etibi in oracione se pros* 
temens et lacrimis laxans habenas, pre eorum inun- 
dacione et dolore prefocata, mortua inventa est. Gum 
autem iUe qui confessionem ejus audierat in sermone 
ad popuium faceret pro ea rogari S audivit vocem sibi 
dicentem quod pocius erat necoessarium quod ipsa 
oraret pro eo, que, in lacrimarum inundacione it^vm 
baptizata, evolaverat ad celestem patriam sine omni 
pena purgatoria '. 



i. L'usage de demander aux fidèloB, du haut de la chaire, dea 
prières pour les défunts est également constaté dans le recueil 
d'exemples de Jacques de Vitry (Bibl. nat., ms. lat. 17509, 
fr 133). 

2. F» 256. 



DU DON DB SGIBIVCB. 155 



TITULU8 QUARTUS. 



DE GONFESSIONE. 



175. Quartus titulus est de peccatorum confessione, 
quefit quando anima, donosciencie illuminata, cognos- 
cens plagas cordis sui et infirmitates peccatorum peri- 
culosas , timens per bas mortem etemam incurrere , 
currit ad medicum spiritualem, ostendens cas ei, ut 
per ejus consilium liberetur^.. 

De incommodis que facit canfessio dyabolo. 

176. Débet nos ad confitendum monere hostium 
nostrorum multiplex incommodum et molestia quam 
consequuntur ex peccatorum nostrorum confessione... 
[Gonfessio] delet scripta dy aboli. Et nota quod, cum 
quidam clericus sanctissime viveret, ita quod ei dya- 
bolus invideret, procuravit et laboravit temptando 
eundem quod in peccatum grave esset delapsus. Cum 
autem dyabolus vellet eum confundere, et, assumpta 
humana specie, eum coram suo episcopo accusasset, et 
assignata esset dies in qua que dicebat dyabolus debe- 
bat probare, afferens cartas suas coram judice, in qui- 
bus continebantur locus et tempus et persone quibus 
scientibus peccaverat, dictus clericus, videns se in 
arto positum, confessus est omnia, dolens et proponens 
non redire ad peccata. Cum autem essent coram judice, 
et dyabolus diceret se habere multa contra eum que 

1. F* 257. 



156 éhbnnb de bourbon. 

poterat probare per scripta et testes, revolvens scripta 
sua, invenit ibi omnia deleta, dicens : < Gerte hodie 
erant omnia que habebam contra istum hic scripta ; 
sed nescio quis omnia hec delevit. > Et, hoc dicto, eva- 
nuit. Glericus autem in secreto confessionis omnia hec 
episcopo narravit. 

177. Item dicitur de quodam sancto pâtre quod, 
cum aliquando esset occupatus in alico opère cum 
firatribus, et tradidisset oblivioni dicere nonam suc 
tempore propter occupacionem, vidit dyabolum trans- 
euntem ante se et ferentem unum librum maximum 
ad modum rotuli super humerum suum, qui videbatur 
magnus ad modum turris ; et adjuravit eum in nomine 
Domini ut dimitteret librum illum. Et cum revolveret 
librum, invenit in una pagina ejus scriptum quod ipse, 
illa die et hora qua debuerat, nonam non dicerat. Ipse 
autem statim prostratus pedibus socii sui, suam con- 
fessum est negligenciam ; et statim in rotulo dyaboli 
respiciens, invenit quod prius erat ibi scriptum deletum , 
et ex hoc novit virtutem confessionis. 

1 78. Item dicitur quod, cum quedam vidua familia- 
rissima esset cujusdam episcopi propter religionem 
que credebatur in ea, cum, instigante dyabolo, peccasset 
cum proprio filio et prolem inde habuisset, idem 
dyabolus, volens eam confiindere et per hanc religiosas 
personas interminare, in humana specie venit ad epis- 
copum, dicens quod eam probaret ipse, die assignata, 
pessimam meretricem. Cum autem accussasset eam, 
assignatur ei dies ad probandum dicta contra eam. 
Dyabolus, colligens et in scripto redigens acta ejus et 
onmes peccati ejus circumstancias, ad diem venit: illa 
autem, videns sibi diem instare, confessa est peccatum 



DU DON DE SGOBNCB. 157 

suum ; dyabolus autem, ea veniente ad diem, aperiens 
cartas suas, invenit omnia que contra eam habebat 
deleta, insuper nec eam agnovit ^. 

179. Item dicitur quod quidam sacrista cujusdam 
abbacie surrexit ut pulsaret ad matutinas, et vidit 
dyabolum portantem saccum plénum et librum in 
manu. Gum quereret dictus sacrista quis esset, [dixit] 
quod erat circator offidnarum, qui faciebat monachos 
in dormitorio vigilare, in ecclesia dormire, in refec- 
torio mala signa facere et micas dispergere, de quibus 
saccus quem ferebat erat plenus, ut dicebat, et liber 
quem ferebat de negligenciis fratrum'; sed diœbat 
quod super onmia oderat capitulum, quia sepe in capi- 
tulo amittebat quicquid laboraverat, propter confes- 
siones et accusaciones ibi factas et penitencias. 

180. Item, cum duo fi*atres Predicatores oberrarent 
in montibus Hybernie, nec viam possent invenire, 
aspiciunt non longe homunculum quemdam, quem cum 
voçarent et eos fugeret, insequentes eum, attingunt 
eum in arta montana. Â quo cum quererent de via et 

i. Ces trois dernières anecdotes et leurs congénères paraissent 
issaes de la vieille légende de Théophile, racontée bien des fois, 
notamment par Roswith et dans les Miracles de Notre-Dame 
(ms. 12593, f» 449); la dernière rappelle le Dit de la bourgeoise de 
Rome, édité par Jnbinal {Contes, I, 79). On peut les rapprocher de 
la suivante, dont nous devons le récit à Jacques de Vitry : c Cîon- 
tigit in Francia quod quidam clericus, cum vellet peccata confi- 
teri, ita copiose flebat coram sacerdote, quod non poterat loqui. 
Gui sacerdos ait : Fili, scribe peccata tua, et afler mihi. Gumque 
ille scripsisset et sacerdos legisset, ait : Yolo habere consilium 
cum meo superiori. Aperta autem carta coram episcopo, nihil 
nisi cartam vacuam invenit, et, reversus ad clericum, ait : Gon- 
fide, fili, dimissa sunt peccata tua tibi. i (Ms. 17509, M52.) 

2. Cf. le no 212. 



15S tWrnm DB BOURBON. 

vix sdret eis respondere, cum multum kistitisseDt ut 
eis dioeret quis csset, ait eis quod per triginta annos 
servierat demonibus, qui apparebant ei in diversis 
flagieiis, et eis fecerat homagium, ut eonim faoeret 
Yoluntatem ; et eorum ferebat in manu sua impressum 
sigillum, in que erant scripte littere illius homagii, 
quod ostendit eis. Ipsi autem vix potuerunt ei suadere 
quod cum eis veniret usque ad villam. Cum autem in 
villam venissent, et quidam eorum predicaret de 
abhominacione peccatorum et de misericordia Dei 
quam faciebat confitentibus, ille homo ooram onuiibus 
factum suum dixit; cum autem cum lacrimis fiiisset 
confessus fratri peccatum suum, invenit sigillum dya- 
boli a manu sua deletum. Cum autem post aliquantos 
dies confortatus et instructus rediret ad silvam solitam, 
ut inde aliqua que ibi habebat reportaret, obviavit illi 
demoni cui homagium fecerat, discurrenti per montes 
cummultitudine aiiorum demonum, cum equis nigris et 
canibus, [et] querenti ab eo si viderat talem hominem, 
quem nuper amiserat, servum fugitivum. Et cum ad 
ultimum quereret ab eis si eum non agnoscerent, ipsi 
dicebant quod non ; et cum ille assereret eis quod ipse 
esset ille quem querebant, respicientes in manu ejus 
et non invenientes suum sigillum, dicebant quod men- 
ciebatur, quia signum homagii non habebat; sed den- 
sorem reputantes eum, ab eo recesserunt. Ipse autem 
letus ad fratres rediit, et cum eis remansit. Hoc retulit 
mihi quidam frater illius terre, qui venerat ad curiam 
domini pape apud Lugdunum '. 

i. Fm 259, 259 r>. Ces derniers mots désignent sans donte 
le concile générai tenn à Lyon en 1245. 



DD DON DB SGBENCB. 159 

r 

De multiplici confessionis effectu. 

^ 81 . Primus effectus ejus est quia animam lavat et 
mundat. . . Âudivi quod in quadam abbacia erat nidus 
ciconiarum : cum autem masculus recessisset de nîdo 
ad pastum, masculus alius, nidum intrans, commisce- 
batur cum ciconia ; que statim ad fontem ibi propin- 
quum, antequam veniret ejus masculus, descendens, se 
ibi abluebat. Cum autem hoc fréquenter fieret et mo- 
nachi hoc perciperent, impedierunt eam ne se in fonte 
posset lavare, quousque masculus ejus venisset; qui 
statim adulterum percipiens, ab ea recessit, et alias 
ciconias in maximam multitudinem congregavit , que 
in prato vicino, ibi spectantibus et mirantibus multis, 
ad invicem deriserunt, et illos duos qui quasi in 
adulterio se commiscuerant, postquam diu hinc inde 
cum rostris strepitassent, in medio positos, ad ulti- 
mum in eos irruentes, deplumaverunt et laceraverunt 
et occiderunt, quasi esset sentencia data contra eos^ 

182. Item audivi a magistro Nicholao de Flavigni, 
archiepiscopo Bisuntino, quod, cum quidam homo, qui 
dives fuerat, ad subitam et maximam devenisset ino- 
piam, [et] desperans vagaretur, occurrit ei dyabolus 
in forma humana, dicens quod, si vellet ei servire, 
et si ei homagium faceret, eum divitem faceret. Cum 
autem hoc faceret et manum dexteram ad promitten- 
dum fedus ei, inter manus dyaboli poneret, ibi nigre- 
facta est quasi carbo ; nec aliqua ablucione vel alio 
poterat dealbari. Cum autem diu dyabolo servivisset, 
ad cor rediens, ad confessionem, quam dyabolus ei 

1 . Vincent de Beauvair raconte le même trait comme on exemple 
de la piété conjugale des cigognes (Spec. natur.^ liv. xvi, ch. 48). 



160 ETIENNE DE BOURBON. 

inhibuerat, oonfugit : cum autem flendo confiteretur, 
manus illa nigra subito est dealbata et ad oolorem 
pristinum revocata ^ . 

183. Item libérât a mortis oordis et anime peri- 
culo... ; item libérât a periculo ignis... ; item a peri- 
culo maris. Âudivi a fratre Galtero de Leus' quod, cum 
quedammulier, mare transiens, pulcritudinesuaomnes 
qui erant in navi ita attraxisset, ut onmes qui erant 
ibi fere cum ea peccassent vel per actum aut consen- 
sum, et non evitaret patrem aut filium, sed indifferenter 
onmibus, licet occulte, se exponeret, facta in mari tem- 
pestate et navi périclitante, cepit clamare coram 
omnibus omnia peccata sua et confiteri ea, credens 
quod alii propter ea deberent periclitari. Tune, aliis 
confitentibus, cessavit mare a furore suo. Facta tran- 
quillitate, ndlus potuit scire que esset illa mulier aut 
cognoscere eam '. 

1 84. Gonfessio contra justiciam Dei allegat et alle- 
gando instat, et sentencias ejus immutat, et sunmium 
judicem plaçât. . . Peccator débet in confessione allegare 
Dei misericordiam et benignitatem solitam ejus, Ghristi 
mérita et passionem, et sanctorum mérita, et Ecclesie 
afflictionem pro eo, et alia, ut Ghristum moveat et 
veniam optineat. Âudivi quod, cum quidam miles con- 
fessus esset cuidam bono viro peccata sua, nec vellet 
cessare vel ea reUnquere, optinuit confesser quod 
saltem, ex quo nolebat pacem plenam cum Domino 
facere, saltem daret ei treugam usque ad quindenam, 
et tune rediret ad confessionem ; quod cum fecisset. 



1. F~ 259 v«, 260. V. le n» 178 et la note qui le concerne. 

2. Ce religieux inconnu est déjà cité au n* 153. 

3. F> 260 Y>. 



DU DON DE SCIENCE. 161 

magîs invenit eum elongatum a voluntate mala, nec 
tamen proponebat adhue omnino cessare. Tune, ad 
instanciam confessons, dédit Deo treugas unius mensis ; 
post, in alio reditu, unius anni ; ad ultimum, virtute 
confessionis, paeem eum Domino fecit plenam, propo- 
nens firmiter abstinere ^ 

185. [Gonfessio] sanat... Gregorius : c Gontricio 
apostema pungit, confessio aperit et saniem eicit, satis- 
factio cathaplasma apponit. » Seneca : c In hiis mor- 
bis quibus affligimur, qui pejus se habet, minus sentit ; 
et premia sua narrare vigilantis est, et vicia sua con- 
fiteri sanitatis indicium est. »... Item audivi a fratribus 
[quod] apud Andegavensem urbem accidit quod que- 
dam juvencula in festivis diebus, eum alii irent ad 
sermonem, alias socias convocabat ad choreas, et prope 
plateam ubi fiebat sermo ita alte cantabat, quod ser- 
monem impediebat, nec correpta sepe desistere vole- 
bat. Gum autem semel hoc faceret, a demone arrepta 
fuit, et tôt pustulis fuit percussa, quod tota inflata et 
infecta et corrupta videbatur. Gum autem amici sui 
ducerent eam per multos sanctos nec ei proficeret, 
habuerunt consilrum quod eum adducerent ad domum 
fratrum, ad locum contra quem fecerat injuriam ; quod 
eum fecissent et fratres loci orarent pro ea, liberatur 
ademonis oppresione, sed non ab infectione illa, usque- 
quo, suasa confiteri, confessa est. Et eum confessa fuis- 
set nec inveniretur aliquod peccatum mortale, dictum 
fuit ei quod graviter peccaverat quando cantu suo 
verbum Dei impediebat ; quod eum fuisset humiliter 
et lacrimanter confessa, et promississet quod de cetero 

l. P<«261,261 V. 

11 



162 éhenne de bourbon. 

choreas non duoeret nec verbum Dei impediret, îUico 
curata est ^ 

[Qualia débet esse canfessio.] 

186. Hic videndum est qualis débet esse vera et 
salutaris confessio... Débet esse munda et recta, ut 
fiât recta interpretacione vel intencione, non pro lucro 
et favore... Timeant qui ad hoc confitentur solum, ne 
heretici suspicentur, vel ut boni reputentur, vel ne a 
solis sacerdotibus moiestentur, vel qui in confessione 
sua se justificant , vel ne mali appareant, vel ut boni 
videantur. In dyocesi Remensi, cum quidam sacerdos, 
ut audivi, haberet quamdam parrochianam quam 
sciebat valde peccatricem, sed occultam, et ipsa esset 
coram eo se justificans, nec aliquod peccatum posset 
de ea extorquere, firmato cancello in quo erat, dixit 
quod Deus dederat ei maximas reliquias que non Aie- 
rant invente de aliqua muliere, matre Dei excepta, 
que non peccasset : cum autem pulsaret campanas et 
faceret parrochianos vocari, dicens quod eam repo* 

i. P« 262. Sur les danses à la porte des églises et les sermons 
en plein air, voy. La Chaire française au moyen âge, p. 214, 413, et 
ci-après, n^ 275. Les danses de cette époque étaient, en général, 
de simples rondes, dirigées parle chant d*un coryphée, comme on 
le voit ici et dans Jacques de Vitry : c 8icut vacca que alias pre- 
cedit in collo campanam gerit, sic mulier que prima cantat 
[et] coream ducit, quasi campanam dyaboli ad collum habet liga- 
tam... Ghorea enim circulus est, cujus centrum est diabolns; et 
omnes vergunt in sinistram, quia omnes tendunt ad mortem 
eternam. Dum autem pes pede comprimitur vel manus mulieris 
manu viri tangitur, ignis dyaboli succenditur. > (Ms. 17509, 
f« 146.) 



DU DON DE SCIENCE. 463 

neret in capsa argentea, illa coniusa multa peooata et 
eoormia est confessa^. 



Qunrrus titulus. 



DE SATISFAGTIONE. 



187. Nunc dicendum est de discreta peccatorum 
satisfactione ; et quia sunt tria a quibus omne peoca- 
tum ontur, scilicet concupiscencia camis, concupis- 
cencia oculorum, superbia vite, ita tria sunt contra hec 
satisfactoria peccatorum : contra carnis concupiscen- 
ciam est carnis afflictio , vel ex duricia et asperitate 
lectorum..., vel ex asperitate, vilitate et parcitate 
ciborum et potuum et abstinencia eorum, sive per 
disciplinas, vigilias, jejunia, peregrinaciones et cor- 
poris alios labores, sive per studium et fréquentes 
meditaciones, quia, ut dicitur in Ecc. xii g : < Frequens 
meditacio carnis est afiliccio » ; item contra concupis- 
cenciam oculorum est satisfactoria alieni restitucio et 
suorum largicio in pios usus ; item contra superbiam 
vite est Deo satisfactoria humilis et devota oracio '... 

De jejunio; quale débet esse. 

1 88. Jejunium débet esse pium, discretum, sobrium 
et letum... Vulgariter dicitur quod famés expellit 
lupum a nemore, et jejunium discretum dyabolum ab 

A. F»264 v«. 
2. Fo 270 v«. 



164 ÉTIBNNB DE BOURBON. 

umbroso corde. Quod autem dyabolo plaoet indiscre- 
tum jejunium, patet per hoc, quia homo per id inutilis 
redditur ad pugnam. Unde dixit magister Jacobus de 
Yitri quody cum quidam Templarius nimia abstinencia 
in pane et aqua se diu afflixisset, et neccessitas urgeret 
quod omnes irent et occurrerent Sarracenis, ita debili- 
tatus fuit dictus frater per indiscretam abstînenciam, 
quod in primo impetu et conflictu cecidit. Quod cum 
vidisset quidam frater ejus, de equo descendens, cum 
periculo suo et labore eum a terra elevavit. Item ele- 
vatus a terra, iterum corruit, et idem frater miles cum 
eodem labore et periculo eum erexit, dicens : c Modo 
teneatis vos bene, domine Panis^t-aqua. > Cum autem 
tercio idem accidisset, et alius idem quod supra fecis- 
set, ait : c Domine Panis-et-aqua, amodo teneatis vos 
bene, quia, si cecideritis, per me non elevabimini de 
cetero. > Qui ex hiis confusus, relictis singularibus 
suis, vixit conununiter ^ 

1 89 . Et nota quod indiscreta abstinencia facit ali- 
quando homines in religione impotentes et inutiles, 
quod sint sibi graves et onerosi et aliis, et quod non 
possint exequi officia sua ad que sunt vocati... Videns 
dyabolus, in principio ordinis Predicatorum, fratres 
nimis affligi paupertate et defectu cibi et sompni, 
cum multum affligeret eos, eciam corporaliter, [et] fra- 
tres statuissent ut in fine matutinarum cantarent Te 
sanctum Daminumj ut boni angeli quos invocabant 
malorum nocuitum réprimèrent, clamavit dyabolus 



1. Cf. le ms. de Jacques de Vitry (lat. 17509), f» 73. On sait 
que les Templiers ne gardèrent pas longtemps cette réputation 
d'excessive sobriété. 



DU DON DE SCIENCE. 165 

per os cujusdam fratris, quem propter indiscretam 
abstinenciam arripuerat, cum cantarent Chérubin 
quoque ac Seraphinj etc. : c miseri ! vos nescitis 
quid cantatis. Nescitis quam sublimes isti sunt, sed 
ego scio, qui de eorum consorcio cecidi ; et cum non 
habeam carnem in qua possim facere penitenciam, 
non possum illuc ultra conscendere; sed certe, si tan- 
tum haberem de carne quantum est in pollice humano, 
tantum facerem in ea de penitencia, quod adhuc ad 
alciorem statum ascenderem. » Magister autem Jor- 
danusS videns demonis fallaciam, monebat fratres 
contra indiscretam abstinenciam'. 

De effectu multiplid jejunii. 

1 90. Nota quod jejunium saciat, Deum plaçât, sanat 
jejunantem...; sanitatem enim facit et conservât 
sobrietas... Item hoc ostendit natura animalium, que, 
gravata superfluitate cibi vel humoris mali, jejunant ut 
curentur, ut patet in cervo, serpente et aquila, que 
animalia jejunant ut déponent noxium humorem et 
infirmitatem senectutis pariter et noxii humoris, et 
accipiant sanitatem et vite novitatem. Item accipitres 
et aves venatice, que nimis avide et nimium sumpse- 
runt cibum, jejunare compelluntur ut curentur. Item 
magister Jacobus de Vitri dicebat quod in Francia 
fuit quidam prelatus qui cotidie epulabatur splendide ; 
et, deliciis affluens, erat languidus et miser, nec medi- 
cinis poterat reparari : qui, desperans de vita, intravit 



1. Jourdain de 8aze, deuxième général des Frères Prêcheurs. 

2. F* 271 Y». 



166 ÉITENNB DE BOURBON. 

s 

ordinem Gisterciensem, ubi, assuesœns pi 
vite et jejunia, convaluit, factus robustus in oorpore. 
Gum autem hoc audiret archiepiscopus Remensis et 
noD crederet, visitavit eum, et in abbacia oomedens 
in refectorio, videns quod dictus monachus oomedisset 
unum discum plénum de fabis, alium de oleribus, ait 
servienti : € Porta mihi illi monacho, qui, cum afflueret 
omnibus deiiciis, erat languidus nec poterat oomedere, 
ut, postquam istum oomederit, crepet. > Et reœssit 
archiepiscopus, edificatus quod condimentum mona* 
chorum sit famés ^ 

1 91 . Item audivi quod, cum quidam haberet canem 
parvulum et nobilem nutiîtum suis deliciis, languidum 
et miserum, cogitavit quomodo posset magnam pecu- 
niam extorquere a quodam suo burgense divite et 
avaro, dicens : < Iste canis non dignatur comedere 
nisi regales cibos, et cum istis languet et moritur ; iste 
avarus dimittet eum mori famé, nec audebit ei dare 
assueta propter avariciam suam. > Gum autem com- 
mendasset ei canem dictum, ut eum servaret ei in peri- 
culo suorum bonorum eque bonum, ille inclusit eum 
in caméra, ubi, cum diu flevisset et ejulasset diurno jeju- 
nio, fecit ei fieri pulmentum de furfure ; quod primo 
olefaciens canis recedebat ; post incepit lambere, post 
cum dolore gustare et horrore, post comedere; et sic 
paulatim assuescens, semel in die fortiter comedens, 
fortis et pinguis domino suo redditus est, super hoc 
plurimum admiranti *. 

1. Exemple répété plus loin avec de légères différences (n* 479). 

2. P> 272 V». 



DU DON DB SaSEfGB. 167 



SEXTUS HTULUS. 



DE PEREGRINAGIONE. 



19SI. Sextii8 titulus pertinens ad satisfactioDein et 
ad Garnis maceracionem eat peregrinacio. Primo 
dicemus de hac in génère, qualis esse débet ut Deo et 
sanctis ejus placeat ; secundo, quare fieridebeat et quid 
ad peregrinandum hominem movere debeat ; tercio, 
de diversis beneficiis que Deus peregrinis facit, pre* 
cibus et meritis sanctorum ; quarto dioemus de père- 
grinacione transmarina, quare libenter sit fadenda^.. 

Qualis débet esse peregrinacio. 

193. Primo débet esse sobria, ne peregrini spolien- 
tur et jugulentur et irrideantur materialiter et spiri- 
tualiter. Yidi ego aliquam personam que multum labo- 
raverat faciendo peregrinacionem transmarinam, et, 
cum inebriatus esset in quodam hospicio, castitate, 
quam diu servaverat, et pecunia, jacens cum quadam 
meretrice ancilla domus, spoliatur '. . . 

1 94 . Item débet esse leta (Psalm. : c Cantate mihi eciam 

1. Fo 274 v>. 

2. Cf. l'exemple des pèlerine corrompus par Baladin au moyen 
du vin et des femmes (n® 48i). Jacques de Vitry, qui avait long- 
temps séjourné en Orient, dit de son côté : c Multos quidem vidi 
peregrinos qui, fatigati ex itinere, usquead ebrietatem bibebant... 
Midtas in hospiciis invenietis meretrioes et malas mulieres, que 
insidiantur incautis et maie rémunérant bospites sues, velut mus 
in pera, serpens in sinu. • (Ms. 17509, f" !0i.} 



168 ETIENNE DE BOURB(Hf. 

justi >, etc.), ut de Deo cantent, ut faciunt Theutonici, 
non de aliis vanitatibus et turpibus, ut qui exiverant 
de Babilonia Judei, qui loquebantur azotice. (Née. , ult.') 
Azotus interpretatur incendium. Sunt similes biis ilU 
peregrini qui, cum loca sanctorum visitant, luxurioaas 
cantilenas cantant, per quas corda audiencium inflam- 
mant et succendunt ignem luxurie ' ; et aliquando suc- 
cenduntur a Domino igné materiali vel gehennali, ut 
illi maxime sacrilegi qui corpora sanctorum christia- 
norum in cimiteriis conculcant, ubi choreant in vigî- 
liis sanctorum, et templa viva Dei igné luxurie inflam- 
mant, dum in festis et vigiliis sanctorum in templis 
conveniunt et choreas ducunt et Dei oflicium et sanc- 
torum impediunt. Accidit in dyocesi Elnensi ', quod, 
cum quidam predicator in terra illa predicasset et 
multum choreas inhibuisset fieri in ecclesiis et vigiliis 
sanctorum, cum in quadam parrochia quidam juvenes 
consuevissent venire et super equum ligneum ascendere, 
et larvati et parati choreas ducere, in vigilia festivitatis 
illius ecclesie, in ecclesia et per cimiterium ^, cum, 

1. C'est-à-dire le second livre d'Esdras, attribué à Néhémie 
(xni, 24). 

2.. Les chansons d*amour se mêlent encore aujourd'hui, dans 
certaines campagnes, aux veillées de Noël ou d'autres fêtes. Mais 
quels sont ces chants sacrés que l'auteur met dans la bouche des 
pèlerins allemands? 

3. Ëlne en Roussillon, dont l'évêché fut transféré à Perpignan 
au xvii« siècle. 

4. Les danses devant les églises, et même dans leur enceinte ou 
dans celle des cimetières qui les entouraient, étaient encore très- 
répandues au xin* siècle, comme on peut le voir notamment par 
les n^ 185, 275, 461, etc. Mais cette coutume de célébrer la fête 
patronale par des déguisements et des danses équestres, sur des 
montures en bois, semble particulière au Roussillon : il serait 
curieux d'en retrouver la trace chez les montagnards de ce pays. 



DU DON DE SCIENCE. 169 

propter verba illius predicatoris et inhibicionem sui 
sacerdotis, dimissischoreis, vigilarenthominesin eccle- 
sia in oracione, venit quidam juvenis ad socium suum, 
invitans eum ad solitum ludum. Gum autem ille 
ludum respueret, dicens hoc esse inhibitum a dicto 
predicatore et sacerdote, armavit se alius, dicens 
quod maledictus esset qui propter eorum inhibiciones 
solitum ludum dimitteret. Gum autem in ecclesia, ubi 
agebant homines vigilias in pace et oracione, dictus 
juvenis in equo ligneo intraret, in ipso introitu ecclesie, 
ignis arripuit eum per pedes et combussit eum totum 
et equum suum. Nullus qui esset in ecclesia illa, nec 
consanguineus nec amicus, potuit aliquod apponere 
consilium quin combureretur ibi : unde tandem omnes, 
divine judicio perterriti, ecclesiam dimiserunt solam, 
confugientes ad domum sacerdotis ; qui, eum surre- 
xisset et ad ecclesiam venisset, invenit dictum juvenem 
jam fere exustum totum, de cujus corpore tanta exi- 
bat flanuna, quod videbatur exire per fenestras pinna- 
culi ecclesie. Hoc in ipsa parrochia audivi, cito post 
hoc, ab ipso capellano et parentibus dicti juvenis et 
ab aliis parrochianis. 

195. Item in eadem dyocesi, eodem tempore, acci- 
dit quod, eum ivissent multi ad cujusdam sancti vigi- 
lias et peregrinacionem, et contra consimilem inhibi- 
cionem quidam tota nocte choreas ducerent per 
cimiterium, eum in mane in quadam capella convenis- 
sent, in aurora, ad missam audiendam, eum sacer- 
dos incepisset Gloria in excehisy factum est tantum 
tonitruum et terre motus, quod visum fuit sacerdoti 
quod de genibus suis tangeret super altare. Nullus 
respondit ei ; ipse, ut mihi dixit, credidit quod sensum 



170 ÉnSNlIB DE BOURJBON. 

ibi aimsisset, nisi oolumba alba ante emn alas expan- 
deos eum ocmfcMtasset. Fulgur, intrans eodesiun* iUo6 
qui duoes et capita in diorea illa fberaot, alios fetore 
oocidît, aliomm brachia, aliorum crara fr^t, afios 
aliter diversimode afflixit. Hec duô exempta audivi 
temporibus et lods quo accidenint, a multis qui inter» 
fiierunt, edam juratis ^ 

196. [Peregrinacio] edam débet esse munda a en* 
mine, ne fiât in mortali peocato , vel ut in ea homo 
abstineat a peccato, maxime mortali. In miraculis 
beati Jacobi legitur quod facta in mortali non valet ad 
etemum salutem. Refert Galixtus papa' quod xxx 
Lotharingici sibi ad invioem promiserunt quod, &ciendo 
peregrinadonem beati Jacobi, unus alium non dimitte- 
ret nec ei defioeret, et de hoc sibi fidan dederunt. 
Gum autem unus eorum infirmaretur et alii per xv die- 
tas eum déportassent, quas potuissent complere in y 
dies, tedio affecti, infirmum, cui fidem dederant, dimi- 
serunt. Unus autem', qui noluerat se astringere jura- 
mento, pietate motus, solus remansit eum infirmo. Gum 
autem de voluntate infirmi eum deportaret, eum venis- 
sent ad pedem cujusdam montis dicti Sancti Michaelis^, 

i. Po 274 vo. Cf. le n» 462. 

2. C'est-à-dire l'auteur du Livre des miracles de S. Jacques, 
attribué à tort au pape Calixte II, et composé peut-être par Jean, 
abbé de Bonneval. (Y. Hisi. litt., X, 532.) Vincent de Beauvais 
a reproduit ce récit du faux Calixte, qui est placé, dans son his- 
toire, à la date de 1080 et tiré, suivant lui, d'Hubert Sibuntinus 
ou Bisuntinus. {Spec. histor., liv. xxyi, ch. 32.) Etienne a fait an 
même recueil plusieurs autres emprunts, que j'ai négligé de trans- 
crire, parce que Vincent de Beauvais a inséré presque entière- 
ment cet ouvrage dans le sien. 

3. Ms. nie autem. 

4. Ce mont Saint-Michel était situé à quelque distance d'une 



DU DON DE SGIENGB. 171 

cuniy ingravesoente infirmitate, super montem eum de* 
duxisset, nocte adveniente, socius infirmus mortuus 
est. Gum autem ille qui cum eo remanserat hoc vide- 
ret, et timeret tam noctis horrorem quam mortui, et 
barbariem gentis terre et feritatem, nesciens quid 
ageret, transtulit se ad oracionem et lacriniarum effu- 
sionem. Tune advenit beatus Jacobus in forma pere- 
grini, eques veniens, et quesivit ab illo causas fletus. 
Gum autem ille ei dixisset, precepit ei beatus Jacobus 
quod traderet ei corpus defuncti et quod rétro eum 
ascenderet super equum suum ; quod cumfecisset, de- 
portavit eos in spacio subsequentis noctis'^per xn 
dictas, usque ad Montem Gaudii, quod erat prope 
Sanctum Jacobum per dimidiam leucam : ibi de equo 
suo dimisit eos, precipiens quod ex parte sancti Jacobi 
diceret canom'cis ejus quod venirent ad defiinctum 
sepeliendum, et quod diceret sociis suis, quos in civi- 
tate que dicitur Legio^ inveniret, quod de fide fracta 
peniterent, quia nil valebat eorum peregrinacio sic 
facta; et, hoc facto, disparuit sanctus. Ille quod prece- 
perat fecit; socii autem, eo audito, ab episcopo dicte 
urbis, ubi eos invenit, penitenciam de fracta fide acce- 
perunt*. 

De peregrinaciane transmarina ; quare sit faàenda 

libenter. 

197. Ultimo videndum est, quia sepe ad hoc opor^ 
tet homines exhortari , quare specialiter transmarina 

ville appelée par le faux Galixte Porta Clausa (Vincent de Beau- 
vais, ihid.), 

1. Léon, capitale de l'ancien royaume de ce nom. 

%, Fo 275 vo. 



17S ÉTIENIfE DE BOURBON. 

peregrinacio pre ceteris libenter sit facienda. . . Primo 
ergo nos débet movere ad transmarinam peregrina- 
cionem libenter faciendam exhortacio scripturarum. 
Ysa. n a, Mie. rv a : € Yenite, ascendite ad montem 
Dominiet ad domum Dei Jacob, » etc. Secundo, natura, 
id est naturalis instigacio racionis, vel edam naturalis 
rerum proprietas aut qualitas...; unusquisque enim 
naturaliter diligit locum sue originis, ut dicit quidam : 



f 



Nescio qua natale solum dulcedine cunctos 
Ducit, et immemores non sinit esse suî*. » 



Gum ergo a terra illa traximus originem camalem et 
spiritualem, camalem quia pater omnium Adam in ea 
creatus est, sciUcet in agro Damasceno, et in ea sepul- 
tus est et alii patriarche, item spiritualem quia in ea 
pater noster Ghristus et mater nostra beata Yirgo nati 
fuerunt, in ea vixerunt, et mortui et sepulti in ea fiie- 
runt, quia eciam in ea patres nostri apostoli nati et 
nutriti fuerunt, et mater nostra Ecclesia in bac habuit 
originem, corda nostra ad eam visitandam debent ten- 
dere... Item nostra est hereditas jure successionis, si 
sumus Dei et béate Yirginis et Ecclesie veri filii ; item jure 
empcionis et adquisicionis, quia [Ghristus] émit eam san- 
guine suo nobis, et per pugnam Romanorum expellendo 
de ea populum Judeorum, et introducendo populum 
christianorum. Jerem. li : c Gonfusi sumus..., quia ve- 
nerunt alieni super sanctificacionem domus Domini », 
etc. Contra divites qui non curant de injuria Ghristi, 
audivi hoc exemplum vel parabolam. Quidam rex 
habuit nobilissimam et munitissimam civitatem in 
monte in qua regnabat, que nuUum hostem timebat ; 

1. Oi^ide, Bpistol. ex Ponto^ I, m, 35. 



DU DON DE SGIENGE. 173 

et habebat duos filios^ majorem quorum heredem et 
regni sui sucoessorem facere proponebat. Gum autem 
haberet eciam multam terram in planicie et inhabita- 
rent eam duo ejus filii, major et primogenitus, ab 
irruentibus Sarracenis captus etincarceratus, artissime 
oompeditusest. Pater autem, hoc audieus, ad inferiores 
regiones desoendens, congregato exercitu, non sine 
multis laboribus et preliis et gravibus vulneribus hos- 
tes impugnans, fregit carcerem, filium de vinculis 
liberavit, et ei maximam pecuniam et magnam partem 
terre inferioris donavit. Âccidit autem quod, coUecto 
exercitu, Sarraceni maximam partem inferioris terre 
vastaverunt, occupaverunt, et habitatores illius occi- 
derunt, et adhuc majora et plura ei auferre nitebantur. 
Pater autem, hoc videns, mandavit filioper litteras quod 
cum posse suo veniret, et ei subveniret ; cum autem 
videret quod dictus fihus non veniret, sed pocius dita- 
tus nuncios et litteras contempneret, et filium mino- 
rem, qui se pro viribus parabat ut in patris adjutorium 
veniret, licet pauper nondum haberet multos redditus, 
irrideret, misit ei iteratas litteras hoc continentes et 
nuncios qui hoc dicerent : c Fili, rogo te ut, motus 
naturali pietate, venias vindicaturus paternam inju- 
rîam ; quod si hoc non moveat te, ante suscepta béné- 
ficia moveant te, et que propter te sustinui vulnera; 
quod si nec te moveant multa stipendia, sumptus et 
arma que ego tibi exhibeo, moveat eciam te hereditas 
amissa, que tua est ; ad ultimum moveat te regni prin- 
cipalis corona, quam a me expectas. » Gum autem ista 
non moverent filium supradictum, sed pocius contemp- 
neret et irrideret et fratrem minorem et patris adjuto- 
rera, pater, victor existens de hostibus, convocata 



174 ÉnBTflfB DE BOURBON. 

baroDum suorum curia, oommuni judicio non sdum 
illam ingratum et oontumaoeni filium exheredavit 
bonis suis, que ei oompd;ebant, sed eciam, ablatis om- 
DÎbus que habebat, eum oépit et in carcerem perpetuum 
detrusit. Sic fadet pater oelestîs majoribus et divitibus 
hujus mundiy quos a carcere inferni et a manu dyaboli 
redemit suc sanguine..., qui non solnm non cruœsi- 
gnantur, sed minores se cruoe signantes irridents 
nolentes patris injuriam vindicare, dum in fine, con* 
vocato consiiio baronum suorum, in judicio suo eos 
exheredabit. . . , immo eciam minores heredes sibi cons- 
tituet, et divites in perpetuum carcerem ingratos de- 
tnidet*. 



SEPTIMUS TITULUS. 

DE ORAGIONE. 

198. Septimus titulus pertinens ad penitenciam est 
oracio, que est satisfactoria maxime contra superbiam 
vite, que se contra Deum élevât; bec autem tanquam 

1. Ms. irriderent. Ces mots indiquent clairement le déclin de 
la grande idée des croisades, au moins dans les hautes classée 
de la société. Pour avoir un aperçu plus complet des considéra- 
tions par lesquelles les prédicateurs entraînaient les peuples vers 
la Palestine^ il faut consulter les sermons spéciaux de Jacques 
de Vitry (ms. lat. 17509, f^« 94 et suiv.) et deux traités d'Hum- 
bert de Romans, l'un De predicatione crucis, ms. à la bibliothèque 
de Vienne, l'autre De eruditione Predicatorum, publié dans la 
Max, Bibl. Patrum, t. XXV. 

2. F«* 278, 279 v«. 



BU DON DB SdENCfi. 175 

superiori se ei humiliât, quem humilis exorat, eum 
tanquam a domino et potenti subvenire quod desiderat 
postulat^.. 

De hiis que manent nos ad orandum. 

199. Debent nos movere ad orandum sanctorum 
exempla, quifuerunt ita assidui in oracione, quod non 
sufficiebat eis dies, nisi et in oracionibus pernoctarent. . . 
Item de beato Dominico audivi a quodam fratre quod, 
cum ipse per maximam partem noctis pernoctasset 
apud Bononiam in oracione, tune ascendebat super 
quasdam caulas vimineas que erant juxta lectum dicti 
fratris. Gum autem audiret gemitus crebros ejus et 
rugitus, et nunquam ita tarde intraret lectum quod 
eum ibi inveniret, nec ita cito sui^eret, tune quesivit 
a quodam alio fratre quid poterat hoc esse ; qui dice- 
bat ei quod erat beatus Dominions, qui ibi, cum esset 
prope matutinas, veniebat ad aliquantulum pausan- 
dum*... 

200. Item honorabile est officium. Qui orat, cum 
Deo loquitur : magnus honor est loqui cum aliquo 
magno principe fréquenter, majus cum rege, multo 
forcius cum rege regum... Audivi quod, cum quidam 
trotarius^ servivisset diu régi Francorum PhiUppo, et 
videret quod illi magni, qui habebant accessum ad re* 
gem et fréquenter loquebantur familiariter ad aurem, 
ab aliis honorarentur, etmultum serviretur eis ab aliis, 

i. F«282v«. 

2. Ces pieuses habitudes de S. Dominique sont confirmées par 
un chapitre du supplément de sa vie, publié par Échard (I, 40). 

3. Courrier. 



176 ETIENNE DE BOURBON. 

ait régi dictais cursor : < Domine, multo tempore ser- 
vivi vobis, nec reoepi a vobis aliquod premium ; rogo 
autem vos quod remuneretis me de uno quod nil cons- 
tabit vobis. » Gum rex oonoessisset, ait : c Peto ut, 
diebus quando eritis in curia vestra, ooram multis, 
audiatis me usquequo ego unum Pater noster dixero 
vobis in secreto ad aurem. > Quod cum fieret, inœpe- 
runt audientes mirari quod ita familiariter singulis 
diebus loqueretur régi, et ceperunt eum honorare et 
multa ei dare et peticiones suas ei portare^ 

Qualis aracio esse debeat. 

SOI . Débet esse vigilans, non sompnolenta, ut ora- 
cio apostolorum in Passione, cum inimicus eos expe- 
tere non cessaret ; ideo Dominus fréquenter excitabat eos 
et incitabat ad oracionem... Audivi quod, in quodam 
prioratu monachorum, cum diu vigilassent monachi 
majores in potacionibus et confabulacionibus, puisantes 
ad matutinas, eas incipiebant, et cito post dormire in 
psalmodia incipiebant, et quosdam pueros eam dicere 
angariabant. Gum autem unus eorum videret quod 
omnes obdormissent, innuit sociis quod tacerent. Cum 
autem aliquandiu siluissent et lusissent, unus eorum 
cum magno sonitu et voce incepit clamare : t Benedi- 
camus Domino. » Monachi autem illi, expergefacti et 
stupefacti, inceperunt clamare cum aliis : c Deo Gracias » ; 
et quilibet dormiencium credidit quod alii cum pueris 
dixissent, et credentes se dictas dixisse matutinas, ad 
lectos suos venerunt. Sic dyabolus multis furatur per 

1. F^ 283, 283 v». Le dernier trait a été attribué à divers per- 
sonnages. 



DU DON DE SCIENCE. 177 

somnolenciam fructum oracionis, ita ut née € Deo gra- 
cias > dicant, ita quod per totam noctem silent, in 
viciis et deliciis absorti. 

%0i. Audivi quod vetula habebat gallum qui optime 
horas noctis distinguebat, et cù^ca primum sompnum 
alte cantabat, et sic vetulam excitabat, quod post non 
poterat quiescere ; que cogitans quomodo contra hoc 
remedium apponeret, accipiebat eum et immergebat 
in aqua, et sic gallus non audebat in hora cantare, sed 
tardius alia hora cantavit. Item et dicta vetula eum 
inmiersit, et sic similiter fecit in aliis horis usque ad 
diem, ita quod gallus non cantabat usque ad diem^ 

S103. Débet esse attenta [oracio] . . . Item audivi quod 
quidam bonus homo, ut posset liberius vacare oracioni 
et predicacioni, omnibus abrenunciavit , uno asino re* 
tento, perquem portareturperparrochiasubipredicare 
deberet. Gum autemessetin aliqua parrochia, aut medi- 
tans, aut orans, aut predicans, aut celebrans, eum 
deberet cogitare et attendere in hiis que faciebat, 
occurrebat ei cogitacio de asino suo, quem foris reli- 
querat, vel ne ei furaretur, vel ne a lupo voraretur, et 
hujusmodi. Yidens hoc quod vix posset revocare cor 
suum ad hoc, coram omnibus licenciavit asinum suum, 
dicens qiiod magis volebat asinum suum amittere quam 
cor suum, similiter et oracionem. 

S04. Item magister Jacobus dicebat quod quidam 
clericus conquerebatur de hoc quod non posset dîu cor 
suum retinere in oracione coram aliis. Gum autem alius, 
hoc audiens, jactaret se quod bene ibi cor suum tene- 
bat,dixitei alius quod daret ei equum suum si ita con- 

1 . Fo 285 vo. 

12 



478 .énKNNE DB BOURBON. 

tinue teneret ibi cor suum, quod non cogitaret alibi 
usquequo dixi^set unum Pater noster^ et econtra« 
si non faceret, daret ei ipse suum, Gum autem huic 
condicioni oonsensissent, et alius juraret se dicturum 
veritatem, cum requireretur post de ea diœnda per ju- 
ramentum, recognovit quod, in fine Pater noster^ oepii 
gaudere de hoc quod equum lucrabatur et cogitare 
utrum sella esset de pactione ; et ita pro modico gaudio 
amisit sellam et equum suum et alterius. 

805. Item dicebat quidam quod cor humanum erat 
quasi avis venatica que, cum tenetur in manu, audito 
modico sonitu, nititur advolare ; sed tenens quibusdam 
vinculis que tenet in manu eam revocat super manum, 
et, cum transit per locum ubi eststrepitus, cames ru- 
bras tenet ei ante oculos ad rostrum, ut attentus milvo 
non attendat ad strepitum^ Sic cor in oracione ut avis 
avolare nititur ad strepitum temptacionum. Débet au- 
tem homoillud revocare vinculis timoris et amoris Dei, 
et cames Ghristi cmentas ante oculos ejus pona*e, et 
in refectione earum cor detinere et occupare. Item 
audivi quod, cum quidam rasticus super asinum veniret 
ad forum, très latrones condixemnt quod ftu*arentur 
ei asinum ; duo quorum, cum essent in pressurahomini, 
in verbis eum posuerunt, et, multa ei proponentes, ita 
attentum eum reddiderunt, quod dimisit a manu capi»- 
trum ire. Duo autem discingulaverant asinum, et ras- 
ticum in sella deferebant ; tercius ei asinum subtraxit 
per capistrum. Gum autem longe esset ab eo, duo qui 
eum portabant dimiserunt rasticum in densum lutum. 



1 . Le procédé employé pour rappeler ou retenir les oiseaux de 
chasse est déjà indiqué plus haut (n» 92) . 



DU DON DE SGDfiNGB. 179 

Sic, cum homo oonvenit ad oraDdum et emendum per ' 
oracionem bbna spiritualia et eterna, oogitaciones 
carnales et sordide quasi ponunt eum in verbis ex 
una parte ; mundus suggerit terrenas et curiosas et 
vanas ex alia parte ; cum hiis attendit anima, et dimit- 
tit ire capistrum regiminis racionis. Dyabolus cor rapit 
fatuum, ut asinumr fur, et homo miser, dimissa ora* 
cione, cadit in alia parva desideria et immundas affeo- 
tiones^ 

3106. Débet esse devota, ut thymiama boni odoris, 
sicut virgula fiuni ex aromatibus, etc... Item audivi 
quod vetula quedam erat que, ad ^ngelum majoris 
ecclesie in oracione prostrata, perseverabat tota die, 
[et] cum maxima devocione Pater noster et Ave^ Maria 
et Credo inculcans iterabat, liquescens tota lacrimis. 
Episcopus autem illius ecclesie, illuc respiciens, videbat 
columbam descendentem de celo et ejus lacrimas hau- 
rientem ; quod cum pluries vidisset, accessit inquirens 
ab eaquidoraret. Quo audito, ait : € Oquam felix esses, 
si scires psalterium et sepe diceres ! » Qui fecit psalte- 
rium eam addiscere, quod dédit ei. Cum. autem illud 
diceret, episcopus non videbat aut lacrimas aut coluno- 
bam. Âbstulit ei psalterium, precipiens quod rediret 
ad consuetas oraciones ; quod cum fecisset, redierunt 
et lacrime et devocio, et columba, ut solebat, visa est 
descendere et lacrimas haurire^ 

S107. Item débet esse oracio perseverans... Âugus- 
tinus : c Quando Dominus tardius dat, dona non negat, 
sed conunodat ; diu enim desiderata dulcius optinen- 



1. F** 286. Ce conte a été employé par l'auteur de Don Quichotte. 

2. F» 287. 



180 ÉTDENNB DE BOURBON. 

tur » . . . Audivi quod quidam magous prinœps 
foloDoem optmnim, quem voluit r^ Frande dare ; aed 
oogitans quod parum appreciaretur donum illud si sta- 
tim daret, cum equitaret in oomitatu ejos, projecit ad 
avea, et œpit avem maximam, éi sera die et tria ooram 
rege. Habuit edamaliquosfaiiiiliares, qui, cum hocquod 
rex videbat, mirabiliter dictum falaanem régi oommen- 
dabant ; unde rex magis desiderabat avem habere. Qui 
misit ei alicos occulte, qui suaderent ei quod dictam 
avem régi daret vel venderet ; iste autem respondebat 
quod nullo modo ei daret vel venderrt. Tune rex ad 
illamhabendam magis exarsit, ita quod eam ab eo peti- 
vit, volens ei dare pro ea magnam terram. Ille autem 
magis ac magis dictam avem commeadabat, dicensquod 
nullo modo vellet ea carere; cum autem rex magis 
instaret, ad ultimum dédit ei. Cum autem rex quereret 
quare tantum distulerat donum, respondit ut illud 
carius haberet et melius custodiret et gradosius d 
esset'. 

De diversiê effectibus or adonis. 

208. Primus effectus oracionis est quod h<»ninem 
libérât a multiplid periculo... Oracio pascit et potat. 
Item audivi et, ut credo, in vita sancti Hugonis legi 
quod, cum quidam locus datus esset quibusdam monar 
chis Gluniacensibus Parisius, quos miserat ibi sanctus 
Hugo, qui modo dicitur Sanctus Martinus de Gampis et 
est prioratus ditissimus, et cum essent paucissimi 
monachi nec invenirent ibi unde vivere possent, qui- 

1. Fo 288. 



DU DON DE SCIENCE. 181 

dam eorum redierunt apud Gluiriacum, rogantes ut 
ipsi et aliiy tanquam non valentes invenire neooessaria 
in loco dicto , apud Gluniacum revocarentur : quibus 
sanctus vir respondit quod ideo non inveniebant neo- 
cessaria in loco dicto, quia pauci erant nec clamabant 
fortiter ad eum, orando et laudando, qui dat jumentis 
escam ipsonim, etc/ Ipse sanctus adjunxit' eis plures, 
injungens quod forcius clamarent ad Dominum, et 
maxime de nocte, laudando et orando ; quod cum adve- 
nientes facerent, contigit quod, cum de nocte rex 
Francie per locum transiret et audiret eos fortiter 
cantantes , admiratus loci novitatem et laudis vel lau- 
dum Dei altitudinem, quesivit cujusmodi essent homi- 
nés; et audiens eorum novam missionem et factum 
sancti, quomodo et quare miserat plures, motus ad 
pietatem, assignavit eis plures redditus, unde viverent 
et Deum semper laudarent cum pluribus aliis mona- 
chis'. 

9109. Item audivi, et in legenda nova legitur, de 
oracione beati Dominici [et] pane misso, quod, cum bea- 
tus Dominions esset in conventu fratrum, nec haberent 
panem quem servitoribus fratribus preponerent, sanc- 
tus dictus, in Domino confisus, sedit ad mensam vacuam 
et fecit fratres sedere. Cum autem videret mensam a 
pane omnino vacuam, inclinavit caput ad oracionem ; 



1. Psanme 146, verset 9. 

2. Mb. if^unxit. 

3. L'ancienne abbaye de Saint-Martin-des-Ghamps fut donnée 
à Tordre de Glnny par le roi Philippe I« en 1079. (V. Lebeuf, I, 
305.) C'est évidemment de ce prince et de sa fondation qu'il s'agit 
ici; mais le ùdt rapporté ne se trouve pas dans les vies de 
S. Hugues reproduites par les Boilandistes, au 29 avril. 



182 ÉfnmiifK dk bourbon. 

quo orante, intravenmt per refectorioin homines spe- 
ciosîssimi, apportantes oophinos plenos panum candi- 
dissinioruiii , quibus depositis, inclinantes recesse- 
runt^ 

SI 0. Item audivi a quadam muliere paupere et de- 
vota quod, cum ipsa incubuisset ad oradonem fere 
usque ad sextam, nec haberet panem in domo sua 
nec unde posset emere, cum hi^ret perdicere aliqua 
consueta, cogitavit quod pocius volebat comestione 
carere quam non perdicere oraciones assuetas ; comque 
ab (uracione caput elevaret, invenit ad caput saom 
panem albissimum, quem, postquam non posset in^e- 
nire quis eum ibi posuisset, accepit et comedit corn 
gradarum actione'. 

S1 1 . Transfert [oracio] saxa et montes. Job xmi e : 
c Mons cadens defluit et saxom transfertur de loco 
suc. »... Item, anno Domini m^gg''xlix^, accidit in comi- 
tatu Sabaudie quod quidam clericus dicti comitis, dictus 
Jacobus Benevais', videns in declivo montis quemdam 
prioratamhabundantissimum,situmpropeyiUamsoam, 
que vocatur Ghambarriacus^, nobile scilicet castrum 
dicti comitis, cujus erat prior quidam bonus homo, ibi 
cum aliquibus sociis regulariter et dévote Deo ibi ser- 
viens; cogitans quomodo posset dictos canonicos et 
priorem inde expellere et dictum prioratum obtinere, 
cum esset advocatus et consiliarius dicti comitis , fo- 



1. Ce miracle est raconté dans la vie du saint par Tévéque d'Or- 
viéto (Ëchard, I, 31). On voit à Bologne, dans Tégiise de Santa- 
Maria de Mascarella, une inscription qui le rappelle. 

2. F» 288 V», 290. 

3. Bonivardy secrétaire du duc de Savoie Thomas n. 

4. Ghambéry. 



BÙ DON DE SCIEIfOE. f8S 

ventis partem Frederici contra papam et Ecclesiam, 
cujus etiam fidelitati ooimniserat dictus prior, cum 
ivisset Parisius ad scolas, custodiendum sub annuo 
censu quamdiu esset Parisius; venit apud Lugdunum, 
ubi tune erat cu^ia^ [et] tantum procuravit apud pa- 
pam, promittens ipse quod domînum suum revocaret ab 
auxilio Frederici ad pape vocem faciendam, [quod] 
optinuit dictum prioratum. Gum autem, expulso dicto 
priore et canonicis ejus, venisset dictum prioratum 
possidere cum multis amicis suis et faceret inde ma- 
gnum festum, in ipsa nocte, circa partem primam 
noctis, audiente Deo' voces et gemitus injuste expXilso- 
rum et oppressorum, mons quidam, durans in latum 
et longum per spacium leuce , translatus de loco suo, 
cecidit supra dictum prioratum, opprimens et atterens 
circa xvi villas et multas parrochias cum habitantibus 
suis, que erant per latum et longum circa spacium 
unius leuce ; ibi dictus clericus cum suis et prioratu 
subito attritus est, et brevem habuit loci possessionem'. 



1. Innocent IV séjourna, en effet, à Lyon durant six ans et 
demi, dei245ài251. 

2. Ms. audiens Deus. 

3. P<» 291 T«. Ce passage prouve à quel point notre auteur est 
véridique lorsqu'il laisse de côté Tapologue ou la légende pour se 
renfermer dans le récit des événements de son temps. La chute 
du mont Grenier, en Savoie, arrivée le 24 novembre 1248, suivant 
les chroniqueurs (et Etienne de Bourbon, en recueillant ses sou- 
venirs, s'écarte à peine de cette date précise), est un des épisodes 
les plus notoires et les plus authentiques de l'histoire de ce pays. 
Le nom de Jacques Bonivard,' clerc du duc Thomas n, n'est pas 
plus défiguré que cent autres noms reproduits par la plume des 
écrivains de l'époque. Non-seulement le rôle qu'il joua dans cette 
catastrophe n'est ni inventé ni altéré; mais les détails fournis 
par le narrateur ajoutent à ce que l'on savait d'autre part une 



184 ÉTIEimE DE BOURBON. 

De psalmodia. 

212. Potest autem vocalis oracio multipliciter dividi . . . 
Nona species [est] psalmodiacio , cum decantacione 
psalmorum. Debetautemfieri attente, distincte, dévote, 
intègre et subcincte... Contra illos qui inattente et in- 
dévote et indistincte psallunt, vel qui psalmorum de- 
truncant versus, a suo intellectu eviscerant, dictiones 
sincopant, litteras oblitterant et oblictant, qui non 
intelligibiliter, sed congregatim quasi milvi clamant 
alter ad alterum, ad hoc facit exemplum magistri 
Jacobi, dicentis quod cuidam sancto viro apparuit 
dyabolus portans saccum plénum, et, adjuratus quid 
ferret, dixit quod veniebat de quadam ecclesia secu- 
larium, ubi coUegerat illum plénum saccum de sillabis 
et dictionibus detruncatis a psalmodiis, de quibus eos 



lumière nouyelle, et à tout le moins le témoignage d'un contem- 
porain : Etienne écrivait quinze ou seize ans seulement après 
révénement ; il avait pu en voir lui-même le théâtre, ayant tra- 
versé les Alpes pour se rendre en Piémont. Le mont Grenier 
détruisit dans sa chute la petite ville de Saint-André et seize 
hameaux, dont les restes sont encore ensevelis sous une masse 
informe de terre et de rochers, appelée communément Diluvium 
Granerii ou les Abîmes de Myans, On est arrivé, au moyen d'un 
pouillé du XII* siècle, à reconstituer les noms et la consistance de 
la plupart des localités anéanties par cet effroyahle éboulement 
(la montagne, malgré la chute de sa cime, dépasse encore de plus 
de 1600 mètres le niveau de la plaine voisine) : mais on ne saura 
jamais l'étendue du désastre qu'après que des fouilles persévé- 
rantes auront été pratiquées dans cette moderne Pompéi. (Voy., à 
ce sujet, un mémoire intéressant de M. l'abbé Trepier, dans le 
bulletin du Congrès scientifique de France, tenu à Ghambéry en 
1863, p. 589.) 



DU DON DB SCnSNCB. 185 

in judicio accusaret^ Item ad idem, audivi quod 
frater Gmifridus de Blevez * referebat quod in dyocesi 
Senonensi, cum quidam sacerdos mortuus deberet 
sepeliri, evocatus a morte surrexit, et, inter ea que 
dicebat terribilia se vidisse, ait quod occurrerat ei 
infinita multitudo saoerdotum et clericorum incredi- 
biliter afflictorum et oppressorum sub maximis sarci- 
nis quas portabant; et dictum est ei querenti quod 
portabant sillabas et dictiones et ea que omiserant 
dicere distincte de psalmis, pro quo gravissime puni- 
rentur •• 

%\ 3. Item contra taies audivi quod, [cum] quidam 
pauper scolaris veniret de Parisius et juvaret in qua- 
dam parrochia quemdam sacerdotem celebrare, cum 
prediceret boras, ita corumpebat dictus sacerdos ver^ 
sus, quod nuOum intellectum posset ibi capere dictus 
scolaris, nisi sonum : tune inoepit ipse clamare, con- 
formans illud quod audierat clamari Parisius a quodam 
artifice clamante artificium suum, ut fadunt repara- 
tores vestium veterum ac querentes veteres sotulares 
aut oblearii S et credidit sacerdos quod dericus bene 

1. Gf. Jacques de Vitry, ms. cité, P 20. 

2. a. le n« 46. 

3. Répété plus loin (n» 104), dans le ms. lat. 15971 de la Bihl. 
nat. (f« 53), et reproduit par M. Hauréau dans les Mémoires de VJns- 
titut (t. XXVni, 2« part., p. 250). Un exemple analogue, tiré par 
Th. Wright de manuscrits anglais et du recueil de Bromyard 
(tit. Ordo clericalis)^ nous montre les sacs en question portés par 
un diable appelé Tityvillus, nom imitatif qui sent le bredouille- 
ment. (Latin Stories, n» 46.) 

4. Gf. les Crieries de Parts de Guillaume de Villeneuve, dans 
les Proverbes et dictons populaires publiés par Grapelet (p. 137) : 
On y trouve et les marchands d'habits et Iqs marchands 



186 ÉTDDIIIE DB BOORBOIf. 

dixisset totum, quia pamm înteUexerat ipse deri- 
cum ut clerîcas eum, non attendens niai ad vods 
sonum^ 

[De laudacione Dei.\ 

SI 4. Dedma species oradonis est * Dei laus vel Dd 
collaudado... Laudendus est autem Deus propter se, 
propter bonitatis ejus generalitatem ; in ipso enim 
sunt omnia bona generaliter, propter que didtur totus 
laudabilis. Audivi quod, cum quidam domina pulcritu- 
dine speciosa, a multis impetita, multos amore pemi- 
doso adamasset, et multi eam, quidam joculator per 
hanc viam eam ad amorem Dd convertit. SolUdtabat 
eam'quod amorem suum poneret in quemdam magnum 
maxime pulcritudinis, probitatis, largitatis, curiaH- 
tatis, etc. Cum autem iUa diceret quod ipsa babuisset 
tôt impetitores et babuisset amatores tam magnos et 
divites et probos, cum ille intulisset quod ille pro quo 
rogabat onmes gracias aliorum excedebat, illa tandem 
consendente quod, si talem eum probaret, amorem 
suum d daret, intulit : c Nullus nobilior, divicior, 
curialior Yirginis filio, in quo sunt onmes grade sine 
defectu. > Cum ergo ostendisset ei eorum quos ipsa 
dilexerat defectum et Ghristicomplementumgradarum 
omnium, movit eam ad contemptum vanitatis et amo- 
rem veritatis '. 

21 5. Laudandus est Deus propter laudandum uni- 

d^oublies {chaudes oublées renforcées). Cette anecdote a été éga- 
lement reproduite par M. Hanréau (Mémoires de l'Institut^ toc. cit.). 
i. F» 296, 296 r». 

2. Ms. oradonis potest. 

3. P« 296 v«. 



DU BON DB SGIBNCE. 187 

versitatem... Omnis enim [creatura] suis actibus et 
qualitatibus et di6posicioDtt>u8 et virtutibus suum 
laudat creatorem. Laudant astr^ radiis pro linguis; 
laudant herbe, flores et arbores foliis suis quasi lin- 
guis; laudant aves edam parvule... Dicit magister 
Jaoobus quod quidam cornes Pictavensis intravit ordi- 
nem Gisterciensem ^ ; factus conversus et memor 
actuum suorum, rogavit causa humilitatis quod pone- 
retur ad custodiam gallinarum. Satisfactum est ins- 
tancie sue, ut haberet ibi occupacionem. Qui cepit 
attendere et mirari quam sollicite ova foverent et pul- 
los, et quomodo puUi statim sequerentur matrem et 
pascerentur ab ea; et dicebat quod nunquam sic in 
mundo fuerat delectatus sicut hoc admirando. Postea 
optinuit ut fieret pastor ovium, et mirabiliter deleo- 
tabatur in innocencia agni, et quomodo agnus, quam 
cito natus erat, agnoecebat balatum matris et currebat 
post eam. Post optinens ut fieret custos porcorum, 
mirabatur quomodo porcelli statim nati currebant ad 
ubera matama, quilibet ad suum, secundum diem 
nativitatis sue, ita quod primus ad primum et alii 
secundum ordinem quo nati erant ; qu<Mnodo currebant, 
et quomodo ludebant cummatre. Et reversus ad claus- 
trum, non cessabat admirari et laudare in creatnris 
creatorem *. 

1. Deux comtes de Poitiers, Guillaume I et Guillaume II, son 
fils, se firent religieux sur la fin de leur vie, mais à Saint-Gyprien 
de Poitiers et à Baint-Maixent, et non à Gîteaux (Art de vérif. les 
dates, X, 94, 96). La tradition recueillie par Jacques de Yitry 
peut se rapporter à l'un de ces deux personnages, quoique le nom 
du monastère soit changé, et plutôt au second qu'au premier, car 
celui-ci mourut presque aussitôt après son entrée en religion, en 963. 

2. Fo 297. 



188 ÉnENlfB DB BOURBON. 

De graàarum actions. 

21 6. Undedma species oradonis est gradarum aciio, 
de qua videndum est quare debeamus Dec gradas 
agere. Grati esse debemus pro absoludone a vincalis 
peccatonim. . • ; item de hoc quod a veneno et serpente 
infemali nos liberavit per gradam. Audivi quod, cam 
quidam miles, vadens per silvam, inveniret léonin 
pugnantem cum maximo serpente, qui jam leonemper 
coUum drcumligaverat et eum veneno suo ocddere 
laborabat, miles autem cogitans de nobilitate leonina 
et malida serpentina, extracto ense, caput serpentis 
amputavit. Léo autem videns militem sequtus est quasi 
domesticum animal, et pro eo, ut didtur, liberando 
multa prelia gessit contra ejus hostes. 

Item de alio audivi quod, [cum] ab alio liberaretur 
a sentibus, eum eciam a morte liberavit, qui ei a pede 
aliqua extraxerat. . . 

Item ab alio audivi quod, cum quidam eum liberas- 
set a serpente et sequeretur eum, ut redderet ei bene- 
ficium, cum ille intrasset mare cum navi, leo insequtus 
est eum per mare, usquequo submersus est leo 
dictus^ 

1. F^ 298, 299. De ces trois légendes relatives aux lions, la 
première figure dans le roman du Chevalier au lion, mis en vers 
par Ghrestien de Troyes (vers 3335 et suiv.), et dans les Fleurs 
des chroniques de Bernard Gai, qui, dans le chapitre consacré à 
la première croisade, attribue le fiEÛt à un chevalier limousin 
nommé Gouffier des Tours; la seconde est Phistoire bien connue 
du lion d' Androclès ; la troisième semble n'être qu'une variante 
de la première. 



DU DON DE SGDSNGE. 189 



OCTAVUS TITULUS. 



DE PERSEYERANGIA. 



217. QuoDiam perseveranda débet esse penitencie 
finis et complementum , utpote sine qua dod habet 
penitencia sui laboris laudem aut premium debitum, 
immo sine bac inutiiis est..., ideo, in fine de Peniten- 
cia, de perseveranda agemus ^.. 

[De effectibus perseverancie .] 

218. Notandum est quod perseverancia bonum in 
nobis multiplex efficit, si eam tenuenmus. . . Multa bona 
impetrat, victoriam, graciam et gloriam et sanitatem, 
illuminadonem, liberacionem.... Item impetrat sanc- 
torum reliquias. Audivi quod, cum quidam Rotboma- 
gensis monachus cum multo labore et periculo venisset 
ad montem Synai', perseveravit per septem annos 
in servicio béate Katerine, cui devotus erat. Cum autem 
in fine rogaret instantissime vii^inem cui servierat 
quod aliquid [daret] de corpore suo, quodibi estinclu- 
sum ab angelis in lapide quasi cristallino, vidit erum- 
pere de manu virginis unum articulum digitorum, 
quod recessit in vase apposito ad quoddam paryum 
foramen quod est in sepulcro, per quod liquor reci- 
pitur qui de membris ejus manat, et gaudens detulit 
ad locum suum et abbaciam^ 

1. Po 300 7«. 

2. Au couvent de Sainte-Catherine, fondé par Justinicn sur le 
sommet le plus élevé du Sinaï. 

3. Une portion des reliques de sainte Catherine fut, en effet, 



190 lÊTlJUfNK DE BOURBON. 

21 9. Non solum autem patet maxima virtus perse- 
verancie quia eam Deus ut siogularem filiam sumine 
diligit, et quia eam servanti summe proficit, sed eciam 
eo quod ipsa dyabolo sunune diaplioet et angelis bonis 
summe placet. . . Quod bonis angelis maxime placeat 
perseverande virtus, patet ex hoc quod animas in 
fine visitant et quod perseverantibus assistunt, et 
eorum animas quasi sponsas egressas de thalamo sus- 
dpiunt et ad eternum sponsum perducunt, quod, cum 
agemus de morte bonorum, proponimus monstrare. 
Item patet, quia perseveranciam hominibus consu- 
lunt et suggérant. . . Audivi a priore suo de quodam 
fratre, quem ego novi, quod, [cum] divesesset inseculo 
scansorS intravit ordinem Predicatorum, receptus ibi 
in oonventu suo. Cum autem intrasset ibi, cepit oogi- 
tare et temptari multum de exitu ordinis, et [quod] 
melius salvaret animam in alio ordine, ubi reciperetur 
in dericum et fieret sacerdos et cantaret missam suam, 
cum ipse haberet bonum instrumentum cantandi '. 
Gum aliquando ante lectum suum ad oracionem se 
prostravisset , incepit temptari, et aperuit Deus 
oculos, et vidit ante se unum parvum Ethyopem 
teterrimum ad sinistram suam, omnem temptacionem 
suam et raciones multas ei replicantem, et ad exitum 
ordinis eum monentem instantissime ; postea ad dex- 
teram suam vidit angelum pulcherrimum, ei contra- 
rium suggerentem et raciones demonis repellentem, et 
ostendentem quod eciam ipsa abhominacio et con- 
temptibilitas persone deberet reddere oonsilium ejus 

apportée à Rouen dans le cours du xi« siècle, mais par un moine 
du Sinaî, appelé Siméon. (V. Surius, 25 novembre.) 

1 . Pour oampsor^ changeur, banquier. 

2. G*e6t4«dire une belle voix. 



DU DON DE SaENGE. 191 

contemptibile. Multas eciam raciones ostendebat ei, 
per quas demonstrabat ei quod deberet suus status 
placere ei. Quibus auditis, recedente visione, in suo 
statu roboratus permansit, et, completis in eo pluribus 
annisy in multa humilitate, et, devocione Deo serviens, 
dies suos in eo fine commendabili oomplevit ^ 



1. F»* 302 Y^y 303 v«. On peut rapprocher le fond de ce récit du 
vieil apologue d'Hercule entre le viee et la vertu, raconté par 
Xénophon (Memorabilia, liv. II, ch. i). 



QUARTA PARS. 



DE FORTITUDINE 



220. Quarta pars hujus operis est de hiis que per^ 
tinent ad doDum forUtudinis...*, per que et quomodo 
doDum fortitudinis hominem roborat et munit contra 
malum culpe, ut viriliter et expedite et faciliter résis- 
tât insultibus viciorum que diversimode hominem im- 
pugnant. . . 

Hujus autem quarte partis, que major est quam 
aliqua aliarum, sunt xm tituli : primus est de diversis 
temptacionibus et temptatoribus et repugnaculis eo- 
rum ; secundus, de diversis cogitacionibus ; tercius, de 
peccato lingue, et de silencio bono et ejus virtute; 
quartus est de peccato actionis, et corrupcionibus et 
viciis quinque sensuum, et cautela et custodia eorum ; 
quintus est de malo exemple, et bono per contrarium ; 
sextus est de consuetudine mala et bona ; septimus est 
de primo principalium viciorum , scilicet de superbia 
et de ejus speciebus quamplurimis ; octavus est de in- 
vidia et ejus speciebus pluribus ; nonus est de ira et 
de ejus speciebus plurimis; decimus est de accidia et 
ejus speciebus pluribus ; undecimus est de avaricia et 



DU DON DE FORGE. 193 

pluribus ejus speciebus ; duodecimus est de luxuria et 
ejus speciebus pluribus ; tredecimus et ultimus est de 
gula et pluribus ejus speciebus. De fortitudine autem 
et constancia et paciencia que est fortiter ferre mala 
culpe, hic in parte ista quarta agere dimittemus sub 
dono fortitudinis, propter nimiam hujus partis exten- 
sionem ; sed agemus de hoc, si Deus dederit , in quinta 
parte sub dono consilii, sub quo agemus de quatuor 
cardinalibus virtutibus ^ . . 



PIUMUS TITULUS. 



DE TEMPTACIONE. 



SSII . Primus ergo titulus, de temptacione, dividitur 
in sex partes : primo dicemus de diversis temptatori- 
bus in diversis temptacionibus temptantibus ; secundo, 
de diversis demonum qualitatibus , secundum quas 
diversimode temptant; tercio, de diversis eorum 
temptacionibus et progressu earum; quarto, de hiis 
que dant occasionem temptacionibus et demonibus ut 
temptent; quinto, de hiisper que fortitudo répugnât et 
vincit temptaciones ; sexto, de multiplici temptacionum 
utilitate. Notandum autem quod hominem octo temp- 
tant, que per hos versus notantur : 

Temptant ipse Dens, bonus et mains, ut phariseus, 
Spiritus immundus, mala mens, sensus, caro, mundus >. 

1. P« 303 yo. 

2. F» 304. 

13 



194 énERNB 1» BOURBOIf. 

De temptadane canù. 

222. Notandum quod quatuor modis temptat caro : 
primo, timoré humano, adversa nimia timendo et hcnr^ 
rendo, quia suadet ut illo timoré hoc contra salut^n 
anime fadat, vel que sunt ad salutem omittat, ne ad- 
versa incurrat. Contra hoc débet homo infemi siqppU- 
cia sibi opponere vel graviora sibi intemptare» ut 
libenter sustineat minus dura. Fui ego in quadam villa 
ubi, cum quidam ribaldus vestes suas lusisset in hyeme, 
cum temptaret eum caro ne domum exiret, ut sibi 
victum adquireret, et molestiam fngoris sustineret, 
ipse, ut ubi audivi, sub quodam molendino currebat, 
et aquam que inde cadebat in gelu super camem nu- 
dam recipiebat ; et hoc faciebat ut, senciens majus fiî- 
gus, caro non abhorreret minus*. 

223. Item audivi quod, cum quidam frater Minor 
temptaretur in hyeme propter frigus ab ordine rece- 
dere, quadam nocte, habitu relicto, nudus projecit se 
in magnum cumulum nivis, volutans se ibi. Cum autem 
caro afDicta fuisset ibi, quesivit ipse : c domina 
caro, acciperetis vos modo et amodo unam tunicam 
pacienter? > Gum carnalis voluptas respondisset diu 
quod sic, resumpto habitu, de illa temptacione postea 
in pace remansit '• 

224. Temptat [caro] ex eo quod, oppressa' vel 
afflicta penitencia vel tribulacione, ad murmur et im- 
pacienciam spiritum provocare laborat et contra recla- 

1. Cet exemple est répété plus loin {a? 514). 

2. F» 304 v«. 

3. Ms. quod eo oppressa. 



DO DOK DB FORCE. 195 

mat... Item audivi quod, cum quidam Lothoriogicus 
iret ad finrum, émit qoamdam anguilkm. Gmn autem 
quiesoeret, juxta flovimn rediens, videt dictam anguil- 
lam, in sacco in quo posuerat eam, afflictam ; voluit eam 
recreare, et, tenens eam manibus, misit in aqua, strin- 
genseam neevaderet ; [et] dicebat : cBibe, paiera, bibe. > 
Illa, subito resumptism aqua viribus, ab ejus manibus 
est ekpsa. Sic caro afflicta per penitendam, dum ei 
nimis compatitur, dnm m delicias immergitur, cito in 
peccatum eiabitur. 

225. Item fabulose dicitur quod, cum homo per de- 
sertum iret, invenit serpentem frigore affllîctum, 
jacentem quasi mortuum; quem compassos cum in 
sinu suo foveret, calefactus circumvolvit eum, resump- 
tis viribus, eum intoxicans. Qui, cum eum argueret de 
ingratitudine, respondit : c Tu scis quod natura roea 
est quod non noceo nisi calefactus, et tune venenum 
effundere neccesse habeo; non inculpes me si na- 
turam meam feci, sed tibi imputa, qui me calefecisti 
et fovi8ti^ > 



[De temptaciane dy aboli.] 

2916. Item graviter et occulte temptat [dyabohis] 
de fide subtiliter vel de spiritu blasphemie, de quo 
temptat fréquenter, cum alia ei deficiunt, pias mentes, 
et, ut eas in desperacionem inducat, maxime simplices, 
vel ut a bono eas impediat. Vidi aliquem pium et reli- 

i. F<> 305. Cette fable du villageois et du serpent a été de tout 
temps une des plus populaires. On la retrouve notamment dans 
Ésope (fab. 170), dans Pbèdre (IV, 18), dans Romulns (I, 10), et 
dans Lafontaine (VI, 13). Cf. Jacques de Vivry, ms. 17509, fo 115. 



196 ETIENNE DE BOURBON. 

giosiun et probum clericum in noviciatu suo temptar 
tum, primo utrum mundus aliquid esset nisi sompnium 
aliquod, utrum ipse aniitiam haberet, et utrum eciam 
Deus esset ; et de hoc ad mortem dolebat, et fere pro 
hoc ad desperacionem induxisset eum [dyabolus] vd 
ad sui occisionem , nisi saniori consilio credidisset , 
dicenti sibi quod, ex quo illa oogitacio dyaboli pocius 
quam sua non placebat ei, sed pocius ei omnino dis- 
plicebat, pocius erat ei martyrium quam culpa, sicut 
infra dicemus de cogitacione blasphemosa. 

287. Item, cum ego in quadam civitate essem con- 
tra hereticos et inquirerem de mandato apostolico, 
quedam nobilis mulier, sancta et innocens, accessit ad 
me, dicens quod offerebat se ad comburendum, tan- 
quam heretica deterior omnibus qui pro infidelitate 
comburebantur, ut cogitans pessima de articulis [fidei] 
et sacramentis ; et hoc cum fletu maximo asserebat. Cum 
autem ego quererem si illiscogitacionibus ipsa adquies- 
ceret, utita crederet ut ei dicebant, vel si placèrent ei, 
respondit quod magis vellet esse mortua et quod vellet 
bene comburi, ut ab illis liberaretur. Cum diceretur ei 
quod eas contempneret et alibi cor suum transferret, 
consolacionem recipiens, liberata est ab eis ^ 

228. Item leviter et manifeste temptat [dyabolus], 
quando in aliquas visibiles similitudines se transfigurât 
homînum et animalium, ut viros sanctos ad aliquas levi- 
tates provocet, si nonpotest ad alia. . . Cum, in principio 
domus Fratrum Predicatorum Parisius', fieret ibi puteus 
in claustro, et post completorium fratres intrassent dor- 

1. Fo« 305 Y^, 306. On voit par ce passage que le r61e de l'in- 
quisiteur n'était pas toujours la rigueur. 

2. Le couvent de Saint-Jaoques de Paris. 



DU DON DE FORGE. 197 

mitorium, visum fiiit subpriori domus quod videret 
quemdam fratrem remansisse juxta puteum : ivit illuc, 
faciens ei signum quod intraret domum ; ille noluit, sed 
videbatur eum subterfugere, quasi si vellet recedere a 
domo. Gum autem ille sequeretur eum, ut videret quis 
esset, cum diu fuisset eum sequtus per refectorii cir- 
cuitum, quod tune fiebat, et veniret dictus subprior 
prope ostium, fecit saltum quemdam, ut eum prece- 
dentem apprehenderet ; passus lubricum cecidit, et 
démon, qui erat in similitudine firatris mutatus, eva* 
nuit ante eum, dicens : c Hocquerebam quod te errare 
et cîrcuire facerem. » [Hoc audivi] per dictum subprio- 
rem, qui vocabatur frater Guillelmus Limovicensis K.. 
229. Quia astutus est et sagax, multiformis, multas 
habet formas et modos decipiendi, unde temptat mul- 
tipliciter. Gum sit venator et piscator hominum, multa 
habet artificia, per que homines diversos diversimode 
capit... Âudivi a fratre Jordano, ordinis Predicato- 
rum', quod, cum divino judicio quidam firater arrep- 
tus esset, et quereret a demone, adjurando eum, quo- 
modo vocaretur, respondit quod Mille artifeXy quia 
mille modos et artes habebat homines seducendi. c Et 
ut scias, ait, quod verum dico, ego sum qui decipio 
magnos theologos, decretistas et legistas, physicos, 
barones, milites, prepositos, mercatores. » Et incepit 
singulorum verba, gestus et modos et officia ei repre- 
sentare, usque ad domicellas dominarum, que serviunt 
in cameris earum, blandiendo eis et adulando et mol- 
liter loquendo^. 

1 . Écfaard ne fait point mention de ce religieux. 

2. Jourdain de Saxe. 

3. F» 306 v«. 



498 ârraiifB de bourbon. 

230. Item fallax est, ood sohim proferendo manda- 
da et falsa testimonia» immo eciaiD intendesdo deofr- 
père faotis fàlsis, aliquando transfigurais se in siinilî- 
tudînan Christi et apostol<NruiB et angelonim et 
aliorom sandbonun et bononim, ut sic mencîendo 
illos inoautns seducat. • • Item aliquos indisoreios per 
hujusmodi ilhisiones decipit. Item audivi in quadan 
civitate cpiamdam muUerem sic seductam, que eciam 
mihi demonstrata hoc verum esse quod dicam reoo- 
gnovit; et erat cui satis fides supar hoo adhiberi 
poterat. Ineepit ipsa aliquando apud se oogitare quod 
esset nainda mulier, et talis que esset digna quod 
Dominus daret ei visibiles consolaciones ; et oim ali- 
quando easet sola in caméra sua, de hoc cogitans, 
visus est fiilgor maximus in cameram suam intrare, et 
cum eo c[uidam rex pulcherrimus, constipatus mukitu- 
dine duodecim pulcherrimorum hominum, dioens ipsi 
horrenti quod non timeret, quia ipse erat Jhesus 
GhristuSy eum discipulis suis veniens ad ipsam conso- 
landam. Cui cum multa blanda dixisset et multa ei 
prominsset si in ejus amore perseveraret, et ipsa hoc 
ei se facluram promîtteret, recessit prcnnittens quod 
eam sepe visîtaret. Similiter in sequenti nocte venit 
ad eam solus, soUicitans eam ad amplexus et fedam 
commixtionem ; qua consenciente , fedt eam jurare 
quod non revelaret alicui familiaritatem suam, pluri- 
ma prcMuittens. Tercia nocte, in minus speciosa forma 
et habitu venit; post in forma militis, post derici, post 
rustici, post monachi, postgoliardi. Gumautem, videns 
se deceptam, confugisset ad confessionem, veniens ad 
eam sequenti nocte, fere însanire videbatur, commi- 
nans ei, [et] non poterat eam oppnmere vel extinguere, 



DU DOFf DB FORGB. 199 

ut volebat. Quodensciiiique peccabat venialiter, gra- 
YÎus magis ad eam aooedebat et magis eam tenebat; 
quando autoi confessa erat et communionem recipie- 
bat, quod erat ei singulare remedium et consolacio, 
tune dyabolus a longe stabat, nec aceedere poterat, 
nec turbare, usquequo in alico excessisset. Hoc 
apud Lugdunum factum est, et hoc ipsa retulit mihi 
coram firatre RomeoS quondam ibi priore Fratrum 
Predicatorum, circa annum Domini ii^ gg^ xx^ nf *. 

S31 . Item vidi ego hominem in religione novicium 
qui multum erat soUicitus, de nocte invigilans et 
rogans, cum alii dormirent, Deum et beatam Virgi- 
nem quod revelarent ei de matre sua defuncta, in quo 
statu esset, credens quod dignus esset quod fieret ei 
revelacio de hoc, eo quod in lecto suo, aliis dormien- 
tibus, hora dormicionis vigilaret. Aliquando, cum fere 
sic vigilasset usque ad matutinas, apparuit ei dyabolus 
sub specie béate Yirginis, ostendens quasi matrem 
suam quasi sub pallio suo, dicens eam ejus precibus 
liberatam. Item cum secunda nocte similiter usque ad 
dictam horam vigilasset, apparuit ei in minus decenti 
similitudine, et ad ultimum, feda relinquens vestigia, 
eum ad turpia provocabat; et ad tantam devenit ex 
hoc vigilanciam et capitis debilitatem, quod, nisi esset 
ei discretorum consilio subventum, graviter pericli* 
tari potuisset in anima et corpore*. 

S3SI. Horribilis est et terribilis, et ideo temptat 
terribiliter et horribiliter : ejus enim apparicio semper 



1. V. ci-desaus, n« 27 ot 127. 

2. F» 307 y, 

3. Fo 308. 



200 ÉTEBNNB DE BOUhBOtH. 

est cum horrore. In hoc diffenint divina et angelica 
apparicio et dyabolica, quia divina et aogelica semper 
relinquit coDSoladonem et letidam internam, dyabdica 
autem horrorem... Audivi a fratre magistro^ quod in 
conventu Fratrum Predicatorum apud Montem-Pesaih- 
lanum aocidit quod quidam firaiter oonversus subito 
horribiliter et fortiter adeo clamavit, ut propter hor- 
rorem vods ejus fratres territi oocurrerent; et puisan- 
tes eum invenerunt firigidum et rigidum et pallidum 
et horribilem visu, nec ab eo poterant extorquera nisi 
clamorem horribilem. Cum autem, fratribus orantibus, 
cessasset clamare et reversus esset in pristinum sta- 
tum, adjuravit eum prior suus ut ei diceret quid 
viderat vel habuerat. Respondit quod demonem vide- 
bat ita deformem et horribilem, quod fere ex ejus 
visione moriebatur ; et cum de qualitate ejus quereret 
dictus prior, ait : c Hoc vobis sufficiat, quod preele- 
gissem in furnum ardentem intrare quam eum in^i- 
cere*. » 

S33. Ludificat autem dyabolus tripliciter homines : 
temptat scilicet [per] vim imaginati vam vel fantasticam, 
ut videantur hominibus res exteriores in aliarum rerum 
species transmutate, vel ipsi homines videantur sibi 
ipsis in aliarum rerum speciem transmutati; sicut 
audivi quod quidam incantator sic adjurabat demones, 
quod ipsi imprimebant in fantasia hominum quod 
videbatur eis quod unus gallus, qui filo trahebat festu- 
cam, traheret maximam trabem cum magnis fimibus, 
et quod, cum incantator modicam ligaturam feni divi- 

1 . Probablement Hombert de Romans, maître-général des Frères 
Prêcheurs à Tépoque où l'auteor écrivait. Cf. le n» 261. 

2. F* 308 r». 



DU DON DE FORGE. 201 

deret per plures particulas, videretur aspicientibus 
quod divideret equum suum per frusta et cum eis 
mitteret frusta dicta, per hospicia eis receptis ; postea 
recedente illusione, nil inveniebaDt nisi modicas liga- 
turas feni^ 



SEGUNDUS TITULUS. 



DE PBGGATO GOGITAGIONIS. 



SI34. Secundus titulus hujus quarte partis est de 
peccato cogitacionis. Prima parte dictum est de pec- 
cato in communi vel in génère, quare sit timendum et 
cavendum : hic ergo primo agemus de cogitacione 
mala, cui resistendum est fortiter. Notandum quod tria 
sunt gênera cogitacionum : quedam enim sunt utiles 
et fructuose, quedam volatiles et ociose, quedam 



viciose • 



• • • 



TirULUS TERGIUS. 



DE PEGGATO LINGUE. 



235. Hic de peccato lingue dicendum est in génère, 
non descendendo ad ejus species, de quibus post age- 
mus sub viciis sub quibus continetur, et de silencio 



1. Pû« 309 vo, 310. 

2. Fo 315. 



Wjt tnsnm w bourboiv. 

ejbî opposite. Peocatum autan lingue est valde pen* 
cukMum, et cavendum est maxime propter iata^.. 

De naeumentis que facit loquenti Ikigua. 

236. Cavendum est hoc vicium propter multiplex 
nocumentum quod facit primo ipsi loquenti... Facit 
hominem odiosum... Sic mulier linguata homini quieto 
gravissimaestadsustinendum. Audivi a iratreG[aufindo] 
de Bleves*, quod, cum quidam in mari haberet uxorem 
suam secum linguatam et ideo gravem ad toUerandum, 
cum, imminente tempestate, clamatum esset a nantis 
quod graviora navi proicerentur, ille exhibuit uxorem, 
dicens quod in tota navi non esset gravius aliquid lin- 
gua ejus. Hoc est enim causa quare viri exosas habent 
uxores suas et maie tractant eas, hoc scilioet quia 
malas habent linguas. 

237. Audivi quod, cum quedam juvencula require- 
ret consilium a quadam vetula, que dicebatur divina- 
trix, quid facere posset unde pacem viri sui haberet 
et amorem, et unde erat quod ita maie eam tractabat, 
ei dixit ' vetula quod summo mane sui^eret ante diem 
et intraret vicinum vetule ortum, ita quod non loque- 
retur eundo vel redeundo, et, cum ibi veniret, genua 
flecteret versus Orientem, et ter Pater noster diceret, 
et ab herba que vocatur averane quereret ter quid fa- 
ceret, quia vir suus eam maie tractaret, et ab herba 
audiret quid eam facere oporteret ; quod illa fecit, sed 
vetula eam prevenit et sub herba latuit. Cum autem 

1. F* 316. 

2. Cf. n« 46. 

3. Mb. eut dixit. 



nu DOn DB FORGE. SOS 

quereret hoc quod îpstnicta fiierat, ad trinam que^ 
tiooeoi juvencuie respondk vetula ter, primo in baasa 
voce, pofitea inaitando vooem : c Taee et paoem habe ; 
redeuodo non loquaris. » Gum autem vetula quereret 
quid audisaet et illa referret, ait : c Vere, filia, bene 
dictum est tibi ; si tacueris deinde, [et,] viroredeunle et 
litigante, lioguam tenueris, pacem cum eo habebis. » 
238. Item alia, ut audivi a fratre quodam, ooosimi- 
lis misit aliam pro casu consimili post venatores prii>- 
cipis, dicens quod docerent eam lepores quos inse- 
quuntur canes quomodo paoem et amorem vin sui 
haberet, si interrogaret inde eos. Ipsa autem cum 
videret lepores fijgientes nec verba ejus curantes, 
reversa ad vetulam, conquerebatur se illusam. Gui ve- 
tula ait : € In veritate, ait vetula, lq>us optime doouit 
te, etsi non verbo, tamen exemplo ; sicut enim lepus 
non rebellando aut de verbis curando, sed fiigiendo et 
declinando canes evadebat, ita et tu potes. > Item 
alius docuit aliam digitum wperponere on suo K 

De malis que facit mala lingua proximo. 

839. Lingue autem vicium non solum nocet ei qui 
maie loquitur, sed proximo multa mala infert... De 
hiis magister Jacobus multa dixit exempla, maxime 
contra litigatores et aliorum inflammatores ad iram. 
Gum quedam mulier litigiosa fréquenter litigaret con- 
tra quemdam bonum virum, et ipse quasi cani latranti 
tergum ei verteret et nil ei responderet, requisitus ab 
alio quare ei non responderet, respondit quod nescie- 

4. F~316 v*, 317. 



204 ÉTIENinB DE BOURBON. 

bat litigare. Ait iUe : c Si vis ut quiescat, quere 
litîgiosainetconducas eam, que litigetprote. tEtdoouit 
eum quamdam que optime sciebat litigare. Gum autem 
eam rogaret ut, accepte bono predo, litigaret pro eo 
contra talem, quia audierat quod hoc iaœre noverat, 
ipsa, fortiter indignata, incepit cum eo litigare et vitu- 
perare eum fortiter, diceus quod aliam quereret, quia 
ipsa non erat talis. Gum autem ille diceret : c Benedic- 
tus Deus, quia inveni quod querebam > , tune illa acrius 
et turpius vituperabat et se magis excusabat. Tune 
ille : c Non queram ego aliam, quia meliorem te ad 
hoc non invenirem, que hoc melius sciât facere et velit 
etpossit. » 

240. Item, cum quedam, ut audivi, litigaret cum 
quadam bona muliere, nec posset eam sedare, cum diu 
coram vicinia illa tota auscultasset, ad ultimum dixit : 
c Nisi tacueritis, ego de vobis dicam coram omnibus 
taie verbum quod nunquam de vobis dictum fîiit. » 
Gum autem illa instaret quod diceret illud, quia de eo 
mentiretur, ait : c domina, proba mulier, loqua- 
mini. » At illa confusa, adhuc vituperando aliam, re- 
cessit. 

241 . Item audivi quod alia, cum alia coram vicinia 
litigaret cum illa implacabiliter, expandit ei pallium 
suum, dicens, sicut audiverat in sermonibus : c Do- 
mina, ista vituperia vestra et litigia sunt mihi valde 
neccessaria, quasi preciosum aurum et lapides, ad 
mea débita, quibus multum affliger, [solvenda], et 
coronam eternam mihi fabricandam ; proiciatis ergo 
satis de his in hoc pallio \ » Dicit enim Dominus 

i. Cf. len«38i. 



DU DON DE FORGE. 205 

(Mat. y b) : c Beati eritis cum maledicerent , » etc. 

242. Item de alia magister Jacobus dixit quod, cum 
litigaret sepe cum viro, vocabat eum pediculosum. 
nie autem^ aliquando commotus, cum nec sepe de hoc 
correcta et verberata vellet se corrigere, sed coram 
vicinis eum confunderet, projecit eam in alveo rivi cu- 
jusdam, eam conculcans et suffocans. Cum autem non 
posset loqui verbo, elevabat manus, et quasi atterens 
pediculos de manibus faciebat*. 

243. Item de alia assueta litigare et viro semper 
contradicere, cum transiret cum viro suo per pratum, 
dicebat vir quod erat falcatum : uxor incepit econtra 
dîcere quod non, immo erat attonsum. Ex his sumpta 
occasione, processit vir de verbisad verbera, adeo quod 
linguam ei amputavit. Cum autem non posset loqui, 
digitis ostendebat sibi quasi forcipibus tonderet'. Ideo 
dicitur Eccli. xxv d : c Gommorari leoni vel draconi 
magis placet quam cum muliere venenosa. > 

244. Item idem Jacobus refert de alia quod, cum 
vir suus invitaret vicinos suos, ipsa sèmper viro suo 
litigabat, et confundebat eum et turbabat, et alios simili- 
ter. Cum autem vicinos suos vir ejus semel invitasset, 
paravit eis mensam juxta alveum fluminis quod juxta 
ortum suum fluebat. Ipsa autem contra id quod vir 
suus rogabat eam semper facere erat assueta. Cum au- 

1. Ms. Cum autem. 

2. Ce trait se trouve dans les Facéties du Pogge (I, 68) et dans 
les exemples publiés par Thomas Wright (Latin Stories, n« 8). 

3. C'est le 9iget d'une fiible de Marie de France, du fabliau 
intitulé le Pré tondu , et de quelques autres contes. (Y. Méon, 
Nouveau recueil, I, 289; Hùt. litt., XXIII, 191; Th. Wright, 
Latin Stories, n» 9.) 



SK)6 AnfitlIB » BOURBON. 

tem VÎT Buns sederet aim vidnit ex oppodita parte 
fluminis, rogabat eam quod ex illa parte sederet : illa 
aatem, assumpta seUa, sedit ad oppogkan parCem; et 
cum vir suus eam rogaret ut ei appropînquaret, magis 
se dongabat, usquequo in fluvium caderet. Cum autem 
eam fluvius rap«(*et quo cuirebat, vir ejus asoendebat 
ad oppoûtam partom quasi qua^ens eam ; cum antem 
super hoc ai^^retur a vidnis, dicentibos quod pocius 
inferius deberet eam querere, respondit : c Scitis qma 
eootrarium fedt hujus quod debuit et ad contrariam 
partantetenditsemper^ » 

1. F^ 317 yo, 318. Pour ce dernier exemple, Cf. Marie de France 
(fabl. 96), Le Pogge {Facéties, I, 69) , Lafontaine (Fables, JH, 16). 
Ces traits plaisants sur les femmes qaerelleuses ne se tronTent 
qa*en partie dans le recueil du maître cité par Etienne (ma. lat. 
17509, f» 136 et soiv.). En revanche, notre auteur a n^ligé d'em- 
prunter à Jacques de Vitry sa jolie variante de l'histoire du Mide^ 
cin malgré lui, dont voici le texte : t De quadam alla muliere au- 
divi quod semper contradicebat marito suo. Cum antem maritus 
et ipsa venirent de foro, lepus quidam transivit coram ipsis, et, 
cum capere vellent, evasit. Tune maritus ait : Quam polcher et 
pinguis est lepus iste 1 Si cepissemus eum, comederemus frixum 
cum cepia et sagimine. Uzor autem respondit : Libentius oomedo 
cum pipere. Imo, ait vir ejus, melior est quando cum brodio et 
sagimine paratur. Non est, ait uxor. Cum autem mulier nulle 
modo vellet acquiescere marito, ille, iratus valde, fortiter ipsam ver- 
beravit. At illa cepit studere et cogitare quomodo posset se de 
marito suo vindicare; et audivit quod rex valde infinnaretur. Que, 
accédons ad régis servientes, ait : Habeo maritum qui optimus est 
medicus ; sed ceiat et abscondit sapienciam suam, nec nunquam 
vult aliquem juvare nisi timoré et verberibus inductus. Gum autem 
homo ille adductua esset ad regem, ceperunt eum muUum rogare 
ut curam régi adhiberet et mederator ejus infirmitati. lUa antem 
renuente et dicente : Non sum medieos, tandem servi ragis nun- 
ciaverunt ei verba uxoris; unde rex precepit eum fortiter verbeiari. 
Et cum nec sic induci posset, iterum et iterum verberatua, tan- 
dem a conspectu régis ejectus est; et ita mala mulier verberari 



DU BON M FORGB. 307 

ai5. Mala lingua humana transoendit in tnalicia 
malainliiiguamdyaboli, in efifieada malicie. Aliquando, 
qiiod dyabohis non potest faoere per plures annos lin- 
gua sua temptando, fadt modico tempore humana 
lingua... Audivi [quod], cum dyabolus per multos 
annos qnosdam oonjugatos, sdlicet virum et uxorem, 
temptasset, per triginta scilioet annos vel amplius, et 
non posset prevalere ut saltem semel discordarent vel 
dura yerba haberent, transfiguravit se in forma juve- 
nis, sedens mestus in via per quam quédam vetula 
lotnx pannorum debebat transire, sedens sub arbore, 
habens dnctam quamdam bursam plenam denariis, 
que vulgariter didtur guéries^. Gum autem vetula 
transiret et quereret ab eo quis esset et causas mesti- 
cie, dixit quod hoc diceret ei et denarios illos daret ei, 
si juraret quod pro viribus suis eum juvaret. Quod 
cum illa fecisset, ille dixit se esse demonem qui gravi- 
ter timebat puniri a suo prindpe, quia per triginta 
annos laboraverat contra taies conjugatos, nec potuerat 
eos vel facere peocare, vel in aliquo disoordare; qui, 
data ei pecunia, recessit. Vetula autem, assumpta qua- 
dam juvencula, misit eam in domum suam, et venit ad 
mulierem dictam conjugatam, et dixit ei quasi cum 
magna compassione quod vîr suus illaqueatus erat 
amore cujusdam juvencule vicine sue, quem viderat 

fecit maritum suttin. • (/dtd., Î9 139.) U existe du même récit une 
version beaucoup plus développée, qui a été mise en vers dans le 
fabliau intitulé le Vilain Mire, publié par Méon (III, i) d'après le 
ms. 7218 de la Bibliothèque nationide. Gf. Legrand d'Aussy 
(1, 398), Guill. Bouchot {Séries, p. 322), et la narration des voyages 
d'Adam Oléarius, qui trouva au fond de la Russie, en 1635, une 
histoire presque semblable (Hist. littér., HXDI, 196). 
1. Groule ou gonrle, gibecière, du mot gula (Ducange). 



208 ÉîlEimB DE BOURBON. 

cum ea in domo oonjuncta, prospidens per parietem ; 
audierat eciam quod soUicitabat eam, et jam ei promi- 
serat tunicam, quia ei se exporaerat, de quoounque 
panno veliet, et ipsa debebat venire ad ejus operato- 
rium, ut eligeret sibi panoum quod vellet, quia mer- 
cator erat. Cum autem diceret dicta uxor quod hoc 
nuoquam çrederet, quia vir suus probus homo &nAj 
ait : c Non credatis nisi hec insignia videritis. > Item 
eadem vetula ivit ad dictum virum, dioens quod talis 
clericus illius ecclesie, quam vetula frequentabat, ejus 
adamabat uxorem, et, cum ipsa esset abscondita rétro 
columpnam in oracione, audiverat eos colloquentes, et 
condixerant sibi quod ipsa virum suum spoliaret éi 
cum dicto clerico recederet. Quod cum vir noUet cre- 
dere, ait vetula : c Non credatis nisi eos cras tali hora 
coUoquentes videritis, in tali loco ubi, ut audivi, debent 
convenire. » Tune recedens vetula misitjuvenculam ad 
operatorium cum denariis \ quasi ad videndum pannum 
qui sibi placeret. Uxor autem dicti mercatoris, videns 
eam operatorium virî intrantem et exeuntem, cepit 
suspicari quod verum posset esse quod ei vetula 
dixerat, et pro tristida non poterat comedere. In sero, 
[vir], advertens uxoris tristiciam, mirabatur etsuspi- 
cabatur quod aliquod esset in causa. Vetula autem pro- 
curavit quod clericus de quo dixerat viro, hora qua 
dixerat et loco, cum dicta matrona estloqutus; viro 
hoc advertente et notante, venit ad mulierem, que eciam 
viderat quod juvencula pannum quem ante viderat 
deportaverat emptum, et ait ei : < Domina, certa sitis 
quod vir vester peccatum jam perpetravit, et pre 

1. Ms. de denariis. 



DU DON DE FORGE. i09 

amore illius juveDCule affligitur, quod satis potuistis 
advertJsse ex mesticia ejus ad vos; jam pannum de- 
portavit, et virum vestrum amisistis, nisi cito occurra- 
tis. » Tune illa quesivit quomodo posset occuirere ; et 
vetula : c Si, viro incipîente dorniire, potueritis cum 
rasorio amputare très pilos de barba ejus, et ei corne- 
dere dederitis combustos, tune ipse de cetero habebit 
eam exosam, et vos diliget plus quam prius. » Gum 
autem illa ei promisisset quod hoe noete sequenti 
faeeret, venit vetula ad virum, dicens quod audiverat 
dietum elerieum et uxorem ejus proloqutos fuisse 
mortem suam ; et dixit quod, si ei non erederet, ipsum 
eertum redderet, et mortem vitaret. Dixit ergo ei quod 
uxor sua vellet eum de eonsilio, dieti eleriei jugulare 
noete sequenti eum rasorio, et quod eum inebriaret si 
posset ; quod ipse sibi eaveret a nimio potu et sompno, 
sed fingeret se fortiter dormientem, et, eum sentiret 
quod uxor sua guttur ejus sentiret, arriperet pugnum 
ejus eum rasorio et exeitaret familiam suam et ignem 
faeeret sueeendi, ut omnes vidèrent prodieionem. Gum 
autem ille hoe feeisset ut vetula doeuerat, in mane eon- 
voeavit amieos suos et saeerdotem suum et amieos 
uxoris, eam de prodieione tali aeeusans et eonvineens 
ostendendo rasorium. Gum autem matrona pre vere- 
eundia taeeret, voeavit eam saeerdos, inquirens ab ea 
veritatem hujus faeti, similiter et virum; postea feeit 
voeari vetulam, que eompulsa est dieere veritatem. Et 
ita patet quod lingua humana aliquàndo plus potest in 
malieia quam dyaboliea ^ . . 

1. Fo319. 

u 



240 tnsimR us wmBM. 

tt6. Mahim Ta^Nim, Gam amâtur in loqaendo et 
nudiefido, honmieni similfm dyabolo facît; immo ei 
plucet... Sic fifii d^aboli, et mudme magni principes, 
in vHiÂs accosatoram et detractorom et adulatonim et 
maloram consiliariomm pasconlur et delectantur. De 
quo audivi quod quidam magnus princeps habebat 
cocum optimum; et, oum invitasset aUum magnum 
principem, qui multum delectabatur in veriiîs talium, 
dixit ei dominus suus quod pararet diversa fercula et 
bona, ut melius posset. Yol^fis autem ooons ostendere 
invitato malidam oonsîliatorum, inter alia fercula pa- 
ravit unum ferculum de lii^uis, amarissimis speciebus 
confectum ; de quo cum non posset gustare, sed maie- 
dioeret ei dominus suus, dioens quod non fiierat déte- 
nus ferculum nec magis maie paratum, ait : t Dabo 
vobis aliud quod omnem amarttudinem istius évacua- 
bit. > Et dédit ei ferculum delinguis, predosis ^)eciebus 
delectabiliter confectum. Dicebant omnes, cum gus- 
tassent de eo, quod non fuit unquam ita bonum 
ferculum. Cum autem adjurassent eum quod as diceret 
de quo erat ferculum, dixit quod utrumque erat fac- 
tum de linguis, et quod nullum ferculum erat deterius 
mala lingua, nullum melius bona. Et hoc dixit et fecit 
in suggillacionem illius principis et malarum linguarum 
que secumerant\ 

i. F» 320. On roconnait là une variante de Tapologae qui figure 
dans la Vie d'Ésope, attribuée jadis à Maxime Planude, et compo- 
sée en réalité au xm* siècle, à Taide de vieux contes du genre de 
celui-ci. On le trouve sous une autre forme dans les Latin Stories 
publiées par Th. Wright {d9 42). 



DU DON M FCmCE. 211 



QUARTUS TITULUS. 

DE CORRUPTELA ET GUSTODIA QUINQDE SENSUUM. 

247. Postquam dictum est de peccato lingue sive 
loquucionis, quare et quomodo sit vitandum, nunc 
dicendum est de peccato operacionis maie, quomodo 
sit vitandum; quare autem sit cavendum, satis dic- 
tum est supra, prima parte hujus operis... Yitatur 
autem per donum fortitudinis... Primo ostendemus in 
génère quare quinque sensus sunt fortiter custodiendi 
a peccato*. 

[De custodia ocularum.] 

248. Cum visus inter sensus quinque sit prior, sicut 
situ et ordine in capite, ita et in anime nocumento 
optinet principatum : ideo summo studio invigilan- 
dum est in oculorum custodia, per quos hic sensus 
habet excitari... Ad hoc debent nos movere pericula 
que homo incurrit ex incauto aspectu... Item nota 
quod in mulieribus, non solum cum aspiciunt, immo 
eciam cum aspiciuntur, potentes sunt oculi animas 
capere. Audivi quod, cum rex Ricardus Anglie intras- 
set in quamdam abbaciam monialium, vidit ibi quam- 
dam sanctimonialem virginem, cujus pulcritudine illec- 
tus, mandavit abbatisse quod eam ei mitteret, quod si 
non faceret, ipse abbaciam destrueret et eam violenter 
auferret. Quod audiens dicta monialis, quesivit quid ei 

i. F0322. 



%M ETIENNE DE BOURBON. 

in ea pre ceteris placuisset. Âudieos quod oculi ejus 
eum illaqueaverant, volens de cetero periculo oculo- 
rum carere, eruit sibi oculos, et, ponens eos in vase, 
misit dicto rege, mandans ei quod saciaret se optato. 
Qui ex hoc oonfusus, eam in pace dimisit^ 

Contra tactum illicUum. 

249. Ultimus quinque seusuum est tactus, qui mul- 
tum est timendus, tanquam hostis propinquior, forcior 
et potencior et violencior ad nooendum : forcius enim 
insevit libido in sensu tactus quam in aliis... Dissuar 
dent hoc sacra que sumpsimus,... ea que habe- 
mus tangere et tractare, maxime ministri altaris. 
Âudivi quod, cum quedam regina Francie cuperet 
quemdam magistrum dictum Gilebertum Porretanum, 
vocavit eum ad se, impetens eum per hune modum. 
Yidens eum habentem pulcras manus, ait, apprehendens 
eum per manus : c quam digni essent isti digiti trac- 
tare latera mea ! » Qui, manum retrahens ad se, ait : 
c Non, inquit, domina, fiet hoc, quia, si digiti mei vos 
sic tractassent, cum quibus ego de cetero comedere 
possem '? > Quod dicit : Sic inunundi fièrent, quod de 
cetero abhominarer eos ad os convertere '• 

1. F^ 324 y^j 325 yo. Etienne répète cette histoire plos loin 
(no 500). Jacques de Yitry la rapporte également, mais sans nom- 
mer le roi Richard (ms. latin 17509, ^ 51). On attribue un trait 
analogue à une jeune religieuse anglo-saxonne du vu* siècle. 
Etienne s'est sans doute fait ici Pécho d'une vieille tradition dont 
les héros changeaient avec les temps. 

2. Mb. Porretanw. 

3. F<» 329, 329 v«. Il pourrait y avoir dans cette anecdote, comme 
je Tai remarqué ailleurs, un vestige des médisances accréditées 



DU DON DE FORGE. 213 



QUINTU8 TITULUS. 
DE MALO EXEMPLO ET SGANDALO. 

250. Quoniam, post peccatum operis in génère, in 
via peccandi est peccatum mali exempli vel scandali, 
quod est tanquam fortissimum propugnaculum dya- 
boli ad animas impugnandum etdeiciendum..., dicen- 
dum est de peccato mali exempli et scandali, contra 
cujus impugnacionem maximum est neccessarium do- 
num fortitudinis , per quod homo muniatur contra 
fortem armatum, cujus arma fortissima sunt scandala 
et mala exempla... 

De argumento hereticorum contra catholicos. 

251. Âudivi a fratribus Provincie quod in terra 
Àlbigensium, cum heretici convincuntur scripturis et 
racionibus, non habent forcius argumentum ad defen- 
sionem erroris sui et subversionem simplicium' quam 
exempla mala catholicorum et maxime prelatorum ; 
unde, cum eis deficiunt alia argumenta, adhuc recur- 
runt dicentes : c Videte quales sunt isti vel illi, et maxi- 
me prelati ; videte quomodo vivunt et incedunt, nec 
sicut antiqui, ut Petrus et Paulus et alii, ambulantes. » 

Item audivi a fratribus illius temporis quod, cum 

par les galanteries de la reine Ëléonore d'Aquitaine, femme de 
Louis VU, qui fut la contemporaine du célèbre docteur Gilbert de 
la Porrée, évoque de Poitiers, et celle de l'auteur lui-même, pen- 
dant les dix ou douze premières années de la vie de celui-ci. 



214 ÉTHaiNB DB BOURBCMf. 

quidam legati et tredecim abbates missi fuissent ad 
terram Albigensium ad predicandum contra hereticos 
AlbigenseSj cum îpsi secum haberent equitaturas ad por- 
tandum vestes suas et [alia] ad viam neocessaria, et pre- 
dicarent coutra hereticos et errores, insui^ebant contra 
eos heretici, predicantes econtra exempla mala et in- 
solenciam vite catholicorum, de corruptela clericorum 
et religiosorum maxime texentes sermonem ; ex quo 
maxime illi abbates confusi, sine multo fructu a predi- 
catione cessantes, a terra illa recesserunt, dicentibus 
hereticis : c Ecce quomodo isti équités predicant vobis 
Ghristum dominum suum peditem, divites pauperem, 
honorati abjectum et vilem », et hujusmodi^ 

Qfiod mala exempla ledunt proximos, 

25Si. Mala exempla proximos multipliciter ledunt... 
Similes suntmali prelati, intuentibus eorum mala exem- 
pla, monstro Méduse, de quo dicitur quod qui [eum] 
viderunt quasi lapides diriguerunt... Item similes sunt 
cuidam grui, de qua audi vi quod , capta ab aucupe et diu 
nutrita, detractisalis, facta estei quasi domestica. Cum 
autem redissent plume, videns gregem aliarum advola- 
vit cum eis, et, cum circa tempus hyemale mutarent 
patriam, facta ductrix aliarum et transiens per locum 
ubi nutrita fuerat, quasi recordata boni pabuli quod 
[habuerat] in domo dicti rustici ubi habitaverat, de 
nocte per tenebras introduxit alias in dicta domo; 
quarum clamorem audientes qui in domo erant, sur- 
rexerunt et, accensis luminibus, illam et alias ceperunt 

1. V^ 330, 330 V». Voy. le n» 83 et la note qui s'y rapporte. 



DU DON DR FORGE. 215 

et oociderunt; quam inter alias potuit dominus domus 
agnoso^^e, sigûo quod consuerat in coxa invento. Simi- 
liter qui apostatant a Deo, vel a fide, vel ab ordine, cum 
piaxima venacione animarum ad dyabolum, vel mon-' 
dum, vel peccatum redeunt. 

253. Item audivi a fratribus qui ibi inquirebant in 
familia episcopi, cum facerem per eos transitum, quod 
in episcopatu TuUensi quidam sacerdos, perversus ab 
hereticis, ita exemplo suo infecit parrochiam suam, 
quod postea recessit cum quadraginta parrochianis 
suis apud Mediolanum, ad discendam ibi plenius doc- 
trinam hereticorum ; qui eciam ibidem, abjecto sacer- 
docio, faciebat artificia texencium^ 

[Quod mala exempla Udunt ipaos facientes.] 

254. Malum exemplum eciam plus facientem quam 
alium ledit... Facit confundentem et confusum... Au* 
divi a quodam fratre nostro sacerdote quod, cum qui- 
dam prelati magni essent in quodam loco congregati, 
audientes quod sanctus Franciscus predicaret avibus 
et hominibus, cum esset simplex in litteratura et hoc 
scirent, vocaverunt eum, dicentes quod vellent audire 
quomodo predicabat qui predicacionem sibi usurpa- 
bat, et assignaverunt ei diem in qua coram eis propo- 
neret verba predicacionis. Tune unus maximus episco- 
pus, amicus ejus, timens confusionem viri sancti, 
vocavit eum in secreto domus sue, affirmans ei verba 
cujusdam sermonis compositi valde et ordinati. Cum 

1. Fo* 331, 332. On sait que Milan était, au conunencemeat du 
XIII* siècle, le principal centre des sectes hérétiques. Cf. les n^ 329, 
330. 



216 ETIENNE DE BOURBON. 

autem sanctus vir venisset ad dictum locum, noluit 
proponere que erant ei firmata et que diu ruimnave- 
rat, et nescivit penitus, in eis deficiens. Gum autem 
hesitaret quid faoeret, spem ponens in Dec, apeniit 
psalterium suum, et occurrit ei verbum hoc : c Tota die 
conftisio facta coopérait me. > Et assumpto eo in vul- 
gari suo, multa fuit loqutus de insolencia prelatorum 
et malis exemplis eoram, et quomodo Ecclesia per ea 
confundebatur omnis, quomodo ipsi essent faciès 
Ëcclesie, in qua tota pulcritudo ejus deberet relucere, 
de qua dicit Augustinus : c Pulcra faciès débet esse dî- 
mensa pariliter, ornata decenter, colorata luculenter » ; 
et quomodo confusio malorum exemploram operuerat 
eam, et quanto est in corpore pars eminencior, appa- 
rencior, pulcrior et dignior, tanto in ea esse macula 
turpior, etc. Et tôt et taiia de bac materia eis dixit, 
quod eos satis confundere salubriter et edificare po- 
tuit\ 

255. Item [qui dant mala exempla] irridentur ab 
hominibus merito. Sic magnus quidam clericus, qui 
cum in Ramis Palmarum predicasset de humilitate 
sunmii magistri et asine super quam ascendit, cum, 
finito sermone, palefridus suus, pinguis et rotundus et 
faleratus, adduceretur et ascenderet ipse, similiter 

1. F» 333. Etienne, en répétant plus loin ce curieux trait de 
mœurs de saint François d'Assise, place la scène à Rome, et 
fait de Tévéque trop empressé un cardinal. {V. le n^ 473.) Effecti- 
vement, les hagiographes parlent d'un fait à peu près semblable 
arrivé au fondateur des Frères Mineurs lorsquMl prêcha à Rome 
devant le pape, et désignent son ami, le cardinal d'Ostie, comme 
ayant voulu lui rendre service dans cette occasion. Mais ils rappor- 
tent la chose en quelques mots seulement. (Y. Acta SS.y t. n 
octob., p. 775.) 



DU DON DE FORGE. 217 

preciosis vestibus omatus, quedam vetula irrisit eum 
coram omnibus, querens : c magister, respondeatis ; 
fuit-ne talis asina et assessor vel ascensor ejus, de 
quibus Dobis loqutus fuistis? > Ât ille obmutuit ooor 
fîisus^ 

9156. Facit malum exemplum hominem pestiferum 
et perniciosum, ut morbus contagiosus. . . Âudivi a quo- 
dam sancto viro fratre P[etro]', Hispano dicto, quod, 
cum quidam sanctus vir esset in oradoue pervigil, 
apparuit ei ante se quedam domina, regio cultu ornata ; 
et cum ille esset stupidus ad ejus visionem, quesivit 
illa ab eo si eam agnosceret. Cum autem ille diceret 
quod non, nisi forsitan ipsa esset beata Maria, mater 
Dei, ait illi : c Non sum illa quam estimas, sed sum 
illius figura pro qua fréquenter gémis et oras, scilicet 
Ecclesie, cujus est dolor mirabilis et corrumptela des- 
cendens a capite per omnes artus usque ad pedes ; et, 
ut mihi magis condoleas, vide alimenta doloris. » Et, 
amota manu corona speciosissima capitis, inclinavit ca- 
put ei. lUe autem vidit superiorem partem capitis ejus 
ad modum crucis cisam in quatuor partes, et vermes 

1. F» 334. Cf. le m 82. Cette anecdote, qui a sans doute des 

ancêtres reculés, a également une postérité. On en a fait plus tard 

l'application aux Jésuites, en plaçant dans la bouche de la matrone 

scandalisée ce mauvais jeu de mots, qui court encore dans certains 

recueils : 

Jesuita, Jesuita, 

Non ibat Jesa ita. 

2. Ce frère Pierre, dit l'Espagnol, parait être celui dont Échard 
fait mention, et qui, suivant lui, a été regardé à tort comme domi- 
nicain : en effet, Etienne n'eût pas manqué de lui donner cette 
qualité, soit ici, soit plus loin (n* 397). Pierre est Tauteur d'un 
traité de dialectique; il vivait au milieu du xui« siècle. (V. Script, 
ord. Prœdic, I, 485.) 



218 ÉTIEIfNE DB BOVKBm. 

de cerebro vidit ebullientes, et scatnriencia vidnem 
sanie in quatuor partes, c Ecœ, ait, ex hiis que vides 
in capite, perpendere potes oorrumptdam et dolorem 
meum in membris aliis. » Et, eo dicto, evannit ab ejua 
oculis^ 

S157. Homînem paradiso excludit malum exem- 
plum... Unde cum quidam, ut audivi a quodam 
fratre Gaufrido, vir religiosus venisset ad quoddam 
concilium quod celebrabatur in Francia a quodam pre- 
lato, cum esset ei injunctus sermo tanquam prepol- 
lenti vita et sciencia, inchoavit sic sermonem suum, 
circumspiciens undique et iterans hoc verbum pluries 
gallice : c Saint Père et saint Pol, babimbabo* > ; id est : 
Sancte Petre et Paule, vobis dicendum est verbum de- 
risionis quod dicitur fatuis in expressionem fatuitatis 
eorum. Et exposuit sic : quia, si per tantas divicias et 
delicias et honores et fastum et vanitates, quantas mo- 
demi prelati exhibent , regnum celorum intrare pos- 
sunt^, et vos cum tanta paupertate, penalitate et 
miseria et vilitate ad illud pervenistis, vere miseri et 
contemptibiles et irrisione digni , ut vere fatui, estis. 
Et contra predicta voluptatis et vanitatis exempla ex- 
cellenter loquens, malos multum confiitare potuit et 
confundere^ 



1. F» 334 y^. 

2. Babimbalo à la marge du ms. 

3. Ms. potuUtis, 

4. Fo 335 V*. Une version moins détaillée de cet exemple est 
donnée par Jacques de Yitry (ms. 17509, f> 18) et par Eudes de 
Shirton (ms. 2593, f^ 23). Elle ne contient pas ce singulier mot de 
babimbabo^ que Ton adressait, paraît-il, aux fous par dérision, et 
qui ressemble à un bégaiement. 



DU DON DK P0RGB. 219 

[De bofèo exemple.] 

258. Sicut autem dyabolus habet, ut ostensum est, 
fortissimum propugnaculum Babilonis, ad impugna* 
cionem et deicionem bone vite, exempla maloniin, et 
maxime iliorum qui sunt io statu sublimiori, ut prela- 
cionis, erudicionis, religionis, vel temporalis domina- 
cionis, ita Spiritus Sanctus habet fortissimum et firmis- 
simum fortitudinis suepropugnaculum, percontrarium, 
exempla bona eorum qui se bene gérant , maxime in 
statu eminenciori... Dicunt naturales quod magnes 
lapis est que ferram rapit. Gum autem adamas accedit 
ad magnetem, attrahit ad se ferram quod magnes ra- 
puerat et aufert ei : sic bonum exemplum sancti viri 
duram cor, quod peccatum et dyabolus rapuerant, au- 
fert eis. Quod patet in exemplo quod magister Jacobus 
refert^ Dicebat quod fuit quidam obstinatissimus et 
opinatissimus in sceleribus princeps latronum, spolians 
terram, et desperahis se omnibus flagidis admiscens. 
Qui cum bec mala faceret juxta abbaciam quamdam, 
abbas compassus ei et suis, ascendens supw equum 
suum, ivit ad eos, qui arripuerant eum irruentes; et 
cum quereret quid ipsi vellent, dixerunt quod ejus 
equum, ut de eo haberent panem et vinum et carnes. 
Tune abbas descendens, convocans eos ad se, ait : 
c fîlii, de vobis audiens, ad vos veni, ut ego scircm 
quare bec mala facitis ; quia, si propter victum et ves- 
timenta habenda bec facitis cum tanto periculo anime 
et corporis vestri tôt et tanta miseria, venite mecum, 

1. Au f^ 61 de son recueil manuscrit. 



220 ETIENNE DE BOURBON. 

et ego vobis bec exhibebo in abbacia mea sine labore 
et absque onini periculo, dummodo ab hiis oessetis. » 
Gum autem princeps iatronum dioeret quod non po^ 
set comedere fabas suas, promisit tune quod, si secum 
iret, faceret ei satis dari de carnibus et alia prout vellet. 
Gum autem promisisset abbati quod hoc faceret et ad 
abbaciam venisset dictus princeps Iatronum, ut proba- 
ret abbatis dictum, recepit abbas eum cum nuadmo 
honore, et fecit ei preparari cameram pulcherrimam 
per monachum religiosissimum, qui omnia que deside- 
rabat ei preparari faciebat et ministrabat ei, comedens 
coram eo panem et aquam solum. Gum autem monar 
chus hoc pluribus diebus fecisset, quesivit latro quid 
fecerat unde talem penitenciam faceret, que adulteria 
et homicidia. Signavit se monachus pre admiradone, 
dicens quod propter Deum solum et futuram vitam 
hoc faciebat, quia mulierem nunquam tetigerat nec 
aliqua talium fecerat, cum puer intrasset ordinem. 
Latro compunctus, cogitans de flagiciis suis, accedens 
et prostemens se ad pedes monachorum, petivit habi- 
tum et optinuit, et factus est pre ceteris abstinens et 
religiosus^ 



SEXTUS TirULUS. 



DE IfALA GONSUETUDINE. 



259. Quoniam in gradibus peccatorum ultimum lo- 
cum tenet consuetudo mala, que fortissima servitute 

1. F~ 336 vo, 338. Cf. Th. Wright, Latin Stories, n» 149. Une 



DU DON DE FORGE. %fi\ 

deprimit hominem, cujusservitus est jugum ferreum, . . . 
ad hoc jugum firangeDdum , est maxime neocessarium 
donum fortitudinis, a cujus presencia hoc jugum corn- 
putresdt : ideo sub dono fortitudinis agendum est de 
mala consuetudine 



• • • 



SEPTIMUS imiLUS. 

DE SEPTEM Viens ET EGRUM SPEdEBUS, 
[ET PRIMO DE SUPERBU]. 

S60. Quoniam supra , parte prima, titulo octavo , 
egimus de peccato in génère, quare scilicet timendum 
est peccare, et in ista quarta parte dictum est de 
passu sive de gradibus peccatorum, . . . dicendum est 
consequenter de septem principalibus viciis et eorum 
aliquibus speciebus, que scilicet magis sunt apud homi* 
nés note et magis mundum inficiunt et occidere spi- 
ritualiter videntur, contra que donum fortitudinis 
maxime neocessarium videtur'... 

' De superbia et ejus speciebw. 

261 . Primo ergo, tanquam de capite et origine om- 
nium viciorum, . . . dicemus de superbia in génère, pos- 

histoire qui a beaucoup d'analogie avec celle-K^i, et qui en est peut- 
être la source première, est racontée par Eusèbe d'après les Actes 
apocryphes de 8. Jean {Hist. eccles., ni, 23). 

1. Fo 339 v«. 

2. F» 341 yo. 



282 énENNB DB BOURBON. 

tea de alîquibus eju9 specid>u8, et non de omnibus, sed 
de eis que magis a mundo oognoscuntor. Primo de ea 
dicemus quid eam nobis diasuadeat. . . 

Deatmit superbiam mortis memoria. Item audivi a 
fratre HymbertoS magistro ordinis Predicatonmiy 
quody cum Aristoteles moreretur, et quererent disci- 
puli sui ab eo quod diceret eis aliquid dignum perpé- 
tua memoria, ait : c Mundum intravi anxius vel anxiatus, 
vixi turbatus, exeo bine inscius et îgnarus. » Hec dixit, 
humiliatus ad mortis memoriam. 

262. Item audivi ab eodem [quod], cum frater 
Guernerus esset Parisius magnus magister', cum in 
quadam die audivisset légère de Adam et sucoessori- 
bus ejus : c Vixit ille tôt annis, et mortuus est ; et ille 
tôt, > etc. ; cogitans quod nec medidna posset facere 
quin mors concluderet omnibus et finem imponeret , 
ad mortis meditacionem , relicta tumida et inani 
philosophia, intravit ordinem Predicatorum , ubi, 
vacans summe philosophie, multis anois postea rexit 
Parisius in theologia^. 

263. Item edam ad hoc fadt consideracio infirmi- 
tatis aliène, sicut de Josaphat dicitur in Barlaamquod, 
cum videret cecum leprosum et decrepitum senem, 

1. Hombert de Romans, nommé plusieurs fois dans le cours de 
ce volume. 

2. C'est Guerric de Saint-Quentin, qu'on trouve appelé quel- 
quefois Garnier^ et qui fut recteur des écoles de Saint-Jacques. 
Son entrée dans Tordre de S. Dominique eut lieu vers 1225. Elle 
est racontée en abrégé, mais de la môme façon, ci-dessus, u9 63. 
Échard a reproduit plusieurs textes concernant œ religieux et tirés 
de Thomas de Gantimpré ou d'anciennes vies des Frères Prê- 
cheurs (1, 113). 

3. F« 342, 342 v«. 



DU DON DE mCMtGE. ^3 

audiens quod humana miseria poterat ad hoc devenire, 
ingemuit intra se humiliatus. Item dicitur quod episoo- 
pus Odo ParisiensîsS cum oomederet, despicabiliores 
pauperes faciebat ante se poni, alios hinc et inde, et, 
cum quereretur quare hoc faciebat, dicebat quod hoc 
eum docuerat miles Dobilissimus. . . 

S64 . Àd hoc facit peccatonuii nostrorum gravitas. . . 
Âudivi quod, cum quedam parvula puella pontem quem- 
dam transiret et ventus vehemens flaret, timens ne 
per eum in aquam deiceretur et submergeretur, lapi- 
dem grossum superposuit humero, qui suo pondère 
contra ventum eam retineret ; quod videns senex qui- 
dam et audiens causam ab ea, stupuit damans : < Modo 
venarunt temp^H^a quod pueri docent senes ! » Sic nos 
contra ventum superbie habemus magnum repressi- 
vum, pondéra peccatorum nostrorum'. 

De vana gloria. 

265. Dissuadet vanam gloriam pena futura, que ei 
debetur in purgatorio pro venieli, vel in inferno pro 
mortali culpa. Legi in libro quodam exemplorum quod 
magister Hugo de Sancto Yictore' post mortem suam 
apparuit cuidam sancto viro graviter afOictus, petens 
sufi&^agia ejus et bonorum ; cum autem ille causam 
affliccionis quereret, respondit cpiod propter zene^ 
doxiam^ et post disparuit. Cum autem ille quereret 
sensum verbi quod responderat, invenit illud grece 
significare vanam gloriam... 

1. Eudes de Sully, évoque de Paris de 1197 à 1208. 

2. Fo 343. 

3. Hugues, religieux de Saint- Victor de Paris, mort en 1140. 



%%i éhennb db BOURBœi. 

266. Similis est vanegloriosus fatuo saltanti ad 
saim ; cum autem aperit os, subtrahitur et dîI capit. 
Item similis est cani de quo dicitur [quod], cum porta- 
ret casewn, transiens super pontem, videns umbram 
ejus in aqua, credidit ibi esse alium caseum ; et volens 
habere utnimque, dimisso caseo quem portabat, et 
descendens ad umbram ejus, amisit utrumque. Sic 
qui vanam querunt gloriam, vel in oradone, vel predî- 
caciooe, vel in aliis, amittunt veram similiter et 
vanam, que statim transita 

267. Similis est [vana gloria] umbre humane, que 
sequentem se fugit et fugientem sequitur. Audivi quod 
quidam fatuus, respiciens umbram suam similem sibi, 
ferentem baculum super humerum suum ut ipse ad 
pugnandum, credidit quod esset alius qui contra se 
vellet pugnare ; quem cum sequeretur et umbra fiige- 
ret, projecta clava sua, umbram suam manibus appre- 
hendere voluit et amplecti, nec valuit capere. 

268. Audivi a fratre Mattheo, priore Fratrum Pre- 
dicatorum Parisius % quod quidam clericus cujusdam 
ecclesie prebendatus sompniavit quod existeret in emi- 
nencia cujusdam monticuli, et quod plebs tocius dyo- 
cesis esset congregata ante eum, et quod ipse indutus 
capa serica, cum deberent recedere, signaret eos ; quod 
cum narraret nutrici sue, interpretata est eum fîiturum 
episcopum ecclesie sue. Gui cum ille fidem adhiberet, 
incepit esse parcus et avarus, [et] pecunias congregare, 
ut haberet unde posset vel promocionem suam juvare, 

4. Fo 346 y«. Cf. Jacques de Vitry (F 18), Phèdre (I, 4), Lafon- 
toine (VI, 17). 

2. Mathieu de France, compagnon de S. Dominique et premier 
prieur de la maison de Saint-Jacques. (V. Écliard, I, 92.) 



DU DON DE FORGE. 225 

vel defendere electionem vel jus sui episcopatus, quod 
ex ipso sompnio jam putabat sibi deberi. Gum autem 
canoDici illius ecclesie mitterent questores ad fabricam 
illius ecclesie reparandam, cogitantes quod ille prop- 
ter parcitatem suam melius adquisita servaret, mise- 
runt cum questoribus eum, cum reliquiis quibusdam 
et cum brachio argenteo cujusdam sancti. Gum autem 
populus multus dyocesis illius convenisset ad locum 
de quo sompniaverat, et, facta questa, exhibuisset eis 
reliquias, cum capa serica indutus, ad dictum questo- 
rum et populi surrexit, signans populum cum brachio 
dicto ; quod cum faceret et adverteret sompnium suum 
esse completum in hoc, advertens circumstancias 
sompnii, projecit dictum brachium, videns se esse 
frustratum a spe sua. 

269. Item, cum quidam archidiaconus audivisset 
quemdam predicantem quod qui sequuntur dignitates 
non assequuntur, quia ad modum umbre fugiunt, sed 
pocius fugientes honorem assequuntur sepe, cum ipse 
aspirasset ad quamdam dignitatem, cum vacaret, et 
fingeret se non curare, ut per istam viam assequeretur 
eam, et alius aliam obtinuisset, improperavit predica- 
tori predicto, quod ei abstulerat dictam dignitatem 
verbo suo. Gui respondit ille quod sic non fugiebat, sed, 
ut cicius caperet, fugam fingebat^ 

270. Galcant alios hic [vanigloriosi] , et dyabolus cal- 
cabit eos in futuro, cum calcant homines quos con- 
tempnunt et vilipendunt et bona eorum, que vani- 
gloriosi quantum possunt deprimunt, ut sua plus 
appareant; in futuro autem calcabuntur ab eis... Au- 

i. Fû 347. Cf. le n« 408. 

15 



2S6 ETIENNE PE BOURBON. 

divi quod, cum quedam mulier dioreas duoeret^ qui- 
dam sanctus vidit demonem super caput ejus saltantem, 
et ad saltum ejus caput dicte mulieris circumvoli^ et 
agitari in dancia dy aboli... 

271 . Est prona presumere de se et supra se. Hoc 
eciam vicium presumit invadere meliores in Ecclesia 
et sandJores, loca sacra et officia sacra, ut predicado- 
nem, oracionem, etc... Item audivi quod, cum cuidam 
ancille dedisset domina sua lac dominicale, et ipsa por- 
taret illud super caput suum ad vendendum ad urbem , 
cum iret juxta fossatum, incepit cogitare quod de pre- 
cio lactis emeret gallinam, que faceret ei pullos multos; 
quod factos gaUinas venderet, et porcellos emeret ; quos 
gnmdes venderet, de quibus faceret oves, et de illis 
boves ; et sic paulatim ditata, contraheret cum quodam 
nobili. Et cum gloriarelur, cogitans cum quanta gloria 
duceretur ad virum illum cum equo, et, quasi si 
pungeret equum calcaribus, pede terram percuteret, 
dicendo equo iof iof lubricatus est pes ejus, et cecidit 
in fossato, et oUa ejus fracta est et lac effusum. Et ita 
amisit totum quod se adepturam sperabat et quod ad- 
quisierat'. 

i. Ce rôle de coryphée consistait simplement à conduire des 
rondes, dans lesquelles Jacques de Vitry donne également une 
place au démon : c Ghorea enim circulus est, cujus centrum est 
diabolus, et omnes veigunt in sinistrum. i (Ms. lat. 17509, f» 146.) 
V. plus loin, n®» 461 et suiv. 

2. Fo 348 y*. Cette heureuse façon d'amener la chute du pot au 
lait est empruntée à Jacques de Vitry, qui raconte ainsi la &ble : 
c Similes [sunt dissipatores] cuidam vetule, que, dum in urceo 
terreo ad forum lac portaret, cepit cogitare in lâa quomodo posset 
fieri dives. Attendons autem quod de suo lacté très obolos habere 
posset, cepit cogitare quod de illis tribus obolis emeret puUum gai- 
line et nutriret, ita quod fieret gallina, ex cujus ovis multos pullos 



DU DON DE rORGE. S9l7 

27%. Sumptus extorquet, quia in vanis rébus multi 
res suas consùmunt, ut milites in tyrociniis, et mulie- 
res et homines in ornamentis vanis, ad pascendum 
oculos lecatoris. Âudivi quod, cum quidam miles mo- 
reretur magnus et nobilis , qui omnia fere bona sua 
consumpseratin vanitate, et maxime dando histrionibus 
et in tyrociniis, advertens et doiens pro vanitate sua, 
rogavit amicos suos ut sibi unum darent obolum. Cum 
autem obolum teneret, ait : c Eoee multum dolere 
possum, qui pro tam vili precio vendidi omnia que ha- 
bebam, scilicet pro laudibus vanis. Onmia enim que 
pro bis lucratus sum darem pro uno tali obolo, qui 
plus valebit mihi, quia pro Deo illud dari precipio. > 
Homo enim de hoc quod facit pro vana gloria non 
habebit plus quam dextrarius mortuus, cujus bonitas, 
cum mortuus est, amissa plangitur et laudatur, cito 
tamen oblivioni traditur'. 



aoquireret; qnibus venditis, emeret porcum; qnonutrito etimpin- 
guato, yenderet illum, ut inde emeret pollam eqttinmn, et tandiu 
nutriret ipsum quod aptus esset ad equitandum. Et cepit intra se 
dicere : Equitabo equum illum, et ducam ad pascua, et dicam ei 
toi iot Cum autem hec cogitaret, cepit movere pedes, et, quasi 
calcaria in pedibuB haberet, cepit talos movere et pre gaudio mani- 
bu8 plaudere ; ita quod motu pedum et plausu manuum urceum 
fregit, et, lacté in terra effuso, in manibus suis uibil invenit; et, 
sicut prius pauper fuerat, ita postea pauperior fuit. > (Ms. lat. 
17509, r 46.) Que Ton mette ces deux versions dans la langue po- 
pulaire, en remplaçant, KX)mme le faisaient les prédicateurs en 
cbaire, le discours indirect par le discours direct, et Ton aura un 
récit animé, valant ceux des meilleurs fabulistes. Cette fable si 
connue est dans Bonaventure des Périers et dans Lafontaine 

(vn, 10). 

i. Fo 349. 



288 ÉTBBNNE DE BOURBON. 

De noeumentia pulcritudinis vane. 

873. De pulcritudine autem notandum. . . quod ood- 
fiuevit Dooere tam ei in que est pulcritudo quam aliîs 
qui eam vident... [Hulieres ornate] suot homidde 
filiorum Dei et fratnim suonim. . . Ânte habent faciem 
nature, rétro artis, scilicet vani omatus et artifidalis 
composicionis, per quam, cum sint ante senes, appa- 
rent rétro juvenes. Âudîvi quod accidit Parisius quod 
quidam burgensis habebat valde vetulam et rugosam 
uxorem, quammultum habebat exosam. Gum autem in 
quodam festo esset multum omata, in quadam prooes- 
sione ambulans, et vir suus eam rétro sequeretur et 
aspiceret, videns crines flavos quasi aureos rétro et 
ejus nobiie omamentum capitis, credidit aliquam spe- 
ciosissimam juvenculam, cujus virum feliœm estimabat, 
qui tanta ejus pulcritudine potiretur ; et precurrens ut, 
eam videns in facie, ejus pulcritudine delectaretur , 
oognoscens eam uxorem suam, confusus coram astan- 
tibus, faciei ejus rugas videns, irrisit dicens : c Estis 
vos-ne ista domina transfîgurata simia? Melius est vos 
sequi quam obviare. Alia estis ante, alia rétro; alia 
obvoluta quam evoluta. Melius valet de vobis serpel- 
laria quam trossellum ^ » 

274. Item taies sunt similes Jano, qui ex una parte 
depingitur habere faciem senis, exalia juvenis. Earum 
capitis omamentum est faciès vinculi coUigati capiUo- 
rum alienorum, vel et mortuorum, obvolutorum auro 



1. « Mieux vaut le sac que le trousseau », c'est-à-dire le conte- 
nant que le contenu. 



DU DON DE FORCE. SS9 

et serioo. Quedam symia, cum esset ad fenestram cu- 
jusdam clerici divitis, et in Ramis Palmamm cum 
videret per viam descendere prooessionem et vetulam 
omatissimam in capite, volens ostendere omnibus 
quod id ornamentum non herebat capiti, subito des- 
oendens per cathenulam per quam ligata erat super 
caput ejus, et rapiens subito crines alienos insitos cum 
ornamento capitis, reascendit per dictam cathenulam, 
omnes ad risum provocans ostendendo de fenestra 
suam predam. Dicta vetula apparuit omnibus turpiter 
decalvata et confiisione plena. Et in illa processione 
credo me interiîiisse. 

275. Item, cum quidam probus clericus, dictus ma- 
gister Stephanus de Gudo\ dimisisset archidyaconatum 
Altissiodorensem et prebendam Parisius pro par- 
rochia de Yermentona', quam accepit ut fructum ibi 
faceret animarum, et singulis dominicis consuevisset vo- 
care parrochianos suos in ecclesia sua, ut eis ibi predi- 
caret et eos symbolum et oracionem dominicam et 
salutacionem béate Virginis edoceret; quedam majo- 
rissa ville, non ferens quod choree et alia mala 
impedirentur , congregatis quibusdam juvenculis , ve- 
nit ad ostium ecclesie choreizare. Yir autem dictus, 
zelo motus, exivit de ecclesia cum populo qui audiebat 
verba ejus; et cum nec verbis posset sedare dictam 
choream , extendens manuni ad caput dicte mulieris, 
péplum ejus rapiens , eam sequti sunt omnes capilli 
et onmia capitis ornamenta. Ipsa autem confusa de hoc 
quod coram onmibus depilata turpiter et quasi sca- 



1. V. ci-dessus, n* 19. 

2. Vermenton (Yonne). 



230 ÉTIEKNB DE BOURBOlf. 

biosa apparebat, volens t^ere saperîora, oorara 
nibus denudavit turpiter inferiora sua, proiciens vestem 
super caput suum; et turpitudo sua versa est ei m 
ooufiisioDem. Sic Dominus in judicio denudabit eas, 
ostendens earum turpitudinein et ooniusiQDttn omm- 
bus. Hoc mihi retulit idem Stephanus ^ 

De vano omatu. 

S76. Meretricius habitus signum est meretricîi ao- 
tus. Sic judicavit histrio, testimonio illarum sic orna- 
tarum. Âudivi quod quidam histrio uotus in quadam 
civitate voluit confundere mulieres iilas que nimis 
meretrice se ornabant, in plateis gregatim post pran- 
dium sedentes. Intravit dvitatem, rusticano se occultaos 
habitu ; quem a longe aliqui sequdbantur, ut audirent 
eum. Et cum musitans staret coram quolibet acenro 
earum, et ipse quid ibi musitaret quererent, responddbat 
quod querebat unam probam mulierem. Responde- 
bant : c Rustice, nonne vides quod ipsa non est hic?» 
Cum sic per singulas et idem fecisset, et ipse idem 
similiter respondissent, remoto rusticano habitu, ivit 
clamando per singulas multum esse plangendum super 
illam civitatem, in qua, testimonio habitus et oris ipsa- 
rum , nec una proba mulier poterat inveniri ; sicut 
enîm habitus monachi monachum facit credere*, et 
habitus canonici canonicum, et novicii novidum, 
militis militem, rustici rusticum, sic et meretricis 
meretricem, levitatis levem'.. 

1. Fo« 349, 350. 

2. L'habit ne fait pas le moine, dit le proverbe français. 

3. F* 351. 



DU DON DE FORCE. 231 

278. Jeronimus : Gontiuneliam fadunt suc creatori, 
que se taies quales create siint esse nolunt... Didt 
magister Jacobus quod, cum episcopus Mauridus Pari- 
siensis factus esset novus episcopus, mater sua pau- 
percula, hoc audiens, venit Parisius, et hospitata est 
in domo cujusdam divitis burgensis, cui revelavit quod 
esset mater episcopi. Qui eam preciosis vestibus exor* 
nans , nobiUter duxit eam ad episcopum dictum , inti- 
mans ei quod esset mater sua. Gui ille : c Istam matrem 
meam non recognosco, quia apparet nobilis, dives et 
juvenis ; satis ego autem scio quod fiii filius cujusdam 
paupercule femine, rusticane et inculte, qui nunquam 
habuit ornamentorum culturam. Iltam, si talem vide- 
rem, bene agnoscerem. > Illa autem coniusa, deposito 
omatu illo et resumpta veste propria, veniens ad 
filium, hoDorifice ab eo est recognita, suscepta et 
tractata^ 

279. Contra ilias que, cum sint vetule, quasi ydola 
se pingunt et ornant, ut videantur esse larvate, ad 
similitudinem iUorum joculatonua qui ferunt fades 
depictas, que dicuntur artificia gallioe', cum quîbus 
ludunt et homines deludunt : ... Magna et singularis 
gloria est hominibus% quod portant ymaginem et 
similitudinem Dei, ad quam creati sunt. Injuriam vi- 
dentur Deo facere, et quasi creatori suo dicere : c Tu 

1. Ce trait de modestie de Maurice de Sally, prêté depuis à 
d'autres prélats, avait été révoqué en doute par Oudin, et d'après 
lui par Daunou {HisL litt.^ XV, 150), sous prétexte que l'ou- 
vrage de Godescalc Hollen, où on Tavait trouvé, ne datait que du 
xv« siècle. On aura désormais le témoignage de deux contempo- 
rains, Etienne de Bourbon et Jacques de Vitry. 

2. C'est-à-dire des masques. 

3. Ms. homini. 



232 ETIENNE DE BOURBON. 

maie me fecisti, ego [bene] me fadam ; tu me pallidam, 
ego rubeam; tu fuscam, ego albam ; tu me vetulaniy ^o 
me fadam juvenculam. . . Âudivi quod quidam histrîo, 
in curia cujusdam potentis, videns intrasse quamdam 
vetulam sic depictam, implevit os suum aqua; et, com 
illa esset inter mulieres, acœssit histrio, et subito, sîcut 
faciunt qui pelles parant, aqua quam in ore gerebat in 
fadem ejus aspersit, qua fluitante^ ejus fades leprosa 
videbatur. 

280. Item, cum quedam consimilis venisset ad coUo- 
quendum cum quodam magno et potente, et ille aocum- 
bens super pulvinar suum yideret ejus faciei picturam, 
volens eam confundere, fecit unum parvum foramen 
inpulvinari, et paulatim cum deprimeretur, plume ^pre- 
diebantur et ipse suaviter eas inflabat ad ejus' fadem ; 
que adherebant picture et inuncture faciei. Que cum 
egrederetur caméra obscura, fades ejus plumis oo- 
operta in conAisionem suam onmibus apparebat ; quas 
cum confiîcando voleret abstei^ere et removere facid 
ejus, magis agglutinabantur et magis pictura senilem 
faciem denudabat, et deformior erat, ad modum ima- 
ginis reparate*. 

281 . Per bec ornamenta tenet dyabolus mulieres 
captas, sicut anceps avem per laqueos. Unde didtur 
quod in Theotonia^ accidit quod, dum quedam mulier 
iret in chorea, fuit per triduum quod non poterat pedes 
removere. Unde, cum coofusa abjecisset ornamenta 
vanitatis ad consilium sacerdotis, exceptis sotularibus 

i. Ms. fulcante. 

2. Mb. et ^us. 

3. F» 352 y. 

4. Ms. Theodonia. 



DU DON DE FORGE. S33 

rostratis quos babebat, amovere se non poterat. Et 
dixit quidam bonus homo quod adhuc dyabolus eam 
per rostra pedum tenebat ; quibus amputatis, inde dya- 
bolus exivit cum sonitu, et tune illa liberata libère 
incedere potuit. 

Faciunt hominem dyaboli servum. Serviunt dyabolo 
de se, id est animabus suis, quas vénales exhibent, et 
eciam aliquando ipsa corpora, propter habenda hec 
vanitatis ornamenta, et de membris suis omnibus, que 
mactant iniquitati et vanitati : pedes afQigunt arctis so- 
tularibus, capita et faciès ablucionibus et aliis vanis 
cultibus, et sic de aliis membris. Vidi ego aliquos de 
multa vanitate conversos ad statum penitencie , qui 
referebant quomodo propter vanitatem jacebant in 
cofîs et duris fiinibus, ut crines capitis crisparent, et 
alia mala multa sustinebant propter vanam gloriam, 
in quibus martyres dyaboli erant^ 

282. Quantitas autem superbi ornamenti excedit 
corporis quantitatem, et per totum corpus se extendit, 
et maxime in ornatu mulierum... Item, [de] candis 
quas domine trahunt post se plusquam per cubitum 
unum, in quibus mirabiliter peccant, quia multo precio 
sibi eas comparant, Ghristum in pauperibus spoliant, 
pulices colligunt, terram operiunt, homines crantes in 
ecclesiis ab oracione impediunl, pulverem conunovent 
et agitant, ecclesias obnubilant, altaria quasi incensant 
et pulvere sacra loca inquinant et deturpant, et super 
ipsas caudas dyabolum portant et quadrigant, dicit 
magister Jacobus quod quidam sanctus, videns dyabo- 
lum ridentem, cum adjuraret eum [ut diceret] cur 

1 . Fo 353. 



234 éhenne de bourbon. 

risisset, ait quod quedam domina talis, cum iret ad 
ecclesiam , quemdam sodum suum quadrigabat super 
caudam suam ; que, cum debebat transire per locmn 
lutosum, elevavit vestimentum, et dyabolus oeddit 
in lutum ; cujus visa deturpacione, provocatus fii^mt 
ad risum^ 

Item nota quod muiieres caudate similes sunt pavo- 
nibus, qui 9 cum caudas suas extendunt, turpitudioem 
suam ostendunt. Bnitis animalibus cauda data est îd 
velamen turpitudinis, et signum est quod turpitudo est 
sub cauda. Minim est quomodo non enibescont fieri 
similes jumentis insipientibus, ut videantur anima- 
lia caudata ; nec suflicit eis honor creacionis, quod est 
quod inter cetera animalia eas Deus fecit sine cauda. 
In hoc caudate contumeliam Deo fadunt , cujus opus 
imperfectum et insufficiens, quantum in ipsis est, 
ostendunt, dum creacioni sue caudas addunt. Item 
nurum est quod non erubescunt esse caudate, cum 
Anglici erubescunt caudati vocari'. Item mirum est 
quod vexiUum serpentis magis volunt portare, a quo 
victe sunt et per quod maledicto subjecte sunt, quam 
béate Yii^nis, cujus vexillum, quo dyabolum vidt et 
Deo placuit et maledictionem mulierum expulit et 
benedictionem adquisivit, fiiit signum humilitatis tam 
in actu quam in habitu. Item non erubescunt per cau- 
dam trahi a dyabolo in infemum ; de quo Apoc. xn b : 
c Draco magnus cum cauda sua trahebat terciam par- 

1. Cf. Jacques de Vitry, fo 140. 

2. V. Ducange, au mot Caudatus, Cette ôpitbète, que le savant 
étymologiste parait assimiler au mot couard, remonte peutrôtre à 
une vieille tradition qui gratifiait d'une queue les premiers habi- 
tants de l'Angleterre. 



DU DON DB PORGK. S35 

tem stellamm », mulienim sdUcet nobilium in eoclesia 
existendum, quia rastîcane mulieres, non habentes 
vestes caudstas, per eas non trahuntur, nec burgen- 
868, sed que dicuntur nobiles. Nobiles ille caudaa tra- 
hunt superfluas, de quarum superfluitate et sumptuo- 
sitafte multi pauperes possent vestiri. Contra bas Mer* 
linu8 in prophecia sua : € Mulieres inoessu serpentes 
fient, et omnis gressus earum superbia replebitur; 
renovabuntur castra Veneris, nec cessabunt sagitte 
Gupidinis^ » 

S83* Lioet autem ulcus superbie, quo percuduntur 
per 8upert)um omatum, per totum corpus [se] exten- 
dat, quotidie crescit', juxta id : c Superbia eorum qui 
te oderunt ascendit semper^. > Quod patet : primo enim 
cum fuerunt homines, sufficiebat eis sua nuditas ; positea 
induti fuerunt de incultispellibus, posteadelanisincolo- 
ratis ovium ; postea processit cura ad cortices silvarum, 
postea herbarum, ut canabi et linî, postea ad stercora 
vermiuni, unde fedt sericum, postea ad succos herba- 
rum et radicum et arborum et ad naturas varias rerum, 
de quibus colores diversos eliceret, et pannos tingeret 
et divernmode coloraret ; postea ipsas materias diver- 
sis coloribus tingens et subtiliter nens, attemptavit 
subtilius texere et diversis figuris depingere, aurum 
attenuare et intexere vestibus et pannis et aurifrigiis, 
et ipsa intexere et inserere lapidibus preciosis ; et se- 
cundum quod de die in diem crescit artis et adinven- 
cionis novitas, crescit ornamentorum vanitas et variandi 



1. Fo 354 v«. 

2. Ms. et eotidie crescat, 

3. Psalm. Lzxm, vers. 23. 



236 ETIENNE DE BOURBON. 

vestes diversimode nova subtilités et subtilis cariositas. 
Yanitas autem maxima et reprehensione dignissima 
apparet in oomgiis ferratis, sericatis, argeateis vel 
aureis, vel de preciosis lapidibus însertis ; quas osten- 
dunt reprehensione dignas hujus cujus sunt orûamen- 
tum condicio et humilitas, abusionis immensitas, 
ornamenti preciositas secundum naturam operis, ca- 
riositas facture, sumptuositas ornamenti [et] pondère- 
sitas : vilitas enim renum et ventris, quorum suDt 
ornamentum, que sunt vasa libidinis et putredinis, 
sentina sordium, vasa stercorum, habitacula sordida 
vermium et origo; magna quidem abusio talia vasa 
ligari hujusmodi corngiis, cum trosellis preciosissimis, 
et de vindi et scarleto, et de pannis serioeis et auro, 
[cum] sufBciat ligari vilibus cordis vel sacculos pianos 
auro et argento et lapidibus preciosis, et aromatibus 
suffîciat ligari quibuscumque fimibus, vasis eciam au- 
reis et argenteis dominici corporis çt sanguinis suflB- 
ciat ligari pannis et vinculis. Ipsi dominico corpori 
suffecit in presepio et in sepulcro eisdem ligari et 
involvi, et non sufficit vasi stercorum nisi argento et 
auro ligari . . . Item detestabilis est materie preciositas : 
de materia enim de qua fit una modica corrigia, pos- 
sent aliquando vestiri plures nudi, qui aliquando pro 
illa spoUantur. Gulpabilis eciam videtur esse facture 
curiositas et sumptus : faciunt enim in corrigiis ima- 
gines leonum et draconum et avium et aliarum simi- 
Ûtudinum pictas vel sculptas et fiisas ex argento et 
auro, quorum factura majoris est sumptus et plus 
constat quam ipsa materia aliquando ; et materiam su- 
perbia superat opus artifids, et eos qui bis utuntur 
devorabunt aliquando leones et dracones infernales. . . 



DU DON DE FORGE. 237 

Item reprehensibilis est ponderositas : non enim in 
remissionem omnium peccatorum suorum, si quis hoc 
eis injungeret in penitencia, portarent circa lumbos 
suos tanta pondéra ferri vel plumbi quanta portant 
auri et argenti. 

S8i. Gapitis autem ornamenta sunt maxime in mu- 
lieribus reprehensibUia, in peplis croceatis, cristatis et 
crispatis, et in iaqueis sericeis et coronis, in aurifrigiis 
et palliolis, mira curiositate et superbitate et varietate 
contextis, ex supposicione alienorum capillorum, ex 
culturis et picturis facierum et aliis hujusmodi. . , Magis 
esse sinûles dyabolo quam Deo et angelis eligunt. De 
Ghristo legitur quod unicum caput habuit (i Cor. : 
< Caput Ghristi Deus »), draco autem, id est dyabo- 
lus, septem (Âpoc. xn b, xvn a). Similiter aliquando 
mulier unica multa habet capita, id est multa capitis 
ornamenta : aliud enim habet caput de nocte, aliud de 
die, aliud in ferialibus, aliud in festis ; secundum mu- 
tacionem dierum et festorum mutât capita, id est ca- 
pitis ornamenta; aliud in domo caput habet, aliud 
extra, aliud inter extraneos. De interiori capite pagat 
virum suum ; cum enim est cum solo viro suo, tune 
sufficit ei quod portet détenus ornamentum quod 
habet, licet excuset se de vano et superfluo omatu, 
[cum] arguitur, dicens quod se omat propter virum 
suum. Cum ego aliquando quamdam mulierem ai^ue- 
rem de vanitate et superfluitate ornatus capitis sui, 
cum responderet se hoc faoere propter virum suum, 
qui adhuc emerat ei septem preciosiora capitis orna- 
menta, que habebat in arca sua, quorum neutrum 
accipiebat cum sola ad virum suum solum intrabat in 
cubili suo, sed sufficiebat ei habere in capite mitram 



238 ÉTnamB de bourbon. 

de tdla grossa vel reticulam de filo, depoeitis aliîs Cflqpitis 
ornamentis ; cum autem îret ad curias vel ad alia loct 
ubi alii homines erant, timc accipiebat pro looo et 
tempore alia capitîs ornamenta; ex hoc ego ei iotuK 
quod non ornabat se propter vinim suum, ^ed propter 
diquomm lecatorum oculos pasoendos^ 

285. Perhujusmodi signa vanitatis se vénales osten- 
dunt; siint signa levitatis et lenodnii. Qoando camînus 
uritur, signum est color ruftis ignis qui est vel qui fîiit; 
et hujusmodi vitte croceate signum sunt' quod vigrt 
vel viguit ibi ignis luxurie ; et per bec signa cognoscunt 
homines mulieres levés, et eas impetunt. Audivi 
quod, cum communia cujusdam civitatis iret contra 
castrum quorumdam cum armis, ante domum patris 
sui sedebat quidam puer Rosellus vocatus, quia capillos 
rufos habebat ; et onmes qui transibant, videntes caput 
ejus rufum, salutabant eum expresse nomine Rosdli. 
Qui, intrans domum patris, damabat : < pater! tu 
nescis? tota talis communia cognosdt me. » Gui pata* : 
c Quomodo sois? — Qui omnes salutant me ex no- 
mine. » Gui pater : c Ego &ciam quod non cognos* 
cent te. » Qui rasit ei caput. Gum autem rediret exeiy 
citus, sedit Rosellus in eodem loco ubi prius sederat, et 
nemo salutavit eum, nec cognovit quod Rosellus esset. 
Sic mulieres habentès capita alba non soUicitantur nec 
tanquam fatue impetuntur, sed eas^ omnes transamt, 



1. F»* 354 ^, 355 v«. On peut compléter toas ces cnrieox détails 
sur la toilette des élégantes da ziif« siède au moyen des critiques 
de divers prédicateurs, citées dans la Chaire française au moyen" 
âge, p. 405-410. 

2. Ms. signum est. 

3. Ms. sed eam. 



DU DON DE FORGE. - 239 

quia signiim fatuitatis in eas vel eis non aspiciunt. 

286. Se peocatrices ostendere vel apparere non 
erubescunt. Sicut enim serpentes et draoones, quanto 
sunt rufiores, tanto venenaciores, sic mulieres, quanto 
sunt in capite rufiores, tanto videntur esse interius ve- 
nenaciores^ Fui ego [in quadam villa] ubi nullatalis 
mulier audebat intrare ; saoerdos enim, timens infici 
parrochiam suam hoc veneno, instruxerat pueros ita 
quod, quociens mulier meretricio habitu ornata et 
croceata in parrochia tota apparebat, pueri clamabant 
post eam : c Ëgredere, rosseUe, cum venenosa pelle * ! » 
Et projicientes post hujusmodi vilia, eas fugando expel- 
lebant'. 

287. Debent autem cohibere mulieres ab hac posi- 
ck>ne crinium alienorum vel eorum qui non sunt de 
capite... Audivi vel forsitan vidi quod, cum quidam 
scolares mcurarentur juxta domum cujusdam mulieris 
ornate, que vocabatur Ysabel, cum ipsa intrasset pra- 
tum suum, ubi a nemine credebat se videri, quidam 
scolares viderunt eam, aspicientes per fenestram, caput 
suum, quod forsitan erat depilatum et in parte canutum, 
denudantem, et miiltam congeriem capillorum alieno- 
rum ad arborem pendentem, tingentem et ornantem, 
ut suis insereret et capiti suo componeret. Qui, cum 
hoc vidèrent, alios convocaverunt ad spectaculum 

1. Ms. venaciores, les deax fois. 

2. Ces mots sont la reproduction de qnelqae refrain populaire, 
comme : a Va-t'en, rousseau, — Avec ta vénéneuse peau. » 
Autrement les gamins eussent dit rossella. 

3. Fo 355 y^. Tout ce passage doit s'appliquer, non-seulement 
au fard du visage, mais aussi à l'abus du rouge éclatant dans la 
parure des femmes, spécialement dans leurs couvre-chefs. 



240 ETIENNE DE BOURBON. 

multos, qui eam confiitando clamavenint : c domina 
Ysabel ! ista cauda non est de isto vitulo. » Et sepe, 
cum eam per vicum ambulare vidèrent, idem clama- 
bant ; et factum est quasi proverbium et improperium 
contra fatuas mulieres. Quidam ait : c Istud jumentum 
cauda caret. > Âlius finivit sic : € Or la lient un^. > Ex 
contempcione [peccant iste] ; semper enim contenciose 
agunt contra Dominum, quasi dicant : c domine, tu 
cadere facis capillos meosa capite, faciens eos defluore, 
et ego super caput meum elevabo alienos ; tu fecisti 
mihi caput gracile, et ego capillis alienis illud ingros- 
sabo ; tu dedisti mihi capillos canos, ego faciam mihi 
deauratos; tu raros, ego componam mihi multos, 
etc.* > 

S88. Pena autem multiplex qua puniuntur in pre- 
senti et in futuro deberet retrahere mulieres a nimio 
amore capillature : primo, pena laboris quem habent 
in adquirendo et excolendo, abluendo, pectinando, 
tingendo, ungendo, vermes et lendes et pediculos ibi 
sustinendo. Secunda est timoris amittendi : timent 
enim ne per capillos capiantur, ne eis scindantur, 
comburantur, aut furentur sibi crines alieni. Tercia est 
doloris quo in presenti sepe puniuntur in capite, sen- 
ciendo ibi magnum dolorem; et presumendum est quod 
hoc est propter peccatum quod in capite conmiittunt, 
juxta id Sapiencie : < Per quod peccat quis, per hoc et 
torquetur. » Yidi ego quemdam sanctum virum de quo 
audivi quod Deus per eum multa fecerat miracula; 



4. Autre dicton, qu'il faut peut-ôtre interpréter ainsi : « Cette 
vache a perdu sa queue. — Que ne la lia-t-on ? » 
2. F« 356. 



DU DON DE FORGE. 241 

quem cum rogarent quedam domine qupd oraret pro 
quadam doimcella nobili, et imponeret ei manum, quia 
assidue cruciabatur dolore capitis, dixit ei quod, si 
promitteret ei quod deponeret crocum et ornatum 
nimis vanum et superbum capitis, oraret Dominum 
pro ea, confîdens quod tune et non aliter curaretur, 
quia fréquenter a Domino per capitis superbiam mu- 
lieres flagellabantur. Quod cum illa facère noUet et 
magis ac magis inQrmitas eam urgeret , ad ultimum 
fecit illum vocari, promittens ei quod de cetero nec 
crines alienos nec croceatam vittam in capite porta- 
ret. Qui cum orasset pro ea, statim ab ii]a passione 
capitis est liberata. Et ille fuit quidam frater Domini- 
cus, hyspanus, qui fuit socius beati Dominici in terra 
Âlbigensium, de quo eciam in vita beati Dominici fit 
mencio ^ : et hoc fuit factum apud Sanctum Antonium 
Parisius', circa quamdam domicellam uxoris comitis 
Montisfortis. 

S189. Quartum est gravamen oneris, in portando 
massam alienorum capillorum super caput suum... 
Quintum est horroris, in advertendo aliquando quod 
mortuarum mulierum crines ferunt. Non enim aude- 
rent jacere misère in lecto suo per noctem, si scirent 
ibi manum vel aliquod membrorum alicujus mulieris 
mortue involvi ad caput suum, sine magno horrore : 
quomodo ergo non dimittunt, saltim horrore mortis, 
super capita sua déferre capillos mortuos? Audivi quod 
cum pater Frederici quondam imperatoris intrasset 

i. Ce frère Dominique fîit, suivant quelques auteurs, le premier 
prieur des Dominicains de Ségovie. (V. Ëchard, 1, 16.) 

2. L'abbaye de Saint-Antoine, fondée à Paris pour les conver- 
ties de Foulques de Neuilly. 

16 



248 ETIENNE DE BOURBON. 

lectum, [et] uxor ejus imperatrix vellet iotrare ad 
eum et deposuisset ooram eo ornamentum capitis sui 
cum massa magna capillorum alienorwn, incepit vo- 
care milites et servientes sucs, et in presencia eorum, 
horrens illos capillos quasi morticinum, clamabat quasi 
furibundus : c Gito, cite auferte a caméra mea hoc 
morticinum et in ignem comburite, ut sendatis quo- 
modo est fetidum; nolo habere uxorem mortuam, sed 
vivam^ > 

[De camis nobilitate.] 

290. Quoniam autem de carnis nobilitate muiti tu- 
ment et inaniter gloriantur, quod non est c- < ^^ 
riandum patebit... Cum enim omnes simu.^ ^ « 
gati ex eodem pâtre et matre, Eva et Adan:, k^iau^^:» 
sumus eque nobiles. Non enim propagati sunt alii de 
uno pâtre aureo vel ai^enteo, et alii de alio luteo, alius 
de capîte, alius de calcaneo ; sed onmes de eodem et 
de lumbis ejus exivimus, et per eamdem viam in pro- 
pagacione spirituali ab eodem Ghristi latere, et redempti 
eodem sanguine sumus. Audivi quod quidam mimus 
venit ad regem PhiUppum Prancie, rogans quod sub- 
veniret ei, cum ipse ejus pauper consanguineus esset. 
Cum autem requireret ex qua parte et quo gradu, ail 
quod firater ejus erat ex parte Ade, sed maie erat eis 

1. F» 356 v«. Etienne veut parler du père de Frédéric Barbe- 
rousse, plutôt que du père de Frédéric II, décédé depuis très-peu 
de temps lorsqu'il écrivait. En eflTet, s'il se fût agi de celui-ci, c'est- 
à-dire d'Henri VI d'Allemagne, il lui eût donné aussi la quaUté 
d'empereur; le père de Barberousse était seulement duc de 
Souabe. 



DU DON DE FORGB. 243 

condivisa hereditas, etc. Dixit ei rex quod in crasti- 
num rediret, et eam ei omnium judicio condivideret corn- 
patenter . Cum in mane redisset, vocavit eum coram 
ejus curia, proferens unum obolum ; et dans ei, ajt : 
c Ecce quam bene reddo tibi justam porcionem frater- 
nitatis tue. Cum enim solvero tantum cuilibet de fra- 
tribus et consimilibus meis, non remanebit mihi de 
toto regno tantum ^ » 



1. F* 357. Voici une autre version de la môme anecdote, qui 
nous est fournie par le recueil de Tours (ms. 205, f» 113 v») : 

ff Régi Piiilippo eunti per viam obviavit quidam ribaldus, et petiit 
elemosinam, quia erat cognatus ejus. Ex qua, inquit, parte? Res. 
pondit : De Adam. Da, inquit, ei obolum. Respondit : Non do- 
num regium. Si tantum, inquit, darem cuilibet attingenti mihi de 
génère ex ista parte, nihil mihi remaneret. » 

Ce trait nous montre que Philippe-Auguste était un de ces 
personnages à renommée populaire, et presque légendaires, sur 
le compte desquels la génération venue après eux met volontiers 
tous les traits d'esprit ou les historiettes ayant cours. En iroici 
encore plusieurs preuves curieuses, puisées à la môme source 
manuscrite : 

« Idem [rex] clericos panperes habebat in quadam mensa coram 
se. Et vidons in fine mense unum deponentem caponem, apud se 
vocavit in secreto, interrogans : Quam scientiam auditis ? Ait : 
Theologiam. — Nonne dicitur ibi : Nolite cogitare de crastino? 
Quare ergo deposuisti caponem? Respondit : Quia volebam depo- 
nere soUicitudinem et nolebam cogitare. 

« Idem febricitans sitiebat vinum, quia nolebat sibi ministrare 
physicus sine aqua. Tune ait : Saltem velitis quod primo bibam 
vinum, post aquam. Et concessit. Quo hausto, noluit aquam 
bibere, dicens : Non sitio. 

« Idem, coram abbate quodam de frigore pedum conquérons, au- 
divit ab abbate quod taies fiebant socci in abbatia, quos qui habe- 
bat, non frigus habebat. Rogavit quod mitteret ei; et misit ei 
stramen album bene fricatum. Et deinceps habere noluit taies 
soccos. » (/&td., f» 113 vo.) 

Quelques autres anecdotes relatives au môme prince, et tirées 



844 ÉTIENIŒ DE BOURBON. 

291 . Quidam alius de nobili matre et ignobili |>atre 
obtulit re^* versus ita compositos, quos cum 



encore du manuscrit de Tours, semblent avoir un caractère plus 
historique : 

< Episcopus quidam Gamotensis, a quo petiit rex Philippos, 
qui erat ejus cognatus, primam prebendam quam daret, ei boii- 
gne annuit et concessit. Et cum post Yacasset nec régi satisfecisset, 
increpavit per litteras eum de mendacio, quia primam quam de- 
disset [non habuerat], nec quam daret habebat. Qui respondit se 
veritatem servasse, quia ipsi non dabat sed vendebat. Et ita erat 
in rei yeritate. [Ibid.^ ^ 75 y^.) 

fl Idem, in terra de Gastineù frequentans, vinum de vinea cnjus- 
dam yetule libenter bibebat. Quod vidons ballivus terre, institit 
apud virum pro emenda vinea, nec voluit. Ipso mortuo, institit 
apud mulierem, que renuit. Quadam die, operarios in vineam 
misit, et se a viro émisse dixit, et per potentiam prevaluit. In 
adventu régis, mulier contra eum clamavit. Quod rez audiens, ait 
ballivo quod adduceret testes, et sic clamor mulieris cessaret. Qui- 
bus adductis, vocavit virum ad partem. Scitis, inquit, Pater Nos- 
ter? 8cio, inquit. Modo die mihi. Qui dixit, et emisit spiritum. Et 
alium vocavit. Vere, ait, in verbo régis, socius tuus ita dixit veri- 
tatem, sicut est Pater Noster; recognosce, et liberaberis. Qui ait 
quod ballivus duzerat eos de nocte ad foveam mortui cujus fnerat 
vinea; et, exhumato corpore, ballivus accepit manus ejus, dicens : 
Eigo emo vineam tuam sub testimonio istorum, isto pretio. Et 
posuit pecuniam super pectus, et iterum reportavit, et in terram 
iterum reposuerunt. Tune rex vocavit alium, qui hoc idem reco- 
gnovit. Concordes jurare judicavit, et, penitus veritate recognita, 
ballivum statim suspend! fecit, et vineam restituit mulieri, que in 
morte eam legavit régi. Rex autem in ea capellam edificari fecit 
et dotavit, et cuidam nepotulo suo dédit. (T&td., f^ 112.) 

« Idem [rex Philippus] habebat pauperem clericum qui pedes 
sequebatur capellam suam. Et quadam die, cum vacaretcuraPero- 
nensis, que valet circa quingentas libras, et clerici sui dlfferrent 
ei dicere usque post prandium, quo tempore magis letus erat, ille 
clericus pauper, vidons regem solum in capella, cum surgeret, ait : 
Domine, quoddam beneficium vacat apud Peronam; pro Deo, con- 
feratis mihi. Quod beneficium, inquit, est? Respondit ille : Qui 
habet illud firmat ostia, puisât campanas. Libenter, inquit, habebo 



DU DON DE FORGE « SiS 

rex, quesivit cujuspatris esset fîliusi Ipseautem, sub- 
ticens nomen patris ignobilis, ait se esse nepotem cu- 
jusdam nobilis, faceti et ingeniosi clerici, qui attinebat 
ei ex parte matris. Quod audiens rex, ait, coininotus 
ad risum : c Modo ad memoriam reduco fabuiam muli, 
qui, requisitus quis esset, respondit quod erat crea- 
tura Dei; post, cum de pâtre suo requisitus esset, 
noliiit nominare patrem asinum, sed dextrarium dixit 
avunculum suum. > Post ait rex sociis suis : c Demus 
aliquid isti, quia ab ignobili pâtre non dégénérât ^ » 

29S1. Item quidam, volens vituperare alium, ait : 
c Tu es caput generis tui. » Gui ille : € Et tu es cauda 
generis tui. > Item, cum quidam de nobili génère 
inferior maneret, improperavit cuidam qui de infimo 
génère in probitate sua ascenderat ; et [hic] , cum in 
dignitate transcenderet genus suum, ait : c Gaudeo, 
quia egomet surrexi, tu autem ex te cecidisti, generi 
tuo factus in dedecus, et ego decus. » Item alius phi- 
losophus alii idem obipienti ait : c Grimen quod obicis 
mihi imputandum est [sapiencie?] , tuum tibi impu- 
tandum est ignavie. » Yera autem nobilitas est nobi- 
litas gracie, quam qui vere habet, Dei filius est et 
dedignatur peccare . . . 

293. Item sol dicitur nobilissum sidus, quia radios 

consiiium. Ad quod dericns : Si habetis consilinm, nnnqaam ha- 
bebo. — Et certe noio habere de cetero; tibi ooncedo. Post pran- 
dium accedentibus clericisetpetentibus, respondit se dédisse derico 
tali. Hesponderunt quod non erat aptus ad taie beneûdum, quo- 
niam, inquiunt, valet quingentas libras vel drca. — Venim dixit 
mihi : si haberem consilium, non haberet; sed suum est. Et fuit 
valons homo. » (Ibid.^ ^ 113.) 

i . L'auteur semble attribuer ce trait au même roi que le précé- 
dent, c'est-à-dire à Philippe-Auguste. 






■ Il 



m 



»U DOW DE TORCB. 247 



'^perbiendum 



vS^V'" "* ^QU^^ bona spiritualia gratuita amit- 
ia « ^* d y, dicentes e.dem quod multum 



verbut ^**^«enc2 ':'ê^'^«« *««*«« institi. quod 
..;-..' ^ lUi t^^:V^ omnmo et njeiiiori«m .f J:._ 



^* ambicione. 



" '«nbtcione. 

^"e, „„7 *•• Ce t^ *^« nuit 



corruptili 
et favoris, 




à ÂAain de 
rà (îlaTlëne, 



246 ÉTIENNB DE BOURBON. 

SUCS non cessât communicare, calefaœre et v^etare 
res... Qui autem sunt liberaliores, suntet misenoor- 
diores, vero soli maxime similes, qui non obliviscitur 
miseri nec cessât benefacere. Milites autem nostri tem- 
poris, qui non cessant pauperibus auferre sua, maxime 
rustici sunt. Dicitur quod, cum magister Âlanus lege- 
ret apud Montem-Pessulanum, audientes milites patrie 
famam ejus, convenerunt ad eum, [uno] consensu que- 
rentes ab eo que esset piaxûna curialitas. Qui prolMvit 
eis muitis racionibus quod liberalitas dandi et benefa- 
ciendi ; in quo onmes unanimiter consenserunt. Tune 
ipse quesivit ab eis quod dicerent ei quid esset sununa 
rusticitas. Qui cum non possent consentire in unam 
sentenciam, redierunt ad eum, rogantes ut hoc osten- 
deret eis. Qui ait : c Si omnes consentitis in banc sen- 
tenciam quod dare et benefacere assidue est curialis- 
simum, neccesse est ut consenciatis in banc per 
contrarium, quod auferre et malefacere assidue sit 
rusticissimum, et quod qui pauperibus auferunt sint 
rusticissimi ^ » 



1. F» 358. La rusticité est ici la qualité des rustres, comme la 
courtoisie est celle des gens de cour ou des chevaliers. Cette anec- 
dote, répétée plus loin (n° 426), est un document précieux pour 
l'histoire si obscure d'Alain de Lille, qu'on croyait n'avoir ensei- 
gné qu'à Paris. (V. Hist. litL, XVI, 399.) EUe'détruit l'assertion 
de quelques auteurs, qui lui ont contesté la paternité d'un de ses 
ouvrages (Summa quadripartita contra fueretiœs), par la raison que 
ce traité était dédié à Guillaume, seigneur de Montpellier, avec 
qui Alain n'avait pu être en relations (Lebeuf, Dissert, sur l'hist. 
de Paris ^ t. II, part. 2, p. 301 ; Schmidt, Hist, des Cathares, t. EL, 
p. 234). On trouve le même récit, ou à peu près, dans un recueil 
d'exemples du xiii« siècle conservé à la bibliothèque d*Auxerre 
(ms. 35, f^ 162) et récemment analysé par M. L. Deiisle {Cabinet 
historique, XXIII, 7). 



DU DON DE FORGB. 247 

Quare non est superbiendum de bonis. 

294. De bonis autem spiritualibus aut temporalibus 
non est superbiendum aut gloriandum..., quia cito 
amitti possunt. Immo bona spiritualia gratuita amit- 
tuntur ex eo quod de eis habentes ea inaniter glo- 
riantur... Âudivi de quodam [quod], cum esset 
excellentissimus [predicator] Parisius et exoellen- 
tissime predicasset, cum quidam magnificarent eum 
in sermonibus suis, dicentes eidem quod multufn 
deberet dare gloriam Deo, eo quod non haberet 
in scienda sibi parem , audiens hoc , elatus in animo 
suo et glorians de laudibus humanis , non Deo 
dédit gloriam, sed ait : c Gracias habeat inde cruci- 
bolus^ meus, ad cujus vigilias tantum institi, quod 
ad hanc excelienciam sciencie deveni ! » Post quod 
verbum, ita amisit omnino et memoriam et scien^ 
ciam, et ita tradidit omnia oblivioni, quod nil omnino 
videbatur scire, et quod onmibus eum agnoscentibus 
et videntibus Dei judicium circa eum versum est in 
stuporem et timorem '. 

De ambicione. 

295. Sicut vana gloria provenit ex corruptili 
affectu, scilicet ex aifectu vane laudis et favoris. 



1. Lampe on iamière de nuit 

2. F» 358 v». Ce trait rappelle celai qu'on a prêté à Alain de 
Lille, qui aurait perdu la parole au milieu d'un sermon (Martène, 
Ampliss. Coll., VI, 52; Hist. Hit., XVI, 412). 



248 ETIENNE DE BOURBON. 

sic et ambicio provenit ex affectu oomipto, sci- 
licet ex affectu et appetitu vane excellencie proprie 
vel honoris... A regno celonim excludit. Gum qui- 
dam magnus prelatus quosdam religiosos , quibus 
debebat providere de loco competenti, providisset 
locum altum et aridum et incoinpetentem ad relîgio- 
nem, propter defectum aque et impetum ventorum 
undique comitancium , qui dissipabant ea que ipsi 
edificabant, cum visitasset eos et peteret ab eis aliquod 
verbum edificacionis, ait ille qui eis preerat : c Do- 
mine, non oportet vos rogare Deum ut ipse rétribuât 
vobis in futuro bona que fecistis nobis, quia ipse ea in 
presenti vobis satis retribuit competenter. De tribus 
nobis dedistis largiter, que Dominus satis abundanter 
tribuit omnibus qui in temporalibus dignitatibus con»- 
tituti sunt, scilicet : de visione, quia undequaque longe 
lateque possumus videre et videri; de vento, quia, 
undecunque veniat, satis habemus abundanter, ita 
quod dissipât edificia nostra ; de ariditate, quia, qua- 
cunque divertamus, nos multum sentimus remotos ab 
aqua, et cum multa diflScultate possumus eam ha- 
bere. Sic vos, qui estis in mundi sublimitatibus consti- 
tuti, de istis tribus maximam abundanciam oonsue- 
vistis babere : primo de visione, quia, cum in locis 
vestris estis et longe et late rcspicitis, reficitis oculos 
vestros in istis bonis temporalibus, dum, undecunque 
vos vertatis, videtis vestras dilectas et abundantes 
possessiones, illinc prata, ibi vineta, ibi agros uberes, 
silvas, villas et castra, et aUa desiderabilia anime ves- 
tre ; item undique videmini et estis spectaculum homi- 
num et exemplum; item de vento favoris humani et 
adulacionis sive detractionis, que assidue insufflant 



DU DON DE FORGE. %l^9 

auribus, habeti^ abundanter, que oonsueverunt edi- 
ficia virtutum et bonorum opemm dissipare; et hi 
eciam qui sunt in hujusmodi magnam consueveruot 
habere, ubicunque se vertant, ariditatem et defeetum 
aquarum compunctionis. Unde ex bis videte si bene, 
secundum quod nobis tribuistis in presenti, Deus vobis 
retribuit congruenter\ > 

296. Ambicio atterit et in inferno proicit... Inveni- 
tur de quodam priore Glarevallensi, Gaufrido nomine, 
quod, cum ipse esset electus episcopus Tornacensis, 
cum ab Eugénie papa et beato Bernardo, abbate suc, 
cogeretur onus episcopatus illius accipere , prostravit 
se ad pedes beati Bernardi et clericorum in modum 
crueis, et ait : Monachus fugatus, si me eicitis, esse 
potero; episcopus nec unquam ero. » Gui laboranti in 
extremis quidam monachus aderat, qui multum eum 
dilexerat vice versa, et ait ei : c Adjure te per Deum, 
carissime, quod, si Deus tibi cencesserit, certifiées me 
de statu tue pest mertem. > Qui cum post mortem 
ejus orar^t, prestratus coram altari, apparuit ei dictus 
Gaufridus, dicens quod ipse esset quem adjura verat. 
Gum autem ille quereret quemode esset ei, respendit : 
c Bene, per Dei graciam ; verumptamen revelatum est 
mihi a beata Trinitate quod, si essem de numéro epis- 
coporum, essem de numéro reproberum et dampna- 
torum*. » 



i. F*«359, 362 v°. 

2. Fo 365 v«. Cf. le n» 489. Il s'agit de Geoffroi de Péronne, 
prieur de Glairvaux, sur qui Pierre de Blois raconte à peu près la 
même chose dans sa cent-deuxième lettre. (Y. Hist. Htt.^ XIV, 
426.) Le fait dut se passer à Tune des deux vacances du siège de 
Tournai qui se présentèrent en 1166 et 1171. 



250 ÉTIEmfB DE BOURBON. 

De ypocriH. 

297. Post ambicionem dicendum est de ypocrisi, 
quia hoc vicium procedit ex infectione affectus, ut illud 
ambicionis et vane glorie, et quia ypocrisis ambicio est 
vel affectacio apparencie : ut vana gloria laudis et 
ambicio honoris vani, ita ypocrisis est appetitus appa- 
rencie vane. . . Hoc peccatum maxime elongat a Deo, 
qui est vera lux et ipsa veritas, a qua timet deprehendi 
ypocrisis falsitas. Sunt similes [ypocrite] vespertilio- 
nibus et avibus nocturnis, que lucem odiunt. Item 
audivi quod, cum aves convenirent, venit inter eas 
vespertilio, occultans quatuor pedes, extendens alas, 
et fîngebat se esse de illis, non de quadrupedibus. Cum 
autem animaiia convenirent, veniebat ad congregacio- 
nem eorum, clausas tenens aias et quatuor pedes pre- 
tendens, utostenderet se essedeiliis. Quod advertentes 
tam animaiia quam aves, odiosum eum habentes et 
persequentes, de eorum societate projecerunt^ Sic est 
de ypocritis, qui aliquando, quando sunt cum bonis, 
habitum sanctitatis ostendunt et quasi alas extendunt, 
dum similitudinem sanctitatis et honestatis preten- 
dunt; cum autem in congregacione malorum, cum 
dissolutis et bestialiter viventibus, pedes suos, id est 
bestiales affectus suos dissolûtes pre aliis ostendunt, 
quando pre aliis dissolvuntur , alis onmis honestatis 
suspensis ; et ideo deprehensi merito sunt et d bonis et 
a malis evitandi ; et ideo tanquam aves noctis lumen 

1. Cette fable d'Ésope a été répétée par Phèdre {Appendix^ fab. 
18), RomuIuB (fab. 27), Lafontaine (II, 5), etc. On ]a trouve 
aussi dans le recueil de Jacques de Vitry (f" 111). 






DU DON D£ FORGS. 851 

eternum sustinere non poterunt, nec Dei fadem vide- 
bunt^ 

De inohediencia. 

298. Dissuadet inobedienciam magnum dampnum 
quod homo incuirit per eam : dampnum autem voco 
amissionem plurimorum et maximorum bonorum qui- 
bus homo privatur propter inobedienciam suam... 
Parai, xv a : c Si derelinqueritis Dominum per inobe- 
dienciam, derelinquet vos per sublatam graciam... > 
Similis autem est Dominus illiavi, de quoaudivi quod 
quidam discipulus quesivit a quodam magistro suo 
quomodo Adam potuit ita excecari quod comederet de 
ligno vetito, cum longe meliora essent in Paradiso; et 
cum magister diceret ei : 

« Nitimur in vetitam semper cnpimusque negatum », 

non sufficiebat ei hec solucio , sed eum multum judi- 
cabat infelicem, dicensquod, si fuisset in loco suo, nun- 
quam hoc fecisset. Magister ad hec intravit in cameram 
suam, et aviculam quam habebat posuit inter duas 
scutellas magnas et pulcras; et vocavit eum intra 
cameram, et ostendit ei libros suos et pixides electua- 
riorum bonorum, dicens : c Ego vado ad missam, et 
cogitabo intérim de questione tua ; et si quid melius 
invenero quam solverim, cum venero, tibi renunciabo. 
Intérim spacieris, et expono tibi libros meos et eleo- 
tuaria mea et alia comestibilia ; hoc solum inhibeo tibi, 
quod non removeas illas scutellas, quia aliquod secre- 

1 . F« 366, 367 v<». 



25S ÉTDENNB DE BOURBCHf. 

tum babeo inter eas. » Et sic reoesait. Disdpuius autem 
ille, revolveos libros, cepit cogitare quare inhibuisset ei 
de scutellis, et, aliis-relictis, cepit primo [velle] videra 
et mirari quid intus lateret ; et volens hoc videre, soi- 
tellas aperuity et avicula avolavit ; et tune vidit quod 
vera erat magistri sui solucio, scilicet : c Nitimur in 
vetitum. » Quo redeunte, prevenit eiim, dioens quod 
noo oportebat eum circa questionis sue soluGionem 
laborare, quia ipse experiendo dedicerat priorem 
solucionem veram esse. Hoc audivi a magistro Nidio- 
]ao [de] Flavioiaco, archiepiscopo Bisuntino, in ser- 
mone quodam^ 

S99. [Inobediencia] est contemptus Dei et l^;is 
ejus ; spernit enim jura nature, dum membra nolunt 
obediendo subesse capiti, ut creatura creatori , uxor 
viro, filius patri, subditus prelato, servus domino... 
Per banc contempoit uxor virum, ut Yasti Âssuerum 
(Esth. I g). Unde quidam ait : 

ff Femina, fax Sathane, fetens rosa, dulce venenum, 
Semper prona rei que prohibetur ei. » 

Dixit magister Jacobus [quod], cum quidam jocu- 
lator haberet uxorem que semper erat ei rebellis 
et fadens contrarium hujus quod dicebatur' ei, cogî- 
tavit quomodo se vindicaret de illa. Invitavit multos 
vicinos, ponens mensam in margine cujusdam prateOi 
sui, juxta quod inferius aqua rapidissima et profunda 
currebat, et faciens [eam] sedere super sellam ex illa 



1. F<» 368 v«, 369 v«. Jacques de Vitry cite également un reli- 
gieux qui enferma un rat entre deux plats pour tenter la curio- 
sité d'un de ses frères. (Ms. 17509, f» 15.) 

2. Ms. docebatur. 



DU DON DE FORGE. 253 

parte, invitâtes ab alia secum. Gum autem dictais jocula- 
tor diceret uxori sue quod magis appropinquaret se eis, 
necaderet, quanto plusprecipiebat, tanto magis se elon- 
gabat, usquequo cecidit in aquam. A qua cum râpe- 
retur, joculator currebat ad oppositam partem, eam 
querens. Gum autem diceretur ei quod eam inferius 
quereret, dicebat : c Scitis quod semper contrarium 
fecît hujus quod debuit ; adhuc forte, cum debeat cum 
aqua naturaliter descendere, ipsa sursum ex opposito 
tendit ^ > 

300. Item quidam alius, habens uxorem inobedien- 
tem, finxit se ire ad nundinas ; precepit ei quod cave- 
ret ne aliquo modo digitum suum poneret in foramine 
parietis cujusdam, qui erat in domo. Gum illa secum 
miraretur quare hoc ei inhibuisset, venit ad parietem, 
post quem ille latebat. Gum autem illa fréquenter digi- 
tum in foramine dicti parietis poneret, ille cum gladio 
digitum ejus amputavit; illa, ex sua inobediencia hoc 
reportans incommodum, arguente eam de hoc sepe 
viro suo, melius obedire curavit*. 

301 . Hominem quietum et pacificum et in presenti 
quasi beatum [obediencia] facit; nec de presentibus 
adversitatibus, si insurgant contra eum, conturbatur, 
quia conformât voluntatem suam voluntati Domini, a 
quo hec ad utilitatem fiunt. Audivi quod, cum quedam 



i. Cette anecdote se trouve ci-dessus {d9 244) et dans Jacques 
de Vitry (ms. lat. 17509, f» 136). J'ai déjà signalé l'emploi qu'en 
ont fait Marie de France, Le Pogge et Lafontaine. 

2. F» 371. On retrouye ce trait dans les Cent nouvelles nouvelles 
(éd. Le Roux de Lincy, U, 364) et dans Lafontaine (Contes, II, 
10). Th. Wright a publié un texte à peu près semblable {Latin 
Stories, n® 12). 



y 



254 ÉTnSNNE DE BOURBOIf. 

tempestas attrivisset quamdam parracbiam , eum in 
dominico die oon venissent in ecclesia parrocliiani , mesti 
et afflicti de hoc quod amisisseot bona sua, et oontra 
Deum murmurarent, quidam eorum letus p^rsistebat. 
Domino gracias agendo. Cum aotem alii qnererent ab 
eo quare hoc faceret, ait quod hoc ideo faciebat, quia 
Deum in potestate sua ita redegerat, quod ail faceret 
Deus nisi quod ipse vellet. Cum autem de hoc accusa- 
rent eum apud sacerdotem, quod videbatur beresim 
sapere, reddidit' de hoc racionem sacerdotî, quia 
hoc ideodixerat, quia quicquid Deus volebat, et ipse, 
ita quod nil aliud yolebat nisi quod Deus volebat; 
propter hoc de onmibus factis ejus sic gaudebat, quod 
de nullo turbabatur, et ita ipse nil volebat quod Deus 
nollet, sed cum ipso tanquam cum amicissimo habebat 
idem velle et noUe ; et cum segetes suas videbat attri- 
tas, de hoc gaudebat, sciens quod hoc Deus ad ejus 
utilitatem volebat et faciebat*. 

[De contumaàa.] 

302. Consequenter notandum est de superbia con- 
tumacie, que provenit ex eo quod homo contempsit 
ecclesiasticas sentencias, parvipendens eas incurrere, 
vel, postquamincurrerit, non curansde eisexire; quod 
peccatum valde est Deo contrarium, et homini contu* 
maci valde nocivum, et Ëcclesie valde comiptivum. 
Sic, ut audivi, dicebat quidam pinguis usurarius, qui, 
cum diu stetisset excommunicatus pro contumacia, os* 

1. Mb. quod reckkns. 

2. Fo 372 v«. 



DU DON DE roRGB. 355 

tendebat parrochiaois aliis ventrem crassum et pingues 
gênas suas, derideodo dicens : c Yidete quomodo 
desiocaverunt me maledictiones sacerdotum. > Igno- 
rans miser quod Deus eum impinguasset ut porcum 
ad victimam mortis eterne, et quod securus morti 
proxime et subite esset occiduus ! . . 

303. Sentenciam excommunicacionis docent timere 
et cavere animalia, exemplo et divino miraculo hoc 
agente. Âudivi quod, cum papa Gregorius nonus esset 
ante papatum legatus sedis apostolice in LumbardiaS 
et invenisset in quadam civitate quosdam majores 
compugnantes, qui processum ejus impediebant, cum 
altéra pars staret ad arbitrium ejus de pace refor- 
manda, et altéra nollet contumax consentirez cum ex- 
communicassetcapitaneumillius dissensionis, quisolus 
pacem impediebat, et iile excommunicacionem con- 
tempneret, ciconie multe, que nidificaverant super 
turres et caminos domus ejus, a domo ejus recesse- 
runt, et nidos suos transtulerunt ad domum alterius 
capitanei dicte guerre, qui paratus erat stare mandate 
dicti legati; quod videns ille contumax, humiliavit cor 
suum ad absolucionem procurandam et ad voluntatem 
dicti legati faciendam. Quo absoluto, dicte ciconie 
nidos suos super domum suam reportarunt. 

304. Item audivi quod in ecclesia Sancti Yincencii 
Matisconensis', in qua ego puer pluribus annis fui 
conversatus, multi passeres solebant intrare et eccle- 

i. Le nom de Grégoire IX, pape de 1227 à 1241, était populaire 
chez les Frères Prêcheurs, auxquels il avait accordé des bulles 
très-favorables. 

2. Ms. Maticensis. Saint- Vincent est l'ancienne église cathédrale 
de Màcon, aujourd'hui démolie. 



2«56 ETIENNE DE BOURBON. 

siam fedare et officium impedire. Gum autem dod 
possent excludi, episcopus illius lod, Landericus Do- 
mines eas excommunicavit, mortem comminans si 
eoclesiam ulterius intrarent; que, ab ecdesia reoedentes, 
nunquam postea eamdem ecclesiam intraveruot. Ego 
autem vidi multitudinem earum circa eoclesiam DÎdî- 
ficantes, et super dictam ecclesiam volantes et manen- 
tes ; nuUam autem earum vidi in dicta ecclesîa. Est 
eciam ibi communis opinio quod, si aliquis [uoam] 
capiat et eam in dicta ecclesîa violenter intromitlat, 
quam dto intromittitur, moritur. 

305. Item audivi a pluribus fratribus nostris €|Uod, 
cum quidam episcopus Lausanensis haberet piscatores 
in lacu, cum quadam nocte misisset eos piscari ad an- 
guillas, proicientes recia sua in lacu, ceperunt serpei>- 
tes cum anguillis. Quidam autem eorum caput deoti- 
bus attrivit, credens anguillas, ne possent exire navi- 
culam ; in mane autem, cum vidisset quod erant ser- 
pentes, ita abhorruit, quod pre abominacione mortuos 
est. Quod audiens episcopus, exconmiunicavit dictas 
anguillas si de cetero in dicto lacu morarentur. Om- 
nibus autem inde recedentibus, postea, ut dicitur, in 
dicto lacu non remanserunt'. 

306. Item audivi a quodam fratre nostro, qui dice- 
batadtumbamsancti de quo referam fuisse, quod apud 
Gaturcensem urbem iîiit quidam episcopus magne 
pulcritudinis et mire sanctitatis, in quem cum quedam 
mulier de majoribus ville inardesceret, nec videret 

1. Landri de Brézé, évoque de M&con de 1074 à 1096. On voit 
que la tradition locale racontée à notre auteur dans son enfance 
remontait déjà assez loin. 

2. L'anguille est, en efifet, très-rare dans le lac Léman. 



DU DON DE FORGE. 257 

I 

quoroodo ei loqui posset de die sine nota sut, in quo- 
dam festo veniens ad matutinas, cuîn alii, qui erant 
regulares canonici, post matutinas recessissent, et ille 
remansisset in oracione, illa, a suis secedens, ad locum 
ubi erat sanctus accedens, prostravit se coram eo, et 
abhorrenti et admiranti dicebat se esse peccatricem, et 
volebat ei loqui de nocte, quia de die non audebat ad 
eum accedere. Gum autem ei compassus crederet eam 
velle confiteri et aurem ei preberet, ipsa incepit eum 
sollicitare, osteridens ei quomodo ejus amore morieba- 
tur. Gum autem vir sanctus hoc respueret et horreret 
quod illa petebat, monens eam ad contrarium, illa, 
scissis vestibus et dissoluto crine, incepit clamare ; et 
eum accessissent qui in ecclesia erant, dixit illa quod 
episcopus volebat eam opprimere, et de hoc conquesta 
est omnibus amicissuis. Episcopus autem, hoc audiens, 
et innocens, et confusus, fugitaddomum suam, et, videns 
quod rumor crebresceret contra eum et multe fovee 
profunde essent juxta Hpam fluminis, qui transibat per 
civitatem, fecit in una fieri occulte ostium et seram ; et 
intus in rupe erat spelunca satis profunda. Et videns 
quod non cessaret infamia, imputans hoc peccatis suis, 
quadam die vocavit quemdam nepotem suum, quem 
nutriverat, et facit ei prestare juramentum quod ejus 
secretum nullo modo revelet usque dum diceret ei, et 
quod sit facturas quod ipse injunxerit ei . Precipit ergo 
ei parari naviculam ; qua parata, quadam die de domô 
sua intrat eam eum dicto nepote suo ; venit ad dictam 
speluncam, precipiens nepoti per juramentum suum 
quod ostium claudat post eum et seret, et clavem proi- 
ciat in profundo gurgite, nec aliquid de eo loquatur, 
quousque clavis ostii inveniatur; quod fecit nepos. 

17 



858 ÉTIEIfNB DE BOURBON. 

Gum autem dicbim episoopum quesisseot ubiqœ per 
dimidium annuin, nec aliquos minores audissent dves 
de eo, immo veram credarent infamadonein dictam, 
aubstituerunt ei alium, qui dictum nepotem, industrio- 
sum juvenem, secum habuit de familia sua. Elapsis au- 
tem septem annis, cum dcmûno missus fiiisset ludus 
maximus, siguavit oocus quod in ventre ejus fuisset 
inventa clavis ; quam aocipiens, advertit dictus juvenis 
quod erat clavis spelunce in qua induserat avunculum 
suum. Unde gaudens, retulit domino suo et aliis cano- 
nids quomodo induserat avunculum suum in dicU 
spelunca, et cum qua condicione. 

Gum autem omnes ibi convenirent ut ossa cjus cdli- 
gèrent, invenerunt eum intus vivum et incolum^n. 
Gum autem vocaret nepotem suum proditorem et per- 
jurum, excusavit se nepos, dicens se non commisisse 
perjurium, quia clavis fuerat in lucio inventa. Suocessor 
autem suus reddidit ei pontificalia et omnia. Gum au- 
tem egrederetur, indignatus contra lucium per quem 
proditus fuerat, ait : c Ego, auctoritate qua fiingor, 
precipio vobis, o lucii, ne intretis de cetero in aqua 
bac infra terminos dyocesis mee. > Ex quo nullus 
lucius intravit in aqua illa ^ infra terminos dictos, cum 
sint ibi ex utraque parte aque multe'. 

307 . Item excommunicacio est muscipula vel sageoa 
dy aboli. Âbac. i f : c Totum traxit in sagena sua. » Hec 
sagena , cum unum capit, sepe totam parrochiam îa- 



1. Ma. de qua illa illa, 

2. Fo* 373 yo, 374. Le trait de la clef trouvée dans an poisson et 
de la préservation miracolease de Tévôque se retrouvent dans 1& 
légende de saint Grégoire. 



DU DOn DE FORGE. 259 

vol vit. Audivi quod, cum Gorrardus, apostolice sedis 

legatus, cardinalis et albus monachus\ predicavit in 

Theotonia, vidit quemdam arreptum in quo démon 

loquebatur, qui inter multa alia hoc dixit, quod unum 

erat per quod in ecclesia lucraretur plures, sed non 

diceret illud ; ad ultimum autem, multis compulsus ad- 

juracionibus , dixit quod illud erat excommunicacio , 

per quam, uno capto, aliquando majores parrodiîe vel 

omnes ei communicant, ecclesie sentenciam contemp- 

nentes vel timoré, vel pudore, vel amore, vel contemptu 

clavium. In decretis Galixtus papa : c Nullus oommu- 

nicet excommunicatis in oracione, aut cibo vel potu, 

aut osculo, aut ave dicat eis, quia quicumque in his 

aut aliis prohibitis scienter eis communicaverit, juxta 

apostolorum institucionem, et ipse simili exoommu- 

nicacioni subjacebit. . . » 

308. Item inficit animas et dénigrât maledictione , 
utdyabolica tinctura. Âudivi quod, cum quidam comes 
Tholosanus' fautor esset hereticorum et receptator, 
quidam sanctus abbas fuit missus ad eum commonen- 
dum; qui cum noUet sancto viro adquiescere nec 
excommunicacionem timeret, sciens autem sanctus 
quod cor subversum non eruditur verbis, dixit : c Ut 
autem tu et tui videatis factis quam infecta sit anima 
sentencia excommunicacionis innodata, volo mihi de- 
portari panem album. » Quo sibi delato, accepit eum 
et dixit : c Panis, licet non merueris, tamen, ut in te 
ostendatur veritas fidei nostre et maledictio anime 

1. Gonrard, cardinal-évêque de Porto, qui séjourna chez les 
Frères Prêcheurs de Bologne. (V. Ëchard, I, 29.) 

2. Raymond VI, comte de Toulouse, excommunié après le 
meurtre du légat Pierre de Gastelnau, en 1208. 



260 ÉTIEMNE DE BOURBON. 

excommuDicacioDemnonservaDtis, exoommunioo te. » 
Que dicte, panis, qui inter manus ejus erat candidus, 
subito niger factus est ; qui preœpit illum in duo dividi, 
et similiter interius apparuit niger, mucidus et coiTup- 
tus. Tune subjunxit : c Ut vos eciam sciatis virtutem 
absolucionis »; [et], accepto pane, absolvit eum^ qui 
in priorem speciem et candorem est reversus^ 

309. Anathema tradit Sathane : quam cito enim 
aliquis excommunicatur , Sathane traditur... Item, 
cum quidam frater predicasset in dyocesi Matisconensi, 
cum alii qui erant concubinarii manifeste se promisis- 
sent in sermone accipere' concubinas suas aut dimit- 
tere, quidam, adductus coram dicto fratre et admonitus 
per eum quod quamdam dimitteret, quam suam oon- 
sanguineam ut concubinam tenebat, noiuit eam dimit- 
tere, sed eam volebat accipere, ut dicebat. Cum autem 
episcopus loci mandasset hune excommunicare, et ipse 
contumax a dicto fratre recederet, asserente ei quod 
nullo modo légitime posset eam habere, cum reces- 
sisset contumax cum pâtre suo, G. sacerdote et multis 
aliis parrochianis, cum ipsi in via eum arguèrent et 
ipse de verbis eorum truffaret, subito a dyabolo suf- 
focatus, mortuus cecidit ; quod sacerdos reversus dicto 
fratri sic esse factum asseruit. 

Item in eadem dyocési, in villa Presiaci', similiter 
accidit. Idem de alio de quo supra dictum est, prima 
parte, titulo septimo^ de morte timenda*. 

* 

1. ¥• 374 r». 

2. BouB-entendu in uxores. 

3. Pressy (Saône-et-Loire). 

4. Ms. sexto. V. le n» 51. 

5. Fo 375. 



DU DON DE FORGE. 261 

31 0. MuHi eciam contumaces et diu excommunica- 

cionem sustinentes, divino judicio hoc faciente, sepe 

duris infirmitatibus opprimuntur et afïiciuntur, vel in 

carceribus hostium afOiguntur, et multis calamitatibus 

in presenti, in anima et corpore et rébus, atteruntur. 

Gum predicarem in dyocesi Valencinensi S transivi 

juxta castrum quoddam quod in loco eminenti et forti 

situm erat, et domibus magnis et lapideis edificatum ; 

et credebam ' quod multi erant in eo milites et alii ha- 

bitatores divites; et in circuitu ejus erat terra bona, ut 

videbatur. Et dictum Aiit mihi ab incolis terre illius 

quod nuUus erat omnino in eo habitator. Et cum cau- 

sam quererem, dictum fuit mihi quod quidam dominus 

ejus, qui valde superbus et contumax fuit, stratas 

spolians, cepit quemdam legatum sedis apostolice, 

equos et res alias retinens et personas dimittens. Qui 

super hoc excommunicatus [est], et castrum loci et 

habitatores interdicto suppositî, nec de sua absolu- 

cione procuranda postea curaverunt. Qui sine aliqua 

guerra ad tantam miseriam [devenerunt;], et tota 

progenies illius militis cum ipso, quod in nichilum 

redacti esse dicebantur. . . 

311. Facit [exconmiunicacio] sterilem et inutilem. . . 
Excommunicatus, excisus a corpore Ecclesie, est quasi 
palmes excisus, inutilis et infructuosus. Similis est 
talis ficulnee cuî Dominus maledixit, qui statim aruit 
(Matt. XXI d). Item in historia Karoli^ legitur Karolus 



i . Pour Valenciensi (Valence en Dauphinô). 

2. Mb. credebant, 

3. L'histoire de Gharlemagne ou de Roncevanx, attribuée à 
l'archevêque Turpin et plusieurs fois citée par notre auteur. Le 
chapitre où il est question de ces villes maudites, situées en 



S63 ÉTIENHB DB BOURBON. 

aliquibus maledixisse civitatibus, que in desertum sont 
usque hodie redacte et desolate ab omni habîtatore. 
Item audivi ab aliquibus firatribus nostris quod, am 
Âlaisia duchissa, mater ducis BuipmdîeS emisset vi- 
ridarium pulcrum a quodam sacerdote, cum esseot 
arbores pulcre et terra bona et pinguis, QuUum fruc- 
tum faciebat. Gum autem quereret ab inoolis quid po- 
terat esse in causa, dixerunt ei : quia, cum sacerdos 
in dominicis diebus celebraret missam tempore firuc- 
tuum, juvenes, relicta parrochia, colligebant fructus 
et dissipabant clausuras et arbores ; cum autem sepius 
hoc monuisset eos et nihil proficeret, excomimunicaYit 
viridarium, si de cetero faceret fiructum ; qui ex tuoc 
fructum non ferebat. Dicta duchissa fecit ia plena pai^ 
rochia viridarium absoivi, precipiente ei sacerdote 
dicto ut fructum ferret de cetero assuetum ; quod d 
fecit. Hoc fratres qui hoc retulerunt a dicta dudiissa 
audierunt '. 

31 S. Item, cum predicarem in Belletensi' dyocesi, 
et viderem in quodam loco siWam aridam juxta stag- 
num, cum quererem causam illius ariditatis, dicebant 
incole quod quidam miles vi abstulerat dictam silvam 
personis quibusdam religiosis, quibus eam dederant 
antecessores sui. Gum autem prior hujûs loci non pos- 
set vi aut placito recuperare possessionem ablatam, 
venit ad locum, dicens silve et stagno : < Sicut veram et 
debitam juridictionem in vobis habemus, ita sub inti- 

Ëspagne, manque dans la plupart des éditions. (V. la dissertation 
de M. G. Paris, De pseudo Turpino.) 

1 . Alix de Vergy , femme du duc Eudes UI et mère de Hugaes IV, 
qui régnait à Tépoque où écrivait notre auteur. (Cf. le n» 33.) 

2. F» 375 y^. 

'3. Pour Mlicensi (Belley). 



) 



DU DON DE FORGE. 263 

macione anathematis vobis inhibée oe de cetero fa- 
ciatis fructus vel rea UDde gaudeant qui nos vobis 
injuste spoliaverunt. Et ex tune, ut me recolo audi-* 
visse, dicta silva per plures annos aruerat et stagnum 
pisces non habuerat, ut dicebatur mihi... 

31 3. Morte subita necat et mala et improvisa, sicut 
supra dictum est de traditis dyabolo et suffocatis. Item 
in diocesi Ëduensi, apud Marciniacum S accidit, ut mihi 
retulit archipresbyter loci, probus et peritus in jure, 
quod, cum duo exconununicati pro contumacia Ligerim 
transirent cum tribus aliis, cum nec nauta née alius 
posset navem [impedire] quin aqua deferret eam infe- 
rius precipitem versus quemdam pontem et crederent 
omnes navem atteri, iidem exconununicati dicti, quia 
senes erant, saltaverunt super quedam ligna dicti pontis, 
super que quicunque débiles securi deberent esse; 
alii très qui non erant exconmiunicati, Deo faciente, 
transierunt et evaserunt periculum. Cum autem homi- 
nes loci venirent super pontem, volentes eos inde 
extrahere, dixerunt : € Ad quid inutiliter laboratis? 
Oportet nos hic perire. > Et, hocdicto, ipsimet in aquam 
se projecerunt, et mortui sunt ; corpora autem eorum 
non potuerunt inveniri, nisi post tôt dies quod ftierant 
in exconununicacione morantes... 

314. Excommunicati in igné inferni eternaliter suo- 
cendunt[ur], et a demonibus vorantur et dissipantur. 
Item idem archipresbyter', de quo supra memini, 
dixit mihi hoc in archipresbyteratu suo accidisse, in 
parrochia Sancti Leodegarii^. Cum quedam mulier 

1. Marcigny-aux-Nonnains (Saône-et-Loire). 

2. L'archiprôtre de Marcigny. 

3. Saint-Léger-lës-Paray, non loin de Marcigny. 



264 ÉnENNE DE BOURBON. 

esset excommunicata pro eo quod adherens adaltero 
nolebat redire ad virum, et mortua esset in îlla exocMo- 
municacione et pertinada, in vase ab amicis suis fuit 
super arborem posita : canes autem tocius terre illius 
ibi convenerunt, et arborem ascendere nitebantur , nec 
valebant ; unde corticem arboris dentibus corrodebaot, 
et maximos latratus emittebant. Quod videntes parro- 
chiani, foveam profundam fecerunt, et eam, remotis 
canibus, intus sepelierunt, et magnum hpidem super^ 
posuerunt. Nilominus tamen dicti canes ad locum 
venerunt, et eam exhumaverunt, et membratimla cera- 
verunt et diviseront. 

31 5. Item dixit idem quod quidam miles, in excom- 
municacione mortuus et extra cimiterium positus, cum 
ab amicis procurata fîiisset ejus absolucio, cum vellent 
eum sepelire, invenerunt maximum serpentem qui col- 
lum ejus dngebat et ventrem. Cum autem vellent ser- 
pentem amovere, intravit per os ventrem ejus^. 

[De irreverenday et sacrilegio personali.] 

316. Dicto de contumacia exconununicacionis , di- 
cendum est de irreverencia, que est mater inobediencie 
et filia superbie... Primo dicemus de sacrilegio perso- 
nali, aquo peccato debent nos revocare multa... Sunt 
enim [sacerdotes] medici spirituales, exhibentes un- 
guenta sacrorum et pigmenta documentorum, lumen 
et salutem consiliorum et suffiragia divinorum offido- 
mm et oracionum. Similes sunt freneticis qui eos ledunt, 
qui eis tôt bénéficia conierunt. Audivi quod, cum beatus 

1. P» 376. 



DU DON DE FORGE. 265 

Franciscus iret per Lumbardiam , quidam paccharius 
sive manicheus, cum ingressus fuisset quandam eccle- 
siam ad orandum beatus Franciscus, videns famam 
sanctitatis quam habebat in populo, occurrit ei, et, 
volens per eum populum sibi allicere et fidem subver- 
tere et officium sacerdotale contemptibile reddere, cum 
parrochialis sacerdos esset infamis in parrochia de hoc 
quod concubinam teneret , dîxit dicto sancto : c Ëcce 
estne credendum dictis hujus, et factis ejus aliqua 
reverencia exhibenda, qui concubinam tenet et manus 
habet poUutas, cames meretricis tractando?» Âttendens 
autem vir sanctus heretici maliciam, coram parrochia* 
nis venit ad sacerdotem illum, [et], flectens genua ante 
eum, ait : c Si taies sunt manus illius quales iste dicit, 
nescio ; et si eciam taies essent, scio quod non possunt 
inquinare virtutem et efficaciam divinorum sacramen- 
torum. Sed, quia per manus istas multa bénéficia Dei 
et carismata populo Dei fluunt, istas osculor ob reve- 
renciam eorum que ministrant et cujus auctoritate 
administrant ea. > Et hoc dicens, et flectens genua co- 
ram sacerdote illo, manus ejus osculabatur, confun- 
dens hereticos et eis credentes qui aderant'. 

[De sacfilegio locali.] 

31 7. Ad reverenciam sacrorum locorum debent ho- 
mines movere... Dei sive béate Trinitatis presencia,... 
presencia corporis dominici, quod super omnia post 

1. Fo» 376 V», 377 yo. Ce trait de tolérance de 8. François 
d'Assise est répété plus loin (n» 347). Je ne Tai pas retrouvé dans 
les biographies contemporaines reproduites par les Bollandistes 
(au 4 octobre). 



266 ÉTIBNNB Ml BOURBOEI. 

Deum est venerandum, maxime radone oonjonc^te aibi 
divinitatis. . . Item audivi et legi m^rioe dictatum 
exeii^>lum quoddam quod moltum potest oonfundere 
ingratitudinem et irreverencîam cûrca corpus Ghristi 
Drnnini et locum in quo est. Âudivi enim quod quidam 
rusticus, multum afltectaus ditari, multos habens alveo- 
los apum, cum quereret a quibusdam maleficis quo- 
modo posset ditari et apes multipUcari, dictum fuit ei 
a quodam quod, si in die Pasche sanctam communiooera 
retineret et in aliquo alveolo suo eam poneret, ombes 
apes vicinorum suorum lucraretur, que, dimissis alveo- 
lis suis, ad locum ubi esset corpus Domim conveoireot 
et ibi mellificarent ; quod fedt ille. Tune omnes apes 
ad alveoium ubi erat corpus Ghristi convenerunt, et, pro 
irreverencia sibi facta compacientes quasi, opère suo 
inceperunt construere ecclesiam parvulam, (undameata 
et bases et columpnas erigere, et altare consimili opère, 
et corpus dominicum cum maxima reverenda super 
îUud altare coUocaverunt, et ecclesiolam illam miro 
opère et pulcherrimo perfecerunt infra alveoium illum. 
Vicine apes vero, relictis alveis suis, ad illum convenie- 
bant, et quasdam melodias mirabiles suo modo circa 
illud opificium ooncinebant ad modum hymnorum. 
Rusticus autem hoc audiens mirabatur ; expectans au- 
tem usque ad tempus debitum ad colligendum examen 
et favum, nil inveniens in alveolis suis in quibus apes 
mellificare consueverant, inveniens se depauperatum 
unde credebat se debere fieri divitem^ ivit ad iUud 
ubi communionem posuerat, ubi apes convenisse vide- 
rat. Cum autem apropinquaret, quasi volentes vindi- 

1. Mb. fieri deceptum. 



mi DON DE FOBCE. 267 

care contumeliam Salvatoris, imientes in rasticum, 
aculeos in eum defigebant apes, ita quod vix evasit, 
multumafflictus. Yeniensad sacerdotem, retulit totum 
factum et suum et apum ; qui, de consilio episcopi, col- 
legit parrochiam et venit prooessionaliter ad locum. 
Tune apes, de alveo exeuntes, in sublime se elevaverunt, 
dulcem melodiam facientes ; élevantes autem alveum, 
invenerunt intus nobile opificium illius parve ecclesie 
et corpus dominicum super altare collocatum. Ipsi 
autem gracias referentes, iUam parvulam ecclesiam 
luculentissime et artificiosissime compositam in eccle- 
siam suam intromiserunt, çum laudibus super altare 
coUocantes. Hic possunt multum confundi qui non 
deferunt, sed pocius contumeliam inferunt vel sacro 
Ghristi corpori vei sacro loco ejus^ 

31 8. Debemus venerari loca sacra propter virtutem 
et meritum sacri patroni vel patronorum illius loci, in 
quorum honore ecclesie sunt ditate vel consecrate ; et 
ipsi honorant illos, qui loca sua honorant et visitant, 
defendunt et libérant... Gum civitas Âvi[ni]onensis 
esset obsessa, propter rebellionem et notam heretice 
pravitatis, a béate memorie Ludovico, rege Franco- 
rum, fîlio Philippi régis, et ab exercitu crucesignato- 
rum, quidam sanctus vir, ut audivi, previdit ante hoc 
quod Dominus celestibus exercitibus conquerebatur 
de illa civitate propter infidelitatem et maliciam mul- 
torum habitancium in ea ; et quod acuerent fulmina 
et pararent jacula precipiebat angelis, in conflagracio- 
nem et destructionem civitatis dicte, qui conficissent. 
Videbatur dicto viro quod beata Virgo supra civitatem 

1. Fo 381. 



868 ÉTDCNlfB DE BOURBON. 

se extenderet, oppoDens sepro ea, et dioens quod que- 
dam persone dévote que erant in dicta villa iostabant 
apud eam in eoclesia ipsius, unde ipsa erat patrona, 
vigiliis et oracionibus et lacrimis in ea existentes, et 
ipsam luminaribus multis honorantes, que erant ca- 
tholioe. Hoc autem obtinuit, propter catholicos qui 
ejus ecclesiam honorabant, ne civitas destnieretur, 
licet reddita sit ad voluntatem dicti régis , majoribus 
illius captis et mûris dirutis^ 

319. Qui loca sancta conmiaculant vel violant, vel 
qui eis injuriam faciunt. . . maledicti sunt, quia seoten- 
ciam anathematis incurrunt, que inter penas ecclesias- 
ticas major est... Multi autem magis timent in bursa 
lediy in modica pecunia, quam hoc gladio feriri morti- 
fero anime et corpori, quia in ut roque disperdit et 
eternaliter edit. Audivi quod quidam episcopus Gracio- 
politanus precepit suis sacerdotibus ut, venientes ad 
synodum, honeste cum stolis et albis vel superpelliciis 
ibi venirent; quod ipsi facere contempserunt. Tune 
precepit eis sub pena suspensionis , nec tune edam 
hoc fecerunt ; tune aggravavit manum, dicens in alia 
synodo quod sub pena excommunicacionis venirent ; 
quod cum non fecissent nisi pauci, ait : c Gras veniatis 
ut dixi, sub pena quinque solidorum. > Tune omines, 
ne incurrerent penam dicte pecunie, albas et superpel- 
liciaquesierunt, vel per precium datum, ita quod onmes 
venerunt ut eis fuerat imperatum. Quos de hoc epis- 
copus in synodo arguit et confiitavit , quod magis time- 

1. F« 381 r». La prise d'Avignon par Louis VIII est dn 12 sep- 
tembre 1226. Les fossés de la ville furent comblés, un certain 
nombre de maisons rasées, et deux cents otages livrés au roi. 
(V. Le Nain de Tillemont, Vie de saint Louis, I, 405.) 



DU DON DE FORGE. 269 

rent admissionem modioe pecunie quam anime sue. . . 
320. Notandum quod Dominus loca sancta sepe pu- 
nit, ex eo quod prophanantur, [vel] ex eo quod aliqua 
inhonesta in eis fîunt... Item archiepiscopus Regi- 
naldus Lugdunensis^ aliquando quesivit a me unde 
erat quod loca sacra fulminibus plerumque ferirentur 
et cicius quam loca prophana. Gum ego respondissem 
ei quod nûhi occurrebat, respondit ipse quod expertus 
erat quod ideo loca sancta Deus puniebat, vel concre- 
mando vel alio modo, propter inhonestates que in 
ipsis maie fiunt. Et adjunxit quod de novo visitaverat 
ecclesiam Béate Marie Podiensis» qui locus est valde 
venerabilis et multis divinis miraculis et beneficiis 
illustris et a multis frequentatus, in quo dicitur esse 
et ostenditur calciamentum béate Yirginis et digitus 
quo Johannes Baptista Dominum demonstravit'. Ibi 
etiam, ut audivi, ipsi Sarraceni occidentales' mittunt 
aliquando munera, ut beata Virgo eos liberet a iulgori- 
bus et tempestatibus et agros suos. Ibi, parum ante- 
quam venisset dictus archiepiscopus , fulgur ceciderat 
in ecclesiam, ipsos lapides pavimenti combusserat, 
quod multis fîebat in stuporem. Gum autem inde re- 
diret dictus archiepiscopus, et venisset cum Podiensi 
episcopo ad quemdam locum qui Silva^ vocabatur 

1. Renaud de Forez, archevêque de Lyon de 1193 à 1226. 

2. L'église de Notre-Dame du Puy n'a plus ces reliques, mais 
prétend posséder une partie du crâne de saint Jean-Baptiste, d'après 
une conmiunication de M. l'abbé Alirol, secrétaire de l'évêché, 
datée de 1863, et insérée dans la nouvelle édition de la Vie des 
saints du P. Giry (Vni, 679). 

3. Les Maures d'Espagne, qui imitaient sans doute les chrétiens 
du môme pays. 

^. Sauve-Bénite, abbaye de Bernardines, près du Puy. 



270 éhenne de bourbon. 

monialiuiiiy ad visitandam quamdam sanctimonialem 
quam beata Yirgo curaverat, que fuerat gutta, fistula 
et aliis mo]i>is ita corrosa et perforata, ut int^rîora 
apparerent, visitata a beata Yirgine et curata subito, 
[et] hoc datum fuit ei ut, singulis sabbatis, in extasim 
rapta, multas rediens revelaciones aoeiperet ; cumque 
dicti prelati quesivissent ab ea que esset causa dicte fiil- 
minacionis, ait quod duepersone, adulter et adultéra, 
cum non haberent alium locum ubi sine suspicione 
convenire possent, locum illum peccato suo cootami- 
naverant : ideo Dominus igné illo locum illum voluit 
pui^aré. Et dixit mihi dictus archiepiscopus quod epi»- 
copus Podiensis dictus ei postea dixerat quod invene- 
rat, per utriusque persone confessionem que peccatum 
commiserat, ita verum esse ut dicta sanctimonialis eîs 
dixerat. 

321 . Item audivi [ab] abbate Johanne BellevilleS 
viro sancto, quod in quadam abbacia, quan) ipse mihi 
nominavit, quam exprimere nolo ne eos videar* anno- 
tare maie, accidit quod, cum monachi essent insimul 
congregati in coro suo, tonitruum maximum insonuit, 
et in ecclesia dicta fulgur cadens, comburens pavimen- 
tum et quedam loca, quosdam autem majores mona* 
chos, parvis innocentibus intactis remanentibus, vul- 
neravit ad mortem, per sinum eorum subtiliter intrans, 
et pilos inferiores radens et urens, et loca illa inferiora, 
graviter ledens. Hoc tamen non recolo si aliqui eorum 
mortui ex hoc fuerunt^. 

1. Belleville-sor-Saône, patrie d'Etienne de Boarbon. 

2. Ms. viderai. 

3. F~ 384, 384 v«. 



DU DON DE FORGE. 871 

[De sacrarum festorum violaciane.] 

322. De illa sacrilegii specie que est circa sacrorum 
festomm violacionem, quam grave sit peccatum osten* 
demus, primo per multorum incitamenta ad festa cele- 
brandum, que contrarium per consequens dehortan- 
tur... Gultura festivitatum... libérât a mortis periculo 
et dyabolo. Âudivi quod quidam peccator flagiciosissi- 
mus hoc solum commendabile retinuerat, quod quatuor 
sanctorum festa, ut béate Marie et Nicholai, etc. , devo- 
tissime annis siogulis celebrabat. Gum autem demones 
convenissent ut eum, sicut meruerat, sibi concessum 
propter scelera sua râpèrent et diriperent, cum vellent 
eum rapere et deportare per quatuor orbis partes de- 
mones, eis se opponebat in qualibet parte sanctus unus 
de illis quatuor quorum festa coluerat; et sic eum 
demones ad terram cadere dimiserunt, non valentes 
ex aliqua parte eum déferre*. 

323. Item audivi a nobili muliere quondam domina 
BellijociS cujus sororem Philippus, rex Francie, in 
matrimonium habuerat, eta pluribus aliis, quod, cum 
Rome quidam infirmus esset in domo cujusdam cardi- 
nalis, desperatus a medicis omnibus, languens cum 
jaceret sub divo, ubi se fecerat deportare, exitum suum 
expedans, cum forte solus esset ibi relictus, vidit ante 
se beatum Dionisium, martirem et Francorum primum 
predicatorem, ducentem ante se dictum regem Phi- 
iippum, et querentem ab ipso infirmo quid ibi faceret 

i. F»«386, 386 70. 

2. Le copiste a corrigé à tort Bellovaci. C'est Sybille, sœar d'Isa- 
belle de Hainaut et dame de Beaujeu. (V. ci-dessus, n» 49.) 



1 



87S ÉnENNB DB BOURBCHf. 

jaœns et si eum oognosoeret. Gum autem ille reqxHi- 
disset quodinfinnus erat desperatus a salute oorporis, 
qui mortem expectabat, [ad] alia que ipse ab eo que- 
rebat, unde veniret et quis esset quem secum duce- 
batS dixit beatus Dionisîus : c Ego sum Dionisius ario- 
pagita, qui venio de liberacione anime hujus Philippi, 
qui modo migrait a seculo, quem demones rapiebant, 
secum ad infernum trahere volentes, quem ego ab eis 
eripui; et hune mihi Dominus jussit et aliis sandîs 
reservari ad penam purgatoriam, a qua liberabitur et 
salvus erit, et hoc ideo, quia sanctos honoravit et festo 
eorum, et ecclesias et loca sancta et honoravit et ooo- 
servavit, et religiosas personas. Et nunc sui^e sanus, 
et denuncia hoc domino tuo, qui faciat orari pro eo. » 
Eo dîcto, transierunt ab eo ; et ille statim curatus pre- 
ceptum adimplevit. Dictus autem cardinalis, horam no- 
tans visionis, per litteras et cursorem mandavit hoc in 
Francia, et invenerunt quod eadem hora visionis dicte 
dictus Philippus migraverat*. 

324. Ultimo sunt di versa nocumenta sive pêne qui- 
bus puniuntur qui festa violant. . . Gum ego predicarem 
per diocesim Lugdunensem, et essem in quadam par- 
rochia que vocatur Sanctus Stephanus de Ghalarona', 

i . Ces mots c unde veniret et quis esset quem seeum duceM i 
sont reportés, dans le manuscrit, deux lignes plus haut, après les 
mots f 51 eum agnosceret b ; ce qui produit un contre-sens que j'û 
cru devoir rectifier. 

2. P«* 386 v«, 387. 11 faut remarquer que cette curieuse légende 
sur la mort de Philippe-Auguste est donnée ici comme une tradi- 
tion de famille, recueillie de la houche de la belle-sœur du prince, 
peu d'années après la mort de ce dernier. Elle ne parait pas avoir 
été reproduite ailleurs. 

3. Saint-Étienne de Ghalaronne (Ain), en face de Belleville, 
patrie de Tauteur, de l'autre côté de la Saône. 



DU DON DE FORGE. 273 

que est contra Bellavillain , contra fluvium Ârateri, 
sacerdos illius loci et pairochiani dixerunt quoddam 
miraculum quod ibi acciderat recenter. Gum presbiter 
precepisset parrochianis suis colère festum beati Ste- 
phani patroni sui, revelacionis ejus, quidam homo, cu- 
piditate ductus, gelimas voluit facere de pisis que 
coluerat et messuerat, ut in sequenti die paraciores 
essent ad deducendum ad domum suam. Gum autem 
manum extenderet et pisa colligeret ad hoc faciendum, 
manus ejus ita adhesit pisis, ut eam aperire non posset 
nec pisa dimittere, et oportuit quod sic veniret ad 
ecclesiam dicti sancti, et per totam diem sic mansit in 
illa manu impotencia. Gum autem vigilasset nocte se- 
quenti, et mane cum fletu recognosceret peccatum 
suum, manus ejus, cum orari faceret sacerdos pro eo, 
in suo vigore restituta est, et dicti manipuli pisa de 
manu ejus ceciderunt ante altare dicti sancti... 

325. Notandum quod quidam sunt ita négligentes, 
quod non curant venire ad ecclesiam nec scire sol- 
lempnitates. Magister Jacobus : In quidam villa erat 
quidam antiquus homo qui ex longo usu et affectu pio 
et ingenio sciebat optime festa. Quando autem erat dies 
festi, calciabat caligas rubeas ; quas cum viderant, dice- 
bant : < Nunc feriandum, quia dominus Guocelinus 
vestivit caligas rubeas. » Ita multi sunt ita négligentes, 
quod nesciunt quando Testa sunt, in urbibus, nisi quando 
audiunt magnum sonitum campanarum vel operatoria 
artificium clausa, in rure, nisi quando [non] audiunt 
carrucas arare, vel quando audiunt vel vident taiia fieri ' . 

1. F» 387 v^'. Cet exemple se troave au f» 124 du recueil de Jac- 
ques de Vilry. 

18 



27i ETIENNE DE BOURBON. 

[De pTe9umpwme.\ 

326. Dicte de aliquibus speciebus supeii>ie, de eis 
scilicet que inficiunt maxime humanum affectum et cor- 
rumpunt, dicendum est de illis que maxime exoecant 
intellectum, ut est presumpcio... Contra iilos qui pre- 
sumunt de meritorum sanctitate, . . . audivi quod, cum 
quidam monachi compromisissent in quemdam, qui 
juraverat eis quod de eorum conventu daret eis in 
abbatem quem in eorum conventu crederet meliorem 
et utiliorem, et ipsi jurassent ei quod eum in abbatem 
reciperent, ipse statim se eis nominavit, per juramen- 
tum suum asserens quod non credebat quod posset 
eis provideri de meliori vel utiliori, precipiens eis per 
juramentum suum, quod ei fecerant, ut eum in abbatem 
reciperent et haberent; qui tamen postea ad hoc qui- 
busdam suorum fraudibus et faucionibus receptus, 
abbaciam multum temporaliter et spiritualiter dissi- 
pavit * . 

[De heresi.] 

327. Quoniam autem mater erroris est presump- 
cio, dicendum est de heresi vel errore, que maxime 
offuscat et obnubilât humanum intellectum. De heresi 
autem ista quinque dicere proponimus : primo, per 

i . F^ 388, 390. Ce trait rappelle absolument la légende qui a eu 
cours si longtemps au sujet de l'élection de Maurice de SuUy à 
révéché de Paris, légende qui, outre son invraisemblance, est 
démentie par Tanecdote rapportée ci-après (n» 485). Cf. Hist. litL, 
XV, 149. 



DU DON DE FORGB. 275 

quas persuasiones contra heresim fides catholica vera 
esse monstratur, et heresis confutatur, et fides in cor- 
dibus credencium roboratur ; secundo, quomodo error 
in suis malis effectibus bonis fidei effectibus adversa- 
tur ; tercio, quibus malis condicionibus hereticus a fide 
devians circumvolvatur ; quarto, quibus erroribus he- 
retici nostri temporis, Yaldenses scilicet et Âlbigenses, 
dicti Patareni vel Bulgari, inficiantur; quinto, quibus 
sophismatibus operire se conantur, et quomodo dete- 
gantur . . . . 

Item racio probat et approbat fidem nostram per 
coUacionem ad alias sectas, quando videt scripta 
posicionis et assercionis earum... Multi enim Sarra- 
ceni, conferentes evangelia cum Alcorano, legem 
Mahometi irrisibilem et inconceptibilem naturali ra- 
cione judicantes, ad Deum conversi sunt. Sapiencio- 
res eciam eorum, cum in secreto a nostris confertur 
cumeis, nostram fidem judicant meliorem, et in secreto 
hoc fatentur ; sed in aperto non audent propter mortis 
timorem, quam incurrunt deprehensi, vel propter 
amorem voluptatum, in quibus sunt enutriti, sicut 
audivi ab illis fratribus qui fiierunt inter illos ; et multi 
in secreto baptismum recipiebant. : . 

Item audivi quod quidam fiiit nuper magnus prin- 
ceps in Âlvemia, dictus marchesius de Montefer- 
randoS acutissimi ingenii naturalis et antiquissime 



1. Robert, dauphin d'Auvergne, qui avait épousé une comtesse 
de Montferrand et qui mourut en 1234. Il composa, en effet, des 
poésies provençales, ce qui put le mettre en relation avec des écri- 
vains et d'autres personnages hérétiques du midi. Mais son érudi- 
tion et sa science, constatées ici par un témoignage irrécusable, 
n'ont point laissé d'autres vestiges. Sur son identité et son grand 



276 ETIENNE DE BOURBON. 

etatis, qui, cum crederetur bene sex viginti annoram, 
quia multa fecisset dictamina de regibus et princh 
pibus et statibus diversorum hominum siii tem- 
poris, bene per quadraginta annos posuerat curam 
et diligenciam congregare libres omnium secta- 
rum, quascunque audiebat esse per universum oi^ 
bem, cum multo sumptu ; quos diiigenter legebat et 
legi sibi faciebat. Cum autem esset infirmus infirmitate 
qua mortuus est, fratres quidam nostri visitaveruot 
eum, qui bec mihi dixerunt. Gum autem, inter alia que 
dixerunt ei, hoc auribus ejus ingessissent, quod timor 
habitus esset de eo ne esset hereticus, propter libros 
eorum quos audiverant eum et legisse et audivisse, et 
affinitatem quam habebat terra sua cum terra Albigea- 
sium, respondit : c Yerumest, curiosusfui bene per quar 
draginta annos cum multis sumptibus libros sectanun 
omnium coUigere, et légère et studere in eis, quia vide- 
bam quod, cum plus ibi aspicerem, plus in fide catbo- 
lica roborabar et plus hereses abominabar, videos 
fallaciam tradicionis earum. Et in signum hujus vili- 
pensionis quam habebam ad alias sectas a fide, feci 
fieri scrinium ligneum, quod feci poni sub pedibus 
meis quando sedebam in sede camere mee private, 
quasi non possem ipsas sectas magis vilipendere, oisi 
pedibus meis subessent quando sedeo vile nature oifi- 
cium expleturus : evangelia autem Domini mai in 
multo honore servavi. Ideo autem legi libros sectarum 
diversarum, quia terre mee affines sunt heretici Albi- 
genses, ut mihi ab eorum versuciis scirem cavere, et 



âge^ voyez La Chaire française au moyefi'-ége, p. 360. Cf., ci-après, 
le n» 477. 






DU DON DB FORGE. 277 

eos, si mecum de suis loquerentur erroribus, scirem 
de suis jaculis repercu^ere et eos confutare per suas 
posicioneset asserciones. » Fecit autem dictes hereticos 
libres extrahi de loco dicte, et in eculis suis cemburi. 
Qui, multis annis ante mertem suam, in memeriam 
passienis ejus et fidei, stigmata Domini Jesu in cor- 
pere sue pertaverat. Gum aliis penitenciis quas faciebat 
in memeriam passienis Demini, cum quibusdam clavis 
carnem suam singulis sextis feriis usque ad sanguinis 
effusienem cenfîgebat^ 

328. Prebatur [eciam fides nestra] per inspiracienes 
et revelacienes factas prephetis... Item dicunt magistri 
qued, si aliquispuer, nutritus absque instructienefidei, 
gentilis et sine peccate actuali fuerit, et maxime bap- 
tizatus, et faciat qued in se est, erande et alia bena 
faciende, qued Deminus manifestabit ei fidem saluta- 
rem, sive per inspiracienem internam, ut fecit pre- 
phetis, sive per exterierem revelacienem, ut Daniel... 
Âudivi qued, cum in terra Albigensium, in diecesi 
Âgennensi, esset puer parvus relictus hères a magnis 
parentibus, tradîtus est nutriendus in quadam Gister- 
ciensi abbacia, ne heretici eum cerrumperent. Gum 
autem jam lequi sciret, adultus et aliquantulum pre- 
vèctus, heretici, cupientespervertereeum, dissimulato 
habitu, abbatiam intraverunt, et centra fidem erreres 
sues suadere meliebantur. Gum autem puer, Dee ins- 
pirante, racienabiliter per enmia respenderet, ei dixe- 
runt cenfusi : t Âd minus nen petes dicere quin fatuus 

1. F^ 390 v«, 391. Ëchard, en reproduisant co passage (I, i9i), 
le ponctue différemment, de manière à faire comprendre que le 
vieux patriarche imprimait les stigmates sur son corps à l'aide de 
clous : ce n'est pas là, je crois, la pensée de l'auteur. 



278 ÉTIBNIIB Dfi BCKJRB(»f. 

sis, tu et alii, qui crucem adoratis in qua Deus vest^r 
crucifixus est ; non enim bonus filius es, adorando et 
honorando patibulum in quo pater tuus pependit. » 
Puer autem, non sine divina inspiracione, sic statim 
pondit eis : c Ego, inquit, crucem adoro duplici 
cione ; una est, quia video dominum abbatem et oames 
monachos et omnes episcopos, qui hic veniunt, et 
omnes sapientes hoc facere ; alia, quia non est aliquod 
lignum in mundo vel aliud quod, si tôt bona mihi 
evenissent de eo, et tanta hereditas ut est regman 
celorum, quod non honorarem et adorarem illud. » 
Quod audientes heretici et obstupescentes , confusî 
recesse^unt^ 

329. Sunt similes [heretici] vulpibus Samsonis, de 
quibus [liber] Judicum (xv b) , qui habebant caudas col- 
ligatas et faciès divisas, quia intenciones habent con- 
junctas ad impugnanduni fidem Ecclesie, faciès sen- 
tenciarum et sectarum divisas ; [nam] inter se dissident, 
et contra nos omnes conveniunt. Audivi a quodam, 
qui dicebat mihi se interfuisse et vidisse et audivisse, 
que referam. In Lumbardia, antequam fratres nostri 
ibi predicassent, cum in quadam civitate convenissent 

1. Fo 394. Les Albigeois refusaient non-seulement d'adorer la 
croix, mais même de faire le signe de la croix, conmie il résulte 
d'un passage curieux de Jacques de Yitry sur le même sujet : 
• Memini [quod] quodam tempore, cum in terra que dicttur Albi- 
gensium, coram multis militibus, contra quosdam hereticos dispu- 
taremus, et eos contra nos conclamantes auctoritatibus aperte, ut 
întelligere possent laici, convincere non possemus, quidam ex 
nostris dixit heretico ut se crucis signo signaret. Yulpecula illa, 
volens anfractuose in apparentia ambulare, signum crucis inchoans, 
non perficiebat, licet a principio facere videretur. Quod advertentes 
milites christiani, insurrexerunt in eos, yisibili et manifeste errore 
deprehensos. » (Ms. 17509, (^ 30.) Cf., ci-après, le n» 343. 



DU DON DE FORGE. 379 

di^ersanim heresum heresiarche divisi et adversi, 
convenerunt in quadam ecclesia maxima septem, qui 
dicebantur eonim episcopi, diversarumsectarum, cum 
credentibus suis , ut quilibet racionibus suis astraeret 
sectam suam meliorem et alias reprobaret et improba- 
ret; ubi factum est oommuni consensu quod quilibet 
septem episcoporum per ordinem raciones pro secta 
sua proponeret, et quod contra alias haberet. Tune 
surgens primus, racionibus quibus potuit sectam suam 
probavit, similiter et scripturis, dicens illam esse veram 
et catholicam fidem, sine qua nullus salvari poterat, et 
excommunicavit omnes quicunque aliquid contra iilam 
suam credenciam proponeret vel acceptaret. Quo se- 
dente, surrexit secundus, repetens que primus dixerat, 
et improbavit et reprobavit quantum valuit, asserens 
quod primus proposuerat non esse veram fidem» sed 
sectam perversam et hereticam ; suam autem proposuit 
et quantum valuit astruxit, asserens eam veram fidem, 
quam qui non teneret damnaretur, et excommunicavit 
et hereticum judicavit priorem et credentes suos et 
suam sectam. Quo sedente, surrexit tercius, et idem 
fedt de secta sua, alias et aliorum credentes damnans 
et anathematizans ; et similiter fecerunt alii de suis 
sectis successive. Dictus autem homo qui mihi retulit, 
cum esset homo intelligens, videns eorum dissensiones 
et dissectiones et opposiciones ad invicem, récessif, 
multum, ut asserebat, ex eorum divisione in iide con- 
firmatus [et] coadunatus. 

330. Item, cum, in diocesi Bisumptinensi, in villam 
que dicitur Joinvile super Sogonam^ veniret quidam 

1. Jonvelle, sur la Saône, près Jussey. 



280 ETIENNE DE BOURBON. 

hereticus, transfiguratus ad modum alicujus 
qui mittebatur ad credentes eorum consolandos et 
confirmandos et simplices patrie pervertendos, oum 
major ville esset in pratis suis cum operariis suis, 
cum videret dictum hereticum venientem per viam, 
dinaissis operariis, uesciens quomodo intravisset ista 
suspicio in cor ejus , nisi quod crédit Deum ibi eam 
posuisse , subito clamavit : c Video unum Yaldensem 
hereticum ; accurrite, capiamus eum. » Quem cum ce- 
pissenty post multa ejus verba sophistica, cognoveruut 
quod bene erant octodecim anni quod ab illa terra 
recesserat, causa heresis addiscende. Qui, ut ipse re- 
cognovit nobis, per totum dictum spacium apud 
Mediolanum studuerat in secta hereticorum Yalden- 
sium, firmans novum testamentum corde et multa 
vetefis, per que posset sectam suam defendere et nos- 
tram fidem impugnare et simplices subvertere, similiter 
raciones quascunque poterat. Qui examinatus, post- 
quam per biduum disputatum esset contra eum, et 
probati fuissent scripti articuli errorum suorum, re- 
quisitus recognovit quod bene noveràt apud Mediolanum 
septemdecim sectas a se invioem divisas et adversas, 
quas ipsi eciam de secta sua omnes damnabant, et eas 
mihi nominavit et différencias earum. 

Prima, de qua ipse erat, dicebatur pauperes de Log- 
duno, qui se eciam vocant pauperes spiritu, qui dicuntur 
Valdenses a suo heresiarcha^ ; qui cum aliis erroribus suis 
dampnant omnes terrena possidentes. Item pauperes 
de Lumbardia, qui possessionesrecipiebant, de quorum 
erroribus infra dicemus. Item alii dicti Tortolani, qui 

i. Cf. le no 342. 



DU DON DE FORGE. 281 

semel in anno et in cena solum posse confici dicunt a 
magistro eonim solo perfecto; qui tortellum faciunt, 
de quo ab eo communicantur... Alii dicunt omnes 
bonos viros sacerdotes, non mulieres. Âlii non 
distinguunt in sexu. Âlii communiati dicebantur, 
quia communia omnia dicunt esse debere. Âlii re- 
baptizati, qui rebaptizandos ab Ecclesia esse dicunt. 
Item Ârnaldiste, Speroniste, Leoniste, Gathari, Pate- 
reni, Manichei sive Burgari, a suis inventoribus sic 
dicti^ Si quis autem vult videre de divisione etdiver- 
sitate earum, légat Ysidorum, de Etymologiis^^ et 
inveniet ibi bene sexaginta septem vel octo nomina 
sectarum que jam precesserant tempora hec, de qui- 
bus ibi habetur in decretis, vigesimo quarto capitule, 
questione tercia, in fine'... 

331 . Item audivi a quodam probo viro hoc exem- 
plum ad fidei vere probacionem. Homo quidam dives 
inter alias suas divicias annulum unum preciosum habuit 
in quo erat lapis preciosus inclusus, habens efiicaciam 
contra omnem infirmitatem, ut eam curaret ; qui cum 
uxorem haberet, peperit ei filiam legitimam ; corrupta 
postea uxor dicta a lenonibus, peperit alias plurimas 
de adulteris , que viri sui esse légitime putate sunt. 
Yirum autem non latuit hoc ; qui cum moreretur, con- 
didit testamentum suum, quod annulo suo sigillavit, in 
quo continebatur quod filie sue légitime jure heredi- 



1. Cf. le n<> 344. Sur ces noms de sectes peu connues, voyez 
Schmidt, Hist. des Cathares ou Albigeois, II, 275 et suiv. 

2. Ms. de Estimg. Isidore de Séville, au huitième livre de ses 
Étymologies, traite longuement des sectes hérétiques. 

3. Fo 395. Reproduit par Échard (I, 191), jusqu'aux mots sic 
dicti. 



288 ÉTnerafK db bourbon. 

tario relinquebat annulum, et hereditatem illi tradei»- 
dam cui annuluin suum traderet ; et convocaos filiam, 
dîctum annulum ei tradidit, et mortoos est ; qnod sdeo^ 
tes consimîlesaDDulos alie sibi fieri feoemnt. Gum autem 
coram judice easet apertum testamentutii , qoelibet 
ostendit annulum suum et se esse legitimamdixit. Judex 
autem sapiens annulos dictos examinari feât in virtute 
curarum ; cum autem in aliis nulla virtus inveniretur 
penitus, iUam que habuit annulum virtuosum legitimam 
judicavit, et hereditatem ei paternam habendam adju- 
dicavit, et alias illegitimas reputandas^ 

332. Secundo dicendum est de fidei bonis effectif 
bus... Primus ergo est quia fides vera, que nil hésitât, 
que non dubitat quin possit totum obtinere, confîdens 
de Deoy omnia quecumque postulat impetrat... Item 
audivi a quodam magno quod, cum in quibusdam par^ 
tibus oppressissent gentiles catholicos et sustinerent 
eos vivere sub tributo, cum rector illius terre convo- 
casset épiscopos et sacerdotes, ut de fide racionem 
redderent et nostri confutarent gentiles, et de fide 
racionem reddendo et eorum errorem confutando, 
hoc quesivit dictus judex eorum si dixerat Ghristus : 
c Si habueritis fidem, » etc. (Mat. xxid). Respondenti- 
bus quod sic : c Ei^o, [ait,] vos tali die montem illum 
qui est in terra mea in mare secundum legan vestram 
transferetis, aut lex vestra fiaJsa apparebit, et vos sieut 

1. F» 396 1^. On a ici une forme noavelie de la célèbre parabole 
des Anneaux, qui, traitée par Boccace, a fourni à Leasing le sujet 
de son drame Nathan le Sage. (V. le travail d'Oesterley sur les 
Gesta Romanorum^ n^ 89.) Il fîeiut la rapprocher de l'apologue qu'on 
a lu ci-dessus {n9 6i0), et qui se retrouve dans les Contes tartares 
cités par M. Victor Le Clerc (HisL litt., XXIII, 75), dans les Latin 
stories de Th. Wright (n» 21), etc. 



DU DON DE FORGB. 283 

infidèles capitalem sentenciam sustinebitis. > Gum au- 
tem dies ad hoc esset assignata et iDduxissent catho- 
lici jejunium et oracionem, cum ad diem venirent 
multi clerici et sacerdotes, quesivit causam quidam 
faber catholicus, et audiens eam, martello assumpto, ad 
locum pedis montis ivit, ubi erat assignata, et quesivit 
ab episcopis si hoc diceret Dominus; et ipsis respon- 
dentibus quod sic, ait : c Quomodo ergo vos super 
hoc trepidi dubitatis ?» Et accedens ad montem fide 
securus, ait, montem feriens de martello : c la nomine 
Domini Jesu, qui hoc dixit, precipio tibi ut hinc te 
transferas, o mons, in mari. > Qui statim subito pre- 
oeptum impie vit ^ 

333. Econtra infîdelitas non impetrat quod petit... 
Item audivi quod, cum quidam hereticus fiiisset com- 
bustus, et quidam eorum credens cineres ejus pro reli- 
quiis collegisset, cum quidam aliquantulum paciens in 
oculis, de consilio dicti credentis, qui ei sanitatem 
promittebat, de dicto pulvere in suis oculis posuisset, 
statim omnino excecatus est*. 

1. Marco-Polo raconte la môme histoire d'mi calife de Bagdad 
(éd. Pauthier, p. 52-56). 

2. Fo' 397 V*, 398. Cet exemple a un similaire beaucoup mieux 
raconté dans le ms. de Tours no205 (^ 456 v<>) : f Quidam hereti- 
cus, vidons episcopum christianorum miracula facientem, cecos 
iliuminantem, et dolens quod non dicebatur quod episcopus here- 
ticorum faceret ita miracula sicut alius, finzit cecum per multum 
tempus, discnrrens per civitates et castella, cogitans se tandem ad 
episcopum hereticorum accedere, et tune per eum diceret se videre. 
Qui cum diu sic fecisset et ad illum tandem accederet, lumine 
totaliter est privatus ; et coactus necessitate ad episcopum chris- 
tianorum accedere, et accessit, cujus meritis et precibus visum 
recepit. Item, de mandate episcopi, per que finxerat se cecum dis- 
currit, et fraudem quam intenderat facere et miraculum super se 
factum omnibus publicavit, et in fide fidèles confortavit et infidèles 



284 ÉTDSNNE DE BOURBON. 

334. Yincit eciam fides hostes infernales , quibus 
resistit, et ftigat. Pet. nu : c Gui resistite, fortes in fide. » 
Unde consuetudo fratrum nostrorum est \ uU cum ali- 
quis frater iaborat in extremis moriens, alii, audito 
signo, statim accurrunt, dicentes symbolum ad demones 
fugandos, qui maxime accurrunt et insidiantur in morte. 
Item audivi quod in quodam conventu nostro , [cum] 
quidam frater religiosus laboraret prope finem, dixit 
diquantulum territus fratri qui adsistebat ei, qui hoc 
mihi retulit : c Pro Deo, quid faciunt hic tôt demo- 
nes ? » Gui ait dictus frater ut non turbaretur , quia ad 
transitum sanctorum consueverunt accurrere, sed cou- 
fideret in Domino, et diceret symbolum uterque ; quo 
facto, licet plene exprimere non posset, labiis ejus jam 
se oontrahentibus, urgente morte, ait : c Modo gaudeo, 
quia non prevalebunt mille contra unum, » et aliqua 
alia que frater non poterat intelligere plene ; sed per 
ea dabat intelligere quod ad repeticionem symboli 
demones fugissent compressi. Et, his dictis, incepit 
Dominum laudare ex intimis, et in laude ejus anima 
carne soluta est. 

335. Item novi quemdam fratrem qui, cum intrasset 
ordinem Predicatorum cito postquam venissent dicti 
fratres Parisius in domo sancti Jacobi, in qua moran- 
tur', cum jaceret dictus frater novicius prope lampa- 
dem, in domuncula in qua tune jacebant fratres, 
videbatur sibi vigilare. Apparuit ei dyabolus in simi- 

convertit. » On trouve, du reste, une histoire à peu près semblable 
dans Grégoire de Tours {De glorid Confessorum, ch. !3). 

1. C'est-à-dire dans Tordre de saint Dominique. 

2. Le couvent de la rue Saint-Jacques, dont la construction 
n'était pas encore achevée, parait-il, lorsque se passa le fait en 
question. 



DU DON DE FORGE. Sl85 

litudinem cujusdam maxime simie, ad quantitatem 
hmnani corporis, pilosus totus, et dicebat : c Quid isti 
miseri venerunt hic contra me ooUigati? Gerte ego 
modo vindicabo me de eis, et domum hanc et eos suc 
cendam pariter. » Et, hoc dicto, saltavit ad lampadem, 
i^olens inde ignem accipere. Gum autem dictus frater 
ei prohiberet ex parte Dei omnipotentis ne hoc ageret, 
indignatus contra eum, de loco in quo erat saltavit 
super eum dicens : t Quid tu miser audes hoc dicere, 
qui adhuc recens in peccatis tuis de seculo venisti ^ ? » 
Yolebat ad hec dictum fratrem suffocare, ita eum oppri- 
mens, ut sibi videretur quod mori deberet, nec loqui 
poterat nec respirare ; sed, eum quasi moriens nec pos- 
set se signare nec membrum aliquod movere, in corde 
suo invocavit adjutorium béate Trinitatis, volens dicere : 
€ In nomine Patris » . Quod eum sepe diceret in corde 
nec ultra posset, dimisit cor quod primebat. Gum autem 
iteraret in corde < et Filii » , dimisit os quod primebat, 
etobturabateihalitum, ne posset clamare. Gum autem 
ore alta voce c et Spiritus Sancti » sepe [diceret] , com- 
pulsus omnia membra ejus, [que] quasi gravissimum 
pondus sic oppresserat ut non posset ea movere, [re- 
liquity et] surrexit ab eo, stans prope fratrem dictum 
in eum. Gum autem elevata manu se signaret, dicens : 
€ In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti, » comminans 
recessit ab eo, et sedit in cathedra cujusdam fratris qui 
ibi juxta se die studebat, et, accipiens cartam, multa 
scripsit in ea; postea indignans et discerpens eum 
dentibus cartam suam, quasi subita tempestas fugiens, 
quedam vasa vini que in curia vacua erant ita concussit, 

1. Ms. veniens. 



886 éheniob de bourbon. 

quod videretur ea destruxisse ; quem edam sonitain 
muiti excitati dixerunt se audivisse, sed causam nes- 
cienint hujus^ 

336. Fides confortât. • . Per hanc martyres oonfortati 
îbant ad mortem gaudentes sicut qui vadit ad Dupcias. 
Ëcontra heretici tristes vadunt ad mcurtem. Âudivi 
quod, cum quidam miles catholicus videret oombori 
hereticos, videbat eos semper ad ima respicere cum 
ducerentur ad ignem, ad modum luporum, et tristes 
semper. Cum autem super hoc miraretur, quesivit a 
quodam sapiente quare hoc erat. Ait : c Quia in Dec non 
credunt, faciem sursum non erigunt, nec ad celos oculos 
erigunt, nec de cdestibus aliquam consolacionem su- 
munt nec, in celestibus credunt, nec ad ea tendunt, sed 
ad infernum, ubi eorum est porcio et hereditas cum 
Juda apostata. Econtra sancti martyres,. ut beatus Ste- 
phanus et beatus Laurencius, Yincencius et Martinus', 
in celum aspiciunt, quia post mortem celos sibi aperlos 
credunt'. » 

337. Probat [fides] hominem; in tribuladone pro- 
batur fidelis. . . Item probat eciam aliquando DcHnimis 
fidem per ignem et approbat, heresi reprobata, sicut 
legitur fecisse tempore beati Dominici in terra Âlbigen- 
sium , in qua cum convenissent heretici, disputantes 
contra catholicos coram judicibus conununibus, et 
multa essent verba hinc et inde, de mandato judicis 
quilibet libros scripserunt, inter quos judex preelegit 
raciones beati Dominici ; et cum adhuc vacillarent judi- 

1. PMOO.- 

2. Ms. ut beatus Stephanus in celum aspiciunt, et beatus Laurert" 
dus, Vincencius et Martinus, quia, etc. 

3. Fo 400 v«. 



DU DON DE FORGE. 287 

ces, oonsenserunt ut fieret ignis in médium et proioe- 
rentur in eo duo libelli, ille beati Dominici et alius qui 
videbatur melioribus fultus racionibus ex parte here- 
ticorum, ut ignis probaret que fides melior et oercior 
esset. Gum autem liber beati Dominici proiceretur, 
resiiivit terillesus; liber autem heretici, continuo ut 
injectus est, totus combustus est'. 

338. Fides est firmum et stabile fimdamentum 
Eoclesie, inuno omnium bonorum, per Ghristum, quem 
in edificio substemit... De fortitudine et stabilitate 
fundamenti, audivi quod, cum quidam Judeus propter 
sapiendam et obsequia esset multum familiaris pape 
et Frederici quondam imperatoris', cum monerent 
eum sepe ad conversionem , promittentes ei multa, 
noiuit converti. Tandem per se con versus est ; et cum 
dictus imperator causam quereret, respondit : c Yidens 
quod adversarii fîdei, onmes increduli, et vos ipsi 
christiani laboratis ad fidei subversionem, nec preva- 
letis, cogitans eam esse oertissimam et firmissimam, 
ad eam sum conversus'. » 

339. Hic videndum est quibus qualitatibus malîs 
sive condicionibus sint heretici involuti... Primo ergo 
heretici sunt ceci... Sunt mendaces. Tim. mi a : c Dis- 
cedent quidam a fide, attendentes doctrinis demonio- 
rum, in hy pocrisi loquencium mendacium , » etc. Item 
quidam episcopus in terra Albigensium predicavit cre- 

1. Fo 401. Ce miracle est rapporté par les divers historiens de 
8. Dominique. Il se passa à Fanjeaux, dans la maison de Raimond 
de Durfort, qui fut, en mémoire du fût, convertie en chapelle et 
donnée plus tard aux Frères Prêcheurs, comme l'attestent des 
lettres de Charles le Bel datées de 1325. (V. Script, ord, Prwd,, I, 
6, 27.) 

2. Probablement Frédéric II. 

3. Fo 402. 



288 ÉnEimE de bourdon. 

dentibus hereticonim quod similes erant cuidam m»* 
tico, qui cum simpliciter iret per viam ad forum portans 
agnum, quidam truffatores sic eum ex condicto dece- 
perunt. Precesserunt très diu, ad invicem spacio in via 
distantes ; quartus exspectavit eum, et, cum Iiabuisset 
plura verba cum eo, quesivit in fine quare portaret et 
ubi canem illum. Cum autem ille rusticus diceret quod 
non erat canis, sed agnus, econtra aiius asserebat canem, 
et eum delusum et cecum qui hoc non videret, et in 
foro irridendum. Miratus primo non credidit, [sed] viam 
suam ivit. Postea secundus eum in verbis posuit, et 
idem quod prior dixit, quasi admirando quod [non] 
videret canem esse quod ferebat. Recedens ab eo, ince- 
pit dubitari, timens ne forte verum diceret et se esse 
illusum. Tercius autem postea occurrens, dixit idem 
quod alii ; tune rusticus magis dubitavit. Postea quar- 
tus magis insultavit, diceos quod, si ultra canem illum 
ferret, in foro ab omnibus irrideretur et vilipendere- 
tur. Qui tune omnino credens quod verum dioerent, 
projecit agnum et dimisit et admisit. Sic, ait, fecerunt 
vobis heretici ambulantibus simpliciter per viam ma- 
lorum^ ad forum generalis judicii^. 

340. Modo enim, videntes quod non possunt pre- 
valere racionibus aut disputacionibus, contegunt men- 
dacia verborum duplicitatibus et anfractibus et sophis- 
matibus et operimentis et fugis, ut non appareat eorum 
falsitas, quasi dolus additus mendaciis culpam des- 
trueret, quam auget, et quasi non perjuri sint cum 

1. Mb. morum. 

2. F«* 402 Y*, 403. Ce conte est d'origine indienne ; il se trouye 
dans le Pantdiatantra, dans Kalila et Dimus, et nous a été 
transmis par la littérature arabe. V. Th. Wright, Lutin Stories 
(p. 29 et 222), Bromyard (tit. Servire), Jacques de Vitry (f» 20), etc. 



DU DON DE FORGE. 289 

fallere intendant et cum dolose perjurant. Ut quedam 
heretica, cum jurasset quod non iverat ad terram et 
scolas Albigensium\ cum convicta esset de hoc, excu- 
savit perjurium suum dicens quod non iverat ibi, quia 
navigio delata fiierat. Âlia, cum jurasset super evan- 
gelia et convicta fuisset de perjurio, dicebat quod non 
erat perjura, cum jurasset super missale, quia liber ille, 
ut dicebat, erant non evangelia, sed pelles mortue'. 
Alia, cum filiam suam reddidisset hereticis, de consilio 
eorum finxit se peregrinari ad quemdam sanctum, 
ducens ibi filiam suam, quam receperunt in domo sub- 
terranea ^ ad habitum suum, quo eam vestierunt, red- 
dentes veteres vestes matrî, dicentes : c Âdmodo 
vicinis vestris poteritis asserere filiam vestram de hoc 
seculo transivisse et eam interravisse, que de mundo 
transivit ad nos et in domo subterranea recepta est et 
mundo mortua est. » Que ita fecit. Cum autem sol- 
visset sacerdoti sepulturam quasi pro mortua et ita 
dixisset, cum post septem annos filia redisset de eorum 
consorcio, dolum manifestavit , et ad fidem fuit re- 
versa, matre in infidelitate obstinata et combusta... 

341 . [Heretici] sunt fex et depravati, et ideo nisi 
divino miraculo non possunt redire ad priorem sta- 
tum, ut scoria, que non potest fieri argentum, nec fèces 
vinum. Cum in terra Albigensium obiceret quidam 



1 . Les hérétiques avaient établi dans T Albigeois des écoles gra- 
tuites pour les ûlles. V. Max. Bibl. Pair., XXV, 470, 480. 

2. Ce sont là des exemples de ces réponses équivoques dont notre 
auteur se plaint plus loin (n® 352). 

3. Sur les réunions des Albigeois ou des Vaudois dans les lieux 
souterrains {buskelUr)^ voy. Humbert de Romans, Max. Bibl. Patr.^ 
XXV, 412 et suiv. 

19 



S90 ÉTIEimB DB BOURBOK. 

heretious eathcdioo quod melior erat sua secta quam 
fide9 Romaae eodesie, quîa mtholîci nestri fiebant ali- 
quando beretid, aon heiieticî Mthdici, resfpondît ear 
tholicus quia hoc erat pocius oimie pravitatis et oor- 
ivptele iodiciuin, quia optimum viouin aliquao^ fit 
aoetum^ non e contrario, maxime postquam est mal- 
tum corruptum, et frumentum veitîtur in Miumrt 
zîzaniam, nop e converso. Item angdua luds ùéAJOS 
dyabolus; malma autem angélus ita depravatus est, 
quod, licet appareat, non tam^p potest fiepi boous'. 

34S. Quarto dicendum est de heretids nostri teiD- 
poris, scilicet Valdensibus et Albigensibus, unde OTtum 
habuerunt, et unde et quare et quomodo appellenbir, 
et quibus erroribus involvantur et vere fidei adver- 
sentur'. Waldenses autem dicti sunt a fMÔino bujus 
heresis auctore, qui nominatus fuit Valdensis. Dicunbir 
eciam pauperes de Lugduno , quia ibi inceperant in 
professione paupertatis. Yocant autem se pauperes spi- 
ritu, propter quod Dominus dieit (Matt. v a) : « Beati 
pauperes spirîtu ; » et vere pauperes in spirîtu, aspîn- 
tualibus bonis et a Spirîtu saneto'. Incepit autem ifl> 
secta per hune modum, secundum quod ego [aodîvi] 

i. Foi 403, 403 v«. 

2. J'ai cru devoir joindre aux exemples racontés par ÈiiemB àe 
Bouri)on ce long tableau des hérésies de son temps, parce qu'il y 
donne, sur certains points, des renseignements nouveaux et qu'il 
confirme ou rectifie ceux que Ton avait sur certains autres, et cela 
avec une incontestable autorité, ayant passé vingHûnq ans de sa 
vie dans les fonctions dlnquisitenr. Ce passage a été en partie 
reproduit par Échard (I, 191 et suiv.), ot l'on trouve OansMartèae 
{Anecd., V, 1777 et suiv.) un fragment anonyme sur les héiéBies 
qui en est évidemment tiré. 

3. Cf. le no 330. 



DU DON DE FORGE. 891 

a pluribas qui priores eorum viderunt et a sacerdote 
illo, qui satîs honoratus erat et dives in civitate Lug- 
dunensi et amicus fratrum Dostronim, qui dictus fuit 
Beroardus Ydros; qui, cum esset juvenis et scriptor, 
scripsit dicte Valdensi priores libros pro pecunia in 
romano^ quos ipsi habuerunt, transferente et dictante 
ei quodam granimatico dicto Stephano de Ânsa', qui 
postea, beneficiatus in eoclesia majore Lugdunensi, de 
solario^ domus quam edificabat corruens, morte subita 
vitam finivit; quem ego vidi sepe. Quidam dives rébus 
in dicta urbe, dictus Waldensis, audiens evangelia, 
cum non esset multum litteratus, curiosus intelligere 
quid dicerenty fedt pactum cum dictis sacerdotibus, 
alteri ut transferret ei in vulgari, alteri ut scriberet 
que ille dictaret, quod fecerunt ; similiter multos libros 
Biblie et auctoritates sanctorum multas per titulos 
congregatas, quas sentencias appellabant. Que cum 
dictus civis sepe legeret et cordetenus firmaret, pro- 
posuit servare perfectionem evangelicam ut apostoli 
servaverant; qui, rébus suis onmibus venditis, incon- 
temptum mundi, per lutum pauperibus pecuniam 
suam proidebat, et officium apostolorum usurpavit et 
presumpsit, evangelia et ea que corde retinuerat per 
vicos et plateas predicando , multos homines et mu- 
lieresad idem faciendum ad se convocando, firmans eis 

1 . On sait que les traductions de la Bible, en langue vulgaire, 
avaient été défendues pour éviter Tabus des interprétations trop 
élastiques, et qu'elles furent un des principaux éléments du succès 
des Vaudois auprès des gens simples. Innocent III en blâme encore 
l'usage dans une de ses épitres (II, 432). 

2. Ms. de Rouen de Emsa, d'après Ëchard (I, 192). 

3. Môme ms. Lugdunensi, promotus est in sacerdotem, et de sola- 
rio. {Ibid.) 



292 énENNE DE BOURBON. 

evangelia^ Quos edam per vQlas drciimjaoentes mit- 
tebat ad predicandum, vilissimonim quommcunque 
officiorum. Qui eciam, tam homines quam maliœs, 
idiote et illiterati, per villas discurrentes et domos 
pénétrantes et in plateîs predicantes et edam in eocle- 
siis, ad idem alios provocabant. 

Gum autem ex temeritate sua et ignorancia multos 
errores et scandala circumquaque diffimderent, vocati 
ab archiepiscopo Lugdunensi, qui Johannes vocabatur ', 
prohibuit eis ne intromitterent se de scripturis e:)q>ODen- 
dis vel predicandis. Ipsi autem recurrerunt' ad respon- 
sionem apostolorum (in Âct. v e) ; magister eorum, usur- 
pans Pétri ofBcium, sicut ipse respondit principibus 
sacerdotum, ait : < Obedire oportet magis Deo quam 
hominibus ; > qui preôeperat apostolis : c Predicateevan- 
gelium omni créature (in fine Marci) . » Quasi hoc dixisset 
Dominus eis quoddixerat apostolis, qui tamen predicare 
non presumpserunt usquequo induti virtute ex alto 
fuerunt, usquequo perfectissime et plenissime sciencîa 
perlustrati fuerunt, et donum linguarum omnium sus- 
ceperunt. Hi ergo, Yaldensis videlicet et sui, primo 
ex presumpcione et officii apestolici usurpacione oed- 
derunt in inobedienciam , deinde in contuoiaciam , 
deinde in exconmiunicadonis sentenciam. Post ex- 
pulsi ab illa terra, ad concilium quod iîiit Rome ante 



1. Les orateurs catholiques prêchaient aussi sur les places et 
dans les rues ; mais ce mode d'enseignement devint suspect lors- 
que les hérétiques s'en furent emparés. V. La Chaire française au 
moyen-^e, p. 215. 

2. Jean aux Blanches-Mains, qu'Etienne appelle aux Belles- 
Mains. (V. le n» 342.) 

3. Ms. récurrentes. 



DU DON DE FORGE. 293 

Lateranense ^ Vocati et pertinaces, fuerunt scismatici 
postea judicati. Postea in Provincie terra et Lumbardie 
cum aliis hereticis se admisoentes et errorem eorum 
bibentes et serentes, heretici sunt judicati Ëcclesie 
infestissimi , infectissimi et periculosissimi , ubique 
discurrentes, speciem sanctitatis et fidei pretendentes, 
veritatem autem ejus non habentes, tanto periculo- 
siores quanto occulciores, se sub diversis hominum 
habitibus et artifîciis transfigurantes. Aliquando qui- 
dam maximus inter eos fuit captus, qui secum ferebat 
multorum artifîciorum indida', in que quasi Proteus 
se transfigurabat : si quereretur in una similitudine et 
ei innotesceret , in alia se transmutabat. Aliquando 
ferebat habitum et signacula peregrini, aliquando ba- 
culum penitenciarii et ferramenta ; aliquando se finge- 
bat sutorem, aliquando barbitonsorem , aliquando 
messorem, etc. Alii similiter idem faciunt. Incepit 
autem hoc secta circa annum ab incarnacione Domini 
M G Lxx', sub Johanne dicto BeIesmains^ archiepis- 
copo Lugdunensi^. 

343. Hi sunt autem errores in quibus infecti sunt 
et corrupti et abominabiles in studiis suis , non solum 
in uno fidei articulo aut sacramento, sed in onmibus 
directe vel indirecte, sicut ego cognovi et inveni per 

i . Le quatrième concile de Latran, où fut exposée la doctrine 
de rËglise contre les Vaudois et les Albigeois (1215). 

2. C'est-à-dire des masques ou des déguisements, suivant le 
vocabulaire de l'auteur. (Cf. le n» 279.) 

3. Ms. de Rouen MCLXXI, d'après Échard. Cette leçon est meil- 
leure ; car Jean aux Belles-Mains ne monta pas sur le siège archié- 
piscopal de Lyon avant cette dernière date. 

4. Ms. Bolesmanis. 

5. Reproduit jusqu'ici par Échard (I, 191, 192). 



294 ÉTœnNK de BCMiRBOEV 

I 
I 



militas inquisiciones et oonfemones eomm in jure, tam 
perfectonim qoam credeoeiom , ab ore eanan oons- 
criptas, et per mulios testes eontra eos reœptos. Dicsonl 
enim omne mendadum esse HMHiale peocatiim, et 
juramentum sîmiliter : tamen aliqui ecMiim dicunt, ut 
db eis audivi, timoré mortis, esse eîs qui doo siml 
perfecti lieitum mentiri et jurare ; ipsi et menauntar 
et pejerant, nec credunt Im>c esse peocatom, qoia et 
mendacia sua dolis et sophismatibus vertxmmi exou- 
saot et obumbrant. Item fimdamentum errcnris eomm, 
immo fidei subversio todus est, quia ipsi pommt, ^sicnt 
ego inveoi ex confessiombus fere mmiium perfectonmi 
aliorum, animam primi hominis esse divine substaude 
porcionem et ipsum Dei spiritum, vel de eo esse. 

Gum ego predicarem in civîtateValende, antequamego 
multum scirem de factis eorum et antequam mihi esset 
commissum officium inquisicionis eorum, jam viginti 
quinque annis elapsis, quidam catholicus dùdt m^i 
quod audiverat magistros exponentes id verbum 
(Gen. I :) c Formavit Deus hominem de limo terre et ins- 
piravit, » etc., quod Deus fecit et formavit unam ima- 
ginem humanam de argila moUi, sicut faciunt puerî, 
et posuit eam ad solem, ut ibi siccaretur ; cum aotem 
desiocata fuisset, ubi^ vi soUs facte sunt rimufe, ibi 
fuerunt sanguinis vene; ad ultimum, in faciem ejus 
insufflans, spiritum suum in eo immisit, et sic factus 
est homo in animam viventem ; et ita animas alias , ut 
dicebat, faciebat. Et hoc concedunt fere omnes, quod 
anima cujuslibet boni hominis sit ipse Spiritus Sanctus, 
qui est Deus, et quod non habet bonus homo, quam- 

1. Ms. ibi. 



I^U WM DB FÛUlGi;. 395 

diu talis, aliam animam nisi Spiritual Sanctum, qui est 
Deus ; que peccante, egrediUii*, et subintrat dyabolus, 
sîcot intrasse legitor in oor Jode, de qua dixit Dominos 
quod dyabolus esset ; quod ex evangeKo confirmant , 
ubi dicit Deus : t Non enim vos estis qui Iqquimini, sed 
spiritus patris vestri qui loquitur in vobis » ; et in Matt . i : 
€ Quod in ea natum est de SpiriUi Sancto est, et qui con- 
ceptus est, » etc. Et ipsî miseri animales, spiritum non 
habentes, non intetKgunt quod Spiritus Sanctus loquitur 
in sanctis per inspiracîonem et suggestionem , sicut 
dicitur Johan. xmi d , et quod Ghristus conceptus est 
de operacione non virili, sed Spiritu Sancto iilam con- 
cepcionem opérante, nec attendunt quomodo ex hac 
sua posicione sequrnitm* infinité et patentes abusiones 
et abominaciones et insanie. Etsi enim anima homi- 
nis esset Spiritus Sanctus, esset omnipotens, onmia 
sciens, eterna, intariabilis, immutabilis, ut nec melior 
posset fieri nec pejor, nec dampnari, nec maie velle 
posset vel iacere; quod quînonvidet insanissimum, 
sensu caret. Item ponunt, quod forte ex prima posi- 
cione sequitur , non esse penam purgatoriam nisi in 
presenti, nec suffiragia Ecclesie defunctis proficere, nec 
aliqua que pro eis fiant. Item dicunt omnes bonos esse 
sacerdotes, et tantum posse quemlibet bonum in abso- 
lucione peccatorum sicut nos ponimns papam posse; 
et tamen, si veritatem sue credencie fateantur, ponunt 
solum Dominum posse a peccatis absolvere, et quem- 
libet bonum hominem hoc posse dicunt, quia hoc solus 
Deus operatur per eos, qui habitat in eis, per quem 
onmia possunt ligare et solvere. Absoluciones et 
excommunicaciones Ecclesie contempnunt, quia solus 
Deus est, ut dicunt, qui potest excommunicare. 



296 ÉTIENI9Ë DE BOURBON. 

Item quidam magnus magist w et legatus eonim haiK 
distiDCtionem mihi faciebat : sunt , ut diodbat, quidam 
qui non sunt ordinati a Deo vel ab hominibus, ut nmli 
laici ; alii ab hominibus, ut mali saoerdotes nostri, ^ 
non a Deo ; alii a Deo. etsi non ab hominibus, ut boni 
laici qui servant mandata Dei, qui possunt ligare di 
solvere et consecrare et ordinare , si proférant verba 
Dei ad hoc statuta. Quidam autem, ut dicebat de eîs, 
discemunt in sexu, dicentes quod ordo requirit sexum 
virilem ; alii non faciunt differendam quin mulier, sî 
bona est, possit exercere officium sacerdotis. Yidi 
hereticam, que combusta fuit, que super arcam ad 
modum altaris paratam consecrare se credebat et 
attentabat. Item alii, ut dicebat, ordinati sunt a Deo 
et hominibus, si qui sunt ab hominibus ordinati sacer- 
dotes qui mandata Dei observent, quia peccatores non 
exaudit Deus. Item dicunt malos, qui sunt in peocato, 
non posse ligare et solvere, vel indulgencias dare vel 
peccatorum relaxiones, vel consecrare, vel aliquid taie 
facere quod Deus habeat ratum, vel quod factum quan- 
tum ad Deum valeat, nisi quantum ad appareociam 
hominum ; dérident indulgencias pape et absoluciones 
et ciaves Ecclesie, dedicaciones et consecraciones 
ecclesiarum et altarium vocantes festa lapidum. Item 
dicunt omnem terram equaliter a Deo consecratam et 
benedictam ; cimiteria cbristiana contempnunt eteccle- 
sias. Item dicunt quod peccant onmes judices justî- 
ciam ^ sanguinis exequentes , et homiçidas reputant et 
perditos qui predicant pugnandum contra Sarracenos 
vel Albigenses vel alios homines, nisi contra Albigenses 

i . Ms. judicium judiciam . 



J 



DU I>ON DE FORGE. 297 

et Sarracenos infernales, quos vocant demones. Item 
dicunt quod suffiçit ad salutem soli Deo et non homîni 
confiteriy et quod exteriores penitencie non sunt neo- 
cessarie ad salutem; sed quandocunque penitet qui- 
cunque peccator, quantumcunque magna et multa 
peccata commiserit, si moritur, statim evolat. Item 
spiritus hominis, ex quo bonus est, si moritur, est 
idem quod spiritus Dei et ipse Deus; unde concesse- 
runt eorum multi, credo, innitentes prime posicioni, 
quod non est spiritus in celo nisi spiritus Dei, qui est 
ipse Deus, née alia anima est ibi nisi Deus. Et cum 
queritur ab eis si anima Pétri et Pauli et aliorum sano- 
torum sint in celo, fatentur quod non sit in celo alia 
anima nisi Deus vel que non sit Deus : hoc dixerunt 
aliqui eorum. Item dicunt quod nostri cleriçi et sacer- 
dotes, qui habent di vicias et possessiones , sunt filii 
dyaboli et perdicionis , et quod peccant qui dant eis 
décimas vel oblaciones ; et dicunt quod est quasi im- 
pinguare lardum. Item ipsi irrident eos qui luminaria 
ofiferunt sanctis ad illuminandas ecclesias. Item irri- 
dent cantus ecclesie et ofScium divinum, dicentes 
quod illi videntur Deum irridere qui ei cantant que 
dicunt, quasi non aliter intelligeret nisi cantaretur ei 
vel cantando peteretur ab eo. Item dicunt nullam esse 
sanctitatem nisi in bono homine vel muliere. Item 
dicunt Ecclesiam romanam Babilon, meretricem de 
qua legitur Apoc. xvn. Item irrisibiles dicunt qui 
faciunt festa sanctorum, et quod non peccalit qui in eis 
laborant, nisi forte propter scandalum hominum. Item 
non peccare dicunt illos qui jejunia statuta solvunt 
quacunque die et qui ibi carnes comedunt, nisi forte 
propter eundem scandalum ; sed in privato est licitum, 



396 ÉTDSMm BB BOORBOV. 

ut dicunty quaoïuiqoe dîe conledere, vd 
DOB esaet homiiiibas soBodaklD. Hctti obedienenon 
romane Eecfesie omiiiDo eyaeiMit. Item solum Demn 
adorandum éàami omni gênera adoTadonis, et dieunt 
peooare eos qui craoeni vel iUud quod nos Acmme et 
credimuS' corpus Christi adorant, t^ sanotos àlKos a 
Deo vel eorum imagines. 

Item, ex prima posidone, dieunt plmnmi eonrni, 
sicut audivi per confessionem moltorum magno- 
rum inter eos, quod quilibei bonus h<»no ait Dei 
filius ^cut Ghristus, eodem modo, de quo dioimt 
quod non habuit anîmam aKam nisi Deum ant ^i- 
ritum Sanctum, qui est Deus; quod eciam dieunt 
de aliis bonis homînibus. Et eum dieant se credere 
incarnacionem, nativitatem, passionemyresurrectioncm 
Christi, dieunt quod iliam credunt veram ooncqxâo- 
nem CSuiski, nativitatem, passionem et resurrectionem 
et ascenmonem, eum bonus homo concipitur, nasdtar, 
resurgit per peniteneiam, vel aseendit in eelum eum 
martyrimn patitur ; iila est vera passio Christi . Similiter , 
Gum dieunt se credere baptismum, peniteneiam, et sic 
de aliis sacramentis, dieunt ipsa esse vera sacfamenta 
solum et tune oompleri cnm homo penitens bonus 
eiiicitur ; tune est ibi veru» baptismus, ccmfinsiacio, 
eueharistia vera, quia tune dficitur corpus Ghnsti, 
tune (nrdinatur , tune fit in eo conjugium et unctio ; et 
per istam spiritualitatem nostram plurimi eorum fiden 
in articulis et sacramentîs adnihilant. Illi autem qui 
in aliquo videntur minus maie sentnre in hoc errant, 
quia dieunt corpus Christi posse confiei vel consecrari 
a quocunque bono qui dicit verba ad hoc statuta, 
licet non sit ab homîne ordinatus. Item, in mntrimooîo 



liV DON DB FORGK. 9199 

carnali, dicuot quod uxor potest a viro reoedere eo 
ÎDvito et e oontrarîo, et scqui eorum socîetatem Tel 
viam Gontineocie. Item hec est Trimtas quam vel in 
qua credunt : ut si Pater [est] qui alium in bomim 
convertit^ qui convertitur Filius, id per quod oorrver- 
titur [aut] in qiio convertitur Spiritus Sanctus; et hoc 
intelligunt quando dicunt se credere in Patrem et 
Filium et Spiritum Sanctum, et Christum conceptum, 
nalum, passum, etc., ut in symbolo eontinetor, quod 
optime in vulgari dicere sciunt. Causa autem quare in 
has abominaciones oeciderunt, credo quod fuit pre- 
sumpcio et odium deri et fidei destructio ; qui , quia 
fundamentum admiserunt, in hbyrintum et malorum 
proiundum ceciderunt. Hec autem onmia potest cito 
improbare homo iitteratus, habens Deî spiritum, per 
raciones et scripturas. 

In bis autem erroribus ad invicem dissident, se- 
cundum quod plus minus quique sunt iirfecti. Âudivi 
filiam dissidentem a matre , que erant ambe eodem 
errore infecte et muttum instructe in posicionibus 
erroris sui; que tamen pro obstinacia dicti her- 
rwis, cui inseparabiliter adberebant, simul fuerunt 
combuste. Hec autem insérai esttmans fratres fidei 
defensores bonum non ignorare. 

344. Manichei, quorum pestis adhuc multa loca 
inficit, secundum quod dicunt beatus Augustinus et Ysi- 
dorus, originem habuerunt a quodam Persadicto Mânes, 
qui vere maniacus [erat] cum suis sequacibus, et re 
ut nomine, et demoniacus, sicut dicit Âpostolus prima 
[ad] Timotheum, rni a : c In novissimis diebus discedent 
quidam a fide, attendentes doctrinis demoniorum, pro- 
habentes nubere et abstinere a cibis, etc . » Hic post apos* 



300 ÈTBEmR DE BOURBON. 

tolorum tempera in primitiva Ecdesia suirexit pesti- 
féré, dioens se esse Paraclitum Spiritom, quem Dominus 
suis promiserat missurus disdpulis. Hune Manem sui, 
ad vitandum nomen insanie, vocaveruntManicheuin, et 
se ab eo Manicheos, cum pocius vocandi essent ma- 
niaci. Hi a diversis diversimode appellati sunt : dicti 
sunt Albigenses, propter hoc quia illam partem Pro- 
vinde que est versus Tolosam et Agennensem urbem, 
circa fluvium ÂlbamS primo in Provincia infecerunt ; 
dicuntur eciam a Lumbardis Gazari vel Pathari, a 
Theotonicis Katari vel Kathaariste'; dicuntur eciam 
Bui^ari, quia latibulum eorum spéciale est in Burga- 
ria; gallice eciam dicuntur ab aliquibus Popelicant^. 
JDictus autem Mânes, ut dicit Augustinus, duodecim 
elegit ad exemplum Ghristi, quos apostolos nominavit, 
quod [nomen] adhuc tenent Manichei, unum habentes 
supra onmés magistrum principalem, alios episcopos, 
et presbiteros, ab eis ordinatos, et diaconos, quos 
electos vocant. Errores illius perversi dogmatis sunt 
hi qui colliguntur ex verbis besiti Augustini, de tribus 
ejus libris, de eo qui intitulatur Contra Manicheos 
et de alio qui intitulatur De moribus Manicheorum, 
item de libro De heresibusy in quibus multa de eo- 
rum erroribus et abusionibus cdntinentur : quedam 

i. Ëchard pense que Tautenr désigne par ce mot le Tarn, qui se 
serait appelé alors la rivière d'Albi, et par corruption Albs fluvius. 
Je ne vois guère d'autre manière d'expliquer ce passage. Il faut 
remarquer ici l'extension du nom de Provence à tout le Lan- 
guedoc. 

2. Ms. Katriaarisie. 

3. Comparez ces différents noms avec ceux des sectes désignées 
plus haut (n*^ 330). La plupart ont été expliqués par Schmidt, 
Hist. des Cathares, II, 275 et suiv. 



DU DON DE FORGE. 301 

autem in quibus errant de bis breviter numeramus.^ 
345. Primus eorum error est quia ponunt duo 
principia rerum, malum, quod dicunt esse immanem 
quemdam principem tenebrarum , a quo omnia cor- 
pora originem habere dicunt ; hominum autem animas 
et vitalem vim, que vivificat animalia, plantas et arbo- 
res, a Deo creata dicunt, sive a bono principio, immo 
partem divine nature, quam admixtam in rébus vege- 
tabilibus dicunt, inuno eciam in omnibus rébus 
corporalibus ; cujus admixtionis Manicheus causam 
reddidit confingens et referens quasdam abusivas ge- 
nealogias. Item electi eorum Rathariste dicuntur, id 
est pui^atores, quia, dum comedunt aut bibunt, bo- 
nam illam naturam Dei admixtam cibo se purgare 
dicunt, ut sursum redeat, et mala natura per secessum 
emittatur. Gum autem terra exalat, dicunt bonam 
naturam Dei purgari, que ei admixta erat, et sursum 
redire. Item agriculturam reprobant et quasi homici- 
dium reputant, propter hoc quia per coalescenciam 
seminum, herbarum et radicum bona natura impeditur 
et detinetur ne redeat ad locum suum; et licencius 
dicunt Tenerari quam terram excolere, propter dictam 
causam. Item herbas et arbores eradicare vel folia et 
fructus decerpere nefas reputant, nec ex eis vescuntur, 
quia eas inunundas dicunt, quia in bis dicunt quasdam 
animas inesse intellectum habentes, que sancte sunt, 
ut dicunt, et dolent multum cum ista leduntur. Item 
animas auditorum suorum transire in arbores dicunt; 
ideo onmes arbores venerantur, unde spinas de agris 
evellere non audent, sed auditoribus suis hoc et terram 
excolere permittunt, ut per eos victum habeant. Item 
carnes omnes immundas reputant, nec ex eis vescun- 



308 ÉTIBNNE DE BOURBON. 

tur, quia eas immundas dicunt, quia ex coitn procu- 
rate sunt et coueubitu , et quia, oum oocise fuerunt, 
recessit ab eia omniB boiia natura, et quia sunt opifi- 
cium principis tenebrarum. Âuditoribus suis bas oo- 
medere permittunt, sed eis omnino animalia prohibent 
occidere. Âudivi ego quod milites gallici cathoUd sic 
examinabant hujusmodi hereticos in terra Albigen- 
cium : dabant suspectis pullos vel aUa animalia ad 
ocddendum, que si noUent ooddere, eos hereticos 
perpendebant vel eorum credentes. 

Item, ut dicit idem Augustinus, ovis non vescuo- 
tur, quia [quando] confranguntur, ut dicunt, expi- 
rant, nec lactis alimonia aut caseo vescuntur. Item 
vinum non bibunt, maxime perfecti eorum, quia 
dicunt id esse fel prinoipis tenebrarum; uvas co- 
medunt, mustum detestantur, quod intellîgo de 
eorum electis vel perfectis. Uxores electis eanun 
(MTohibentur, âuditoribus oonceduntur, monentes eos 
ut qua arte possunt generacionem impediant; hoc 
suadent ipsi hostes Dei et nature. Item Dominum no»- 
trum Jesum Ghristum ad terras venisse propter ani- 
mas, nec propter corpora liberanda ; eum edam dicunt 
nec de virgine natum nec veram carnem sump^sse, 
sed simulatam speciem camis, ludificatis humanis sen- 
sibus, prebuisse, nec veram ejus mortem fuisse vel re- 
surreccionem. Item illum qui legem dédit per Moysem 
dicunt Deum non fuisse , sed unum ex prineipibus 
tenebrarum. -.Item promissionem factam de Spiritu 
Paraclito mittendo dicunt in suo heresiarcha fuisse 
completam, quem dicunt fuisse Spiritum Paraclitum. 
Item baptismum in aqua nemini prodesse ad salutem 
dicunt. Item originem peccatorum non libero arbitrio 



DU DON DE FORCE. 308 



voluotatis aUrîbuunt , sed substancie gentis adverse, 
quam homînîbus admixtam dieunt. Itrai diias animas 
in homine uno eaae dicuot, eaaque inter se habere 
oooflicttim dicunt quando caro eoncupisdt adversus 
spiritum et spîritus êdyetms oamem. Hue usque ex 
verbis Auguatini super anteposîta. 

346. Âudivi [que sequuntur] a quodam litterato qui et 

diu fiierat de secta eopum, cpii auctoritates mihi dioebat 

quas induoebaot ad probandum eorum errores quas in- 

ducunt, Unaautem^rroris eorum posido est quia dicunt 

baptîsmum parvulis non profîoere ad salutem, qui nec 

motumnecactum habent fidei, quia, ut dicitur Marci in 

fine : € Qui non oredidmt condempnabitur. » Gatfaoli* 

eus respondit : Qui non crediderit, id est qui discrede- 

rit. icioMï. m b : c Nisi quis renatus fuerit ex aqua. » Sal- 

vantur in fide Eeclesie, ut servus centuri(»is in fide 

ejus, et filia archisynagogi et nmlieris Ghananee et 

paraliticus in fide deprecancium et precandum. Item 

ponit hereticus sine baptismo ignis non esse salutem ; 

Luc. m d : € Ipse vos baptisabit in Spiritu Bancto et 

igni. » Unde credentes sibi ponunt in aliquo occulto 

penetrali, et candelis undique acoensis, factis quibus- 

dam obsecradonibus ab heresiardia, immo pocius 

exsecradonibus, aliis credentibus astantibus, et eo 

juxta, ignem. Gatholicus respondit : Lucas dieit 

c igni > pn^ter quod Spiritus Sanctus dabatur in pri- 

mitiva Ëoclesia baptizatis sub specie ignis. Âqua 

eciam est neccessaria, quia eam sanctificavit Ghristus, 

in ea baptizatus, |it per banc sanctificaret Bicclesiam. 

Eph. V g : c Ghristus dilexit Ecdesiam, mandans eam 

lavacro aque et verbo vite. » Item didt hereticus Mani- 

cheus quod corpus Ghristi non est in akari, nec esse 



soi ETIENNE DE BOURBON. 

aliquid nisi Ecclesiam; Ool. i f : c In oorpore Christî, 
quod est Ecclesia. » Gatholicus : Ecclesia est corpos 
mysticum, in altarivenim, de que Mat. xxvi : c Aooepit 
Jésus paoem ; » et post : c Hoc est corpus meum. » He- 
reticus dicit : Hoc est, id est significat corpus meum, ut 
illud Apostoli, prima Cor. x : c Petra erat Ghristus. » Ga- 
tholicus : Jo. Yi e : c Ego sum panis vivus qui de celo 
descendi, et panis quem ego dabo caro mea est, et qui 
manducat camem meam, » etc. Item dicit hereticus : 
Sacerdos peccator, non potes consecrare, quia ab 
immundo quid mundabitur? Lev. xxi f : t Qui habuerit 
maculam non accedet ad ministerium Dei sui, si lip- 
pus », etc. Gatholicus : Verba Dei lux sunt, que non 
inquinatur a re immunda vel per immundum prolato- 
rem, qui non potest eis auferre virtutem. Psalmo : 
c Dabit voci sue vocem virtutis. » Johan. yi f : < Verba 
que ego loquutus sum spiritus et vita sunt ; sed sunt 
quidam ex vobis qui non credunt. > 

347. Âudivi quod, cum beatus Franciscus intraret 
quamdam villam in Lumbardia, et opinio esset ibi de 
ejus sanctitate, quidam hereticus, cogitans eum homi- 
nem simplicem, volens confirmare sectam suam et 
credentes suos in ea, qui occurrerant, videns sacerdo- 
tem ville ei occurrere, clamavit : c Ëcce, bone homo, 
quid dicis de isto, qui ville istius parrochiam tenet et 
concubinam habet et multis criminibus onmibus nobis 
patet obnoxius ? Quid mundum potest ab eo dari vel 
tractari? » Advertens sanctus dolum heretici : c Estne, 
inquit, iste sacerdos hujus ville de quo talia dicitis? » 
Gum dicerent : c Est » , flexis genibus in luto, ait osculando 
manus ejus : c Iste manus Dominum meum tetig^runt, 
nec, qualescunque sint, immundum eum faoere potue- 



i 



DU DON DE FORGE. 305 

runt Dec virtutem ejus imminuere. In honore Doniini 
honora ministrum ; sibi malus esse potest, mihi bonus 
est. » Âd quod sunt heretici confutati^ 

348. Item de penitencia dicunt nullam esse illam 

quam sacerdos injungit, nec confessionem ei esse 

faciendam asserunt, sed solum illam esse faciendam 

quam Deus injungit; Marc, ic, Act. me : c Penitemîni, 

crédite evangelio. » Tamen bonus sacerdos, quem dicit 

se esse hereticus, potest pro peccatore orare ; Jac. v : 

c Oret sacerdos pro eo, et, si in peccatis est, dimitte- 

tur ei. » Gatholicus : Contra hoc dicit Dominus lepro- 

so et curato, Mat. vm a : c Yade, ostende te sacerdoti 

et offer, » etc., non contempnendum volens officium 

sacerdotum, quos malos noverat. Similiter Luc. xvn b : 

c Ostenditevossacerdotibus. »ItemMat.xxia: cSolvite, 

ait discipulis, et adducite mihi. » Item Johan. xi e, de 

Lazaro suscitato et adhuc ligato, ait : < Solvite et sinite 

eum abire. » Item heretici matrimonium carnale 

dampnant, juxta id Âpostoli, Rom. vm b : c Qui in 

carne sunt Deo placere non possunt. » Item Âpostolus 

ad Heb. xm : t Honorabile connubium sit onmibus et 

corpus inmiaculatum. i Gatholicus : Honorabile 

connubium, etc., quando neuter conjugum admittit 

alium prêter proprium in opère conjugali. Tim. m : 

« Volo juniores nubere, filios procreare. > Cor. i a : 

€ Uxori'vir debitum reddat > , etc. Item Cor. vn e : t Si 

uxorem acceperis, non peccasti. » Item Mat. xix a : 

c Ërunt duo in carne una . > Ideo Apostolus vocat demones 

attendentes spiritui erroris et doctrinis demoniorum 

1. Voy. un autre récit du même fait, ci-dessus, n» 316. 

20 



306 ETIENNE DE BOURBON. 

prohibencium nubere. Prima Tim. im a : c Spiritus 
manifeste dicit », etc. 

Item de ordine saoerdotali vel aliis ordinum gr»- 
dibus nil crédit hereticus, quod scilicet sint ordinum 
gradus apud nos : contra quos est quod Dominus 
illos septem gradus ordinum in se presentavit et apo»- 
tolos ordinavit, qui ab eo ut ordinarent ministros 
Ecclesie acceperunt et ordinaverunt eos; per omnes 
partes mundi, per ecclesias quas edificabant et terras 
quas convertebant y ordinabant episcopos, preaby- 
teroSy diaconos et alios ministros, et sic faciendum ab 
episcopis instituerunt, et sic postea fecerunt quibus 
successit et locus et oflficium et ecclesiarum cura, in 
tempore martyrum et confessorum et eis suooesso- 
rum. Item unctionem extremam non crédit hereticus 
esse vel valere corporalem aliquid, sed spiritualem 
solum; de qua Johan. u d, f : c Unctionem habetis 
a sancto, et unctio docet de onmibus^ > Contra catho- 
licus : Jac. y : c Infirmatur qui in vobis? Inducat pres- 
biteros ecclesie, et orent super eum, ungentes eum 
oleo » , etc. Isti autem miseri, spiritu Dei vacui et maligno 
pleni, Spiritum Sanctum suos electos habere dicunt, 
quos, sicut magister eorum Mânes Paraclitum sedicebat, 
ita dicunt ipsi eos Paraclitos, id est consolatores ; quos 
dicunt eciam conferre Spiritum Sanctum omnibus, 
quibuscunque flagiciis, usuris et rapinis astricti sint, 
si eis reverenciam fecerint et eos adoraverint et ipsi 
eis manum imposuerint, ita quod sine aliqua restitu- 



1 . Ces paroles ae sont pas tirées de l'évangile de saint Jean, 
mais de sa première épitre, cb. 2. 



DU DON DE FORGE. 307 

cione, in actu aot proposito, vel aliqua satis&ctione 
omnia peccata dîmittantur et statim evolent sine omni 
pena ; et ideo, propter istam impunitatem quam pro- 
mittunt, multos trahunt ad se desperatos usurarios et 
raptores et alios abjectissimos et desperatissimos peo- 
catores. Ipsi tamen niiseri dicunt et tenent quod, si a 
sua perfectione cadant postquam receperint eonun 
manuum imposicionem, comedendo vel modicum car^ 
nis vel ovis vel casei, vel bibendo modicum vini vel 
lactisy vel conmiunicando mundanis, si horum aliquid 
fecerint, tam eorum perfecti sive consolatores vel alii 
qui sunt eorum aut doctores aut credentes, si in hoc 
discedunt sine ultima manuum imposicione, damp- 
nantur, secundum eos ; quia statim cum in aliquo pre* 
dictorum faciunt vel aliorum que sunt contra sectam 
suam, statim Spiritum Sanctum admittunt, ut si puli- 
cem occidunt vel muscam, vel herbam evellunt vel 
racemum, vel fructum arboris discerpunt ; et damp- 
nantur pro bis, nisi eis subveniatur per manuum im- 
posicionem illorum perfectorum, qui perfecte servant 
omnia que pertinent ad sectam suan) ; aliter non valet 
ejus manus imposicio vel consolacio. 

349. Ultimo videndum quibus signis heretici 
maxime denotantur et perpendantur. Sunt autem 
quatuor signa ex quibus heretici possunt notari : 
primo ex indebiti sibi usurpacione, secundo ex veneni 
sui diflfusione, tercio negocii sui occultacione, quarto 
ex eorum sophisticacione. Primum ergo quomodo de- 
prehendi possunt est eorum presumptuosa et incom- 
petens usurpacio : usurpant enim oiïicium sibi incom- 
petens predicacionis et erudicionis sacre doctrine, et 



308 ETIENNE DE BOURBON. 

maxime evangeliorum et aliorum librorum novi tes- 
tamenti, que oordetenus in vulgata lingua finnaot et 
alter àlteri ruminât, et sermones vel de persequucîoDe 
et martyrio et paciencia et beata paupertate. Et ctim 
homines sibi illexerint, affirmant se esse illos beatos 
pauperes, mites et tribulacionem padenles et martyres, 
et quod clerici eos ex invidia persequuntur, sicut olim 
Judei prophetas, et scribe et pharisei Dominum et dis- 
cipulos ejus ; et ipsi, ut dicunt, sunt de quibus dkât 
Dominus, Matt. xxm f : c Ecoe ego mitto ad vos pro- 
phetas et sapientes et scribas, et ex illis occidetis, » etc. 
Quando autem primo accedunt ad homines simplioes, 
quia astutos et litteratos fiigiunt, dicunt se scire cura- 
ciones optimas , et habent verba deprecatoria pulcra, 
que primo dicunt et docent, deinde evangelia in vul- 
gari, que secundum seriem, non sensum verborum 
sanum dicunt et ruminant aliis, quando eos inveniunt 
curiosos et voluntarios ad discendum^ Vidi ego juve- 
nem bubulcum, qui solum per annum moram feoerat 
in domo cujusdam heretici Valdensis, qui tam diligenti 
attencione et sollicita ruminacione affirmabat et reti- 
nebat que audiebat, quod infra annum illum firmaverat 
et retinuerat quadraginta evangelia dominicalia, ex- 
ceptis festivitatibus, que omnia verbo ad verbum in 
lingua sua didiscerat, exceptis aliis verbis sermonum 
et oracionum. Vidi eciam aliquos laicos qui [ita erant] 
eorum' doctrina imbuti, ut' vel multa de evange- 

1. de carieuz passage justifie les précautions signalées plus haut 
contre remploi des traductions de l'Écriture en langue vulgaire. 

2. Ms. qui ex eorum. 

3. Ms. unde. 



DU DON DE FORGE. 309 

listis, ut Mattheum vel Lucam, répétèrent infra corde, 
maxime ea que ibi dicuntur de instructione et sermo- 
nibus Domini, ut vix ibi in verbis defioerent quin ea 
successive oontinuarent ; quod [dioo] propter diligen- 
ciam eorum in malum et negligenciam catholicorum in 
bonum, quorum plures sunt ita négligentes circa suam 
et suorum salutem, ut vix suum Pater noster aut Credo 
sciant vel famulis suis doceant. 

Hec autem verba evangelica affirmant, ut apud suos 
magistri habeantur erroris, et ut per verba sancta, 
que pervertunt abutendo, errorem suum abstruant, et 
ut per ipsa homines sibi alliciant, ad se conversos et 
a Deo adversos pervertant, et postea a fidei funda- 
mento evertant. Ideo ipsi verbis sacris utuntur abu- 
tendo, licet eis non credant. Unde audivi [quod], cum 
quidam hereticorum credens diu audivisset eos et cre- 
deret eum magister suus bene confirmatum in errore, 
querenti discipulo dicto ab eo : c Magister, ego video 
quod vestra doctrina, quam modo me docetis, et vita 
quam vos ducitis contraria est illi priori doctrine, 
quam me docuistis de scripturis; vellem scire que 
verior sit doctrina, ista vel prior. — Modo, ait, videns 
te confirmatum, dico tibi veritatem : istis scripturis 
quas dicunt clerici non credimus, quas nos ad eorum 
imitacionem et hominum illaqueacionem proponimus ; 
aliter enim non audiremur. Sumus similes aucupibus 
qui sub divinis se occultant et voces avium simulant 
et more earum sibilant, ut ad eos conveniant. et eas 
capiant; sed postquam eas illaqueaverint et tenuerint, 
tune voces proprias manifestant. Similiter et nos fa- 
cimus, quia, si voces proprias et sentencias nostras 



310 ÉTOSNlfE DE BOURBON. 

homiûibus primo diceremus, ad modum avium no6 
fugerent^ » 

350 . Secundus modus eos oognosoendi est ex v^deni 
sui diffusione. Sunt enim similes soorpionibus (Apoc. 
IX c : c Habebant caudas similes soorpionibus, et aciilei 
erantineis»), quia ad modmn soorpionum, qui lii^a 
suaviter et blande primo leniunt, post in fine pungiint 
et venenum difiundunt, sic ipsi, postquam primo 
habuerant verba pia et dulcia, in fine insérant vene- 
nosa et contra fidem. Unde, cum quidam hereticos, 
inducente quadam sua credente, que familiaris cuju»- 
dam erat burgensis, esset introductus in caméra dicti 
burgensis ut eum audiret, ad instanciam illius osculatus 
est hereticum, promittens ei, sub fide quam beatus 
Petras Deo promisit, quod ipse non propalaret eum. 
Ait hereticus : c Glerici ex invidia dicunt nos hereticos, 
cum simus catholici; sed bonum est ut vos primo 
audiatis fidem nostram, utvosdeeajudicetis. > Etretu- 
lit ei articulos fidei sicut in symbole continentur et sicut 
catholica tenet Ecclesia, et videbatur recte de omnibus 
sentire et asserere, licet in omnibus, postea examina- 
tus et captus et combustus, inventus est maie sentire. 
Multa eciam pia verba et bona dixit ei postea, que cum 
dictus homo libenter audiret nec aliquid reprehensibile 
in eis judicaret, rogavit ut adhuc audiret eum in cras- 
tino. Gum ille promisisset quod libenter hoc faceret, 
venit dictus hereticus, et, cum plura dixisset de sequu- 
cionibus et insidiis que eis inferebantur , incepit ve- 
nena diffundere, contra Ecclesiam obloquens, et quod 

1. Un exemple à peu près semblable est cité plus loin, n* 498. 



DU DON DE FORGE. 311 

erat meretrix et taberna, ubi non erat status salutis, 
sed me et contempciones ; et contra prelatos et cle* 
ricos multa evomebat : que cum ille catholicus abhor- 
reret, eum a se expulit ut animal venenosum; qui 
legatus mîssus ad partes illas ab hereticis, cito post 
captus, per ignem transiit ad infernum. 

351 . Tercium per quod notari possunt est quia et 
doctrinam suam sophismatibus et involucionibus ver- 
borum occultant et in occultis predicant, et totum 
negocium eorum est perambulans in tenebris et per- 
tinens ad principem tenebrarum, non ad lucem divine 
veritatis ; ut dicitur Johan. m d : c Qui maie agit, odit 
lucem et non venit ad lucem, ut non ai^uantur opéra 
ejus ; qui autem facit verîtatem, hic venit ad lucem, 
ut manifestentur opéra ejus, quia a Deo sunt. » 
Econtra, ut dicitur Johan. xvm c : c Ego palam lo- 
quutus sum mundo, et in synagoga et in templo qup 
omnes Judei conveniunt; in occulto loquutus sum 
nihil. » Item vitam suam per hypocrisim occultant; 
signa enim penitencie foris ostendunt, nec.tamen peni- 
tenciam veram faciunt, quia aliam penitenciam facien- 
dam non esse dicunt nisi interiorem ; illa enim exterior 
non est neccessaria, ut dicunt, nisi ad homines attra- 
hendum. Unde Mat. vi c : € Excoi*iant faciès suas, ut 
videantur ab hominibus jejunantes. » 

352. Quartura*" autem per quod maxime cognosci 
possunt est eorum sophisticacio : decipiunt enim, qui 
videntur esse aliquando simplices rustici, sophismati- 
bus et duplicitatibus verborum illos qui fuerunt maximi 
sophiste Parisius et maximos clericos in eorum faliaciis 
inexpertes ; unde hoc est unum in quo maxime possunt 
cognosci. Simplex enim homo et planus, cum de fide 



312 ETIENNE DE BOURBON. 

sua requiiîtiir, plane et simpliciter sine sophismatibus 
ad ea de quibus interrogatur respondet, sive bene 
dicat, sive maie ; si maie dicit, recipit correctionem et 
instructionem. Hereticus autem statim currit ad so- 
phismata et ad fugas et evasiones verborum et respm)- 
sionum, ut operiat verba sua, ne videatur. Solebant, 
quando audebant et minus litterati viri in eoclesia erant 
et pauciores docti, se defendere fictis raci<mibus et 
disputacionibus ; modo autem, quia non possunt se 
racionibus aut disputacionibus tueri quin in^pienda 
eorum fiât manifesta, et timent deprehendi, multîs 
sophismatibus se involvunt, per que conantur effiigere 
et decipere interrogantes ; que, licet non possimus 
omnia, tamen aliqua ostendemus. 

Unum genus sophisticandi inquirentes de fide eorum 
est per verborum equivocacionem : verbi gracia, 
cum queritur ab eis, de aliquo fîdei articulo vel sacra- 
mento, si credunt illud, ut baptismum, eucharistie 
sacramentum aut penitencie, respondent quod cre- 
dunt bene in sacramentum baptismi, penitencie, etc., 
similiter incarnacionem, nativitatem, passionem, aliud 
intelligentes per verba ista quam catholici, baptismum 
et penitenciam et matrimonium et sacramentum cor- 
poris Christi et extremam unctionem ; solam peniten- 
ciam aut bonam voluntatem interiorem intelligentes; 
corpus Christi intelligentes corpu»* cujuslibet boni 
hominis vel pocius corpus spirituale, quod est Ecclesia. 
Item aliud genus equivocandi in responsione sua, cum 
queritur : « Credis Ghristum natum, passum, etc.? » 
Respondent : « Bene credo », vel t firmiter credo », 
id est firmam vel bonam habeo credenciam. Item 
aliud genus sophisticandi est per condicionis addicio- 



à 



DU DON DE FORGE. 313 

hem, ut, cum queritur : c Gredis hoc vel hoc? > 
Respondent : c Si Deo placet, ego bene credo hoc 
et hoc. » Si queritur quod catholicum est, [respondent] 
intelligentes quod Deo non placeat, et quod ipsi hoc 
credant quia, si Deo placeret, domus ista volaret. Item 
alius modus est obiciendo questionem contra questio- 
nem, ut clavum clavo retundant. Item alius modus est 
per diversam responsionis retorsionem, ut, cum que- 
ritur ab eis : c Gredis quod possit fîeri aliquod juramen- 
tum vel judicium sanguinis sine peccato? > Respondet 
hereticus : € Quomodo creditis vos vel alii? > Gum res- 
pondetur ei : c Nos sic credimus » , respondet hereticus : 
c Et ego bene sic credo », intelligens c quod vos ita 
creditis ut dicitis » , non quod ipse credat quod dicitur 
ei . Item genus est aliud eludere per admiracionem ; cum 
queritur de aliquo si ita credat, respondet cum admira- 
cione : c Quid crederem ego aliud? » Item aliud per 
diversam relacionem, ut, cum queritur quid crédit, 
utrum bnmis qui jurât peccat in jurando, respondet : 
c Qui dicit verum non peccat » ; vel sic : c Qui jurât 
dicendo verum non peccat > ; et tamen crédit quod ju- 
rando peccat. Item alius modus est per translacionem, 
ut, cum queritur unum, transfert se ad aliud; cum 
opponens sequitur eum ibi, iîigit alibi. Item, cum 
querens querit ab eo, transfert se ad alios, ponens eos 
in verbis. Item alius modus est per su! justificacionem, 
ut, cum queritur ab eo de fide, justificatse : € Ego sum 
homo simplex, talis et talis, et nescio istas questiones. » 
Multos eciam habent modos se contegendi et homines 
fallendi et inquirentes deludendi , quos magis potest 
docere usus et exercicium quam ars. Illi autem qui 
ponunt rerum duplicitatem , ut Manichei, difficulter 



314 ÉrœifNB di boorbcmy. 



1. 1.(1 1 rr-i i 



possunt oonvinci, quia unum et eondem 
credunt fachim a bono Deo et dqd iactum, quia in eo 
credunt esse duas naturas, bonam a Deo, malam a 
principe tenebrarum, sicat supra patet per verfaa 
Âugustini K 

[De êufersticùme.] 

353. Dicto de errore heretice pravitatis, dioendum 
est de supersticione vani cultus divinacionum, incan- 
tacionum, sortilegiorum , ludificacionum demonum 
diversarum, per que dyabolus impugnat populum 
christianum, trahens post se cum cauda fallacis seduo- 
tionis innumerabiles [animas] stultorum, qucmim 
infini tus est numerus... Dolus et fi(*aus dissuadet hoc 
vicium, vel ipsorum demonum, vel ipsoruro divinorum 
et incantatorum. . . Item falluntur augures et auruspices. 
Magister Jacobus' : Cum rex Gastelle congregasset 
exercitum et iret contra Sarracenos, occurrerunt 
exercitui grex comicularum. Quidam autem milites 
régis suaserunt redire, dicentes quod malum eis eve- 
niret, quod vincerentur ab hostibus si procédèrent, 
quia hoc cognoverant in garritu et volatu comicula- 
rum. Quibus rex respondit, irridenseos : t Iste corni- 
cuie vix habent quatuor annos ; ego plus quam viginti 
annos pugnavi contra Sarracenos, et melius scio artem 
et modum pugnandi quam iste *; et forte de alia regione 
venerunt, in qua nutrite, conversate et nate, non scient 
nobis dicere bene de statu Sarracenorum, quem ego 

1. Fo» 404-408. On a, dans ces dernières pages, une véritable 
restitution des interrogatoires de l'inquisition primitive. 

2. Jacques de Vitry, comme toujours. 



[ 



DU DON DE FORCE. 315 

melius novi et expertus sum; de que melîus [mihi] 
debetis credere quam illis. » Et procedens et oontemp- 
nens, vicît Sarraoenos. 

364. Item audivi quod quidam soolaris hispanus, 
credens in auguriis, cum parasset iter suum ut redi- 
ret ad terram suam, quidam suus socius, super ostium 
domus ad modum corvi crochitansS diu eum retinuit, 
malum omen credentem hoc. 

355. Item idem magister Jacobus diœbat quod 
quidam hospes receperat in nundinis unum provincia- 
lem in hospicio; qui, credens eum sibi utUem, cum 
volebat recedere, sonitum cum vesica faciebat; quo 
audito, provincialis, dicens malum omen, redibat. 
Tandem, advenientibus aliis hospitibus, eum dimisit. 

356. Item refert de quadam vetula quod, cum gra- 
viter egrotaret et moneretur ad confessionem, dicebat 
se certam quod viveret per quinque annos adhuc, quia 
quinquies audiverat prima die maii le cucu quasi sibi 
respondentem. Cum autem jam non posset loqui, 
commonebatur : clamabat cucu^ ostendendo quinque 
digitos; et sic decepta, mortua est sine viatico et con- 
fessione*. 

357. Item seducunt homines non solum demones, 
sed ipsi qui divines se dicunt, cum nil sciant de ftitu- 
ris. Audivi quod quedam habebat maximum mansum 
clausum, in cujus ultima parte domus erat, in qua cum 
adventantibus loquebatur. In principio, morabatur in 
domo cum familia sua. Cum extranei adveniebant ad 
eam, facto signe a suis, in caméra latitabat, de qua 

1. Mot imitatif. 

2. Cette anecdote se trouve rapportée plus haut d'après Jourdain 
de Saxe (n« 52). 



316 ÉnENNB DE BOURBON. 

poterat audire causas vie et loca onde veniebaot et 
alias drcumstancias, quas sui astute inquirebant. Quo 
audito, ad aliam domum per loca occulta festinabat, 
cogitans quid eis responderet. Aliquis de domo duce- 
bat eos per diverticula ad domum illam, quasi ad valde 
remotam. Quos cum videret et propriis nominibus eos 
salutaret, causas itineris et loca dicens et alias circums- 
tancias, credebant eam omnia prescivisse et divinasse. 
De alia audivi quod habebat ribaldos precœnates 
viarum, et que inquisierant ab adventantibus preouo- 
ciabant ei. 

358. Item de alia audivi quod, [cum] esset pauper 
vetula, fecit se divinàm, et misit filium suum ad fîiran- 
dum boves cujusdam rustici remoti ; quos lîgavît ad 
quercum in profunda silva, et dixit matri sue ubi eraDt, 
et, festinans ad villam rustici, boves suos querenti dixit 
quod in villa tali optima divina erat et sapiens, que 
bene sciret vaticinari de eis; ad quam rusticus ivit. 
Boves et locum docuit ; quibus inventis, ut dixerat, 
magnificata est per totam viciniam per hoc factum et 
consimilia, que filius suus faciebat, ea eum docente. 

359. Item de alio audivi quod, cum se diceret sano- 
tum Jacobum, faciens de pane vino imbuto o£&s in 
aqua, per quas aqua vini assumebat et colorem et 
saporem, et per alia que inquisiverat a pastoribus de 
homine ad cujus domum hospitabatur, loquens ei de 
factis suis quasi fiitura ei divînans et quasi miraculum 
vini ostentans, videbatur per hujusmodi fidem facere 
verbis. Unde, cum fecisset congregari pecuniam quam 
hospes habebat, quasi ad centuplicandum, cum esset in 
sacculo posita et in quodam loco reposita, sublata pe- 
cunia, média nocte fugit. Quidam autem vicinus dolum 



BU DON DE FORGE. 317 

audiens, et dolosum însequens et oonsequens, ait : 
€ Domine sancte Bartolemee\ non est dignum quod 
recedatis a finibus nostris quin nobis de vestris reli- 
quiis dimittatis, et quod ita cito a nobis recedatis. > Et, 
hoc dicto, cum securi privavit eum pede et pecunia*. 
360. Sunt autem diversa gênera divinacionum , 
secundum quod ostendit Âugustinus in libro De natura 
demonum, xxvi? capitulo. Alia divinacio dicitur pyro- 
mancia, divinacio que fît in igné ; alia aerimancia, que 
fit in aère ; hydromancia, que in aqua ; geomancia, que 
in terra; nigromancia, queper mortuos fit... Item alia 
in sternutacionibus, alia in sompniis, alia in sortibus 
quas falso dicunt apostolorum. Item alia fit in ungui- 
bus, alia in speculis, alia in spatis, ubi dyaboluis facit 
videre diversas rerum imagines, per quas honûnes in 
errorem inducat et bônos infamat, sicut accidit ali- 
quando. Cum studerem Parisius, in vigilia Natalis, 
cum socii nostri essent in vesperis, quidam latro 
famosissimus intravit hospicium nostrum, et, aperta 
caméra cujusdam socii nostri, plura volumina libro- 
rum de jure secum tulit. Cum post festa vellet in libris 
suis studere et non inveniret, cucurrit ad maleficos. 
Cum multi eum fefellissent , unus hoc magus fecit : 
qui, adjurans demones et spatam tenens, cum faceret 
in eam aspicere puerum, postquam vidisset in ea 
multa, tandem vidit in ea, per ostensionem imagi- 
num multanim, quod quidam socius noster, consan* 
guineus ejus, libros ejus fîirabatur, quem credebamus 
honestiorem de societate nostra; quem cujus erant 

1. Pour Jaœbe, puisque le voleur s'était fait passer pour saint 
Jacques. 

2. Po« 408409 vo. 



318 ÉTmiNB DE BOURBON. 

libri, non solum apud soolares, sed eciam apud amioos 
SU08 infamavit, imponens qiiod libros ejus furabu 
(îiisset. Gum autem latro predictus fiiratuB fuiaset 
quedam alia et deprehénsus esset, fugit ad quamdam 
eoclesiam, latens in clocha^ pinaculi; et onmia que 
fîiratus fuerat et ubi, ab interrogantibus requisitus, 
docebat, et quid inde fecerat. Gum autem quidam 
scolares morantes juxta nos admissam quamdam man- 
ticam, quam furatus fiierat, per eum invenissent , vix 
acquievit qui libros admiserat ad dictum furem ire et 
ab eo inquirere de libris suis. Qui requisitus, docuît 
eum quando et ubi acoeperat libros suos, et domum 
Judei ubi libros obligaverat, et ubi eos invenit. Hoc 
ideo dixi, ut appareat eorum demonum falsitas, qui ob 
hoc ostenderunt in spata, ut et illum bonum hominem 
infamarent et caritatem inter illos cognatos disrumpe- 
rent, et illum qui eis credidit Qum suis in etemam 
perdicionem deduçerent'... 

361. Item ad detestacionem divinorum pcmuntur 
hec exempla. Gum due mulieres venissent ad quam- 
dam divinam, una pro habendo puero, altéra pro 
amore cujusdam acquirendo, ait eis ut in domo sua 
dormirent usque mane ; quod eum facerent, iUa surrexit 
média nocte, adjurans demonemad lunam. Âlie autem, 
de lecto aspicientes quid fieret, viderunt demonem 
quasi umbram teterrimam ad eam venire et quid vellet 
ab ea querere ; que eum ei dixisset négocia dictarum 
mulierum, dixit quod afferret^ ei vas, in quo quod po- 

i. Ms. clodea. 

2. Ce souvenir de jeunesse, évoqué par l'auteur, est toute une 
peinture des mœurs de l'Université. 

3. Ms. auferret. 



DU DON DE FORGE. 319 

neret libère eis daret. lUe autem in dicte vase mixit, 
et recessit. Mulieres autem dicte, bec audientes et 
^dentés, perterrite io mane fugerunt, responsum non 
exspectantes. 

362. Item audivi quod, cum quedam mulier venisset 
ad quamdam divinam causa repellende sterilitatis , 
cum iila adjurasset demones, eis procurantibus, con*- 
cepit et peperit. Cum autem puer portaretur ad bap- 
tismum, dicte exorcisme a sacerdete, exivit a corpore 
pueri iugens serpens» in cujus exitu corpus exanime 
remansit, cujus cadaver in fossatis proicitur. 

363. Aliud genus divinacionis fit per exteriora 
signa sive cenjecturadenem, sicut vetularum que ves- 
tes vel corrigias paciencium sibi faciunt deportari, ut 
per ea aliquid perpendant de qualitate pacientis. Unde 
audivi qued, cum quidam sacerdes ai^eret parro- 
chianes sues de bec qued frequentarent quamdam 
divinam, nec vellent cessare propter admonicienem 
ejus, finxit se infîrmum, rogans eos qued irent ad eam, 
querentes ab ea qua infirmitate pateretur persona illa 
cujus esset corrigia illa quam ei mittebat, inhibens eis 
ne omnino ei dicerent cujus esset. Qued cum fecissent 
et ipsa [vidisset] mensuras corrigie, lengitudinem et 
signa punctorum in quibus cingebatur, cum ipse esset 
grossus et pinguis, dixit qued erat mulier propinqua 
partui. Et per hoc parrochianos sues, de hoc qued ei 
crediderant, confutavit et revocavit^ 

364. Per hune eciam modum [dyabolus] ludificat, 
per strigesS quando se transfigurât in similitudinem 



1. F« 4il v. 

2. Sorte de vampire. 



320 

alicogos molieris lopaiii eqmtaiitis, et, Dd 
et ezigenda inJidrfitiri» p aitaiUmi , pœros porvidos 
oeddit in corpore. De quo andnri qnod in jfoitauma 
Annorka imiiore aoddtt qood qoeda^ 
set poerm duos, poetqaam oompieviflBeflt <|iiîlîbet 
amuiin suoin. Dixariiiit ei mulieres qood boc facereni 
striges, gangninem ecMnim bibeotes. Cum autem ilh ets 
creda^, dixît eis^ qood, cum tercnis qaem habebat 
aooiim oomplerel, vigOaret toU nocte aimi coasfUéd. 
super puerum pooeus operculom foreum de quo 
operiebatur ollam suam in igœ, ut, cum v^iiret strâ, 
ferrum calidum in ejus, fiatciem imprimeret, ut tasio 
mane, cognosoeretur. Qood cum faceret, drca mediam 
ooctem, vidit intrantrai per januam soam cbinfam 
vefailam qoamdam sibi vidnam, lopom equitantem, 
aooedentem ad cunabulum pueri ; et mulier, simulans 
se dormientem, arrepto [foro] , impresât iDud in fiMiem 
ejtts, que cum ejulatu maximo recessit. Jam taàto 
mane, convocatis vicinis et ballivis ville, d^xieuît qoe- 
rimoniam apud eos. Illi autem, venientes ad osthim ve- 
tule, in venientes eum seratum et neminon inveoientes 
qui eum aperiret, frangentes ea, rapuonmt dictam 
vetulam, habentem exustam genam ad indicem. Fer- 
rum vulneri appositum oriminis imposicionem pro- 
babat ex verîtate procedere. Yetula autem dicta 
cuncta negabaty dioens non esse se impositi oriminis 
consdam. Episcopus, hoc audiens, consdendam dicte 
mulieris noscens, adjuravit illum demonem qui hujus 
&cti actor fuerat, ut se et fiaictum manifestaret. Tune 
démon, in similitudinem vetule se transmutans, urgente 

1. Mb. et diceret ei. 



DU DON DE FORGE. 321 

episcopo, pelliculam combustam a facie vetule remo- 
^it ooram omnibus et sibi imposuit, et fraudem suam 
et causam ejus omnibus verbo et facto patefecit^ 

365. Item aliquando ludificant transmutando se in 

species militum compugnancium et emittencium faces 

ardentes, qui ab hominibus soient appeUari anei^ 

quasi succensi vel flanunigeri. Item aliquando in simi- 

litudinem militum venancium vel ludencium, qui 

dicuntur de familia Allequini vulgari£er vel Ârturi'. 

Audivi quod, cum quidam rusticus circa Montem 

Cati' portaret facem lignorum ad lunam , vidit infini- 

tam multitudinem canum venaticorum quasi post 

predam latrancium, post infinitam multitudinem pe- 

ditum et equitum ; et cum quereret ab uno illorum 

qui essent, respondit quod essent de familia régis 

Arturi, ad cujus curiam propinquam venirent, ut ibi 

bene sibi esset. Et visum fuit dicto rustico quod seque- 

retur eos, et quod intraret in maxima et nobilissima 

palacia, et [videret] milites et dominas ludentes et 

choreizantes, comedentes et bibentes nobilia fercula, et 

in fine dictum est ei quod iret ad lectum, et quod 

ductus esset in caméra ad lectum preciosissime orna- 

tum, in quo jacebat quedam domina visa mirabiliter 

spedosa; cum qua cum intrasset et obdormisset, 

invenit se, in mane excitatus, super facem lignorum 

turpiter jacentem et ludificatum. 

Item audivi quod quidam alius obviavit similiter 

1. Fo 412. 

2. Sar la mesnie HelUquin ou la chasse Arthur, voy. Le Roux 
de Lincy, Introduction du Livre des légendes, in-8*, 1836. 

3. Plusieurs montagnes ont été appelées le Mont du Chat. La 
principale s'élève au bord du lac du Bourget, en Savoie. 

21 



3891 ÉTUCNIfE DE BOURBON. 

simili familie equitanti ; et unus ad aliam se vertebat, 
et caput drcumvertebat, dioens : c Sedet mîhi beoe 
capucium. » Et hoc fréquenter iterabant. Simile video- 
tur &cere mulieres compte in dioreis. 

366. Item, cum ego inquirerem in conodtatu Forî- 
siensi de hereticis, quidam sacerdos adduxit mîhi 
parrochianam suam» que deponebat contra multos, 
dioens qaod in domo in qua morabatur mensa pone- 
bator vacua et maxima, ad qoam multi conveniebant, 
quos ipsa nominabat, de villa sua et aliis remotis locîs; 
et cum sederent ad mensas vacuas, canis niger et 
parvus veniebat, et, super mensam asoend^is, pede 
suo elevato, circulum quasi rotam facîebat super oieD* 
sas ; et confestim mense replebantur diversis geneiv 
bus ferculorum, et comedere videbantur, et post 
recedere ad quemdam locum saxosum ; post hinc înde 
diflPugiebant. Sed cum ^o loquutus fîiissem cum aliquo 
eorum, qui bone famé erat et quem credebam bone 
vite, nec aliquid circa eum invenirem per quod hoc de 
eo presumerem, credo quod fuit diabolica ludificado 
et eorum transfiguraciones ad infamandum bonas per- 
sonas^ 

367. Item quasi simile accidit in Âlvernia, ubi 
multi fuerunt capti apud Sanctum Porcianum* et de- 
ducti apud Glaremontem, ubi convocaverat'me epis- 
copus ejusdem loci, dominus Hugo de Turre^. Quedam 

1. F^ 412 v«. Cet exemple est, ainsi que le suivant, reproduit 
dans Échard (I, 192, 493). Il fait voir que Tinquisiteur n'ajoutait 
pas facilement foi aux dénonciations. 

2. Saint-Pourçain (Allier). 

3. Ms. eonvooasset, 

4. Hugues de la Tour, évéque de Glerraont de 1227 à 1249. 



DU DON DE FORGE. 323 

muKer, capta in quibusdam maleficiis, accudavH plures 
et illos qui capti detinebantur, diœns cum lacrimis 
quod magistram quamdam [habuerat] que eam fré- 
quenter duxerat ad quemdam locum subterraneum, 
ubi conveniebat multitudo hominum et mulierum cum 
luminibuft torticiorum et candelarum, circniïidaotes 
quamdam cufam plenam aqua que erat in mediô, in 
cujus medio erat hasta affixa; et magister eorum 
adjurabat Luciferum per barbam suam et per poten- 
ciam quod veniret ad eos, et per multa alia; ad quam 
adjuracionem descendebat catus teterrimus per lan- 
ceam, et aquacum cauda sua, vadens in circuitu, omnes 
aspergebat, et luminaria omnia extinguebat ; quo facto, 
quilibet eorum accipiebat illum vel illam qui ei primo 
occurrebat, et cum eo turpiter adnriscebfttur. Propter 
hoc dicti homines erant capti, qui bec Gamin negabant, 
lîcet dicta mulier diceret eos ibi sepe vidisse conve- 
nisse. 

368. Ad banc ludificacionem, que fit in sompniis, 
pertinet error iliarum mulierum que dicunt se noc- 
turnis horis cum Diana et Herodiade et aliis personis, 
quas btmas res^ vocant, ambulare, et super quasdam 

i. Bonnes choses ou bonesozes (V. la note du n* 97). Cette supers- 
tition, qui faisait croire à certaines femmes qu'elles accompagnaient 
Diane pendant la nuit et parcouraient avec elle d'immenses espaces, 
montées sur divers animaux, parait remonter à la mythologie 
germaine : le nom de la déesse des forêts avait simplement rem- 
placé, chez les Latins, celui de TroUkona, protectrice et compagne 
des courses aériennes des sorcières Scandinaves. Un capitulaire 
de Louis le Débonnaire, daté de 867, qui désigne aussi Diane, 
condamne cette fausse croyance et en démontre la continuité à 
travers les siècles chrétiens. (V. Baluze, H, 365 ; fieugnot. Des- 
truction du paganisme, £1, 338; Grimm, Mythologie allemande^ 
passim ; etc.) On trouve aussi dans la mythologie itrdienne des 



324 ÉnEimE de bourbon. 

bestias equitare, et multa terrarum spacia pertransire, 
et certis noctibus ad dearum servicium evocari... Âu- 
divi quody cum quedam vetula, volens^ blandiri suo 
sacerdoti, diceret ei in ecclesia : c Domine, maltum 
debetis me diligere, quia liberavi vos a morte ; cum 
enim ego vaderem cum bonis rébus ^ média nocte intra- 
vimus domum vestram cum luminaribus ; ego, videos 
dormientem et nudum, coopérai vos velocitery ne do- 
mine nostre vidèrent nuditatem vestram, quam si 
vidissent, ad mortem flagellari vos fecissent. » Gumque 
sacerdos quereret quomodo intraverant domum ejus 
et cameram, cum ostia essent fortiter serata, ait quod 
bene intrabant domum januis clausis. Tuoe eam invo- 
cans sacerdos intra cancellam, clauso ostio, verbe- 
ravit eam cum cracis baculo, dicens : c Exite Iùdc, 
domina sortilega. » Cum autem non posset, emisit 
eam sacerdos, [dicens] : c Modo videtis quod fatua 
estis, que sompnium veritatem creditis'. » 

369. Item, cum in diocesi Bisumptina, in quadam 
parrochia, homines talibus crederent, quidam ribaldi 
transfiguraverunt se in simiiitudinem mulierum, earum 
assumpto habitu, et, domum cujusdam divitis rustici 
cum torticiis intrantes, et coreas ducentes sub pressa, 
canebant : c Unum accipe, centum redde. > Et sic io 
oculis rustici domum evacuaverunt onmibus bonis, 

déesses se promenant à travers l'espace. (V. Fanche, Une tétrade, 
m, 42.) 

1. Ms. vellens. 

2. On peut voir des variantes de cette anecdote dans Bromyard 
(tit. Sortilegium) et dans les Latin Stories de Th. Wright (n* i% 
qui la cite comme extraite de Vincent de Beauvais, ignorant q^^ 
Tauteur du Spéculum morale Tavait empruntée lui-même à Etienne 
de Bourbon. 



DU DON DE FORGE. 385 

dicentis uxori sue . : c Tace, et claude oculos ; divites 
erimus, quia bone res sunt, et ceotuplicabunt bona 
nostra. > 

370. Sexto dicendum est de supersticionibus con- 

tumeliosis, quarum quedam sunt contumeliose Deo, 

quedam proximo. Deo contumeliose sunt supersti- 

ciones que divinos honores demonibus attribuunt, vel 

alicui alteri créature, ut facit idolatria, et ut faciunt 

misère mulieres sortilège que salutem petunt adorando 

sambucas vel offerendo eis, contenmendo ecclesias vel 

sanctorum reliquias, portando ibi pueros suos vel ad 

formicarios vel ad res alias, ad sanitatem consequen- 

dam. Sic faciebant nuper in diocesi Lugdunensi, ubi, 

cum ego predicarem contra sortilegia et confessiones 

audirem, multe mulieres confitebantur portasse se 

pueros suos apud sanctum Guinefortem. Et cum cre- 

derem esse sanctum aliquem, inquisivi, et audivi ad 

ultimum quod esset canis quidam leporarius, occisus 

per hune modum. In diocesi Lugdunensi, prope villam 

monialium que dicitur Novile, in terra domini* de 

VilarioS fuit quoddam castrum cujus dominus puerum 

parvulum habebat de uxore sua. Cum autem exi vissent 

dominus et domina a domo et nutrix'similiter, dimisso 

puero solo in cunabulis, serpens maximus intravit 

domum, tendens ad cunabula pueri; quod videns 

leporarius, qui ibi remanserat, eum velociter insequens 

et persequens sub cunabulo, evertit cunabula, morsi- 

bus serpentem invadens, defendentem se et canem 

similiter mordentem ; quem ad ultimum canis occidit 

1 . Villars en I>oinbe8. D'après Ëchard, la localité appelée Novile 
serait Villeneuve, bourg situé dans le même canton que Villars. 



8S16 ÉnBNTO DE BOURBON. 

et a cunabuUs pueri longe projecit, relinquens ouiia- 
bula dicta cruentata, et terram et 09 suuin et capot, 
serpentis sanguine, stans prope cunabula, maie a ser- 
pente tnïctatu8. Gum autem intrasset nutrix: et bec 
videret, puenun credens occisum et devoratiun a 
çamç, claniavit cum maximo ejulatu; quod audiens, 
mater pueri similiter accurrit, idem vidit et credîdit, 
et clamavit similiter. Similiter et miles, adveniens ibi, 
idem credidit, et, extrahens spatam, canem occidit. 
Tune, accedentes ad puerum, invenenmt eum illesum, 
suaviterdormientem; inquirentes, inveniunt serpentein 
canis morsibus laceratum et occisum. Yeritatem autem 
facti agnoscentes, et dolentes de hoc quod sic inju^ 
canem occiderant sibi tam utilem, projecerunt eum in 
puteum qui erat ante portam castri, et acervum inaxi- 
mum lapidum super eum projecerunt, et arbores juj^ 
plantavarunt in memoriam facti. 

Castro autem divina voluntate destructo, et terra in 
desertum redacta est, ab habitatore relicta. Homines 
autem rusticani, audientes nobile factum canis, et 
quomodo innocenter mortuus est pro eo de quo debuit / 
reportare bonum, locum visitaverunt, et canem tan* | 

quam martyrem honoraverunt et pro suis infirmitati- 
bus et neccessitatibus rogaverunt, seducti a diabolo et 
ludificati ibi pluries, ut per hoc homines in errorem \ 

adduceret. Maxime autem mulieres que pueros habe- / 

bant infirmos et morbidos ad locum eos deportabant, , 

et in quodam Castro, per leucam ab eo loco propinquo, 
vetulam accipiebant, que ritum agendi et demonibus ^ 

offerendi et invocandi eos doceret eas, et ad locum ' 

duceret. Ad quem cum venirent, sal et quedam alla ,< 

offerebant, et panniculos pueri per dumos circum- ' 

/ 



DU DON DE FORGE. 3S7 

stantes pendebant, et acum in lignis, que super iocum 

creverant , figebant , et puenim nudum per forameD quod 

erat inter duos truncos^ duorum lignorum [introduoe- 

bant], matreexistente ex una parte etpuenimtenenteet 

proiciente novies vetule que erat ex alia parte, cum invo- 

catione demonum adjurantes faunos, qui erant in silva 

Rimite, ut'puerum, quemeorum dicebant, aociperent 

morbidum et languidum , et suum, quem secum detu- 

lerant, reportarent eis pinguem et grossum, vivum et* 

sanum. Et, hoc facto, accipiebant matricide puerum, et 

ad pedem arboris super stramina cunabuli nudum pue- 

rum ponebant, et duas candelas ad mensuram pollicis 

in utroque capite, ab igné quem ibi detulerant, succen- 

debant et in trunco superposito infigebant, tamdiu 

inde recedentes quod essent consumpte et quod nec 

vagientem puerum possent audire nec videre ; et sic 

candele candentes plurimos pueros concremabant et 

occidebant, sicut ibidem de aliquibus reperimus. 

Quedam etiam retulit mihi quod, dum faunos invocas- 

set et recederet, vidit lupum de silva exeuntem et ad 

puerum euntem, ad quem, nisi affectu materno mise- 

rata prevenisset, lupus vel diabolus in forma ejus eum, 

ut dicebat, vorasset. Si autem, redeuntes ad puerum, 

eum invenissent viventem, deportabant ad fluvium 

cujusdam aque rapide propinque, dicte Ghalarone >, in 

quo puerum novies inmiergebant, qui valde dura 

viscera habebat si evadebat nec tune vel cito post 

moreretur. Âd Iocum autem accessimus, et populum 

terre convocavimus, et contra dictum predicavimus. 

Ganem mortuum fecimus exhumari et lucum succidi, 

i. Ms. trucoot, 

2. Ms. nbi. 

3. Ghalaronne, rivière qui se jette dans la Baène. 



328 éhenne de bourbon. 

et cum eo ossa dicti canis pariter ooncremari, et 
edictum poni a dominis terre de spoliacione et redemp* 
cione eorum qui ad dictum locum pro tali causa de 
oetero convenirent^ 

371 . Item quedam sunt oonfaimelioaa Deo, quando 
fiunt sortilegiadesacramentis, vel sacramentalilHis, vd 
de rébus sacris vel ad cultum Dei pertinentibus. Ad 
quod facit exemplum supra positum contra sacrQe- 
gium et irreverenciam sacrorum, de rustico retineote 
corpus Ghristi in examinis apum alveo*. 

Item audivi quod, cum quedam mulier diocesis 
Lugdunensis, in die Pasce conmiunicans, retinuiss^ 
corpus Ghristi, ut inde sortilegia faceret, illud volutum 
panno in bursa sua posuit. Gumque dormiret, [vidit] 
chorum pulcherrimum de celo descendentem, et pul- 
cherrimum juvenem adorantem et secum ad celos eum 
reducentem ; ad quam visionem territa et exdtata, 
desperabat et proponebat se nunquam hoc confiteri. 
Sed mox percussa est mira passione : non invento 
Ghristi corpore ubi posuerat, paciebatur intolerabiles 
pedum aut manuum torsiones, propter quas ad peni- 

i. Ce trait si curienx, qui nous montre des rites chrétiens mêlés 
à de vieilles traditions du paganisme, est reproduit par Échard, 
qui rapproche la superstition de saint Guinefort du culte rendu à 
un voleur public du temps de saint Martin. (V. Scriptares ord, 
Prsdic, I, 193.) D'après M. Guigne, la dévotion à saint Guinefort 
existerait encore à Romans, où les femmes Tinvoqueraient, soit 
pour leurs maris, soit pour leurs enfants. Une légende analogue a 
été signalée également dans le pays de Galles et dans le livre 
indien de Sindibâd, d'où est sorti le roman des Sept Sages, 
(V. Guigne, Topographie historique de l'Ain, Trévoux, 1873, in-4*; 
V Intermédiaire des chercheurs et curieux, fx, 675, 733, et X, 18; 
et la préface des Deux rédactions en prose du roman des Sept Sages 
publiées par M. G. Paris pour la Société des anciens textes finançais.) 

2. V. ci-dessus, n» 317. 



DU DON DE FORGE. 3S9 

tenciam conversa, vocato sacerdote, cum fletu et 
amaritudine peocatum suum confitens, restituta est 
sanitati^ 



OCTAVUS* TITULUS. 

[DE INVIDIA.] 

372. Octavus titulus quarte partis hujus operis est 
de invidia et ejus speciebus ; et quia hoc vicium maxime 
impugnat humanam naturam fortissimeque, ... ideo 
ad hoc repugnandum maxime est donum fortitudinis 
neccessarium. Dicemus autem primo de invidie nocu- 
mentis, post de ejus speciebus ^. 

[De nocumentis invidie.] 

373. Fréquenter accidit ut eamdem mortem quam 
procurât invidus vicino suo incurrat... Âudivi quod, 
cum quidam domicellus graciose cuidam principi 
serviret, quidam ejus prepositusmaliciosus, ei invidens, 
accusavit eum apud dominum suum, dicens quod pro 
certo sciebat quod cum uxore sua conunisceretur, 
addens aliqua falsa intersigna. Cum autem ei credi- 
disset, habuerunt consilium iniquum, et vocavit ejus 
consilio dictus princeps quosdam operarios, qui for- 
nacem in nocte illa debebant succendere ad calcem 

1. F~ 413, 414. 

2. Ms. quartiu. 

3. P«>414. 



330 ÉTIEimE DE BOURBON. 

faciendam, et fecit eos jurare quod in mane illum mit- 
terent in fcMmaoem qui primas ad ços veniret. Gain 
autem summo mane convocasset dictas princ^M die- 
tum juvenem, jussit ut festinanter iret ad operarios, et 
diceret eis quod omnino facerent quod sibi fîierat 
imperatum. Ille autem, sicut singulis diebus consue- 
verat antequam aliquid faceret, voluit prius audire 
missam quam ire. Prepositus autem gaudens, cum 
crederet jam eum ad fornacem venisse et combustuin, 
prevenit eum, et ab operariis in fornacem projectus 
est. Similiter accidit illis qui Danielem projecerant in 
fornacem ex invidia (Dan. nn) ^ 

[De speciebus invidie.] 

374. Prima spes invidie est gaudium de aliène 
malo... Secunda spes invidie est dolor de aliéna pros- 
peritate sive de bono alieno... Tercia spes invidie est 
detractacio... Sunt similes [detractatores] quibusdam 
monstris de quibus dicitur in Historia transmanna; 
et Ânselmus, in libro de Imagine mundi, [dicit] quod 
in quibusdam partibus Orientis sunt homines habentes 

i. Fo 416. de récit, d'origine indienne, a passé dans la littéra- 
ture arabe, et de là dans celle des peuples occidentaux. M. Morel- 
Fatio en a publié récemment une version catalane, écrite au 
XV* siècle d'après le conte français édité par Méon {Romania» 
ho d'octobre 1876, p. 453*465). On le retrouve jusque dans les 
anciens synaxaires russes, sous une forme qui tient à la fois des 
versions arabes et des versions néo-occidentales. M. G. Paris avait 
déjà observé qu'il devait exister un texte latin ayant servi d'inter- 
médiaire entre le texte arabe ou byzantin et le texte français 
(Ramania, ibid,) : celui d'Etienne de Bourbon vient justifier cette 
prévision et combler la lacune. 



DU DON DB FORGE. 331 

corpora humoDa et canina ora, similiter et quedam 
mulieres, habitantes in quodam fluvio Indie, habentes 
caninos dentés... Qui in congregacionibus mutuis 
detractionibus se lacérant similes sunt illis canibus, de 
quibus audivi a pluribus quod in Gampania Francie, 
juxta Montem-Hismerum, omnes caïies patrie, circa 
annum Domini m° gg°, oonvenerunt, et pugnantes mu- 
tuis morsibus se omnes occiderunt^ 



De adulacione. 

375. Hic agendum est de adulacione, hujus racione, 
quia videtur habere hoc vicium aliquam oppôsicionem 
aliis antecedentibus duabus speciebus, que sunt in 
vituperando vel maledicendo perverse. Adulacio au- 
tem est, ut quidam dicunt, perversa benedictio vel 
laudacio... [Âdulatores] sunt falsi testes et mendaces, 
quos querunt homines ut ferant testimonium pro se. 
In hoc enim magni homines sunt egentes, quia non 
habent qui dicat eis veritatem... Principes autem et 
magnâtes terreni detestantur et affligunt hominem 
veritatis, et conjungunt sibi homines falsitatis. De quo 
magister Guiardus, cancellarius Parisiensis, ad ulti- 
mum episcopus Tornacensis', dicebat talem fabulam. 



1. Fo» 416 v», 417. V. ci-dessus, n» 170, et ci-après, n» 482. Dans 
ce dernier passage, Etienne de Bourbon place le combat des chiens 
vers 1230. Le moine Albéric, qui le rapporte en môme temps que 
le supplice des hérétiques condamnés à Mont- Aimé, assigne à Tun 
et à Tautre la date de 1239. (Éd. Pertz, Monum. Germ. hist.y 
XXm, 944.) 

2. Guiard de Laon, évéque de Cambrai (et non de Tournai), de 
1238 à 1247. 



l 



33S ÉnENNB DE BOURBON. 

Duo homines fortuito casu errantes venerunt ad ter^ 
ram simianim ; quos cum vidissent hujusmodi siime, 
oonvenerunt ad iovicem dioentes : c Isti homines sont 
exploratores ; vooemus eos, et sciamus ad quid vene- 
runt. — Ego, dixit earum major, ero in loco emî- 
nenti, et vos circumdabitis me quasi regem vestrum 
et honorabitis undique, et ego fadam altos gestus. > 
Quod cum fecissent, vocaverunt dictos homines, quo- 
rum unus vocabatur Falsidicus et alter Veridicus. 
Veridicus vocatus requiritur a rege earum ad quid 
venerat et quid sibi videretur de eo. Qui ait : c Do- 
mine, licet vos faciatis nobiles et altos gestus, mihi 
videtur quod non respondent condidoni vestre, cum 
sitis animal déforme et impotens. > Tune rex ille^ ait 
simiis suis : c Auditis quid ausus sit dicere contra me ; 
acuité ungues vestros, et eum totum decerpite. 9 Quod 
et fecerunt. Postea quesivit a Falsidico consimile, qui 
ait : c Domine, vos estis animal maxime nobilitatis et 
dignitatis et potestatis, qui tôt et tantos habetis prin- 
cipes sub vobis : multum est vestra sublimitas hono- 
randa. » Quod audiens rex, precepit ut sublimaretur 
[et] ab omnibus honoraretur*. 

376. Item idem, ut audivi, aliud exemplum dicebat 
fabulosum. Cum leo et lupus et vulpis ivissent vena- 
tum et accepissent predam, quesivit leo a lupo quo- 
modo deberet distribui ; qui ait quod média pars esset 
sua et leonis altéra. Pro quo indignatus leo projedt 

i. Ma. Cui rex ilU. 

2. Ge sojet de fable a été plusienn fois traité en vers (Roma- 
ins, 68 ; Ysopet, H, 30 ; Marie de France, 66 ; Th. Wright, LaHn 
Stories, p. 164). U fignre aussi dans le recneil d'Eudes de Shlrton 
à l'usage des prédicateurs et dans plusieurs sermonnaires. 



DU DON DE FORGE. 333 

pedem suum super caput ejus, et extraxit inde pellem 
unguibus ; et quesivit a vulpe quomodo deberet par- 
tir! preda, que ait : c Domine, vos estis rex noster et 
capitaneus ; debetis habere medietatem prede , et do- 
mina nostra regina, uxor vestra, quartam partem, 
et filius vester leunculus aliam quartam partem. > 
Quem respiciens leo, quesivit quis ita egregie docue- 
rat eum partiri. Respondit : c Domine, ille dominus 
cui dedistis capucium rubeum^ > Sic est in congrega- 
cionibus magnorum : veriidioos opprimunt et falsidiœs 
exaltant, et ballivos, qui eis aliéna adjudicant, diligunt, 
[et] alios opprimunt qui contra faciunt. Hoc, licet sit 
fabulosum, propriissime et verissime competit malicie 
multorum'. 

De perjurio. 

377. Dicto de falso testimonio, quod fréquenter vel 
quasi semper concomitatur perjurium, consequenter 
de perjurio dicemus, ea que dicuntur in Sununa de 
viciis epilogando et aliqua exempla addendo.... 

Eccli. xxm c. : c Juracioni ne assuescas os tuum. » 
Sunt enim muiti casus in illa culpe et pêne, racione 
perjurii quod sepe subsequitur, sicut accidit de quo- 
dam bubulco. Gum in diocesi Bisumptina, in qua 
assueti solebant esse homines jurare et Deum negare 
vel agnegare', sununo diluculo exirem de quo- 
dam Castro, habui obviam dictum bubulcum comeden- 

1. G'est^-dire celui dont vous avez rougi la tête (le loup). Cette 
fable, qui se trouve dans le Roman du Renart, a revêtu difiÉérentes 
formes. Cf. Th. Wright (Latin Stories, n^ 58) et les fabulistes 
modernes. 

2. P~ 420, 421. 

3. Cf. le n» 383. 



334 ÉTIKimE DE BOURBON. 

tem pira ; et cum quererem si qui ita mane refidebat 
corpus adfauc refecisset anîmam dicendo dominicain 
oracionem, jurabat et Deum abnegabat quod îpse 
Pater noster nesciebat. Et cum ego arguebam eum de 
hoc quod ipse jurabat et Deum negabat ex consue- 
tudine jurandi, perjurabat jurans et agnegans Deum 
quod ipse nec Deum juraverat nec abnegaverat; et 
sic semper perjurabat cum plus eum de hoc ar- 
guebam ^ 

378. Dissuadet perjurium vindicta maxima qua 
Deus in presenti punit hoc peccatum, juxta verbum 
superius positum, Zac. v b. : c Yeniet maledictio ad do- 
mumjurantis in nomine meo mendaciter, > etc.. Âc- 
cidit similiter imprecantibus , secundum quod ego 
audivi in diocesi Glaromontensi, in villa Reumo'. 
Audivi a fratre Radulfo de Varei, qui tune erat prior 
Glaromontensis cum accidit, quod, cum quidam usu- 
rarius moreretur penitens, vocavit duos amicos suos, 
rogans ut ipsi essent exequutores sui fidèles et veloces, 

1. Fo 425 V*. Ce dialogue n'a guère de sel que si on le traduit 
en français : le paysan répète à chaque phrase un juron comme jar- 
niguêl}e renie Dieu) pour accentuer son affirmation, et, de cette façon, 
plus il affirme qu'il ne jure pas^ plus il jure. Quoique Etienne de 
Bourbon affirme avoir eu lui-môme cet entretien (ce qui est très- 
croyable, car le fait pouvait se renouveler souvent), on en trouve 
un presque semblable dans Jacques de Vitry (f« 134) et dans les 
Latin stories publiées par Th. Wright (n^ 68). Il s^agit là d'une 
femme qui se confesse : « £t sacerdos prohibuit ei ut de cetero 
non juraret. lUa respondit : Domine, si Deus me adjuvet, de cetero 
non jurabo. Gui sacerdos : Ecce adhuc juras. At iUa : Per DeuxD, 
amodo abstinebo. Gui sacerdos ait : Sit senno tuus : est, est; non, 
non; sic precepit Dominus. Quod enim abundantius est, a malo 
est. Gui illa : Domine, verum dicitis, et ego vobis dico, per bea- 
tam Yirginem et omnes sanctos, amodo non jurabo. d Etc. 

2. Probablement pour Riomo (Riom). 



DU DON DE FORGE. 335 

et quod restituèrent quod habuerat de aliène, exîgens 
ab eis juramentum ; qui illud feoerunt cum impreca- 
cîone. Âlius imprecatus est quod igné sacro, qui dici- 
tur gehennalis, sucoenderetur nisi hoc faceret; alius 
quod lepra mala fenretur. Gum autem, eo mortuo, 
pecuniam retinerent, nec ut promiserant facerent, ut 
imprecati fuerant factum est eis, et, tormento urgente, 
hoc sunt confessi^ 



NONUS* TmjLUS. 



[DE IRA.] 



379. Nonus titnius quarte partis est de tercio 
prinçipaKum viciorum, scilicet de ira, de qua agimus 
sub dono fortitudinis quia per ipsam maxime impu- 
gnat [dyabolus] fortissimos et maximos, et deicit cor- 
poraliter et spiritualiter . . . ^ 

[De effectibus ire.] 

380. Hune qui proximum odit, Deus odit...Bem. : 
€ Ne Ghristus, qui est sol justicie, propter iracundîam 
vestram de cordibus vestris excédât S quia non nisi 
in pace habitat, in qua &ctus est locus ejus. » Item 
audivi Remis accidisse quod quedam beguina, noviter 

l.F«»426. 

2. Ms. quirUus. 

3. F» 426 v«. 
A. Ma. occidat. 



336 timmB vm boorbosi. 

conversa. Ha erat iracanda et lîtîgiosa,^ qood alias 
conviens mnHîs fineqnentissmie aflligehat et torbabat. 
Gnm antem in die Pasoe rogarent eam sodé nt oonfi- 
teretur de hoc et emendam promitteret, et hoc lècis- 
set, visum fuit ei, cnm reciperet eodiaristiani, quod 
exenium lucidissimum, involatnm mappula qploidîdis- 
sima, ingrederetur in eam per os ejns; de quo maxi- 
mam suscepit consoladonem. Post oxnestîonem, ciim 
reversa ad vomitum litigaret, ut consueverat, et alie 
nionerent eam ne ita dto expeDeret susceptum hos- 
pitem, et non propter hoc cessaret, visa est dicta 
mappula cum exenio ab ea per os recedere et versas 
celum contendere. Hoc ibidem me audivisse credo, 
vel ab eadem, vel ab aliis quibus notum fuerat^ 

381 . Notandnm autem quod multis stultidis labo- 
rant iracundi... Iracundus odit proidentes sibi burum 
et ai^entum et lapides preciosos, de quibus posset 
débita solvere, et se redimere a caroere, et coronam 
sibi celestem fabncare. Àudivi quod, cum quedam 
mulier litigiosa et iracunda litigaret cum quadam 
bona muliere, et illa adverteret fructum contumdia- 
rum ejus, quas ei inferebat, extendens pallium suum, 
dicebat ei : c Garissima , proice hic satis , quia con- 
vida tua argentum sunt pro debitorum meorum 
solucione et pro captivitatis mee liberacione , aurum 
et lapides preciosi sunt pro celestis corone fabrica- 
donc et eterni premii acquisicione. > Quod cum au- 
diret alia, quod hoc magis ac magis prosequeretur, 
confusa cessavit a conviciis '. 

1. F^ 427. Les derniers mots attestent une fois de plus la scni- 
palense sincérité dn narrateur. 

2. F<»427v«. Cf. len<»241. 



DU DON DE FORGE. 337 

De peccato blasphemie. 

382. Quia sepe ex ira surgit blasphemia, de pec- 
cato blasphemie hic dicemus. Et notandum quod qua- 
druplex potest distingui blasphemia : cordis, cris, 
operis et scripture... Quoniam autem blasphemia ne- 
gandi Dominum adeo infecit plurimas partes mundi, 
et maxime terram Burgundie, ex pestifera consuetu- 
dine, ut homines ibi quasi pro nihilo ducant Deum 
negare, ita ut ad puncturam musce vel publicis plu- 
ries Deum negent, idée quam periculosa sit ista blas- 
phemia ostendemus... 

Âd confusionem eorum qui ab ubere dicti sunt 
christiani, christianorum fîlii, et inter christianos nu- 
triti et edocti et veterati, qui de facili Deum negant, 
ponimus hic exemplum cujusdam Sarraceni in fide 
neophiti, de quo audivi a quodam milite in societate 
et curia régis Francie magni, quod accidit, cum rex 
Francie et Franci cepissent nuper Damiatam ' in pri- 
mo impetu, sine sanguinis efiusione et insultu, quidam 
Sarracenus venit ad licias christianorum, damans 
quod reciperetur, quia volebat fieri christianus. Quo 
recepto, et ejus proposito examinato, cum fiiisset 
baptizatus, et iret cum rege et aliis christianis fîdeliter 
contra Sarracenos, captis christianis et rege Lodo- 
vico, captus est et ipse a Sarracenis; qui cum ma- 
gnus fuisset inter eos, primo blandiciis et promissis 
cum non possent eum ad Ghristum negandum inflec- 
tere, minis addiderunt verbera, duceptes eum nudum 

i. Ijol prise de Damiette par saint Louis est de 1249. 

23 



938 ÉTIENNB DE BOURBON. 

flagellando per eorum castnim. Gum nec sic vellet 
Ghristum negare, lardum ardens super carnem ejus 
fundebant. Et post plurima alia tormenta, eum ad 
stipitem ligatum totum texerunt et infixerunt; nec 
tamen Ghristi negacionem, sed laudaciooem extor- 
seront ^ 

383. Secundum genus blasphemie verbi est illonim 
qui se dyabolo reddere consueverunt sive sua . . . Item 
audivî quod aocidit in Bisumptinensi diocesi a per^ 
sonis nobilibus, que hoc asserebant, et locum ubi aod- 
derat, vicinum sibi , nominabant nûhi , ubi homines 
sunt assueti Deum negare et se per guttur dyabolo 
reddere* : quod, cum quidam luderet ad dedos et cm- 
nia amisisset, uno denario excepto, dyabolis in oor- 
pore et anima se per guttur reddidit, et in signum 
hujus, post multas blasphemias, eis denarium proje- 
cit. Et cum, mane facto, iret solus per viam, obviavit 

1 . Cet épisode de la croisade de saint Louis, raconté à Etienne de 
Bourbon par un des compagnons du roi, n'a pas été relaté par ses 
historiens. Ils rapportent cependant que plusieurs Sarrasins se 
convertirent au christianisme après la prise de Damiette, et que, 
quand saint Louis eut été fait prisonnier, avec plus de dix mille 
hommes, un des lieutenants du soudan voulut contraindre ceux-ci 
à renier Jésus-Christ et condanma ceux qui refusèrent à divers 
supplices. (V. Math. Paris, Addit.^ p. 168; Joinville, éd. de 
WaiUy, p. 182; Le Nain de TiUemont, IH, 260, 344.) Ces témoi- 
gnages confirment d'une manière générale le récit reproduit par 
notre auteur. 

2. Etienne de Bourbon fait plus d'une fois allusion à cette mau- 
vaise habitude des anciens Francs-Comtois, dont il connaissait 
particulièrement le pays. Il mentionne ailleurs une coutume non 
moins curieuse, en vigueur de son temps à Besançon : c In civi- 
tate Bisuntina, talis dicitur esse consuetudo, quod, cum venit 
imperator, omnes usurarii sui sunt, ad redimendum et capiea- 
dum; unde, eo veniente ibi, abscondunt se in latrinis. » (F« 170.) 



DU DON DE FORGE. 339 

duobus demonibus in specie humana, qui dixerant ei 
quod essent domini sui demones quibus reddiderat se, 
et signum hujus, denarium quem eis projecerat, ei 
ostendenint, et dixenint quod iret ante eos, quia vé- 
nérant ad eum deducendum ad habitacionem suam. 
Qui rogavit eos quod permitterent eum ire ad domum 
suam, et quod post duos dies sequeretur eos quo- 
cumque irent vel vellent. Quod eum factum esset, 
prima die, mansit in domo sua tristis et desperans, 
nec causam alicui pandens, nec eomedens nec bibens. 
Gum autem, sequenti die, quedam mulier transiret 
ante domum ejus pauper et infantulum inter brachia 
portans, et peteret ab eo pro Deo de pane suo, illi 
dixit quod non daret ei, nisi reciperet pro dominis 
suis, eum quibus erat iturus, scilicet demonibus qui- 
bus se reddiderat ; quod illa facere abhorruit, et ivit 
ad amieos illius, suadens eis ut diligenter requirerent 
ab eo quid esset quod ille ei dixerat, et eum custo- 
dirent. Quod eum fecissent, et ille totam veritatem eis 
manifestasset, incepit clamare : c Ecce veniunt ut me 
secum déférant ! » Et demones, invisibiles ab eis, 
eum inter manus eorum prostraverunt et occide- 
runt*. 

384. Non sufficit eis reddere se dyabolo, sed red- 
dant se, suos et sua fréquenter; multi de quibus 
ipsos et immolaverunt filios et filias demonibus. Au- 
divi a fratre Milone, priore Yirdunensi , quod, eum 
quidam calciaret se et difficulter intraret in sotulari, 
dixit quod reddebat illum dyabolo*. Qui eum vellet 



i. F~ 433 V», 434. 

2. « Je t'envoie au diable. » 



340 ETIENNE DE BOURBON. 

intrare eoclesiam ad rnissam, ut solebat, dyalxrfus 
eum per pedem retinebat. Qui tandem advertens qukl 
in mane dixisset, vocato sacerdote, oonfessus est, et, 
remoto sotulari de pede et projecto a se, siae difficul- 
tate ecclesiamintravit. Sotularis autem visus est deferri 
per aéra ^ 

385. Item qui audiunt blasphemias et non corrigunt 
videntur esse infidèles domino generali, a quo omoia 
que babent tenent. Non enim sustinerent aliqui fidèles 
milites quod diceretur impune oontumelia régi suo 
vel domino temporali, vel de eo, quam sustinent de 
Deo ; dissimiles illi militi qui, cum intrasset Parisius et 
fransiret per magnum pontem, et filius cujusdam 
maximi bui^ensis blasphemaret Dominum, non susti- 
nuit inultum, sed maximam dédit ei alapam. Quod 
videntes burgenses, duxerunt eum ad regem Philip- 
pum captum, accusantes de hoc quod villam suam 
fif*^erat et juxta palacium suum bui^ensem suum 
verberaverat. Cum autem rex stupens et iratus que- 
reret si verum esset, et causam tanti ausus, respondit 
miles quod causa erat régis fidelitas summi, quia, cum 
ipse judicaretur infidelis si clausis oculis transiret 
contumeliam ejus sine vindicta, multo forcius debuit 
ulcisci contumeliam régis summi. Quo audito, rex 
fidelitatem ejus conunendavit, etpreoepit ei quod, ubi- 
cumque in regno suo consimilia audiret, consimiliter 
puniret*. 

1. F> 434. 

2. F« 435 V*. Cet exemple est mieux raconté, et plas intéressant 
au point de vue de la législation, dans le recueil de Jacques de 
Vitry : c Audivi quod quidam miles, cum Parisius super pontem 
transiret, audivit quemdam divitem burgensem Deum blasphe- 



DU DON DE FORGE. 341 

386. [Blasphemi] mala que ipsi faciuntDeo, qui in* 
culpabilis est, attribuunt, et bona sibi, que a Deo sunt, 
non ab eis ; mala sua ei imputant, et in eum, ubi pos- 
sunt, ut insani vindicant. Audivî quod quondam ac- 
cidit apud Latiniacum^ quod, cum quidam ribaldus 
omnia quecumque lucrari ibi poterat admitteret in 
taberna, et in Dominum blasphemans stulticiam suam 
indicaret, juravit quod de primo suo lucro quod 
faceret, se de eo vindicaret. Qui, cum in nundinis lucra- 
tus esset, de lucro suo émit arcum et sagittam, in 
contumeliam Dei sagittam proiciens versus celum, ut, 
quantum in ipso erat, Dominum percuteret, qui ibi 
ascenderat. Cum autem ille miser diu sagittam suam 
expectasset nec reversa esset, ivit, ut consueverat, 
post lucrum nundinarum ad tabernam, ludens et blas- 



mantem, et, valde iratus,... pugno ita fortiter blasphemum per- 
cussit, quod dentés illi confregit. Gumque ductus esset miles ante 
regem, ut pro tanto excessu graviter puniretur, eo quod civitatis 
libertatem fregisset et régis burgensem percussisset, postquam vix 
audientiam habere potoit, libère professus est, et ait : Domine, vos 
estis rex meus terrenus et dominus ligius ; si audirem quod aliquis 
vos vituporaret et malum de vobis diceret, non possem sustinere, 
sed dedecus et vituperium vestrom vellem vindicare. Iste quem 
percusû talia de roge meo celesti dicebat, et ipsum biasphemando 
in tantum vituperabat, quod... toUerare non potui, sed ejus dede- 
cus vindicavi. Quod andiens rex, valde ipsum commendavit, et 
eum libère abire permisit. » (Ms. 17509, f» 133.) Cet acte de jus- 
tice conviendrait assez à saint Louis, qui poursuivait si rigoureuse- 
ment les blasphémateurs ; mais Jacques de Vitry écrivait vers le 
commencement du règne de ce prince, et il est douteux qu'une 
telle tradition se fût déjà établie si elle ne se rapportait à quelque 
roi de France antérieur. On voit, en effet, qu'Etienne de Bourbon 
désigne Philippe- Auguste ; il ne doit pas avoir introduit de lui- 
même et sans motif ce nom dans son récit 
1. Lagny (Seine-et-Marne). 



342 ETIENNE nS BOURBON. 

femans. Tune ei visum est quod sagitta sua cnieD- 
tata cum impetu de celo descenderet et inferiora 
omnia penetraret, et, quasi si eum [ad] infernum invi- 
tasset, quasi amena effectua, ait : c Oportet me 
sagittam meam sequi. » Et surgens et cum impetu 
recedens, aliis ulterius non oomparuit^ 

387. Blasphemi sepe subito occiduntur diversis Deî 
judiciiSy et in corpore et in anima... Audivi ibidraa a 
fratiîbus quod, cum quidam miles, in diocesi Remensi, 
die Gène luderet cum taxillis et Dominum enonnita' 
blasphemaret , percussus est [malo] caduco, ooram 
omnibus cadens. Per totam diem sequentem se dis- 
cerpens et ad terram allidens et spumans, animam 
miser am sic evomuit. 

388. Item de alio audivi a multis fide dignis, cujus 
eciam genus agnovi, quod, cum luderet similiter et 
horribiliter blasphemaret Dominum, horribiliter per^ 
cussus cecidit, spumans et evomens. Usque adeo con- 
sumptus est, quod, [cum] esset magnus, corpus ejus 
redactum est ad quantitatem parvi pueri, et oculi 
ejus ita liquefacti, ut reducerentur ad quantitatem ocu- 
lorum unius passeris. Item occiduntur a demonibus, 
ut patet in exemple supradicto, quod ponit Gregorius 
in dialogo, de puero quinquenni. Similiter de iUo de 
quo supra dictum est, qui blasphemans demonibus se 
reddidit, et ab eis est oppressus et suffocatus. 

389. Ilem aliquando fulminantur. Item audivi a mul- 
tis, tune quando accidit Parisius, quod, cum quidam 
quadrigarius duceret in quadriga multas personas de 

1. Fo436. 



DU DON DE FORGE. 343 

Parisius versus Sanctum Dionisium, cum aliquid ad- 
versi accidisset ei in via, [et] turpiter blasphemaret, 
subito fulgur de celo corruit, et eum perforans occi* 
dity equis et personis illesis aliis'. 

390. Item quidam nauta, in diocesi Gabilonensi, 
cum navem duoeret et blasphemaret, in aqua corruit, 
et, licet bene sciret natare, cadens non surrexit; quem 
frater suus, qui hoc retulit, querens invenit mortuum, 
totum corpus intactum habentem, intus in ore lin- 
guam radicitus et onmino consumptam... 

391 . Sepe puniuntur aut semper, hic aut in futuro, 
in membro de quo peccant et contra quod peccant... 
De quodam audivi quod in diocesi Matisconensi' acci- 
dit quod, cum blasphemaret, subito percussus, cecidit 
mortuus, linguam mortuus extrahens in consimili 
quantitate, et pre horrore est a suis relictus. 

392. Item punit [Deus] nonsolum se blasphémantes, 
sed et sanctos suos. Âudivi quod, cum quidam blas- 
phemaret beatam Yirginem, manus ejus sinistra dis- 
torta est, et, cum pro hoc adhuc et plus blasphemaret, 
dextera ejus consimilis facta est ; et, cum pre doloribus 
desperans plus et plus blasphemaret, in aliis mem- 
bris plus et plus percutitur. Cum autem per ventrem 
ejusjuraret, ventre ejus inflato, subito crepuit médius'. 

i. Il s'agit sans doute d'un coche de Paris à Saint-Denis. Les 
voituriers n'ont rien désappris depuis. 

2. Mb. Matiscensi. 

3. F« 437. 



344 ETIENNE DE BOURBON. 



DEGIMUS^ TITULUS. 

[DE ACGIDIA.] 

393. Sextus titulus hujus operis quarte partis est 
de quarto septem principalium viciorum , sdlioet de 
accidia, que maxime impugnat fortissimos in Eodesia, 
id est viros religiosos, claustrales et oontemplatî- 
vos...' Agendo autem de ejus effectibus, sive malis 
que facit, tangemus de ejus speciebus, scilioet pigri- 
cia, inercia, sompnolencia , negligenda , . apostasia, 
imperseverancia, tristicia, indevocione, ociositate et 
desperacione, et de ceteris. Describitur autem sic ab 
Âugustino (super psabnum c Omnem escam abomi- 
nata est », a, e) : c Âocidia est. tedium eterni boni. » 
Richardus de Sancto Yictore : < Accidia est torpor 
mentis, bonanegligentisinchoare...^ » 

[De inapia.] 

394. Septima species accîdie est inopia reproba- 

1. Ma. sextus. 

2. On sait que la liste et le rang des péchés capitanx ont Tarie 
suivant les temps et les lieux. Celui q[ue le moyen-âge appelle 
accidia ou acedia (du grec 9xrfi\a) n'est proprement ni la tristesse, 
ni le dégoût, ni la paresse ; mais il embrasse ces variétés et toutes 
celles dont Ténumération suit. L'acédie (il faut employer ce mot 
faute d'un équivalent juste en bon français) est ordinairement 
comptée, à cette époque, parmi les vices principaux. V., sur cette 
maladie morale, un article de M. Bourquelot, dans la Bibliothèque 
de l'École des Chartes, 1~ série, t. IV, p. 249 et 457. 

3. F» 437 v«. 



DU DON DB FORGB. 345 

bilis [boni] temporalis, corporalîs et spiritualis, quam 
générât accidia. Prov. xxia : c Omnis piger semperin 
egestate est » . . . Audivi quod quidam desidiosus rusticus 
et piger venit ad quamdam vetulam, que se divinam 
faciebat, querens ab ea quomodo posset abundare 
domus sua, oppressa maxima inopia. Illa autem, cir- 
cumspiciens eum, notavit eum multa oppressum pi- 
gricia, et dixit quod mane surgeret et attenderet quid 
primo dicerent ei hirundines aut cornices, eum primo 
surgerent; similiter hoc idem attenderet eum sero 
irent cubatum, et ad eam rediret, et dicta hujusmodi 
avium ei referret. Quod eum attendisset, rediens ait 
quod voces dictarum [avium] audierat, sed non intel- 
lexerat quid velient ei dicere vel quid earum garri- 
tus signifîcaret. Tune illa ait : c Dixerunt tibi, si 
intellexisses : Cuba tarde et sui^e dto , et discurre 
pro cibo, et habetis bladum in sacco. Si non dixerunt 
hoc tibi verbo, dixerunt hoc tibi facto vel exemplo 
suo, quia hujusmodi aves mane surgunt et tota die 
discurrunt, per multum laborem sibi neccessaria ao- 
quirunt. Vade, et tu fac simiUter ^ > 

De oeiositaie. 

395. Sexta décima species accidie est ociositas... 
Gavendum est autem ocium, [et]si non esset alia racio 
nisi hec, quia aufert homini tempus, cujus admissio 
periculosissima est et dampnosissima... Yolat verbum 
irrevocabile, transit tempus irremeabile, nec advertit 
insipiens quid admittat. Audivi quod, eum quidam 

i . F» 442 v«. 



346 ÉTIBNIIB M BCMIRBOIf. 

dives dericiis vigîlaret Parisîus, ad foiestram 
dens, et quidam cantaret in vioo quaodam cai 
nam que dicebat gallice : c Tempus vadit, et ei 



feci; tempus yenit, et ego ml operot\ » iiioepit primo 
oogitare cîrca dulcedin^n cantua, post drca verbî 
sentendam, cogitaus quod aibi vtffaum oompeteret 
quasi sermonem a Deo sibi missum. Id aodpienB, 
in mane omnia relinquens, ordinem Fratrum Predii»- 
torum intravit, tune cum primo Parisius domum hs- 
buerunt. Et audivi quod ille fuit firater Guenrions, 
primus prior Fratrum Predicatorum Metensium, et 
primus fundator domus illorum'. 

De murmure. 

396. Yicesima spedes acddie potest dici murmor, 
quod ad aoddiam pertinet, quia provenit ex defeotu 
interne unctionis et consolacionis. . . Augustinus : c Soit 
celestis medicus quid nobis datunis sit ad oonsola- 
cionem, quid subtracturus sit ad exerdcionem ; non 
enim sine causa subtrahit jumento pabulum. Non ergo 
murmurandum de paupertate. > Âudivi a quodam firatre 
sacerdote et predicatore, dicto fratre Symone, quod, 
cum quidam heremita miraretur in corde suo, mur^ 

1. On peat restitaer ainsi ce couplet : 

Le temps s'en Tait, 
Et rien n'ai fait; 
Le tempe s'en Tient, 
Kt ne fais rien. 

2. F« 446. La conversion de Gnerric de Metz, qu'il ne faut pas 
confondre avec Gnerric de Saint-Quentin, mentionné plus haut, 
est rapportée de même dans une chronique du couvent des Domi- 
nicains de Metz, qui la place vers 1218 (Échard, 1, 115). 



DU DON DB FORGE. 3i7 

murans de diversis judiciis Dei, de hoc quod hi qui 
maie vivebant in presenti bene habebant sepe, et 
econtra firequenter bene viventes multas habebant 
adversitates, et aliquando illi qui bonam vitam duxe- 
rant in fine videbantur habere finem abjectum', et 
mali pulcrum, et boni admittebant fréquenter tempo- 
ralia^ malis bene succedebat in istis; cum hoc in ora- 
cione revolveret, rogavit Dominum ut ei ostenderet 
cur hoc faceret. Adfuit angélus, dicens ei quod missus 
erat ut ei ostenderet que pecierat a Domino, et quod 
sequeretur se in forma heremite apparentem. Quod 
cum faceret, venerunt ad domum cujusdam heremite, 
cujus domus supra saxum altissimum erat sita supra 
mare, qui predicanti angelo de temptacionibus et con- 
tra imperseveranciam, confessus est cum multis lacri- 
mis quod, cum fîiisset ibi in magna afflictione peniten- 
cie per quadraginta annos, ad ultimum ita erat victus a 
cogitacionibus suis, quod volebat omnia dîmittere bona 
et ad seculum redire ; quem cum videret vere peni- 
tentem angélus, precipitavit eum subito in mari, et 
mortuus est. Cum autem ad hoc factum terreretur 
heremita, socius suus, et fugeret, vocavit eum dicens : 
c Noli timere; ostendit tibi Deus unum de judiciis 
suis. > 

Gonsequenter venerunt ad domum alterius here- 
mite , qui , cum recepisset eos cum magno gaudio, 
propinavit eis potum cum cipho argenteo quem habe- 
bat, quem occulte accipiens angélus, in sinu suo occul- 
tans, secum deportavit. Venientes autem in nocte in 
domo cujusdam predonis militis, vix sunt in earecepti, 

i. Ms. adjectum. 



348 ÉTIBNNB DB BOURBON. 

et valde maie tractati et conviciis affecti.TameD aliqua 
pauca sunt eis data, et lecti parati, licet yiliter. In " 

mane noluit angélus recedere niai prius loqueretor | 

cum hospite, et extrahens dphum de sinu, dédit ei ; c 

quod videns heremîta miratus est, et murmurana in 
corde suo de hoc quod viderat. Âlia nocte venerunt 
ad domum alterius militis, qui satis vix recepit eos, 
tamen mediocriter tractavit eos. In mane cum vellent 
recedere, rogatus ab angelo, dixit cuidam filio suo 
unigenito quod eos conduceret et viam monstraret. 
Quod cum puer faceret, subito eum angélus arripuit 
et occidit, et in fossatum projecit. Quod cum vidisset 
heremita, fiigiebateum, dicens eum non esse angelum, 
sed dyabolum. c Ecce, dixit angélus, ostensa sunt tibi 
occulta Dei judicia quorum causam scire volebas : 
salutem illius prions heremite, quem predpitavimus, 
procuravimus, qui, de sua temptacione compunctus, ad 
Dominum ivit, non habens aliam penam nisi mortem 
abjectam; qui, si supervixisset, redeunte temptacione, 
malum quod conceperat adimplesset. Alius heremita 
homo contemplativus est et magnarum oradonum; 
dyabolus autem procuravit suis impedimentum ora- 
donibus : quidam enim dives dphum argenteum quem 
sustulimus ei dederat, ut pro se oraret. Gum autem 
orare vellet, veniebat ei cogitacio quid de cipho illo 
facere posset, vel ne furaretur eum aliquis ei, ita 
quod cor suum et oraciones ciphus ille ei auferebat ; 
ideo salutem ejus procuravimus ciphum auferendo : 
rediit enim ad solitas oraciones sine impedimento 
illo. Âlius autem, ad quem post venimus, malus homo 
est, nec est dignus celesti remuneracione ; pro hoc 
quod fedt nobis, ideo temporalem ei dedimus merce- 



m 

I 



DU DON DE FORGE. 349 

dem. Âlius homo fîiit hospitalis et multarum eleemo- 
synarum, et, cum non haberet prolem, rogavit Tires 
religîosos ut rogarent Dominum ut daret ei prolem ; 
quod feoerunt , et dédit ei filium, quem vidisti sub- 
mergi a nobis. Quo habito, cepit opéra misericordie, 
que facere consueverat, dimittere, etmulta malafacere, 
quo modo multa filio acquireret. Puero mortuo in 
innocencia salutem procuravimus, qui, si supervixis- 
set, multa mala fecisset; similiter et patri pueri, qui, 
eo mortuo, ad consueta bona opéra revertetur^ » 

397. Dissuadet hoc vicium jus vel obligacio voti et 
condicio religionis, ubi qui de se se intromittit, rapi- 
nam facit. . . Hos qui in religione medicinalia sectantur, 
fréquenter refiigit divina consolacio et medicina. Ber- 
nardus : c Delicata est divina consolacio, et non datur 
admittentibus alienam. > Âudivi a quodam fratre P. His- 
pano* quod quidam ordinem intravit qui noverat 
carnalem medicinam. Qui cum vellet physice vivere 
et abstinere a fabis et aliis grossioribus, dicens quod 
sue non competerent complexioni, cum alii viriliter 

i. ¥^ 447, 447 v<>. Une variante de cet apologue célèbre a été 
publiée par Thomas Wright d'après des manuscrits anglais {Latin 
Stories, etc., n» 7). On le retrouve encore dans les Gesta Romana^ 
rum, recueil du xrv« siècle (cb. 80), dans les Fabliaws et contes 
édités par Méon (II, 216), dans les sermons d'Albert de Padoue, 
orateur du xiv« siècle, dans les poésies anglaises de Thomas 
Pameil, et dans le Magnum spéculum exemplorum, édité à Douai en 
1605 (I, 152). Il a fourni le sujet d'un épisode de Zadig, conte de 
Voltaire, qui a remplacé l'ange par un ermite. M. Victor Le Clerc 
croit pouvoir en rattacher l'origine aux anciennes vies des Pères 
du désert (Hùt. litt., XXIIl, 128 et suiv.). U parait, en effet, venu 
de l'Orient, car on le rencontre dans plusieurs recueils orientaux, 
et jusque dans le Koran (xvm, 64). V. aussi Luzei, Légendes 
chrétiennes de la Bretagne (Saint-Brieuc, 1874), p. 14. 

2. V. le no 256. 



350 âTDDVNB DE BOURBON. 

laborarent in opère Dominî, ipse sepe languens in 
infirmaria recumbebat, multis medicmîa corpus saura 
attenuans, et semper deterius habebat. Cum autan 
sanel venisset in oonventu, in refectorio comedens, 
vidit beatam Yirginem conventum drcum^mtem corn 
puella spedosissima, in manu sua pixidem electuarii 
preciosissimi tenentem, et beatam Yii^inem cum oo- 
chleari in ore omnium cibaria conmiunia comedeD- 
cium electuarium ponentem, ex quo erant eis mnnia 
sapida et sana. Cum autem ad eum [venisset] et ipse 
08 ei aperiret, ipsa retraxit manum, dioens : c (^lia 
tu tuam medicinam sequeris, meam non habebis. » 
Qui penitens et oonununibus utens, recepit pariter et 
sanitatem et cibariorum oommunium sapidam degus- 
tadonem^ 

De impediciane boni. 

398. Yigesima quinta species aocidie potest did 
impedido vel impedimentum boni : ex eo enim quod 
bona sunt accidioso' insipida, displioent ei in aliis, et 
impedit ne fiant... Item Deus impedit facta impedien- 
dum bonos. . . Audivi quod, cum quidam nobilis, quem 

1. F« 448 yo. On voit que Tétade de la médecine n'était |>as en 
faveur dans les cloftres. CSela vient de ce que les prescriptions des 
médecins se trouvaient trop souvent en opposition avec la règle ou 
avec la « médecine spirituelle. » G*est du moins la raison qu'en 
donne le cardinal de Vitry : f Medici multa promittunt et multos 
fallunt, quorum precepta preceptis dominicis contraria esse viden- 
tur. Dominus dicit : Vigilate; medicus ait : Dormite. Dominus 
dicit : Jejunate; medicus ait : Gomedite. Dominus dicit : Labo- 
rate; medicus ait : Quiescite...; ut taceamus de iUis qui sub 
obtentu purgationis consulunt fomicari. » (Ms. 17509, f^ 32.) 

2. Ms. accidiosa. 



DU DON DB FORCB. 351 

novi magnum in religione, vellet intrare religionem, 
quidam consilîarius suus et oonfessor, hoc advertens, 
nitebatur eum quantum poterat impedîre. Gum autem 
non posset, exegit juramentum ab eo quod non intra- 
ret donec ante ingressum ad eimi rediret loquuturus. 
Gum autem in sequenti die proposuisset et parasset 
introitum, et ille occulte proponeret impedîre, subla- 
tus de medio, est subito impeditus. Gum autem sum-* 
mo mane rediret ad predictum confessorem ad jura- 
mentum salvandum^invenit quod mortuus efferebatur; 
et, sic liber a juramento, quod conceperat adim- 
plevit. 

399. Item hoc peccatum in infemum figit... Âudivi 
quod dominus Otto, Portuensis^ episcopus, cardina-* 
lis, nepotem habuit qui Predicatorum ordinem intra- 
vit ; quem cum rogarent sui ut eum ne profiteretur 
ibi impediret, vel ab ordine revocaret, ait : c Hoc 
forsitan facerem nisi scriptum esset : Animam pro 
anima; et quia non habeo nisi unicam animam, nolo 
eam solvere pro sua'. » 

De negligencia. 

400. Yicesima octava species accidie est negligen- 
cia. Est autem multiplex negligencia de qua proponi- 
mus aliquid dicere. Est negligencia pastorum sive 
rectorum Ecclesie... Debent autem esse diligentes 
in custodia animarum... Sic faciebat ille de quo 
sequitur. Gum Johannes, quondam archiepiscopus 

1. Porto. 

2. Fo 452. 



j 
I 



352 ÉTDENNE DE BOURBE. 

LugdunensisS navigans per mare appliouisset in qnaii- 
dam insulam, ui^nte tempestate, cum solo cantore 
eoclesie sue, aliis sociis admissis, venit ad quandam 
villulam ubi hcxnines non intelligebat ; et videos 
quemdam hominem senem sedentem in qaadam do- 
muncula subterranea, scribentem in tabula et legen- 
tem, gavisus est, querens ab eo lingua latina quis 
esset. Respondit quod erat episoopus illius civitatis. 
Et cum quereret quid ibi legeret et que esset illa 
civitas, respondit quod ipsa villula in qua erant, et 
quod respiciebat nomina, numerum et acta parrochia- 
norum suorum, pro quibus tenebatur reddere rado- 
nem, juxta quod scriptum est in Proveii)us, xn c : 
c Novit justus numerum jumentorum suorum ; viscera 
impiorum crudelia. » Cum quesivisset archiepisoopas si 
sciret numerum, respondit quod sic, et dixit nume- ^ 
rum valde modicum. Et cum archiepiscopus dictus 
stuperet, quesivit alter quis et unde esset, et quare 
miraretur. Qui cum dixisset ei, quesivit quot animas 
habebat in cura sua. Gui cum dixisset quod innume* 
rabiles, quarum nec nomina nec facta sdebat, res- 
pondit ille : c Per Deum , et innumerabilia paderis 
tormenta. > Hoc audivi a dicto cantore qui cum eo 
erat*, 
401. Notandum autem quod ab bac negligenda 

1 . Jean aux Blanches-Mains, cité plusieurs fois dans le cours de 
l'ouvrage. 

2. F» 455. Y. la reproduction de la môme anecdote sous le 
no 496. Le chantre de l'église de Lyon désigné ici fut en relations 
avec notre auteur parce qu'il devint, comme Etienne le dit lui- 
môme, évoque de Màcon : c'est Aimon, qui occupa ce siège de 
1219 à 1242, et qui auparavant exerça efifectivement les fonctions 
de chantre à Lyon. (V. Gall. Christ^ IV, 1078.) 



DU DON DE FORCB. 353 

non sunt excusati qui indignis, ut pueris aut nepo- 
tdis, eoclesiastica bénéficia oonferunt, et maxime curas 
animarum... Gum cuidam episcopo missus esset ca- 
lathus pirorum, quesivit a commensalibus cui custo- 
diam committeret. Respondit ei nepotulus suus, cui 
jam commiserat archidiaconatum : c Ego pira ser- 
vabo. » Gui avunculus : c Tu, lecator, malam custo- 
diam faceres de fais. » Gui quidam probus homo ait, 
qui aderat : c miser, quomodo ausus es ei conmiit- 
tere archidiaconatum tôt animarum, cui non audes 
conmiittere caiathum pirorum? » Vulgariter dicitur : 
c Mala custodia pasdt lupum^ » 

408. Gum alius episcopus haberet multos nepotu- 
los, ordinavit ut sederent inferius in mensa humiliori 
ante se; et cum dande essent dignitates et quereret 
consilium, cum nominarentur probi, repellebat eos 
usquequo dicerent de nepotulis, et illis dabat. Quidam 
autem magnus invitatus sedit ad terram, ad mensam 
puerorum. Requisitus quare, respondit episcopo di- 
cens quod de alia mensa nesciebat ad dignitates vocare 
aut conferre eas alibi sedentibus'. 

403. Sunt autem prelati aliquî, cum visitant, magis 
sollidti quomodo visitentur loca in quibus est abundan- 
ciacaponumet anserumetgallinarumpinguium, quibus 
pascantur et impinguentur, quam loca famelicarum 
animarum, ut verbo Dei refîciantur ab eis... Âudivi a 
magistro Humberto', magistro ordinis Predicatorum, 
quod, cum quidam archidiaconus venisset ad quam- 

i. Trait répété plusieurs fois sous différentes formes. V. les 
RM 68, 444, 488, etc. 

2. Ms. sedentes, F» 456. 

3. Humbert de Romans. 

23 



854 ÉTDQflfB DB BOURBON. 

dam parrochiam sub nomine visitationis cum multo 
oomitatu, et satis oomedissent in sero, et mane id&aa 
faoere vellent, quedam nobiles mulierea oonvenavDt 
ad ecclesiam, expectantea ut verbom Dei prcqfKMieret 
vel alia faoeret que pertinebant ad offidum suom. 
Cum autem de missa iret ad mensam, dixit ei quedam 
nobilis mulier : c Ecce, domine archidiaocHie, no6 
onmes per totam diem musitavimus, expectantes quod 
verbum Dei predicaretis et cure offîcium gereretis. » 
Gui iUe : c Nos non intromittimus nos de talibus. » Gui 
illa respondit : c Parum de animabus nostris coravit, 
qui earum vobis curam commisit'. » 

404. Contra negligenciam in offido Dei et Ecde- 
sie : ... hic et in futuro arguentur a Domino ad of&- 
cium non venientes. Item sunt aliqui venientes, sed 
tardius... ; sunt aliqui qui veniunt, et inarticulate et 
inattente psallunt. Frater Gaudefridus de Blevex' 
dicebat quod in diocesi Senonensi quidam sacerdos, 
[cum] conservaretur quasi recenter mortuus, subito 
fuit a morte evocatus; et inter alia que dixit se vi- 
disse malorum supplicia, vidit maximam multitudi- 
nem ferendum sarcinas magnas et gravissimas ad 
ferendum, nimis sub onere laborancium et sadan- 
cium.De quibus quesivit ab angelo ductore qui essent, 
et cur sic affligerentur. Qui respondit : c Isti sont mi- 
nistri Ecclesie in ejus officio négligentes quondam, 
qui portant in illis sarcinis versus, psalmos et syllabas 
que sincopaverunt et detruncaverunt, et sub eonun 
oneribus gravissime opprimuntur et affliguntur '. » 

i. F* 457. et le n* 497. 

2. Geofifroi de Blével, déjà cité à plnsieun reprises. 

3. F* 457 v«. Cf. le n* 212. 



n 



DU DON DE FORGE. 355 



De impenitencia. 



!- 405. Species aocidie ultima potest dici impeniten- 

cia, que est, vel quando homo actu non penitet de 
peccatis suis et differt, vel [quando] negligit penitere. . . 
Sepe vero fit ut, cum homo non proponit penitere vel 
^ proponit non penitere, morte subita preoocupetur, et 

^' aliquando ante ejus exitum ei reveletur cui dampna- 

i cioni sit obnoxius... Item audivi quod, cum quidam 

( dives moreretur et ad penitenciam moneretur et con- 

fessionem, dicebat se non posse penitere, quia ipse 
\ ibat ad infernum cum magno cursu, dicens gallice : 

c Je m'en vois en enfer les granz galoz. > Et cum non 
posset, déficiente virtute, totumdicere, dicebat sepe 
repetendo et desperando : c Galoz, galoz. » Et post : 
€ LoZj hz. > Et hoc dicens expiravit ^ 



UNDEGIMUS' TITULUS. 

[DE AVAMCIA.] 

i06. Septimus titulus hujus quarte partis est de 
quinto septem principalium viciorum, scilicet de ava- 
ricia, de qua merito agitur post accidiam, que priva- 
cione consolacionis et defectu boni intimi vel eterni 
surgit; homo enim non habens bonum spirituale 

1. F«»462, 462vo. 

2. Ms. Septimus. 



356 ttnaoŒ i» bourbcmc. 

înterius, capit boDum temporale, quo ddecteftur exte- 



De [UUs] que numstrant quam nuUa nt marida. 

407. Dissoadet avaridam fiiga et transitus terre- 
Donim. • . Divide ei^ simt ut simipmum : dum putanbir 
haberi, defidunt et dedpiuot. Audivi a quodam probo 
viro quod quidam dives, magnas opes congregans, 
intrusit eas infra murum domus, in armario lapideo 
linito de foris cemento ad modum parietis alterius, 
ubi superscripsit, ut melius sciret locum : c Hic est »; 
et ibi solitus erat respicere, sive comederet vel aliud 
faceret, juxta illud Mat. yi : c Ubi est thésaurus tuus, ibi 
est et cor tuum; et ubi amor, ibi ocuhis. » Quod 
advertens quidam clericus suus, et acoedens, et legens 
scripturam, cogitavit quod non erat ibi pro nihilo, nec 
ita fréquenter pro nibilo ibi dominus suus oculos fige- 
bat. Gaptans ergo horam soh'tariam, lapidem super- 
positum admovit et pecuniam removit, lapidem cum 
cemento reponens, et, ne lapis mendax inveniretur, ibi 
superscripsit : c Hic non est » ; et fîigit cum pecunia. 
Dives autem ille, pofst aliquantum tempus accedens ad 
locum depositi, vidit alteratam scripturam, et cum 
legeret : c Hic non est », asserebat : c Inuno hic est >, 
usquequo, remoto lapide, vidit pecuniam sublatam'. 

408. Umbra sequentem se fugit, et fugientem se- 
quitur : sic aliquando temporales dignitates et divicie 
et innitentes précipitant. Vidi quemdam clericum qui, 

1. P« 463. 

2. ¥• 465. 



DU DON DB FORGB. 357 

cum audisset quod ista temporalia dedpiunt, quia 
sequentes fugiunt, cum aspiraret ad quamdam digni- 
tatem, finxit se eam respuere et fugere, ut sic ei dare- 
tur; que cum data esset alteri, improperavit predi- 
catori qui dicebat quod dignitates sequuntur fîigientes ; 
qui respondit quod non erat vere fugiens, sed per 
dissimulacionem fuge forcius honores sequens. . . ^ 

409. Item, Eccl. v g : c Gunctis diebus vite sue 
comedunt in tenebris et in curis multis atque tristi- 
cia » ... Hec cure non sinunt eos dormire... Audivi 
quod, cum quidam dives maneret juxta [domum] cujus- 
dam pauperis, cum post cène sue delidas intraret 
lectum suum delicatum et moilem ut quiesceret, 
occupatus diversis curis irruentibus diversorum bo- 
norum suorum que habebat in diversis lods, cum non 
posset dormire, audiebat pauperem post cenam pau- 
cam et solacium aliquod, quod habebat cum puero suo, 
suavissime quiescentem post laborem diurnum in 
lectoduro. Qui invidens ejus quieti, surrexitantediem, 
et, aperto ostio pauperis, pependit in eo bursam 
plenam pecunia ; qui excitatus in mane, vix ab uxore, 
cum veUet egredi domum, cadentem pecuniam rece- 
pit ; et cum diu deliberasset quid faceret, timens ne 
uxor vel alius furaretur ei, finxit se pati in renibus, 
occultans sub lecto suo et jacens supra, non valens 
dormire de nocte pre sollicitudine [in qua] erat quid de 
ea faceret. Cum autem dives quereret ab uxore paupe- 
ris quid vir suus haberet, qui non audiebatur ultra 
cantans, et illa assereret quod pateretur in renibus, 
ait : c Ego veniam et curabo eum. » Et accedens et 

i. Ce trait est prêté plus haut à an archidiacre (n<* 269). 



358 ETIENNE DE BOURBON. 

peouniam suam repetens et reportiDs, roBtituta est 
pauperi quies, pristina sanitas et jocunditaB cum 
sompno^ 



De malts eùndiciofiibus avaricie. 

410. Item similes sont avari Helio Pertinad impe- 
ratori, de que dicitur in cronicis quod, cum esset in 
vita privata, ita tenax erat et parcus, quod dimidiam 
lactucam in mensa sua apponebat. Item contra cupidos 
et tenaces dioebat magister Jacobus de Yitriaco quod 
quidam tantum pastilium servavit, quod, cum aperire- 
tur, exiverunt inde mures coram hospitibus suis. Qui- 
dam pocius dimittunt res putrescere, et dant pocius 
porcis, canibus et galiinis quam pauperibus. Job 
xxn e : c Nil remansit de cibo ejus ; propterea nil rema* 
nebit de bonis ejus. » Item idem : Quidam tamdiu 
retinent vestimenta sua, quod nullo usui apta sunt, et 
ita defraudant pauperes, et faciunt de cappa usitata 
tunicam, post oaligas, post soccos, ita quod nil cedit in 
usum pauperum. Item de quodam tali dioebat idem 
quod, cum esset in congregadone militum et diceret 
servienti suo : c Aufer mihi capam meam forratam », 
et ille non inveniret tam cito eam inter multas vestes 
de quibus pertica erat onerata, ait dominus : c Fili 



i. F* 465 v». Cf. le n» 506. H est à peine besoin de flBdre remar- 
quer que la fable du savetier et du financier contient ici des addi- 
tions qui ne se trouyent pas dans les versions modernes, ni mémo 
dans celle de Jacques de Vitry (fo 59 de son ms.). Mais on la ren- 
contre sous une forme identique dans une des Latin Stories de 
Th. Wright, qui sont en grande partie de Tépoque de notre auteur 
(n» 70). 



DU DQfl DB FORGE. 359 

meretricis, non cognoscis tu eam? » Gai respondit 
iratus : < Ita, domine, transacti sunt septem anni. » 
Quod audientes alii risenmt^ 

41 1 . Âvarum mors necat atra. In dolore et tristicia 
consueverunt mori divites, cum advelluntur violenter 
a rébus amatis. Âudivi in sermonibus quod, cum quidam 
dives laboraret ad mortem, dioebat secum anime sue : 
c anima mea, quare vis me derelinquere? Eoce ao- 
quisivi tibi tôt pulcras domos, tôt vineas, agros, prata, 
et sic de aliis, et paratus sum tibi plura acquirere et 
meliora, si adhuc remanseris. > Et cum nec sic cessaret 
dolor, sed urgeret eum, fecit adportari ante se vasa 
preciosa argenti et auri, que multum solebant eum de- 
lectare aspectu suo, [et] ait : c Ecce, si manseris, ista et 
adhuc ampliora habebis. > Et cum nec sic cessaret, sed 
augeretur dolor, ait : c Ex quo nec sic vis remanere, 
dyabolo te reddo. > Et hoc dicendo cum dolore animam 
demonibus reddidit'. . . 

41 S. [Âvarus] est cecus..., similis Sedecie, quem 
Nabuchodonosorexcecavit inReblata, [quod] interpre- 
tatur c Multa habens > et signât multitudinem tempora- 
liumbonorum, in qua excecantur divites, utnon videant 
quidagendum. Audivi quod quidam magnusmagister in 
litteratura habuit discipulum nobilem génère, qui dice- 
bat sepe coram magistro suo quod episcopi Francie 
ceci erant, qui magistrum tantum clericum non voca- 
bant ad bénéficia prebendarum. Qui cum factus esset 
episcopus, vocavit nepotes suos ad bénéficia eccle- 
siastica, magistro contempto. Unde, cum ipse in 



1. F» 469 v«. 

2. Cf. le no 59. 



360 ÉnERlOE DE BOURBON. 

quadam prooessione clara lace esset, occurrit ei 
dictais magister suus cum duobiis torcîis suooensis, 
et, cum causam hujus facti requireret episcopus, ait : 
c Domine, hoc ideo fed, ut repellam a vobis cedtatem 
quam videbatis in aliis, qui me non vocabant ; tantum 
transistis *■ ex acquisicione honoris et dividarum , ut 
non videatis in vobis dives quod videbatis in aliis pau- 
per ante episcopatum ' ! . . . > 

413. Âvarus est exoors..., non habens cor ad Do- 
minum vel in oracione, sed in bursa vel in arcfaa, oec 
secum, sed extra. Âudivi quod, cum cpiidam magnus 
dives qui multum adheserat mundo, qui nec in mortis 
articule poterat induci ad hoc quod relinqueret ea 
que injuste possidebat, aut quod aliquid de eis pro 
Deo erogaret atque cor suum haberet ad Deum ut 
peniteret de commissis, sic mortuus esset extra 
patriam suam, cum amici ejus aperirent corpus ejus, 
ut intima ejus eicerent et corpus ejus ad terram suam 
déferrent, cor in eo non invenerunt. Cum autem ape- 
ruissent archam in qua èrant thesauri ejus, invenerunt 
super pecunias suas cruentum jacentem. Hoc exem- 
plum audivi a quodam predicatore religioso in sermone 
quodam'. 

1. Ms. quam cum transistis. 

2. de trait est attribué par d'autres à Robert de Chartres et à 
un de ses disciples. (V. Broxnyard, tit. Judicium; Th. Wright, 
Latin Stories, n» 73.) Le népotisme est d'ailleurs un des vices 
contre lesquels les prédicateurs du temps, et Etienne de Bourbon 
en particulier, tonnent le plus volontiers. Jacques de Vitry déclare 
qu'il a connu un enfant installé par l'évéque, son oncle, dans la 
stalle de son archidiacre et la souillant encore, comme naguère 
le giron de sa nourrice. (Ms. lat. i7509, f» 24.) Cf., ci-aprôs, les 
n^ 444 et suiv. 

3. Fo 473 V*. 



DU DON DE FORGE. 361 

414. Âvarus coaoervat opes alienis... Referebat 
magîster Nicholaus de Flavin[iaco]S in sermone quo- 
dam, quod quidam cecus pauper de elemosinis sibi 
datis congregavit pecuniam, subtrahens eas cri, et 
vendebat.Qui factus usurarius accumulavit multam in 
archa, nulli sinens ibi tangere, nec audebat eam dimi- 
nuerez sed se afiOigebat frigore et nuditate et famé. Et 
cum solus jaceret in caméra in qua erat pecunia, sur- 
gebat nocte média, et, aperiens archam, delectabatur 
singula tractando et considerando et computando si 
omnia ibi essent intègre ; et audiebat ibi vocem quod 
in illa pecunia nihil haberet et quod inutiliter de ea 
gauderet, cum esset fabri cujusdam civitatis propinque. 
Quod cecus sepe audiens et dolens, maluit eam perdere 
quam ad illum deveniret. Fecit ergo fodi maximum 
truncum qui erat in domo sua, et dictam pecuniam ibi 
intrusit, et precipitari fecit eam in fluvium, ut illius 
nuUus haberet usum. Piscatores autem, per descensum 
fluvii piscacioni intendentes, cum sagena extraxerunt 
dictum truncum et portaverunt ad littus dicte civitatis. 
Ubi videns faber truncum jacentem, credens quod esset 
[aptus] incudi suo defigende, émit eum, et, cum de- 
portasset ad domum suam , incudem volens infigere , 
invenit intus pecuniam et habuit, ceco pre inopia et 
dolore déficiente'. 

De usura. 

415. Dicto de avaricia in génère, dicendum est de 

1. Archevêque de Besançon. 

2. F» 474. On trouve à peu près la même anecdote dans les 
Gesta Romanorum (ch. 109) et dans les Latin Stories de Th. Wright 
(p. 27 et 220). Ce conte est d'origine orientale. (V. Benfey, 
Pantschatantra, I, 604.) 



362 ÉnBNNB DB BOURBON. 

aliquibus ejus speciebua, et primo de usura... Usure- 
nus, si Yult evadere daixq[>DaGionem, op<Hrtet quod 
evomat per restitudonem pecuniam maie aoquiûtam 
et per oonfessionem culpam; alioquin evomet per 
penam in gehennam. Item dioebat quidam predicator 
quod aocidit in quadam civitate quod venit in ea 
quidam puer pauperrimus et scabiosus, et sic tune 
vocabatur diminutivo nomine. Qui, faotus aliquando 
grandiusculus, cames a macello portabat pro pane; 
ubi oongregans aliquantulos nummos, eos tradidit ad 
usuram. Quibus multiplicatis , émit aliquantulam ves- 
tem honorabiliorem. Post contraxit cum quadam, et 
inoepit per usuras magis ascendere et nomine et divî- 
ciis : unde cepit Martinus Scabiosus vocari, mmùne 
priori cedente in agnomen ; postea, cum factus esset 
divicior, domnus Uartinus ; postea dominus Martinus, 
cum esset de divicioribus civitatis. Postea, auctus per 
usuras, factus superbtivus omnium in dividis, voca- 
batur ab omnibus meus dominus Martinus^; ita ut 
omnes eum quasi dominum venerarentur. Sed, nisi 
gradatim descendat restituendo ut ascendit uaurando, 
subito et in momento usque ad infemi noyissima 
descendes. 

416. Multi taies consueverunt subito mori, alii ad- 
mittere usum lingue;... alii, eciam si vellent, non 
habent restituendi spacium, sed relinquunt disposidoni 
aliorum, qui, si ipsi viventes parum' curaverunt, ipsi 
minus curabunt. Gum quidam miles cuidam diviti 

i. Cette gradation deyait s'exprimer ainsi en français : Martin 
le galenx; maître Martin; seigneur Martin; monseigneur Martin. 

2. P« 475 vo. 

3. Ms. parum viventes cur parum. 



DU DON DB FORGE. 363 

usurario vellet dare filiam suam pro filio suc, ut pro- 

miserai, sic arguit eum curialiter, me audiente. Gum 

diceret ille quod proponebat restituere plene ante 

mortem : c Gur ergo, ait miles, vos alienis opibus et 

peccatis oneratis et in periculo custodie pecimie aliène 

vos ponitis, cum aliam utilitatem habere non propo- 

natis nisi manus inquinatas ex computadone reddendi 

et accipiendi, cum sciatis quod oporteat reddere aut 

pendereS ut dicitur vulgariter? Quare non cessatis 

et redditis, dum potestis? » Ât ille ad hec verba obmu- 

tuit... 

447. Item alii in fine maxime obstinati sunt, quasi 

si jam essent in inferno. Refero quod vidi oculis meis, 

cum essem juvenis studens Parisius et venissem ad 

ecclesiam Béate Yii^nîs die sabbati, ad vesperas au- 

diendas. Vidi ibi hominem ibidem portatum in lecto, 

qui aliquo membrorum suorum paciebatur, habens in 

eo ignem illum qui sacer vel infernus solet appellari* ; 

et vallatus erat multitudine. Gumque testarentur vicini 

sui quod esset usurarius, monebant eum sacerdotes et 

clerici quod quittaret et reddere promitteret usuras, ut 

eum beata Yirgo liberaret ab illo morbo. Qui eos ali- 

quatenus audire nolebat, nec vituperiis nec blandi- 

mentis; et, cum finîte essent vespere, in ead^n 

obstinada perseverabat, cum jam ille ignis totum 

corpus ejus occupasset, et versus esset in nigredinem 

et inflacionem, et oculi ejus de capite ejus deflnerent. 

i. « Il faut rendre ou pendre », vieux proverbe français. 

2. Le mal des ardents. On sait que ceux qui en étaient atteints 
étaient portés devant Téglise de Notre-Dame de Paris pour obtenir 
leur guérison. Ils recouraient aussi à Notre-Dame de Boissons. 
(V. le no 100.) 



364 ÉTHMIIB DE BOURBON. 

Unde tanquam canis ab eodesia éjectas, ibi înilh 
obstinada ab illo igné' in ipsa vespertina hora est ood- 
9umptus'. 

418. Item [usura] privât venia et miserioordia. 
Mat. VI c : c Si dimiseritis hominibus, dimittet voins 
pater noster oelestis ; si non dimiseritis , non dimittet 
vobis ; quia non dimittitur peccatmn nisi restitoatar 
ablatum. » Audivi quod, cum quedam bona mulier ha- 
beret virum usurarium, assidue rogabat eum ut resti- 
tueret, et fieret pocius pauper Ghristi quam dives 
diaboli. Gui cum non acquiesceret, subito capitura 
domino suo terreno, et, maie detractatus, liberatus est 
pro data pro redempcione pecunia quam acquisierat 
usurarie. Eo autem liberato, flebat uxor amarissime. 
Cum autem eam super [hoc] argueret : c Modo sum 
pauper, qualem me desiderabas » , ait illa : < N^xi 
fleo quia pauper estis; sed quia, recedente pecunia 
que debebat restitui, remansit peccatum nobis, qaod 
debuisset restituendo et penitendo dimitti'. > 

419. Item privandus est [usurarius] ecdesiastica 
sepultura, quia ei, si habeat, pocius nocet quam pro- 
sit. Gregorius, Dialog. : c Quos peccata gravia déprimant, 
non ad absolucionem, sed pocius ad majoris dampnie 
cionis cumulum est quod eorum corpora in eodesiis 
ponantur. > Yidi ego in civitate Bisumptina quemdam 
usurarium magnum, qui, cum jocundus sedisset ad 
mensam suam ut comederet, subita morte in ipsa 
mensa percussus oecidit ; quod videntes ejus filii, quos 



1. Mb. illo ipse, 

2. F» 476. 

3. F» 477. 



DU DON DE FORGE. 365 

habebat de duabus conjugibus, ad gladios cucurrerunt, 

pâtre dimisso, super ardbas compugnantes de eis cus- 

todiendis et saisiendis, de anima patris vel corpore 

parum curantes. Gum autem fuisset sepultus, junchis 

parieti ecclesie parrochialis Sancti Johannis\ et facta 

fuisset ibi sepultura prominens, juncta parieti et inserta, 

in mane inventa [est] a pariete repuisa et longe depulsa, 

quasi si per hoc innueretur quod non haberet conunu- 

nionem cum ecclesia'. 

4S0. Dissuadere débet [usurarios] cita mors et su- 

bita qua fréquenter feriuntur... Yidi aliquem qui 

surrexit de mensa, ubi satis comederet, in medio 

domus sue, qui subito mortuus cecidit. Âlius, in nup- 

ciis percussus, morte subita preventus est. Alius, 

cum die Pentecostes magnum festum fecisset, et in 

nniane disposuisset comedere novos pullos anserum, 

inter uxoris verba, juxta eam jacens, subito percussus, 

admisit et sensum et motum et vitam. Item accidit 

apud Divionem, circa annum Domini M GG XL , quod 

quidam usurarius volebat nupcias cum magno gaudio 

celebrare ; et cum duceretur cum instrumentis oi^a- 

nicis ad parrochiam ecclesie Béate Yirginis, et esset 

sub porticu ecclesie, ut sponsa sua ei consentiret et 

matrimonium ratificaretur per verba de presenti, ut 



1. L'église cathédrale de Besançon. 

2. F» 477 v«. On sait que la sépulture chrétienne était refusée 
aux usuriers impénitents, et que la pénitence exigée d'eux n'était 
autre que la restitution intégrale. Jacques de Yitry l'atteste en 
citant un exemple du même genre, celui d'un usurier qui avait 
payé une forte somme pour être enseveli dans l'église, contraire- 
ment à la régie, et qui, se levant de son cercueil, saisit un candé- 
labre et en frappa tous les clercs présents. (Ms. 17509, ^ 122.) 



366 ÉTIENIfE DE BOURBON. 

moris estS et sic in eoclesia inatrimomum solempi 
zaretur in misse oelebratione et aliis, cum bec 
fièrent, et sponsus et sponsa deberrat cum gàudio in 
eoclesia introduci, quidam usurarius lapideus, qui erat 
supra in porticu sculptus quando eum dyabolus lapideus 
deportabat ad infernum, cecidit cum bursa sua super 
caput vivi usurarii qui debebat matrimonium contra- 
hère, et oppressit et occidit eum; et converse sunt 
nupcie in luctum, et gaudium in merorem ; et exdusas 
est vivus per lapideum ab ecclesie ingressu et sacrar 
mentis, quem non excludebant, sed introducere vole- 
bant sacerdotes. Usurarii aut alii de viUa, data pecunia, 
fecerunt destrui alias sculptas imagines que erant in 
dicto porticu, extra, in anteriori parte ejus, quas ego 
vidi ibi destructas, ne consimilia, in consimili casu vel 
aliis, eis acciderent*. 

421 . Âlii moriuntur blasphemando et dyabolo se red- 
dendo, ut supra dictum est ; alii magnum tormentum 
sustinendo in morte, ut iste de quo supra dixi me 
vidisse eum in ecclesia Béate Virginia Parisius, qui 
subito est in nigredinem et tumorem versus, etilloigne, 
qui infemalis dicitur, consumptus^. Item legi in libro 
cujusdam antiqui fratris quod in Lombardia [beatus 

1. Les paroles de présent^ qui conBtitoaient l'engagement 
définitif des époux, s'échangeaient, par conséquent, sous le por- 
tique, avant d'entrer dans Pégiise : les mariés ne s'avançaient vers 
Tautel que pour assister à la messe et aux cérémonies complémen- 
taires du mariage. 

2. F> 478 v«. Cf., ci-dessus, le n* 53. L'église de Notre-Dame de 
Dijon est du xni« siècle : cette anecdote, en même temps qu'elle 
montre le peu de respect des bourgeois du temps pour les ouvrages 
des imagiers, prouve que le monument existait déjà en 1240. 

3. V. le no 417. 



DU DOlf DB FORCB. 367 

DomiDicus] visitavit, ad preoes aliquoram, qiiemdain 
legistam, magnum advocatum etusurarium, quem gra- 
viter infirmum rogavit in preaenda sacerdotis quod 
usuras suas restitui preciperet^ ; qui nolebat acquies- 
cerez dicens quod filios et filias nolebat pauperes relin- 
quere ; et ideo recessit sanctus Dominicus cum aliis et 
cum cor pore Ghristi. Gonfusi autem sunt amidi : 
rogaverunt eum ut promitteret usquequo commu- 
nionem reciperet, et ne christiana sepultura careret ; 
quod fecit, sic eos dedpere credens. Ëis autem rece- 
dentibus postquam communionem receperat, cepit 
clamare se totumsuccendi, et quod posita erat gehenna 
in os ejus : c Ecce totus ardeo > ; et, elevata manu, 
dicebat : c Ecce tota ardet » , et sic de aliis membris ; et 
sic mortuus et consumptus est*. 

4912. De morte subita feneratorum, et quomodo 
portantur a demonibus , referebat magister Nicholaus 
de Flavigni', in sermone quodam, hoc terribile exem- 
plum. Cum quidam dives usurarius parum timeret Dei 
judicium, cum quadam nocte satis cenasset et cum 
uxore jaceret, subito tremens a stratis exiliit ; et, re- 
quisitus ab uxore quid haberet, ait : c Ego modo fui 
raptus ad Dei judicium, ubi tôt et tantas querimonias 
et accusaciones audivi contra me, quod nescivi quid 
agerem ; et cum diu fiierim ad penitentiam expectatus, 
audivi summum judicem sentenciam dampnosam^ con- 



1 . Ms. preciperet beatus Dœninicus. 

2. F« 479. Ce trait est rapporté en abrégé, et avec des circons- 
tances quelque peu différentes, dans le supplément de la Vie de 
S. Dominique (Echard, I, 40). 

3. Archevêque de Besançon, souvent mentionné dans ce livre. 

4. Ms. dampnosis. 



368 ÉIIENIIB DB DOURBOn. 

tra me tulisse et me demonibus e3q>06uis8e, qui hodie 
debent admevenireet me secum déferre. » Et cum hoc 
dixbset, induit quamdam vestem cujusdam vilis vadii, 
que pendebat ad perticam suam, et ezivit domnan, 
invita uxore sua. Suiautem, sequentes eum, inTeneront 
eum quasi amentem in quadam eodesia monadiorum, 
qui diœbant matutinas suas, et ibi eum custodierunt 
usque circa sextam. Qui nec aliqua admonicione vole- 
bat oonfiteri peocata, vel restituere, vel penitentîe 
signum facere. Cum autem post missam sui eum ad 
domum reducerent, et cum irent juxta fluvium, appa- 
ruit eis navis cursu rapidissimo ascendens contra cui^ 
sum aque, que a nulle' videbatur duci. Tum predictus 
usurarius dicebat eam plenam demonibus, a quibus erat 
et rapiendus et deportandus. Quo dicto, rapitur ab eis 
et in navi ponitur, que subito, cursu retroacta, cum 
preda sua disparuit*. 

423. Audivi de quodam usurario quod, cum graviter 
infirmaretur et nil vellet restituere, precepit plénum 
horreum de frumento paupenbus erogari ; quod cum 
servi sui vellent facere et firumentum accipere, inve- 
nerunt illud conversum in serpentes; quod audiens 
usurarius dictus, oompunctus omnia restituit, et prece- 
pit quod mortuus proiceretur nudus in medio serpen- 
tum, ut corpus sic voraretur a serpentibus in presenti 
ne anima voraretur in future ; quod factum fuit. Gujus 
corpus ita voraverunt serpentes, quod non dimiserunt 
ibi nisi ossa alba. Quidam addunt quod evanuerunt ser- 
pentes, et remanserunt ossa alba et nuda cum lumine'. 

1 . Mb. ad nullo. 

2. F« 479 Y«. 

3. F» 480. 



BU DON DE FORGE. 369 

424. [Usurarius] servat aliis et congregat divicias 
a quibus est spoliandus. Âliquando veniunt in manus 
inimicorum suonim capitalium ea que oongregavit. . . 
Gum quidam usurarius Bisumptinensis in extremis 
noUet facere aliquod testamentum vel eleemosynam, 
sed onmia dimisisset in disposicione uxoris sue, cum 
ipse esset sic mortuus, uxor sua, videns quemdam ini* 
micum suum, contraxit cum eo cite post mortem viri 
sui. Quam cum argueret quedam proba mulier, dicens 
quod vir suus erat adhuc calidus in sepulcro, respon- 
dit : c Si calidus est, sufflate eum^ > Hec sunt elee- 
mosyne quas fecit pro anima ejus'. 

De fiirto et rapina. 

425. Hic dicendum est de furto et rapina : rapina 
enim, large sumpto vocabulo, est furtum, secundum 
quod fiulum est retractio rei aliène invito domino. 
Differunt autem stricte, sumptis et proprie vocabulis : 
predo enim est qui rem alienam capit aperte et vio- 
lenter; latro, qui latet in silvis vel alibi, insidians eis 
quos spoliet violenter. Fur dicitur a fumo, nigro vel 
obscuro, quia per tenebras incedit... 

Peccato furti et rapine timor annexus est ; timent 
enim fures deprehendi et occidi. Yidi ego quemdam 
latronem qui confitebatur mihi, in quadam silva, quod 
per septennium habitaverat in silvis sinetecto, spolians 

i . G'est-à-dîre « soufflez dessus. » 

2. F» 481. Dons le recueil de Jacques de ^itry, un chevalier, 
après avoir été dépouillé par un usurier et emprisonné sur ses ins- 
tances, finit par épouser sa veuve et jouir de toutes ses richesses. 
(Ms. 17509, f^ 120.) 

u 



370 ÉnSNMB DB BOURBON. 

traoseuntes ; et [cum] omnes emn tiaiereiit, ipse adeo 
omnes timebat, quod vix sompnum modicum ad mo- 
mentumcapiebat. Sodos eciam suos adeo timebat, quod 
non 8ii8tinebat quod adpropinquarent ei vel jaoanent 
prope eum. Semper vestitus et cum armis ibat, et tôt 
et tanta sustinuerat pro soelere suo, quod vix unquam 
aliquis martyr taoto spacio propter Deum sustinuit 
tanta. Cum autem ego nultum laborassem drca eum 
coDvertendum et ad terram transmarinam mittendum, 
solus cum eo, quia non paciebatur sodum nosfaram 
accédera» dioebat quod hoc non faceret, nisi quidam, 
qui ei injuriam fecerant, ei emendarent. Cum aiitem 
ipse nobilis et maximus et robustissimus corpore 
videretur, cito post insiliens ut spoliaret quenûlam 
parvulum hominem merces portantem, ita metîculo- 
sus et excors inventus est, quodi ab illo preventus, 
dejectus est, captus et ligatus ; et ductus est a justida 
seculari, distractus et suspensus'. 

4SS6. Fur vel raptor valde rusticus est, ut mil vus 
et bubo inter aves : alter rapit violenter puUos galline, 
alter rapit de nocte latenter odiendo lucem. Sicut enim 
magne nobilitatis et liberalitatis est dare,... econtra 
magne innobilitatis et rusticitati^ est furari vel ra- 
pere. Quod magister Âlanus* probavit militibus apud 
Montem-Pessulanum, ubi incipienti légère in theologia 
intrantes milites scolas cum quesivissent multa ab eo, 
dixit quod volebat unam questionem ab eis primo 

1. F<» 481. Cette conférence solitaire avec un chef de brigands 
est un des traits les plus touchants de la carrière si peu connue 
de notre missionnaire dominicain. Elle est mieux racontée plus 
loin (no 515). 

2. Alain de Lille. 



DU DON DR FORGE. 374 

solvi, sdlioet que major esset nobilitas et curialitas 
de mundo. Illi, querentes indudas per nootem, in mane 
responderunt quod dare libéralité? ; quorum sent^ficie 
consensit, et eis per oppositum conclusit et intulit : 
c Ergo major rustioitas de mundo est auferre alienum 
ab invito; et cum vos hoc fadatis et de his que ra* 
pitis vivatis, super omnes estis maxime innobiles et 
rustid^ > 

427. Dati sunt eciam imis, preponentes terrena ee- 
lestibus, imas summis^ vel dati sunt imis et vilibus 
offidis ; quod quidam frater improperavit optime qui- 
busdam militibus, qui duœbant predas pauperum ante 
se boum et vaocarum. Gum quererent a Fratribus 
Predicatoribus , quando primo ingrediebantur Bur- 
gundiam, qui essent, et illi respondissent quod Pre- 
dicatores, quidam ex fratribus^ advertens quod essent 
predones» quesivit cujusmodi homines essent. Res- 
ponderunt : c Immo videtis quod milites sumus. > 
Respondit frater : c Non ; sed videmus quod bubulci et 
vacarii estis et caprarii, quia équités ducunt equos, et 
caprarii capras, bubuld boves, vacarii vaccas. Quales 
estis qui talia ducitis, quod est vilissimum? Non eru- 
bescitis ducere pecora rusticorum et pauperum aliéna, 
qui erubesceretis ducere propria? Sed, ut dicam 
verius, ducunt vos dicta jumenta ad inferni patibulum 
pocius quam vos ipsa ad vestram domum'. » 

1. Cf. le no 292. 

2. F» 483 v®. C'est là encore un souvenir des premiers temps de 
Tordre de S. Dominique, transmis à Etienne par ses frères de 
Bourgogne, et ce n'est pas le moins intéressant. Jacques de Vitry 
stigmatise également les enlèvements de bestiaux commis par les 
chevaliers au préjudice des vilains : « Multi hodie milites, per 



372 ÉTIBimE DB BOURBON. 

488. Fur vel raptor est proditor apud Dominnm, 
cujus fidelem et fiUum injuste spoliât et fratrem... 
Item firequenter consueverunt esse proditores contra 
dominos suos servientes qui furantur eis, sua edendo 
et bibendo cum eis et de suo, cum ipsi eis se et sua 
oommittant ; ut accidit de servientibus dericonim, qui 
fere sunt omnes fores Parisius. Unde aoddit ibi quod 
aliquando hujusmodi, ut dixit magister Jacobus, gar^ 
ciones oonstituerunt sibi unum qui esset magister 
eorum in fiirtis, coram quo oonsueverant veoire, qui 
inquirebat de factis eorum. Cum semel ooram eo oon- 
venissent, et inquireret quomodo scirent fiirari dominis 
suis et quomodo profiçiebant in fiirando, ait uaus : 
c Ego scio faoere de tribus pictis unum denarium », 
et dixit per quem modum. Alius dixit quod de obdo 
denarium ; alius quod de tribus pictis ; alius dixit quod 
de una picta denarium S et dixit modum : in domo 

angarias quas corvées gallici appellant, a suis hominibos accipiont, 
et nec eis panem ad manducandum tribuunt... MulU hodie dicant, 
quando arguuntur quod vaccam pauperi agricole abstulemnt : Snf- 
ficiat nistico qaod ei vitulmn dimisi, et quod eum vivere sino... 
Accepi anserem, et dimisi ei plumam. » (Ms. 17509, f* 104.) 

1. La progression est mieux observée et plus compréhensible 
dans la version de Jacques de Vitry, qui est semblable à celle que 
cite Th. Wright d'après un manuscrit anglais {Latin Storùs, 
n^ 125) : « Primus ait : Domine, scio furari de une denario anam 
pictaviam. Magister ait : Parum est. Alius dixit : Domine, novi 
furari de uno denario unum obolum. Tertius dixit : Et ego de uno 
denario très pictavias, sive tria minuta. Gumque diversi diversa 
dicerent, unus surrexit, dicens : Ego de una pictavina novi dena- 
rium unum furari. » (Bis. 17509, f<> 131.) Le premier gagne ainsi 
vingt-cinq pour cent, le second cinquante, le troisième soixante- 
quinze, et le dernier quatre cents pour cent, Tobole étant la moitié 
du denier, et la picte ou poitevine la moitié de Tobole. Tout cela 
est beaucoup plus fort que le sou pour livre. 



DU DON DE FORGE. 373 

cujusdam revenditoris , ubi accipiebat res vénales, ut 
legumina, candelas et alîa, accipiebat et mostardam; 
qui pictatam dividebat ei in quatuor partes, et quam- 
libet computabat pro una picta ; quintam S quia res 
accipiebat ab eo, dabat ei venditor gratis, et sic de 
una picta lucrabatur quatuor. Quod audiens magister 
eorum, eum fecit sedere juxta se, dicens quod melius 
profecerat in arte sua quam alii. 

429. Punitur sepe diversis ictibus : sicut David, in- 

sequutus latrunculos qui spolia verant Sycelech, per- 

cussit et occidit, et predas eripuit, sic Ghristus in 

judicio hujusmodi persequutus percuciet, et predam 

eruetab eis. liem dicebat magister Jacobus quod, cum 

in Angiia esset quedam imago béate Yirginis, que erat 

argentea, valde pulcra , quidam fur, veniens ad eam 

furandam, cum non posset eam habere, quia nimis 

fortiter clavis erat adfixa, nec secum ferre propter 

nimium pondus, cum vellet ei subripere puenim 

suum, imago ita percussit eum manu, quod cecidit 

ad terram exanimis; qui, in mane inventus quasi semi- 

mortuus, hoc ita factum fuisse recognovit ^ 

430. Quod predones et heredes eorum depaupe- 
rentur et hereditate priventur. Accidit in diocesi 



i. Ms. quartam. Mais il (ant quintam d'après le texte de Jacqnes 
de Vitry et d'après le sens même de ce passage, qtd doit s'inter- 
préter ainsi : le domestique infidèle achète en quatre fois une 
pictée (quantité valant une picte) de moutarde ou d'autre chose, 
et, comme il n'y a pas de monnaie inférieure à celle-là, il compte 
à son maître une picte chaque fois, et gagne, par conséquent, trois 
pietés sur le tout ; il en gagne encore une en se iîEdsant livrer par- 
dessus le marché une cinquième portion, qu'il compte néanmoins 
au même prix que les autres. Total : un denier de bénéfice. 

2. F* 484 vo. 



374 tnnam db bogêm». 



MatiflooneDsi, circa annum Domini m g nonagesimain. 
quod quidam viœoomea erat in dioceai MatiaooneBfli 
habens oastra plura et farda, qimram fortitudiiie 
fisus stratas spoliabat, alkjuando querens aliquaa 
sionea propter quas divites transeuntes q>oliaret, 
vivens de rapinis suorum hominum et alioram. Hic 
autem, ut audivi ab antiquis fidelibus, vel compubiia 
timoré régis Francorum vel voluntartus, nesdo qoo 
istorum, crucesignatoa, cum iter arriperet transma^ 
rinum , dimisit terram suam et castra, sdlioet Gastrnm 
Novum et Gastellum Dudi, et alia sua amûti Giraudo 
Mati8Con«[isiS expoliaos se suis; qui promisit ei quod 
fiUam suam daret filio suo comiti Guiïlelmo. Qui, pac- 
tum non servans, tanram sibi retinuit, cuidam autan 
militi suo dictam filiam dédit. Gujus heredes, ut vidi, 
satîs laboraverunt apud regem pro terra dicta ha- 
benda, et non sunt auditi. Dictus autem vicecomes, 
antequam mare transiret, ad tantam paupertatem 
devenit versus Jaouam', quod, pre famé et mcaidicitate 
moriens, intrans quamdam navem, incepit damare 
omnibus in portu existentibus Dei judidum jiishm 
esse drca se, quia qui alios fiune oppresserat, in aliéna 
terra quasi in sua alios spoliaverat, &me moriebatur. 
Et cum compacientes ei cibos deportarent, ipse dice- 
bat se non posse uti eis ; et sic famemortuus, et hère- 
des sui omnibus bonis suis sp<Jiati sunt usque hodie*. 

i. Girard, comte de Màcon, mort en 1184. Cette histoire, on da 
moins son oonmiencement, doit, par conséquent, se placer un pea 
avant la date approximative donnée par l'anteor. Quant anx deox 
chàteanz désignés id, ils ne paraissent pas avoir subsisté. 

2. Gènes. 

3. P« 485. 



DU DOIf DB FORCE, 375 

i31. Item aUud aocidit ibidem ^ Fuit ibi quidam 
prepositus, tempore comitis Girardi, prédis inhians, 
raptor et malidosus. Gum aut^n fréquenter predas 
acciperent hominum ecclesiarum, antequam rex oo- 
mitatum illum emeret a comité Johamie et uxore 
ejus, ad quam jure hereditario pertinebat', erant ibi 
guerre assidue ioter episcopum Matisconensem et cle- 
rioos et cives ex una parte, et comitem et suos milites 
et alios ex aiia parte. Gum autem dictus prepositus 
semel predas accepisset et duceret, quedam vaoca 
rétro manebat post alias, alicujus forsitan vidue vel 
pauperis. Dixit cuidam guarcioui : c Tauge vaocam, 
miser, queremanet; tangevaccam. > Deijudicio, per- 
cussus tali flagello fîiit, ita quod postea nibil aliud 
loqui potuit; sed, cum attentaret loqui postea alia, 
semper dicebat hoc solum : c Tange vaccam. > Et hoc 
notissimum fuit toti terre ; et hoc audivi a multis anti- 
quis, qui asserebant se vidisse et novisse dictum pre- 
positum. 

43S. Item in eadem diocesi [hoc] accidit, ut asserebat 
sacerdos, sicut credo me vidisse, in quadam synodo, 
in qua adportavit jdumas cujusdam galline quam su- 
bripuerat quidam a quadam vidua paupere : cum autem 
deplumasseteam, et ooxisset et comedisset cames ejos, 
et plumas seorsum retinuisset, divino judicio perçus- 
sus, plumas, quas non comederat, evomebat, peccatum 
suum coram onmibus confitens. Utrum autem in vo- 
mitu illo mortuus fuerit ad memoriam non reduoo'. 



i. A Màcon. 

2. Jean de Braine, un des snocessenn de Girard, et Alix, sa 
femme, vendirent le comté de Màcon à 8. Louis en 1239, moyen- 
nant dix mille livres. (V. VArt de véri/ler les dates, U, 490.) 

3. F« 485 V. 



376 ÉTIEimE DB BOURBON. 

133. Malum est furtum quod sepe faciunt marcar- 
tores multis modis : uno modo, quod habet mercabor 
diverses mensuras vel pondéra, alia ad emendum et 
alla ad vendendum; alio modo, cum faciunt aliqua 
arte quod res que ponderantur plus pond«[*^[it vel 
ingrossentur quod mensurantur, ut bladum, vel cum 
humectantur lane pondéra vel fila; item alio modo, 
cum de compoto debito diminuitur, vel cum com- 
putatur ultra debitum ; item alio modo, cum emptum 
subripitur, vel effunditur, vel maie tractatur a vendiT 
tore, ut aliud ematur. Dicebat magister Jaoobus se 
audivisse de quodam tabemario quod, cum vendidisset 
vinum potatoribus, accedens juxta potum plénum, 
pede tangens eum, effundebat vinum latenter, dicens : 
c Hoc significat abundanciam que veniet vobis, et 
bonam fortunam; » et nil aliud volebat reddere. Quod 
advertens quidam peregrinus, cui hoc fecerat, ivit ad 
broccam tonelli, eam latenter extrahens. Cum autem 
adverteret tabernarius vinum effiisum et doleret, ait 
qui hoc fecerat : c Ne doleatis , quia bona fortuna et 
magna abundancia lucri e veniet vobis. » Tractus 
coram judice peregrinus, facta referens et probans, 
immunis transiit^ 

Idem de quodam marescallo dicebat quod equum 
peregrini, quem aptabat, sic inferrabat, quod acum in 
sero in pede equi infigebat, ita quod in mane ita dau- 



1. Cf. Jacques de Vitry (f> 117); les Novellette, extraites des ser- 
mons de saint Bernardin de Sienne (Bologne, 1868, n*29); Pauli, 
Schimpf und Emst, éd. Oesterley, n9 372 ; etc. Le vin répanda est 
encore aujourd'hui un présage pour certains paysans. Le blé jeté 
devant une mariée annonçait également Tabondance {Ibid., f> 145). 
V. plus haut (np 369) l'exemple d'un Bisontin superstitieux qui 
prenait de même certaines visions pour une promesse de richesse. 



DU DON DE FORGE. 377 

dicabat, quod stabulum vix egredi valebat ; quem cum 
dicebat marescallus destnictum, petebat ad venden- 
dum, et dabatur ei pro parvo precio a peregrino 
dicente : c Melius est quod aliquid aocipiam quam 
totum admittam. > Et sic vendebat ei; et hoc erat 
furtum et maxima prodicio^.. 

434. Sepe, dum comipta vendunt pro sanis, emp- 
tores occidunt. Magister Jacobus dixit quod, cum qui- 
dam venderet carnes coctas, et quidam emeret ab eo, 
dixit quod bonum forum debebat ei facere, quia per 
decem annos non emeret nisi ab eo. Respondit, sciens 
corrupcionem eorum que vendebat : c Et tu adbuc 
vivis ! » Quasi [dixisset] : c Multum est mirum*. » 

435. Item dixit idem quod, cum soldanus cepisset 
multos Acconenses' in prelio, rogavit quidam ut dare- 
tur ei copia loquendi cum soldano. Quo facto, ait : 
< Domine, libenter debetis me dimittere pro utilitate 
vestra, quia non est annus quod non occidam plus 
quam centum de adversanis vestris. > Cum iUe que- 
reret quomodo, ait : < Venditor sum apud Achon car^ 
nium et piscium, et, peregrinis vendens corrupta pro 
sanis, multos occido ; unde, si detinetis me, magnum 
inconmiodum paciemini. » Quod audiens soldanus, risit 
et eum dimisit^. 

1. Cf. Jacqnes de Vitry, f*»» 117, 127. 

2. Cf. le même auteur, f» 116. 

3. Habitants de Saint-Jean-d'Acre. 

4. F« 436 yo. Cf. Jacques de Vitry, ibid. Ce dernier déclare avoir 
appris cette histoire durant son séjour en Palestine : « Intellexi 
preterea, cum essem in partibus transmarinis , quod quidam 
christianus, qui in Acconensi civitate cames coctas et pulmenta 
corrupta peregrinis vendere consueverat, captus est a Sarracenis, 
et rogavit ut duceretur ad soldanum. Gui dixit : Domine, ego sum 
in potestate vestra, et, si vultis, potestis me occidere vel incarce- 



378 ÉTUSNiiB ms wgkbgr. 

De UlicUa mmnêrum aceepcUme. 

436. Ab accepcione munerum debent homioes cohi- 
bere, ut ostenditur in Sununa de ViciisS mala que 
faciunt munera illicite accepta eis qui ea accipîunt. . . 
Fadunt homines judices adiidteros equitatis, ut per ea 
pervertant et coirumpant judicia et equitatem. Audivi 
quod, cum quedam vidua non posset intrare domum 
cujusdam episcopi ad consequendumjus suum, et dioe- 
rent ei semper portitores quod episcopus volebat sibî 
manus înungi', in quodam maximo festo, [cum] oonse- 
deret ad altare in cathedra ad oblacionem, dicta 
vidua, accedens quasi ad offerendum, unguento quod 
paraverat unxit manus sibi coram omnibus, referens 
que semper dicebant ei accedenti ad eum servi sui'. 

437. Item audivi quod quedam alia pauper, cum 
peteret jus a quodam officiali, et ilie diceret : c Non 
novi te, quia in nullo mihi servivisti » , cum non habe- 
ret de quo ei serviret, transiens ante portam cujusdam 
divitis, qui magnos homines invitaverat, vidit proicî 

rare; sed sciatis quod magnum dampnum incurretis. Querenti 
autem soldano quare detrimentum incurreret, respondit : Non est 
annus in quo plus quam centum de hostibus vestris peregrinis 
non ocddam, quibus cames ooctas veteres et fetidas et pisces oor- 
ruptos vende. Quod audiens soldanus ridere cepit, et eum abire 
permisit. » 

1. Ouvrage de Guillaume Perraud, cité plus bant et plus bas. 

2. « Se £aîre graisser la main, i suivant la locution française. 

3. Ce trait plaisant, qui se trouve aussi dans le recueil de Jacques 
de Vitry (f» 34), est fort répandu ; on en a fiadt un conte en vers. 
(V. Méon, Nouveau recueil^ I, 183; Tb. Wright, Latin Storiet, 
n<» 43; Le Grand d'Aussy, III, 53; Democritus rident, p. 173; 
Hist, littér., XXIU, 168, etc.) 



\ 



IMJ DOff DB FORCE. 379 

ante doumm divitis capita aoserum silyestrium, que 
ibî parabantur, et, oolHgena ea, collocavit in quadam 
baoasta cum straminibus, ut viderentur aoseres int^ri 
intus latere ; et cum iret dictus officialis ad causas dif- 
finiendas, occurrit ei dicta vidua, offerens ei. Ille, cre- 
dens anseres esse, ait : c Modo cognosco te; porta ad 
domum et redi, et seutenciam habebis pro te^ » 

De avaricia advocatorum. 

438. Licet officium advocacionis non sit malum se- 
cundum se, immo bonum et licitum (Aug. : c Non licet 
judici vendere justum judicium, sed licet advocato 
vendere justum patrocinium, et jurisconsulte justum 
consilium), tamen abusus officii malus est, quo quamr 
plurimi abutuntur maie vel non utuntur bene^.. 
Multi sunt similes molendinariis, qui suavius quies" 
cunt in assueto strepitu molendini quam in silencio et 
quiète : sic iUi in strepitu causarum, qui sonat eis melli 
dulcius, propter lucrum. Similes sunt cuidam advocato 
cujusdam episcopi : qui cum haberet quamdam man- 
sionem juxta aquam in qua erant molendina, ad quam 
aliquando raro veniebat dictus episcopus, conquière- 
batur dictus advocatus, dicens quod non poterat ibi vel 
quiescere vel dormire, propter strepitum et tumultum 
molendini et aque, vituperans episcopo habitadonem 

1. Fo 487. 

2. Voici ropinion de Jacqnes de Yitry sur ce point délicat : 
c Non igitor licet judici vel et adTOcato vendere sapienciam suam, 
licet advocatus laborem suum possit vendere, moderatum salarium 
recipiendo, absque gravi dampno iitigatoris... Alioquin, quando 
sine labore possunt respondere, credo quod nichil debent recipere. » 
(Ms. 17509, f» 34.) 



380 ETIENNE DE BOURBON. 

dicti manerii. Gum aatem episcopus dedisset dicto 
advocato manerium predictumtanquam ineptum, îpse, 
amplians molendina, dulcius requiescebat ibi quam 
alibi, et videbatur ei strepitus dulcissimus ex quo facta 
sua fuerant molendina dicta, propter lucrum. Sic est 
causanim strepitus advocatis, licet sit de se amanis et 
inquietus^ 

439. Dissuadet officium advocacionis pena qua pu- 
niuntur in presenti advocati et in future. In preseoti 
puniuntur sepe in eo in quo delinquunt, quia peccant 
contra racionem. Vidi ego aliquos peroissos subito et 
admisisse usum racionis et lingue per multos annos, 
usque ad exitum. Guidam, ut didtur in Summa de 
Yiciis, lingua in morte visa est velocius moveri arun- 
dine ; alteri labium inferius moveri visiun est velocius 
labio cocodrilli ; lingua alterius exivit extra os ; de alio 
legiquod [lingua] ita crevit post mortem et intumuit, 
quod videbatur perforando sudarium late protensa. 
Âlius, cum amici sui instarent ut confiteretur et acci- 
peret Eucharistiam, et peteret dilacionem, et amid 
instarent propter instans mortis periculum, appellans 
exspiravit. Àlius, cum offerretur ei Eucharistia , ait : 
c Judicetur utrum plus rectum sit quod accipiam. > 
Et cum dicerent astantes : c Rectum est », ait : c Non 

1. F<>* 488 V», 489. Cette anecdote offire une grande analogie, an 
moins pour le fond du sujet, avec une de celles que renfenne le 
recueil d'exemples de la bibliothèque de Tours, écrit également au 
XIII* siècle. Yoici le texte fort concis de cette dernière : « Regina 
Berengaria fandayit abbatiam, et, cum ipsa haberet molendinum 
juxta, turbabantur monachi et conquerebantur. Gumque super boc 
turbaretur, ait ei unus : Domina, docebo vos qualiter non moles- 
tabuntur; detis eis, et, quotiescunque audient de cetero, congaa- 
debunt Et sic fecit. (Bibl. de Tours, ms. 205, f> 164.) 



DU DON DE FORGE. 381 

est rectum, quia vos, cum sitis pares, non habetis me 
recte de hoc judicare^ » 

440. Item magister Jacobus dixit [quod], cum qui- 
dam advocatus moriens linguam enormiter extraxisset, 
quidam, volens operire ignominiam ejus, ait : c Ideo 
iste linguam extraxit, ut sciatis non esse verum quod 
dicitur quod advocati in morte linguas admittunt; > 
cum hoc intelligatur , cum dicitur < linguas admit- 
tunt », de usu vel officio linguarum. 

441 . Item audivi a fratre quod venit ad quemdam 
de infimo génère qui laborabat gravissima infirmitate ; 
qui, cum fuisset advocatus acutus, factus erat officialis 
cujusdam magni episcopi. Cum jaceret in lecto sericis 
ornato, cumfraterdictus monereteum ad penitenciam, 
ait : c Ego egrediens de infimo génère per periciam 
advocacionis, quam in scolis acquisieram, volui exaltare 
totum genus meum infimum, et ecce hic sum depres- 
sus. » Et cum urgeret eum infirmitas, quasi despe- 
rans, abjecit operimenta sua a se, nudatusque dixit : 
c Modo Deus, modo dyabole, pugnatis de me ; modo 
videbitur quis vestrum forcior prevalebit. > Et post 
hec verba mortuus est'. 

44S. Item secularis sciencia inflativa, ut silique por- 
corum; sacra nutrit et reficit, ut lac etpanis. Sacra 
veritatem ostendit ; secularis sciencia decipit. Psalm. : 
€ Quoniam non in orc eorum veritas, cor eorum vanum 

i. Ce trait, qui rappelle Perrin Dandin, se retrouve dans Jacques 
de Vitry avec une légère modification : chez ce dernier, Tavocat, 
surnommé Avant'^rlez'^t'^laidez, expire sans sacrements pen- 
dant que Ton discute encore la question. <Ms. lat. 17509, f* 36.) 

2. Fo 489 y^. Le dernier propos conviendrait mieux à un juge 
qu'à un avocat; mais les avocats étaient l'objet préféré des cri- 
tiques mordantes de la chaire. 



38S ÉTIENlfE DE BOURBCRf. 

est. » Dioebat magister Jaoobusquod quidam advocatus 
magnus, qui dicebatur optinere ' fere in omni causa, 
cum intrassei ordinem et ibi fiiisset profeasus, oepe- 
runt eum mittere pro cauais agendia ; et cum ipse suc* 
cumberet fere in omnibus, reprehensus in capitule, 
respondit : c In seculo obtinebam, si veritas mibi non 
suffragabatur, per mendacia vel qualitercumque; 
hic autem, secundum ordinem, non est mihi lici- 
tum mentiri aut decipere scienter, quia veni hic non 
ad perdendum animam meam. > Quo audito, in pace 
eum dimiserunt, nec émiseront ad causas, ut verum 
diceret, 

443. Item idem, contra quosdam qui credunt quod 
sit eis licitum mentiri pro facienda utilitate domus sue, 
dicebat quod, cum quidam miles strenuus intrasset 
eumdem ordinem, miseront eum ad nundinas pro asi- 
nis et asinabus vendendis ; et cum quererent ementessi 
essent animalia bona, respondebat : c Greditis quod ad 
tantam inopiam venerit domus nostra, quod de melio- 
nbus velit se expedire? » Et cum quererent quare 
haberent ita caudas depilatas, dixit : c Quia, ut animalia 
debilia, sepe cadunt sub onere, et, cum eriguntur, per 
caudas depilantur. » Et cum quidam conversus, qui 
secum erat, super hoc eum proclamasset, respondit : 
< Cum ego plures asinos et asinas pro salvanda anima 
mea dimiserim, creditis quod propter asinos vestros 
velim eam perdere? Âbsit' ! » 

1. Ce mot signifie à lai seul gagner nn procès. 

2. F» 490 Y^. Ces deoz exemples se trouyent, en effet, dans le 
recueil manuscrit de Jacques de Vitry (f» 48). Ci. Th. Wright, 
Latin Stories, n» 40 ; Pauli, Schimpf und Bmst, éd. Oesterley, 
n» 427; les contes d'Eutrapel, II, 209; le Parangon det nû^ivêll€$ 
nouvelles, n<» 34; les fables de Boner, n* lli ; etc. 



w nù» D£ pmcB. 383 

De peccato simonie. 

444. Inter species avaricie dioendum est de peccato 
simonie. . . Âbac. ne: c Ye qui edificat civitatem in 
sanguinibus, et préparât urbem in iniquitate. i Quod 
faciunt qui in capitulis nepotes sucs ponunt, ut suam 
faciant de eis* voluntatem. Dicebat episcopus Guillel- 
mus Parisiensis' quod aliqui, quando veniunt ad capi- 
tula, veniunt quasi gallina pullinaria, quia ad modum 
pullorum currunt post eos eorum nepotuli et clamant 
post eos, voces eorum sequendo et voluntates eorum, 
quocumque se vertant; similiter et alii consanguinei. 

Item dicebat idem quod vin spirituales, intrantes 
capitula secularium, intrant quasi cameria mortuorum, 
ubi non sunt ossa, id est viri ossei, sed caro comipta, 
id est camales, que ibi habent ingressum per carnem, 
id est camis consanguineitatem, quando unus con- 
sentit in promocionem consanguinei alterius, ut ipse 
consenciat promocioni consanguinei alterius'. 

Similiter : Quidam probus vir, cum esset in mensa 
cujusdam episcopi, qui nepotulo suo dederat magnum 
archidiaconatum, cum deportatus esset dicto archiepis- 
copo calathus pirorum, et de eis dedisset circumstan- 
tibus, quesivit qui bene servaret ei residuum. Obtulit 
se ad hoc dictus archidiaconus. Respondit episcopus : 
c Tu faoeres mihi de eis malam custodiam, sicut facit 
catus de caseo ; easenim comederes. » Tune dixit 



1. Mb. de ea. 

2. Gaillaame d'Auvergne. V. ci-après, n<> 450. 

3. F* 490 v«, 493 v«. 



384 ÉTTEimE DE BOURBON. 

quidam magister, qui comedebat cum eo : c miser, 
quomodo ausus fuisti oommittere tantam multitudioem 
animarum cui non es ausus committere paudtatem 
pironim? » Contra quos est quod Dominus non ochd- 
misit Johanni, inter ceteros magis dilecto, tali et tanto, 
curam Eoclesie generalem, sed Petro, qui nihil ei p^^ 
tinebat, qui plus oeteris Dominum amabat'. 

445. Primum quod maie émit aut vendit simonia 
est ordo religiose et regularis societatis. . . Secundum 
quod maie venditur est sepultura mortuorum, quam 
qui vendit, requiem eorum vendit, quantum ad corpora. 
Saoerdoti cantanti pro tali missam et Requiem etemam^ 
potest dicere Dominus : < Requiem non habebit, quia 
eam vendidit. »... Ad suggillacionem malicieexigendum 
pro sepulturis, dicebat magister Jacobus de Vitri quod, 
cum mater cujusdam pauperis Lothoringici, Jacobi no- 
mine, mortua esset, nolebat eam sacerdos suus se- 
pelire nisi daret ei pecuniam, quam non habebat. lUe 
autem, corpus matns in sacco ponens, portavit ad do- 
mum sacerdotis, ponens eam super lectum ejus, dioens 
sacerdoti quod deportaverat ei pro vadio telam in 
saccoetfîlum inglobo, que neverat. lUe, palpans caput, 
credidit globum fili grossum. c Modo, [ait,] bonum va- 
dium habeo. > Et statim ivit ad domum dicti pauperis 
cum cruce et parrochianis, ut eam deportaret. Gui ille: 
c Non oportet voslaborare pro ea deportanda, quiajam 
est in domo vestra, in sacco super lectum pro vadio; 
modo ponatis eam, vel in terra, vel in sale, si vulUs. > 

446. Item quidam alius pauper rébus, abundans 
in pueris, uno eorum defuncto, cum nollet eum saoa^ 

1. Fo 494. Cf. les n^ 401, 488, etc. 



DU DON DE FORGB. 385 

dos suus sepelire nisi data pecunia, quam non habebat, 
ille autem corpus filii sui ad archiepisoopum Reinddum 
Lugdunensem\ apud Rupem-Incisam*, deportavit in 
sacco, dicens portitori quod exenium venacionis erat, 
quam suo domino deportabat. Qui, introductus et duo- 
tus ante eum, posuitpuerum ante pedes ejus, exponens 
eî factum. Dictus archiepiscopus puerum bonorifice 
sepelivit, vocansque sacerdotem, dixit quod solveret 
ei precium de hoc quod fuerat ejus vicarius ; pro quo 
magnam pecuniam extorsit ab eo'. 



[duodecimus titulus.] 

DE LUXUMA. 

447. Sexto, tractando de viciis, post tractatum ava- 
ride, sub dono fortitudinis de peccato luxurie tracta- 
bimus... Hec autem non potest vinci nisi bomo dono 
fortitudinis muniatur, quod forcius est spiritu fornica- 
cionis, et superveniens eum expellit^... 

Quare vitari debeat [luxuria]. 

448. Dîssuadet hoc vicium dolor et penitencia 

i. On ne trouve, au temps d'Etienne de Bourbon, qu'un seul 
archevêque de Lyon auquel ce nom convienne : c'est Renaud II 
(de Forez), qui siégea de 1193 à 1226. 

2. Roche-Scise, ancienne résidence des archevêques de Lyon, 
comprise aujourd'hui dans la ville. 

3. F« 494 v«. 

4. Fo 498 vo. 

25 



386 ÉTIKIflŒ DE BOURBOff. 

seqnensactuin. Gum quidam phîlosophus, temptatns de 
qoadam, forum vellet faoere cum illa, ut haberet opo- 
cubitum ejus, et illa peteret quamdam magnam sum- 
mam pecunie, ille, advertens brevem delectacîonem et 
lofiguam penitenciam sequentem, respondit : < Non est 
mihi emere tanti unde semper peniteam^ » Quedam 
virgo, eredens magnum quid esse delectadonem 
luxurie, sustinuît corrumpi; que post, experta quam 
vilis et quam brevis esset illa delectacio, et quantum 
thesaurum admiserat , adeo doluit, quod se occidere 
voluit*, 

449. Hoc vicium dissuadet hoc quod Deo reddit 
hominem in quo est odiosum, quia est ei contumelio- 
sum multipliciter... Asserebat quidam frater se audi- 
visse a fratre Johanne de Monte-Mîrabili, quondam 
archidiacono magno Parisien»', quod quedam domina 
nobilis, magnarum opum et pecunie, relicta vidua, 
cum haberet multos qui vexabant eam, vocavit in 
consorcium suum quemdam advocatum, qui eam def- 
fenderet ; qui per processum temporis cum ea peccavit. 
llla autem consuetam penitendam non dimittebat ; oui 
apparuit Dominus, vibrans venabulum, improperans 
quod pro dicto advocato eum dimiserat, conuninans 
ei mortem nisi peniteret, addens quod statim occideret 
quamdam ejus consanguineam, que erat remota ab ea 
per septemleucas. Que, statim mittens nuncium, invenit 
eam mortuam. Que, de peccato penitens et confessa, 
non sépara vit a se dictum advocatum, cum quo post 

1. C'est la réponse qui, suivant une tradition, aurait été adres- 
sée à la courtisane Laïs par Démosthène. 

2. F» 500 y». 

3. Jean de Montmirail, dominicain, mentionné ci-dessus (n« 127). 



J 



DU DON DE FORGE. 387 

aliquantulum tempus peccavit; et iterum apparuit 
Dominus, comminans et asserens uDigenitam oocideD* 
dam. Qua inventa mortua, penitenciam egit, proponens 
et promittens abstinere. Que cum diu abstinuisset, née 
eum a se separasset, post longum tempus soUicitata 
passa est recîdivum. Cum autem esset in oracione, 
apparuit ei Dominus, ferens furcam igneam, commi- 
nans ei mortem si ultra recidivaret, et sciret se unum 
oculum sibi erutum. Que, excitata et perterrita, invenit 
oculum sibi erutum cecidisse, et advocatum dictum a 
se penitus separavit ; qui , ut ab ea audiverat , dicto 
fratri retulit*. 

De malis condicûmUms luxuriosorum. 

450. Prima mala condicio iuxuriosi est quia est 
exosus omnibus sanctis, quibus contumeliam facit, 
quia societatem eorum contempnit... ; secunda mala 
condicio ejus valde dampnosa est proprio subjecto, 
cui multa Documenta infert, sicut postea in fine ple- 
nius ostendetur...; tercia mala condicio luxuriose 
persone est quia est proximo suo perniciosa... Dicebat 
episcopus Parisiensis Guillelmus Ârverniensis quod 
duo Iuxuriosi, amore fatuo se diligentes, erant ticio- 
nes' ardentes conjuncti, quorum unus succendit et 
consumit alium; disjuncti ab invicem, extinguntur. 
Item dicebat quod pocius dicendi èrant se odientes 
quam diligentes, cum alter alterum amplexando trahat 
ad precipicium putei infernalis, sicut duo ribaldi ebrii 

4. Po501. 

2. Ms. sticiones (tisons). 



388 ÉTDSNNE DE BOURBON. 

et pugnantes se amplectuntur et se amplexando tni- 
hunt ad precipidum, ubi unus submergit alium ; dod 
ex amore, sed odio hoc faoere dicuntor : sic istî iimis 
alium amplexatur ut ad mortem eum trahat ^eroam'. 

1. V^ 503, 503 v«. Guillaume d'Auvergne, évèque de Pftiîs de 
i228 à 1248, est souvent cité par ses contemporains pour ses 
comparaisons ou ses saillies énergiques, dont on a vu des exem- 
ples sous le n* 444. En voici quelques autres : 

« Idem [Guillelmus] dicebat in sennonibus suis quod iUe qui 
corrigebatur ab aliquo debebat reddere et corripienti patientiam, 
id est, debebat patienter ferre. Tandem, oorreptus a quodam reli- 
gioso, impatiens est effectus. Gui ait religiosus : Memor sitis, 
domine, quod debetis mihi patientiam. Yerum est, inquit, sed 
non ad solvendum modo. 

c Episcopus Guillelmus Parisiensis, visitando diooesim saam, 
declinavit ad quandam villam combustam, et predicavit aïs quod 
Dominus fecerat eis sicut vetula cato suo, que comburebat peilem 
cati, non quia odiret, sed ne admitteret ; et sic fecerat eis. Et foe- 
runt valde edificati. 

« Idem, cum peteretur quomodo tôt bona sciret verba, ait : Quia 
nunquam verbum bonum audivi quod non ponerem, ant in pelle, 
aut in corde. 

« Idem, querens panem Parisius, noluit accipere elemosinam a 
famula, dicente quod tali conditione teneret, quod nunquam Pari- 
siensis episcopus esset. » (Ms. de Tours 205, f»« 72 v« et 73.) 

Ge dernier trait a été attribué par d'autres à Maurice de Sully, 
et peut-être avec plus de vraisemblance, puisque ce prélat, dans 
son enfance, mendiait à Paris. (V. Hist. litt.y XV, 149.) Plusieurs 
anecdotes relatives à Gaillaume d'Auvergne, et présentant un 
véritable intérêt historique, nous sont encore fournies par le même 
recueil d'exemples. Je reproduis les plus importantes : 

« Regina Francie Margarita, uzor Ludovici régis, primo habuit 
filiam, et non auderant insinuare régi. Vocaverunt episcopum 
Guillelmum, ut ei nuntiaret. Qui, vadens ad regem, taliter nun- 
tiavit : Domine, gaudeatis, quia affero vobis boves minores, quia 
hodie lucrata est corona Francie unum regem; quia habetis unam 
filiam, per maritagium cujus babebitis unum regnum, et, si habe- 
retis filium, daretis ei comitatum magnum. Et sic letificavit eum. » 
UbiiL, fo 71 v«.) 



DU DON DE FORGE. 389 



De malis que luxuria infert suo subjecto. 

451. Luxuria facit miserum, in misera servitute 
redigens luxuriosos, ut sint servi vilissimorum mem- 
brorum genitalium... Dicitur, etaudivi hoc a quodam 

« Idem in mensa sua bibebat vinum optimum, et juxta vinum 
habebat semper aque potum, sed nnnquam ponebat in cyphum 
suum. Quadam vice, dominus Jobannes de Belle Monte, magnas 
consiliarins régis, comédons cnm eo, ait quod aqua in mensa 
sua de nihilo serviebat, quia nunquam in vino ponebat. Qui 
respondit : Immo tantum servit in mensa aqua ista, quantum 
servitis in regia curia. Ille inquit : Domine, ergo de nihilo ser- 
vie? Immo, inquit, multum; quia, quando estis in palatiis, 
ubi princeps vel comes vult loqui, rigide statim comminando 
facitis eum tacere. Si miles vel alius nimis audaciter loquatur, 
statim ad vestrum preceptum silens efficitur. Ita , si bonum 
vinum de Sancto Procinto, vel Andegavia, vel de Autissiodoro, 
sit in mensa mea et vellet mihi aliquid malum facere, statim aqua 
contradicit, que in momento violentiam ejus posset destruere. > 
(Ibid., fo 72.) 

( Episcopus Guillermus Parisiensis, scions Fratres Predicatores 
Parisienses debitis obligatos, que solvere non poterant, adiit regi- 
nam Blancam, cujus erat confesser, que debebat peregrinari ad 
Sanctum Jacobum et paraverat mirabiles expensas, et petiit ab ea 
si omnia essent parata. Que respondit quod sic. Tune ait ille : 
Domina, vos jam multa inutiliter propter mundi gloriam expen- 
distis, et ut vostram magnificentiam in vestra terra, de qua estis 
orta, ostendatis, que multo melius possent expendi. Gerte, dixit 
ipsa, parata sum acquiescere consilio vestro. Et inquit : Dabo 
sanum consilium, et oblige me in judido pro vobis coram summo 
judice responsurum. Ecce, inquit, Fratres Predicatores, qui vocan- 
tur fratres Sancti Jacobi, obligati sunt in mille quingentis libris 
vel circa. Accipiatis peram et baculum, et eatis ad Sanctum Jaco- 
bum, id est ad domum ipsorum, et solvatis eorum debitum, et ego 
sic mute vobis votum vestrum, et promitto super hoc respondere 
pro vobis ad judicium, quod melius facitis [quam facerej tantum 
excessum et habere tam superfluum apparamentum. Que sicut 
sapiens mulier acquievit consilio sancti viri. » (Tdtd., i^ 72.) 



390 ÉTEENNE DS BOURBON. 

Fratre Minore, dicto fratre Guillelmo de Gordellis, in 
sermone, quod quidam fuit saoerdos qui in juventute 
sua adamavit quamdam, quam in concubinatu tenens, 
habuit de ea multam familiam ; qua facta vetula, ada- 
mavit quamdam aliam juvenculam, quam eciam foca- 
riam tenuit, aliam amore prolis, istam amore libidinîs. 
Vetula, pediculans eum, removebat de ejus capite ca- 
pillos nigros, ut senex appareret ; junior albos, ne senex 
videretur et vetule adhereret ; et iste due sanguisuge 
miserum non solum in capite deplumabant, sed in 
rébus et bonis omnibus depauperabant. De hoc edam 
versus hi dicuntur : 

c Grine vimm vario spoliebant Bachis et lo : 
Hec facit ut juvenem redderet, illa senem*. • 

Jeronymus : c Femina est Janua diaboli, via perdido- 
nis, scorpionis percussio. » 

452. Quidam autem archiepiscopus dicebat in ser- 
mone sacerdotibus quod sacerdotisse similes cuidam 
erant vulpecule, quam quidam fîlius cujusdam divitis 
nutriverat in domo paterna ; que, cum crevisset, multa 
dampna in domo paterna faciebat , quod advertens pater- 
familias, eam a domo fiigavit. Ipsa, non audens com- 
parere de die, accedebat per foramina que sciebat de 
nocte, et domum spoliabat pullis et gallinis. Simililer 
episoopi advertentes quasi paterfamilias dampnum 
quod faciunt iste misère muUeres in ecclesia Dei, a 
domibus sacerdotalibus eas expellunt, ne sint ibi ma- 
nifeste. Ipse autem, nilominus accedentes occulte, 

1. C'est la fable du vieillard et de ses deux maîtresses, racontée 
par Ésope, par Phèdre (II, 2) et par La Fontaine (I, 17). Mais ces 
deux vers appartiennent à une autre version. Jacques de Vitry 
donne à peu près la même qu'Etienne (ms. 17509, f^ 430). 



DU DON DE FOftOE. 394 

quicquid possunt ftirantur et fetibus suis portant'. 

453. Luxum morte necat dira... Nairavit frater 

Hemericus Goloniensis', qui fiiit in Golonia primas 

prior Fratnun Predicatorum, Remis, in quodam ser- 

mone, quod quidam, qui multum luxuriose vixerat, in 

fine niger factus ut carbo, torquebatur a dyabolo, 

maxime membris genitalibus , ita fortiter quod nuUa 

pena tormento suo, ut asserebat, posset oomparari ; 

et petebat sibi dari rasorium ut illa amputaret, ne 

dyabolus in eis haberet materiam vexandi eum; et 

cum non daretur, volebat surgere, sed non vakbat ; 

et in illo dolore mortuus est. 

454. De quodam magno comité audivi a fide digno 
viro religioso quod, cum dictus comes inter alia flagida 

1 . 1*0* 506 v«, 507. Jacques de Vltry parle également des pré^ 
tresses et de la misère qu'elles apportaient chez les clercs livrés au 
concubinage. Il cite, à ce propos, une opinion populaire assez cu- 
rieuse : c Unde quidam solebat dicere quod optime inter alios 
sacerdotes sciret cognoscere qui haberent concubinas, et inspiciebat 
illos qui manicas ad cubitum perforatas habebant. In quibusdam 
autem regionibus ita abhominantur hujusmodi sacerdotisse, quod 
illis in ecclesia nolunt pacem dare, née ab iilis pacis osculum reci- 
pere. Opinio enim communis est eorum quod, si saoerdotom 
concubinas ad pacis osculum reciperent, partem in missa non habe- 
rent. Unde, ad earum derisionem, soient dicere vulgariter quasi 
quandam carminacionem, qua mures a segetibus eorum arceantur, 
sub hiis verbis : 

c Je voB coojnr, sorriz et raz, 
c Que Tos n'aies part en ces tas, 
c Ne pins que n'a part en la messe 
c Cil qui prent pais à la prestrease. • 

(Ms. 17509, f* i39.) Le même charme figure dans une des Latin 
Stories de Th. Wright (n* 74). 

2. Pour Henricus. Ge religieux, appelé Henri de Cologne ou le 
Teutonique, fut le compagnon de Jourdain de Saxe, et eut des 
succès à Paris comme prédicateur. (V. Seript, ord. Prmd., I, 94.) 



< 



393 ^rnENNE de bourbon. 

sua fuisset enormiter luxuriosus, ampuit eum gravis 
infirmitas, et intumuerunt ejus genitalia ad modum 
olle grandis; in quibus gravissime afiOictus, Deum pre 
doloribus blasphemabat, et aliquando dicebat ideo talia 
in locis talibus pati se, quia de îllis membris enormia 
egerat. Nec tamen de hoc penitens veniam a Deo pete- 
bat, sed blasphemans forcius immundum spiritum 
emisit, sine aliquo Ecclesie remedio. 

455. De alio autem m^ximo principe, qui predicto 
fuit contemporaneus et familiaris, retulit vir religio- 
sissimus, idem qui supra, quod habuerat a fide dignis, 
quod, cum dictus prinoeps in vita sua se effiidisset p^* 
onine genus luxurie, ut mihi eciam fiiit compertum per 
multos, cum cecidisset in langorem gravem, in tabe- 
factionem et desperadonem et fetorem intoUerabilem 
cecidit; cujus sui, fetoris magnitudinem ferre non va- 
lentes, pre confiisione eum in cameris suis claudebant 
et occultabant, nullum ingredi ad eum permittentes. 
Quedam autem persona, multafamiliaritate et affinitate 
ei conjuncta, cui non ausi fuerunt custodes resistere, 
transiens ostia et custodias, ait : c Ego volo scire quo- 
modo est domino meo. » Et intrans cameram, invenit 
eum solum super cubile suum, quasi super quatuor 
pedes procumbentem, et omnia interiora cum intesti- 
nis et fecibus et fetore maximo emittentem, et sine ali- 
quibus signis penitencie animam exhalantem. Quod sui 
occultantes, aliafinxerunt. Hoc autem genus mortis ejus 
illa persona que eum invenit sic, Deum timens, divino 
judicio perterrita, aliquibus Deum timentibus revela- 
vit. Nonodna autem personarum, licet sciam, non 
exprime, quia posset esse, vel in periculum, vel in 
scandalum aliquorum. Duo autem predicti principes. 






DU DON DE FORGE. 393 

sicut ftierant oontemporanei in vita et conformes in 
moribuSy oontemporanei in morte fuerunt, et creditur 
quod in pena^ 

Quantum sit vitanda cohabitacio mulierum. 

456. Quantum autem a viris qui debent vivere 
continenter sit vitanda mulierum cohabitacio et fami- 
liaritas, et societas fîigienda, ostendetur auctoritati- 
bus, racionibus et exemplis... His consueverunt dare 
occasiones aliquando consanguineitas et solitudo..., 
aliquando confidencia fortitudinis aut diuturne casti- 
tatis : Samson, confisus de fortitudine et frequenti 
Victoria quam habuerat de Philisteis, per Dalilam de- 
ceptus est. Novi personas olim a quibus audivi que 
referam sibi accidisse, que pensata poterunt esse ad 
cautelam multis ; et sunt, ut estime, plus quam viginti 
anni quod ab hoc seculo migraverunt. Fuit enim alter 
sacerdos secularis habitu qui religiosam vitam a pueri- 
cia sua duxerat, multum vivens caste et innocenter et 
sancte, cujus testimonium habebat et nomen pre ceteris 
conunorantibus in terra sua; qui, audiens de quadam 
nobili muliere et pulcra valde, que, relicta patria sua, 
cunam cujusdam principis magni sequeretur, facta 
meretrix stipendiaria , earum que dicuntur solidarie', 
volens eam, si posset, revocare a multis malis que facie- 
bat ibi, se exponens omnibus pro pecunia, accessit ad 
eam compassus, monens eam quod desisteret a tôt et 

1. F^ 508. Les termes dont Etienne se sert indiquent un fait 
rigoureusement historique ; mais le mystère dont il recouvre pru- 
demment le nom du personnage parait bien difficile à pénétrer. 

2. Soudoyères. V. Ducange, au mot Sodoier. 



394 ÉnENNB DE BOURBON. 



tantis malis, promittens quod non de&œréL ei, sed pro» l 

curaretei neooessaria vite et saloti. Adcajus verba ilh • 

oompuDCta crines amputavit, habitum immutavit ; sed, 
cumilla ire Romam affectaret, ut penitenciam aociperet 
de cominisais, ille, timens ne redîret ad vomitum, eam 
sequutus duxit et reduxit, tanto zelo eam custodiens, 
ut, ne eam alii impeterent, cum ea aliquando in lecto 
jacebat, nec eam aliquatenus impetebat, nec videbaUir 
moveri in came. Eam eciam inclusit, visitans eam fine- 
quenter, consolando et neocessana quatatum poterat 
procurando. Cum autem diucius jam fuisset indusa, 
securior jam factus de ea, compaciens ei, securiiis et 
familiarius loquebatur, et, post veiim et signa muha, 
cepit inardesoere in eo quod non fiierat expertus ; et 
facientes sibi oocultum introitum, peccaverunt inûmul, 
et habuenmt plures pueros, quibus, ne factum publi- 
caretur, mater fuit causa et perempdonis et 



cionis^ 



457. Hic de fallada et mala arte mulieris aliquid 
dicendum, et de malicia et sevicia ejus... Exempiis 
eciam multis ostenditur mulierum malicia et dc^us... 
Item magister Jacobus : Quidam tanto aelo uxorem 
suam custodiebat, quod semper cum ea ire volebat; 
que mandavit lecatori quod in domo quadam, ante- 
quam erat lutum et planea, expectaret eam die tali et 
hora. Cum autem illa die et hora iret ad ecclesiam, se 
dimisit cadere in lutum ; que surgens, dixît viro quod 
domum illam intrare volebat ad lavandum se, et quod 
servaret osticium, ne aliquis intraret antequam esset 
Iota, quod fecit; et illa, cum diu fiiisset cum leca- 

i. Pw5i0 vo, 514. 



DU DON DB FORGE. 39& 

tore suc, exivit magis inquinata quam intravit^ 

458 . Idem dicehat quod quidam oonsueverat se adeo 
inebriare, quod quasi insensibilis yidebatur ; qui, odio- 
sus uxori sue, inebriatus est ab ea, ita quod absorptus 
est a vino. Que, vocans monachos, dixit eum labcnrare 
in extremis, et quod vestirent ei habitum et facerent 
eum monachum, quod ipse petiverat compos mentis ; 
quod ipsi libenter fecerunt amore pecunie; quem 
tunsum et vestitum deportaverunt in abbacia. Ipse 
autem in mane, vino digesto, invenit se monachum, 
et pre verecundia remansit ibi, admittens uxorem, 
domum et pecuniam'. 

459. Item audivi ab eo quihujus quod sequitur fuit 
intermedius et procurator quod, eum quidam \ir 
ebriosus invenisset adulteriHn eum uxore sua, ille, 
relicto pallio, fugit. Ille, in argumentum facti, in archa 
sua pallium seravit. Quidam autem, qui mihi hoc 
dixit, archam reserans, dictum pallium tulit, et viri 
pallium intus seravit. Gum autem amicos et vicinos 
vocasset et uxorem accusaret, et illa crimen negaret, 
in argumentum facti eum promitteret ostendere se 
adulteri pallium, invenit suum. Illa crimen retorsit in 
virum, dicens quod ita inebriaretur sepe, quod unum 
faceret pro alio et quod nesciret quid faceret. 

460. Item idem magister Jacobus qui supra' : Cum 

1. Fait le sujet d'un conte de La Fontaine (2« partie, x), d'une 
des Cent nouvelles nouvelles (xxxyin), et d'un conte de Bonaventure 
des Périers (xvi). Elle a môme fourni un épisode du roman 
à^ÉracUs, composé au xn« siècle par Gautier d'Arras (éd. Mass- 
mann, v. 4442, 4498 et suiv.). Voy. aussi Th. Wright, Latin 
Stories, n° H. 

2. Cf. Th. Wright, Latin Stories, n» 65 ; Liebrecht, Germania, 
XXI, 385. 

3. Jacques de Vitry, au f» 137 de son recueil manuscrit. 



396 ETIENNE DE BOURBON. 

quedam mulier sepelisset virum, nolebat reoedere a 
sépulcre, in fletu perseveraus. Quidam magnorum 
parentum, justida exigente, suspensus fuerat prope; 
quem sub periculo vite rex cuidam preœpit custodire, 
ne parentes eum râpèrent. Sed dum ivisset ad potao- 
dum, cum rediret, invenit eum sublatum ; et, cum flens 
timoré regio transiret per cimiterium ubi erat in 
tumba lapidea vir sepultus dictus, mulier ibi flens 
querit causam tanti luctus et audit ; et, videns eum de- 
gantem aspectu, querit quid faceret pro eo, qui eum a 
régis potestate eriperet et divitem faceret. Respondit 
quod quicquid posset ; et illa : c Jura mihi quod duces 
me in uxorem, si hoc fecero. » Que faciente, tradidit 
ei corpus viri suspendendum pro alio, et, ducens eam 
in uxorem, onmia bona viri ejus possedit ^ 

j. F« 512 v». Cette satire sanglante de Tinconstanoe des femmes, 
si connue sous le titre de la Matrone d'Ephèse, a été répétée succes- 
sivement, et sous des formes diverses, par Pétrone, par Phèdre, 
par Jean de Salisbury, par Marie de fVance et d'autres fabulistes 
du xui* siècle, par plusieurs conteurs de fabliaux et par Tauteur 
du Roman des sept sages, par Ëustache Deschamps, Saint-Évremont 
et La Fontaine. (V. Méon, Nouveau recueil, III, 452; Dinaux, 
Trouvères de la Flandre, p. 32; Th. Wright, Latin Stories, p. 156; 
Hist. litt,^ XXni, 71 ; etc.) Elle a été l'objet d'un mémoire intéres- 
sant de Dacier, qui a reproduit le texte de plusieurs de ces ver- 
sions (Mémoires de l'Académie des inscriptions, XLI, 523-545). Ce 
critique se demande si le conte n'est pas plus ancien que Pétrone ; 
mais il cite lui-même une histoire presque semblable, un peu plus 
compliquée, dans les morceaux de littérature chinoise pubUés par 
le P. Du Halde (Description historique de la Chine, m, 408). Il est 
donc probable que cette légende, conmie celle qui est racontée ci- 
dessus (n^ 373), et comme beaucoup d'autres, a une origine orien- 
tale très-reculée, et qu'elle aura pénétré successivement chez les 
divers peuples de l'Occident. En voici encore une variante de la 
môme époque, à joindre, ainsi que celle d'Etienne de Bourbon et 
de Jacques de Vitry, aux textes publiés précédemment : 

c Mulier quedam, mortuo marito, noluit reoedere a tumulo. 



DU DON DE FORCE. 397 



De fugiendis chareis. 

461 . Non solum autem timenda sunt mulierum con- 
sorcia et cavende earum fraudes ^ sed eciam ipse 
platée et theatra et spectacula in quibus soient conve- 
nire ad spectandum... Maxime autem declinanda sunt 
loca in quibus fiunt choree, et ipse choree fugiende... 
Diabolus est choreizancium et danciarum inventor et 
gubemator et procurator. Âudivi cuidam viro sancto 
apparusse diabolum in specie parvuli Ethiopi» stantem 
super quamdara que duoebat choreas, et circumducen- 
tem eam ut volebat, et springantem super caput ejus. 
Dancie autem et springaciones ' quas faciunt chorei- 
zantes videntur habuisse originem a diabolo decipiente 
Ëgypcios in similitudine cujusdam tauri, habentis in 
humero signum quasi lune corniculate albe, quem 
vocabant Apim sive Serapim, quem asserit Plinius se 
vidisse, ut legitur in Scolastica Historia^ ; qui, egrediens 
de flumine in quo submerserunt Egypcii pueros filio- 
rum Israël 9 in die quodam qui erat eis festus, conve- 

Quam yidens miles, custodiens prope locnm latronem, ad eam 
accessit, et malier ejus voluntati obedivit. Et cum rediret et latro- 
nem sublatum inTeniret, rediit ad ipsam, dicens quod totmn 
amiserat. Qne ait : Absit; maritus meus rectus et recens est; 
suspendemus eum loco ejus. Qui cum portarent, ait miles : Uni- 
cum pedem habebat. Que statim pedem abscidit. Paulo post : 
Monoculus erat. Que statim ' eruit oculum. Post : Galvus, inquit, 
erat. Que statim depilavit eum. Ideo ia amore mulieris non est 
confîdendum alicui. i (Ms. de Tours 205, f« 173.) 

1. Ms. et cavenda et fraudes. 

2. Sauts, trépignements. Mot refait sur le français, comme dan- 
ci», (V. Du Gange, Espringier.) 

3. Ouvrage de Pierre le Mangeur. 



398 ÉTIKIfIfB DE BOURBON. 

nientibus Ëgypciis ad eum cum omni génère musico- 
rum elevabatur in aere super eos, movens se et saltans 
et faciene gestus et motus, quibus ipsi in terra se con- 
formabant, cantantes et psallentes cum cytharîset tym- 
panis et onmi génère instrumentorum musicorum; 
ubi creditur eos docuisse danciarum et springacionum 
gestus; qui, se postquam sic exercitaverat , ab oculis 
eorum evanescebat. Inventor ergo harum est Satha- 
nas, gentes ducens ibi vanas, que, ut lanugo que a 
vento tollitur, ut pulvis quem proicit ventus a facie 
terre, ut nubes sine aqua nebule, turbinibus agitate 
sunt'. 

462. Item vexât homines, Deo ei permittente, 
propter peccatum chorearum, aliquando tempestate 
subita, et ire sue furorem exercet ' in eos. Audivi a 
fratre Philippo, primo priore in domo nostra Remensi, 
quod in diocesi Suessionensi ', cum in ecclesia qua- 
dam, in qua facte fuerant choree, in mane celebraret 
sacerdos, factus est subito magnus turbo et conmio- 
cio, et fulgur cecidit in ecclesia ; que vestimenta altans 
combussit, sacerdote cum hostia illeso permanente, 
et multos in ecclesia occidit, molendinum ibi subver- 
tit, quatuor hominibus ibi occisis. Unus, inde fugiens, 
vidit multos demones super fossatum quoddam spnn- 
gantes^ et salientes^ et choreas présentantes, a quibus 

1. F^ 512 v», 5i4. Les détails donnés ici sur le culte dn bœof 
Apis ne concordent pas tous avec les traditions anciennes. La 
danse a, dans tous les cas, presque autant d'origines différentes 
qu'il y eut de peuples primitifs sur la terre. Sur les danses an 
temps, cf. les n<» 185, 194, 275. 

2. Ms. exsercens. 

3. Ms. in diocesi SuesonenH. 

4. V. l'exemple précédent. 

5. Ms. sallentes. 



DU DON DB FOROB. 399 

^erberatus ad mortem, facto sigoo cracis, vix evasit ; a 
quo indignati et territi fugerunt. Quidam autem ex eis 
indignatus momordit maximam lapidem, qui erat in 
muro, magnam partem cum dentibus inde ferens, ipsis 
dentibus manentibus ibi impressis ; quas viri loci illius 
ostenderaut dicto Philippo in testimonium. Dictas 
autem homo a demonibus verberatus retulit coram 
magistro Johanne de Yineis, qui tune temporis erat 
maximus predicator et clericus in Francia^ 

463. Item fluctua adversi qui sequuntur hujuanodi 
dissuadent choreas et ineptam et inunoderatam leti- 
ciam... Âccidit in diocesi Lugdunensi, cum comes 
Forensis et Nivernensis Guido deberet transfinetare, et 
vocasset magnam curiam in Natali Domini, et multum 
post officium Dei vacassent in ducendis choreis, et 
venisset in quoddam castrum suum quod dicitur 
Suiriacum Gomitale', et filius ejus ibi vocasset juvenes 
scutiferos in quadam aula in solario, et cantando duce- 
rent choreas, volvendo se, cecîdit solarium sub pedibus 
eorum, et omnes pariter ceciderunt. Âliqui ibi sunt 
statim mcNTtui, aliqui confracti, aliqui fere su£Pocati ; ut 
possent dicere : < Versa est in luctum cythara nostra, 
et organum in vocem flentium (Job xxx). » Ego 
autem sequenti die, ibi veniens, sic inveni'. 

1. F« 515. Nous ne savons rien d'autre sur cette célébrité de 
l'époque, qui était probablement prieur de Saint-Jean des Vignes, 
à boissons. 

2. Sury-le-CSomtal (Loire). 

3. Fo 515 v«. Gui V, comte de Forez, se croisa en 1239 ; ce qui 
donne à peu près la date de l'accident raconté ici. Paradin, dans 
ses Annales de Bourgogne (II, 308), rapporte un fait semblable qui 
serait arrivé en 1313 à un autre Gui de Forez, à son retour de l'as- 
semblée de Paris, où il avait pris la croix avec Philippe le fiel; 



400 ÉTBErmE DE BOURBON. 

De divmanibus luxuridj [et primo de peccato contra 

naturam] . 

464. Dividîtur [luxuria] in quinque species : in 
simplicem fomicacionem [vel] stuprum, id est deflo- 
racionem virginum, saonlegium, adulterium, incestum, 
et peccatum contra naturam. Hi sunt quinque digîti 
manus diabolice (ejus alia manus est gula) . . . Dioemus 
primo de poUice, scilicet de peocato contra naturam, 
quod potest dici pollex, quia aliis viciis luxurie prepoUet 
.in grosside enormitatis. . . Quandoque, edam in pre- 
sentiy [hoc fedentes] plaga gravi feriuntur et turpi, 
maxime in membris in quibus peccant. Ad quod potest 
facere exemplum supra positum de luxuria, de derioo 
qui petebat rasorium, ut amputaret sibi illa membra 
propter intolerabilem dolorem quem padebatur ibi^ 
Item puniuntur subversione subits, quod patet Gen. xix, 
de subversione Sodomorum. Âudivi a quadam persona, 
que erat in terra illa tune , quod quidam terre motus 
factus est in Tyro et circa maritimam illius, in quo 
domus multe subito corruerunt de nocte subverse; 
in qua subversione invente sunt multe persone op- 
presse, prout erant in actu iUius abusiom's di^K>site, 

toutefois il ne désigne pas le théâtre de la catastrophe et ne parle 
pas du fils du comte. Il y a lieu de croire qu'il a confondu les temps 
et les personnes, et qu'il a simplement rajeuni Tévénement qu'on 
trouve constaté par un témoin oculaire cinquante ans plus tôt. 
C'est depuis lors, si l'on en croit le dictionnaire de Trévoux (an 
mot Danse\ que le nom de danse de Parez aurait été proverbiale- 
ment employé pour signifier une joie excessive suivie d'une fin 
malheureuse. 
1. V. lenM53. 



DU DON DE FORGE. 404 

ut per hoc pateret quod propter illud vicium illa sub- 
versio fiebat^ 



De adulterio. 

466. Digitus index manus diabolioe est incestus... 
Médius digitus in manu diaboli, que est luxuria, est 
adulterium, quia est contra societatem et fedus conju- 
gii, quod dissolvit; onmis illa conjunctio est per 
médium sacramentum... Per exempla avium videtur 
commendabilis matrimonii fîdelitas, et detestabile appa- 
ret adulterium. Habent enim quedam eorum conjugia ; 
ipsi enim passeres, qui personant, habent conjugia : 
simul nidos faciunt, simul ova confovent, simul pullos 
nutriunt et pro vident eis. 

Item magister Gervasius , in libro de Solaciis impe- 
rialibus et mirabilibus terrarum*, dicit quod aves de- 
testentur adulterium. . . Mansi in domo cujusdam divitis 
ubi erat psittacus qui venerat de Alexandria, et aliqua 
verba didicerat in gallico ; in arabico multa dicebat : 
cujus verba audivi interpretari a peregrinis qui nove* 
rant sarracenicum. Hic, cum videbat parvulum maie 
indutum intrantem domum, clamabat : c Ëcce latruncu- 
lus, latrunculus ! » Quando videbat magnum maie indu- 
tum intrantem, clamabat : c Ëcce latro, latro! > Hoc 
audivi fréquenter. Cum autem quidam serviens do- 
mus conjugatus turpiter ageret cum pediseca, [avi] 



1. ?^ 516 vo, 518. Ge tremblement do terre^ qui détruisit pres- 
que toute la ville de Tyr, est rapporté par Jacques de Vitry dans 
le premier livre de son Histoire orientale. 

2. Livre adressé par Gervais de Tilbury à l'empereur Othon IV. 

26 



40S ÉiaSHNB DB BOURBON. 

dicta sola existente 'ÙÀ et turpedîoem vidente^ dama- 
vit alta vooe fréquenter, ut a8serd:>at famîlia, i|iie 
accurrit audiens : c Âimo (sic vocabatur serviens ille) 
sic agit cum tali », yoçana çam et exprimens Domine 
proprio*, 

466. Âdulteri pumuntur in future, primo etemî boni 
privacione ; . ... item pumuntur pena ignis infemalis. 
4udivi a quadam perspna, qyod, cum fuisset pecca- 
txix mulier et multum videretur penitens, ista fiierat 
occasio sue conversionis. Cum ipsa esset conjugata, 
quidam juvenis, inardescens in amoreejus, traxit eam 
ad amorem suum. Unde, cum diu in adulterio fiiissent, 
illo mortuo in peccato, illa multum afifectabat scire 
quomodo esset ei. Cum quadam nocte scia esaet in 
quadam caméra, ille visibiliter apparaît ei nudus, totus 
suGcensus quasi ferrum candens, dicens ei : c Ecce 
vides exterius qualiter ardeo propter ardorem libidi- 
niSy et videre poteris per urinam meam qualiter ardeo 
interius. » Quo dicto, fecit urinam coram ea tanti ar- 
dons ac si esset cuprum bulliens, que ardore suo 
penetrabat solarium domus et in terram descendebat, 
ardore sue onmia penetrans. c Ecce, ait, sic mihi est 
et mihi similibus. » Hec mihi retulit valde territa et 
Qompuncta, et magnam penitenciam agens. Ille autem 
po§t hec disparuit . . . 

467. Dissuadet adulterium ira Dei dura, quam os- 
tendit contra adultères...; et merito non aoquiescet 
eorum precibus, quia ipsi non acquiescuntejusmonitis, 
quando monet eos, vel per predicatores, vel per visiones. 
Audivi a quodam fratre sacerdote quod quidam magis- 

1. P~ 520, 521. 



DU DON DE I^ORCE. 403 

ter 'nomiannus, Parisxus stadens m artibus, quamdam 
conjtigatam sonabat amore fla^cioso, qui Vôcabatur 
Norbertus; cui m Vîsione nocturna apparaît quidam 
terribilis, teneus puerum, qifemcorèrm ejus odulis lace- 
rabat, dicens ei quod sic laceraret eum, nîsî converte- 
retur et resîliret ab adulterio. Cum autéta terrîtos 
aliquandiu abstinuisrset, -post ad VdmituiA t^ediit, et, 
eamdém vîsionem videns iterum, nfiagisqtie tiiïiens, 
eam propalavit viris religiosis et discretis, qui côti- 
suluerunt ei a peccato recèdere et penitericiafm àgere. 
Cum autem post admom'ciofnem rediret àd consueta 
facta et inttraret domum adultère, frustatim laceratûs 
est ibi... 

468. Dissuadet hoc vicium confusio mirabilis qua 
confundentur mechi in conspectu Dei et omnium bo- 
norum et malorum, in judicio, ubi apparebit turpitudo 
eorum... Referebat frater Calfricius de Blevex, qui per 
multos annos rexerat in theologia Parisius', quod qui- 
dam miles, habens suspectam uxorem suam, singulis 
noctibus domum suam fîrmabat, clavem custodiens. 
Sacerdos autem, palo* de vallo artificialiter elevato, ad 
dominam veniebat. Lupus, foramen inveniens, post 
sacerdotemingrediens, ovesjugulavitplures. Miles, in 
mane dampnum audiens et vestigia lupi sequens, inve- 
nit foramen, et dolum et vestigia sacerdotis deprehen- 
dit. Dissimulât; dicit uxori sue quod rumor venerat 
ei quod sua mater in loco remoto egrotaret ad mortem ; 
mittit eam ibi, et facit fieri foveam maximam et pro- 
fundam juxta transi tum valli, intra. Cum autem redisset 

1. Cf. le n»46. 

2. Mb. palum. 



404 ETIENNE DE BOURBON. 

domina, dioeos matrem sanam invenisse, facto magDo 
convivio, ivit miles ad lectum, fiogens infirmitatem. 
Yeoienssacerdos, palumelevans, etintrans more solito, 
cecidit in foveam, et lupus eum sequens. Similiter 
domina, moras non ferens, mittit pedisecam ad saoer- 
dotem, facti consciam, que similiter cecidit in foveam. 
Domina, moras non ferens, pedisecam habens suspeo- 
tam de sacerdote, vadit illuc et cadit cum aJiis. Maoe 
autem facto, mQes inveniens factum, convocata tob 
vicinia, factum exposuit, et eos emittens coram omni- 
bus confudit. Sic onmes adulteri [et] procuratores, 
primo cadentes in foveam peccati, deinde inférai, 
a Deo in judicio coram onmibus emittentur et ooo- 
fundentur^ 

469. Item àudivi a quodam alio fratre quod, cum 
quidam sollicitaret uxorem cujusdam burgensis, nec 
pacem daret, illa significavit hoc viro suo ; que, de con- 
silio vin, significavit ei quod in die pleni fori veniret 
balneandus cum ea, quia tune vir suus erat intentus 
mercibus vendendis. Qui paruit, in balneum sibi parst- 
tum intrans, illa tardante intrare, quasi pro prandio 
parando. Yenit vir, sciens factum, adducens secum moi- 
tes : [illa alterum] fecit intrare nudum in furnumibi coih 
junctum, claudens os pannis. Vir accepit stramioa et 
ligna, ponens ignem ad os furni, dicens quod volebat 
furnum calefacere ad faciendas tartas. Quod videns 
qui intus latebat, per médias flammas nudus et semius- 
tus prosiliit in publicum, fustigatus cum derisione et 
ulutatu per forum ^ Sic faciet Dominus in judicio de 

i. Cette anecdote a fourni la 56" des Cent nouvelles nouvelles. 
2. On sait que les adultères, dans certains pays, étaient prome- 
nés nus par la ville et fustigés. (V. Du Gange, au mot Trotarc.) 



DU DON DE FORGE. 405 

aduiteris; extractos a balneo voluptatis in morte, in 
clibanum ignis inferni absconditos modo et in judi- 
cio generali, cum igné succenso, in mundo nudos 
per forum omnium fustigabit, reos et nudos cum deri- 
sione in infernum proiciens. 

470 . Item in diocesi Graciopolitano accidit, testante 
fratre Gabrito et asserente, quod quidam sacerdos 
adamabat quamdam uxorem cujusdam carpentarii 
archarum; quo absente, cum peccaret, venit ad os- 
tium vir. Sacerdos stupefactus archam magnam ibi 
paratam intravit, quam mulier clausit. Yir intrans, 
videns de ora veslis sacerdotis extra aliquantulum , 
dolum perpendit, et, clave assumpta, archam seravit. 
Applicans carrum boum et vocans vicinos, ad forum 
ducit, ubi quidam amicus ejus, sciens factum, cui 
mandaverat sacerdos cum occultis intersignis quod 
archam emeret et eum liberaret, vemens ad forum, 
émit archam precio viginti librarum. lUe qui vendebat, 
securus de precio, dicebat quod non vendiderat quod 
intus continebatur ; unde, cum ad verba hic inde con- 
currerent qui erant in foro, ille qui vendiderat archam 
aperuit, et inde sacerdos confusus et derisus ab onmi- 
bus exivit. Quod audiens episcopus, voluit habere de 
contempto quantum aiius habuerat de archa. Hoc ideo 
dixi, ut videant adulteri quanta erit eis conftisio, cum 
coram toto mundo peccata eorum denudabuntur et 
coniundentur, et derisi ab omnibus in infernum dedu- 
centur*. 



1. F~ 522 v«, 523. Ce dernier trait forme le sujet de la chan- 
son du Savetier Baillet, publiée par M. de Montaiglon dans le 
tome II de ses Fabliaux. 



406 éhbnne ds bourbon. 

De sacrilegio persanarum sacrarum. 

471 . Quartus digitus manus dyaboli, scilicet laxu- 
rie, est sacrilegium, quod adulterium est spirituale, 
contra spirituale matrimonium ; et est dissolucio federis 
ejus, quod est in personîs Deo dicatis vel consecratis. . . 
Débet hoc dissuadere [dericis] fraus mulienim, de qua 
supra multa dicta : fingunt enim eos diligere, ut Dalila 
Samsonem, quos depauperatos abiciunt, et ab eis dis- 
cedunt. Magister Jacobus dicebat quod, cum quidam 
sacerdos, admonitus ab episcopo suo, nollet dimittere 
concubinam suam, fecit ei episcopus hanc disjunctam : 
aut oportebat eum dimittere parrochiam cujus habebat 
curam, aut focariam. Miser, anxius quid ageret, pree- 
legit dimittere parrochiam. Qua dimissa, cum facUis 
esset. pauper, dimisit eom concubina, non curans de 
eo, et sic miser admisit utrumque. 

472. Item idem : Cum quidam clericus scolaris te- 
nuisset concubinam in scolis, in quatotam substanciam 
sibi missam de terra sua cum consumpsisset , cappa 
quadam bona retenta, cum qua honeste ad suos redi- 
ret, cum conduceret eum repatriantem cum ancilla 
quadam, flebat fortiter in recessu, et statim, eo sepa- 
rato ab eis, începit ridere et jocari cum alia. Ait illa 
sibi : c Quomodo que ita modo flebas, amasio tuo 
recedente, ita modo rides? > Ait : c Non credas quod 
ego ita flerem propter ejus recessum, sed quia ita 
bonam cappam secum defert, quam nondum expende- 
ramus. > In quo maximus earum dolus patet^ 

1. Fo» 523, 524 v*. Cf. Jacques de Vitry, f» 139. 



DU BON DB FORGB. &07 

473. Secundo dissuadet hoc vicium hoc quod ipsi 
fedant et maculant faciem sponse Ghristi Bcclesie, et 
quasi sputum et lutum in eam proidunt. Nobiliorpars- 
sponse Ghristi Ecclesie est cetus claustiralium , cojus 
honestatem fedant, et, dum in fociem regine sponse 
sordes proiciunt, régi contumeliam fadunt. . . , quando 
claustrales iïigiunt ordinis disdplinam, et fadunt unde 
in faciem regulatori maledicatur. Âudivi quod, cum 
sanctus Franciscus predicaret Rome, quidam magni 
dixerunt ei : c Yohimus quod cras predices nobis. » 
Gardinalis quidam, compaciens et timens ejus* confu- 
sionem, quia erat homo vdde parum littoratus, vocans 
eum, firmavit ei s^rmonem compositum tota nocte, 
quem proponeret. Cum autem deberet proponeré, 
fugit ab eo quicquid firmaverat, et, nesciens quid dice- 
ret, aperuit psalterium, et occumt ei versus : c Tota 
die conftisio fadei mee coopérait me^ » Et ostendft 
eleganter quomodo illi, in quibus deberet rehicere de- 
cor Ecclesie, ut mulieris in facie, eam factis suis fedis 
inquinabant et abominabilem omnibus reddebant*. 

De fomicadone simplici. 

. 474. Gonsequenter dicendum est de ultimo digito 
manus dyaboli, scilicet luxurie, qui est fornicacio solu- 
torum, scilicet quos non prohibet vinculum nature, 
sicut fadt peccatum contra naturam, nec sacramen- 
tale, sicut conjuges, nec carnale, sicut consanguineos 

1. Psaame xLm, verset 16. 

2. F* 526. V. cette môme anecdote, et la note qui la concerne, 
ci-dessus, n^ 254. 



1 

I 

408 ÉnSMlVE DE BOURBON. ■ 

aut affines, nec spirituale, ut oompatres et filiolas, aut 
oondicionale, ùt veto obligatos religiosos. Hic autem j 

digitus habet très juncturas : fornicacionem, que est 
[cum] simplicibus concubinis aut meretricibus, quod est 
grave peccatum, quia semper mortale conscienter oom- 
mittitur; secunda est que committîtur cum viduis, 
quod peocatum est gravius ; tercia junctura, que com- 
mittitur cum virginibus, quod dicitur stuprum, quod 
in comparacione duorum precedenciumgravissimum. . . 
Âliquando accidit quod [concubinas habentes], scien- 
tes periculum suum, adeo allecti^ sunt amore earum, 
quod, oculis apertis, in foveam inférai se précipitant ; . . . 
similes cuidam Gualtero, qui, ut ostenderet amasie sue 
quantum diligeret eam, de cacumine altissime rupis 
précipita vit se, amore ejus, in mari proiundissimo ; unde 
locus a quo se precipitavit dicitur a Normannis, apud 
quos est, Saltus Gualteri'. Stulciores sunt isto qui 
amore earum, apertis oculis, se précipitant in infei^ 
num. Item, cum multi milites aut divites in domo 
teneant sacerdotes, quos eciam secum ducunt ut, si 
casus alicujus infirmitatis eis accident, habeant eos 
promptes et paratos ad ea que sunt salutis, ne morian- 
tur maie inconfessi et impénitentes, econtra miseri 
tenent concubinas, ut eas in omnicasu habeant promp- 
tas et paratas ad ea que sunt perdicionis, ne moriantur 

i. Ma. electi. 

2. Le Saut'^utier est une plate-forme située au Mont-Saint- 
Michel. La légende rappelée ici se conserve encore dans le pays. 
Jacques de Vitry la rapporte également, en ajoutant le dénouement 
ou la moralité que voici : c Illi promiserat mulier quod sequeretur 
eum quocumque pergeret. Facto autem saltu, dum Graitems in 
aquis su£focatum inspiceret, eum sequi noluit, sed paulo post alii 
adhesit. > (Ms. 17509, f> 133.) 



DU DON DE FORGE. 409 

pénitentes; unde in gravi periculo vivunt et mo- 
riontur^ 



TREDBGDIUS TITULUS. 



DE VIGIO GULE. 



475. De vicio gule, septimo et ultimo inter septem 
principalia vicia, dicemus, a quo processit in homine 
omne malum culpe et pêne, et repugnancia carnis et 
spiritus, malum presens et futurum, quod patet in 
peccato Âde, quod induxit in homine onme malum. . . 
Liberamur autem a malo gule per donum sapiencie, 
quod facit sapere bona spiritualia et eterna, et gustare 
ea, et desipere gustum carnalium voluptatum^ 

[De his que dissuadent hoc vicium.] 

476. Impossibile est, ut dicit Jeronimus, tempora- 
libus simul et etemis deliciis perfrui, hic ventrem et 
ibi mentem replere. Seneca : € Si vis in perpétua volup- 
tate esse, non voluptatibus addiciendum est, sed cu- 
pidinibus subtrahendum. » Âudivi quod, cum quidam 
claustralis esset in quodam claustro, duram et asperam 
cum aliis vitam gerens claustralibus, et attendens quod 
officiales multis fréquenter fruerentur deliciis, in came- 
ris bona abbacie consumentes, cum quadam die multi 

1. F» 527. 

2. F* 530 ¥•• 



I 

■ 

■ 

410 ÉTJBER» I» BdUaBdEI. I 



conveoissent priores et abbatm eunteft ad esf^itulum» 
abbas illius abbacie fecit eis multa delicata et divent 
fercula preparari, et datus est dictas claustralis eis 
servitor. Gum autem sederent ad mensas cum dictis 
officialibus, cum deportasset dictais claustralis primom 
ferculum et grossius, ait hic : c Âccipite hoc, et nil 
ultra. » Quod audientes, comedenint multum de dicto 
ferculo, non sperantes de aliis. Idem dixit cum appo- 
neret secundum ferculum, et tercium, et sic de aliis ; et 
tantum comedenint de primis, quod non potenmt de 
delicacioribus ultimis aliquid comedere. Unde, finifb 
convivio, conquesti sunt abbati de dicto monacho ; qaem 
vocavit abbas suus, volens scire quare hec dioeret, et 
compulit eum dicere; qui ait : c Vos, domini magni, 
bona abbacianim voluptuose expenderitis , de quibus 
claustrales jejunant, et deloco penitënde claustri fadtis 
vobis paradisum voluptatis ; et, quia partem vestram hic 
accipitis et deteriorem eam facitis, cum non sit trao- 
situs a deliciis ad délicias, qui présentes dèhcias pro 
parte accipitis, nil deliciarum ultra hanc vitam vos 
habituros confidatis^ » 

477. [Âliud] dissuadens gulam est maxima vis que 
est in mensura sive sobrietate. Sap. vm b : c Sobrieta- 
tem docet sapiencia et virbitem, quibtis nihil est utilius 
hominibus in vita. > Âudivi ab episcopo Glaromontensi 
quod, cum quidam legatus, Romanus nomine et re', 
missus esset in Francia ab apostolica sede, [et] con- 
venisset apud Glaromontem, audivit quemdam prin- 

1. F* 532. 

2. Romain, cardinal de Saint -Ange, légat apostolique en 
France sous saint Louis. 



I 



DU DON DE FORCE. 411 

cipem, dictum Dalfinum MontisfeiratiS sapientissimum 
industria nature. Ivit ad temptandum eum, et quesivit 
ab eo quod judicaret utilius homini in hac vita. Res- 
pondit vulgariter quod' mensura, quia, ut dicitur 
vulgariter, mensura durât'. Et cum quereret ultra ubi 
inveniretur, respondit : c In mediocritate. > Et requi- 
situs ubi erat illa, respondit quod intra parum et 
nimis. Quod audiens a laico, miratus [est] sapienciam 
ingenii ejus^ 

478. Dissuadet hoc vicium racio futura et judicacio, 
tam de excessibus gule quam de sumptibus superfluis : 
pro uno enim ventre pascendo, vel de hoc quod unus 
gulosus expendit in uno prandio, possent multi pauperes 
refici... Âudivi quod quidam cornes Pictaviensis expe- 
riri voluit qui status esset in hominibus delicacior ; et, 
cum transfîgurasset habitum suum, et diversos status 
hominum expertus fîiisset, mores, status et societates 
diversorum hominum, rediit ad pristinum statum, 
dicens quod delicatissima esset vita mercatorum in 
nundinis, qui intrant tabernas, in quibus inveniunt 
promptas et paratas quas volunt delicias , nisi unum 
obsisteret, scilicet finalis ratio quam habent reddere 
de omnibus sumptibus factis, et solvere onmia et 
minuta plene que ante expenderunt. Sic in egressu 
mundi oportet reddere rationem de onmibus expensis*^. 



1. Sic, pour Montisferrandi, Ce personnage, appelé plus haut le 
marquis de Montferrand, était Robert, dauphin d'Auvergfne, qui 
avait épousé une comtesse de Montferrand. (V. ci-dessus, n^ 327.) 

2. Ms. quam. 

3. c Mesure dure «, ancien proverbe français. 

4. Fo 532 V. Cf. les n- 492, 504. 

5. Fo 534. C'est cette idée qui a produit le c quart-d'heure de 



412 énENNE DE BOURBON. 

De malts que facit gula. 

479. Sicut videtur delicatis auferre saporem a cibis 
deliciosis Deus, infra videtur, per contrarium, Deus 
excitare et pui^are appetitum pauperum, ut sint eis 
sapida et delectabilia grossa cibaria. Âd quod ponit 
exemplum magister Jacobus de Vitriaco, dicens quod 
in diocesi Remensi fuit quidam prelatus dives et deli- 
catus et fastidiosus ita deliciis, quod ita admiserat 
appetitum, quod diversis deliciis non posset recreari 
aut sustentari, sed quasi moriebatur languens inter 
delicias; qui, desperans de salute corporis, ordinem 
intravit, ubi qui multos habebat pileos cepit ire 
nudato capite, et uti parce asperis cibis et raris, et 
appetitum recuperare, et avide comedere. Quod au- 
diens archiepiscopus Remensis, visitavit eum, quia 
familiaris ei valde fuerat, et fecit pitanciam, et comedit 
in refectorio cum eo; et, intuens eum, vidit eum, qui 
prius erat languidus pro deliciis, vividum et sanum et 
comedentem avide plenam scutellam de fabis, post 
aliam de oleribus. Quod cum vidit, accepit scutellam 
suam, dicens servitori coram onmibus : c Yade, porta 
ei scutellam meam, et dicas ei quodmando ei quod, si 
non sufficiant ei ea que intra sunt, comedat scutellam 
et totum. » Et benedixit Dominum in mirabilibus suis, 
qui esurientes replet bonis suis et divites dimittit 
inanes^ 

Rabelais >. Etienne a rapporté plus haut une autre tradition 
concernant nn comte de Poitiers, peut-être le même (n® 245). 
1. F0537. Cf. le n* 190. 



l 



DU DON DE FORGE. 413 

480. Gula excludit a ceiesti hereditate... Item ma- 
gister Jacobus dicebat quod quidam conversus optime 
confuderat quemdam hoc modo. Gum quidam factus 
esset de monacho episcopus, in victu et vestitu satis 
rejecit monachum^ carnes comedens indifferenter, et 
habitum satis maie servans. Gum autem venisset ad 
abbaciam de qua assumptus erat, et monachi ei facerent 
magnum festum, astabat ante eum in mensa quidam 
conversus, qui videbatur raptus in cogitacionibus suis ; 
quem incepit irridere dictus episcopus, dicens : c Dica- 
tis nobis super quid sompniastis in raptu vestro. » 
Erat enim contemplativus valde. Gum instaret ut 
diceret sibi quid viderat et quid cogitabat, ait : c Do- 
mine, ex quo vos hoc vultis, ego dicam vobis. Mihi 
videbatur quod stabam ante portam Paradisi, et quod 
vos ibi veniebatis, rogantes portitorem ut vos intrare 
permitteret. Gum autem ille quereret que esset causa 
quare intrare deberetis, et que esset vestra condicio aut 
professio, dicebatis quod monachus eratis sancti Bene- 
dicti. Gum autem vocasset sanctum Benedictum, et 
quereret ab eo si recognosceret vos monachum suum, 
ait quod vix apparebat in habitu, sed requireretur in 
victu. Et cum portitor quereret quomodo hoc cognos- 
ceretur, ait : Aperiatur venter ejus, et videamus si 
est plehus fabis refectorii. Quo aperto, nulla faba vel 
refectorii cibus ibi est inventus, sed coxe caponum, 
anserum et gallinarum et aliorum volatilium et alti- 
lium ; propter quod judicatum est vos non debere ibi 
intrare cum beati Benedicti régule observatoribus, sed 
in infernum cum transgressoribus'. » 

1 . Fo 537 vo. 



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41 i ETIENNE 1>E W>URBON. 

De ^ebrietate. 

481 . Dissuadent ebrietatem exempla multa, maxime 
christianis : primo Judeonim sacerdotum, qui, ciun 
accedebant ad ministrandum Domino, nihîl bibebant 
quod eos inebriare posset... Item exempla Sarraoeoo- 
rum, qui abstinent ad preceptum Mahometi, nisi in 
quibusdam festîvitatibus suis, in quibus pre ebrietate 
insaniunt. Âudivi quod quidam monachi, venientes ad 
Saladinum , inceperunt eum monere ad conversionem. 
nie autem quesivit de religione eorum, de victu et 
abstinencia, et si abstinerent a camibus et a mulieribus 
et a vino ; qui dixerunt [quod] a carnibus et mulieribus 
abstinebant, a vino non. Qui recepit eos honorifîce, et 
fecit parari delicata secundum morem eorum, sine 
vino ; et, cum dormirent, misit eis mulieres ad soUici- 
tandum eos. Ipsi autem eas a se viriliter abegerunt. 
Post aliquantum temporis , cum abstinuissent a vino, 
fecit eis parari minus délicate ; tamen vinum fecit eis 
propinari fortissimum. Illi autem, quia a vinodiu abs- 
tinuerant, avidius biberunt, non tempérantes vinum 
ut oportuisset, nec temperaverunt se a vino; sed, cum 
essent inebriati et quasi consopiti , misit ad eos mu- 
lieres dictas, in quibus soUicitantibus incurrerunt ab- 
sorpti vino : unde dictus Sarracenus confutavit eos^ 

482. Quoniam autem tabeme sunt loca in quibus 
comessaciones et ebrietates soient specialiter exerceri, 
et multa alia mala fieri, prêter ea que dicta sunt contra 

1. F« 538. V. les autres histoires relatives à Saladin sous le 
n» 60. 



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DU DON DE FORGE. 415 

ebrietatem et gulam superius, notandum quod suDt 
multa que dissuadent hominibus frequentacionem ta- 
bernarum. . . Qui sani intrant taberuas, pro ebrietate ibi 
insaniunt, et a dyabolo quasi arripiuntur... Ibi se mor- 
dent et lacérant vituperadonibus^ et rixis, ad modum 
canum. Similes sunt canibus de quibus audivi a multis 
illius patrie quod circa pedem castridicti Mons-Ismeri, 
oomitis Gampanie, coavaaerunt de diversis partibus 
illius terre, circa annum Domini if° CG^xxx^ ; qui, se ibi 
mutuis dentibus impetentes, lacérantes et compugnan- 
tes, occiderunt. Et parum post ibi capti sunt multi 
Manichei heretici, circa ccntum octoginta, quorum 
examinacioni, facte ibidem a prelatis Francie, ego in- 
terfui; qui ibidem fuerunt judicati, condempnati et 
combusti^ 

t. Ma. vituperiê. 

2. F<» 541 vo. Sur le combat des chiens et l'assemblée ecclésias- 
tique de Mont-Aimé, voy. ci-dessus, n^ 170, 374. 



INCIPIT QUINTA PARS, 



DE EIS QUE PERTINENT AD 



DONUM CONSILII 



483. Quinta pars hujus operis est de eis que per- 
tineat ad quintum donum Spiritus Sancti, scilioet ad 
donum consilii , per quod ordinantur materîe hujus 
quinte partis^ que sunt quatuor virtutes cardinales et 
alie que sub eis, ut earum species, ponuntur et dispo- 
nuntur ; de quibus hic tractabimus, non de omnibus, 
sed de aliquibus que videntur magis competere bomi- 
num saluti; de quibus sancti magis tractaverunt et 
nobis plura salutîs exempta reliquerunt, et circa quas 
vel earum usus habendos magis studuerunt. De aliqui- 
bus autem, de quibus supra diximus, hic non dicemus. 
Simiiiter de tribus theologicis virtutibus hic non 
dicemus, quia in sexta parte de fide et de eis que 
pertinent ad eam aliquibus tractare proponimus, et 
quia de ea multa diximus in quarta parte, titulo de 
heresi et hereticis. De spe eciam et de pertinentibus 
ad eam..., quarta parte, titulo de desperacione, dixi- 
mus ; de rébus quas debemus sperare, dicere in parte 



DU DON DE CONSEIL. 417 

septima proponimus , scilicet de futura beatitudine et 
patria oélesti. De cantate autem dicere proponimus in 
parte septima. Agemus autem^hic hoc modo. . . : [1 °] de 
prudencia et de pertinentibus ad eam ; [2^] de fortitu- 
dine; [y] de temperanda; [4^] de justida; et sub eis 
de pertinentibus ad eas^.. 



TITULUS PRD1US^ 

DE PRUDENTIA. 

484. Quoniam donum consilii, ut ostensum est, vir- 
tutes eligit per quas homines dirigat et perducat ad 
salutem, ut ab ipsis eliciat opéra salutis, primo sub eo 
agemus de prudencia..., [dicendo] quomodo prelato- 
rum status, processus et profectus et actus et officium 
pastoralis regiminis, quoad Deum et ad proximum et 
ad se et sibi conunissa, bene regatur et disponatur in 
activa vita et contemplativa per prudenciam; per 
quam qui gubernant alios bene regunt eos, et ipsi bene 
reguntur^. 

1. F» 543 r». Dans le texte, le chapitre de la Tempérance vient 
avant celui de la Force, et l'ouvrage s'arrôte après ce dernier. Le 
prologue de cette cinquième partie énumère en outre, avant le 
chapitre de la Prudence, plusieurs autres divisions ; mais celles-ci 
ne forment pas, dans le texte, des tituli distincts : c'est pourquoi 
je les supprime dans cette énumération. 

2. Ms. titulus II. 

3. F» 547 vo. 

27 



418 ÉnmNE db bourbqn. 

De cautela in élections prelatorum. 

485. Debent autem prelati maximam habere caute- 
lam in electione prebendariorum Ecclesie, ^ in coUar 
done et suscepcione ecclesiasticoram beDeficicNnim... 
Ideo optûne consuluit rex Lodowicus, pater régis 
Franoorum Philippi, vir simplex et boaus\ Gum mor- 
tuus esset episcopus Parisiensis et canonici Parisienses 
haberent eligere episcopum, consuluenmt diotum 
Lodowicum regem de quo poasent facere episoopum. 
Qui quesivit qui essent meliores in ecclesia sua. Qui 
responderunt quod duo erant exoellenciores fama et 
sciencia : unus vocabatur magister Mauricius, alius 
magister Petrus Manducator. Quesivit quis eorum 
esset fervencior in eis que pertinent ad salutem ani- 
manun et virilior, quis magis vacaret predicadoni et 
aliis occupacionibus subvendonis animarum. Respon- 
derunt quod Maundus erat in predicadonibus arden- 
dor, et in eis que pertinebant [vite] active solliddor 
drca lucrum animarum et laudador ; magister Petrus 
circa Scripturarum sdendam studiosior. Quibus rex 
ait : c Fervendorem animarum regimini assumite, stu- 
diosiorem regimini scolarum reservate. » Quod ipd 
fecerunt, et sic uterque in suo officio multum profedt*. 

1. Louis Vn. L'épithôte appliquée à ce prince concorde peu 
avec l'idée qne Ton se fait aujourd'hui de son caractère. 

2. Fo 576 \«. Ce passage important montre à quel point la fable 
accréditée par Gésaire d'Heisterbach sur Télection de Maurice de 
Sully, qui se serait nommé lui-même après s'être fiût donner le 
mandat des autres électeurs, est dénuée de fondement (Y. Uist 
litt.^ XV, 149.) La cause de son élévation est beaucoup pfais 
honorable pour lui, et pour Pierre Gomestor, son compétiteur, et 



DU DON DE G0N8RIL. 419 

486. Debent esse eligendi caritate ferventes, invidi 
et diligentes, non tepidi, ingidi et négligentes, et quasi 
mortiû... Taies erant antiquitus reges Franconun, 
post plures suoeessiones régis a Glodoveo. Post Dago^ 
bertum, reges Francorum facti desidiosi, ne afflige- 
rentur in sollicitudinibus negociorum, elegerunt 
majores aule régie, qui prelia et négocia regni agerent, 
et rex vacaret ocio et deliciis, solo régis nomine coo- 
tentus. Unde, ut referunt Hugo de Sancto-Victore et 
Godefridus Parmensis in cronicis suis, cum Pipinus, 
major aule régie, multas habuisset victorias sub Hilde- 
rico rege, scripsit Zacharie pape quod mandaret ei 
quale deberet esse régis officium et quis dignus esset 
regno. Gum autem scripsisset ei quod, cum rex a 
regendo diceretur, ille dignus erat regno qui bene 
regebat rem publicam, quasi commocione Franci dio- 
tum Pipinum, Arnulfi Grossi filium, regem fecerunt, et 
Hildericum inutilem et remissum in monasterium in- 
traverunt, eum habitu monachali vêlantes. Fuit autem 
istius Pipini Grossi filius Garolus Martellus, qui ter 
triumphavit de Sarracenis, occidit, vicit et repulit eos 
a finibus regni Francorum, qui ter invaserunt fines et 
confinia regni Francorum, et occupaverunt Hispaniam 
et Aquitaniam et Provinciam^ 

pour le roi Louis VU, dont Tintervention dans cette affisiire était 
ignorée. 

i. Fo 577. J*ai cru devoir insérer cet exemple, quoiqu'il ne se 
rapporte pas à Tépoque de Fauteur, comme spécimen de ses con- 
naissances historiques. Il est répété à un autre endroit de son ma- 
nuscrit (fo 332 v«), à peu près dans les mêmes termes et sans 
indication de source particulière (in cronicis legitur quod..,). On 
sait, du reste, que c'est Pépin le Bref qui passe pour avoir 
demandé cette consultation au pape 2^harie, et non Pépin le 



4S0 ÉTIEimB DE BOURBON. 

487. Item non debent [prelati] donum thesauro- 
rum domini sui, sue fidei coinmissum, tradere sdeoter 
custodie* iurum aut predonum, de quibus CTedunt 
quod non faciant nisi ea spoliare... Qui bona Ecclesie 
temporalia conunittunt iliis qui non résident in eis, nec 
curant nisi ipsa bona rapere et oomedere, sunt simi- 
les illis qui catis committunt custodiam caseonun. 
Dicebat magister Jacobus de Vitriaco quod feœront 
majores prelati sicut quedam mulier, que multos habe- 
bat caseos, ad quos mures veniebant et corrodebaot 
ex eis partem : volens autem ooercere mures, émit 
catos, qui eis insidiarentur et coercerepta caseis; cati 
autem, muribus ponentes insidias, mures et caseos 
comederunt*. Sic prelati majores, videntes sacerdotes 
cum uxoribus, concubinis et familiis indebitis bona 
ecclesiarum corrodere, preposuerunt archidiacoDOs 
et archipresbyteros et officiales suos, [qui] ab bu/us- 
modi Goercerent; quorum multi, ut dicebat, et bona 
ecclesiastica plus aliis consumebant, et merces oome- 
derunt : quin et ab ipsis sacerdotibus redempciooes 
accipiunt, et ab illicitis familiis et concubinis servicia, 
eorumpeccata non corrigentes, nec eos a membronim' 
Ecclesie consumpcione coercentes. 

488. Item talibus conmiittunt caricas^ animanun 
et custodias ecclesiasticorum bonorum, quibus dod 
conunitterent custodiam calathi pirorum. Unde, cum 



Grand, lequel mourut vingt-sept ans avant Pavénement de ce 
pape et n'eut jamais le titre de roi. 

1. Mb. commisse tradere custodie scienter. 

2. V. Jacques de Vitry, ms. 17509, f« 13. 

3. Ms. eos amborum, 
A. Ms. carias. 



DU DON DE GONSEOi. . 4SI 

cuidam episcopo apportatus fuisset calathus plenus piro- 
rum, et quereret quis ei servaret ad oenam, quidam 
juvenis nepos ejus, cui dederat archidiaoonatum, res* 
pondit : c Ego bene custodiam. > Gui ait episcopus : 
« Tu, lecator, faceres de eis mihi malam custodiam. » 
Et cum nollet ei oommittere eorum custodiam, ait ei 
quidam probus vir : c Quomodo, domine, oommisistis 
ejus custodie tantam multitudinem animarum et eccie- 
siasticorum bonorum, cujus fidelitati non audetis com- 
mittere calathum pirorum^ » 

489. Sunt autem octo que faciunt prudentes timere 
suscepciones qpclesiasticarum dignitatum...; primo... 
consideracio periculorum que sunt ibi, quia, quanto 
gradus dignitatum alcior, tanto casus gravior. . . Quidam 
prior Glarevallis, nomine Gaufridus*, de quo legitur in 
Summade Viciis, titulo de Ambicione, cum essetelectus 
in episcopum Tornacensem, et papa Eugenius, electio- 
nem approbans, eum ad suscepcionem et abbas suus 
sanctus Bernardus cogèrent, prosternens se in forma 
crucis ante abbatem suum et electores canonicos qui 
vénérant proeo, ait : c Monachus fiigitivus, si me eidtis, 
esse potero; episcopus non ero. > Qui dimissus, cum 
laboraret in extremis, adjuratus fuit a quodam mona- 
cho ut, si posset, post mortem signaret ei de statu 
suo; quod promisit ille facere, si esset Dei voluntas. 
Gum autem dictus monachus esset in oracione, post 
mortem suam afiuit ei dictus Gaufridus, dicens : c Ecce 
adsum juxta promissum. > Gum dictus monachus que- 
reret quomodo ei esset, ait : c [Bene], per Dei graciam ; 

i. F» 579. Cf. les n«» 401, 444, etc. 

2. Geoffroi de Péronne. (V. Hist. liU., XIV, 426.) 



482 ÉTIEimE DE BOURBON. 

venunptameD hoc scias mihi esse revelatum a beato 
Trinitate, quod, si coDsensissem electioni de me fade, 
ut essem de numéro episcoporum» essem de numéro 
^ep^obonun^ » 

De discreciane. 

490. Discrecio docet recte operari et operad(Mies 
moderari... Item diso^edo moderatur rigorem absti- 
nencie secundum quod expedit. . . De beato Bemardo 
GlarevalleDsi audivi quod adeo afiOixit camem suam io 
juventute, quod non poterat sustinere communem 
vitam in senectute. Unde injunctum est ei a superiori 
abbate quod obediret iji regimine corporis aliquibus 
fratribus sibi assignatis. Unde, cum aliquando venissrt 
apud Glaram-Yallem rex Lodovicus% pater Philippi 
régis Francorum, et beatus Bernardus esset senex, 
in infirmaria positus, cum audiret dictus rex, misit 
exenia piscium. Nuncii autem invenerunt ante eum 
carnes caponis assati, et hoc régi retulerunt; qui, cum 
non crederet hoc de tali viro, cum loqueretur ei fami- 
liariter, dixit ei quod ita retulissent ei famuli sui. Qui 
dixit ei que ei dixerant vera esse, quod, quamdiu 
valuerat et senserat corpus ad preferendum vires 
habere, eum attriverat abstinencjis ; cum autem jam 
non posset onera assueta portare, necoesse habebat 
portari et sustentari, et ad hoc compellebatur per su- 
periorem suum. Quod audiens, bene edificatus [est]'. 

4. P» 580. Cf. le no 2%. 

2. Louis Vn. 

3. F* 588. On a vu qu'Etienne connaissait les particnlarités de 
la vie de saint Bernard [>ar on des petits-neveat de oet ilhKtre abbé, 



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DU DON DE CmSKIL. 4S3 

491 . Débet autem studere discretus ad hoc, ut ait 
gratus et hominibus benignus et amabilis, ut per hoc 
hominesattrahantur ad Deum. Poeta : cUtamms, ama- 
bilis esto. »... Item [prelati] , debent esse quieti et paci- 
fiai, ut, quantum in se est, pacem habeant cum perso- 
nis et nunquam cum viciis, ad exemplum veri padfici, 
Ghristi, et disdpulorum ejus, ut, in quamcumque do- 
mum intraverint, ad pacem particulariter laborent ani* 
marum et ad guerram que vocatur sacra ^ ; in consuetu- 
dine Romanorum, qui, ut papa reconciliet eos Deo, 
facta absolucione et data benedictione , dominica car- 
niprivii, qua dimittuntur carnes , post comestionem, 
conveniunt romani équités et pedites, et ludunt, et 
vadunt cumpreposito Testacensi, scutis sibi suppositis, 
apudLateranum, ad dominum papam ; qui, descendens 
de palacio suo, equitat cum eis usque Testacensem', 
ubi civitas habuit inicium, et, ut ibi delectaciones 
habeant finem, ludunt ibi coram papa, et post coram 
eo arrenunciant discordiis, viciis et ludis, dicentes : 
c Ut nulla sit [discordia] inter nos in toto anno, ocd- 
datur' a nobis mundi concupiscencia , occidatur dya- 
bolus, occidatur carnis temptacio, occidatur superbia, 
invidia, ira, discordia, gula et luxuria, pigricia et 
tristicia, et sic deinceps sobrie, pie et juste vivamus, 
ut in Pascha digne mereamur corpus Domini reci- 
pere; finiamus ludum ante custodis nostri presenciam, 

Galon de Fontaines. Il ne nous en a révélé aucune d*an intérêt 
aussi piquant. 

1. Mb. sacri. 

2. Le Mont-Testaccio, à Home, non loin du temple de Vesta. 
Ce n'est pas là, cependant, le berceau de la Rome primitive, puis- 
que cette colline est une élévation tout artificielle, d'un ftge peu 
reculé. 

3. Ms. accedatur. 



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4S4 ÉnENNB DE BOURBON. 

vicarium beati Pétri, qui ubique nos proteg^t, et, sos- 
oepta ejus absolucione et benedictione, loca ad pn>' 
pria revertamur. » Quo facto, sic faciebant^. 

492. Item prelati in omnibus factis et dietis sois 
debent esse temperati, modesti, sive sobrii... Hodes- 
tia dicitur quasi modus, id est mensuram debitam io 
omnibus tenens... Âudivi quod, cum quidam legatus 
cardinalis Ecclesie romane audivisset quod in Alvemia 
esset quidam princeps sapiens muitum, dictus mar- 
chisius de Monteferrando', quesivit ab eo, temptans 
eum, que esset una de majoribus sapienciis mundi. 
Qui statim respondit vulgariter : c Mensura, que durât 
et animam salvat et servat. » Cum autem quereret ubi 
inveniretur, respondit statim : c Juxtaparum et multum 
invenitur mediocritas sive modestia, inter utrumque 
modum vel médium tenens. » Ex sentencia vero eum 
valde sapientem judicavit. Hec autem modestia, tempe- 
rancia, sive sobrietas, quasi a bria', que est mensura, 
dicitur^. 

1. ¥^ 588, 588 yo. Il est probable qu'en prononçant ces paroles, 
les Romains faisaient le simulacre de tuer un personnage emblé- 
matique ou un mannequin, comme plus tard ils prirent l'babitude 
de brûler en effîgie des Turcs ou d'autres personnages odieux. 
Etienne avait sans doute appris par les récits des voyageurs 
de son temps ces curieuses particularités du carnaval de Rome, 
car il ne parait pas avoir été lui-môme jusqu'à la ville éter- 
nelle. Il mentionne ailleurs, à propos de la construction an 
Panthéon par Agrippa, racontée par Godefroid de Parme, une 
autre tradition orale rapportée d'Italie, et relative aux anciennes 
statues du Gapitole : c Audivi, sed non iegi, quod dicte imagines 
in partu virgineo corruerunt et attrite sunt. Dizerat enim artifex 
illius incantacionis quod duraret idem artificium cum imaginibus 
usquequo viigo pareret, quod dicit quod semper duraret. » (F* 222.) 

2. Ms. Manteferrato, 

3. Ms. que abria. 

4. F« 589. On a vu qu'il s'agissait du légat Romain et de Robert, 



DU DON DE CONSEIL. 425 

De misericordia. 

493. Debent prelati in operibus misericordie spiri- 
tualiter abundare... Multi autem miseri sunt, in que* 
rum domibus Deus non cognoscitur ; de quibus potest 
dici quod dicitur Johan. i : c In propria venit, et sui eum 
non reoeperunt » ; quia nullam hospitalitatem bonorum 
exercent. Quibus satis similis quidam sacerdos, de 
quo dicitur quod, cum quidam antecessor ejus fuisset 
omnibus bonis pro viribus suis hospitalis et liberalis, 
scripserat in ostio domus sue, quasi ad invitandum 
bonos transeuntes et hospicio indigentes, versum 
hune : 

f Porta, patens esto; nulii daudatur honesto. » 

Hic omnes bonos in hospicio suo recipiebat, et Deus 
neccessaria largiter administrabat ei. Quo ddimcto, 
successor suus omnes excludit hospites , et versum 
qui erat in porta sic punctavit : 

c Porta, patens esto nulli ; claudaris honesto ; » 

ita ut nuUum causa hospitalitatis recipias. Et hic ava- 
ricia sua mortuus est, a celi hospicio exclusus^ 

494. Primus effectus misericordie dicitur esse quia 
hoc oleo inunctos Ghristus salvat... Legitur in antiquis 
historiis et cronicis quod Adam senex guttam patieba- 
tur ; et misit filium suum Sethum ad orientalem plagam, 

dauphin d'Auvergne (n^* 327 et 477). L'étymologie du mot «o&rieta^ 
est expliquée de môme dans une vie de S. Richard de Ghichester : 
c Quippe sobrius dicitur quasi sub bria constitutus, id est sub 
mensura. > V. Du Gange, au mot Bria (mesure). 

i . Fo 599 Y>. c Faute d'un point, Martin perdit son âme. i Ge 
trait plaisant, qui a été défiguré de plus d'une façon, est bien 
connu ; mais son ancienneté Test moins. 



4X6 Èraanm db boorbon. 

ad portam paradi» terrestris, ut rogaret angelum, 
custodem ejus, ut daret sibi de oleo vel liquore 
manante de arbore miaericordie, quam viderai in 
paradiso, ut de illo liquore ungeretur et cura- 
retur. Gui respondit angélus quod diceret patri quod 
expectaret patienter usquequo veniret Ghristus, 
qui credentes in se ungeret oleo nûsericordie sae, 
per cujus unctionem oonsequeretur salutem etemam. 
Instant! autem Seth precibus et fletibus dédit ramoni 
illius aiix)ris, quem pater suas plantavit in terra pro- 
missionis, et crevit in arborem mirabilrai ; que, cum 
fiiisset acdsa, Salomone edifioante templum, cum non 
haberet in eo locum, fedt de ea reclinatorium in 
eo ad orandum; de quo cum diceret regina Saba 
quod in eo suspenderetur rex Jérusalem sub quo 
regnum Judeorum deficeret in ejus nMxie, absoondit | 

illud, ut in t^ra putresceret sq)ultus. Et cum, in looo j 

ubi erat, fieret Probatica piscina, superenatavit tem- | 

pore Passionis ; quod invenientes Judei, super humeros 
Domini imposuerunt ; quo bajulante eum, pars crucis 
de eo facta est, in altum erecta. Quod, si verum est, 
pulcherrimum est^ 

495. Isti ergo unctioni multum debent attendere 
prelati, ut eam habeant et habitam custodiant sollicite, 
per quam acquiritur dignitas eterna. Si enim oleum 
sanctum quo coronantur reges Francorum, eo inuncti, 
diligenter et reverenter custoditur, quanto forcius, 
diligencius et reverencius débet custodiri cetens une- 



i. F* 600. Ges légendes sur le bois de la Croix sont tirées de 
l'évangile de Nicodème; elles sont répétées dans la Somme de Jean 
Beleth, dans VHistoire scokutique, dans la Légende dorée, etc. V. la 
dissertation de M. Mnssafia, Sulla leggenda del legno délia Groce 
(Vienne, 1870, in-S»). 



( 



1 



DU DON DB G0N8SIL. &S7 

tio illa, qua uncti in eternum ooronati regnabunt, pre^ 
lati miserioordes. Legitur in vita beati Remigii quod, 
cum baptîzaret Franoos a gentilitate conv ersos et eorum 
ragem Glodoveum, et deficeret ei chrisma ad ungen- 
dum eum, orante eo, detulit oolumba de celo ampul- 
lam mirabilem, plenam celesti unctione, que cum 
multa reverencia custoditur in ecclesia Beati Remigii 
Remis. Et cum reges Franconim coronantur in eccle- 
sia Béate Marie Remis, portatur ibi dicta ampuUa, ut 
ego vidiS abarchiepiscopis et episcc^iset cleroproces- 
sionaliter, cum multa reverencia et honore ; et asseritur 
quod, divini miraculi dispensatione, sine aliqua ali- 
cujus hominis' appositione invenitur in dicta ampij^ 
unctio sacra, qua reges Francorum inungebantur*. 

De diligencia in custodia animarum. 

496. [Racioquare] debemus esse diligentes in cus- 
todia animarum est ipsius committentis severitas, qui 
implacabilis erit cum racionem de eis exiget... Hoc 
faciebat unus quidam episcopus, de quo audivi quod 
archiepiscopus Lugdunensis, Johannes Belesmains^ 
dictus, [cum] navigaret, vadens ad curiam per mare, 
passus periculum, separatus suis cum cantore ecclesie 
sue, qui post episcopus Matisconensis^ hoc mihi et 
aliis retulit ; venit ad quandam villam, que valde par- 

i. L'autenr ponvaît avoir assisté au sacre de Louis Vm, en 
4223, ou à celui de saint Louis, en 1226. 

2. Ms. honoris. 

3. F» 601 vo. 

4. Jean aux Blanches-Mains. 

5. Aimon, évèque de Màcon de 1219 à 1242. 



428 ÉTIBNNB DB BOURBON. 

vula videbatur, in qua viderunt unum homioem, qui 
erat valde in paupere habitu, scrihaatem in quadam 
tabula et studentem in ea. Et cum quesi vissent ab eo 
cujusmodi hoc esset, respondit quod esset episcopus 
illius civitatis. Et cum quesivissent quid in tabula sua 
faceret, respondit quod respiciebat numera parrochia- 
nonun suorum, et studebat circa statum et salutem 
eorum, de quibus eum oportebat reddere rationem. 
Et cum quererent si .sciret quot essent, et responderet 
quod circa quadraginta, cum magis super hoc stupe- 
rent, quesivit ab archiepiscopo dicto quis esset : 
€ Transmarinus episcopus sum > , ait. Et ille : c Et tu, 
quot habes animas? » Respondit : c Nescio, nisi quod 
innumerabiles habeo, quas ego non cognosco. » Et 
alius respondit : c Per Deum, et tu potes multum 
timere ne te Deus agnoscat, et ne innumerabilia pa- ' 

ciaris tormenta^ > 

497. Secundum quod débet prelatos reddere solli- I 

citos in custodia animarum est maximum stipendium ^ 

quo ad hoc conducuntur bonorum temporalium : de 1 

hoc enim stipendie impinguantur et ai&uunt tanpo- / 

ralibus deliciis, locupletantur diviciis, possessionibus | 

amplis dilatantur, honoribus exaltantur, preciosis \es- 
tibus exomantur. MulU autem parum curant esse soUi- 
citi de cura animarum et ecclesiarum, a quibus bec 
habent bona. . . Cum quidam magnus prelatus visitasset 
quandam parrochiam que erat ei subjecta, et cum multa 
opulenta et in mane et sero parasset ei sacerdos 
illius incuratus, racione visitacionis, cum de nuUo spi- 
rituali ibi se intromisisset, in mane, cum nil relinqueret 

i. F» 608. Cf. le n» 400. 



DU DON DE CONSEIL. 429 

ibi nisi stercora, cum in mane conveDissent quedam 
nobiles mulîeres et ipse, audita missa, quam voluit sibi 
dici festinanter sine nota, dixit ei quedam nobilis mu-* 
lier : c Domine, nos convenimus^ hic ut audiremus a 
vobis verbum salutis. » Gui respondit : c I<(os, inquit, de 
hoc non intromittimus. > Gui mulier : c Parum curavit de 
nobis, qui vobis nostrl curam commisit. Ecce hic nil 
relinquitis de visitacione' vestra nisi stercora equo- 
rum vestrorum'. > 

498. Exempta autem pastorum materialium possunt 
negligenciam et incuriam pastorum Ecclesie negligen- 
cium confutare, qui pro modica mercede tantum labo- 
rem et vite duriciem sustînent in onmibus sibi commis- 
sis custodiendis et pascendià.Yidi ego aliquos de iliis qui 
estate et hyeme habitabant in montibus Alpium^, non 
sub tecto asperitatem estatis aut hyemis sustinentes, 
sed sub divo, super humum nudam jacentes, non in 
lecto, per totam noctem mutis excubiis drcumeundo 
gregem girantes, ne latro vel lupus se ingereret, ne 
aliqua ovium a grege discederet. Quanta ergo sollici- 
tudine debent oves Ghristi custodire, illi qui pro earum 
custodia tanta stipendia temporalia et bénéficia acci- 
piunt, tôt deliciis et diviciis affluunt pro earum cus- 
todia ! . . . 

Pastor habet fistulam cum sibulo : cum sibulo oves 



1. Ms. conveniamus. 

2. Ms. nisi in visitadone. 

3. Cf. le n« 403. 

4. Etienne passa les Alpes pour aller en Piémont. C'est dans ce 
voyage, sans doute, qu'il recueillit plusieurs faits relatifs à la 
Savoie, la chute du Mont-Grenier, la plantation d^une croix sur 
un des sommets les plus élevés de la Tarentaise, etc. 



430 ÉHERIfll BB BOURBOH. I 

revocat et in umim oongregat; ciim fistola canit, et se \ 

et oves recréât. Per sîbulum potest signari devocâo et | 

8ÛDUS oradonia et predicadonis, per qoan oves debent < 

a mak) revocare prelati, et ad aDitatem Eoclesie et 
tinammitatem oracionis oonvocare. Heretid autem 
istud aibulum fingunt... Àudivi quod, com quidam 
hereticus, predicadone allons seripturas pro oonfir- 
maoïone aecte sue, convertiaaet quendam juvcuMm, 
cum eum jam crederet esse finnom^ in errore, dixit 
ei hereticua quod noo oredebat evangeliis aut aliqui- 
bus scriptiiris. Respondit : € Quare ei^o mihi et âUis 
predicatis de eis? » Respondit heretious : € Auoeps fingit 
aibulum avium vel vooem eanun, ut advocet et ad se 
allidat et capiat, quia, si loqueretur voce sua, dud- 
quam accédèrent aves ad ejus laqueum, nec unquam 
caperet eas, sed fiigerent aves ab eo. Sic, si nos non 
predicaremus vobis de scripUiris, non crederetis t 

nobis, sed podus fugereitis nos*. > 

( 

; 

SEGl]Tn)US TITULUS. f 

DE TEHPERANGIA. 

499. Secundus titulus quinte partis, que est de donc 
consilii, est de temperancia, quani inter cardinales vir- 
tûtes donum consilii secundam ponît, post virtutem pru- 



i. Ms. fUturum. 

2. F» 609, 647 v«. Gf. le trait da môme genre rapporté ci-des- 
sus (n« 349). 



DU DON DIL GONSBO.. 431 

dencie : illam enim preponit, tanquam vie presentis 
ductricem et gubernatrieem, que precedit tanquam 
lucerna gressus viatoris; temperandam autem secundo 
ponit, tanquam moderatricem et mediatricem itîneris. • • 
De [cujus] speciebus aliquibus aliqua ladus, de aliis 
breviter prosequamur^ 

De castitate. 

500. Yirginitas oomparatur ihesauro... Hujus the- 
sauri predositatem bene videtur cognovisse quedam, 
de qua refert beatus Gregorius Turonen8i$ in gestis 
Francorum, que [vixit] temporibus Honorii et Ârcadii 
imperatorum et beati Martini Turonensia'. . • Item de qua^ 
dam alia didtur quod, cum rex ÂngUe Ricardus vidia- 
set in quadam abbada regni sui quandam ^eciosissî- 
mam monialem, concupivit eam, et, cum non posset 
eam inflectere aliquo pacte ad turpe opus, voluit eam 
rapere violenter. Quod cum sciret illa, fecit inquirere' 
quid vidisset in ea quod ita incitasset eum in ejus amo- 
rem. Respondit quod super omnia hoc fecerat pulchri- 
tudo oculorum suorum. Ula autem benedicta, magis 
volens privari oculis quam tanto thesauro virginum, 
ipsamet eruit sibi oculos, ut sic evaderet, et niisit 
quasi exenium, ut se saciaret pulchritudine eonim et 
eam in pace dimitteret. Quod videns et audiens, ille 
confusus recessit^ 



1. F06I8 V*. 

2. Suit rhistoire des Deux amants, rapportée par Grégoire de 
Tours (HUt.y liv. II, ch. 42; De Gloria confessorum, ch. 92). 

3. Mb. inquinari, 

4. V. plus haut, no 248. 



432 ÉTEENNE DE BOURBON. 

501 . Non sic fedt quedam maledicta, que, cum a 
quodam impeteretur, et vellet eam matrimonio rapere, 
cum a monialibus ita esset occultata quod non posset 
eam invenire, cum iUa iUum recedere videret, adeo 
damavit post eum ctêccu^y quod ipse scivit ubi erat, et 
ab aliis eam rapuit, et thesaurum diripuit virginalem. 

502 . Item de quadam alia audivi [quod] , cum quidam 
impeteret eam pro promisso precio, dimisit se a quo- 
dam juvene deflorari. Cum autem post factum negaret 
ei juvenis quod promiserat, illa obtulit clamorem judici 
quod violenter eam oppresserat. Judex autem, negante 
eo quod fecisset' ea invita, judicavit quod die asaî- 
gnata veniret, daturus ei quandam summam pecunie, 
vd eam acciperet in uxorem. Juvenis autem , magis 
eligens dare pecuniam, ei tradidit. Cum autem illa in 
sinu suo posuisset eam et recederet, ait juveni judex 
ut iret post eam et ei eam auferret, et eam, si posset, 
recuperaret ; quam totu conatu suo non potuit ei au- 
ferre : adeo se défendit, quod nil valuit juveni, sed, 
maie tractatus ab ea, rediit ad judicem. Judex, eam 
revocans, fecit pecuniam sibi reddi, juveni dioens 
quod patebat eam mentitam, quia, si sic servasset 
virginitatis thesaurum ut pecuniam, nunquam esset 
ei ablatum'. 

1. Coucou, terme usité au jeu de cache-cache. Jacques de Vitry, 
qui cite aussi cet exemple, ajoute en effet : c Sicut soient pueri 
dicere quando absconditi sunt et inveniri nolunt. • (Ms. 17509, 
f» 51.) Cf. Oesterley, op. cit,, 13. 

2. Ms. quod non fecerat. 

3. F» 627. Le recueil de Jacques de Vitry contient le môme 
exemple (f» 142). On trouve un autre récit à peu près semblable 
dans les Latin Stories de Th. Wright (n*20), et dans Don QuichotU, 
parmi les jugements de Sancho à Barataria. 



DU DON DE CONSEIL. 433 



De clemenda. 



503. Suadet clemendam consideracio districti judi- 
cii Dei et timor ejus, qui sevenis erit cradelibus et 
clemens clementibus... Bene autem ad memoriam 
reduco quendam nobilems de que refert magister 
Jacobus de Vitri quod» cum plebeius occidisset filium 
suum, et quereret eummanu armata in die Parasceves, 
obviavît ei peregrinanti ; qui videns quod non posset 
effiigere, prostravit se ad pedes dicti nobilis, dicens : 
c Rogo te, Domine, ut pro amore Gracifixi audias duo 
verba que tibi dicam : Scio me dignum morte ; sed, 
pro amore illius qui pro te mortuus est, da mihi mo- 
dicum vite spacium ut confitear, et, si tibi plus pro 
eo facere placet, ut dimittas mihi misericorditervitam, 
ad agendum penitendam pro me et pro filio tuo, ut 
toto tempore vite mee peregriner pro eo, cum mors 
mea nec tibi née anime filii tui profidat ; et ut habens 
opus magne demende, quam possis in judido Dei ipsi 
exliibere pro peccatis tuis, ut tibi démens fiât, parce 
mihi, ut tibi parcat Deus. » lile autem, motus pietate, 
dimîsit eum ; et cum veniret eadem die ad adorandum 
crucem dictus nobilis, cum oscularetur crucem, eum 
amplexatus est cruxifixus^ 

De moderadone. 

504. Moderacio, que secundum Macrobium, est 

1 . Ms. reduxi quidam nobilis. 

2. Fo 638. 

28 



434 ÉnSNNE DR BOURBON. 

moderatrix et ponderatrix omnium..., muJtum neoces- 
saria [est] corporis saluti et vite longevitati et salu- 
britati ; quia omnis vite infirmitas et comipcio [prcv- 
venit] ex auperfluitate vel diminucioDe bujus quod 
esse débet, et ex immoderaucia vel distemperancia 
equalitatis ; similiter et anime infirmitas, vel omissione 
et diminucione bujus quod fieri débet, vel commissioae 
bujus quod fieri non débet. 

Âudivi quod, cum quidam legatus Sedis Apostolice 
venisset in Alvernia, audivit quod quidam prinœps 
esset ibi prudentissimus sensu naturali, sine litteris, 
qui vocabatur marchisius de Monte - Ferando ^ Et 
voluit temptare dietus legatus si verum esset quod 
esset adeo prudens ut audiverat; et quesivit ab eo 
quid esset sunome neccessarium homini. Gui illerespoo* 
dit : c Mensura, id est moderacio débita in onmibus. » 
Et cum ille iterum quesivisset ubi inveniretur, res^ 
pondit : c Inter parum et nimis. » Quod audiens ille, 
obstupuit laici prudenciam, judicans banc virtutem 
perutilem tam anime quam corporis saluti et sani- 
tati». 

[De amore paupertatis .] 

505. De amore quem habebant sancti Patres ad 
paupertatem leguntur in Yita Patrum multa exempla... 
item audivi quod, cum in urbe quadam quidam pau- 

i. Robert, dauphin d'Auven^ne, comme on Ta vu. Les mots 
sine liUeris ne signifient pas qu'il fût illettré, car Etienne noas 
a rapporté lai-même plus haut que ce personnage avait composé 
des poésies et collectionné des livres : il veut probablement dire 
qu'il n'avait pas reçu l'instruction classique des écoles. 

2. F« 639 V. Cf. les n^ 327, 477, 492. 



I 



DU DON DE G0N8BIL. 435 

per învenisset sacculum cum multis aureis, tulit ad 
domum suam, ut salvaret illi qui amiserat. [Mox publi- 
catum est quod], si quis invenisset pecuniam talis 
mercatoris, si eam ei redderet, ille medietatem ei 
daret, qui amiserat. Quod audienspauper ille, adduxit 
eum ad domum suam, et, agnito quod sua esset, red** 
didit ei pecuniam intègre. lUe autem, attendens viri 
paupertatem et fidelitatem et familie sue, cogitans 
quod melius non posset eam erogare, totam ei dabat. 
Gum noUet accipere vel eam vel aliquid de ea, ille, 
egressus domum, projecit ei eam intus abiens. Gum 
autem nollet recipere, clamavit post eum : € Latronem 
intraM » Uterquejudicipresentatur. Requisitus cur sic 
reclamasset post mercatorem, ait : c Vere, ait, vobis 
latronem exhibeo, qui mihi subripere vellet duo de 
majoribus bonis meis, paupertatem scilicet et fideli- 
tatem, proiciens in domo mea [pecuniam] quam sibi 
restitueram ex fidelitate mea ; et voluit quod eam reti- 
nerem, et paupertatem meam et fidelitatem amitte- 
rem». > 



i. C'est-à-dire « enfermez le voleur i, d'après la manière de 
parler familière à Paateur. 

2. F* 643. Une heureuse coïncidence me fournit l'oocasion de 
montrer comment les anecdotes rédigées en abrégé^ comme celle- 
ci, se transformaient et se développaient en passant du livre dans 
la chaire, du latin en français. Nous possédons précisément la 
môme histoire racontée aux pèlerins de Notre-Dame d'Amiens par 
un prédicateur picard, dans l'intervalle compris entre les années 
1243 et 1269; bien que j'aie déjà reproduit ce texte ailleurs, la 
confrontation est trop intéressante pour que je puisse me dispen- 
ser de le remettre sous les yeux du lecteur : 

c A Abevile en Pontieu, fui à la parole noetre Segneur d'un bon 
maistre, frère Wedoir de Dan-Richier... Ilnec conta d'un mar- 
cheant qui venoit d'une feste, là u il avoit mené grant marchean- 
dise, et moult vendi bientôt tout. Bon avoir mist en une masse d'or 



436 ÉTIBEflfB DE BOURfiœi. 

506. Pnmttm bonum quod paupertas fadt amato- 
suis est quod fadt eos letos et spe gaudentes... 



molu ; erra par ses jonmées, et tant, qnll passa parmi une bone 
vile, comme est Amiens on Paris on une antre bone vile, et passa 
par devant nne église. Li prendon, qni avait ansage de fiûie ses 
oroisons devant Timage de la mère Den sainte Marie, ala an moa- 
tier et ûst ses oroisons, et mist son gonrle de lès lai. Quant il se 
leva d'oarer, vaine pensée qu'il eut li fist oublier son avoir, et s'en 
ala, ne s'en dona garde. 

« Un borgois avait en la vile qui ausine avait aooastmné d'aler an 
mostier, et moult volentiers et sovent faisoit ses oroisons devant la 
beneoite mère Diu nostre Segneur sainte Marie. Iluec trova ce 
grant avoir, et vit qu'il estoit sceelés et bien fermés à un loquet 
Si estut, et si s'esmerveilla dont cil avoirs venoit. Hé I Dex, dit-il, 
que ferai'ge? Se ge &s savoir aval celé vile que ge ai trové œst 
avoir, tex le clamera qui onques n'i ot paine ne travail à l'aquerre. 
Adonc se porpensa li borgois qu'il le garderoit dus à rcele eure 
qu'il en aroit vraies noveles. Vint en sa cambre, et mit cel avoir 
dedans un escrin, et vint à son ois, et escrit d'une marie grosse 
une grosse letre : quiconques aroit rien perdu, qu'il venist à loi. 

« Quant li marcheans eut erré grant pièce et il fu hors de sa pen- 
sée, tasta autour lui et quida trover son gourle : n'en trova mie. 
Adonc fu moult à mesaise. Alas, dit-il, tout ai perdu ! Mon soi, 
tnûs suit H s'en revint au mostier et cuida trover son gonrle *. n'en 
trova mie. Il vint au prestre, demanda noveles de son avoir : n*en 
trova nule. Issi du mostier tout pensant, trova ces letres escrites 
en Tuis, si entra en l'ostel, et vit le borgois qui l'avoir avoit trové, 
et dist : 

fl Hal par Diu, estes vous sires de cet ostel? 

— Oïl, dit-il, sire, tant comme Diu plaira. Que plaist vous? 

— Ha ! sire, dist li marcheans, par Diu dites-moi qui eecrit ces 
letres en votre huis. 

« Et li bourgois se faint aussi comme s'il n'en seust riens. 

c Biaus amis, dit li borgois, il repaire chaiens gens et clers; 
ci escrisent lors vers, lors devis. Biaus sire, et que voilés vous? 
Avés vous riens perdu ? 

— Perdu 1 sire, dist li marcheans, certes, ge ai perdu si grant 
avoir, que ge ne le sai nonbrer. 

— Gomment, biaus amis, dist 11 borgeois, c'as tu perdu? 

—* Certes, sire, j'ai perdu un gorle tout plein d'or, scelé à tel sœl 
et à tel loquet. 



DU DON DE CONSEIL. 437 

Item ad idem fiicit quoddam exemplum quod audivi. 
Quidam dives valde pecuniosus habebat domum 
suam maximam oonjunctam tugurio cujusdam pauperis 
laborantis. Gum autem dives in lecto suo et caméra 
pre saturitate et soUicitudine torqueretm* nec posset 
dormire, audiebat pauperem juxta igniculum suum 
cum pueris suis letantem, et residuum noctis in pace 
dormientem, usquequo in mane uxor sua eum excitas- 
set a sompno vix ad laborem. Quod audiens dives, 
invidens'ejus leticie, cogitavit quod eum faceret parti- 



c ÂdoDC seul li borgois qu'il avoit dite vérités. Adonc Tapela en 
Fa cambre, et li mostra le grant avoir, et si li rova prendre. Et 
quant li marcheans trova le borgois de loiauté si plains, si estât 
et pensa : 

c Biaus sire Diu! dist li marcheans, ge ne suis pas disnes d'avoir 
tel avoir et tel trésor comme avois amassé. Gist borgois en est plus 
disnes que ge ne sui. Sire, dist li marcheans, certes, li avoirs est 
bien emploies en vous mez qu'en moi, et je le vous doins, et à 
Diu vous commant. 

— Ha! biaus amis, dit li borgois, pren ten avoir; ge ne Fai pas 
deservi. 

— Certes, no ferai, dist li marcheans; gel nel prendrai pas. Ains 
m'en irai m'arme sauver. 

« Si s'en fui grant aleure. Et quant li borgois vit qu'il s'en aloit 
si durement, si va après lui, et commence à crier : Larron ! larron ! 
pernés le larron ! 

c Et quant si voisin virent celui qui s'en iuioit, si vont, si le 
prendent, et dient au borgois : 

a Que vous a cist hom mefifait et enblé 7 

— Certes, segneur, dist li borgois, il me velt embler ma vérité 
et ma loiauté, que ge ai gardée duscà ore. 

c Si lor conta la vérité. Et quant li borgois de son visnage oïrent 
la vérité, si font prendre au marcheant son avoir tôt. > 

(Mss. de Dom Grenier, à la Bibl. nat., vol. CLVIII, i^ 131; la 
Chaire française au moyen-^e, p. 382.) 

1. Ms. suadens. 



438 ÉnKEmE dk bourbon. 

cipem soUidtudinum et miseriarum suarum ; et 
gens de DOcte, aperuit ostium pauperis domus» quod 
non erat multum serratum, et bursam pecunie pepen- 
dit^ ad ôstii caviUam ; quam mane inveniens paup^^, et 
videnft quod erat pecunia, noluit ire ad laborem 
solitum, timens ne sibi iîiraretur, sed gemens, soUidlos 
quid inde faceret et unde venisset, posuit eanti in 
gtramine lecti sui, fingens se infirmum, jaoens, sdbœt 
usque[quo] deliberasset quid inde faceret, ut vidni Td 
uxor sua nescîrent eum eam invenisse. Et dum per 
plures dies sic a£Qigeretur, nec cantaret de nocte more 
solitOy intravit domum ejus dives, querens eum; et 
cum uxor sua assereret eum infirmum in renibus : 
c Ego, inquity scio unde curem eum. » Et accedens ad 
eum, ait ei in secreto : c Redde mihi pecuniam meam, 
quam in tali looo accepisti; alioquin fadam te sus- 
pendi. > Qui timens reddidit pecuniam, et recuperavit 
solitamleticiam*. 

507. Deus pauperes exaltât et honorât in fiituro, 
ethocmerito, quiamundus eos deprimit et vilipen- 
dit... Item ad hoc [facit] quod legitur in cronicis, 
quod circa raptum Hélène' Homerus poeta floruit, qui, 
cum in habitu vili vellet intrare apud Âthenas curiam 
régis, est prohibitus; qui, sumpto predoso habitu, 
statim intravit, honorifice receptus, [et] optinuit quio- 
quid petivit; qui, ad confîisionem régis et suorum, 
vestes preciosas coram omnibus exuit, et eas hono- 
ravit et adoravit, gracias eis referens de obtento, que 

i. Ms. rependit. 

2. Fo 644 v«. Cette fable est racontée à peu près de même pins 
haut (no 409). 

3. Ms. Helie. 



DU DON DE GCttTSBIL. 439 

valuerant apud regem quod non valuerat sapiencia 
aut bonitas optinere^ 

508. Idem dicitur fecisee magister Petnis Abalar', 
in oonfusione aliquorum monachorum; qui, cum ve- 
nisaet in quadam abbada , relinquens alibi equos et 
ornatum, cum cappa paupere vix est ibi receptus, et 
cum ribaldis positus in hospicio et viliter tractatus. 
Postea autem, veniens ibi cum luminariis et pompa, 
cum maximo honore est receptus et tractatus, et ad 
loquendum in eorum capitulo invitatus ; ubi multum 
confutavit eos, diœns quod, si venisset ad eos Ghristus 
pauper et pedes, maie fuisset tractatus et ejus sapien* 
cia repudiata, et de bono hospicio quod ibi habuit 
non agens sibi gracias, sed suis phaleris, equis et oma- 
tui et pompe superbie^ 

1 . Ce récit, dont il existe une version persane et une version 
turque, a été aussi rapporté à Dante. (Cf. Papanti, Dante 
seœndo la tradizione e i novellatori, Livourne, 1873, p. 72.) 
Etienne rapporte ailleurs un autre trait de la légende d'Ho- 
mère : ( Sicut dicitur de Homero, qui floruit circa raptnm Hélène, 
de quo legi in cronicis quod, cum transiret juxta quemdam fluvium, 
venit [ad] pastores ibi se pediculantes; et cum querenti quid ibi 
agerent respondissent : Nos quos cepimus dimittimus, et quos 
non capimus nobiscum portamus; credens quod piscarentor et de 
piscibus dicerent, cum musitasset ibi diu et non posset intaUigere 
problema eorum per se, pre dolore, vidons se confusum a talibus, 
se submersit. » (F<> 551 \^.) Cet épisode se retrouve dans l'ancien 
roman connu sous le nom de Vie et Homère, et faussement attribué 
à Hérodote ; mais le dénouement est emprunté à un auteur du 
temps d'Auguste, Valère Maxime (IX, 12). Cf. Vincent de Beau- 
vais, Spec. hist,, II, 87; Gbassang, Hist. du roman dans l'antiquité, 
p. 306. 

2. Abélard, dont le souvenir devait être à peine éteint du temps 
de l'auteur. Le fiait raconté ici lui arriva peut-être à pon entrée 
dans Tabbaye de Saint-Denis, où il embrassa la vie religieuse. 

3. F* 652. 



440 ÉTDSimB DE BOURBON. 

509. DcMninus pauperes spiritu secum redpit in 
domum suam, et, quia propter eum hic sustinuenint 
igQominiam et penuriam, ibi habebunt abundaDciam 
omnium bonorum... Ad hoc eciam lacit hoc quod 
firater Guala^ vidit, cum esset prior in Brisia' dvitale, 
cujus fuit episcopus, animam beati Dominici ' in tran- 
situ 8UO inter duas scalas sedentem in celum recîpi, 
quarum alteram beata Maria , mater Domini, sursum 
manibus trahebat, filius ejus Jésus alteram, angdis 
per eas ^ asoendentibus et descendentibus et psallenti- 
bus». Meritoautem celos optinuit, qui, cum nU haberet 
terreum (tantus [erat] amor paupertatis), testamentum 
fecit et fratribus suis erogavit perpetuo ista tria jure 
hereditario possidenda, scilicet charitatem, humilita- 
tem et paupertatem, inhibens fratribus suis ne aliqui- 
bus terreis possessionibus votum paupertatis in pos- 
terum fedarent, quod emiserant et ordinem elegerant 
paupertatis. 

510. Item, eadem die et hora qua beatus pater 
Dominicus^ migravit ad Dominum, firater Raon sub- 
prior et frater Tancredus'', de urbe recedentes alibi, 
hora sexta, cum vellent celebrare, dictus Raon rogatus 
est a fratre Tancredo' quod patris Dominici*, quem 
audierat infirmari apud Bononiam, in canone suo 

1 . Ma. frater raie. V. le ii« 137. 

2. Brescia. 

3. M8. Beati Benedicti. 

4. Mb. per eam, 

5. Cette vision se troave déjà plus haut {n9 137). 

6. Ms. Benedictus, 

7. Ms. Frater Roma, subprior, et frater Transœdui. 

8. Même leçon pour les deux noms dans le ms. 

9. Ms. Benedicti. 



DU DON DE CONSEIL. 4i1 

haberet memoriam, orando pro eo. Qui [cum] hoc 
sollicite faceret, in loco ubi in missa fit memoria pro 
vivis, raptus in spiritu, vidit manifesta visione beatum 
Dominicum bine inde a reverendis^ viris et splendidis 
cum maximo fulgore ad partem dexteram deduci, 
laureatum coronaque aurea decoratum; qui missam 
finivit, et inquirens invenit quod eadem bora, sexta 
scilicet, et feria sexta, beatus Dominicus migraverat 
ab hoc mundo ; qui eciam manu sua scripsit sicut hoc 
vidit ^ Item beati Francisci, tante paupertatis electoris 
et amatoris et contemptoris mundi*, in hora transitus 
ejus, apparuit anima celos penetrans, habens lune 
quantitatem et solis claritatem'. 



TERCIUS TITULUS. 



DE PORTITUDINE. 



511. Dicto de prudencia et temperanda, conse- 
quenter dicendum est de fortitudine, et merito, quia 
prudencia tanquam lucema viatorem in via Paradisi 
dirigit, et quid agat et quo gressus ponat [docet] , tempe- 

i. Cette apparition, comme la précédente, est rapportée par les 
biographes de saint Dominique, d'après lesquels j'ai rectifié les 
noms des personnages, étrangement défigurés dans le manuscrit 
d'Etienne de Bourbon. Le fait eut lieu à Tivoli ; le frère Tancrède 
de Bologne était prieur de Sainte-Sabine, et le frère Raon sous- 
prieur (Script, ord. Prsd., I, 36, 90). 

2. Ms. mundana. 

3. Fo 653. 



442 ÉTOSmiE DB BOmBOlf. 

rancia custodit eum, ne quîd mmis fiMaendo exoedal, 
fortitudo ne minus ddbito fadens in via Pttradisî Dei 
defidat. Pradenda custodit eum ex parte anteriori, 
ne seducatur falladis; temp^randa ad dextram proa- 
perttatis, ne molliatur ddectadonibus ppavis ; forti- 
tudo ad sinistram adversîtatis ei astat, ne firangstnr 



1 

• • • 



De adjuvamentis fartUudinis. 

512. Juvat fortitudinem Garnis continencia. Jud. 
XY g : c Fecisti viriliter, et confortatum est cor tuum, 
eo quod castitatem amaveris. »... Gum GodeHdus de 
BuUione, qui pnmus de Francis regnavit in Jérusalem, 
cepisset armis Ântiochiam et Jérusalem et terram 
Syrie, concisis et expulsis Saracenis obscenis, cum 
mirarentur ejus fortitudinem, cui nullus Saracenus 
posset resistere, née ictum manus ejus sustinere, 
tempore treuge, [aliqui] Turcorum admirati miserunt 
ei munera, visitantes eum et querentes unde tantaejus 
manibus esset fortitudo. Qui coram eis ense suo sd- 
dit ictu equi caput. Et [cum] dicerent quod erat virtute 
et bonitate ensis sue, acœpto ense ab eis ail» tradito, 
idem fecit de alio equo. Et tune cum quererent [unde] 
hoc virtus ei [veneràt], cum ipse non esset major 
aliis hominibus, ait quod manus sue nunquam cames 
tractaverant meretnds nec luxuria iuerant inquinate*. 

513. Juvat fortitudinem elemosina data pro Deo. 
Prov. xxnb : c Victoriam et honorem acquirit, qui dat 

i. F» 653. G6 trait célèbre se trouve dans la Chamon de Jéru» 
saUm, dans la chroniqne d'Albert d*Aix ; etc. 
2. Fo 658 y». 



1 
1 



DU D(Hf DE CONSBIL. 443 

munera. c Ece« xvn d et xxix d : c Elemosina viri 
quasi signaculum cum ipso, et gradam hcmiinis quasi 
pupillam servabit. > Et post : c Super scutum potentiset 
lanceam, adverausinimicumtuumpugnabit. » Undeiste 
rex Ludowicus Francie^ dixit optimum verbum, ut 
audivi a fratre qui interfîiit cum dixit, et audivit ab 
eo. Cum esset juvenis valde, et pauperes essent oon- 
gregati in curia sua, expectantes elemosinam, et cre- 
deretur quod ipse dormiret in caméra sua, aliis 
dormientibus , ipse exivit de caméra sua solus cum 
uno famulo portante maximam quantitatem denario- 
rum, quam in habitu scutiferi distribuebat manu sua 
egenis, et largius eis quos credebat magis egere. Quo 
completo, cum ipse recluderet se in cameram suam, 
occurrit ei frater quidam, qui hoc de fenestra ins- 
pexerat, matri sue in ea loquens, dicens ei : c Domine 
rex, ego bene vidi facinora* vestra. » Gui rex satis 
verecunde ait : c Frater carissime, isti sunt stipendiarii 
nostri, qui pro nobis pugnant contra adversarios nos* 
tros et servant nobis regnum Francie in pace; qui 
non solvimus stipendia ut meruerunt^ » 

De padencia^ 

514. Dicendum est de speciebua fortitudinis, que, 

1. Saint Louis. Iste indique le roi régnant. 

2. Ce mot, évidemment défiguré par le copiste, est abrégé de 
façon à donner la leçon factura, qui n^aurait aucun sens. 

3. F* 659. Écbard, I, 219. Etienne nous révèle ici un trait qui 
convient parfaitement au caractère de saint Louis, et que Ton peut 
mettre au nombre des plus belles actions de sa jeunesse. Il le 
tenait de l'interlocuteur même du prince : cette confidence paraît 
tout-à-fait digne de crédit. 



444 ÉTIKRRK DB BOURBON. 



1. Mb. indurens, 

2. V. le n» 222. 



1 

\ 



secundum Tullium, in Rhetorica, sont quatuor : 
magnificenda, fiduda, pacâencia, perseverancia... De 
padenda aiitem hoc modo agemus : primo dicemus 
quomcxlo padenda multiplidter dicatur... Est antem 
padenda demeritoria malorum induratorum^ et m^- 
toria bonorum. Prima est padenda penrersorum qui 
multa mala patiuntur pro suis soeleribus adimpl^o- 
dis. • . Audivi quod in quadam villa, ubi ego predîcabam, 
erat quidam ribaldus [qui] erat verus martyr dya- 
boli ; qui in asperrima hyeme, cum luderet m tabemis 
onmes vestes suas quas poterat habere, singulis die- 
bus, in mane, sub radio aque molendîni se oudum 
ponebat, ibi congelans carnem suam, ut facilius nudus 
sustineret vehemenciam hyemis in tabernis '. 

515. Simiiiter vere martyr dyaboli erat quidam 
aliuSy qui, cum nobilis génère esset et vita ignobilis, 
cum quoddam beneficium esset sibi promissum, et re- 
pelleretur propter sua flagicia, factus [est] latro publicus 
et spolians homines, per silvas latitans fere per decen- 
nium, non jacens sub tecto nec in loco certo; nec 
alicui audebat se conunittere, omnes timens, mortis 
imaginem semper secum ferens, semper deprehendi \ 

timens : et omnes circumjacentes eum timebant et | 

insequebantur eum ad mortem, et ipse omnes time- ^ 

bat, eciam complices scelerum suorum, quibus non 
sustinebat quod ad eum accédèrent prope; noctes 
insonmes ducebat, omnem sonitum pavens. Per quen- 
dam autem socium suum, qui mihi fuit confessus, 
mandavi ei quod libenter ei loquerer; quod ipse 



II 



1 



DU DON DE CONSEIL. 445 

coDcessit cum tali oondicione, quod ego promitterem 
ei quod nullus hoc scîret, nec mecum iret nisi sodus 
noster, assignans mihi silvam et horam in qua summo 
mane occurrerem : quod feci. Ipse autem, elongans 
me a socio, mihi retulit quod predixi et longe graviora 
que sustinuerat. Cum autem ostendissem ei periculo- 
sum anime sue statum, et vellem eum mittere ad 
curiam vel ad terram transmarinam, non acquievit 
mihi quod cessaret nisi satisfacerent ei ad victum 
suum qui eum repulerant. Pluribus autem sociis oon- 
versis, cum ipse cito post irrueret in quemdam mer- 
ces portantem, alius convaluit et eum vulneravit et 
cepit ; et a seculari potestate distractus et suspensus 
est^ 

516. Ultimus gradus paciencie est inimicis bene- 
facere et eis bonum pro malo reddere, eis benedicere 
etpro eis orare... Bonum autem pro malo reddere 
difficile est, cum magne perfectionis est et magne 
remuneracionis. Refert magister Jacobus de Vitri, 
episcopus cardinalis, quod quidam dux fuit in 
Normannia, nomine Ricardus, religiosus et dévolus, 
qui ad matutinas venire consueverat in villis et locis 
suis ubi erant monasteria conventualia. Veniens in 
quandam villam suam ubi erant monachi, credens 
sacristam nimis tardare, surrexit ad matutinas in 
habitu plebeio, ad ostium ecclesie pulsans. Sacrista 
autem, hoc moleste ferens, ignorans quis esset, verbe- 
ravit eum fortiter ; qui pacienter sustinuit, nec verbum 
respondit. In crastino autem dux intravit capitulum, 



1. Fû* 659 v«, 660. L'auteur nous a déjà fait un récit de son 
ayentureuse tentative (n? 425). 



ii:i}i .iHU»^ 



\ 



446 ÉrnsNiVE dk bourboh. \ 

cooquestus de sacrista, qui eum graviter verbeniverat, I 

dioens quod non satisfieret sibi aliter, ni» 
ille adduoeretor a prtore suc ligatas, ut coram 
bus suis taxaret ei penam talem de qua tota Francia 
miraretur. Unde cum adductus esset, eum sol vît, 
et, pro mercede veri[)eri8 quod ab eo susoeperat, 
dédit ei vineam ad opus sacriste, que optimi vini erat 
ferax, prcMiundans eum esde optimum monacbuiti, 
qui, lîcet esset ira commotus, suum sUencium non 
fregisset^ 

Quare infirmitates corporis ^nt tolerande. 

517. Infirmitates oorporis sunt pacienter tole- 
rande... Infirmitas animas purgat; ut enim corpora 
purgantur nitro, sic anime languoribus et castigacioni- 
bus purificantur. . . Dicebat magister Jacobus de Vitri 
quod, cum quidam dericus pauper ferret aquam 
benedictam in domo cujusdam militis, ni! ei dabat nisi 
maiedicta verba. Cum autem esset factus infîrmus et 
audiret dictum clericum intrasse, rogavit eum ut 
proiceret sibi aquam benedictam et ut dictus dericus 
oraret pro se , ut daretur ei panis. Tune dericus a 
milite [quesivit] in quo statu magis credebat et dilige- 
bat Deum, in sanitate vel in infirmitate. Respondit 
quod in infirmitate. Et dericus : c Rogo Deum ut in 
illo statu teneat [vos], in quo melius valeatis, et qui 
vobis est utilior'. » 



1. F^ 674. Cette tradition se rapporte probablement an dnc 
Richard ie fion, mort en i 027. 

2. F<> 677. Jacqaes de Vitry cite, en effet, un exemple semblable, 



DU DON DE GOlfSEa. 447 

518. Tribulacio et infîrmitas bonos meritis locu- 
pletat, sicut fedt beatum Job et Tobiam... Audivi 
quod quidam probus ciericus, qui fuerat socius beati 
Aymonis, archiepisoopi Gantuariensis S cum audiret 
de miraculis et traositu ejus, visitavit sepulcnim ejus 
apud Pontiniacuni, et, cum laboraret gravi et longa 
infirmitate, adjuravit sanctum, per familiaritatem 
quam habuerat cum illo in vita sua, ut ipse impetraret 
ei a Domino quod a sua infirmitate curaretur ; et, fada 
oracione, statim sensit se curatum. Et cum rediret et 
sentiret [se] magis prooum ad peccaudum, incepit 
cogitare quod forte magis erat ei utilis infirmitas 
quam sanitas, et ad custodiam sui a peccato, et ad 
augmeutum meritii et quod fatuus fuerat « quia simpli- 
citer pecierat liberacionem ab illa egritudine. Rediens 
apud Pontiniacum, rogavit dictum saiictum ut rogaret 
Deum ut daret ei quod magis ei expediebat, infirmi- 
tatem vel sanitatem; et statim reversa est pristina 
infîrmitas, quam ipse gratanter accepit tanquam Dei 
donum, cogitabs eam sibi utilem et ad custodiam sui 
et [ad] augmentum meriti *. 



an f» 82 de son recueil maanscrit. Il dit, de plus, que le pauvre 
écolier portait de Teau bénite chez le chevalier tons les dimanches, 
c suivant la coutume gallicane. > Mais il lui fait répondre autre 
chose : c Tu étais lion, dit le clerc au seigneur atteint de la goutte,, 
tu es devenu agneau; je prie Dieu qu*il te donne à l'autre pied ce 
que tu as à celui-là. » 

1 . Le nom de ce prélat est défiguré : c'est saint Edme ou Edmond, 
archevêque de Cantorbéry, mort en 1240, et enterré à Tabbaye de 
Pontigny (Yonne). L'anecdote consignée ici devait donc être bien 
récente. Sur les nombreux miracles de saint Edmond à Pontigny, 
cf. Le Nain de Tillemont, Vie de saint Louis ^ II, 388. 

2. F« 677 v«. 



448 ÉnSNlIE DE BOURBON. 

De trUnUadanis utiUtate. 

51 9. Tribulacio convertit. . . Conversas est M anasses, 
rex maligoissimus, in vinculis et caroere, et fîlîus pro- 
digus, famé et miseria affliclus, in longinqua r^^ione, 
Jonas in oeti ventre, Paulus prostratus et exœcatos 
in sua temptadone. Item refert magister Jaoobus 
quod, cum quedam mulier vellet fréquenter causa 
oracionis visitare quandam abbaciam monachorom, 
videns sacrista, et colloquens sepe cum ea, concupivit 
eam. Tandem, post multa verba, conununi consilio, 
ille thesaurum abbacie fiiratus [est], et illa fivata clavem 
archivarii^ ; et, spoliata pecunia, cum fugeretcum dicto 
sacrista, deprehensi, in carcere detrusi sunt; ubi con- 
fusi, supra flentes et pénitentes, maxime propter infa- 
macionem et scandalum religiosarum personarum, 
cum religiosi fuissent valde et putarentur, [se] contale- 
runt toto corde ad beatam Y irginem deprecandam , quod 
ipsa liberaret eos ab illa conftisione et averteret* confu- 
sionem quam boni paterentur propter eorum culpam ; 
que exaudivit eos, et eos et ea que ipsi ^otulerant 
reduxit ad loca unde vénérant. Eis autem inventis in 
locis suis, et rébus sublatis in archis ferratis, sicut 
prius fuerant, cum [irent] ad carcerem, mirantes 
invenerunt duos angelos sive beatos incarcérâtes et 
vinculatos, similes predictis. Quod cum mirarentur 
nimis satis, dixerunt : c Ludificavimus homines hos ; 
recedamus hinc, recedamus. » Et statimab oculis eva- 



1. Ms. archeviri, 

2. Ms. adversus. 



) 



DU DON DE GONSfiTL. 449 

nuerunt. Illi autem qui cum [illis] in carcere fiierant, 
que viderant aliis referentes, et ipsi alii a dicto 
sacrista et muliere. veniam de mala suspicione petie- 
runt, et de hoc quod eos infamaverant^ 



1. F*» 680. Cette histoire a été traduite plusieurs fois en vers 
(Rutebeuf, éd. Jubinal, I, 302; Méon, Nouveau recueil, II, 254; 
Gudin, Hùt. des contes, 1, 65; cf. Hùt litL^ XXm, 124). On en 
trouve des variantes en prose dans Gésaire d'Heisterbach {Mirac., 
VU, 35) et dans les Latin Stories de Th. Wright {v9 47). Le lec- 
teur constatera une certaine analogie, quant au fond, entre cet 
exemple et le n9 135, qui a fait aussi le sujet d'un fabliau. 



*t%^ 



29 



TABLE ALPHABETIQUE 



Abbeville (Somme), ville, 435. 

Abeilles (église bâtie par des) , 
léffende, 266. 

Abélard (Pierre). Son entrée 
fastueuse dans une abbaye, 
439. 

Abîmes de Myans (les), en Sa- 
voie, 184. 

Acédie, maladie morale, 196, 
344. 

Acre. Voy. 8aintnJean-d*Acre. 

Adam, premier homme, créé 
dans la campagne de Damas, 
172. Légende d'Adam gout- 
teux. 425, 426. 

Adon de Vienne. Sa chronique, 
7. 

Agen : diocèse, 277 ; ville, 300. 

Agrippa, constructeur du Pan- 
théon, 424. 

Aimon, évoque de Màcon, 105, 
352, 427. 

Aimon, valet, 402. 

Aisne, rivière, 98. 

Alain de Lille. Son enseigne- 
ment à Montpellier; leçon 
donnée à des chevaliers, 246, 
370. Autre trait à lui prêté, 
247. 

Albérée, femme hérétique de 
Mont-Aimé, 149, 150. 

Albi, ville, 300. 



Albigeois, hérétiques. Oiigine 
de leur nom, 30iO. Pays infes- 
tés par eux, 23, 25, 26, 276, 
277, 300. Leurs erreurs. 275, 
299-307. Leurs arguments, 
213. Leur croyance feinte a 
rÉcriture, 430. Ils refusent de 
faire le signe de la croix, 278. 
Leurs discussions avec les 
catholiques, 286. Moyens em- 
ployés pour les reconnaître; 
leurs interrogatoires, 307-314. 
Des chevaliers les examinent, 
302. Un iongleur les réfute, 
148, 149. Prédication de saint 
Dominique chez les Albigeois, 
79, 241. Insuccès des lésats 
envoyés en mission dans leur 
pays, 214. Cruautés des Albi- 
geois, 97. Croisade albigeoise, 
36. 37, 140 296. 
lexandre m, pape. Son séjour 
en France. 68, 126. 

Alexandrie ΃gvpte, ville, 401. 

Alix, comtesse ae Màcon, 375. 

Alix de Vergy, duchesse de 
Bourgogne, 43, 263. 

Allemagne, 5o, 259. Chants des 
Allemands dans les pèleri- 
nages, 168. Chaussures des 
Allemandes, 232. Empereurs 
d'Allemagne; voy. Frédéric, 
Othon. 

Alpaix ou Alpaîde (la bipnheu- 



TÀBU: ALPHABÉTIQUE. 



451 



reuse), dite de Gudot ou de 

Tonnerre. Ses visions, 26-28. 

Alpes (bergers des). Leur vie, 

Amiens : église Notre-Dame, 

435; ville, 436. 
Amnoule (sainte) de Reims, 426, 

Anaclet, anti|)ape^ 118, 119. 

Ange (r et 1 ermite , apologue, 
346-349. 

Angers, ville, 161. Vin d'An- 
gers, 389. 

Angleterre, 373, 431. Ses habi- 
tants surnommés caudati, 234. 
Rois d'Angleterre, 111, 211; 
voy. Richard. 

Anneaux (parabole des), 281,282. 

Annonciation (fête de 1 ). 106, 
107. 

Antioche, ville de Syrie, 442. 
Histoire d^ Antioche, 91. 

Apis (le bœuf), 397, 398. 

Aquitaine, province, 419. 

Arcadius, empereur romain, 
431. 

Ardents (mal des), 97, 363, 366. 

Aristote. Légende sur sa mort, 
222. 

Amaldistes, secte hérétique, 
281. 

Arnaud, prieur des Dominicains 
de Lyon, 17. 

Arnoul le Grand, aïeul de 
Charles Martel, 419. 

Artaud, sire de Nogent-frAr- 
taud], 124, 125. 

Arthur (chasse)^ troupe fantas- 
tique, 321. 

Arthur (Histoire d*), ou romans 
de la Table-Ronde, 86, 87. 

Assomption (Fête de T), 102, 
105. 

Athènes, ville, 438. 

Augustin (saint). Ses ouvrages, 
7,8. Son livre de la Pénitence, 
30. Ses traités contre les Ma- 
nichéens, 300. Son livre De 
naturâ damonum, 317. 

Autun (diocèse d'); 138, 263. 

Auvergnat (1'), hérétique suppli- 
cié, 25, 26. 



Auvergne, province, 110, 322, 
424, 434. Voy. Robert, dau- 
phin d'Auversne. 

Auxerre (archiaiaconé d'), 27, 
229. Vin d' Auxerre, 389. 

Auxonne (Gôte-d'Or), ville, 103. 

Awint-plaidez-et-parlez, surnom 
d'un avocat, 381. 

Avignon. Siège de cette ville par 
Louis Vin, 267. 

Avocats. Leurs fonctions licites ; 
leurs travers, 379-382. 



B. 



Bahimbabo, mot adresséaux fous, 
218 

Bagdad (calife de). 283. 

Barberousse. V. Frédéric. 

Barthélemi de la Cluse, archi- 
diacre de Mâcon, 135. 

Barthélémy de Sombemon, ne- 
veu de 8. Bernard. 29. 

Baudouin V, comte de Hainaut 
et de Flandre, 26. 

Beaujeu (dame de), 271. Voy. 
Guichard de Beaujeu. 

Bède. Son Histoire des Angles et 
sa chronique, 6. Son calen- 
drier, 8. 

Béguines, religieuses, 21, 335, 
336. 

Beleth (Jean). Sa Smnme^ 95. 

Belleville - sur - Sa6ne ( RhôneJ, 
ville et monastère, 101, 27(), 
272, 273. 

Belley (diocèse de), 262. 

Benoit (saint). Sa règle, 413. 

Bérengère (la reine), 380. 

Bernard (saint) , abbé de Clair- 
vaux. Conversion de son père. 
28. Son séjour en Italie: il 
détruit le schisme d' Anaclet, 
118. Il veut faire accepter un 
évéché à Geoffroi de Peronne, 
249, 421. Ses excès d'aus- 
térité ; son entrevue avec 
Louis VII à Glairvaux, 422. 
Sa lettre contre l'église de 
Lyon. 94. 

Bernard Ydros, scribe de Lyon, 



452 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



y 



écrit des livres pour les Vau- 
dois, 291. 

Besançon : archevêque, 36, 51, 
138,159,252,361, 367; dio- 
cèse, 279, 324. 333, 338; église 
8aint-Jean, 365; prieur des 
Dominicains, 33 ; usage local, 
338; ville, 338, 364. 369. 

Bible (traductions de la) défen- 
dues, 291, 308. 

Blanche de Gastille, reine de 
France. Son projet de pèleri- 
nage à Saint-Jacoues de Ck)m- 
Sostelle, 389. Elle paye les 
ettes des Frères Prêcheurs 
de Paris, ibid. 

Bologne (Italie) : Dominicains, 
259; ville, 117, 175, 182, 440. 

Boniface IV, pape, 93. 

Bonivard , secrétaire du duc de 
Savoie, 182, 183. 

Bonnes choses, sorcières, 88, 323- 
325. 

Bonshommes, secte hérétique, 
35. Voy. Vaudois. 

Bourget (lac du), en Savoie, 321. 

Bourgogne : duché. 107, 138, 
337; ducs. 43, 112,262; arri- 
vée des Frères Prêcheurs en 
"Bourgogne, 371. 

Brescia (Italie] : évêaue et Do- 
minicains, 117, 440. 

Bretagne (Armorique). Supersti- 
tions de ce pays, 320. 

Bulgares ou Bougres, hérétiques, 
275, 281, 300. 

Bulgarie, pays des Bougres, 300. 



G. 



Gabrit (frère), religieux, 405. 
Gahors (évêque de), 256-258. 
Galixte II , pape. Livre des 

Miracles de S. Jacques^ à lui 

attribué, 170. 
Galon de Fontaines, petit-neveu 

de S. Bernard, 28, 29. 
Gambrai (Nord) : diocèse et ville, 

129,131; évoque, 60, 61, 331. 
Gantorbérv(archevêauede), 447. 
Gapitole ae Rome. Ôes statues, 

424. 



Gamavai (cérémonies et jeui 
du), à Rome, 423, 424. 

Gassiodore. Sa traiduction de 
V Histoire triparti te, 6. 

Gastel-Sarrazm (Tarn -et -Ga- 
ronne), ville, 44- 

Gastille (roi de), 314. 

Gatacomnes de Rome, 145. 

Gatane, ville de Sicile, 32. 

Gathares ou Gatharistes, héré- 
tiques, 281, 300, 301. Voy. 
Albigeois. 

Gatherine (sainte). See reliques^ 
189, 190. 

Gaudati, surnom des Anglais, 
234. 

Geintures des femmes; leur luxe, 
236, 237. 

Ghalaronne, rivière, 327. Voy. 
Saint-Ëtienne. 

Ghàlon-8ur«Saêne: diocèse, 343: 
ville, 61. 

Ghâlons- sur -Marne : diocèse, 
149: ville, 78. 

Ghambéry, ville, 182. 

Ghampagne : comté, 150, 331, 
415; comtes, 124, 125, 126, 
127, 134, 

Ghansons. 99, 168, 346. 

Ghapelle de Dun (la). Voy. Dun. 

Gharlemagne, empereur, mau- 
dit plusieurs villes d'Espagne, 
262. Histoire de CharUmagne, 
attribuée à Turpin. 261 . 

Gharles le Bel, roi de France, 
287. 

Gharles Martel, vainqueur des 
Sarrazins, 419. 

Gharme employé par les paysans 
contre les rats, 391. 

Ghartres : chapitre, 135 ; diocè.«e, 
89; évoque, 244; siège de 
cette ville par les Normands, 
112. 

Ghasse (oiseaux de), 85, 178, 
180. 

Ghasses fantastiques, 321 . 

Ghat (Mont du), en Savoie (?), 
321. 

Ghaussuredes femmes, 232, 233. 

Ghauve-souris (la), apologue, 
250. 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



453 



Chevaux de bois servant aux 

danses, 168^ 169. 
Cheveux postiches des femmes, 

237, 238, 239, 240, 241, 242. 
Chien (le) qui lâche la nroie pour 

l'ombre, apologue, 224. 
Ghildéric, roi des Francs, 419. 
Chinon (Indre-et-Loire), ville, 

141. 
Chirum, montagne de Taren- 

taise, 87. 
Cicéron. Sa Rhétorique citée, 

444. 
Gîteaux : abbave, 100; ordre, 

23, 57, 75, 90, 126, 166, 187, 

277. 
Glairvaux, abbaye, 19, 59, 249, 

421, 422. 
Glermont-Ferrand : diocèse, 334; 

évêque, 410; hérétiques, 25, 

322; ville. 410. 
Glermont (Oise), ville, 99. 
Clovis, roi des Francs, 419, 

427. 
Gluny : abbaye. 97, 113, 181; 

ordre, 180, 181. 
Goiffure des femmes , 228 , 229, 

233, 237, 238, 239, 240, 241, 

242. 
Cologne : Dominicains, 391; 

vifie, 99. ♦ 
Gommune (guerre faite par une), 

238. 
Communistes, secte hérétique, 

281. 
Conception (fête de la). Son ori- 
gine; son objet, 93-95. 
Confessions écrites, 155-157. 
Gonrard, cardinal -évoque de 

Porto, légat, 259. 
Constantin, évoque d'Orvieto. 

Sa Vie de S. Dominique^ 14. 
Gonstantinople, ville, 152. 
Corbeau (interprétation du cri 

du), 19. 
Costume (historique du), 235. 

Costume et parures des 

femmes, 228-242, 358. 
Gotereaux. Leurs dévastations à 

Déols, 111. 
Coucou (chant du), présage, 60, 

315. 



Coucou^ terme du jeu de cache- 
cache, 432. 

Grépy en Valois (Oise) : église 
et comtes, 66, 67. 

Grescentia (légende de), 115-117. 

Croisades. Croisades d'Orient, 
37, 38, 44, 374, 399; prédica- 
tion de la croisade, 86, 87, 89, 
90, 153, 154, 171-174; récits 
rapportes des croisades, 91, 
92, 123, 164, 172-174, 337, 
414. Croisade albigeoise, 23, 
36, 37, 44, 140; voy. Albi- 
geois. 

Croix. Légende sur le bois de la 
Croix, 425, 426. Croix de 
feuilles, insigne des croisés, 
38 90. 

Gudot (Yonne), village, 26. Voy. 
Alpaix, Etienne de Gudot. 



D. 



Dabitur-^obis, personnage fictif, 
131. 

Dagobert, roi des Francs, 419. 

Damas (campagne de), lieu de 
la création de l'homme, 172. 

Damiette (Egypte). Prise de 
cette ville par S. Louis, 337, 
388. 

Danses. Origine de la danse, 
397, 398. Danse de Forez, 
400. Danses dans les églises 
ou les cimetières, 168, 169, 
229, 398. Danses équestres, en 
Houssillon, 168, 169. Danses 
nocturnes des sorcières, 88. 
Danses diverses, 161, 162, 
226, 232, 321. 322. 324. Dan- 
seurs punis. 398, o99. 

Dante (légenae rapportée au), 
439. 

Date, personnage fictif, 131 . 

Démosthène. Sa réponse à I^aîs, 
386. 

Denis (saint), cité, 5. Il sauve 
Philippe-Auguste des mains 
des démons, 271, 272. 

Déols (Indre), dévasté par les 
Gotereaux, 111. 



454 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



Diane. Ses courses fantastiques 
dans les airs, 323. 

Diego, évôaue d'Osma* prêche 
cnez les Albigeois, 79. 

Dijon : église Notre-Dame, ses 
sculptures, 60, 365, 366 ; Tille, 
365. 

Dominicains ou Frères Prê- 
cheurs. Origines de leur ordre, 
13, 14, 17, 18, 29, 34, 44, 53, 
54, 59, 66, 73, 74. 79, 84, 86, 
94, 101, 108, 109, 117, 135, 
136, 157, 164, 175, 181, 190, 
196, 200, 205, 206, 213, 222, 
224, 241, 284, 346, 351, 371, 
389,391,398, 440, 441. Leurs 
couvents à JBrescia, 440; à 
Glermont, 334; à (Pologne, 
391; à Fanjeaux, 287; en 
Lombardie, 278 : à Metz, 346 ; 
à Montpellier, 200 ; à Orléans, 
108; à Paris, voy. Saint- 
Jacq[ue8; à Reims, 62, 398; 
à Sainte-Sabine, 441 ; en Pro- 
vence, ^4, 109, 213; en Tos- 
cane, 53; à Verdun, 339. 
Listitution du chant du Salve 
Regina dans leur ordre, 101. 

Dominique (saint). Sa prédica- 
tion chez les Albigeois, 79, 
241. Son habitude de raconter 
des exemples, 13, 14. Son 
livre est respecté par les 
flammes, 286, 287. Il institue 
le Rosaire, 41. Traits divers 
de sa vie, 34, 35, 108, 135, 
175, 181, 366, 367. Sa mort; 
visions relatives à cet événe- 
ment, 117, 440, 441. Sa cano- 
nisation, 136. 

Dominique (frère), prieur des 
Dominicains deSégovie. 241. 

Dun (Saône-et-Loire) , village, 
59. 

Durfort (Raimond de), 287. 

E. 

Ëbles, comte de Poitiers, 112. 

Ecoles et écoliers, 86, 183-185, 
222, 239, 315, 317, 318, 346, 
381, 406. Fioles do Paris, 311, 



363, 403. Écoles des Albigeois 
et des Vaudois, 215, 280, ^9. 

Edmond (saint) ou Edme de 
Gantorbery. Ses miracles à 
Pontigny, 447. 

Église (F) apparaît sous la figpure 
d'une reine pleine de cormp-' 
tion, 217. 

Egypte (expédition d'), sous 
S. Louis, 84. Famine en 
Egypte, 83. Origine de la 
danse dans ce pays, 397. 8o- 

, litudes d'Egypte, 152. 

Éléonore d'Aquitaine, reine de 
France, 212. 213. 

Elne (diocèse a'), en Roussillon, 
168, 169. 

Enluminures des manuscrits, 
119. 

Espagne, 262, 314, 315, 419. 

Etienne (saint). Fête de sa révé- 
lation, 273. 

Etienne d'Anse, grammairieo 
de Lyon, 291. 

Etienne de Bourbon ou de Belle- 
ville, dominicain, auteur du 
traité des Sept dans du 5atnl- 
Esprit ou De diversis materiis 
prsBdicahililms. Sa vie, II- 
XI. Il naît vers la fin 
du xii« siècle , *VI. Il est 
élevé à M&con , dans Téglise 
Saint- Vincent, 255. Il séjourne 
à Paris et y fréquente les 
écoles, 18, 19, 50, 86, 197, 
317, 363. il séjourne à Lvon 
(vers 1223). 199. Il est en rap- 
port avec les premiers Vau- 
dois dans sa jeunesse, 291. 
Il assiste au sacre de Louis 
Vm ou de Louis IX, à 
Reims, 427. Il séjourne à 
Reims. 335, 336. Il proche la 
croisade contre les Albigeois, 
à Vézelay, 140. Il prêche dans 
le diocèse de Valence. 261, 
294. Il est chargé de roffice 
d'inquisiteur par mandat apos- 
tolique, 196. U prend part à 
l'assemblée et à l'interroga- 
toire des hérétiques de Mont- 
Aimé, en 1239, 150, 415. Il 



TABUS ALPHABÉTIQUE. 



456 



s'arrête à Dijon, 365. Il se 
trouve à Fontaines, avec 
Galon, petit-neveu de S. Ber- 
nard, 28, 29. Il passe à Au- 
xonne, 103. Il fait l'of&ce 
d'inqiiisiteur en Forez, 322. 
U séjourne à Sury-le-Gomtal 

SBrs 1239), 399. Il vient à 
ermont, appelé par l'évoque 
Hugues de la Tour, pour in- 
terroger des hérétiques, 322. 
Il se trouve à Glermont au 
moment du supplice d'un 
hérétique apj^lé l'Auvergnat, 

25, 26. n assiste au conçue de 
Lyon, en 1245, 158. Il proche 
dans le diocèse de Lyon, et 
s'arrête à Saint-Etienne de 
Chalaronne, 272, 273. Il 
détruit la superstition du 
faux 8. Guinetort, à Ville- 
neu ve-en-Domhes , 325-328 . 
Il séjourne à Gluny, en 1246, 
97, 113. Il séiourne à Ghàlon- 
sur-Saône, 61. U passe à 
Marcigny-aux-Nonnains, 263. 
Il traverse le diocèse de 
Tulle, 215. Son séjour en 
Roussillon, 169, 170. Il sé- 
journe à Besancon. 33, 364. 
Il prêche dans le diocèse de 
Belley, 262. Il parcourt la 
Savoie (après 1249), 88, 182- 
184. U traverse les Alpes, 429. 
Il passe en Piémont, 184. Ses 
relations avec Sybille, belle- 
sœur de Philippe- Auguste, 

26, 271 ; avec Alix de Vergy, 
duchesse de Bourgogne, ii; 
avec Guillaume de Gontres, 
44; avec le cardinal Jacques 
de Vitry, 74 ; avec Nicolas de 
Flavigny, archevêque de Be- 
sançon, 35, 36; avec Renaud, 
archevêque de Lyon, 269, 270; 
avec Aimon, évêque deMàcon, 
352; avecTerric, chanoine de 
Lyon, 50; avec Etienne de 
Gudot, 27 ; avec les premiers 
compagnons de S. Dominique, 
79; avec Jourdain de Saxe, 
41 ; avec Humbert de Romans, 



29 ; avec Romée de Levia, 34 ; 
avec Guillaume Perraud . 45, 
46; avec Geoffroi de Blevel, 
54, 55. n confère avec un chef 
de brimids et le confesse, 
369, 444. H convainc une 
femme coquette, 237, 238. D 
refuse de croire aux dénon- 
ciations, 322, 323. Son carac- 
tère, YILX VI. Sa mort (vers 
1261), lu, IX. Son ouvrage; 
son plan, sa méthode et 
ses sources, XI-XXV, 3-14. 
Il cite de visu et de auditu 
différents traits, 19, 20, 36, 
60, 62, 75, 360, 361, 363, 443, 
etc. Il en cite d'autres d'après 
leurs auteurs mômes, 24, 41, 
43, 57, 58, 198, 395, 443, etc. 
Ses scrupules et ses réserves, 
77, 117, 118, 229, 270, 336, 
375. Sa discrétion, 38, 39, 52, 
58, 392. 393. 

Etienne de Gudot, archidiacre 
d'Auxerre, curé de Yermen- 
ton, 27, 229, 230. 

Etienne de la Ferté, dominicain, 
62. 

Etienne de Marusiaco, moine de 
Gluny, 39. 

Etna (r), volcan, 32, 33. 

Eucharistie (1') honorée et logée 
par un essaim d'abeilles, 266. 
Profanation de TEucharistie, 
328. L'Eucharistie s'échappe 
de la bouche d'une béguine, 
336. 

Eudes ni, duc de Bourgogne, 
43, 262. 

Eudes de Ghàteauroux, chance- 
lier de Paris, puis cardinal- 
évêque de Tusculum et légat, 
89,121. 

Eudes de Sully, évêque de Paris, 
223. 

Eugène m, pape, 249, 421. 

Eusièbe de Gesarée. Son Histoire 
ecclésiastiqtie et sa chronique, 
6. 

Excommunications de per- 
sonnes, d'animaux, de terres ; 
leurs effets, 254-264. 



456 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



FalsidiqiAeet Véridique, apologue, 
332. 

Fanjeâux(Aude), ville, 34, 287. 

Farsit (Hugues). Son recueil de 
miracles, 98. 

Faunes invoqués dans le pays 
de Dombes, 327. 

Femmes. Luxe de leur toilette, 
228-242. Femmes adultères, 
393-396, 401-405. Femmes 
querelleuses, 202-210, 336. 

Flandre, comté, 113. Canaux 
de la Flandre, 91. 

Foires. Leur clôture, 65. 

Fontaine, village, aux environs 
de Cambrai, 129. 

Fontaines, pras Dijon, village 
et seigneurie. 28, 29. 

Forez, comté, 322, 399. Danse 
de Forez, 400. 

Foulques ae MarseUle, évèque 
de Toulouse. Sa conversion; 
traits de son caractère, 23, 24. 

Foulques de Neuilly, prêtre, 
fonde l'abbaye de Saintr An- 
toine, 241. 

Franciscains ou Frères Mineurs, 
54, 65, 390. 

François d'Assise (saint). Reli- 
gieux envoyés par lui à Sala- 
din, 65. Il proche à Rome et 
confond les prélats, 215, 216, 
407. Il baise les mains d'un 
prôtre malgré son indignité, 
z65, 304. Vision sur sa mort, 
441. 

Frédéric Barberousse, empereur 
d'AUemape, 241, 242. 

Frédéric IL empereur d'Alle- 
magne, 183, 242, 287. 

Frères Prêcheurs. Voy. Domi- 
nicains. 

Frères Mineurs. Voy. Francis- 
cains. 

Fribourg (Suisse), évéché, 33. 



G. 



Gantelme ou Gaucelin, évéque 
de Chartres, 112. 



Gamiei^. V. Guerric. 

Gàtinais (bailli, terre et vin de), 

244. 
Gautier, fou, qui a donné son 

nom an Saut-Gautier, 408. 
Gautier de Letis, religieux, 66. 
Gautier de Leus, religieux, 131, 

160. 
Gazares, hérétiques, 300. Voy. 

Albigeois, Gatnares. 
Gènes, ville, 374. 
Genève {diocèse de), 88. 
Geoffroi (frère), religieux, 218. 
Geoffroi de Blevex ou de Blével, 

dominicain, recteur des écoles 

de SaintrJaoques, à Paris, 54, 

55, 132. 185, 202, 354, 403. 
Geoffroi de Péronne. prieur de 

Clairvaux, refuse revôché de 

Tournai, 249. 421. 
Gervais de Tilnury. Son livre 

De solaciisimperialibus, 7, 401 . 
Gilbert de la Porrée, docteur, 

212.213. 
Girard, comte de Mftcon, 105, 

374, 375. 
Grodefroid de Bouillon. Sa force 

due à sa chasteté, 442. 
Godefroid de Parme. Son PaU' 

théon. 6. Sa chronique, 419, 

424. 
Gosselin ou Guocelin, villageois, 

calendrier vivant, 273 
Goufifier des Tours, chevalier, 

188. 
Grégoire (saint), pape. Ses Dia- 

loques, 4, 7. S^ homélies, 8. 

Légende de S. Grégoire, 258. 
Grégoire IV^pape, 93. 
Grégoire Vm, pape, 6. 
Grégoire IX, pape. Sa légation 

en Lombaraie, 255. 
Grégoire (saint) de Tours. Son 

Histoire des Francs citée, 6, 

431. 
Grenier (mont), en Savoie. Sa 

chute, 182-184, 429. 
Grenoble : diocèse, 405 ; évéque 

et synodes, 268. 
Guala, prieur des Dominicains, 

évé({ue de Brescia, 117, 440. 
Guemc de Metz, prieur des 



TABLE alphabétique:. 



457 



Dominicains. Sa conversion, 
346. 

Guerric ou Gamier de Saint- 
Quentin, maître en théologie, 
entre dans l'ordre de S. Domi- 
niaue, 66, 222, 346. 

Gui V, comte de Forez et de 
Nevers, 399. 

Gui, frère aîné de 8. Bernard, 
29. 

Gui d'Orchuel ou d'Orcheux, 
docteur, 16. 

Guiard de Laon, chancelier de 
Paris, évoque de Cambrai, 
60.61.331,332. 

Guicnard IV, sire de Beaujeu, 
26. 

Guillaume, archidiacre de Paris, 
36. 

Guillaume, chapelain de Neuf- 
châtel, 33. 

Guillaume, comte de Mâcon, 
374. 

Guillaume I et II, comtes de 
Poitiers, 187. 

Guillaume, prieur de Besancon, 
33. 

Guillaume, seigneur de Mont- 
pellier, 246. 

Guillaume d'Auvergne, évoque 
de Paris. Ses sorties contre 
les simoniaques, 383; contre 
les luxurieux, 387. Ses répar- 
ties, 388. Il annonce à S. Louis 
la naissance d'une fille, ibid. 
Sa réponse à une question 
insidieuse de Jean de Beau- 
mont, 389. Il fait payer par 
la reine Blanche les dettes des 
Frères Prêcheurs de Paris, 
ibid. 

Guillaume de Gordelles, frère 
mineur, 390. 

Guillaume de Contres, chevalier 
de la suite du comte de Nevers, 
44. 

Guillaume de Genève, religieux, 
88. 

Guillaume de Limoges, domi- 
nicain, 197. 

Guillaume de Nevers, domini- 
cain, 80. 



Guillaume Perraud, domini- 
cain. Sa Somme des Vertw et 
des Vices, 8. 23, 46, 126, 
378, 380, 421. Anecdote ra- 
contée par lui à Etienne de 
Bourbon, 45, 46. 

Guillaume de Peyt., religieux, 
96. 

Guillaume de Poitiers, francis- 
cain. 25. 

Guinefort (saint) , chien honoré 
d'un culte superstitieux, dé- 
truit par Etienne de Bourbon, 
325-328. 

Gundrade, femme de Soissons, 
98. 

H. 

Hainaut. Voy. Baudouin V, Isa- 
belle, SybiUe. 

Hégésippe, historien, 5. 

Hélène (enlèvement d'), 438, 
439. 

Hellequin (mesnie), troupe fan- 
tastique, 321. 

Helsin, abbé de Ramsay. 95. 

Henri VI. empereur a' Alle- 
magne, 242. 

Henri le Large, comte de Cham- 
pagne, 124-127. 

Henri de Cologne, dominicain, 
391. 

Hercule entre le Vice et la Vertu, 
apologue, 191. 

Hérésies (tableau des) au temps 
de Tauteur, 274-314. 

Hérétiques, 149, 150, 213, 215, 
274-314. 322, 323, 415, 430. 
Voy. Aloigeois, Bonshommes, 
Cathares, Inquisition, Mani- 
chéens, Vaudois, etc. 

Hérodiade associée aux courses 
fantastiques de Diane, 323. 

Homère (légendes sur), 438, 439. 

Honorius , empereur romain , 
431. 

Hôpital (ordre de D, 106. 

Hugues (saint) , abbe de Cluny, 
180, 181 . Ses récits de miracles, 
7, 118. 

Hugues IV, duc de Bourgogne, 
43, 262. 



458 



TABie AJUraABénQUE. 



Hagaes, fils d'Eudes m, dac 
de Bourgogne, mort enfuit, 
43. 

Hugues de la Tour, érèque de 
Glennont,322. 

Hugues de Saint-Ghtf, domini- 
cain, 15. 

Huçues de Saint- Victor, reli- 
gieux, puni pour sa vanité, 
223. Sa chromque, 7, 419. 

Humbert de Romans, général 
des Dominicains, 29, 44, 174, 
200, 222, 353. 



I. 



Inde (traditions sur H, 330, 
331. 

Innocent H, pape, 118. 

Innocent m, pape, 291. 

Innocent FV, pape, institue Toc- 
tave de la Nativité de la Vierge, 
96. Son séjour à Lyon, §6, 
183. 

Inquisition. Ses procédés, 215, 
254, 307-314, 322, 323. Contre- 
partie du rôle des inquisiteurs, 
196, 322. Voy. Etienne de 
Bourbon, Hérésies. 

Irlande (Dominicains en), 157. 

Isabelle (dame) , type de coquette, 
239, 240. 

Isabelle de Hainaut, femme de 
Philipjpe-Auguste, 26, 271 . 

Italie (séjour de 8. Bernard en), 
118. Voy. Lombardie, Rome, 
etc. 



Jacques (saint). Ses miracles, 
170, 171. Un sorcier se fait 
passer pour lui, 316. Voy. 
Saint-Jacques de GomposteUe. 

Jacques, lorrain, 384. 

Jacques Bonivard. Voy. Boni- 
yard. 

Jacques de Vitry, cardinal - 
évoque de Tusculum. Son 
Histoire transmarine, 6. Exem- 

Çles racontés par lui, 7, 19, 
0, 34, 59, 60, 62, 64, 74, 75, 



90. 92. 124, 125, 127, 128, 129, 
132-134, 153, 157, 162, 164, 
167, 177, 184, 187, 203, 212, 
218, 226, 231, 233, 252, 273, 
278, 314, 315, 334, 340, 350, 
358, 360, 365, 369, 371-373, 
376, 379, 381, 384, 391, 394 
406, 408, 412, 420, 432, 445, 
446,448. 

Jean-Baptiste (saint). Ses reli- 
ques, au PuY, 269. 

Jean Gnrysostome (sainQ. Ses 
homélies, 8. 

Jean Damascène (saint), auteur 
prétendu de BarUmm et Josa^ 
phat, 7. 

Jean l'Aumônier (saint). Sa Vie, 

7. 
Jean (le roi), en Palestine, 64. 
Jean, abbé de BeUeville, 101, 

270. 
Jean, abbé de Bonneval, 170. 
Jean, habitant de ViUaiseiUa, 

près Cambrai, 129-131. 
Jean, prêtre et religieux, cité 

par Etienne de Bourbon, 30. 
Jean, religieux sicilien, 32, 33. 
Jean de Beanmont, chainbeilan 

de S. Louis, 389. 
Jean aux Blanches-Mains, ar- 
chevêque de Lyon, 292, 293, 

351,352,427. 
Jean de Braine, comte de Ma- 
çon. 375. 
Jean ae Mailly, dominicain. Sa 

chroniaue, 7. 
Jean de Montmirail, archidiacre 

de Paris, dominicain, 109, 

133, 386. 
Jean^ seigneur de Montmirail, 

rehgieux à Longpont, 133. 
Jean sans Terre, fils du roi 

d'Angleterre, 111. 
Jean des Vignes, prédicateur, 

399. 
Jérôme (saint), traducteur d'Eu- 

sèbe. 6. Sa chronique, ilM, 
Jérusalem (ville et royaume de), 

426, 442. 
Jeûnes en l'honneur de la sainte 

Vierge, 102-107. 
Jongleurs. Un jongleur confond 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



459 



des Albigeois, 149. Un autre 
convertit une noble dame, 
186. Un jonçlenr à la recher- 
che d'une nonnéte femme, 

230. Masques des jongleurs, 

231. Farces jouées par eux, 

232. Réclamation d^un jon- 
gleur à Philippe -Auguste, 
242, 243. Un jongleur fait 
noyer sa femme, 252. 

Jonvelle près Jussey (Haute- 
Saône), village, 279. 

Josèphe, historien, 5. 

Jourdain de Saxe, général des 
Dominicains, 29, 41, 60, 102, 
165, 197, 391. Sa biographie 
de S. Dominique, 14, 79. 

Jouvence (fontaine de), 77. 

Jurons, jurements populaires, 
333, 334, 337-343. 

Jussey (Haute-Saône), ville, 279. 

Justinien, empereur d'Orient, 
189. 



L. 



Lagny (Seine-et-Marne), ville, 

Laïs. Mot deDémosthène à cette 

courtisane, 386. 
Laitière (la) et le pot au lait, 

apologue, 226. 
Landri de Brézé, évéque de 

Mâcon, 256. 
Languedoc (pays de), appelé 

Provence, 300. 
Langres (doyen de), 36. 
Langues (le plat de) , apologue, 

210. 
Latran. Quatrième concile de 

Latran, en 1215, 293. Palais 

de Latran, 423. 
Lausanne (Suisse) : diocèse, |33; 

évéque, 256. 
Léman (lac). 256. 
Léon^ ville aËspa^ne, 171. 
Léonistes, secte hérétique, 281. 
Lion (le), le loup et le renard, 

fable, 332. 
Lions (légendes des), 188. 
Loire, fleuve, 263. 
Lombardie, 89, 255, 265. Sectos 



hérétiques de ce pays, 278- 
280, 293 (voy. Milan). S. Fran- 
çois d'Assise y i>réche, 304. 
6. Dominique y séjourne, 366. 

Longin (saint). Sa passion, 87. 

Longpont, abbaye, 133. 

Lorraine (duc de)^ 65. 

Louis le Débonnaire, empereur, 
323. 

Louis Vn, roi de France, fait 
nommer Maurice de Sully 
évéque de Paris, 418. D visite 
S. Bernard à Glairvaux, 422. 
Anecdote concernant proba- 
blement la reine Éléonore, sa 
femme, 213. 

Louis VIII, roi de France. Son 
sacre, 427. D assiège Avignon, 
267. 

Louis IX ou saint Louis, roi de 
France. Trait de charité déli- 
cate de sa jeunesse, 443. Son 
sacre. 427 . Il acquiert le comté 
de Maçon, 375. Il apprend par 
Guillaume d'Auvergne qu'il 
lui est né une fille, 388. Sa 
grave maladie, en 1244; pa- 
roles prononcées par lui dans 
cette circonstance, 63. Il se 
croise, en 1245, 63, 89. Il 
s'empare de Damiette, 337, 
338. Sa captivité, ibid. Il ré- 
prime les blasphèmes, 341. 

Luncium, village, aux environs 
de Cambrai, 129. 

Lyon : archevêque, 269, 292, 
293, 352, 385, 427 ; cathédrale, 
291 ; chantre, 352; concile de 
1245, 96, 158; diocèse, 272, 
325. 328, 399: Dominicains, 
17, à4 ; éfflise, 94 ; palais archi- 
épiscopal, 385; ville, 50, 158, 
183, 199. Origine des Vaudois 
à Lyon, 290-293. Pauvres de 
Lyon, voy. Vaudois. 



M. 



Màcon : archidiacre, 135; comte 
et comté, 105, 374, 375 ; dio- 
cèse, 59, 61, 105, 260, 343, 
374, 375; église Saint- Vincent, 



460 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



255; évoque, 256, 352, 375, 

427. 
Macrobe, auteur cité, 433. 
Maïa, déesse. Vestige de son 

culte, 60. 
Manès ou Manichée,hérésiarque, 

299, 300, 306. 
Manichéens, hérétiques. Leur 

origine, leurs pratiques, leurs 

erreurs, 149, 281. 299-307. 

Manichéens condamnés à 

Mont- Aimé, 150, 415. Leur 

propagande en Lombardie, 

265. Voy. Albigeois. 
Marcigny-aux-Nonnains (Saône- 

et-LoireJ, village et archi- 

prétré, 263. 
Marguerite de Provence, reine 

de France. Naissance de son 

premier enfant, 388. 
Mariage (cérémonies du), 60, 

365, 366. 
Marseille : abbaye de Saint- 
Victor, 131. 
Martin (saint) de Tours, 56, 

134, 328, 431. 
Martin (monseigneur) , usurier, 

362. 
Martin perdit son âme, dicton, 

425. 
Mathieu de France, dominicain, 

Sremier prieur de Saint - 
acques. 18, 224. 

Matrone a'Ëphèse (la), conte, 
395-397. 

Maures d'Espagne, 314, 315, 
419. Les Maures envoient des 
présents à Notre-Dame du 
Puy, 269. 

Maurice de Sully, évéque de 
Paris. U mendie son pain 
dans son enfance, 388. Lé- 

?;ende sur son élection, 274. 
l est élu sur la désignation 

de Louis VU, 418. Il refuse 

de reconnaître sa mère sous 

de riches habits, 231 . 
Médecin (le) malgré lui, légende, 

206. 
Médecine. Son peu de faveur 

dans les monastères, 349, 350. 
Merlin (prophétie de), 235. 



Michel (saint). Sa fête, au Mont- 
Saint-Michel, 99. Voy. Mont- 
Saint-Michel. 

Milan, école et centre de l'héré- 
sie au xni« siècle, 215, 280. 

Mille- Artifex, surnom du diable, 
197. 

Milon, prieur des Dominicains 
de Verdun, 339. 

Mons Gaudii, près SainVJacques 
de (jompostelle, 171. 

Mont^Aimé , commune de Ber- 
gères - les - Vertus ( Marne ) . 
Hérétiques condamnés et brû- 
lés en ce lieu, 149, 150. 415. 
Fameux combat de cniens 
livré au même endroit, 331, 
415. 

Montferrand (comtesse de), 41 1 . 
Voy. Robert, dauphin d'Au- 
vergne, dit le marquis de 
Montferrand. 

Montfort (comte de), 23, 24, 241 . 

Montmirail. Voy. Jean et Phi- 
lippe de Montmirail. 

Montpellier. Alain de Lille en- 
seigne dans cette ville, 246, 
370. Dominicains de Mont- 
pellier, 200. 

Mont-Saint-Michel , abbaye et 
pèlerinage , en Normandie, 
20, 99, 408. 

Morbes (Morback), abbaye, 37. 



N. 



Nativité de la Vierge (fête de la). 
Son institution; son octave, 
95. 96. 

Neufchàtel (Suisse), ville et lac, 
38. 

Nevers (comte et comté de), 104, 
399. 

Nicolas (saint). Sa fête popu- 
laire, 51. 

Nicolas deFlavigny, archevêque 
de Besancon, 35, 36, 51, 138, 
159, 252, '361, 367. 

Noël (fête de), 83, 84, 317, 399. 

Nogent-r Artaud (Aisne), châ- 
teau, 125. 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



461 



Norbert, maître ès-arts, à Paris, 

403. 
Normandie, duché, 408, 445. 
Normands. Siège de Ôhartres 

par ces barbares, 412. 
Notre-Dame, église, à Amiens, 

435. 
Notre-Dame, église, à Dijon; 

ses sculptures, 60, 365, 366. 
Notre-Dame, église, à Paris, 

363, 366. _ 

Notre-Dame, église et pèleriT 

nage, au Puy, 269. 
Notre-Dame, église, à Reims, 

427. 
Notre-Dame, église, à Soissons, 

97, 98, 363. 
Notre-Dame-aux-Martyrs (fête 

de), 93. 
Novile (peut-être Villeneuve en 

Dombes), bourg, 325. 



0. 



Oliviers (monts des), à Jérusa- 
lem, 92. 

Orcheux (Oise), village, 16. 

Orose. Son Histoire, 5. 

Osma, en CSastille (évêque d'I, 
79. 

Othon IV, empereur d'Alle- 
magne, 401. 

Otto, cardinal-évêque de Porto, 
351. 

Ovide, poëte cité, 172. 



P. 



Pacchaires , hérétiques , 265. 
Voy. Manichéens. 

Pain-et-eau, sobriquet d'un Tem- 
plier, 164. 

Panthéon de Rome, 99, 4*24 . 

Pâques (fête de) , 105, 328, 336, 
423. 

Paris : abbaye de Saint- Antoine, 
241 ; archidiacre, 36. 109, 386 ; 
bourgeois, 68, 340 ; chancelier, 
331 ; chapitre, 229: coche de 
Saint-Denis, 342, 343 ; coouet- 
terie des Parisiennes, 228; 
couventdes Dominicains, vov . 



Saint-Jacques; cris de Paris, 
185; écoles et écoliers, 19,50, 
86, 183, 185, 222, 311, 317, 
318, 346, 363, 403; église 
cathédrale, 361, 366; évêque, 
223, 231, 274, 383, 387-389; 
grand chantre, 19; grand pont, 
340; valets, 372; ville, 90, 
141, 231, 246, 247, 340, 391, 
399, 436. 

Patarin^ , secte hérétique, 275, 

" 2817300. Voy. Albigeois. 

Pavie (Italie), viUe, 99. 

Peinture du visage des femmes, 
231, 232, 233, 237, 238, 239. 

Pèlerinages, 167-174. 377, 389, 
401, 433.435,445. Voy. Groi- 
sades , Mont - Saint - Michel , 
Notre-Dame du Puy, Rome, 
Saint-Jacques, Terre-Sainte. 

Pellisson, vêtement de dessous, 
128. 

Pentecôte (fête de la), 365. 

Pépin le Grand, père de Charles 
Martel, 419. 

Péronne (Somme), cure, 244. 

Perpignan (diocèse de), 168, 169. 

Perrin Dandin, juge, 381 . 

Pertinax, empereur romain, 358 . 

Philippe I«', roi de France, dote 
le prieuré de Saint-Martin- 
des-Ghamps, 181. 

Philippe- Auguste, roi de France. 
Sa guerre contre l'Angleterre, 
111. Sa réponse à un trotter, 
175, 176; à un jongleur. 242, 
243. Bons mots a lui attribués^ 
243. L'évêque de Ghartres lui 
refuse une prébende, 244. 11 
fait pendre un bailli prévari- 
cateur, ibid. Il donne la cure 
de Péronne à un clerc de sa 
chapelle, ibid. Il se moque 
d'un poëte qui ne veut pas 
avouer son humble origine, 
ibid. Il réprime les blas- 
phèmes, 340. Il est sauvé, 
après sa mort, par l'interven- 
tion de 8. Denis. 271, 272. Sa 
belle-sœur Svbille, 26. 

Philippe le Bel, roi de France, 
399. 



&6S 



TAXLR ALPHABânQUE. 



Philippe, prieur des Domini- 
cains de Reims, 398, 399. 

Philippe de Montmirail, fonda- 
teur de monastères, 20, 2i. 

Piémont, pays, 429. 

Pierre (saint), apôtre, 129-131. 

Pierre (saint), archevêque de 
Tarentaise, 126. Ses récits de 
miracles, 7, 118. 

Pierre, chevalier nivemais, 104. 

Pierre Alphonse. Ses écrits, 7. 

Pierre de Gastelnau, légat, 259. 

Pierre, moine de Gluny. Ses 
livres, 7, 118. 

Pierre Gomestor on le Mangeur, 
candidat à Tévéché de nris, 
418. Son Histoire seokutique, 
5, 307. 

Pierre Damien, évoque d'Ostie, 
118. 

Pierre l'Espagnol, dominicain, 
217, 349. 

Pierre de Léon ou Anaclet, anti« 
]Nipe, 118, 119. 

Poitiers (comtes de), 112, 187, 
411, 412. 

Pontiffuy (Yonne). Abbaye et 
tomoeAU de S. Edmond, 447. 

Popelicant, nom des Cathares ou 
Albigeois, 300. 

Porquet (Renaud), chevalier, 
91. 

Porta Clausa, ville d'Espagne, 
171. 

Porto (évèque de). 259. 351 . 

Pouilly (8aone-et-Loire) , village, 
61. 

Prédication. Prédications ambu- 
lantes et en plein air, 73-75, 
161, 162, 294; dans les sy- 
nodes, 218. Prédication de la 
croisade, 86. 87, 89, 90, 153, 
154, 171-174. Missions chez 
les Albigeois, 79, 213. Prières 
pour les défunts demandées 
en chaire, 154. Improvisation 
de S. François, en langue 
vulgaire, 215', 216, 407. Luxe 
de certains prédicateurs, 79, 
216. Prédicateurs pauvres, 
177; négligente, 353, 354, 428, 
429; vaniteux, 247. Voy. Do- 



minicains, Etienne de fiour« 
bon, etc. 

Pressy (8aône<-et-Loire), village » 
260. 

Prières pour les défunts, 154. 

Probatique (piscine), à Jérusa- 
lem, 426. 

Prouille (Aude), monastère, 35. 

Provence, iMtys, 419. Nom de 
cette province étendu au Lan- 
guedoc, 300. Yaudois en Pro- 
vence, 293. Dominicains en 
Provence, 34, 109, 213. 

Proverbes, 163, 228, 230, 239, 
240, 353, 363, 378, 381, 391, 
411, 425. 

Psalmodie, 181, 184, 185, 354. 

Psautier appris par une bcmne 
femme, 179. 

Purification (fête de la), 98. 

Puy (le) en Velay : église Notre- 
Dame, 269; évoque, 269, 270. 

Q. 
Queues des robes, 233-235. 

R. 

Rabelais (quart -d'heure de), 
411,412. 

Rameaux (fête et procession 
des), 216, 229. 

Raon, sous-prieur des Domini- 
cains, 440, 441. 

Raoul , comte de Grépy-en- Va- 
lois, 66, 67. 

Raoul de Bulli, maître èfr^rte, 
50. 

Raoul de Yarey, prieur des Do- 
minicains de (ilermont, 334. 

Raymond IV, comte de Tou- 
louse, excommunié, 259. 

Reclamatorium, moyen employé 
pour rappeler les oiseaux de 
chasse, 85, 178. 

Réginald. V. Regnauld. 

Réginon, abbé. Sa chronique, 
6. 

Regnauld ou Réginald, doyen 
des Frères Prêcheurs d'Or- 



TABU& ALraABÉTIQUE. 



403 



léaas. Sa gaérison miracu- 
leuse, i08. 

Reims : archevêque, 166, 412; 
béguines, 335; diocèse, 62, 
162, 342, 412; Dominicains, 
398; église Notre-Dame, 427 ; 
ville, 62, 391, 427. 

Rémi (saint) baptise doTÎs, 
427. 

Renaud de Forez, archevêque 
de Lyon, 269, 385. 

Richard GcBur de Lion, roi d'An- 
gleterre, emploie les Ciote- 
reaux dans sa guerre contre 
le roi de France, lil. Il tenle 
de séduire une religieuse, 211 , 
431. 

Richard, duc de Bourgogne, 
112. 

Richard le Bon, duc de Nor- 
mandie. Exemple de patience 
donné par lui, 445. 

Rimite (forôt dite), dans le pays 
de Dombes, 327. 

Riom (Puy-de-Dôme), ville, 334. 

Robert, aauphin d'Auvergne, 
dit le marouisdeBfontferrand, 
collige et détruit les livres des 
hérétiques; son savoir, ses 
pénitences, 275-277, 410, 411, 
424, 434. 

Robert de Chartres, docteur, 
360. 

Robert le Diable (légende de), 
145-148. 

Roche-Scise, résidence des ar- 
chevêques de Lyon, 385. 

Rollon, chef des Normands. 1 12. 

Romain, cardinal, auteur a'une 
chronique, 7. 

Romain,car(linal de Saint- Anee, 
légat en France, 410, 424, 
434. 

Rome, ville et but de pèleri- 
nage, 36, 49, 67, 99, 106, 108, 
135, 136, 144, 146, 152, 271, 
292, 394, 427. Berceau de la 
ville primitive, 423. Panthéon, 
424. Statues du Gapitole, ibid. 
Catacombes, 145. Empereur 
de Rome, 115. S. François 
prêche à Rome, 216, l07. 



Carnaval romain, 423, 424. 
Romée de Levia, prieur des 

Dominicains, 34, 109, 199. 
Rosaire. Son institution, 41. 
Rouen, ville et monastère, 189, 

190. 
Rouge (abus du) dans la parure 

des femmes, 238, 239. 
Rousseau , surnom d'un enfant, 

238. 
Roussillon, pays : danses et 

usages locaux, 168, 169. 



8. 



Saba (reine de), 426. 

Saint^André. ancienne ville de 
Savoie, 184. 

Saint-Antoine, abbaye, à Paris, 
241. 

Sainte -Catherine , monastère , 
sur le mont Sinai, 189. 

Saint -Cyprien, monastère, à 
Poitiers, 187. 

Saint-Denis, abbaye, près Paris, 
439. Coche de Paris à Saint- 
Denis, 343. 

Saint-Ëtienne, église, à Troyes, 
125. 

Saint-Ëtienne de Chalaronne 
(Ain), paroisse, 272. 

Saint - Germain - des - Prés , ab- 
baye, à Paris, 19. 

Saint-Jac<|ues^ couvent des Do- 
minicains, a Paris, 18, 55, 
196. 224, 284, 346, 389. Écoles 
de Saint-Jacques, 55, 222. 

Saint-Jacques de (jompostelle, 
pèlerinage, en Espagne, 170, 
171. La reine Blanche de 
Castille projette de s'y rendre, 
389. 

Saint-Jean, église, à Besançon, 
365. 

Saint-Jean-d'Acre. Fraudes des 
marchands de cette ville^ 377. 

Saint-Jean-des- Vignes, prieuré, 
à Soissons, 399. 

Saint-Léger^lès*^Paray (Saêne- 
et-Loirej, paroisse, 263. 

Saint- Maixent (Deux -Sèvres), 
abbaye, 187. 



464 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



Saint - Martin - des - Champs , 
prieuré, à Paris, 180, 481. 

Saint-Michel, mont, en Espagne, 
170. Voy. Mont-Saint-Michel. 

Saint-Pierre, église, à Rome, 
67. 

Saint-Pourçain (Allier). Héré- 
tiques arrêtés en ce heu, 325. 
Yin de Saint-Pourçain, 389. 

Sainte-Sabine (Italie), prieuré 
des Dominicains, 441 « 

Saint-Sauveur, église, à Pavie, 
99. 

Sainte-Sophie, église, à Gonstan- 
tinople, 152. 

Saint-Victor, abbaye, à Mar- 
seille, 131. 

Sainte Vincent, église, à Mâcon, 
255. 

Saladin, sultan. Traits légen- 
daires sur ce personnage, 64, * 
65, 167, 414. 

Salomon, roi des Hébreux. 426. 
Variante du jugement ae Sa- 
lomon, 136, 137. 

Salve, Regina. Chant de cette 
antienne après compiles, 102, 
110. 



Secours des malheureux (philo- 
sophe dit le), 81. 
SÀzoYie (Espagne) ,Dominicains, 

Sella (maître), professeur à Paris, 
19. 

Sens (Yonne), diocèse, 185, 354. 

Sépulture (prix payé pour la), 
bl&mé comme un abus, 384, 
385. 

Serlon, professeur de Paris, 19. 

Seth, fils d'Adam, 426. 

Sézanne (Marne), village, 134. 

Siméon, moine au Sinai, 190. 

Siméon, religieux cistercien, 90. 

Simon, frère prêcheur, 78 , 
346. 

Simon de Crépy (le bienheu- 
reux). Son histoire, 66, 67. 

Simon de Montfort, 44. Voy. 
Montfort (comte de). 

Sinaï (monastère du mont), 189. 

Soissons (Aisne) : diocèse, 398; 
éfflise Notre-Dame, 97, 98, 
363; prieuré de Saint-Jean- 
des-Viffnes, 399. 

Solustré TSa6ne-et-Loire) , châ- 
teau, 1Ô5. 



Samedi rjeûne du), 106, 107. VSorciers et sortilèges, 314-329 
Santa - Maria de Mascarella , Souliers à la poulame. 232, 233. 



église, à Bologne, 182. 

Saône, rivière, 273, 327. 

Sarrazins, 164, 173, 296, 314, 
315, 377, 414, 419, 442. Leurs 
rapports avec les croisés , 64 , 
65. Leurs cruautés, 91. Ils 
envoient des présents à Notre- 
Dame du Puy, 269. Sarrazins 
convertis au christianisme , 
83, 84 122, 275. 337, 338. 
Voy. Cîroisades, Maures. 

Saut-Gautier (le), au Mont- 
Saint-Michel, 408. 

Sauve- Bénite (Haute -Loire), 
abbaye. 269. 

Savetier (le) et le financier, fable, 
357, 358, 438. 

Savoie, comté, 182, 183, 321, 
429. yoj. Genève (diocèse de), 
Tarentaise. 

Sculptures de Notre-Dame de 
Dijon, 60, 365, 366. 



Spéronistes , secte hérétique , 
281. 

Statues de la sainte Vierge; 
leur façon, 129. Voy. Cote- 
reaux. Sculptures, Vierge 
(sainte). 

Superstitions populaires, 202, 
203, 314-329. 345, 376. 

Sury-lo-Comtal (Loire), château, 
399. 

Sybille de Hainaut, dame de 
Beaujeu, belle-sœur de Phi- 
lippe-Auguste, 26, 271. 

Synodes. Leur tenue; prêtres 
forcés d'y assister, 218, 268, 
375. 

Syrie (terre de), 442. 



T. 



Table-Ronde (romans de la), 
86, 87. Voy. Arthur. 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



465 



Tancrède, dominicain , prieur 
de Sainte-Sabine, 440. 441 . 

Tarentaise (montagnes ae), 87, 
429. 

Tarn, rivière, 300. 

Templiers. Leur austérité pri- 
mitive^ 164. 

Terre-Samte (pèlerinages en), 
140, 171-174, 377, 401, 445. 
Voy. Croisades. 

Terric, chanoine de Lyon, 50. 

Testaccio (mont), à Rome, 
423. 

Théodéric, habitant deSoissons, 
98. 

Théophile (légende de), 157. 

Thibaud I V le Grand, comte de 
Champagne, 124, 125, 126, 
127, 134. 150. 

Thibaud, hérétique de Mont- 
Aimé, 150. 

Thomas II, duc de Savoie, 182, 
183 

Tivoli, ville d'Italie, 441. 

Tonnerre (Yonne), ville, 26. 

Tortolans, secte hérétique, 280, 
281. 

Toscane. Prédication des Domi- 
nicains dans ce pays, 53. 

Toulouse : évoque, z3, 24 ; ville, 
300. 

Tournai ( évôché de ) , 249 , 
421. 

Tournois, cause de ruine pour 
les chevaliers, 70, 227. 

Tours : diocèse, 141; ville, 56. 
Voy. Martin (saint). 

Toussaint (fête de la), 93. 

Trêves (archevêque de), 37. 

Tripoli (chantre de), 135, 136. 

Trollkona, déesse Scandinave, 
323. 

Troyes, ville, 125- 

Tulle (diocèse de), 215. 

Turcs, 442. Voy. Sarrazins. 

Turpin, archevêque de Reims. 
Histoire de Charlemagne ou de 
Roncevaux, à lui attribuée, 7, 
261. 

Tyr. Tremblement de terre dans 
cette ville, 400. 



U. 



Urbain U, pape, 118. 
Usuard. âon calendrier, 8. 
Usure, usuriers, 254, 334, 361- 
369. 

V. 

Vagnori (seigneur de). Voy. Vi- 
gnorv. 

Valdo (Pierre de ) ou Vaudois , 
hérésiarque. 290-292. 

Valence en Dauphiné (diocèse 
de), 261. 

Valets de Paris. Leurs fraudes, 
372. 

Vampires, 319-321. 

Vaudois, hérétiques. Leur ori- 
gine, 290-293. Leurs doc- 
trines et leurs pratiques , 
275, 280, 293-299. Leur école 
à Milan, 280. Moyens em- 
ployés pour les reconnaître, 
307-314. 

Verdun (Meuse) : Dominicains, 
339. 

Vergy (Côte -d'Or), château, 
138. 

Vermenton (Yonne), paroisse, 
27 229. 

Vers colorés, 10, 12,22. 

Vesta (temple de), à Rome, 
423. 

Vézelay (Yonne), ville, 140. 

Vieillard (le) et ses deux maî- 
tresses, apologue, 390. 

Vierge (la sainte) apparaît aux 
croisés, 90. Le diable prend 
sa forme, 199. Hospitalité 
donnée par elle, 129-131. Elle 
sauve Avignon de la destruc- 
tion, 267, 268. Ses fêtes, son 
culte, ses miracles, 93-120. 
Petit ofQce de la sainte Vierge, 
100. Ses statues, 129, 373. Sa 
tunique, 112. 

Vignoiy (Haute-Marne), village 
et seigneurie, 58. 

Villageois (le) à qui on fait 



30 



466 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



prendre son agneau pour un 
chien, apologue, 288. 

Villageois (le) et le serpent, 
fable, 195. 

Villaisvilla, village, près Cam- 
brai, 129. 

Villars en Dombes (Ain), terre, 
325. 

Villeneuve en Dombes (Ain), 
bourg, 325. 



W. 



Wasselin, jeune allemand, guéri 
miraculeusement, 99. 

W^edoir de Saint-Iuquier, pré- 
dicateur, 435. 

Z. 

Zacharie. pape, consulté par 
Pépin le Bref, 419. 



ADDITIONS ET CORRECTIONS. 



Page 6, ligne 27. Au lieu de : Jeronymi; lisez : Hieronymi. 

P. 26, note 3. Ajoutez : C'est évidemment de la môme personne 
qu'il s'agit lorsque M. Guizot, traduisant V Histoire des croisades 
de Jacques de Vitry (iiv. II, ch. 4), parle d'une jeune fille du 
diocèse de Sens renommée pour ses abstinences et ses visions, 
dans le village appelé Eudes. Il y a ici la même faute de lec- 
ture que dans Vincent de Beauvais. 

P. 63, note 1. Ajoutez : D'ailleurs, les paroles attribuées à 8. Louis 
par l'auteur ne sont pas reproduites par les autres écrivains du 
temps. 

P. 123, 1. 19. Au lieu de : accomodaret; lisez : accommodaret. 

P. 140, ligne 1 des notes. Au lieu de : vers 1250; c'est un des faits 
les plus récents qu'il ait mentionnés ; lisez : vers 1260; c'est le 
fait le plus récent qu'il ait mentionné. 

P. 159, note 1. Au lieu de : Vincent de Beauvair; lisez : Vincent 
de Beauvais. 

P. 178, note 1. Au lieu d« : n» 92; lùez : n» 94. 

P. 185, note 3. Au lieu de : n« 104 ; lisez : n« 404. 

P. 186, 1. 6. Au lieu de : laudendus; lisez : laudandus. 

P. 216, 1. 6. Au lieu de : confùsio facta; lisez : confusio faciei mee. 

P. 231, 1. 1. Au lieu de : Jeronimus; lisez : Hieronymus. 

P. 374, note 1. Ajoutez : à moins que Castellum Ducii ne soit ici 
pour Castellum Lucii, auquel cas il s'agirait de Chalut (Saône- 
et-Loire) , et de Chàteauneuf en Brionnais , situé non loin 
de là. 

P. 395, note 1. Au lieu de : Fait le sujet; lisez : Cette anecdote 
fait le sujet. 



TABLE DES lUTIÈRES. 



àcauBure et lŒ^nçe xxriij 

D^^LLêHK partie : Ds dcn iie Pirecé. Tî 

Tniiiwra^ fonie : Oa doa de âceoce 14t 

Qoatnérae pâme . Db 'ioa de Force l'/î 

C^qni'^ïae partie : De -kn de Cùofeil 416 

Tafr*^ «tp:iai»^<«qiie 454 

Aid.iyyis' et correcâoc* 46T 



n5 



G. Da 






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